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Le maquis du Vercors- Episode 3 cover
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Le Souffle de l'Histoire

Le maquis du Vercors- Episode 3

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06min |06/12/2020
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Description

MAQUIS DU VERCORS 

📟Romain ClĂ©ment / 🎬 Joubert des Ouches

Compositions musicales originales Tous droits réservés

Ils étaient 4 000, étudiants, lycéens, militaires de carriÚre,

curés, gendarmes. Il y avait parmi eux des juifs, des tirailleurs sénégalais, des hommes de toutes convictions politiques


Ils avaient fait du Vercors le plus important maquis de France.

Le Vercors grĂące Ă  eux avait mĂȘme en pleine occupation rĂ©tabli la RĂ©publique, fondĂ© une Ăźle de libertĂ©. 

Le drapeau de la France y flottait librement, jusqu’à ce que le haut-commandement allemand dĂ©cide de faire du Vercors un exemple.

Le 21 juillet 1944, les troupes allemandes lancent l’opĂ©ration Bettina. Leur objectif: anĂ©antir le maquis, traumatiser, violenter la population, puis raser, brĂ»ler toutes les fermes, afin d’empĂȘcher le maquis de renaĂźtre de ses cendres.

Maquisards, civils, femmes, enfants, mĂȘme les bĂȘtes seront les victimes d’un dĂ©ferlement de violence. Les Allemands vont choisir au Vercors l’anĂ©antissement par la barbarie.

Vassieux, La Chapelle en Vercors, ValchevriĂšre
 Des villages martyrs qui portent encore aujourd’hui les stigmates de cette Ă©popĂ©e tragique du Vercors.


.

Si le Vercors est entrĂ© dans l’histoire, c’est parce qu’il fut le plus important maquis de France. 4000 jeunes gens rĂ©partis sur une surface immense, et le Vercors doit jouer un rĂŽle majeur, un rĂŽle stratĂ©gique en particulier dĂšs qu’un dĂ©barquement en Provence aura lieu.

De Gaulle Ă©voquera mĂȘme l’hypothĂšse d’un dĂ©barquement 100% français dans le secteur


Ce qui explique ce statut de plus grand maquis de France remonte au début de la guerre.

La situation géographie a attiré au Vercors des catégories de jeunes trÚs diverses.

Les prĂ©mices de la rĂ©sistance naissent Ă  Villars de Lans, dans la partie nord du Vercors. A l’époque c’est une destination touristique huppĂ©e prisĂ©e, et plusieurs Ă©tablissements privĂ©s parisiens dĂ©laissent la capitale pour venir s’y installer, profitant des installations hĂŽteliĂšres nombreuses pour loger les Ă©lĂšves.

Des juifs et des rĂ©fugiĂ©s sont aussi venus s’y Ă©tablir


Un courant grenoblois animĂ© par le maire de l’époque LĂ©on Martin entre aussi en contact avec eux

L’embryon de mouvements rĂ©sistants en Vercors voit donc progressivement le jour dĂšs 1941.

Il est vite renforcĂ© par l’afflux massif dĂšs 1942 de rĂ©fractaires.

De toute la France arrivent des jeunes hommes qui ont refusé le Service du Travail Obligatoire. Le fameux STO institué par Vichy et qui oblige les jeunes hommes ùgés entre 18 et 21 ans à partir en Allemagne travailler au profit du Reich.

Ce sont ces jeunes hommes qui vont former les premiers camps de maquisards.

La vie au maquis, ce sont des hĂ©bergements de fortune, Ă©tĂ© comme hiver, trouver les rares sources d’eau de ce massif karstique, effectuer de nombreuses corvĂ©es, dont celles Ă©reintantes et pourtant quotidiennes du ravitaillement.

Il y a aussi la formation, l’instruction militaire. Elle est dispensĂ©e par des militaires de carriĂšre. Fusils, armes de poings, grenades, il faut pour les jeunes souvent tout apprendre.

S’il y a de plus en plus de jeunes Ă  rejoindre le maquis, c’est aussi parce que la guerre connaĂźt un tournant, et pour la premiĂšre fois depuis l’humiliation de la dĂ©faite, les Français se rendent compte que le cours de la guerre est en train de changer, et que l’armĂ©e rĂ©putĂ©e invincible du Reich montre des signes de faiblesses.

Ce qui a changĂ©, c’est El Alamein, le dĂ©barquement alliĂ© en Afrique du Nord du 8 novembre 1942, Stalingrad et la terrible retraite de la Wehrmacht, ou encore Guadalcanal dans le Pacifique.

L’enthousiasme et l’espoir d’une revanche renaissent. Le rĂ©gime de Vichy est unanimement rejetĂ©. Au Vercors, ce sont 9 camps qui voient le jour comme Ă  la ferme d’Ambel ou Ă  Autrans et s’organisent.

La population se montre souvent favorable Ă  l’émergence de ces mouvements de rĂ©sistance.

Les curés de villages comme Fernand Gagnol à Vassieux, Johannes Vincent à Corrençon -dans leurs homélies et bientÎt dans leurs actes- vont soutenir les maquis, encourageant les hommes à refuser le STO.

Des gendarmes comme ceux de La Chapelle En Vercors, pourtant soumis Ă  l’autoritĂ© de Vichy, renseignent les rĂ©fractaires, sur les mouvements et les positions des unitĂ©s allemandes.

HÎteliers, cafetiers pratiquent souvent une « neutralité bienveillante » .

Ces camps de fortune improvisĂ©s, quasi spontanĂ©s vont progressivement se structurer, s’organiser, se militariser.

Le Vercors va mĂȘme commencer Ă  intĂ©resser Londres et les alliĂ©s, dĂšs lors qu’un minutieux plan stratĂ©gique est Ă©tabli, faisant du plateau une base vitale de la rĂ©sistance.


.

Ce plan stratĂ©gique est initiĂ© par un architecte de formation Ă©galement pionnier de l’alpinisme, Pierre Dalloz et par un Ă©crivain, Jean PrĂ©vost.

Il porte le nom de « plan Montagnard », car il vise Ă  faire du Vercors, une forteresse, une base armĂ©e capable de soutenir les alliĂ©s au moment du dĂ©barquement en Provence
 dĂ©barquement que toute la France attend!

Ce plan prĂ©voit des caches d’armes, et l’identification de terrains de parachutages, afin de recevoir du matĂ©riel mais aussi des renforts.

En janvier 1943, un journaliste lyonnais, Yves Farge remet l’ébauche de ce plan montagnard Ă  2 Ă©minences de la France Libre, Jean Moulin et le gĂ©nĂ©ral DĂ©lestraint, chef de l’armĂ©e secrĂšte qui emporte le plan Ă  Londres.

Un mois plus tard, en février 1943, comme une reconnaissance et un encouragement, la BBC diffuse le message suivant :

« Les Montagnards doivent continuer à gravir les cimes ».

Au Vercors, ces strophes sonnent comme une validation du plan Montagnard
 

EncouragĂ©, Dalloz rassemble autour de son projet plusieurs militaires de carriĂšres qui ont rejoint la rĂ©sistance. Plusieurs d’entre eux connaissent bien la montagne et ont servi dans les troupes alpines.

C’est le cas du commandant Marcel Pourchier et du lieutenant Alain Le Ray.

En avril 1943, le général Délestraint -en personne- effectue une visite en Vercors.

Il inspecte le terrain, en compagnie de Dalloz et en prévision de prochaines opérations.

A cet instant, le Vercors est vu pour les uns comme un bastion de la France libĂ©rĂ©e, pour les autres -comme un foyer de renaissance de l’armĂ©e française.

Mais cette illusion est de courte durĂ©e. Une vague d’arrestation au printemps 1943 dĂ©cime des responsables locaux de la rĂ©sistance, et met fin Ă  l’euphorie.














.. FIN EPISODE 1

Jean Moulin et le gĂ©nĂ©ral DĂ©lestraint sont arrĂȘtĂ©s. Tout comme Le maire de Grenoble, des membres de la famille Huillier et des rĂ©seaux de Villars de Lans sont faits prisonniers.  Yves Farge et Pierre Dalloz se savent menacĂ©s et quittent la rĂ©gion.

Le plan Vercors est mis en sommeil. Tout le plateau craint pour sa survie




Le Vercors, aprĂšs quelques semaines de silence, se rĂ©organise sous l’impulsion d’un commandant militaire, Alain Le Ray et d’un chef civil, EugĂšne Chavant.

Pour survivre, le Vercors se militarise, de jeunes chefs commandent les camps de maquisards, comme les lieutenants Costa de Beauregard.

En cet été 1943  il y a prÚs de 400 volontaires au maquis.

Ils se tiennent prĂȘts Ă  enclencher le plan Montagnard et Ă  entrer en action dĂšs qu’un dĂ©barquement alliĂ© aura lieu dans le sud de la France.

« tenir quelques jours en bastion avancĂ©, le temps de permettre Ă  des effectifs aĂ©roportĂ©s de s’y consolider, puis lancer l’action libĂ©ratrice en tĂąche d’huile autour du Vercors ».

La mise en sommeil du Vercors est bien terminée,

Un premier parachutage massif est d’ailleurs organisĂ© par Londres le 13 novembre 1943.

Le sentiment que le débarquement allié est proche attire aussi dÚs février- mars 1944, de nouvelles vagues de volontaires.

Mais, le Vercors- tenu relativement Ă  l’abri de la rĂ©pression, voit son existence menacĂ©e.

D’abord, aprĂšs une occupation italienne rĂ©putĂ©e plus souple, c’est dĂ©sormais la Wehrmacht qui occupe la rĂ©gion, en particulier la 157Ăšme Division alpine de rĂ©serve commandĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Pflaum,

En janvier 1944 des combats Ă©clatent aux Grands Boulets. Plusieurs automitrailleuses allemandes affrontent les maquisards, qui doivent prendre la fuite.

Quelques jours plus tard, le 18 mars 1944 les Allemands détruisent le PC tuant 6 maquisards.

En ce printemps 1944, un vent mauvais souffle sur le Vercors, fragilisĂ© par cette sĂ©rie d’accrochages. La forteresse a montrĂ© ses limites.

Pourtant, des parachutages de 70 et 75 containers ont lieu à Vassieux, laissant penser que Londres mise toujours sur le Vercors, et sur son fameux plan Montagnard. Mais les chefs du maquis s’inquiùtent.

Le chef civil EugĂšne Chavant se rend en voyage Ă  Alger, les 24 et 25 mai pour mettre au clair la situation.

DĂšs son retour le 7 juin, l’enthousiasme renaĂźt. A Alger, il a Ă©tĂ© promis Ă  Chavant 4000 parachutistes. C’est Jacques Soustelle qui le lui aurait promis, le chef mĂȘme des services secrets français.

Le Vercors reprend espoir, d’autant que cette bonne nouvelle coĂŻncide avec une autre source d’immense espoir, le dĂ©barquement de Normandie qui vient d’avoir lieu. Les alliĂ©s sont enfin, aprĂšs 5 ans de guerre, sur le sol français... et le Reich commence Ă  perdre du terrain.

Le dĂ©barquement a mobilisĂ© toute la rĂ©sistance locale ; les sabotages se multiplient et les rĂ©seaux de recrutement voient le nombre de candidats  grimper en flĂšche. De la DrĂŽme, de l’isĂšre, de la Provence, des milliers de jeunes gens affluent.

Un afflux que le nouveau chef militaire du Vercors, François Huet n’avait pas prĂ©vu. Ces volontaires montent Ă  pieds, ou en autobus, mais avec souvent peu de discrĂ©tion, et ces mouvements intriguent et commencent Ă  alerter les Allemands.

A Londres, le gĂ©nĂ©ral Koenig qui coordonne les actions de rĂ©sistance, s’inquiĂšte lui aussi et demande le 10 juin de « freiner au maximum l’action de la guĂ©rilla ».

Mais il est dĂ©jĂ  trop tard pour faire machine arriĂšre. L’effervescence patriotique a eu raison de la discrĂ©tion. Plus question de faire repartir dans les plaines les nouveaux venus.

Les jeunes recrues sont accueillies dans les camps et formés par les officiers et sous-officiers qui les commandent.

Désormais, 3500 soldats plus ou moins aguerris et armés constituent les effectifs du Vercors.

Pour les armer, les nourrir, deux importants parachutages vont avoir lieu les 13 juin Ă  MĂ©audre, le 15 Ă  Vassieux, 36 appareils larguant plus de 432 containers.

Mais de Grenoble, l’état-major du gĂ©nĂ©ral Pflaum dĂ©cide d’aller tester le dispositif militaire des maquisards.

Il lance deux opĂ©rations de reconnaissance  les 13 et 15 juin Ă  Saint-Nizier, qui sont toutes les deux repoussĂ©es par les maquisards. Les hommes du lieutenant Chabal s’illustrent particuliĂšrement.

Suit aprÚs ces 2 accrochages, une période de répit, un ßlot de liberté unique, mais trÚs provisoire.


.

Début juillet, le Vercors rétablit la République, et procÚde comme si la zone avait été libérée.

Les soldats français dĂ©filent en tenue, et rĂ©tablissent l’armĂ©e française, pourtant dissoute 2 ans plus tĂŽt.

Il y a des cérémonies militaires, des bals festifs.

Un préfet est nommé, EugÚne Chavant dirige le comité de libération nationale du Vercors.

Des cĂ©rĂ©monies comme celles du 14 juillet, ont mĂȘme lieu avec le concours de la population,

C’est la libĂ©ration avant l’heure, les Ă©lus portent fiĂšrement leurs Ă©charpes, Chasseurs alpins, tirailleurs sĂ©nĂ©galais, toutes les unitĂ©s militaires arborent leurs plus belles tenues.

L’euphorie est à son sommet -lorsqu’a lieu à Vassieux- un nouveau parachutage massif, 72 avions larguant 864 containers.

Mais ce souffle de libertĂ© va brutalement s’arrĂȘter.




Le 21 juillet 1944, l’état-major allemand lance son offensive contre cette zone libre du Vercors.

Cette opĂ©ration porte un nom de code : Bettina. Elle est dĂ©cidĂ©e le 8 juillet. Elle va devenir l’un des symboles de la rĂ©pression, de la barbarie, dont le Reich fut capable.

Ce qui motive les Allemands Ă  agir, c’est d’abord, de rĂ©pondre Ă  ce qu’ils considĂšrent comme une provocation.

Mais le Vercors est aussi plus que jamais un secteur stratĂ©gique, et la montĂ©e massive de jeunes gens ne fait qu’accroĂźtre pour eux l’urgence d’agir.

10 000 hommes de la 157Úme Division du général Pflaum se chargent de mettre en application le plan. Avec des chasseurs alpins, des artilleurs, et des escadrilles de la Luftwaffe.

D’autres groupes sont chargĂ©s de verrouiller en contrebas les accĂšs au plateau.

Les panzer du Kampfsgruppe Zabel sont chargés de tenir la région de Die.

Enfin un assaut aĂ©roportĂ© est planifiĂ©. 200 hommes atterriront Ă  Vassieux Ă  bord de planeurs. Il s’agit d’un commando spĂ©cial appartenant Ă  la Luftwaffe.

Une troupe d’élite spĂ©cialement constituĂ©e pour briser le maquis en son cƓur, et se livrer ensuite dans une rĂ©pression sans scrupule.

Ce groupe baptisĂ© KG200 est commandĂ© par l’un des jeunes officiers les plus dĂ©corĂ©s du Reich. Un hĂ©ros de guerre, qui a reçu les honneurs Ă  plusieurs reprises, des mains du FĂŒhrer.

Le 14 juillet, alors que le Vercors célÚbre sa liberté, le commandant Friedrich SchÀfer et ses hommes arrivent à Lyon, dans le plus grand secret.

C’est le gĂ©nĂ©ral Niehoff qui leur rĂ©vĂšle le contenu de la mission. Aux cĂŽtĂ©s du jeune officier, un certain Werner Knab, responsable du SIPO SD, chef notamment de Klaus Barbie, connu comme « le boucher de Lyon ». Werner Knab prendra place lui aussi avec ce commando trĂšs spĂ©cial Ă  bord des planeurs.










..;;

      FIN EPISODE 2

De leurs cĂŽtĂ©s, les rĂ©sistants savent que l’assaut se prĂ©pare, mais ils ne savent ni oĂč ni quand il aura lieu.

Huet concentre ses effectifs sur l’axe le plus vulnĂ©rable de son dispositif : entre Lans et Corrençon


Le 21 juillet Ă  l’aube les chasseurs alpins de la 157Ăšme Division  attaquent au col du croix Perrin et font une percĂ©e Ă  Villars de lans qui est tenue dĂšs le soir.

Seul un verrou résiste, celui du lieutenant Chabal au-dessus de ValchevriÚre.

Mais lĂ  oĂč l’assaut va ĂȘtre encore plus spectaculaire, c’est Ă  Vassieux.

A 9 heures, surprise totale, 22 planeurs DFS 230 partis de Bron se posent au nord de Vassieux, et autour des villages de La Mûre et du Chùteau.

Les 200 paras se répartissent entre le centre du village, et celui de la Mûre.

2 planeurs sont dĂ©truits, les combats sont d’une violence indescriptible.

ImmĂ©diatement les paras s’en prennent aux civils, femmes, enfants, vieillards.

Le soir, les résistants provoquent une contre-attaque qui échoue, mais les Allemands sont sur leurs gardes. Ils sont encerclés et ont peu de réserves en munitions.

D’autant que les orages empĂȘchent les renforts de se poser.

La nuit est terrible.

Le 23 juillet 1944, 20 planeurs, les fameux renforts se posent Ă  Vassieux. A leur bord, des soldats d’une redoutable fĂ©rocitĂ©, des Ost Truppen, recrutĂ©s parmi les prisonniers soviĂ©tiques et originaires d’Asie Centrale. Ils viennent avec des munitions, de l’artillerie.

Le Vercors est en mauvaise posture, d’autant que la situation n’est guùre meilleure sur les autres fronts.

A ValchevriÚre, malgré une intense résistance, les hommes du lieutenant Chabal cÚdent... la plupart sont tués.

Le village est incendié.

Dans la soirĂ©e, Huet donne l’ordre de dispersion.

Chaque unitĂ© doit quitter sa position et se rĂ©fugier lĂ  oĂč elle le pourra, en particulier dans les forĂȘts.

Le bilan de ces journées fait état de 840 tués, 639 résistants et 201 civils.

CÎté allemand, 65 tués, 18 disparus et 133 blessés.

50 % des tués le sont non pas au combat mais peu aprÚs leur capture ou par le biais des exactions.

Les Allemands se livrent Ă  une chasse Ă  l’homme sans scrupule, qui n’épargne personne, ni les hommes en Ăąge de combattre ni les femmes, ni mĂȘme les enfants.

A Vassieux, 72 habitants perdent la vie. L’épuration se traduit par des crimes d’une cruautĂ© que l’imagination a dĂ» mal encore aujourd’hui Ă  se reprĂ©senter.

Les blessés sont eux aussi exécutés, comme dans la fameuse grotte de la Luire


C’est pour ces atrocitĂ©s que le Vercors est aussi entrĂ© dans la lĂ©gende noire des exactions du Reich. Longtemps, habitants, historiens ont cherchĂ© Ă  comprendre qui avait procĂ©dĂ© Ă  ces basses Ɠuvres, et pourquoi.

Le 27 juillet, soit 4 jours aprĂšs la fin des combats, Pflaum ordonne de ratisser le Vercors et d’incendier les maisons, le bĂ©tail


Les villages de Vassieux et de La Chapelle sont détruits à 97 et 95%

Le Vercors doit pour la libertĂ© qu’elle avait un temps retrouvĂ©, payer le prix fort.




Ces maquisards survivants vont aprĂšs des semaines de survie, reprendre le combat.

Beaucoup participeront aux libérations de Grenoble ou de Lyon.

Le bataillon du Vercors dĂ©filera mĂȘme rĂ©uni, en premier dans les rues de la capitale des Gaules, place Bellecour.

Quelques mois aprĂšs l’horreur, la population aidĂ©e par l’état et beaucoup par le don suisse reconstruit les villages martyrs


Mais une question lancinante ne quitte pas les survivants. Le Vercors a-t-il été trahi. Pourquoi les parachutistes prévus par Soustelle ne sont jamais arrivés ?

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MAQUIS DU VERCORS 

📟Romain ClĂ©ment / 🎬 Joubert des Ouches

Compositions musicales originales Tous droits réservés

Ils étaient 4 000, étudiants, lycéens, militaires de carriÚre,

curés, gendarmes. Il y avait parmi eux des juifs, des tirailleurs sénégalais, des hommes de toutes convictions politiques


Ils avaient fait du Vercors le plus important maquis de France.

Le Vercors grĂące Ă  eux avait mĂȘme en pleine occupation rĂ©tabli la RĂ©publique, fondĂ© une Ăźle de libertĂ©. 

Le drapeau de la France y flottait librement, jusqu’à ce que le haut-commandement allemand dĂ©cide de faire du Vercors un exemple.

Le 21 juillet 1944, les troupes allemandes lancent l’opĂ©ration Bettina. Leur objectif: anĂ©antir le maquis, traumatiser, violenter la population, puis raser, brĂ»ler toutes les fermes, afin d’empĂȘcher le maquis de renaĂźtre de ses cendres.

Maquisards, civils, femmes, enfants, mĂȘme les bĂȘtes seront les victimes d’un dĂ©ferlement de violence. Les Allemands vont choisir au Vercors l’anĂ©antissement par la barbarie.

Vassieux, La Chapelle en Vercors, ValchevriĂšre
 Des villages martyrs qui portent encore aujourd’hui les stigmates de cette Ă©popĂ©e tragique du Vercors.


.

Si le Vercors est entrĂ© dans l’histoire, c’est parce qu’il fut le plus important maquis de France. 4000 jeunes gens rĂ©partis sur une surface immense, et le Vercors doit jouer un rĂŽle majeur, un rĂŽle stratĂ©gique en particulier dĂšs qu’un dĂ©barquement en Provence aura lieu.

De Gaulle Ă©voquera mĂȘme l’hypothĂšse d’un dĂ©barquement 100% français dans le secteur


Ce qui explique ce statut de plus grand maquis de France remonte au début de la guerre.

La situation géographie a attiré au Vercors des catégories de jeunes trÚs diverses.

Les prĂ©mices de la rĂ©sistance naissent Ă  Villars de Lans, dans la partie nord du Vercors. A l’époque c’est une destination touristique huppĂ©e prisĂ©e, et plusieurs Ă©tablissements privĂ©s parisiens dĂ©laissent la capitale pour venir s’y installer, profitant des installations hĂŽteliĂšres nombreuses pour loger les Ă©lĂšves.

Des juifs et des rĂ©fugiĂ©s sont aussi venus s’y Ă©tablir


Un courant grenoblois animĂ© par le maire de l’époque LĂ©on Martin entre aussi en contact avec eux

L’embryon de mouvements rĂ©sistants en Vercors voit donc progressivement le jour dĂšs 1941.

Il est vite renforcĂ© par l’afflux massif dĂšs 1942 de rĂ©fractaires.

De toute la France arrivent des jeunes hommes qui ont refusé le Service du Travail Obligatoire. Le fameux STO institué par Vichy et qui oblige les jeunes hommes ùgés entre 18 et 21 ans à partir en Allemagne travailler au profit du Reich.

Ce sont ces jeunes hommes qui vont former les premiers camps de maquisards.

La vie au maquis, ce sont des hĂ©bergements de fortune, Ă©tĂ© comme hiver, trouver les rares sources d’eau de ce massif karstique, effectuer de nombreuses corvĂ©es, dont celles Ă©reintantes et pourtant quotidiennes du ravitaillement.

Il y a aussi la formation, l’instruction militaire. Elle est dispensĂ©e par des militaires de carriĂšre. Fusils, armes de poings, grenades, il faut pour les jeunes souvent tout apprendre.

S’il y a de plus en plus de jeunes Ă  rejoindre le maquis, c’est aussi parce que la guerre connaĂźt un tournant, et pour la premiĂšre fois depuis l’humiliation de la dĂ©faite, les Français se rendent compte que le cours de la guerre est en train de changer, et que l’armĂ©e rĂ©putĂ©e invincible du Reich montre des signes de faiblesses.

Ce qui a changĂ©, c’est El Alamein, le dĂ©barquement alliĂ© en Afrique du Nord du 8 novembre 1942, Stalingrad et la terrible retraite de la Wehrmacht, ou encore Guadalcanal dans le Pacifique.

L’enthousiasme et l’espoir d’une revanche renaissent. Le rĂ©gime de Vichy est unanimement rejetĂ©. Au Vercors, ce sont 9 camps qui voient le jour comme Ă  la ferme d’Ambel ou Ă  Autrans et s’organisent.

La population se montre souvent favorable Ă  l’émergence de ces mouvements de rĂ©sistance.

Les curés de villages comme Fernand Gagnol à Vassieux, Johannes Vincent à Corrençon -dans leurs homélies et bientÎt dans leurs actes- vont soutenir les maquis, encourageant les hommes à refuser le STO.

Des gendarmes comme ceux de La Chapelle En Vercors, pourtant soumis Ă  l’autoritĂ© de Vichy, renseignent les rĂ©fractaires, sur les mouvements et les positions des unitĂ©s allemandes.

HÎteliers, cafetiers pratiquent souvent une « neutralité bienveillante » .

Ces camps de fortune improvisĂ©s, quasi spontanĂ©s vont progressivement se structurer, s’organiser, se militariser.

Le Vercors va mĂȘme commencer Ă  intĂ©resser Londres et les alliĂ©s, dĂšs lors qu’un minutieux plan stratĂ©gique est Ă©tabli, faisant du plateau une base vitale de la rĂ©sistance.


.

Ce plan stratĂ©gique est initiĂ© par un architecte de formation Ă©galement pionnier de l’alpinisme, Pierre Dalloz et par un Ă©crivain, Jean PrĂ©vost.

Il porte le nom de « plan Montagnard », car il vise Ă  faire du Vercors, une forteresse, une base armĂ©e capable de soutenir les alliĂ©s au moment du dĂ©barquement en Provence
 dĂ©barquement que toute la France attend!

Ce plan prĂ©voit des caches d’armes, et l’identification de terrains de parachutages, afin de recevoir du matĂ©riel mais aussi des renforts.

En janvier 1943, un journaliste lyonnais, Yves Farge remet l’ébauche de ce plan montagnard Ă  2 Ă©minences de la France Libre, Jean Moulin et le gĂ©nĂ©ral DĂ©lestraint, chef de l’armĂ©e secrĂšte qui emporte le plan Ă  Londres.

Un mois plus tard, en février 1943, comme une reconnaissance et un encouragement, la BBC diffuse le message suivant :

« Les Montagnards doivent continuer à gravir les cimes ».

Au Vercors, ces strophes sonnent comme une validation du plan Montagnard
 

EncouragĂ©, Dalloz rassemble autour de son projet plusieurs militaires de carriĂšres qui ont rejoint la rĂ©sistance. Plusieurs d’entre eux connaissent bien la montagne et ont servi dans les troupes alpines.

C’est le cas du commandant Marcel Pourchier et du lieutenant Alain Le Ray.

En avril 1943, le général Délestraint -en personne- effectue une visite en Vercors.

Il inspecte le terrain, en compagnie de Dalloz et en prévision de prochaines opérations.

A cet instant, le Vercors est vu pour les uns comme un bastion de la France libĂ©rĂ©e, pour les autres -comme un foyer de renaissance de l’armĂ©e française.

Mais cette illusion est de courte durĂ©e. Une vague d’arrestation au printemps 1943 dĂ©cime des responsables locaux de la rĂ©sistance, et met fin Ă  l’euphorie.














.. FIN EPISODE 1

Jean Moulin et le gĂ©nĂ©ral DĂ©lestraint sont arrĂȘtĂ©s. Tout comme Le maire de Grenoble, des membres de la famille Huillier et des rĂ©seaux de Villars de Lans sont faits prisonniers.  Yves Farge et Pierre Dalloz se savent menacĂ©s et quittent la rĂ©gion.

Le plan Vercors est mis en sommeil. Tout le plateau craint pour sa survie




Le Vercors, aprĂšs quelques semaines de silence, se rĂ©organise sous l’impulsion d’un commandant militaire, Alain Le Ray et d’un chef civil, EugĂšne Chavant.

Pour survivre, le Vercors se militarise, de jeunes chefs commandent les camps de maquisards, comme les lieutenants Costa de Beauregard.

En cet été 1943  il y a prÚs de 400 volontaires au maquis.

Ils se tiennent prĂȘts Ă  enclencher le plan Montagnard et Ă  entrer en action dĂšs qu’un dĂ©barquement alliĂ© aura lieu dans le sud de la France.

« tenir quelques jours en bastion avancĂ©, le temps de permettre Ă  des effectifs aĂ©roportĂ©s de s’y consolider, puis lancer l’action libĂ©ratrice en tĂąche d’huile autour du Vercors ».

La mise en sommeil du Vercors est bien terminée,

Un premier parachutage massif est d’ailleurs organisĂ© par Londres le 13 novembre 1943.

Le sentiment que le débarquement allié est proche attire aussi dÚs février- mars 1944, de nouvelles vagues de volontaires.

Mais, le Vercors- tenu relativement Ă  l’abri de la rĂ©pression, voit son existence menacĂ©e.

D’abord, aprĂšs une occupation italienne rĂ©putĂ©e plus souple, c’est dĂ©sormais la Wehrmacht qui occupe la rĂ©gion, en particulier la 157Ăšme Division alpine de rĂ©serve commandĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Pflaum,

En janvier 1944 des combats Ă©clatent aux Grands Boulets. Plusieurs automitrailleuses allemandes affrontent les maquisards, qui doivent prendre la fuite.

Quelques jours plus tard, le 18 mars 1944 les Allemands détruisent le PC tuant 6 maquisards.

En ce printemps 1944, un vent mauvais souffle sur le Vercors, fragilisĂ© par cette sĂ©rie d’accrochages. La forteresse a montrĂ© ses limites.

Pourtant, des parachutages de 70 et 75 containers ont lieu à Vassieux, laissant penser que Londres mise toujours sur le Vercors, et sur son fameux plan Montagnard. Mais les chefs du maquis s’inquiùtent.

Le chef civil EugĂšne Chavant se rend en voyage Ă  Alger, les 24 et 25 mai pour mettre au clair la situation.

DĂšs son retour le 7 juin, l’enthousiasme renaĂźt. A Alger, il a Ă©tĂ© promis Ă  Chavant 4000 parachutistes. C’est Jacques Soustelle qui le lui aurait promis, le chef mĂȘme des services secrets français.

Le Vercors reprend espoir, d’autant que cette bonne nouvelle coĂŻncide avec une autre source d’immense espoir, le dĂ©barquement de Normandie qui vient d’avoir lieu. Les alliĂ©s sont enfin, aprĂšs 5 ans de guerre, sur le sol français... et le Reich commence Ă  perdre du terrain.

Le dĂ©barquement a mobilisĂ© toute la rĂ©sistance locale ; les sabotages se multiplient et les rĂ©seaux de recrutement voient le nombre de candidats  grimper en flĂšche. De la DrĂŽme, de l’isĂšre, de la Provence, des milliers de jeunes gens affluent.

Un afflux que le nouveau chef militaire du Vercors, François Huet n’avait pas prĂ©vu. Ces volontaires montent Ă  pieds, ou en autobus, mais avec souvent peu de discrĂ©tion, et ces mouvements intriguent et commencent Ă  alerter les Allemands.

A Londres, le gĂ©nĂ©ral Koenig qui coordonne les actions de rĂ©sistance, s’inquiĂšte lui aussi et demande le 10 juin de « freiner au maximum l’action de la guĂ©rilla ».

Mais il est dĂ©jĂ  trop tard pour faire machine arriĂšre. L’effervescence patriotique a eu raison de la discrĂ©tion. Plus question de faire repartir dans les plaines les nouveaux venus.

Les jeunes recrues sont accueillies dans les camps et formés par les officiers et sous-officiers qui les commandent.

Désormais, 3500 soldats plus ou moins aguerris et armés constituent les effectifs du Vercors.

Pour les armer, les nourrir, deux importants parachutages vont avoir lieu les 13 juin Ă  MĂ©audre, le 15 Ă  Vassieux, 36 appareils larguant plus de 432 containers.

Mais de Grenoble, l’état-major du gĂ©nĂ©ral Pflaum dĂ©cide d’aller tester le dispositif militaire des maquisards.

Il lance deux opĂ©rations de reconnaissance  les 13 et 15 juin Ă  Saint-Nizier, qui sont toutes les deux repoussĂ©es par les maquisards. Les hommes du lieutenant Chabal s’illustrent particuliĂšrement.

Suit aprÚs ces 2 accrochages, une période de répit, un ßlot de liberté unique, mais trÚs provisoire.


.

Début juillet, le Vercors rétablit la République, et procÚde comme si la zone avait été libérée.

Les soldats français dĂ©filent en tenue, et rĂ©tablissent l’armĂ©e française, pourtant dissoute 2 ans plus tĂŽt.

Il y a des cérémonies militaires, des bals festifs.

Un préfet est nommé, EugÚne Chavant dirige le comité de libération nationale du Vercors.

Des cĂ©rĂ©monies comme celles du 14 juillet, ont mĂȘme lieu avec le concours de la population,

C’est la libĂ©ration avant l’heure, les Ă©lus portent fiĂšrement leurs Ă©charpes, Chasseurs alpins, tirailleurs sĂ©nĂ©galais, toutes les unitĂ©s militaires arborent leurs plus belles tenues.

L’euphorie est à son sommet -lorsqu’a lieu à Vassieux- un nouveau parachutage massif, 72 avions larguant 864 containers.

Mais ce souffle de libertĂ© va brutalement s’arrĂȘter.




Le 21 juillet 1944, l’état-major allemand lance son offensive contre cette zone libre du Vercors.

Cette opĂ©ration porte un nom de code : Bettina. Elle est dĂ©cidĂ©e le 8 juillet. Elle va devenir l’un des symboles de la rĂ©pression, de la barbarie, dont le Reich fut capable.

Ce qui motive les Allemands Ă  agir, c’est d’abord, de rĂ©pondre Ă  ce qu’ils considĂšrent comme une provocation.

Mais le Vercors est aussi plus que jamais un secteur stratĂ©gique, et la montĂ©e massive de jeunes gens ne fait qu’accroĂźtre pour eux l’urgence d’agir.

10 000 hommes de la 157Úme Division du général Pflaum se chargent de mettre en application le plan. Avec des chasseurs alpins, des artilleurs, et des escadrilles de la Luftwaffe.

D’autres groupes sont chargĂ©s de verrouiller en contrebas les accĂšs au plateau.

Les panzer du Kampfsgruppe Zabel sont chargés de tenir la région de Die.

Enfin un assaut aĂ©roportĂ© est planifiĂ©. 200 hommes atterriront Ă  Vassieux Ă  bord de planeurs. Il s’agit d’un commando spĂ©cial appartenant Ă  la Luftwaffe.

Une troupe d’élite spĂ©cialement constituĂ©e pour briser le maquis en son cƓur, et se livrer ensuite dans une rĂ©pression sans scrupule.

Ce groupe baptisĂ© KG200 est commandĂ© par l’un des jeunes officiers les plus dĂ©corĂ©s du Reich. Un hĂ©ros de guerre, qui a reçu les honneurs Ă  plusieurs reprises, des mains du FĂŒhrer.

Le 14 juillet, alors que le Vercors célÚbre sa liberté, le commandant Friedrich SchÀfer et ses hommes arrivent à Lyon, dans le plus grand secret.

C’est le gĂ©nĂ©ral Niehoff qui leur rĂ©vĂšle le contenu de la mission. Aux cĂŽtĂ©s du jeune officier, un certain Werner Knab, responsable du SIPO SD, chef notamment de Klaus Barbie, connu comme « le boucher de Lyon ». Werner Knab prendra place lui aussi avec ce commando trĂšs spĂ©cial Ă  bord des planeurs.










..;;

      FIN EPISODE 2

De leurs cĂŽtĂ©s, les rĂ©sistants savent que l’assaut se prĂ©pare, mais ils ne savent ni oĂč ni quand il aura lieu.

Huet concentre ses effectifs sur l’axe le plus vulnĂ©rable de son dispositif : entre Lans et Corrençon


Le 21 juillet Ă  l’aube les chasseurs alpins de la 157Ăšme Division  attaquent au col du croix Perrin et font une percĂ©e Ă  Villars de lans qui est tenue dĂšs le soir.

Seul un verrou résiste, celui du lieutenant Chabal au-dessus de ValchevriÚre.

Mais lĂ  oĂč l’assaut va ĂȘtre encore plus spectaculaire, c’est Ă  Vassieux.

A 9 heures, surprise totale, 22 planeurs DFS 230 partis de Bron se posent au nord de Vassieux, et autour des villages de La Mûre et du Chùteau.

Les 200 paras se répartissent entre le centre du village, et celui de la Mûre.

2 planeurs sont dĂ©truits, les combats sont d’une violence indescriptible.

ImmĂ©diatement les paras s’en prennent aux civils, femmes, enfants, vieillards.

Le soir, les résistants provoquent une contre-attaque qui échoue, mais les Allemands sont sur leurs gardes. Ils sont encerclés et ont peu de réserves en munitions.

D’autant que les orages empĂȘchent les renforts de se poser.

La nuit est terrible.

Le 23 juillet 1944, 20 planeurs, les fameux renforts se posent Ă  Vassieux. A leur bord, des soldats d’une redoutable fĂ©rocitĂ©, des Ost Truppen, recrutĂ©s parmi les prisonniers soviĂ©tiques et originaires d’Asie Centrale. Ils viennent avec des munitions, de l’artillerie.

Le Vercors est en mauvaise posture, d’autant que la situation n’est guùre meilleure sur les autres fronts.

A ValchevriÚre, malgré une intense résistance, les hommes du lieutenant Chabal cÚdent... la plupart sont tués.

Le village est incendié.

Dans la soirĂ©e, Huet donne l’ordre de dispersion.

Chaque unitĂ© doit quitter sa position et se rĂ©fugier lĂ  oĂč elle le pourra, en particulier dans les forĂȘts.

Le bilan de ces journées fait état de 840 tués, 639 résistants et 201 civils.

CÎté allemand, 65 tués, 18 disparus et 133 blessés.

50 % des tués le sont non pas au combat mais peu aprÚs leur capture ou par le biais des exactions.

Les Allemands se livrent Ă  une chasse Ă  l’homme sans scrupule, qui n’épargne personne, ni les hommes en Ăąge de combattre ni les femmes, ni mĂȘme les enfants.

A Vassieux, 72 habitants perdent la vie. L’épuration se traduit par des crimes d’une cruautĂ© que l’imagination a dĂ» mal encore aujourd’hui Ă  se reprĂ©senter.

Les blessés sont eux aussi exécutés, comme dans la fameuse grotte de la Luire


C’est pour ces atrocitĂ©s que le Vercors est aussi entrĂ© dans la lĂ©gende noire des exactions du Reich. Longtemps, habitants, historiens ont cherchĂ© Ă  comprendre qui avait procĂ©dĂ© Ă  ces basses Ɠuvres, et pourquoi.

Le 27 juillet, soit 4 jours aprĂšs la fin des combats, Pflaum ordonne de ratisser le Vercors et d’incendier les maisons, le bĂ©tail


Les villages de Vassieux et de La Chapelle sont détruits à 97 et 95%

Le Vercors doit pour la libertĂ© qu’elle avait un temps retrouvĂ©, payer le prix fort.




Ces maquisards survivants vont aprĂšs des semaines de survie, reprendre le combat.

Beaucoup participeront aux libérations de Grenoble ou de Lyon.

Le bataillon du Vercors dĂ©filera mĂȘme rĂ©uni, en premier dans les rues de la capitale des Gaules, place Bellecour.

Quelques mois aprĂšs l’horreur, la population aidĂ©e par l’état et beaucoup par le don suisse reconstruit les villages martyrs


Mais une question lancinante ne quitte pas les survivants. Le Vercors a-t-il été trahi. Pourquoi les parachutistes prévus par Soustelle ne sont jamais arrivés ?

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Description

MAQUIS DU VERCORS 

📟Romain ClĂ©ment / 🎬 Joubert des Ouches

Compositions musicales originales Tous droits réservés

Ils étaient 4 000, étudiants, lycéens, militaires de carriÚre,

curés, gendarmes. Il y avait parmi eux des juifs, des tirailleurs sénégalais, des hommes de toutes convictions politiques


Ils avaient fait du Vercors le plus important maquis de France.

Le Vercors grĂące Ă  eux avait mĂȘme en pleine occupation rĂ©tabli la RĂ©publique, fondĂ© une Ăźle de libertĂ©. 

Le drapeau de la France y flottait librement, jusqu’à ce que le haut-commandement allemand dĂ©cide de faire du Vercors un exemple.

Le 21 juillet 1944, les troupes allemandes lancent l’opĂ©ration Bettina. Leur objectif: anĂ©antir le maquis, traumatiser, violenter la population, puis raser, brĂ»ler toutes les fermes, afin d’empĂȘcher le maquis de renaĂźtre de ses cendres.

Maquisards, civils, femmes, enfants, mĂȘme les bĂȘtes seront les victimes d’un dĂ©ferlement de violence. Les Allemands vont choisir au Vercors l’anĂ©antissement par la barbarie.

Vassieux, La Chapelle en Vercors, ValchevriĂšre
 Des villages martyrs qui portent encore aujourd’hui les stigmates de cette Ă©popĂ©e tragique du Vercors.


.

Si le Vercors est entrĂ© dans l’histoire, c’est parce qu’il fut le plus important maquis de France. 4000 jeunes gens rĂ©partis sur une surface immense, et le Vercors doit jouer un rĂŽle majeur, un rĂŽle stratĂ©gique en particulier dĂšs qu’un dĂ©barquement en Provence aura lieu.

De Gaulle Ă©voquera mĂȘme l’hypothĂšse d’un dĂ©barquement 100% français dans le secteur


Ce qui explique ce statut de plus grand maquis de France remonte au début de la guerre.

La situation géographie a attiré au Vercors des catégories de jeunes trÚs diverses.

Les prĂ©mices de la rĂ©sistance naissent Ă  Villars de Lans, dans la partie nord du Vercors. A l’époque c’est une destination touristique huppĂ©e prisĂ©e, et plusieurs Ă©tablissements privĂ©s parisiens dĂ©laissent la capitale pour venir s’y installer, profitant des installations hĂŽteliĂšres nombreuses pour loger les Ă©lĂšves.

Des juifs et des rĂ©fugiĂ©s sont aussi venus s’y Ă©tablir


Un courant grenoblois animĂ© par le maire de l’époque LĂ©on Martin entre aussi en contact avec eux

L’embryon de mouvements rĂ©sistants en Vercors voit donc progressivement le jour dĂšs 1941.

Il est vite renforcĂ© par l’afflux massif dĂšs 1942 de rĂ©fractaires.

De toute la France arrivent des jeunes hommes qui ont refusé le Service du Travail Obligatoire. Le fameux STO institué par Vichy et qui oblige les jeunes hommes ùgés entre 18 et 21 ans à partir en Allemagne travailler au profit du Reich.

Ce sont ces jeunes hommes qui vont former les premiers camps de maquisards.

La vie au maquis, ce sont des hĂ©bergements de fortune, Ă©tĂ© comme hiver, trouver les rares sources d’eau de ce massif karstique, effectuer de nombreuses corvĂ©es, dont celles Ă©reintantes et pourtant quotidiennes du ravitaillement.

Il y a aussi la formation, l’instruction militaire. Elle est dispensĂ©e par des militaires de carriĂšre. Fusils, armes de poings, grenades, il faut pour les jeunes souvent tout apprendre.

S’il y a de plus en plus de jeunes Ă  rejoindre le maquis, c’est aussi parce que la guerre connaĂźt un tournant, et pour la premiĂšre fois depuis l’humiliation de la dĂ©faite, les Français se rendent compte que le cours de la guerre est en train de changer, et que l’armĂ©e rĂ©putĂ©e invincible du Reich montre des signes de faiblesses.

Ce qui a changĂ©, c’est El Alamein, le dĂ©barquement alliĂ© en Afrique du Nord du 8 novembre 1942, Stalingrad et la terrible retraite de la Wehrmacht, ou encore Guadalcanal dans le Pacifique.

L’enthousiasme et l’espoir d’une revanche renaissent. Le rĂ©gime de Vichy est unanimement rejetĂ©. Au Vercors, ce sont 9 camps qui voient le jour comme Ă  la ferme d’Ambel ou Ă  Autrans et s’organisent.

La population se montre souvent favorable Ă  l’émergence de ces mouvements de rĂ©sistance.

Les curés de villages comme Fernand Gagnol à Vassieux, Johannes Vincent à Corrençon -dans leurs homélies et bientÎt dans leurs actes- vont soutenir les maquis, encourageant les hommes à refuser le STO.

Des gendarmes comme ceux de La Chapelle En Vercors, pourtant soumis Ă  l’autoritĂ© de Vichy, renseignent les rĂ©fractaires, sur les mouvements et les positions des unitĂ©s allemandes.

HÎteliers, cafetiers pratiquent souvent une « neutralité bienveillante » .

Ces camps de fortune improvisĂ©s, quasi spontanĂ©s vont progressivement se structurer, s’organiser, se militariser.

Le Vercors va mĂȘme commencer Ă  intĂ©resser Londres et les alliĂ©s, dĂšs lors qu’un minutieux plan stratĂ©gique est Ă©tabli, faisant du plateau une base vitale de la rĂ©sistance.


.

Ce plan stratĂ©gique est initiĂ© par un architecte de formation Ă©galement pionnier de l’alpinisme, Pierre Dalloz et par un Ă©crivain, Jean PrĂ©vost.

Il porte le nom de « plan Montagnard », car il vise Ă  faire du Vercors, une forteresse, une base armĂ©e capable de soutenir les alliĂ©s au moment du dĂ©barquement en Provence
 dĂ©barquement que toute la France attend!

Ce plan prĂ©voit des caches d’armes, et l’identification de terrains de parachutages, afin de recevoir du matĂ©riel mais aussi des renforts.

En janvier 1943, un journaliste lyonnais, Yves Farge remet l’ébauche de ce plan montagnard Ă  2 Ă©minences de la France Libre, Jean Moulin et le gĂ©nĂ©ral DĂ©lestraint, chef de l’armĂ©e secrĂšte qui emporte le plan Ă  Londres.

Un mois plus tard, en février 1943, comme une reconnaissance et un encouragement, la BBC diffuse le message suivant :

« Les Montagnards doivent continuer à gravir les cimes ».

Au Vercors, ces strophes sonnent comme une validation du plan Montagnard
 

EncouragĂ©, Dalloz rassemble autour de son projet plusieurs militaires de carriĂšres qui ont rejoint la rĂ©sistance. Plusieurs d’entre eux connaissent bien la montagne et ont servi dans les troupes alpines.

C’est le cas du commandant Marcel Pourchier et du lieutenant Alain Le Ray.

En avril 1943, le général Délestraint -en personne- effectue une visite en Vercors.

Il inspecte le terrain, en compagnie de Dalloz et en prévision de prochaines opérations.

A cet instant, le Vercors est vu pour les uns comme un bastion de la France libĂ©rĂ©e, pour les autres -comme un foyer de renaissance de l’armĂ©e française.

Mais cette illusion est de courte durĂ©e. Une vague d’arrestation au printemps 1943 dĂ©cime des responsables locaux de la rĂ©sistance, et met fin Ă  l’euphorie.














.. FIN EPISODE 1

Jean Moulin et le gĂ©nĂ©ral DĂ©lestraint sont arrĂȘtĂ©s. Tout comme Le maire de Grenoble, des membres de la famille Huillier et des rĂ©seaux de Villars de Lans sont faits prisonniers.  Yves Farge et Pierre Dalloz se savent menacĂ©s et quittent la rĂ©gion.

Le plan Vercors est mis en sommeil. Tout le plateau craint pour sa survie




Le Vercors, aprĂšs quelques semaines de silence, se rĂ©organise sous l’impulsion d’un commandant militaire, Alain Le Ray et d’un chef civil, EugĂšne Chavant.

Pour survivre, le Vercors se militarise, de jeunes chefs commandent les camps de maquisards, comme les lieutenants Costa de Beauregard.

En cet été 1943  il y a prÚs de 400 volontaires au maquis.

Ils se tiennent prĂȘts Ă  enclencher le plan Montagnard et Ă  entrer en action dĂšs qu’un dĂ©barquement alliĂ© aura lieu dans le sud de la France.

« tenir quelques jours en bastion avancĂ©, le temps de permettre Ă  des effectifs aĂ©roportĂ©s de s’y consolider, puis lancer l’action libĂ©ratrice en tĂąche d’huile autour du Vercors ».

La mise en sommeil du Vercors est bien terminée,

Un premier parachutage massif est d’ailleurs organisĂ© par Londres le 13 novembre 1943.

Le sentiment que le débarquement allié est proche attire aussi dÚs février- mars 1944, de nouvelles vagues de volontaires.

Mais, le Vercors- tenu relativement Ă  l’abri de la rĂ©pression, voit son existence menacĂ©e.

D’abord, aprĂšs une occupation italienne rĂ©putĂ©e plus souple, c’est dĂ©sormais la Wehrmacht qui occupe la rĂ©gion, en particulier la 157Ăšme Division alpine de rĂ©serve commandĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Pflaum,

En janvier 1944 des combats Ă©clatent aux Grands Boulets. Plusieurs automitrailleuses allemandes affrontent les maquisards, qui doivent prendre la fuite.

Quelques jours plus tard, le 18 mars 1944 les Allemands détruisent le PC tuant 6 maquisards.

En ce printemps 1944, un vent mauvais souffle sur le Vercors, fragilisĂ© par cette sĂ©rie d’accrochages. La forteresse a montrĂ© ses limites.

Pourtant, des parachutages de 70 et 75 containers ont lieu à Vassieux, laissant penser que Londres mise toujours sur le Vercors, et sur son fameux plan Montagnard. Mais les chefs du maquis s’inquiùtent.

Le chef civil EugĂšne Chavant se rend en voyage Ă  Alger, les 24 et 25 mai pour mettre au clair la situation.

DĂšs son retour le 7 juin, l’enthousiasme renaĂźt. A Alger, il a Ă©tĂ© promis Ă  Chavant 4000 parachutistes. C’est Jacques Soustelle qui le lui aurait promis, le chef mĂȘme des services secrets français.

Le Vercors reprend espoir, d’autant que cette bonne nouvelle coĂŻncide avec une autre source d’immense espoir, le dĂ©barquement de Normandie qui vient d’avoir lieu. Les alliĂ©s sont enfin, aprĂšs 5 ans de guerre, sur le sol français... et le Reich commence Ă  perdre du terrain.

Le dĂ©barquement a mobilisĂ© toute la rĂ©sistance locale ; les sabotages se multiplient et les rĂ©seaux de recrutement voient le nombre de candidats  grimper en flĂšche. De la DrĂŽme, de l’isĂšre, de la Provence, des milliers de jeunes gens affluent.

Un afflux que le nouveau chef militaire du Vercors, François Huet n’avait pas prĂ©vu. Ces volontaires montent Ă  pieds, ou en autobus, mais avec souvent peu de discrĂ©tion, et ces mouvements intriguent et commencent Ă  alerter les Allemands.

A Londres, le gĂ©nĂ©ral Koenig qui coordonne les actions de rĂ©sistance, s’inquiĂšte lui aussi et demande le 10 juin de « freiner au maximum l’action de la guĂ©rilla ».

Mais il est dĂ©jĂ  trop tard pour faire machine arriĂšre. L’effervescence patriotique a eu raison de la discrĂ©tion. Plus question de faire repartir dans les plaines les nouveaux venus.

Les jeunes recrues sont accueillies dans les camps et formés par les officiers et sous-officiers qui les commandent.

Désormais, 3500 soldats plus ou moins aguerris et armés constituent les effectifs du Vercors.

Pour les armer, les nourrir, deux importants parachutages vont avoir lieu les 13 juin Ă  MĂ©audre, le 15 Ă  Vassieux, 36 appareils larguant plus de 432 containers.

Mais de Grenoble, l’état-major du gĂ©nĂ©ral Pflaum dĂ©cide d’aller tester le dispositif militaire des maquisards.

Il lance deux opĂ©rations de reconnaissance  les 13 et 15 juin Ă  Saint-Nizier, qui sont toutes les deux repoussĂ©es par les maquisards. Les hommes du lieutenant Chabal s’illustrent particuliĂšrement.

Suit aprÚs ces 2 accrochages, une période de répit, un ßlot de liberté unique, mais trÚs provisoire.


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Début juillet, le Vercors rétablit la République, et procÚde comme si la zone avait été libérée.

Les soldats français dĂ©filent en tenue, et rĂ©tablissent l’armĂ©e française, pourtant dissoute 2 ans plus tĂŽt.

Il y a des cérémonies militaires, des bals festifs.

Un préfet est nommé, EugÚne Chavant dirige le comité de libération nationale du Vercors.

Des cĂ©rĂ©monies comme celles du 14 juillet, ont mĂȘme lieu avec le concours de la population,

C’est la libĂ©ration avant l’heure, les Ă©lus portent fiĂšrement leurs Ă©charpes, Chasseurs alpins, tirailleurs sĂ©nĂ©galais, toutes les unitĂ©s militaires arborent leurs plus belles tenues.

L’euphorie est à son sommet -lorsqu’a lieu à Vassieux- un nouveau parachutage massif, 72 avions larguant 864 containers.

Mais ce souffle de libertĂ© va brutalement s’arrĂȘter.




Le 21 juillet 1944, l’état-major allemand lance son offensive contre cette zone libre du Vercors.

Cette opĂ©ration porte un nom de code : Bettina. Elle est dĂ©cidĂ©e le 8 juillet. Elle va devenir l’un des symboles de la rĂ©pression, de la barbarie, dont le Reich fut capable.

Ce qui motive les Allemands Ă  agir, c’est d’abord, de rĂ©pondre Ă  ce qu’ils considĂšrent comme une provocation.

Mais le Vercors est aussi plus que jamais un secteur stratĂ©gique, et la montĂ©e massive de jeunes gens ne fait qu’accroĂźtre pour eux l’urgence d’agir.

10 000 hommes de la 157Úme Division du général Pflaum se chargent de mettre en application le plan. Avec des chasseurs alpins, des artilleurs, et des escadrilles de la Luftwaffe.

D’autres groupes sont chargĂ©s de verrouiller en contrebas les accĂšs au plateau.

Les panzer du Kampfsgruppe Zabel sont chargés de tenir la région de Die.

Enfin un assaut aĂ©roportĂ© est planifiĂ©. 200 hommes atterriront Ă  Vassieux Ă  bord de planeurs. Il s’agit d’un commando spĂ©cial appartenant Ă  la Luftwaffe.

Une troupe d’élite spĂ©cialement constituĂ©e pour briser le maquis en son cƓur, et se livrer ensuite dans une rĂ©pression sans scrupule.

Ce groupe baptisĂ© KG200 est commandĂ© par l’un des jeunes officiers les plus dĂ©corĂ©s du Reich. Un hĂ©ros de guerre, qui a reçu les honneurs Ă  plusieurs reprises, des mains du FĂŒhrer.

Le 14 juillet, alors que le Vercors célÚbre sa liberté, le commandant Friedrich SchÀfer et ses hommes arrivent à Lyon, dans le plus grand secret.

C’est le gĂ©nĂ©ral Niehoff qui leur rĂ©vĂšle le contenu de la mission. Aux cĂŽtĂ©s du jeune officier, un certain Werner Knab, responsable du SIPO SD, chef notamment de Klaus Barbie, connu comme « le boucher de Lyon ». Werner Knab prendra place lui aussi avec ce commando trĂšs spĂ©cial Ă  bord des planeurs.










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      FIN EPISODE 2

De leurs cĂŽtĂ©s, les rĂ©sistants savent que l’assaut se prĂ©pare, mais ils ne savent ni oĂč ni quand il aura lieu.

Huet concentre ses effectifs sur l’axe le plus vulnĂ©rable de son dispositif : entre Lans et Corrençon


Le 21 juillet Ă  l’aube les chasseurs alpins de la 157Ăšme Division  attaquent au col du croix Perrin et font une percĂ©e Ă  Villars de lans qui est tenue dĂšs le soir.

Seul un verrou résiste, celui du lieutenant Chabal au-dessus de ValchevriÚre.

Mais lĂ  oĂč l’assaut va ĂȘtre encore plus spectaculaire, c’est Ă  Vassieux.

A 9 heures, surprise totale, 22 planeurs DFS 230 partis de Bron se posent au nord de Vassieux, et autour des villages de La Mûre et du Chùteau.

Les 200 paras se répartissent entre le centre du village, et celui de la Mûre.

2 planeurs sont dĂ©truits, les combats sont d’une violence indescriptible.

ImmĂ©diatement les paras s’en prennent aux civils, femmes, enfants, vieillards.

Le soir, les résistants provoquent une contre-attaque qui échoue, mais les Allemands sont sur leurs gardes. Ils sont encerclés et ont peu de réserves en munitions.

D’autant que les orages empĂȘchent les renforts de se poser.

La nuit est terrible.

Le 23 juillet 1944, 20 planeurs, les fameux renforts se posent Ă  Vassieux. A leur bord, des soldats d’une redoutable fĂ©rocitĂ©, des Ost Truppen, recrutĂ©s parmi les prisonniers soviĂ©tiques et originaires d’Asie Centrale. Ils viennent avec des munitions, de l’artillerie.

Le Vercors est en mauvaise posture, d’autant que la situation n’est guùre meilleure sur les autres fronts.

A ValchevriÚre, malgré une intense résistance, les hommes du lieutenant Chabal cÚdent... la plupart sont tués.

Le village est incendié.

Dans la soirĂ©e, Huet donne l’ordre de dispersion.

Chaque unitĂ© doit quitter sa position et se rĂ©fugier lĂ  oĂč elle le pourra, en particulier dans les forĂȘts.

Le bilan de ces journées fait état de 840 tués, 639 résistants et 201 civils.

CÎté allemand, 65 tués, 18 disparus et 133 blessés.

50 % des tués le sont non pas au combat mais peu aprÚs leur capture ou par le biais des exactions.

Les Allemands se livrent Ă  une chasse Ă  l’homme sans scrupule, qui n’épargne personne, ni les hommes en Ăąge de combattre ni les femmes, ni mĂȘme les enfants.

A Vassieux, 72 habitants perdent la vie. L’épuration se traduit par des crimes d’une cruautĂ© que l’imagination a dĂ» mal encore aujourd’hui Ă  se reprĂ©senter.

Les blessés sont eux aussi exécutés, comme dans la fameuse grotte de la Luire


C’est pour ces atrocitĂ©s que le Vercors est aussi entrĂ© dans la lĂ©gende noire des exactions du Reich. Longtemps, habitants, historiens ont cherchĂ© Ă  comprendre qui avait procĂ©dĂ© Ă  ces basses Ɠuvres, et pourquoi.

Le 27 juillet, soit 4 jours aprĂšs la fin des combats, Pflaum ordonne de ratisser le Vercors et d’incendier les maisons, le bĂ©tail


Les villages de Vassieux et de La Chapelle sont détruits à 97 et 95%

Le Vercors doit pour la libertĂ© qu’elle avait un temps retrouvĂ©, payer le prix fort.




Ces maquisards survivants vont aprĂšs des semaines de survie, reprendre le combat.

Beaucoup participeront aux libérations de Grenoble ou de Lyon.

Le bataillon du Vercors dĂ©filera mĂȘme rĂ©uni, en premier dans les rues de la capitale des Gaules, place Bellecour.

Quelques mois aprĂšs l’horreur, la population aidĂ©e par l’état et beaucoup par le don suisse reconstruit les villages martyrs


Mais une question lancinante ne quitte pas les survivants. Le Vercors a-t-il été trahi. Pourquoi les parachutistes prévus par Soustelle ne sont jamais arrivés ?

Description

MAQUIS DU VERCORS 

📟Romain ClĂ©ment / 🎬 Joubert des Ouches

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Ils étaient 4 000, étudiants, lycéens, militaires de carriÚre,

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Ils avaient fait du Vercors le plus important maquis de France.

Le Vercors grĂące Ă  eux avait mĂȘme en pleine occupation rĂ©tabli la RĂ©publique, fondĂ© une Ăźle de libertĂ©. 

Le drapeau de la France y flottait librement, jusqu’à ce que le haut-commandement allemand dĂ©cide de faire du Vercors un exemple.

Le 21 juillet 1944, les troupes allemandes lancent l’opĂ©ration Bettina. Leur objectif: anĂ©antir le maquis, traumatiser, violenter la population, puis raser, brĂ»ler toutes les fermes, afin d’empĂȘcher le maquis de renaĂźtre de ses cendres.

Maquisards, civils, femmes, enfants, mĂȘme les bĂȘtes seront les victimes d’un dĂ©ferlement de violence. Les Allemands vont choisir au Vercors l’anĂ©antissement par la barbarie.

Vassieux, La Chapelle en Vercors, ValchevriĂšre
 Des villages martyrs qui portent encore aujourd’hui les stigmates de cette Ă©popĂ©e tragique du Vercors.


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Si le Vercors est entrĂ© dans l’histoire, c’est parce qu’il fut le plus important maquis de France. 4000 jeunes gens rĂ©partis sur une surface immense, et le Vercors doit jouer un rĂŽle majeur, un rĂŽle stratĂ©gique en particulier dĂšs qu’un dĂ©barquement en Provence aura lieu.

De Gaulle Ă©voquera mĂȘme l’hypothĂšse d’un dĂ©barquement 100% français dans le secteur


Ce qui explique ce statut de plus grand maquis de France remonte au début de la guerre.

La situation géographie a attiré au Vercors des catégories de jeunes trÚs diverses.

Les prĂ©mices de la rĂ©sistance naissent Ă  Villars de Lans, dans la partie nord du Vercors. A l’époque c’est une destination touristique huppĂ©e prisĂ©e, et plusieurs Ă©tablissements privĂ©s parisiens dĂ©laissent la capitale pour venir s’y installer, profitant des installations hĂŽteliĂšres nombreuses pour loger les Ă©lĂšves.

Des juifs et des rĂ©fugiĂ©s sont aussi venus s’y Ă©tablir


Un courant grenoblois animĂ© par le maire de l’époque LĂ©on Martin entre aussi en contact avec eux

L’embryon de mouvements rĂ©sistants en Vercors voit donc progressivement le jour dĂšs 1941.

Il est vite renforcĂ© par l’afflux massif dĂšs 1942 de rĂ©fractaires.

De toute la France arrivent des jeunes hommes qui ont refusé le Service du Travail Obligatoire. Le fameux STO institué par Vichy et qui oblige les jeunes hommes ùgés entre 18 et 21 ans à partir en Allemagne travailler au profit du Reich.

Ce sont ces jeunes hommes qui vont former les premiers camps de maquisards.

La vie au maquis, ce sont des hĂ©bergements de fortune, Ă©tĂ© comme hiver, trouver les rares sources d’eau de ce massif karstique, effectuer de nombreuses corvĂ©es, dont celles Ă©reintantes et pourtant quotidiennes du ravitaillement.

Il y a aussi la formation, l’instruction militaire. Elle est dispensĂ©e par des militaires de carriĂšre. Fusils, armes de poings, grenades, il faut pour les jeunes souvent tout apprendre.

S’il y a de plus en plus de jeunes Ă  rejoindre le maquis, c’est aussi parce que la guerre connaĂźt un tournant, et pour la premiĂšre fois depuis l’humiliation de la dĂ©faite, les Français se rendent compte que le cours de la guerre est en train de changer, et que l’armĂ©e rĂ©putĂ©e invincible du Reich montre des signes de faiblesses.

Ce qui a changĂ©, c’est El Alamein, le dĂ©barquement alliĂ© en Afrique du Nord du 8 novembre 1942, Stalingrad et la terrible retraite de la Wehrmacht, ou encore Guadalcanal dans le Pacifique.

L’enthousiasme et l’espoir d’une revanche renaissent. Le rĂ©gime de Vichy est unanimement rejetĂ©. Au Vercors, ce sont 9 camps qui voient le jour comme Ă  la ferme d’Ambel ou Ă  Autrans et s’organisent.

La population se montre souvent favorable Ă  l’émergence de ces mouvements de rĂ©sistance.

Les curés de villages comme Fernand Gagnol à Vassieux, Johannes Vincent à Corrençon -dans leurs homélies et bientÎt dans leurs actes- vont soutenir les maquis, encourageant les hommes à refuser le STO.

Des gendarmes comme ceux de La Chapelle En Vercors, pourtant soumis Ă  l’autoritĂ© de Vichy, renseignent les rĂ©fractaires, sur les mouvements et les positions des unitĂ©s allemandes.

HÎteliers, cafetiers pratiquent souvent une « neutralité bienveillante » .

Ces camps de fortune improvisĂ©s, quasi spontanĂ©s vont progressivement se structurer, s’organiser, se militariser.

Le Vercors va mĂȘme commencer Ă  intĂ©resser Londres et les alliĂ©s, dĂšs lors qu’un minutieux plan stratĂ©gique est Ă©tabli, faisant du plateau une base vitale de la rĂ©sistance.


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Ce plan stratĂ©gique est initiĂ© par un architecte de formation Ă©galement pionnier de l’alpinisme, Pierre Dalloz et par un Ă©crivain, Jean PrĂ©vost.

Il porte le nom de « plan Montagnard », car il vise Ă  faire du Vercors, une forteresse, une base armĂ©e capable de soutenir les alliĂ©s au moment du dĂ©barquement en Provence
 dĂ©barquement que toute la France attend!

Ce plan prĂ©voit des caches d’armes, et l’identification de terrains de parachutages, afin de recevoir du matĂ©riel mais aussi des renforts.

En janvier 1943, un journaliste lyonnais, Yves Farge remet l’ébauche de ce plan montagnard Ă  2 Ă©minences de la France Libre, Jean Moulin et le gĂ©nĂ©ral DĂ©lestraint, chef de l’armĂ©e secrĂšte qui emporte le plan Ă  Londres.

Un mois plus tard, en février 1943, comme une reconnaissance et un encouragement, la BBC diffuse le message suivant :

« Les Montagnards doivent continuer à gravir les cimes ».

Au Vercors, ces strophes sonnent comme une validation du plan Montagnard
 

EncouragĂ©, Dalloz rassemble autour de son projet plusieurs militaires de carriĂšres qui ont rejoint la rĂ©sistance. Plusieurs d’entre eux connaissent bien la montagne et ont servi dans les troupes alpines.

C’est le cas du commandant Marcel Pourchier et du lieutenant Alain Le Ray.

En avril 1943, le général Délestraint -en personne- effectue une visite en Vercors.

Il inspecte le terrain, en compagnie de Dalloz et en prévision de prochaines opérations.

A cet instant, le Vercors est vu pour les uns comme un bastion de la France libĂ©rĂ©e, pour les autres -comme un foyer de renaissance de l’armĂ©e française.

Mais cette illusion est de courte durĂ©e. Une vague d’arrestation au printemps 1943 dĂ©cime des responsables locaux de la rĂ©sistance, et met fin Ă  l’euphorie.














.. FIN EPISODE 1

Jean Moulin et le gĂ©nĂ©ral DĂ©lestraint sont arrĂȘtĂ©s. Tout comme Le maire de Grenoble, des membres de la famille Huillier et des rĂ©seaux de Villars de Lans sont faits prisonniers.  Yves Farge et Pierre Dalloz se savent menacĂ©s et quittent la rĂ©gion.

Le plan Vercors est mis en sommeil. Tout le plateau craint pour sa survie




Le Vercors, aprĂšs quelques semaines de silence, se rĂ©organise sous l’impulsion d’un commandant militaire, Alain Le Ray et d’un chef civil, EugĂšne Chavant.

Pour survivre, le Vercors se militarise, de jeunes chefs commandent les camps de maquisards, comme les lieutenants Costa de Beauregard.

En cet été 1943  il y a prÚs de 400 volontaires au maquis.

Ils se tiennent prĂȘts Ă  enclencher le plan Montagnard et Ă  entrer en action dĂšs qu’un dĂ©barquement alliĂ© aura lieu dans le sud de la France.

« tenir quelques jours en bastion avancĂ©, le temps de permettre Ă  des effectifs aĂ©roportĂ©s de s’y consolider, puis lancer l’action libĂ©ratrice en tĂąche d’huile autour du Vercors ».

La mise en sommeil du Vercors est bien terminée,

Un premier parachutage massif est d’ailleurs organisĂ© par Londres le 13 novembre 1943.

Le sentiment que le débarquement allié est proche attire aussi dÚs février- mars 1944, de nouvelles vagues de volontaires.

Mais, le Vercors- tenu relativement Ă  l’abri de la rĂ©pression, voit son existence menacĂ©e.

D’abord, aprĂšs une occupation italienne rĂ©putĂ©e plus souple, c’est dĂ©sormais la Wehrmacht qui occupe la rĂ©gion, en particulier la 157Ăšme Division alpine de rĂ©serve commandĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Pflaum,

En janvier 1944 des combats Ă©clatent aux Grands Boulets. Plusieurs automitrailleuses allemandes affrontent les maquisards, qui doivent prendre la fuite.

Quelques jours plus tard, le 18 mars 1944 les Allemands détruisent le PC tuant 6 maquisards.

En ce printemps 1944, un vent mauvais souffle sur le Vercors, fragilisĂ© par cette sĂ©rie d’accrochages. La forteresse a montrĂ© ses limites.

Pourtant, des parachutages de 70 et 75 containers ont lieu à Vassieux, laissant penser que Londres mise toujours sur le Vercors, et sur son fameux plan Montagnard. Mais les chefs du maquis s’inquiùtent.

Le chef civil EugĂšne Chavant se rend en voyage Ă  Alger, les 24 et 25 mai pour mettre au clair la situation.

DĂšs son retour le 7 juin, l’enthousiasme renaĂźt. A Alger, il a Ă©tĂ© promis Ă  Chavant 4000 parachutistes. C’est Jacques Soustelle qui le lui aurait promis, le chef mĂȘme des services secrets français.

Le Vercors reprend espoir, d’autant que cette bonne nouvelle coĂŻncide avec une autre source d’immense espoir, le dĂ©barquement de Normandie qui vient d’avoir lieu. Les alliĂ©s sont enfin, aprĂšs 5 ans de guerre, sur le sol français... et le Reich commence Ă  perdre du terrain.

Le dĂ©barquement a mobilisĂ© toute la rĂ©sistance locale ; les sabotages se multiplient et les rĂ©seaux de recrutement voient le nombre de candidats  grimper en flĂšche. De la DrĂŽme, de l’isĂšre, de la Provence, des milliers de jeunes gens affluent.

Un afflux que le nouveau chef militaire du Vercors, François Huet n’avait pas prĂ©vu. Ces volontaires montent Ă  pieds, ou en autobus, mais avec souvent peu de discrĂ©tion, et ces mouvements intriguent et commencent Ă  alerter les Allemands.

A Londres, le gĂ©nĂ©ral Koenig qui coordonne les actions de rĂ©sistance, s’inquiĂšte lui aussi et demande le 10 juin de « freiner au maximum l’action de la guĂ©rilla ».

Mais il est dĂ©jĂ  trop tard pour faire machine arriĂšre. L’effervescence patriotique a eu raison de la discrĂ©tion. Plus question de faire repartir dans les plaines les nouveaux venus.

Les jeunes recrues sont accueillies dans les camps et formés par les officiers et sous-officiers qui les commandent.

Désormais, 3500 soldats plus ou moins aguerris et armés constituent les effectifs du Vercors.

Pour les armer, les nourrir, deux importants parachutages vont avoir lieu les 13 juin Ă  MĂ©audre, le 15 Ă  Vassieux, 36 appareils larguant plus de 432 containers.

Mais de Grenoble, l’état-major du gĂ©nĂ©ral Pflaum dĂ©cide d’aller tester le dispositif militaire des maquisards.

Il lance deux opĂ©rations de reconnaissance  les 13 et 15 juin Ă  Saint-Nizier, qui sont toutes les deux repoussĂ©es par les maquisards. Les hommes du lieutenant Chabal s’illustrent particuliĂšrement.

Suit aprÚs ces 2 accrochages, une période de répit, un ßlot de liberté unique, mais trÚs provisoire.


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Début juillet, le Vercors rétablit la République, et procÚde comme si la zone avait été libérée.

Les soldats français dĂ©filent en tenue, et rĂ©tablissent l’armĂ©e française, pourtant dissoute 2 ans plus tĂŽt.

Il y a des cérémonies militaires, des bals festifs.

Un préfet est nommé, EugÚne Chavant dirige le comité de libération nationale du Vercors.

Des cĂ©rĂ©monies comme celles du 14 juillet, ont mĂȘme lieu avec le concours de la population,

C’est la libĂ©ration avant l’heure, les Ă©lus portent fiĂšrement leurs Ă©charpes, Chasseurs alpins, tirailleurs sĂ©nĂ©galais, toutes les unitĂ©s militaires arborent leurs plus belles tenues.

L’euphorie est à son sommet -lorsqu’a lieu à Vassieux- un nouveau parachutage massif, 72 avions larguant 864 containers.

Mais ce souffle de libertĂ© va brutalement s’arrĂȘter.




Le 21 juillet 1944, l’état-major allemand lance son offensive contre cette zone libre du Vercors.

Cette opĂ©ration porte un nom de code : Bettina. Elle est dĂ©cidĂ©e le 8 juillet. Elle va devenir l’un des symboles de la rĂ©pression, de la barbarie, dont le Reich fut capable.

Ce qui motive les Allemands Ă  agir, c’est d’abord, de rĂ©pondre Ă  ce qu’ils considĂšrent comme une provocation.

Mais le Vercors est aussi plus que jamais un secteur stratĂ©gique, et la montĂ©e massive de jeunes gens ne fait qu’accroĂźtre pour eux l’urgence d’agir.

10 000 hommes de la 157Úme Division du général Pflaum se chargent de mettre en application le plan. Avec des chasseurs alpins, des artilleurs, et des escadrilles de la Luftwaffe.

D’autres groupes sont chargĂ©s de verrouiller en contrebas les accĂšs au plateau.

Les panzer du Kampfsgruppe Zabel sont chargés de tenir la région de Die.

Enfin un assaut aĂ©roportĂ© est planifiĂ©. 200 hommes atterriront Ă  Vassieux Ă  bord de planeurs. Il s’agit d’un commando spĂ©cial appartenant Ă  la Luftwaffe.

Une troupe d’élite spĂ©cialement constituĂ©e pour briser le maquis en son cƓur, et se livrer ensuite dans une rĂ©pression sans scrupule.

Ce groupe baptisĂ© KG200 est commandĂ© par l’un des jeunes officiers les plus dĂ©corĂ©s du Reich. Un hĂ©ros de guerre, qui a reçu les honneurs Ă  plusieurs reprises, des mains du FĂŒhrer.

Le 14 juillet, alors que le Vercors célÚbre sa liberté, le commandant Friedrich SchÀfer et ses hommes arrivent à Lyon, dans le plus grand secret.

C’est le gĂ©nĂ©ral Niehoff qui leur rĂ©vĂšle le contenu de la mission. Aux cĂŽtĂ©s du jeune officier, un certain Werner Knab, responsable du SIPO SD, chef notamment de Klaus Barbie, connu comme « le boucher de Lyon ». Werner Knab prendra place lui aussi avec ce commando trĂšs spĂ©cial Ă  bord des planeurs.










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      FIN EPISODE 2

De leurs cĂŽtĂ©s, les rĂ©sistants savent que l’assaut se prĂ©pare, mais ils ne savent ni oĂč ni quand il aura lieu.

Huet concentre ses effectifs sur l’axe le plus vulnĂ©rable de son dispositif : entre Lans et Corrençon


Le 21 juillet Ă  l’aube les chasseurs alpins de la 157Ăšme Division  attaquent au col du croix Perrin et font une percĂ©e Ă  Villars de lans qui est tenue dĂšs le soir.

Seul un verrou résiste, celui du lieutenant Chabal au-dessus de ValchevriÚre.

Mais lĂ  oĂč l’assaut va ĂȘtre encore plus spectaculaire, c’est Ă  Vassieux.

A 9 heures, surprise totale, 22 planeurs DFS 230 partis de Bron se posent au nord de Vassieux, et autour des villages de La Mûre et du Chùteau.

Les 200 paras se répartissent entre le centre du village, et celui de la Mûre.

2 planeurs sont dĂ©truits, les combats sont d’une violence indescriptible.

ImmĂ©diatement les paras s’en prennent aux civils, femmes, enfants, vieillards.

Le soir, les résistants provoquent une contre-attaque qui échoue, mais les Allemands sont sur leurs gardes. Ils sont encerclés et ont peu de réserves en munitions.

D’autant que les orages empĂȘchent les renforts de se poser.

La nuit est terrible.

Le 23 juillet 1944, 20 planeurs, les fameux renforts se posent Ă  Vassieux. A leur bord, des soldats d’une redoutable fĂ©rocitĂ©, des Ost Truppen, recrutĂ©s parmi les prisonniers soviĂ©tiques et originaires d’Asie Centrale. Ils viennent avec des munitions, de l’artillerie.

Le Vercors est en mauvaise posture, d’autant que la situation n’est guùre meilleure sur les autres fronts.

A ValchevriÚre, malgré une intense résistance, les hommes du lieutenant Chabal cÚdent... la plupart sont tués.

Le village est incendié.

Dans la soirĂ©e, Huet donne l’ordre de dispersion.

Chaque unitĂ© doit quitter sa position et se rĂ©fugier lĂ  oĂč elle le pourra, en particulier dans les forĂȘts.

Le bilan de ces journées fait état de 840 tués, 639 résistants et 201 civils.

CÎté allemand, 65 tués, 18 disparus et 133 blessés.

50 % des tués le sont non pas au combat mais peu aprÚs leur capture ou par le biais des exactions.

Les Allemands se livrent Ă  une chasse Ă  l’homme sans scrupule, qui n’épargne personne, ni les hommes en Ăąge de combattre ni les femmes, ni mĂȘme les enfants.

A Vassieux, 72 habitants perdent la vie. L’épuration se traduit par des crimes d’une cruautĂ© que l’imagination a dĂ» mal encore aujourd’hui Ă  se reprĂ©senter.

Les blessés sont eux aussi exécutés, comme dans la fameuse grotte de la Luire


C’est pour ces atrocitĂ©s que le Vercors est aussi entrĂ© dans la lĂ©gende noire des exactions du Reich. Longtemps, habitants, historiens ont cherchĂ© Ă  comprendre qui avait procĂ©dĂ© Ă  ces basses Ɠuvres, et pourquoi.

Le 27 juillet, soit 4 jours aprĂšs la fin des combats, Pflaum ordonne de ratisser le Vercors et d’incendier les maisons, le bĂ©tail


Les villages de Vassieux et de La Chapelle sont détruits à 97 et 95%

Le Vercors doit pour la libertĂ© qu’elle avait un temps retrouvĂ©, payer le prix fort.




Ces maquisards survivants vont aprĂšs des semaines de survie, reprendre le combat.

Beaucoup participeront aux libérations de Grenoble ou de Lyon.

Le bataillon du Vercors dĂ©filera mĂȘme rĂ©uni, en premier dans les rues de la capitale des Gaules, place Bellecour.

Quelques mois aprĂšs l’horreur, la population aidĂ©e par l’état et beaucoup par le don suisse reconstruit les villages martyrs


Mais une question lancinante ne quitte pas les survivants. Le Vercors a-t-il été trahi. Pourquoi les parachutistes prévus par Soustelle ne sont jamais arrivés ?

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