Speaker #0Bonjour et bienvenue sur Lecture caribéenne podcast, je suis Elsa Vaudrehaute, nous allons parler d'ouvrages caribéens, d'auteurs caribéens, de livres qui parlent de la Caraïbe, mais pas seulement ! Bonjour à tous, donc je reviens pour un nouvel épisode, bien bien bien longtemps après mon dernier épisode. Pendant cette longue période, j'avais retiré mes anciens épisodes des plateformes et puis quelqu'un m'a gentiment interpellée sur Instagram me demandant où étaient passés mes épisodes. Finalement, après, j'ai remis les épisodes mais je n'en ai pas publié de nouveau. Ceci est dû au fait que je n'avais vraiment pas le temps de podcaster. J'avais des épisodes d'avance, mais en fait, je n'arrivais pas à les monter. Et je me suis rendue compte que monter des épisodes, ça me prenait vraiment trop de temps. En fait, j'enregistrais vraiment en brouillon. Et après, je prenais pas mal de temps pour faire du montage. Et en fait, ce n'était pas la meilleure solution. Et j'avais une flemme de monter les épisodes que j'avais d'avance. Je n'avais pas du tout le temps non plus. Et du coup, en fait, j'ai procrastiné et voilà. Et on se retrouve près d'un an après mon dernier épisode. Donc dans cet épisode, je vais parler de mon coup de cœur 2025. Parce que l'épisode, je l'enregistrerai en 2025. Mais je le réenregistre puisque je ne vais plus faire de montage. je vais essayer de... de partir en one shot et s'il y a des bégayements ou des passages, peut-être que je vais couper mais je pense pas, donc du coup dorénavant je vais faire des épisodes plus courts qui me demandent moins de qui me demandent pas de montage ou en tout cas moins de montage et je vais essayer de parler de mes coups de coeur du mois ou du trimestre j'ai pas du tout le même rythme de lecture qu'avant. Avant, je lisais beaucoup plus. Là, j'essaie de sélectionner mes livres. Franchement, je lis un à deux livres par mois. Alors qu'avant, je lisais deux à cinq. Donc, c'est pas du tout le même style de lecture, enfin, de même rythme. Mais, je ne vais pas changer mon rythme puisque j'ai fait beaucoup plus de choses qu'avant dans ma vie. professionnelle et personnelle et en fait j'ai clairement pas le temps donc dans cet épisode on m'a parlé de mon coup de coeur 2025 qui est le livre Love After Love de Ingrid Persaud j'espère que je prononce bien son nom donc Ingrid Persaud c'est une autrice trinédadienne elle est indo-caribéenne et dans Love After Love elle parle Elle rend hommage, à mon sens, à sa culture indo-caribéenne. Donc, je pense qu'il faut que je... Pour, en tout cas, mes auditeurs non-caribéens, il faut peut-être que j'explique ce qu'est la culture indo-caribéenne. Moi, c'est mon premier livre. Enfin, c'est mon premier roman indo-caribéen. J'ai déjà lu des livres. d'histoire, de l'histoire des Indo-Caribéens ou des choses comme ça, des essais et compagnie mais pas de roman et je crois que c'est mon premier et je disais que la culture Indo-Caribéenne c'est la culture Indie caribéenne des descendants d'Indiens et je sais qu'en France, dès lors que j'explique pourquoi la culture indo-caribéenne, c'est la culture caribéenne, pourquoi la culture indienne fait partie, certains aspects de la culture indienne, on les retrouve dans la culture caribéenne, les gens ne comprennent pas, et ils me demandent si ce sont des Amérindiens. Je leur explique que non, il y avait des Amérindiens, mais il y avait aussi des Indiens d'Inde, donc des Asiatiques. Et en fait, à chaque fois, je dois reprendre le récit Pour expliquer, donc je vais expliquer à mes auditeurs non caribéens pourquoi il y a une culture indo-caribéenne et pourquoi il y a des aspects de la culture indienne qu'on retrouve dans les Caraïbes. Donc en fait, on est dans la période de la fin de l'esclavage, dans les années 1840, et en fait, l'esclavage, parce qu'il y a beaucoup de révolte, parce que ça s'essouffle... Voilà, l'escalavage s'essouffle et on va vers les abolitions. Le premier test, c'est dommage à dire, mais c'est un test, est fait à l'île Maurice. Et à l'île Maurice, l'île Maurice c'était français puis anglais, donc les colons anglais décident de faire un test et d'aller en Inde, là où il y a aussi des territoires qui sont à partir des anglais, et de prendre de recruter des personnes qui viennent des castes inférieures, puisqu'en Inde, il y a un système de castes. Donc les gens qui sont dans les castes inférieures, on leur propose de venir travailler dans les anciennes colonies, dans le Britannique en premier lieu, puis française en second lieu. Contre une rémunération, contre... Il y a pas mal de promesses. Ce sont des contrats renouvelables, voilà. Donc on appelle ça l'engagisme. Les Amiens sont des personnes engagées, donc on les engage. Je vais contextualiser le truc, puisqu'on est dans des personnes qui sont déjà dans des cas inférieurs. Donc du coup, ils sont dans une recherche d'une vie meilleure. Donc en fait... Il y a le premier bateau qui arrive à l'île Maurice. Et à Trinidad, généralement, les bateaux sont nommés. On les appelle de façon péjorative les cool ships. Mais les bateaux ont des noms. Et en fait, ces noms permettent aux descendants aujourd'hui de commémorer la mémoire de leurs ascendants. Donc on a... Un premier bateau qui arrive à l'île Maurice. On a aussi un premier bateau qui arrive, enfin des bateaux qui arrivent de façon après successive dans les Caraïbes. Donc on a le Fatel Raza qui arrive, si ma mémoire est bonne, en 45 à Trinidad. Puis on a des bateaux qui arrivent en 53 pour la première fois en Marseillais. On a dans la Guyane française. Et en 54, on a l'Aurélie qui arrive en Guadeloupe. Donc, arrivés sur place, la population indienne se rend compte que les promesses qui ont été faites ne sont pas celles qui existent sur place. Donc, le salaire est très bas, les conditions de vie sont misérables, ils vivent dans la très grande pauvreté, dans la malnutrition. C'est du travail de la canne, donc c'est des conditions de vie qui sont... qui sont assez contraignants. Ils meurent... L'espérance de vie est très faible, en fait. Ils meurent très jeunes. Et finalement, on leur promettait de les ramener en Inde. Les descendants, les engagés resteront finalement dans les Caraïbes. En fait, c'est des milliers de personnes qui vont être engagées. dans les Caraïbes à travers le langagisme. Je crois que dans les anciennes colonies françaises, on parle de... Dans les Caraïbes, on est peut-être sur la Guyane, Martinique et Guadeloupe. On est sur 70 000 personnes, mais ça, c'est un chiffre que je cherche... Je ne suis pas certaine du chiffre, en fait. Des années après. Après l'arrivée de ces personnes dans les Caraïbes, on va avoir un combat, puisque comme les afrodescendants qui ont mené un combat pour leurs droits, il y a aussi les indodescendants qui vont mener un combat pour leurs droits, puisque finalement, ce ne sont pas des apatrides, donc on ne leur reconnaissait pas la citoyenneté française. Donc dans chaque île, il y a des personnalités qui sont reconnues. pour leur travail pour l'émancipation sur les droits. Et en Guadeloupe, on a une personne qui est assez connue, enfin en tout cas je crois, qui s'appelle Henri Sidon Baron, c'est un fils d'engagé, et dans l'année 1920, il va mener un long combat pour que les engagés obtiennent la citoyenneté. Il va mener un combat sur le droit de vote aussi. Il va mener pas mal de combats. les droits des engagés et de leurs descendants. Et pour revenir au livre, pour finir un peu et après revenir au livre, la culture... Sur l'Indien, il y a la culture indo-caribéenne. On a les apports de la culture indienne comme les épices, le curry. En Guadeloupe, on a le colombo. En Guadeloupe-Martinique, on a le colombo. Dans les autres îles, on a le curry, le curry goth. Par exemple, à Trinidad, on a le soka. On a le chutney soka. qui est un soka typiquement indo-caribéen, avec quelques reprises de sonorités indiennes. On a aussi aux Antilles les rites hindous, les cérémonies hindous, les temples hindous. Voilà, pas mal de choses. Par contre, j'avais fait des recherches là-dessus, et le madras n'est pas arrivé avec les engagés. Mais est arrivé bien avant, dans les années 1700. En fait, le Madras est arrivé avec les femmes des colons. Donc le Madras n'est pas arrivé avec l'immigration indienne. Et si quelqu'un a une source qui dit le contraire, je veux bien. Parce que moi, dans toutes les recherches que j'ai faites, je trouve que le Madras est arrivé avant les engagés. Donc voilà. Donc voilà pour un peu... expliquer le contexte de la culture indo-caribéenne. Donc, Love After Love parle de la culture indo-caribéenne. L'histoire se déroule à Trinidad. On a Bettina, son mari et son fils. Donc, le mari de Bettina, il est alcoolique. Il fait des crises de colère. Il est violent. Donc, il exerce des violences conjugales sur sa femme, mais aussi des violences éducatives sur son fils. Les premières pages du livre, Attention, attention, les premières pages du livre peuvent heurter quelques sensibilités, puisqu'en fait, on rentre vraiment dans une histoire où les premières pages, c'est vraiment, on parle de, c'est un récit de violence en fait, donc ça peut heurter, et après ça va, mais les premières pages, ça peut être déconcertant. Donc on a Bettina qui est victime de violences conjugales. Et au final, il y a un incident qui a lieu dans le cadre d'une querelle entre Bettina et son mari. Et finalement, son mari va finir par mourir dans ce fight-là. Et Bettina va cacher à tout le monde les circonstances de la mort de son mari. Puis, peu après, elle va se retrouver mère célibataire. donc elle va chercher à pouvoir Souvenirs aux besoins de son fils, donc elle a une grande maison, elle est célibataire, donc elle va proposer à quelqu'un de venir habiter avec elle. Finalement, elle met pratiquement en colocation une partie de son logement et finalement son colocataire va être monsieur Chitan ou Chetan, on le dit Chitan. Et ça va être une famille un peu atypique. Avec M. Chitan qui joue parfois des rôles de grand frère, parfois des rôles de père. Et Bettina, donc c'est une famille plaisante. Et finalement, un jour, Bettina va raconter cette histoire à M. Chitan. Et son fils va entendre cette histoire. Son fils va lui en vouloir. Donc il va commencer à avoir une... colère envers sa mère et finalement il décide pour la punir en fait de partir en fait de laisser Trinidad et sa mère se retrouve avec monsieur Chitan dans le cadre du départ de Solo, on va parler de l'exil Solo se retrouve aux Etats-Unis bien qu'il soit entouré de sa famille mais il se rend compte que c'est pas du tout la même vie En fait, c'est vraiment le choc des cultures, le choc des températures et les chocs de pas mal de choses. Donc, il est confronté à pas mal de choses. Puis, il a laissé ses études. Donc, il doit travailler, mais des jobs qui ne rapportent pas beaucoup et qui sont assez... qui demandent beaucoup de... enfin, qui sont mal payés, quoi. Enfin, l'histoire nous parle de la culture caribéenne. Donc, ça... Est-ce que je vais en revenir dessus ? Oui, non. Enfin, il y a pas mal de choses dans la culture caribéenne. Donc il y a les plats, les fruits, les légumes. Le roman reprend vraiment cette réalité-là qu'on retrouve dans pas mal de romans caribéens. C'est très bien décrit. On est pratiquement parfois dans la cuisine de Bettina. Elle fait bien les plats. Voilà, elle parle de carnaval, on est vraiment dans les Caraïbes, on est plongé dedans, il y a la plage. En fait, j'ai vraiment trouvé l'écriture belle à cette égare, puisqu'elle décrit très bien tout son environnement, l'autrice, l'environnement de Bettina. Et enfin aussi le livre parle un peu. de homosexualité et de l'homophobie dans un contexte caribéen. Et on voit que c'est quelque chose qu'elle a voulu mettre en exil, parce que c'est une problématique, bien qu'elle ait des avancées, c'est clair, mais c'est une problématique qu'on rencontre beaucoup dans les Caraïbes, c'est une homophobie. Voilà, donc j'ai trouvé le livre intéressant, puisque ça parle de... tellement de choses intéressantes et aussi l'écriture la plume elle est belle il y a quelque chose que j'ai oublié de dire mais qui est important, le livre il est en anglais donc ça peut il y a des gens qui ne le lisent pas en anglais mais je trouve que le livre est très bien écrit, on n'est pas dans une dystopie il n'y a pas de mots compliqués, on est dans une vie tranquille de 3 personnes, il n'y a pas de mots compliqués. En plus, moi, le livre, je l'ai lu avec la liseuse. Donc, ça permet de traduire les mots trop compliqués. Moi, je pense que c'est un bon livre pour commencer à lire en anglais. Et j'ai trouvé vraiment le texte bien écrit. Et en plus, si vous êtes créolophone, il y a quelques expressions qui sont reprises. Je crois qu'elle utilise mako, soukounian, des choses comme ça. Donc ça permet aussi de... Le créole qui est utilisé à Trinidad, c'est un créole qui est martiniquais pour recontextualiser les colons migrés avec les personnes qu'ils avaient mis en esclavage. Et en fait, dans les années 1700, il y a eu pas mal de colons qui ont migré avec les personnes qu'ils avaient mis en esclavage. de Cologne-Martiniquais qui avaient migré avec des personnes qu'ils avaient mis en esclavage à Trinidad. Donc du coup, le créole martiniquais s'est implanté à Trinidad et il était parlé par une bonne partie de la population. Bon, aujourd'hui, je pense qu'il n'est plus trop parlé. En tout cas, pas par les jeunes générations. Mais on retrouve les expressions en créole encore chez les jeunes générations. Donc j'ai trouvé vraiment ça intéressant parce que On retrouve aussi les rites, les croyances afrodescendantes. Donc c'est vraiment un mix entre les croyances indodescendantes, afrodescendantes. Et au final, la culture indo-caribéenne, c'est un mix entre ce qui reste des cultures amérindiennes, puisqu'il y a beaucoup l'utilisation des plantes. ce qui reste de la culture afro-descendante et ce qui reste de la culture indo-descendante donc c'est un mélange de cultures qui créent une nouvelle et je me rappelle d'un passage où il y avait Bettina qui essaie de rencontrer des hommes pour faire sa vie elle rencontre un homme le gars où je ne sais plus qui l'invite à un match de cricket puisque le cricket est beaucoup pratiqué dans les îles anglophones Et au final, le match entre Trinidad et l'Inde. Et les deux sont indodéscendants. Donc du coup, Bettina dit tout de suite, bon, moi, je suis trinidadienne, donc je suis pour Trinidad. Et en fait, le mec qu'elle avait rencontré, lui, il est pareil, indodéscendant, il dit, mais moi, je suis indien, je suis pour l'Inde. Et elle se dit, mais en fait, tu connais quoi de l'Inde ? C'est juste nos parents qui étaient trinitadiens. Et elle, elle est complètement dans cette conception de sa culture comme un mélange. Et lui était non, je suis indien. Et puis chacun a la loi d'aimer ce qu'il aime et de se reconnaître dans ce qu'il veut se reconnaître. Mais j'ai bien aimé sa conception, elle, des choses en disant qu'elle ne veut pas choisir entre une culture ou une autre. Puisqu'en fait, elle est les deux. Enfin, vraiment, il y a un mélange de plusieurs cultures qui fait... sa culture maintenant. Et j'ai beaucoup aimé l'hommage qu'elle a rendu à la culture indo-caribéenne. J'allais presque oublier le plus important, c'est que le livre parle d'amour, de l'amour qu'une mère a pour son fils et de l'amour qu'une personne a pour une personne qui n'a pas de lien de famille avec elle. Et c'est beau, en fait. Et aussi, par le thème de l'homophobie, on se rend compte que l'amour, c'est l'amour, en fait. Et il faut juste laisser les gens s'aimer. Et pour finir, je dirais que, franchement, c'est un livre à lire. Puisque je ne m'attendais pas du tout à cette fin-là. Je ne vais pas épiloguer là-dessus. Mais le roman est doux. Mais par contre, on ne veut pas s'attendre à un happy ending. faut pas s'attendre à ça donc voilà merci beaucoup et à un prochain épisode bye