- Batiste
Bonjour, bienvenue dans Légalement Votre, le podcast autour des enjeux tech des professions juridiques. Je suis Baptiste Quentin et je vous propose de rencontrer aujourd'hui Marine Lecoq pour nous parler de son quotidien d'avocate. Salut Marine, bienvenue.
- Marine
Bonjour Baptiste, merci pour ton invitation dans ce podcast.
- Batiste
Je suis ravi de te recevoir dans ce podcast, on se connaît depuis quelques mois maintenant. C'était important pour moi de te donner la parole. d'échanger sur ton métier, sur les évolutions justement de la profession quand on parle de tech. Pour commencer, parlons un petit peu de toi. Est-ce que tu peux nous présenter ton quotidien, ton rythme de travail ?
- Marine
Oui, bien sûr. Alors, je suis avocate collaboratrice à Vannes, dans un cabinet généraliste, depuis trois ans maintenant, un peu plus de trois ans. S'agissant de mon quotidien, c'est assez varié. J'ai des journées normalement denses, de 8h30 à 19h30, 20h à peu près. En ce moment, parce que je suis devenue maman, mes journées sont un peu plus courtes, mais je pense qu'on y reviendra plus tard. En attendant, dans le cadre de mon quotidien, je peux être en garde à vue dans la journée, je peux être en audience, en rendez-vous client ou en rédaction d'actes. On a un quotidien qui est très varié et qui ne se ressemble pas chaque jour et différent.
- Batiste
C'est ça, ce qui est à la fois intéressant.
- Marine
C'est passionnant, ce qui fait qu'on ne voit pas le temps passer, donc c'est très chouette.
- Batiste
Ok, super. J'avais une première question également, c'est dans ton quotidien, qu'est-ce que tu... Quelles sont les principales difficultés que tu rencontres dans ce quotidien qui est varié, dense ?
- Marine
C'est surtout la gestion du temps qui est la plus complexe dans notre quotidien. Je pense que je peux parler pour l'ensemble de la profession. On est une profession qui est très tenue par les délais procéduraux, mais également par le flux constant de mails, d'appels auxquels il faut répondre. Les sollicitations des clients peuvent avoir un impact très important sur notre temps. On peut prévoir par exemple un rendez-vous d'une heure et en fait, les nécessités de l'affaire feront qu'il prendra deux heures, etc. Donc voilà, c'est le temps, la gestion la plus importante.
- Batiste
Donc comme tu disais avant, il n'y a pas une seule journée finalement qui se ressemble. C'est très aléatoire.
- Marine
Exactement.
- Batiste
Ok, intéressant. Tu me partageais en off tout à l'heure, avant qu'on démarre, une anecdote assez drôle sur le vécu d'un de tes confrères. Au début de sa carrière, est-ce que tu peux nous la partager ?
- Marine
Alors, elle est drôle et elle est aussi très symptomatique de... Fort heureusement d'un aspect de la profession qu'on est en train de quitter, c'est une question de génération aussi. Mais effectivement, j'ai une consoeur au début de sa collaboration qui travaillait dans la journée uniquement déjà pour l'avocat avec qui elle travaillait. Donc elle n'avait pas le temps de développer sa clientèle personnelle, ce qui est un réel problème quand tu es un jeune collaborateur. Parce que c'est comme ça aussi que tu commences à te développer et potentiellement à pouvoir après t'installer. Et donc non seulement elle n'avait pas le temps de développer sa clientèle personnelle, dans le cadre de ses journées de travail, mais ensuite, à l'issue de ses journées de travail, là où elle aurait pu développer sa clientèle personnelle, elle allait chercher l'enfant de l'avocat pour lequel elle travaillait à l'école. Elle s'en occupait, elle lui préparait le dîner à certains moments et elle attendait que l'avocat revienne, ce qui est fondamentalement interdit dans le cadre de notre profession, bien évidemment. Ce sont des abus. Mais il a fallu du temps pour qu'elle accepte de se rendre compte que la situation n'était pas viable pour elle.
- Batiste
Ok. Double activité de coca et de babysitter.
- Marine
Et de babysitter, finalement. Mais ce n'est pas si rare que ça, malheureusement. OK.
- Batiste
Effectivement, dans ma question, je disais effectivement drôle, mais la situation n'est pas drôle pour tout le monde. C'est intéressant. On comprend. On voit que même dans d'autres professions, il y a plein de choses qui se passent. Il peut tout se passer. J'aimerais bien avoir ton avis maintenant. Tu parlais de ton quotidien, etc. Ton avis sur... la clientèle que tu as au cabinet, que vous développez, etc. Est-ce que vous voyez, est-ce que toi, tu vois une évolution en termes d'attente, en termes de comportement ?
- Marine
Alors, je suis encore considérée comme étant une jeune avocate, mais pour autant, je pense que je commence à avoir un petit peu de recul déjà sur la clientèle. Ce que je constate, et en en discutant avec d'autres confrères aussi plus âgés, c'est que les clients aujourd'hui sont beaucoup plus impatients, beaucoup plus en int... en attente d'instantanéité. Un mail doit nécessiter une réponse dans la seconde, un appel, en général d'ailleurs le mail est suivi d'un appel, et on doit être H24 et 7 jours sur 7 à la disposition de nos clients. Alors malheureusement, on n'a pas tous la même vision non plus de la profession sur ça, donc il y a des confrères qui acceptent totalement cette situation et qui sont toujours joignables par exemple sur WhatsApp le week-end et qui décrochent, ça c'est leur choix. Et puis il y a les autres, comme moi, qui essayent de cadrer un peu nos clients. Après, c'est normal, on gère des matières qui sont très techniques, qui ont des forts aspects humains et financiers, donc forcément en source de stress. Mais voilà, c'est peut-être ça qui est le plus compliqué avec les clients aujourd'hui, c'est cette instantanéité. Et d'ailleurs, ça me fait penser aussi à autre chose, c'est qu'avant, le statut d'avocat était particulièrement respecté et je pense qu'aujourd'hui, on a perdu un peu de ces lettres de noblesse dans la profession et on est plus regardé avec défiance la plupart du temps par nos clients. qui ont du mal à comprendre le sens de notre travail, de notre facturation, puisqu'en tapant des mots-clés, ils ont l'impression de trouver sur Google ou autre, ils ont l'impression de trouver les réponses à leurs questions, alors même que ces réponses, les trois quarts du temps, sont fausses ou incomplètes.
- Batiste
Oui, d'accord. Donc ce que tu dis, il y a la notion d'impatience, d'exigence aussi, qui est de plus en plus exigeante, et finalement cet accès au droit qui est peut-être plus facile, comme tu disais, sur Internet ou ailleurs. Ça fait que ça change la relation avec la profession. C'est ça. D'accord. Est-ce que tu vois une évolution dans le comportement ? On a parlé de l'impatience, de l'exigence, etc. Dans le comportement, vraiment, un client envers toi, avocate, est-ce qu'il y a un réel changement ?
- Marine
Alors, on a un peu de tout. C'est très varié. À titre personnel, j'ai eu une expérience assez malheureuse où j'ai été... Je me suis fait complètement agresser en salle d'attente par un client qui faisait un mètre de plus que moi, 100 kilos de plus que moi, et qui m'a hurlé dessus parce qu'il n'était pas content et qu'il ne comprenait pas ce qui se passait. Alors même qu'on lui avait expliqué qu'il n'était pas laissé dans le flou, c'était un peu compliqué. Donc on voit plus ce type de comportement aujourd'hui. Donc cette agressivité-là des clients vis-à-vis des avocats qui peuvent arriver... Il y a une consoeur là récemment, il y a une semaine... ou dix jours à Paris, qui s'est fait agresser physiquement, cette fois par un adversaire, pas par un client. Mais on en arrive en fait à ces extrémités-là. D'accord.
- Batiste
Même entre avocats.
- Marine
Oui, c'est ça. Même quand on est l'adversaire, ça nous arrive. Et en plus de ça, dans la relation client, il y a aussi effectivement peut-être le ton des mails qui change un peu. Très vite, les gens sont...
- Batiste
Plus d'agressivité.
- Marine
C'est ça. Ils sont plus tendus, effectivement, dans les échanges.
- Batiste
Ok, et ça comment vous arrivez à gérer au quotidien finalement ces situations-là ? Est-ce que vous êtes accompagnée ? Alors toi en tant que collaboratrice d'un cabinet, est-ce que vous êtes accompagnée ? Est-ce que vous êtes formée ?
- Marine
Alors on n'est pas formée, c'est la grosse difficulté, c'est qu'à l'école des avocats on n'est pas formée, en tout cas à l'humain et à cette gestion-là. Les avocats avec qui on travaille ont les mêmes difficultés que nous, donc en fait on en discute ensemble, on essaye de trouver des solutions, la plupart du temps quand même ce qui apaise un début de conflit si j'ose dire. c'est de décrocher son téléphone et d'appeler le client. Après, il y a aussi des saisines de plus en plus systématiques du bâtonnier. Le bâtonnier qui s'occupe des relations entre les avocats et leurs clients, au niveau déontologique notamment. Les clients aujourd'hui sont plus promptes à saisir le bâtonnier pour mettre en cause notre responsabilité, pour se plaindre, pour dire qu'on a mal fait telle chose ou telle chose. Après, c'est le bâtonnier qui arbitre, il y a une enquête qui est menée, etc. Mais voilà, c'est un peu ce climat-là. évidemment, ce n'est pas 100% du climat, qu'on soit bien d'accord, mais ce sont des cas particuliers qui peuvent très vite avoir un impact sur notre quotidien aussi, puisque ça remet en cause, notamment, en premier lieu, notre intégrité professionnelle, mais aussi nous, personnellement, en tant que personnes humaines. Et voilà, on se demande ce qu'on a pu louper dans la relation. Puis il y a des clients, on a un très bon contact au début et on ne comprend pas. La décision n'est pas bonne et là, il vrit complètement.
- Batiste
Oui, d'accord. OK. Oui, c'est vrai qu'on doit... On constate, je pense, dans plein d'autres professions, etc. Chacune des professions a sa particularité. Mais bon, c'est intéressant d'entendre et de souligner qu'il y a un changement quand même de comportement et de relation finalement entre l'avocat et son client. C'est hyper intéressant. Alors, tu nous as parlé au tout démarrage de tes journées denses, etc. J'ai lu récemment une statistique qui montre que 73% des avocats soulignent la difficulté de concilier vie pro et vie perso. Donc le chiffre est important quand même. Comment toi, dans ton quotidien de jeune avocate collaboratrice, tu arrives à concilier les deux ?
- Marine
Moi, j'ai beaucoup de chance. Cette statistique, je la connais et je la constate au quotidien. C'est une certitude. Mais de mon expérience, j'ai énormément de chance. J'ai intégré un cabinet qui est composé uniquement de femmes. Quand je suis rentrée dans ce cabinet, j'ai indiqué que je souhaitais fonder une famille et que c'était un préalable indispensable. Et donc, il n'y a jamais eu de difficultés sur ça. J'ai eu une petite fille il y a maintenant... 11 mois et ça s'est très bien passé au cabinet, que ce soit pendant mon congé maternité ou sur mon retour, ce que j'expliquais au début, mes journées sont moins « denses » , ou du moins elles se sont réorganisées un peu différemment pour que je puisse aller chercher ma fille à la crèche et profiter d'elle.
- Batiste
Pour moi,
- Marine
c'était obligatoire. Ou sinon, je quittais la profession. Il n'y avait pas de demi-mesure. Donc soit c'était conciliable, soit je choisissais ma vie familiale. Je peux constater que d'autres consoeurs, après ça dépend aussi des objectifs de chacun. Il y a des consoeurs ou des confrères qui souhaitent développer leur cabinet, développer beaucoup leur clientèle personnelle et qui vont accepter l'idée que pendant 5, 6, 7 ans, ils vont mettre entre parenthèses leur vie personnelle ou alors réduire fortement la voilure à ce niveau-là pour privilégier leur clientèle personnelle. Parce qu'en fait, typiquement, quand on est appelé en garde à vue, ce qui est quand même une grosse source d'apport de clients, ça veut dire qu'on est joignable 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. se déplacer dans tout le département. Donc voilà, ça peut être un petit peu compliqué à concilier.
- Batiste
Ce qui est différent sur d'autres types de droits exercés par la profession, puisqu'il n'y a pas cette disponibilité H24, comme tu le précises. Et donc, on peut concevoir que pour des confrères qui ont la même activité que toi, ça peut être plus compliqué entre le côté perso et le côté pro, bien évidemment.
- Marine
Mais même pour ceux qui ont des matières différentes, je pense à des matières comme le droit fiscal ou le droit social, ou qui ne font pas du tout la dimension pénale, eux, pour le coup, ils ont aussi, on en revient sur des délais, ils ont des délais qui sont très importants, qui sont très stricts. Ils ont en général beaucoup de matières, beaucoup de recherches à faire. Et en fait, ce qui fait des journées complètement à rallonge. Et ça, c'est vraiment de la responsabilité du cabinet avec lequel ils travaillent, et leur responsabilité aussi d'essayer de gérer ce temps-là. pour avoir une vie personnelle. Mais en fait, on peut vite se retrouver pris dans l'engrenage, si j'aime bien se dire, de la productivité. Et en fait, on est lancé et puis on est passionné la majorité du temps par notre métier. Donc, on ne voit pas le temps passer. Et le problème, c'est que quand on rentre chez nous, on se dit, aïe, 22 heures, c'est peut-être un peu tard.
- Batiste
Exactement. Oui, OK. Ben oui, félicitations à nous, parce que tu nous disais être devenu maman il y a très peu de temps. Donc, c'est... Bien évidemment, toujours une excellente nouvelle. Ça enrichit énormément de choses. Mais pour rebondir sur ce sujet, et tu l'as dit juste avant, c'est vrai que si aujourd'hui au cabinet, on ne t'avait pas donné la possibilité finalement de libérer du temps, de prendre ce temps, etc. Est-ce que le fait d'être devenue maman il y a très peu de temps a changé ta vision, ta perception, finalement l'approche que tu peux avoir du métier d'avocate ?
- Marine
Oui, complètement. Et paradoxalement, ça m'a beaucoup plus apaisée dans la pratique de mon métier. D'accord. Peut-être aussi parce que j'arrivais à un moment où je suis à trois ans de barre, je commence à prendre plus confiance en moi, dans ce que je fais, etc. Mais tout d'un coup, ça remet un peu tout en perspective. En fait, c'est qu'un dossier, même s'il y a de lourds enjeux humains et financiers, comme je le disais tout à l'heure, reste un dossier au sein du cabinet. Et voilà, quand je rentre chez moi, j'essaye de me détacher. Là où j'avais plus de mal avant et où vraiment j'emportais littéralement le dossier chez moi, alors soit littéralement, soit juste mentalement le dossier chez moi, maintenant je me force à avoir un sas pour mettre ça à distance, puisque je reviens sur ma pratique forcément, mais en pénal, par exemple, on peut avoir des situations qui sont très lourdes, notamment sur des dossiers, quand on a des enfants, où ça peut être compliqué, des dossiers de pédophilie, de viol, etc. J'apprends à mettre ça à distance. Je me rends compte aussi que l'impact n'est pas le même. Je ne lis plus un dossier de la même façon. Beaucoup me avaient prévenu. Je pensais que j'échapperais à la règle. Je pense que je n'échapperais pas longtemps à la règle. Il y a des dossiers où la majorité du temps, quand on devient parent... Je veux surtout parler pour moi, parce que je pense qu'il y a des confrères assez différents, mais on les met un peu plus de côté ou on les renvoie à d'autres confrères, puisque ça... C'est trop proche, il y a une similitude trop forte dans les dossiers par rapport à notre vie personnelle. Et on a tendance dans ce cas-là à avoir un peu...
- Batiste
Un travail personnel, à la fois intellectuel et dans la posture, dans la manière d'appréhender les choses, en fait, il est nécessaire de faire.
- Marine
C'est ça. Et même vis-à-vis de la juridiction ou des confrères, le fait de devenir maman m'a donné une assurance peut-être un peu plus grande, en me disant que... Si je ne voulais pas que ma fille se fasse marcher sur les pieds, il fallait que je commence par moi m'assumer et accepter de pouvoir rentrer en conflit, encore une fois, avec les magistrats. C'est toujours dans un cadre déontologique et en bonne intelligence. Mais savoir s'imposer et poser un cadre et des limites pour donner l'exemple à ma fille plus tard.
- Batiste
C'est super, c'est effectivement très intéressant. Et puis ça peut aider aussi des jeunes avocates collaboratrices individuelles qui s'installent. C'est aussi le but de la démarche et de l'échange. Donc merci pour ça. On a beaucoup parlé du quotidien, des missions, des enjeux, de la charge de travail, le fait qu'effectivement tu sois devenue maman qui change l'approche. Donc on a insisté beaucoup sur ce qui ne va pas dans le quotidien, même s'il y a bien évidemment plein d'autres choses. Comment tu vois, toi, maintenant, plutôt le côté positif, l'optimisation du quotidien pour travailler mieux, pour être plus efficace ? Vous échangez peut-être aussi entre confrères régulièrement, mais comment tu te projettes dans un meilleur futur demain en tant qu'avocate ?
- Marine
Déjà, c'est vrai que c'est une profession qui est incroyable. On a parlé de tous les aspects négatifs, mais c'est passionnant, la relation humaine. est très forte et même intellectuellement, c'est hyper stimulant. Et c'est vrai que quand on voit les années qui arrivent et toutes les solutions qui commencent à arriver, là, je regardais sur l'intelligence artificielle, par exemple, sur les relations clients, sur les recherches, on est en train de nous ouvrir une fenêtre du possible dans l'exercice de notre profession qui est incroyable et qui pourrait nous permettre d'optimiser plein de choses puisque aujourd'hui, on a encore une profession qui est très importante. qui aime bien ses habitudes, c'est-à-dire l'agenda papier peut garder encore ses lettres de noblesse chez certains, le cahier des appels, on a encore beaucoup de modernisation à intégrer dans le cadre de notre profession. Donc pour répondre à ta question sur la digitalisation, là on vient de nous mettre au cabinet par exemple un secrétariat sur notre téléphone, ce qui nous permet vraiment d'avoir un cabinet portatif et d'être... d'être chez nous et de pouvoir répondre aux appels avec le numéro du cabinet par exemple. Ça c'est incroyable. Donc on a ce secrétariat-là, on a maintenant la gestion de nos dossiers avec un logiciel métier et il nous manque, enfin c'est en train d'arriver, mais il nous manque l'intelligence artificielle pour nous aider à accélérer nos recherches parce qu'on a déjà des logiciels pour rechercher la jurisprudence. Mais c'est encore pas... Voilà, je pense qu'on peut aller encore plus loin. Et il nous manque l'aspect relation client. Je pense qu'il faut continuer à travailler.
- Batiste
D'accord. C'est intéressant. Alors, on parle beaucoup d'intelligence artificielle en ce moment, un petit peu partout. Mais c'est sûr que sur des professions juridiques comme ça, réglementées, ça va avoir un impact fort sur l'efficacité, sur la productivité. Et puis même aussi sur cette notion finalement de recherche avec des millions, on peut peut-être même dire milliards en fait. de décision, de jurisprudence, etc. Ça doit vraiment vous accompagner demain, c'est une certitude. En tout cas, c'est ce qu'on lit, c'est ce qu'on voit. Mais il n'y a pas que l'intelligence artificielle, puisque tu parlais de cet outil de secrétariat téléphonique. Ça peut paraître bénin, un petit sujet, mais en fait, pour vous, au quotidien, c'est hyper important.
- Marine
Oui, parce que nous, la difficulté qu'on peut avoir au quotidien, c'est comme je te disais, on a tellement un quotidien qui est varié. Finalement, il y a des semaines, on est très peu au cabinet. Donc quand on doit répondre à nos clients, par exemple, on doit pouvoir être joignable. Et puis on a aussi des temps d'attente qui sont extrêmement lourds en audience et qui restent du temps perdu. Alors maintenant, moi, par exemple, je prends mon ordinateur, mais on a aussi la confidentialité qui peut se heurter à ce travail en audience. C'est qu'on a un ordinateur avec un écran qui est lisible par nos confrères. Par définition, l'identité de nos clients, elle est secrète aussi. Donc il faut faire attention à ça. Donc voilà, ça permet au moins de rentabiliser les temps un peu morts. Et il y en a beaucoup finalement dans notre profession.
- Batiste
Est-ce qu'il y a plus de mobilité qu'avant ? C'est-à-dire que vous êtes plus mobile, donc moins au cabinet qu'il y a 10, 15, 20 ans où les Ausha étaient plus ancrés au cabinet ?
- Marine
Je pense qu'il y a plus de mobilité. Déjà, le télétravail s'est aussi développé chez nous. Alors je pense de manière moins forte que chez les salariés ou dans d'autres professions. Mais on peut être... Moi, je suis régulièrement devant la cour d'appel de Rennes et encore, je me limite à la Bretagne, donc au Morbihan et les Villaines. Exactement. Mais il y a vraiment des avocats qui pourrent la France toute l'année.
- Batiste
Oui, d'accord. C'est passionnant. Et alors, comme tu parles de ce sujet d'outils, on peut raconter à nos auditeurs notre rencontre puisqu'on s'est rencontrés il y a à peu près deux ans maintenant. C'était à la fin de tes études quasiment, tu venais avec Noémie, on en reparlera un petit peu après, de remporter un prix d'innovation organisé par le CNB, le Conseil National des Barreaux. Et vous aviez à l'époque comme projet de proposer une solution qui vient simplifier, tu en as parlé tout à l'heure aussi, la relation entre le client et son avocat. À l'époque, comment ? Toujours dans les études, etc. Donc finalement, vous aviez une vision de votre métier, comment vous allez vous projeter. Comment vous avez identifié ces besoins ? Comment vous vous êtes dit, on est étudiante, etc. et on sent tout de suite le besoin de proposer des solutions innovantes. Est-ce que tu peux nous expliquer ce qui s'est passé à l'époque, la genèse aussi de ce projet-là ?
- Marine
En fait, on était à l'école des avocats avec Noémie quand on a eu cette idée-là. Ça vient, vraiment la genèse du projet vient d'un seul cours qu'on avait sur l'innovation. Là, on avait trois heures et les deux professeurs qui nous accompagnaient, on constituait des groupes d'élèves et nous ont demandé de proposer une solution innovante. Donc vraiment, le germe vient de là où on s'est dit, bon, la difficulté qu'on a surtout dans la profession, c'est de suivre la procédure. C'est que... Que ce soit pour les avocats ou pour les clients, ce sont des termes très techniques, avec des délais, encore une fois, très techniques. Et tout le monde s'y perd un peu, majoritairement le client. Donc c'est un peu comme ça qu'on a posé les bases de la solution qu'on a souhaité proposer après. Et en fait, à l'issue de ce cours, une de nos professeurs, qui est avocate d'ailleurs, est venue nous voir et nous a dit « Mais je pense vraiment que vous tenez quelque chose, donc ce serait bien de travailler ce projet. » Et puis, finalement, on n'y est pas revenu tout de suite avec Noémie, puisque, à la différence de Noémie, moi, je n'avais aucune expérience en cabinet d'avocat. C'est-à-dire que Noémie, elle avait déjà cette notion des difficultés inhérentes au cabinet d'avocat. Moi, je l'avais vaguement, mais je ne l'avais pas encore... Voilà, je n'y avais pas été confrontée directement. Pas reçu directement. C'est ça. Et en fait, à la fin de l'école, on a six mois de stage obligatoire en cabinet d'avocat. Et c'est là où Noémie et moi, on a fait le même constat. Et comme c'était déjà une réflexion... En germe, on s'est rendu compte que finalement, il fallait faire quelque chose. Il fallait donner aux clients un accès à l'information qui permettait de désengorger les cabinets. Puisque quand on est élève avocat, et c'est aussi toute la beauté de l'élève avocat, c'est qu'on fait un peu tout. On fait et le travail d'avocat, et le travail de secrétaire. Enfin voilà, c'est... complet et c'est aussi pour nous montrer comment un cabinet doit être géré et peut-être géré quand on est seul. Parce qu'il faut savoir qu'on peut être avocat individuel, sans secrétaire, sans rien du tout. C'est le début. On peut sortir de l'école et s'installer. Et il y en a qui osent franchir le pas. C'est très courageux. Et en fait, en ayant notamment cette casquette de secrétaire, si j'ose dire, je me suis rendu compte que les trois quarts des appels qu'on avait... Et des questions qu'on nous posait, en fait, c'est des questions auxquelles les avocats avaient déjà répondu par écrit, notamment dans le cadre de courrier ou dans le cadre de rendez-vous. Mais finalement, en fait, les clients reviennent peu sur ces courriers-là ou alors très vite, ils sont stressés, ils sont inquiets pour leur procédure et donc ils ne comprennent plus. Et puis, ils ont l'impression souvent d'être floués. Comme je le disais tout à l'heure, il y a une perte de confiance, je trouve, dans la profession. Donc il y a un peu ce côté, vous essayez de nous arnaquer un peu. Notamment, je pense au transit de fonds qui doivent passer par ce qu'on appelle la carpa. Les clients, j'ai eu encore une cliente qui me disait, oui, on sait que vous les laissez exprès pour faire des petits. Maintenant, il y a un temps où, entre le moment où on demande le décaissement des fonds, on reçoit le chèque et on contacte la cliente, forcément, il y a un certain temps qui se passe. Et là, on s'est dit avec Noémie, il y a quelque chose à creuser à ce niveau-là. Il manque un petit lien, un outil chez les avocats qui permettrait de faire ce pont avec le client.
- Batiste
Il y a un sujet autour de la communication, de la pédagogie, etc. Exactement. Ce que tu dis, qui semble être important. Tout à fait. Pour expliquer les étapes, la situation. Tu parles des CARPA, c'est vrai que c'est un organisme important et qui est imposé par la profession. Sur le transfert de fonds, c'est vrai que peut-être développer la pédagogie pour expliquer permettrait finalement de... de limiter les temps d'échange répétitifs avec ses clients.
- Marine
On a une profession qui est tellement technique que c'est normal que les clients aient plein de pistons.
- Batiste
Oui, c'est bon, il y a la connaissance, l'expertise.
- Marine
C'est ça. En fait, il faut se dire qu'en une heure de rendez-vous, pour un premier rendez-vous, le client, il arrive, et je pensais à ça derrière parce que j'ai eu exactement ce type de rendez-vous, et là, on leur explique en une heure ce que c'est qu'une procédure en référé, ensuite ce que c'est qu'une expertise judiciaire, ensuite ce que c'est qu'une procédure au fond, et tout d'un coup, ils vont avoir énormément de termes techniques et juridiques qui vont arriver. Et on a beau les définir oralement et les redéfinir dans un courrier, forcément, comme tout être humain, les clients retiennent 10% ou 15% de l'information qu'on leur donne. Ou alors,
- Batiste
il faut beaucoup de temps pour ancrer.
- Marine
Ou alors, effectivement, il faut beaucoup de répétition et de temps. Donc, l'idée, c'était d'autonomiser le client et aussi de montrer que l'avocat est transparent et de rendre accessible l'information au client.
- Batiste
Super. Et donc, c'est rigolo parce que vous étiez donc... jeunes avocates, jeunes étudiantes finalement. Donc vous avez décidé d'entreprendre. Est-ce que ça a changé pour vous deux ? Tu peux en parler peut-être personnellement, mais est-ce que ça a changé une fois de plus votre approche du métier ? On faisait le lien tout à l'heure en disant, est-ce que le fait d'être devenue maman a changé aussi ta vision, ton approche ? Mais là aussi, il y a de l'entrepreneuriat qu'on vient rajouter. Est-ce que ça a changé quelque chose pour toi, pour vous, avec Noémie ?
- Marine
C'est vrai qu'en trois ans, il y a eu beaucoup de... Je pense qu'on n'est pas du tout les mêmes élèves avocates qu'avocates aujourd'hui. C'est sûr qu'il y a eu... des changements radicaux. Sur l'entrepreneuriat, on s'est lancé dans un monde vraiment qui nous était totalement inconnu. On a appris un peu toute seule de notre côté, avant de prendre la tâche avec Bricklead et d'être épaulé. Et ça, c'est ce qui nous a aussi beaucoup aidé à se structurer, à voir comment ça évoluait. Et c'est pour ça qu'on est ravis d'avoir collaboré avec vous. C'est de collaborer avec vous. Mais sur nous, c'est pareil. On a appris à On a appris à se vendre, on a appris à manier des outils techniques. Alors ça, je fais surtout honneur à Noémie, parce que j'avoue que ça vient plutôt d'elle. C'est elle qui a codé en version no code la solution au début, en tout cas le projet de solution qu'on avait. Moi, j'avais plus la partie relation, la vision sur les prochaines étapes, quelles procédures on pouvait rajouter, comment on pouvait fonctionner. C'était plus sur la recherche de financement aussi, parce qu'en fait, ça a été un gros sujet à un moment aussi. C'est comment on allait grossir, la recherche de partenaires. Il a fallu dépasser sa nature. Noémie et moi, on n'est pas forcément... Naturellement, on n'avait pas l'habitude, en tout cas, d'aller négocier, d'aller discuter. En plus, c'est amusant d'aller discuter avec, en général, des hommes beaucoup plus âgés que nous, qui avaient l'âge, pas toi Baptiste, mais qui avaient l'âge de nous. Merci. de nos parents et de nos pères notamment. Et ça donne... Enfin voilà, on s'est fait violence en fait. On a appris à se faire violence. Et puis on a adoré aussi ce qu'on faisait. Donc non, ça a été une super expérience. Et on en a retiré beaucoup de choses. Et encore une fois aussi, peut-être plus d'assurance, plus de confiance. Mais aussi, je pense paradoxalement, beaucoup d'humilité. Parce qu'on se rend compte aussi que...
- Batiste
qu'on a beau adorer un projet, on a beau croire à fond dans notre idée, il y a des réalités. Et il faut accepter que ça ne se passe pas toujours comme on veut. Il faut quand même repartir. Et aujourd'hui, quand je vois des boîtes qui se lancent à droite, à gauche, je ne serai jamais de ceux qui critiqueront le projet ou qui se réjouiront de la chute, peu importe, parce que ça reste un petit peu français quand même, comme vision de l'entreprenariat. On mesure peut-être mieux les efforts des chefs d'entreprise.
- Marine
Un peu plus avec la réalité sur ces sujets-là. Mais c'est passionnant et on a envie d'encourager tout le monde, étudiants, etc., à se lancer dans ces initiatives. Le CNB, on en a parlé tout à l'heure avec ce prix d'innovation, voit qu'il y a beaucoup de dossiers, beaucoup de projets de la profession. Et puis on voit aussi que même dans d'autres professions, qui sont des professions réglementées, mais pas que. Toutes ces initiatives qui viennent directement, soit des étudiants, soit du terrain, sur des jeunes collaborateurs et autres, ont toujours un regard assez intéressant, très pratico-pratique, et qui fait vraiment évoluer les pratiques. Donc c'est super. Et on le voit aussi depuis plusieurs années, il y a des métiers où ça a avancé très vite. On parle souvent des notaires, qui ont pris ce virage de la digitalisation. Ils n'ont pas eu le choix, mais... Alors, je lis, j'avais pris des notes, mais les notaires disent qu'on est déjà à 90% d'actes authentiques signés électroniquement depuis 2008. Donc, on remonte à il y a un petit peu moins de 20 ans maintenant. Mais donc, voilà, c'est-à-dire qu'ils ont pivoté assez vite sur la digitalisation. Et aujourd'hui, on le vit tous à peu près dans notre quotidien, etc. En fait, c'est devenu naturel. Donc, il y a un vrai changement. Et j'ai aussi pris des notes sur un autre métier chez les greffiers dans les tribunaux de commerce. Donc, pareil, en fait, ils nous ont expliqué moderniser les enregistrements d'entreprises grâce à la blockchain. Bon, ça peut paraître encore aujourd'hui un peu surréaliste, très innovant, etc. En revanche, c'est quelque chose qui est assez ancré. Donc, on voit que les notaires ont pivoté. On voit que maintenant, les greffiers, je citais dans les tribunaux de commerce aussi, ont pivoté. Donc, on voit qu'il y a une vraie place au digital, à la transformation. Puis, tu parlais tout à l'heure des outils, de l'intelligence artificielle qui va... comme partout, que ce soit dans le secteur privé, mais aussi dans les professions réglementées, juridiques, vraiment transformer, bouleverser la manière dont vous allez pratiquer votre métier. Moi,
- Batiste
je suis convaincue que c'est le sens de l'histoire. Et c'est pour ça que le CNB, je trouve, est très bon sur la question. C'est que c'est le CNB qui a fait émerger notamment Predictis, qui est aujourd'hui un gros moteur de recherche aussi. Et en fait, ils encouragent tout ça. Et ce qui est bien, c'est que ça légitime aussi les projets qui sont portés. Parce que nous, on s'est retrouvés une difficulté qu'on a eue au début, c'est le regard de notre propre profession sur l'entrepreneuriat qui peut être un peu mitigé encore aujourd'hui sur la question. Il y a ceux qui sont tournés vers l'avenir et qui encouragent beaucoup l'entrepreneuriat. Et puis, il y a une autre frange de la profession qui est beaucoup plus méfiante vis-à-vis de ça. Parce que normalement, à l'origine, on ne peut pas avoir de double casquette quand on est avocat. On doit être... qu'avocat. On ne peut pas avoir un autre métier à côté. Et ça s'est élargi il y a quelques années où maintenant, on peut exercer un autre métier si c'est en rapport avec le juridique, etc.
- Marine
Compte-nous au quotidien, cette double casquette.
- Batiste
Donc voilà, ça a été un effort. Moi, j'ai été contrôlée par mon conseil de l'ordre. J'ai dû expliquer ce que je faisais. J'ai eu deux confrères qui sont venus, qui ont regardé le projet, qui ont bien regardé que ça n'empiétait pas. Donc, il y a quand même encore des freins assez forts. Et je trouve que le CNB, en faisant ce concours de projets innovants, donne une belle image de la profession et notamment des jeunes avocats qui arrivent et qui ont plein d'idées. Moi, je regarde tous les ans ce qui est proposé et à chaque fois, je trouve ça fascinant de voir qu'il y ait autant de projets tous les ans qui peuvent sortir. Et puis, ils sont toujours variés, puisque l'un des critères du CNB, c'est que ça ne correspond pas à un autre projet qui a déjà été présenté. Et donc, forcément... Ça force forcément l'innovation, donc c'est très intéressant.
- Marine
Pour nos auditeurs, est-ce que toi, tu as des solutions que tu recommanderais ? Des outils de gestion, de suivi administratif, de facturation, de relation avec les clients, on en parlait juste avant.
- Batiste
Alors, dans le cadre de ma pratique, moi, j'utilise Cessib comme logiciel de gestion cabinet. J'utilise forcément Brickly de relation dans ma gestion avec les clients pour le suivi de dossiers, justement. On utilise aussi maintenant le cabinet, ce dont je parlais tout à l'heure, le secrétariat un peu portatif, uniquement sur le téléphone, qui est 3CX. Et on a aussi...
- Marine
Oui, ça revient. Ça reviendra plus tard. Mais oui, après, j'imagine que c'est différent. Chaque cabinet ou avocat qui est installé individuellement, on voit bien qu'il y a une palette d'outils aujourd'hui qui est très large. Le but, et puis c'est aussi le but de l'échange, de la discussion, c'est d'inspirer, c'est de proposer des choses. Mais on remettra peut-être en commentaire dans le podcast.
- Batiste
Je pense que ça te revient. Oui, ça me revient. Parce qu'en fait, ce n'est pas sur la gestion logistique, mais par exemple, c'est plus dans le cadre de nos recherches. J'utilise Dalloz et Jurisprudence sur tout ce qui est recherche jurisprudentielle, etc. Donc ça, c'est la palette un peu d'outils qu'on utilise quotidiennement à ce niveau-là.
- Marine
Oui, complètement. Sachant que vous recherchez, bien évidemment, l'efficacité, aussi de la simplicité, etc. C'est hyper intéressant. On approche de la fin de... de ce podcast, c'était le but. On se rend un petit peu mieux compte de ton quotidien, du quotidien qui est certainement partagé par d'autres avocats, avocates, tes confrères, des enjeux aussi sur la transformation, sur les outils, sur les pratiques, etc. Personnellement, très rapidement, comment toi tu vois l'avenir de la profession avec le développement de ces nouvelles technologies ? De manière très pratico-pratique, qu'est-ce que ça va vraiment... influencer, impacter dans le quotidien ?
- Batiste
Je pense qu'à l'avenir, on va être beaucoup plus efficace. On en revient au début de notre échange. Je pense qu'on est une profession qui va réussir à assainir un peu son rapport au travail aussi, en étant plus efficace et productif avec ce type d'outils. On va réussir à concilier mieux notre vie professionnelle et notre vie personnelle, mais aussi au sein même de notre exercice. En enlevant un peu, ou du moins en étant plus efficace sur tout ce qui est relations clients, sur mise à disposition de l'information, etc., on va retrouver aussi le cœur de notre métier qu'on peut avoir quelquefois tendance à perdre, c'est-à-dire la construction juridique, la recherche juridique, le fait d'établir une stratégie de défense, par exemple. Je pense que la profession a de très beaux jours devant elle, à condition que les confrères prennent le virage. des nouvelles technologies. Je dis nouvelles technologies, ça fait très boomer, je suis désolée. Mais voilà, c'est...
- Marine
Cette transformation...
- Batiste
Exactement, la transformation digitale, parce qu'on le voit chez les notaires, c'est quelque chose qui, tu l'as très justement cité tout à l'heure, c'est quelque chose qui a un gain de temps monumental pour eux. Qui dit gain de temps, dit gain de productivité. Il y a aussi plus de dossiers, mine de rien. Donc un chiffre d'affaires, c'est aussi le cœur du sujet. Un chiffre d'affaires aussi plus important. Et également des clients qui sont plus satisfaits. Donc en fait, je pense vraiment qu'à l'avenir, on va tendre vers une relation win-win entre clients et avocats.
- Marine
Un conseil que tu donnerais justement à tes confrères pour aborder sereinement cette transformation digitale ?
- Batiste
Je pense qu'il faut se former. En fait, on a des heures de formation obligatoires dans l'année et de plus en plus, on voit justement des formations sur l'intelligence artificielle, comment l'utiliser, comment... Comment l'utiliser sans rentrer en contradiction avec nos obligations déontologiques, le secret professionnel, etc. Donc se former, ne pas avoir peur et surtout oser. Puisqu'on voit bien que dans cette profession, ceux qui osent en général, ils vont loin et puis ils sont gagnants à la fin.
- Marine
Sur le long terme, ça va payer. Et puis, ça va servir à toute la profession aussi.
- Batiste
J'en suis convaincue. Que ce soit pour l'image de la profession et pour la profession en elle-même, en gestion interne, je suis convaincue que c'est quelque chose qui va nous aider.
- Marine
Super, merci beaucoup, Marie, pour cet échange.
- Batiste
Merci, ma voix.
- Marine
Merci à vous, auditeurs, d'avoir passé un moment avec nous. N'hésitez pas à partager, n'hésitez pas à commenter cet épisode, à nous suivre sur nos réseaux. Et moi, je vous donne rendez-vous très bientôt pour un nouveau numéro de L'Également Votre. Salut à tous !
- Batiste
Merci Baptiste.