- Speaker #0
Bienvenue dans LegalShift, le podcast qui explore la transformation du droit à l'ère de l'intelligence artificielle. Aujourd'hui, on s'intéresse à un sujet très concret, le secrétariat juridique et son automatisation. Et pour en parler, je reçois Joseph de Rambuteau, cofondateur d'Alex Legal, une LegalTech qui automatise la gestion du secrétariat juridique. Comment simplifier ses tâches, gagner du temps et repenser la pratique du droit grâce à la technologie ? C'est ce que nous allons explorer avec Joseph. Je vous laisse donc découvrir cet épisode et vous souhaite une très bonne écoute. Bonjour Joseph, je suis ravie de te recevoir sur ce podcast et merci de me recevoir dans tes locaux d'Alex Legal.
- Speaker #1
Bonjour Lorraine, ravi également.
- Speaker #0
Alors, on s'est rencontré il y a longtemps parce que tu es venu dans un cabinet d'avocats dans lequel je travaillais pour nous présenter ta solution. Je ne sais plus à quand ça remonte, c'était il y a quelques années.
- Speaker #1
Il y a quelques années, oui.
- Speaker #0
Et donc... Je voulais en savoir plus sur tes solutions pour que tu nous présentes un peu ce que tu as créé et comment. Donc peut-être avant de commencer, est-ce que tu peux peut-être te présenter à nos auditeurs ?
- Speaker #1
Oui, alors je suis ravi d'être là et d'échanger avec toi sur ce podcast. Bravo pour ce que tu fais, c'est sympa pour la profession. Joseph, moi j'ai 38 ans, je suis un ancien avocat. J'ai exercé dans le cabinet de Pardieu pendant quelques années et ensuite j'ai créé ma start-up. J'ai créé Alex Legal en janvier 2020. avec une ambition qui était de digitaliser le secrétariat juridique. Fin 2019, début 2020, c'était une époque où ce n'était pas tellement une question, ce n'était pas tellement un enjeu. Et je me suis associé avec un ingénieur, avec Kylian, qui était un client, un client perso. Il travaillait chez Apple où il dirigeait l'application Photo. Et j'étais avocat sur une opération qu'il voulait faire, qui n'est pas allée au bout. Et je lui ai dit, viens avec moi, on va faire du secrétariat juridique. Donc il a fallu l'embarquer sur cette problématique. Et quand il a vu comment je travaillais, il a passé quelques jours à côté de moi, et quand il a vu comment je travaillais, quand il a vu toutes les manipulations manuelles que je faisais, il m'a dit « No way, on va digitaliser ça » .
- Speaker #0
Alors déjà peut-être pour commencer, qu'est-ce qu'est le secrétariat juridique ?
- Speaker #1
Oui. Alors pour faire un peu de contexte, le secrétariat juridique des sociétés, c'est toute la partie administrative de la matière. Une société, si tous les deux ont créé une société, la première chose qu'on va faire, c'est qu'on va signer des documents, ces documents, il va falloir les stocker. Les centraliser, parce qu'une société n'existe pas sans des documents qui sont derrière. Ensuite, le capital qu'on va répartir entre nous, il faut passer des écritures dans un registre pour savoir qui a quoi. Il faut tenir ce registre. Et la troisième chose qu'il faut faire, c'est qu'il faut tenir régulièrement des assemblées générales pour prendre des décisions. Donc pour schématiser en simplifiant pas mal, c'est ces trois aspects-là. Donc moi, je faisais beaucoup ça chez Depardieu avant, quand j'étais avocat. Et c'est cette partie-là précise qu'on a voulu digitaliser.
- Speaker #0
Alors, c'est vrai que quand on a un registre de mouvement de titre, généralement chez les avocats, on a un registre de mouvement de titre, des comptes d'actionnaires, c'est un classeur papier. Et à chaque fois qu'il y a une cession, un apport, on doit écrire ce mouvement à la main.
- Speaker #1
Exactement. Pour que tout le monde comprenne, le registre des titres, c'est quand une action est cédée, quand un titre est cédé, ou alors quand il y a une augmentation de capital et que ce titre est souscrit, il faut passer l'écriture dans un registre sur une logique comptable. Quand vous achetez une action de Danone en bourse, c'est une acquisition auprès de quelqu'un, et il y a un registre dans lequel cette transaction est inscrite. Et c'est pareil pour les sociétés non cotées. Et donc il y a tout un grand livre de l'historique de ces transactions qui permet de déduire la table de capitalisation, qui est la répartition à date. Et c'est ça qu'historiquement les avocats tiennent sur des registres papiers. Moi j'ai beaucoup de défauts, mais j'ai une qualité, c'est que j'ai une jolie écriture. Quand j'étais jeune avocat, je passais énormément de temps à passer des écritures dans des registres papiers. Et il y a quelques années, il y a eu le début de la vague de digitalisation du secteur, avec la possibilité de tenir ses registres au format numérique sur la blockchain. Et c'est ça, moi, qui m'a donné la puce à l'oreille. Ça remonte quand même à 2018. Et c'est cette vague-là qu'on a commencé à surfer.
- Speaker #0
Donc, c'était déjà permis par la loi de faire des registres numériques sur la blockchain quand ça a commencé ? Et c'est ce qui t'a donné envie de te lancer ? dans l'aventure et tu avais déjà des concurrents qui faisaient ça ?
- Speaker #1
Moi, je me suis lancé avec l'idée générale d'automatiser quelque chose qui était très manuel et très pénible. C'est beaucoup de copier-coller, énormément d'écriture manuelle, de copier-coller, de gestion de documents. J'ai des frères qui sont entrepreneurs, c'est aussi comme ça que la jonction s'est faite. Et en creusant, assez rapidement, je me suis rendu compte que les registres pouvaient être numériques, ce qui n'était jamais utilisé avant 2020, absolument jamais.
- Speaker #0
Et c'était jamais utilisé parce qu'il n'y avait pas d'acteur qui proposait ce service ?
- Speaker #1
Ouais, exactement.
- Speaker #0
Ou de solutions qui n'étaient pas connues des avocats ?
- Speaker #1
Il n'y avait pas d'acteur.
- Speaker #0
Il n'y avait pas d'acteur ? Non,
- Speaker #1
non. Il y a deux personnes qui se sont lancées fin 2019, c'est un professeur de Montpellier et moi-même, donc deux praticiens, et vraiment à une époque où ça n'intéressait absolument personne.
- Speaker #0
Et alors comment on se lance en tant que juriste avocat dans la construction d'un projet technologique ? Donc tu avais ton associé qui t'a aidé, et toi comment tu t'es formé pour comprendre les enjeux technologiques ?
- Speaker #1
Alors moi quand j'étais en cabinet d'avocat et qu'ensuite je suis parti, je me suis fait coacher. Je me suis fait accompagner, c'est ce qui m'a permis de comprendre l'ambition entrepreneuriale que j'avais en moi. Et je me suis lancé sur ce secteur que je connaissais très bien. Le secrétariat juridique, c'est quand même un secteur que je connaissais très bien. J'avais beaucoup de clients perso, je faisais des dossiers pour eux, je me vendais à la journée dans des grands groupes pour les aider sur leur secrétariat juridique. C'est vraiment un secteur que je connaissais par cœur. Donc je suis parti sur cette niche technique que je connaissais bien, j'ai trouvé un associé. Et il y a toujours une part de chance dans ces histoires-là, mais il y a un élément très important dans cette histoire, c'est le momentum. Parce que là, on est fin 2019, on est à Noël 2019. Janvier 2020, avec mon associé, on va voir les cabinets d'avocats. On leur explique cette idée-là. Lui, il venait de chez Apple, donc il avait tout ce prisme tech que moi j'avais moins. Il ne faut pas oublier qu'à ce moment-là, en janvier 2020, personne ne veut de la signature électronique. Dans les cabinets d'avocats, il y a... Moi j'ai vécu ça, il y avait les premiers commerciaux qui venaient pour pitcher DocuSign, qui venaient pour pitcher Doctrine, Prédictif. C'était assez nouveau mais il y a quelque chose qui émergeait quand même. Et ensuite début 2020 est arrivé la chose qui pour moi a été le plus grand accélérateur possible, ça a été le confinement. Parce que les mêmes qui ne voulaient pas la signature électronique, et je le comprends très bien, moi-même je ne la voulais pas quand j'étais avocat, les mêmes qui ne voulaient pas la signature électronique ont basculé d'un coup d'un seul sur la signature électronique.
- Speaker #0
Et comment t'expliques que les avocats ne voulaient pas de la signature électronique ?
- Speaker #1
C'est pour des raisons qui sont générales à toute la tech. C'est des raisons qu'on a un peu oubliées maintenant, mais qui sont générales à toute la problématique tech. C'est qu'ils doutaient de la valeur légale. Ils avaient une petite aversion au changement quand même. Et le troisième point, c'est qu'ils n'avaient pas forcément intérêt à basculer à ça. Parce que vendre du papier, c'est vendre du temps. C'est voir ses clients en réunion. Tu ne peux pas imaginer le nombre de fois... où on m'a dit, moi, je ne veux pas être digital parce que je veux voir mes clients.
- Speaker #0
C'est vrai que depuis le Covid, les cabinets d'avocats organisent maintenant leur closing 100% dématérialisé, sans se rencontrer, sans imprimer tous les documents.
- Speaker #1
Exactement. Il y a sûrement une part un peu moins conviviale et un peu triste à ça, mais en tout cas, pour l'efficacité, c'est quand même utile. Mais c'est intéressant de voir cette dimension où, en quelques mois, tout a changé, tout a basculé grâce au Covid. Et qu'est-ce qui s'est passé en parallèle du Covid ? Il y a eu beaucoup d'évolutions réglementaires pour permettre à la pratique de continuer pendant le confinement. Donc la signature électronique, il n'y a plus eu aucun débat sur la validité réglementaire. Et ensuite, il y a eu encore d'autres impulsions. On a pu tenir les assemblées générales en visioconférence par défaut pendant le Covid. C'est un peu oublié maintenant, mais ça a mis dans la pratique et dans les têtes, ça a mis pareil cette vague digitale. Il y a eu une autre chose de très importante, c'est l'open data. Je pense que toi aussi, tes premières années d'avocate, tu allais sur Infogreffe et tu payais hors de prix des documents que tu avais déposés un mois plus tôt. On connaît tous Papers. Papers, ils ont trouvé le dispositif qui permettait de récupérer les documents gratuitement. Nous, on l'a trouvé en même temps qu'eux. Ils ont été excellents en marketing et ils ont créé leur site que tout le monde connaît. Ils ont été vraiment excellents. Et ça, pareil, ça a diffusé cette tendance numérique sur le secrétariat juridique. Avec la gratuité des documents, avec la possibilité d'avoir des informations, des données en libre-service, tu vois, c'est cette vague-là.
- Speaker #0
Après, l'extrait Papers n'a pas la même valeur que le KBIS. En fait, même si on y a accès, ça reste quand même...
- Speaker #1
Oui, mais l'extrait Papers, il participe de cette vague de libérer quelque chose qui est difficile d'accès, qui coûte cher, qui est dans l'administration, tu vois.
- Speaker #0
Même toutes les décisions aujourd'hui, tu y as accès sans problème.
- Speaker #1
Oui, voilà, exactement. Mais tu vois, ça marque cette tendance qu'il y a eu pendant l'année 2020 avec le confinement, la signature électronique, les AG en visio, Papers avec l'open data. Et c'est à ce moment précis que les professionnels se sont rappelés que les registres pouvaient être tenus sur blockchain. La blockchain, c'était encore un terme qui faisait peur, mais c'est à ce moment-là que les choses sont arrivées. Et donc nous, on s'est lancés à cette période-là. Et on était dans l'incubateur de Normalsub, à Goranov. Et c'est un endroit dans lequel les vagues technologiques arrivent un peu avant, on va dire. Et ça parlait déjà d'IA avant ChatGPT. Pour moi, c'était une intuition. Pour mon associé, c'était une conviction. On avait cette conviction que le droit des sociétés était un moment de bascule et qu'il était en train de passer de la gestion de documents à la gestion de data. Et on voyait autour de nous les boîtes qui manipulaient des datas pour faire de l'IA. Il y en a maintenant que tout le monde connaît. Mais on a construit notre outil avec cette perspective, avec cette ligne de mire.
- Speaker #0
Votre première fonctionnalité, c'était la dématérialisation de registres de mouvements de titres sur la blockchain.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous dire un peu ce que c'est la blockchain ?
- Speaker #1
La blockchain, c'est un système de partage de données et de données centralisées. C'est une technologie, l'application la plus connue c'est le bitcoin, mais c'est une technologie qui permet de sécuriser une inscription et ensuite de partager l'information de cette inscription dans les grandes lignes. Ce qui est intéressant là-dessus, c'est que la réglementation ne consacre à aucun moment la terminologie blockchain. Elle consacre la terminologie DIP, dispositif d'enregistrement électronique partagé. Ça marque ce besoin d'enregistrer et de partager. Tout ça avec la confidentialité. Donc ça veut dire que d'un point de vue réglementaire, il y a un cahier des charges à respecter, un cahier des charges techniques. Et une fois qu'il est respecté... Il a valeur légale et il remplace des registres que vous connaissez en papier qui sont tamponnés par les greffiers.
- Speaker #0
Et alors ce document technique, en tant qu'avocat, si je veux m'assurer que tu utilises bien la blockchain et que c'est bien certifié, quel est le document que je dois te demander pour m'en assurer ?
- Speaker #1
Alors nous, on communique deux éléments. En amont, on communique une note technique juridique informatique qui montre la validité de nos registres. Et ensuite, une fois que ton registre est ancré sur la blockchain, tu as une annexe. à ton registre, un peu comme sur DocuSign. C'est la même logique que sur DocuSign. Tu as une annexe, c'est trois pages qui ressemblent à celles que tu as sur ta signature électronique dans lesquelles tu as les éléments réglementaires, les éléments informatiques pour te prouver qu'il est valable. Ce que je peux te dire là-dessus, c'est que avec le temps, plus le temps passe, plus ces registres rentrent dans la pratique. Et il n'y a pratiquement plus aucun moment où un acteur remet en question les registres numériques, et notamment ceux qui sont chez nous. Et là, on a atteint le dernier degré d'acceptation par la pratique, avant l'été dernier, vers mai-juin 2026, avec des sûretés qui sont passées dans les registres. Tous les acteurs autour de la table qui sont d'accord pour le faire comme ça, et nous-mêmes qui sommes nommés comme agents d'énantissement, avec une mission dans le cadre de la doc de financement. pour acter le fait qu'on tienne les registres dessus et avec une partie service derrière.
- Speaker #0
C'est-à-dire que si tout le monde est d'accord pour que les nantissements soient inscrits dans ton registre, comme tu es nommé agent des nantissements, le jour où on doit lever ces nantissements, il suffit qu'on te fasse une notification pour te demander de les lever. Voilà,
- Speaker #1
le jour où le nantissement est exercé, on est notifié et on a un mandat pour passer l'écriture, le mouvement de titre.
- Speaker #0
Donc ça, c'est un rôle que vous avez de plus en plus souvent ?
- Speaker #1
Oui, c'est un rôle qu'on a de plus en plus souvent. Il y a des notes techniques qui vont sortir, qui sont rédigées par des avocats qui ont participé à ces opérations-là pour le diffuser dans la pratique. Mais c'est une très bonne illustration de la longue évolution du droit des sociétés vers le numérique, et notamment sur cet aspect spécifique qui est le cœur du réacteur en droit des sociétés.
- Speaker #0
Et alors là, tu nous as parlé des registres, il y a d'autres fonctionnalités, d'autres services proposés par Alex Legal, et on va y revenir. Mais sur les registres de mouvements de titres ? J'avais une question parce qu'il y a encore des avocats qui veulent garder les registres chez eux pour se dire, le jour où il y a une session sur cette société, le client est obligé de m'appeler pour passer les mouvements. Est-ce que ça, c'est encore un frein au développement des registres de mouvement type numérique ? Ou est-ce que ça a un coût aussi de garder des registres sur les blockchains ? Oui, tout à fait. Versus le coût d'un registre qu'on paye aux greffes.
- Speaker #1
Exactement. Dans cette évolution progressive du registre papier vers le registre numérique, et plus généralement du droit des sociétés du papier vers le numérique, il y a pas mal d'aspects qui entrent en jeu. On a vu que la partie réglementaire, c'est bon, c'est rentré dans les mœurs. Maintenant, il y a la pratique qui se met en place, et il y a la question pour les professionnels de leur intérêt à passer à ça. Et sur cette question de l'intérêt... Ça arrive progressivement, il y a des choses qui se mettent progressivement en place. Il y a des différences de réaction en fonction des générations, très très marquées. Mais on voit bien qu'à partir du moment où le droit passe du papier à la data... Il y a un enjeu de maîtrise de la data. Et le conseil, là où il voulait maîtriser le papier, avec des armoires, avec les registres de ses clients, il a un enjeu de maîtriser la data de son client. Je pense que quoi qu'il arrive, les clients passeront du papier à la data. Il y a certains conseils qui ont pris ce virage assez tôt, et nous on travaille énormément avec eux, et on leur a construit des environnements qui leur permettent de maîtriser cette data, donc de tenir les registres pour le compte de leurs clients, dans leur environnement. Il y a un enjeu commercial et il y a un enjeu business d'efficacité, puisque si vous maîtrisez la data, derrière vous pouvez automatiser beaucoup de choses.
- Speaker #0
Tu as des idées de choses que tu peux automatiser à partir de la data que tu as dans les registres ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. On va faire comme en philosophie, on va grossir le trait pour mieux le comprendre. Tu prends une start-up dans laquelle il y a 500 actionnaires. Si tu dois convoquer une assemblée générale, à partir du moment où tu tiens le registre en numérique, tu as les comptes individuels de l'actionnaire, tu as toutes les données sur ces personnes-là, tu peux très facilement sortir automatiquement les 500 lettres de convocation. Tu peux facilement sortir la feuille de présence en quelques minutes. Donc moi, ça fait 6 ans que je fais ça. Je suis avec mon vélo et mon sac à dos, je fais la tournée des cabinets et la démonstration que je te fais là, je la fais depuis 6 ans. Voilà où on va, voilà où on en est. Techniquement, c'est très, très difficile à délivrer parce qu'il y a beaucoup plus d'enjeux que ce que... On peut penser sur des points techniques, sur des points de détail, mais on arrive à sortir ça, oui.
- Speaker #0
Et là, tu me parles de data, d'environnement, donc je vais forcément te poser la question de la sécurité. Vous devez avoir des normes de sécurité qui s'appliquent. Où est hébergée la donnée, par exemple, qui est stockée sur la blockchain ? Est-ce qu'il y a d'autres personnes qui ont accès à cette donnée chez Alex Négal ? Eux, ils n'ont pas forcément des obligations de confidentialité comme les avocats.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas un risque pour les avocats ?
- Speaker #1
Nous, on construit et on vend une infrastructure de gestion de données et de données juridiques donc sensibles. Donc, on ne pourra jamais rien faire si ces données, elles ne sont pas 100% sécurisées. Donc, notre boulot, il commence par là. Ok ? Ça, c'est d'un point de vue... Puis chez nous, ça c'est une évidence. Et ensuite, les clients en face, c'est la première question qu'ils posent. Et c'est normal. Donc, on a baqué le truc de la façon la plus carrée possible. On a toute une documentation technique qu'on fournit assez vite aux gens avec qui on parle. Et on a fait en sorte que ça soit irréprochable sur cet aspect-là. Avec l'IA, ça va être encore plus un enjeu dans les années qui viennent avec la gestion des agents. Puisque les agents, il y en a certains, on ne sait pas où vont la donner. On commence à voir des évolutions sur cette pratique-là. On voit des cabinets et on voit même des groupes de sociétés qui construisent leurs propres agents. Et ce sera une façon pour eux de maîtriser l'endroit où va cette donnée-là. Mais c'est un point qui est crucial, sur lequel on est hyper vigilant. Et touche du bois, on n'a jamais eu de problème là-dessus.
- Speaker #0
Alors, vous avez d'autres fonctionnalités, par exemple. Tu me disais la rédaction de procès-verbaux. Là, vous avez aussi intégré la signature électronique.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ma question, c'était sur... Justement, est-ce que vous, vous avez pris le virage de l'IA ? Est-ce que vous utilisez l'IA dans l'une de ses fonctionnalités ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Donc, tu vois, si tu prends un registre numérique qui structure ta donnée, ensuite, moi, mon boulot, c'est de te permettre de générer de la documentation juridique, de la documentation corporate, hyper rapidement. Mon but, c'est que toi, avocate ou juriste en cabinet d'expertise comptable, tu fasses l'inverse de Sarko, tu travailles moins pour gagner plus. Donc là où il te fallait une heure... pour générer une grosse assemblée générale d'approbation des comptes. Moi, mon boulot, c'est que ça te prenne 1 minute 30. Donc, j'ai structuré la donnée et je vais te permettre de la sortir en automatique. Tu vas pouvoir la sortir en automatique sur la base d'un modèle, sur un workflow classique ou avec de l'IA. Les modèles d'IA, ils commencent à être performants là-dessus, mais il faut garder en tête qu'avec ces modèles d'IA, en performance, ils font x2 tous les 6 mois. Donc, on est extrêmement vigilant. Nous, on a trois personnes qui font... que de l'IA chez nous. On est extrêmement vigilants à créer l'infrastructure pour te permettre dans 6 mois, 12 mois, 36 mois, de pouvoir brancher l'agent le plus performant.
- Speaker #0
Donc là, aujourd'hui, vous utilisez quel modèle d'IA justement pour la rédaction de documents ?
- Speaker #1
Alors, on utilise les grands modèles d'IA. On les utilise tous pour les tester et ensuite, on les customise en fonction de nos besoins. On les fine-tune. Donc, on propose des agents en interne pour faire des opérations, pour générer des rapports et... Progressivement et de plus en plus, nos clients branchent leurs propres agents.
- Speaker #0
Quand tu dis agent, c'est un terme très générique qui peut recouvrir vraiment des... Des réalités différentes ? Qu'est-ce que tu vises quand tu parles d'agent ?
- Speaker #1
Un agent, c'est très personnifié. D'ailleurs, le plus connu qui est Claude, ils leur ont donné un prénom. Mais quand tu vas créer ton propre agent, tu vas lui donner des skills, donc tu vas lui apprendre à faire des choses. Et tu vas lui apprendre, par exemple, à manipuler des données Alex en utilisant d'autres éléments de contexte. Donc, par exemple, si tu es Danone, ton agent, tu vas lui apprendre... un certain nombre de réactions par rapport à des éléments. Tu vas lui ouvrir une base de connaissances par rapport, par exemple, à toutes tes données comptables. Avec ça, tu vas lui demander d'utiliser AlexLegal pour faire le juridique.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il va avoir accès à des bases de données juridiques, par exemple pour vérifier les articles qui sont mentionnés dans ton procès-verbal, par exemple ?
- Speaker #1
Tout à fait. Et ça, c'est un des enjeux de ce qui se passe en ce moment. C'est que dans les... connaissance dans les compétences de l'agent, il y a la partie juridique. Cette partie-là se commoditise un peu. Tu prends les grands modèles comme Claude ou Chad GPT, ils commencent à être très bons là-dedans. Si on reprend, on a dû commencer le métier d'avocat à peu près au même moment. Il y a quelques années, avant l'avantage antique, c'était difficile de trouver une information. Maintenant, c'est devenu très facile. Beaucoup de métiers, je pense, peuvent dire ça. Mais c'est quelque chose qui se commoditise.
- Speaker #0
Il y a tellement de données à aller chercher. Parfois, ça ne va pas forcément être à jour. Donc, c'est très difficile de dire à l'agent, fais attention si l'article a été abrogé. Enfin, la vérification du juridique, elle est assez complexe. Et pour construire ces agents, comment vous vous y êtes pris ? Parce que c'était nouveau aussi pour vous et vous avez appris à vivre avec FNIA. Et on le vit aussi en tant qu'avocat ou juriste. On doit créer des agents, créer des promptes. Est-ce que vous, vous vous êtes formé sur la rédaction de printes ? Est-ce que c'était déjà des compétences que vous aviez en interne ?
- Speaker #1
Non, je sortais de cabinet d'avocat en 2019-2020, je ne savais rien faire. Je ne savais vraiment rien faire, ça a peut-être changé depuis, mais je n'ai jamais été formé à ça, je n'avais pas forcément l'appétence et il y avait quand même beaucoup moins de ressources il y a quelques années. Donc il a fallu se former intégralement. L'IA, elle avance tellement vite que nous, on a donné la consigne en interne. de que chacun doit se former et doit se former seul parce qu'il faut rentrer dans cette dynamique et quelque part, il faut apprendre à apprendre sur ce sujet-là. Il y a un truc qu'on fait, on est très inspiré de ce qui se fait chez Apple ou de ce qui se fait dans des boîtes tech. On regarde ce que font bien les autres et on fait la même chose. On ne réinvente pas l'eau chaude. Ce qu'on fait régulièrement, c'est qu'on fait des hackathons. Donc, c'est une journée, tout le monde arrête ce qu'il a à faire, arrive à 8h du matin et arrive avec un projet. Donc un projet, c'est un problème qu'il a au quotidien, et il a une journée pour résoudre ce problème-là avec l'IA.
- Speaker #0
Et le résoudre tout seul, ou vous faites des petits groupes ?
- Speaker #1
Eh bien, ta question est très intéressante, parce que jusqu'à il y a 3-4 mois, c'était un opérationnel avec un dev, parce que c'est le dev qui aidait l'opérationnel à utiliser l'IA, et l'IA a fait tellement de progrès que maintenant les opérationnels arrivent à le résoudre tout seul. Et c'est des choses très concrètes. Et qu'est-ce que ce sera dans 6 mois encore ? Mais ça a permis à chacun de s'arrêter. Ça a permis à chacun de réaliser qu'il pouvait le faire avec l'IA. Ça a permis à chacun de réaliser les performances aussi de cette technologie. Les limites, il y a aussi des limites. Il y en a plein qui ont mis en place des outils. Ils avaient du mal à les maintenir et trois semaines plus tard, l'outil est tombé. Mais ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez des exemples de succès qui s'en aident du hackathon ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Si tu prends un exemple, c'est la gestion des factures. La gestion des factures, elle prend énormément de temps pour nous. Alors, ce n'est pas un exemple juridique, mais ça prend énormément de temps. Dans l'équipe comptable, ils ont créé un agent qui permet d'aller chercher les factures là où elles sont et de faire automatiquement le rapprochement bancaire, qui était vraiment quelque chose, c'était l'horreur à faire. Je vais te prendre un exemple beaucoup plus juridique. Quand tu fais des registres de mouvements de titres, même en numérique, il faut passer les mouvements de titres les uns après les autres. C'est très chiant. Donc, dès qu'on a pu... On a développé un agent qui permettait de passer automatiquement ses mouvements de titre. Donc on lui a appris à lire un ordre de mouvement. On lui a appris à lire un bulletin de souscription. On lui a appris à lire une liste des souscripteurs.
- Speaker #0
Et quand tu dis on lui a appris, comment tu t'y prends pour faire apprendre à lire ?
- Speaker #1
Comme un stagiaire. Tu prends des exemples et tu lui montres les exemples. Et ensuite quand il fait des erreurs, tu rectifies. Tu tapes dessus. Alors on contonne de façon très très stricte. Les données qu'on utilise pour l'entraînement, c'est des données qui sont des données fictives, ce n'est pas les données de nos clients, mais ça permet d'améliorer ça. On a fait un événement chez White & Case la semaine dernière, on a passé 137 mouvements de titres en 2 minutes 30. Et l'agent, pour ça, il est allé lire 137 bulletins de souscription de différentes catégories de titres.
- Speaker #0
Et est-ce que vous avez eu des échecs quand vous avez lancé l'une des fonctionnalités ? Qu'est-ce qui a été le plus dur à mettre en place et que vous êtes fier d'avoir aujourd'hui ?
- Speaker #1
Il y a eu beaucoup de choses qui ont été dures à mettre en place. Il y a eu beaucoup d'échecs. Moi, ce qui me rend le plus fier dans ce qu'on fait, c'est que la conviction initiale... L'intuition initiale qui est devenue une conviction se réalise 6 ans, 7 ans plus tard et qui a cette foi dans cette direction qu'allait prendre le marché, qui était la bonne, et d'aller voir les cabinets d'avocats, d'experts comptables, les grands groupes, de les tenir au courant. Et in fine, d'arriver à un moment où, fin 2026, c'est la course à l'armement sur ce sujet-là. Mon premier commercial est arrivé il y a deux semaines. Il y a 30 personnes ici, le premier il est arrivé il y a deux semaines.
- Speaker #0
J'avais une autre question sur les registres et promis, après j'arrête.
- Speaker #1
Vas-y.
- Speaker #0
Tous les avocats ont une manière de rédiger les registres ou d'avoir leur pratique. Vous, vous avez dû prendre à un moment une décision pour dire, on impose des standards. Et c'est ça que je trouve intéressant quand on crée une Legal Tech aussi, c'est qu'on participe au façonnement du droit. Est-ce que tu peux nous parler de ces choix et si tu as des idées de choix que vous avez faits et pourquoi ?
- Speaker #1
Oui, c'est une très bonne question. C'est un... Un mur auquel on s'est confronté, auquel je ne m'y attendais pas au début. Mais c'est vrai que la pratique a été très diversifiée. À tout point de vue. Dans la façon de stocker des documents, dans la façon de nommer des documents, dans la façon de passer des écritures, de rédiger des actes. Alors là, je ne te réponds pas. Il n'y en a pas deux qui font pareil. Donc, il a fallu comprendre les pratiques, mettre d'accord les gens sur les bonnes pratiques. Et ensuite, le mantra s'est standardisé pour automatiser. Plein de cabinets qui viennent me voir, qui me disent « je veux automatiser » . Quand on rentre dans le détail, chacun a sa façon de faire, chaque associé veut garder, j'y ai tant temps. Vous voulez automatiser ? Moi, mon boulot avec vous, c'est de standardiser. Sur les registres de titres, il y avait plein de façons de faire différentes. Et des gens qui étaient très accrochés à leur façon de faire. Ceux qui ont passé du mouvement de titre savent qu'après un numéro de compte d'actionnaire, il y a un suffixe latin, comme dans le Code général des impôts. Bi, ster et ainsi de suite. Très vite, on s'est rendu compte qu'il y a des cabinets... qui mettait un suffixe latin pour une catégorie de titre, mais aussi pour un démembrement, pour une indivision, pour un PEA, toutes ces choses-là. Donc on a dû voir un peu ce qui se faisait, et on a dû adopter la bonne pratique. Et l'arbitrage, il s'est pratiquement toujours fait sur une logique informatique. Pour reprendre cet exemple-là, les suffixes latins, c'est pour les catégories de titre. Un démembrement, ce n'est pas une catégorie de titre. Donc on a trouvé un autre suffixe. Les indivisions, ce n'est pas une catégorie de titres. Et il y a encore des cabinets qui me disent « Ah non, non, mais pour nous ça ne va pas, on a besoin... » Très bien, je vous expose la logique. Cette logique, elle est mécanique. Et maintenant, c'est à prendre ou à laisser. Mais la pratique est en train de converger. Et si tu prends le problème dans l'autre sens, quand tu fais l'histoire du droit des sociétés, du secrétariat juridique, c'est aussi l'histoire d'une convergence. La documentation converge. Les façons de tenir les registres convergent. Les SPL, les PAC, tout ça, il y a beaucoup de choses qui convergent parce que la donnée, maintenant, les documents sont accessibles, parce que c'est automatisé et ainsi de suite. On est en plein dans ce mouvement-là.
- Speaker #0
Alors, j'avais aussi une question sur tes débuts. Comment vous avez financé les débuts d'Alex Légal ?
- Speaker #1
Alors, on fait partie des rares startups qui n'ont jamais levé le moindre euro. Pourquoi ? Parce qu'au début, on n'a pas réussi à lever des fonds. En 2020, c'est le Covid, donc tout le monde se regarde un peu. 2021, c'est... Ça sort du Covid, 2021-2022, c'est la folie des startups. On l'a un peu oublié, mais il n'y avait que ça dans la presse économique. Il y avait des levées gigantesques, on ne jurait que par ça. Et nous, on n'a pas réussi parce que c'était pas scalable et trop français. C'est vraiment la phrase que j'entendais tout le temps. Et moi, j'avais une conviction très forte, mais les fonds de Venture Capital ne s'intéressaient pas à ce secteur-là. Donc on n'a pas réussi, tant pis pour nous. Ensuite, on est rentrés dans l'incubateur chez Agoranov. Donc quand on rentre là, les fonds sollicitent beaucoup plus. Et puis, il y a eu quelques opérations. Il y a Legal Start qui a fait un LBO. Il y a Doctrine qui a fait une belle levée. Et donc, quand ce secteur est un peu remonté à la surface, on a été beaucoup appelés. Et là, on a réalisé qu'on avait réussi à vendre beaucoup de services.
- Speaker #0
Quels types de services ?
- Speaker #1
Moi je me vendais à la journée dans des boîtes.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
Tu me loues une journée, je fais tout ce que tu veux.
- Speaker #0
C'est pas de la prostitution.
- Speaker #1
Sous la forme de quels contrats ?
- Speaker #0
C'était des contrats freelance. Il y avait des grands groupes, ils avaient des arrêts maladie, ils avaient une opération exceptionnelle, ils avaient plein de renforts. Et moi j'allais à la journée.
- Speaker #1
Tu allais contacter, c'est toi qui allais les démarcher ?
- Speaker #0
J'allais les démarcher, j'étais passé par un cabinet aussi qui plaçait des gens et puis assez vite, les gens vous connaissent et ça marchait très très bien et c'était des bons montants. On faisait du service sur d'autres types d'opérations et ensuite on a fait des formalités au greffe.
- Speaker #1
Donc c'est avec cette activité que vous avez réussi à financer les débuts d'Alex Legal et le développement.
- Speaker #0
Oui. Et puis ensuite on a commencé à être un peu connus dans ce milieu-là. Donc il y a des cabinets d'expertise comptable qui nous ont sollicité pas mal de choses, des cabinets d'avocats. Il y a eu beaucoup d'éléments comme ça sur notre route.
- Speaker #1
Et là tu parles d'expert comptable. Aujourd'hui tes clients c'est majoritairement des avocats. Des sociétés, des grands groupes, des experts comptables ?
- Speaker #0
Nous, notre ambition, c'est que toutes les sociétés soient sur Alex Legal. Les bons clients pour nous et ceux avec qui on s'est développé, c'est ceux qui ont beaucoup de sociétés. Donc c'est les grands groupes, on a beaucoup de grands groupes utilisateurs, ensuite c'est les cabinets d'avocats et c'est les cabinets d'expertise comptable. Il y a de plus en plus de notaires, parce qu'il y a pas mal d'études notariales qui développent le conseil en entreprise. Ces gens-là, comme on vendait du service et puis au bout de quelques mois, années, le logiciel commençait à être vraiment performant, on a pu rentrer assez vite nos premiers utilisateurs en abonnement sur le logiciel, avec quelque chose de très assumé sur le fait qu'il n'était pas terminé, mais un engagement très fort de faire le service qu'il fallait derrière pour que ça marche. Donc on a grandi avec nos premiers utilisateurs. Et ça ? Après coup, c'est très vertueux parce qu'on a collé à la balle. On a collé à la balle de leurs besoins. On a dessiné les fonctionnalités avec eux. On a anticipé les problèmes avec eux. On savait exactement quels étaient les besoins qu'ils avaient, les problèmes qu'ils avaient besoin de résoudre. Et donc, on a rentré de l'abonnement assez vite là-dessus et on l'a fait grossir de façon progressive, en faisant attention de ne pas aller trop trop vite, pour avoir des bases qui sont très solides.
- Speaker #1
Et quel était le mode de facturation ? Est-ce que tu as le même mode de facturation selon que ce soit en avocat, une société ?
- Speaker #0
C'est très difficile de faire un pricing d'une manière générale pour un logiciel. On essaie d'harmoniser la façon de facturer, que tu sois un grand groupe avec beaucoup de filiales en France et à l'étranger, ou que tu sois un cabinet d'avocats ou d'expertise comptable. Toutes ces catégories-là ne sont pas prêtes à payer le même prix, n'ont pas les mêmes besoins, ne t'achètent pas la même chose. à travers ce qu'ils t'achètent. Donc, il y a un arbitrage à faire entre tous ces gens-là. C'est une science en perpétuelle évolution au pricing. Mais oui, les pricing varient quand même. Une tendance qui est en train de se mettre en place quand même, c'est que les conseils, donc les avocats et les experts comptables, nous achètent des licences et ensuite les revendent. Parce qu'ils mettent une part de service entre l'achat chez nous et la revente. Mais l'enjeu pour eux, c'est d'arriver à marger là-dessus.
- Speaker #1
Ils ne leur facturent pas l'euro l'euro et ils prennent un petit marge un peu.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et alors, vous avez aussi des concurrents ?
- Speaker #0
Il y en a, oui. Par rapport à ce qu'on disait avant, c'est très proche de ce que fait un Penny Lane.
- Speaker #1
Ah oui, en comptabilité.
- Speaker #0
En comptabilité, on s'est créé en même temps qu'eux. On se connaît très bien. On s'est créé au même moment. On s'est connu avec des masques pendant le confinement. On s'est suivi à toutes les étapes. On a plein de clients en commun. On s'en est envoyé. Mais c'est la même logique. Un Penny Lane, tu peux l'acheter en direct, mais tu peux l'acheter aussi via ton expert comptable. Et on retrouve cette idée de l'outil métier qui est technique, qui peut être difficile à manipuler. Et voilà, on le distribue auprès de ces gens-là. Pour revenir à ta question sur les concurrents, il y a une façon d'aborder la montagne, qui est un parti pris technique sur une anticipation du marché de notre part, qui fait qu'on a construit un outil avec un certain nombre de fonctionnalités. Je ne rentre pas dans le détail là-dessus, mais on a été les seuls à l'aborder sous cet angle-là.
- Speaker #1
Et donc, vous avez beaucoup de fonctionnalités différentes. Mais aussi, quand on a un software, on a aussi un service client à apporter derrière, et t'en parlais tout à l'heure. Et le service client n'est pas le même. Que ton client soit un avocat qui maîtrise parfaitement le registre de mouvement de titre, ou le dev d'une société qui n'a jamais passé de mouvement dans sa vie, comment vous développez cette partie assistance-service-client ?
- Speaker #0
Alors déjà, on a donné un prénom au logiciel, on l'a appelé Alex pour le personnifier, pour montrer que dans ce secteur du secrétariat juridique, il y aurait toujours du conseil service en plus du logiciel. Quand tu développes un logiciel... Une interface, un logiciel avec une interface, c'est comme une blague. Si tu dois l'expliquer, c'est qu'elle n'est pas bonne. Donc si les gens ne sont pas autonomes sur ton logiciel, c'est que tu as mal pensé l'interface. Donc au quotidien, nous, on passe beaucoup de temps à l'améliorer pour que les utilisateurs soient autonomes dessus, qu'ils ne nous appellent pas. Tu appelles assez rarement Google et Facebook parce qu'ils ont très bien réalisé ça. Ils l'ont tellement bien fait, ils sont tellement puissants que tu ne peux pas les appeler. On tend vers ça, tous les logiciels tendent vers ça. Après, dans notre façon de nous développer, qui a été conjointement avec nos utilisateurs, on a passé beaucoup, beaucoup de temps avec eux. Donc, notre service client, concrètement, il chauffe quand même pas mal. Donc, on a une équipe qui est structurée là-dessus. On est allé voir plein de startups qui nous inspirent pour comprendre comment eux l'ont fait. Et on s'est inspiré de ce qui se faisait. Donc, je peux te donner des exemples. Il y a un chat. Si tu réponds Ausha, tu es pris en main tout de suite. Tu peux prendre rendez-vous dans un calendrier. si jamais tu as une question plus précise à creuser. On tient chaque semaine des visioconférences, toujours à la même heure, où nos utilisateurs peuvent se connecter, faire leur retour, on leur montre les nouveautés, et ils échangent entre eux. Une fois par mois, on fait un petit déjeuner à thème, où ceux qui veulent peuvent venir, et ils viennent avec leurs questions, nous montrent ce qu'ils ont, et il y a des échanges comme ça. Donc c'est vraiment toute une organisation qui a été pensée pour être la plus efficace possible, et pour que, in fine, nos utilisateurs soient autonomes.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour cette présentation d'Alex Légal. Est-ce que tu as un mot de la fin pour les auditeurs ?
- Speaker #0
Déjà, merci Lorraine et bravo de t'être lancé dans ton podcast parce que je connais l'enjeu de se lancer dans l'entrepreneuriat. Moi, je pense que le secrétariat juridique, c'est une matière qui va énormément évoluer et que c'est une belle matière. Il y a une dimension accompagnement des clients sur le long terme qui est très gratifiante d'un point de vue personnel. Et d'un point de vue business, la vague technologique va permettre de faciliter le suivi des clients sur cette partie-là, va permettre de générer du revenu récurrent. Et j'ai beaucoup d'avocats, d'experts comptables qui génèrent du revenu récurrent parce que les outils leur permettent d'automatiser les tâches qui étaient avant pénibles. Donc je pense qu'on est en plein dans une transformation. La façon de travailler, de la transformation du modèle, du modèle économique, et que ça va être des très belles années devant nous.
- Speaker #1
Merci beaucoup José. Mais ça m'amène encore à une autre question. Comment tu mesures le ROI qu'apporte Alex Legal ? Par exemple sur un registre de mouvement de titre, comment tu peux le mesurer ?
- Speaker #0
Je vais te raconter mon quotidien. Quand je vais surtout dans un cabinet d'expertise comptable, quand je présente, les gens en face de moi, les experts comptables, ils sortent leur téléphone et ils sortent deux applications. C'est pas Instagram et c'est pas LinkedIn. Le premier c'est le chronomètre. On reconstitue un registre, on fait une assemblée générale d'approbation des comptes, ils chronomèdrent. Ils savent très bien combien de temps ça prend à leurs équipes et on fait la différence par rapport à là. On passe de une heure à une minute, on est bon. Et la deuxième application qui sort, évidemment, c'est la calculatrice. Combien est-ce qu'ils vendent cette opération-là ? Et par rapport au temps passé, par rapport au forfait que nous, on présente. Et c'est comme ça qu'ils calculent le ROI.
- Speaker #1
Très intéressant. Merci beaucoup Joseph.
- Speaker #0
Merci Lorraine.
- Speaker #1
Merci beaucoup à Joseph pour cet échange et de nous avoir partagé sa vision de l'automatisation du secrétariat juridique. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner au podcast et à le partager autour de vous. A très bientôt.