(Fragments d’un itinéraire musical et mystique)
Il existe des instants où la musique ne s’écoute plus : elle nous traverse.
Elle ne résonne pas dans nos oreilles, mais dans tout notre être.
Ces instants-là, je les appelle les chocs esthétiques. Des rencontres fulgurantes qui deviennent des influences des éveils de conscience où le son devient une lumière intérieure. Ce sont eux qui ont façonné le musicien — et l’homme — que je suis devenu.
Tout a commencé dans le salon de mon enfance, autour d’un piano.
Ma mère, professeure de piano, était ma première prêtresse du son.
Sous ses doigts, le monde s’ouvrait : Chopin, Beethoven, Schubert...
J’étais trop jeune pour comprendre la structure, mais je sentais déjà la vérité de ces notes — leur façon d’habiter l’air, de raconter sans mots ce que l’âme seule devine.
Le romantisme fut ma première langue intérieure.
Avec Chopin, j’ai appris la fragilité du souffle ; avec Beethoven, la tempête du cœur ; avec Schubert, la lumière douce de la résignation.
Cette musique, à la fois humaine et divine, m’a initié à l’émotion pure, à cette tension entre beauté et douleur qui ne m’a jamais quitté.
Quelques années plus tard, à l’université, un autre choc me frappa.
J’étais en première année de musicologie à la Sorbonne lorsque j’ai chanté le Requiem de Mozart dans le Grand Amphithéâtre, avec le Grand Chœur.
La voûte résonnait, les voix se mêlaient, et j’ai senti — pour la première fois peut-être — que la musique pouvait ouvrir un passage vers le sacré.
Mozart, c’est la clarté absolue traversée de mystère.
Sa musique ne se contente pas de consoler : elle élève.
Ce soir-là, chaque note semblait prier. Et dans ce dialogue entre la vie et la mort, j’ai compris que la musique n’est pas un langage : c’est une prière qui s’ignore.
Puis vint l’adolescence, et avec elle, la foudre.
À quatorze ans, j’ai découvert le Metal.
Le son saturé, la violence maîtrisée, les solos flamboyants.
Ce n’était plus la caresse des pianos, mais la morsure électrique de guitares hurlantes.
Megadeth, avec Marty Friedman, m’a révélé la virtuosité en fusion.
Metallica, dans ses premiers albums, la rigueur et l’élan tragique.
Iron Maiden, le souffle épique et narratif.
Puis j’ai plongé dans le Death Metal technique, avec Death et Cynic — un labyrinthe de rythmes et d’idées, où chaque mesure défiait la logique, une de mes plus grandes influences.
Dream Theater m’a ouvert les portes du progressif, de cette liberté architecturale où tout est possible.
Là, j’ai découvert la beauté du son fretless, le velours fluide de la basse sans frettes, et le timbre limpide du Roland Jazz Chorus.
Les synthés m’ont révélé la richesse des textures sonores — un autre cosmos à explorer.
Et puis, il y eut une autre révélation : la guitare instrumentale.
Joe Satriani et Steve Vai furent mes nouveaux guides, et quelles influences ?
Satriani, avec son jeu fluide et ses mélodies chantantes, m’a appris la narration par le son : chaque morceau semblait une histoire sans paroles.
Vai, lui, était le magicien du timbre, un alchimiste sonore capable de transformer la guitare en créature vivante.
Entre la rigueur technique et la démesure expressive, ils ont élevé la guitare au rang d’instrument spirituel.
À travers eux, j’ai compris qu’un instrument pouvait parler — non pas à l’intellect, mais directement à l’âme.
C’était ma rébellion, mais aussi ma première quête sonore : comprendre comment le chaos peut devenir beauté.
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