- Speaker #0
« Bienvenue dans l'émission Les 400 coups du Castor, l'émission sartoise à destination des entrepreneurs, freelance, indépendants, artistes, commerçants, porteurs de projets. Et je reprends féminin, entrepreneuse, freelance, indépendante, artiste, commerçante, porteuse de projets. Pour faire rayonner les talents de la SART, une fenêtre d'expression pour se faire connaître en SART. » et ailleurs. La douce voix qui va vous accompagner dans ces émissions que nous souhaitons hebdomadaires avec Thomas, réalisateur de l'émission, c'est la mienne. Isabelle Roncin, je suis fondatrice d'un espace de coworking au Mans, La Tribu, et j'accompagne des porteurs de projets depuis bientôt dix ans dans la superbe coopérative de talent Let's Co-Up by La Tribu. Je rappelle que Thomas, dont c'est la fête aujourd'hui, est à la régie et qu'il excelle dans l'art de déqualiser ma voix et celle de nos invités. Bonjour Thomas.
- Speaker #1
Bonjour Isabelle.
- Speaker #0
Chers auditeuristes, nous accueillons aujourd'hui deux indépendants sartois bourrés de talent. Claire Belot, qui officie en tant que psychopraticienne et qui a à cœur de permettre aux personnes qu'elle écoute de reprendre leur pouvoir personnel. Et Benoît Planchenot, qui veut changer le monde. C'est comme ça qu'il se présente et qui a comme cheval de bataille la transition écologique de nos organisations. En commençant par nous-mêmes, bien entendu, puisque nous sommes notre propre organisation. Mais ils seront plus à même de se présenter dans quelques instants. Alors, le thème du jour, l'étincelle. L'étincelle entrepreneuriale qui a fait que vous avez choisi d'entreprendre. Le menu est le suivant. Un premier temps de présentation individuelle et croisé de nos invités. L'édito du Castor, une chronique axée sur le sujet du jour, donc l'étincelle. S'en suivra un moment de réflexion et de partage avec nos deux invités sur ce fameux thème. Puis nous ferons comme les grandes émissions. un questionnaire à la proust ou à la pivot, mais là, ça sera à la castor. Logiquement renommé, 400 coups du castor, donc 30 secondes maximum par réponse, des questions différentes pour chacun de vous deux. Et puis, nous conclurons ensemble cette émission. Bonjour Claire.
- Speaker #2
Bonjour Isabelle.
- Speaker #0
Bonjour Benoît.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Alors, quelle est votre énergie aujourd'hui ? Benoît, pour commencer ?
- Speaker #1
Eh bien, il fait chaud, mais ça va. Et donc, l'énergie est au rendez-vous.
- Speaker #0
Et vous, Claire ?
- Speaker #2
Oui, de mon côté, une petite énergie, mais je suis contente d'être ici.
- Speaker #0
Eh bien, je vais proposer l'un ou l'autre de démarrer par une présentation de qui vous êtes, de votre activité, de ce qui fait que vous êtes entrepreneur.
- Speaker #1
Qui commence ?
- Speaker #2
Allez, j'y vais.
- Speaker #0
Allez, Claire.
- Speaker #2
Alors, qu'est-ce qui fait que je suis entrepreneuse ? J'ai été surprise par la question, cette étincelle d'entrepreneuriat. Je crois qu'elle m'a habité depuis longtemps avec différents projets que j'ai pu avoir. J'ai eu un parcours atypique, j'ai changé plusieurs fois de métier, parcours de formation. Et c'est assez régulièrement où j'ai eu envie d'être indépendante. Je pense que ça fait partie de ma personnalité. Parce que souvent mes employeurs m'ont dit « mais toi Claire, t'as besoin d'avoir carte blanche » . Et si je suis trop étriquée dans mon espace de travail, en fait très vite je m'ennuie. Et en fait, je ne peux pas vivre mon plein potentiel.
- Speaker #0
D'accord. Cette carte blanche, alors, c'était quoi ?
- Speaker #2
Ça a été différents contextes. Même quand j'étais animatrice, j'avais besoin de sentir la confiance que je pouvais avoir de mon responsable pour dire en fait, ouais, je vais mener les choses, mais j'ai besoin d'avoir un espace de liberté. Je me sens responsable et à la fois dans la créativité et j'ai besoin de la confiance pour ça.
- Speaker #0
D'accord. Et comment vous vivez votre activité aujourd'hui ? Comment ça se vit ?
- Speaker #2
Alors aujourd'hui de mieux en mieux, je suis passée par des moments difficiles parce que l'entrepreneuriat pour moi c'est quand même un gros challenge. J'avais des freins, des blocages. Mais à présent je me sens vraiment dans la fierté en fait de pouvoir réaliser quelque chose qui a du sens pour moi. Et de me sentir plutôt très libre de créer ce qui a du sens. Ce qui parle aussi aux gens que j'accompagne également. Donc oui, je suis plutôt bien.
- Speaker #0
Et comment vous pourriez définir votre activité aujourd'hui ? Comment vous pourriez la présenter à nos lecteuristes ?
- Speaker #2
Alors, mon activité, je fais de l'accompagnement de personnes, en individuel et en groupe. Donc un travail de psychothérapie, avec des gens qui sentent en eux qu'il y a une situation de souffrance et qui ressentent aussi également leurs ressources, une force, du courage, de dire je vais aller trouver de l'aide pour pouvoir amorcer un changement. Et donc on s'appuie ensemble, c'est une co-construction de la relation, vraiment pour dire on va travailler ensemble pour aller vers le changement que vous voulez vivre. C'est vraiment ça. Et moi, ce que je dis essentiellement aux gens que j'accompagne, c'est que c'est un espace d'écoute confidentielle, bien sûr. Et surtout que les gens choisissent ce qu'ils ont envie de dire. Et les sujets qu'ils veulent aborder. Je ne fais pas d'anamnèse, je ne parcours pas la vie à partir de la naissance. Les gens viennent avec les sujets qui sont importants. Et puis après, se passe un travail de... C'est une conversation. Et à l'intérieur de cette conversation, je... peut venir soutenir à la fois les forces et puis aller accompagner, mettre du sens, la compréhension, ce qu'on appelle de la psychopédagogie, pour pouvoir aider à identifier ce qui a besoin d'être cheminé travers nous.
- Speaker #0
Voilà. Merci Claire. Vous parliez de changement tout à l'heure, donc je me tourne vers Benoît. Changement, changement climatique, changement écologique ?
- Speaker #1
Et puis changement personnel aussi, pour reprendre un peu le parcours à portée claire pour se présenter. Moi, je suis né de parents fonctionnaires très investis dans le bénévolat. J'ai fait beaucoup de bénévolat et de militantisme. Et puis, je me suis formé dans mon parcours scolaire pour être professeur des écoles. Et donc, j'étais pleinement investi pour les autres dans un cadre très strict. Et le jour où j'ai commencé à dire, mais c'est grave là, il faut qu'on fasse quelque chose. C'était le fameux rapport plus 1,5 degré. posé par le GIEC. Donc là, on sait qu'on va les dépasser. Et c'est ce rapport-là qui m'a fait démissionner de l'éducation nationale pour justement pouvoir faire à ma sauce là où les entreprises, pour moi, c'était le grand cas capitalisme. Et voilà, c'était le rapport à l'argent, etc. Donc voilà, j'ai après choisi mon parcours d'entrepreneuriat et de faire à ma manière. Et ça va très très bien aujourd'hui.
- Speaker #0
Et ça veut dire quoi, à sa sauce, à ma sauce ?
- Speaker #1
Un masso, ça veut dire ne pas être soumis dans le système économique actuel où je vais être dépendant de grandes entreprises avec des actionnaires, ni être dans un schéma comme les auto-entrepreneurs où on est juste esclave de son activité, etc. Donc là, moi, j'ai choisi d'être dans une activité... certes d'indépendants, mais dans une coopérative d'activité et d'emploi. La coopérative étant un des modèles soutenus même par les économistes, je pense à Timothée Parry par exemple, pour répondre à un changement de modèle économique. Le problème étant, on parlait de changement climatique, certes on peut faire des géco-gestes, mais c'est juste la partie mergée de l'iceberg. Le but c'est de changer le système actuel. Et ça, ça passe par un changement de sortie de l'actionnariat, sortie de des inégalités de richesse, etc.
- Speaker #0
Et concrètement, sur le terrain, comment vous changez le monde, Benoît ?
- Speaker #1
Oui, moi je pensais que tout le monde sur le terrain, ça avait déjà été un peu avec conscience des enjeux et n'attendait que des pistes d'action, des solutions pour aller de l'avant. Bon, ça c'était le premier des aveux. en fait personne n'a conscience des enjeux climatiques et écologiques, ni sociaux d'ailleurs. Donc je me suis doté d'outils comme la fresque du climat, des ateliers de sensibilisation, des prises de conscience qui créent des étincelles chez les gens. Et partant de ces étincelles, les gens sont plus à même d'être en mesure de passer à l'action. Et donc après, j'accompagne le passage à l'action aussi. Donc moi, mon but, c'est de changer les structures. Une entreprise, une collectivité. on part de là où elle en est et on a fait bifurquer. Et une fois qu'elle a bifurqué, quel temps a changé ? Elle a besoin et de facto, elle emmène aussi les gens qui sont dedans. Et du coup, les gens eux-mêmes changent. J'ai encore l'exemple de quelqu'un qui en avait embarqué pour un bilan carbone. Quatre, cinq mois plus tard, on s'est revus. Et dans l'équipe, il y a quelqu'un qui m'a dit « Ah moi, depuis que vous êtes venus, j'ai acheté un vélo électrique. » Je me passe de voiture et ça se passe très bien. C'est un exemple parmi d'autres, mais ça illustre bien.
- Speaker #0
Quelles valeurs sont importantes pour vous, Claire, dans la réalisation de votre métier ?
- Speaker #2
Je dirais, déjà dans ma réalisation personnelle, c'est d'avoir une activité qui a du sens pour moi. Et dans ce sens-là, le plus important, c'est vraiment le... Où est le pouvoir ?
- Speaker #0
Ce dont parlait Benoît tout à l'heure.
- Speaker #2
Exactement. Et en fait, j'accompagne les personnes à reprendre leur pouvoir personnel, à agir. Pour eux-mêmes, ils sont au cœur, c'est ce qu'on appelle le centre d'évaluation interne. On est dans une société où on est plutôt invité à avoir le centre d'évaluation externe, c'est-à-dire on fait en fonction de l'autre. Et l'autre, l'altérité, la personne, la famille, la société. Et là, c'est de retrouver son pouvoir personnel, vraiment. Donc ça, c'est une valeur importante pour moi.
- Speaker #0
D'accord. Je pense qu'il est temps de passer à un autre moment. Ici, je ne suis pas perdue, c'est l'édito du castor. Alors, le thème du jour, c'est l'étincelle. La définition que j'ai trouvée dans le dictionnaire est la suivante. Parcelle incandescente qui se détache d'un corps qui brûle ou jaillit au contact ou sous le choc de deux corps. Une petite étincelle s'appelle bluette ou flamèche. Au sens figuré ou métaphysique, on parle de traits de feu, de petites lueurs, étincelles de raison, de courage, étincelles de génie. Une étincelle, c'est la cause initiale d'un embrasement, d'un feu. Ce qui peut mettre le feu aux poudres d'une idée apparue dans notre parcours de vie, c'est l'opportunité d'un constat de manque, d'une prise de conscience, d'une recherche de sens, d'impact, une envie de changement, de transformation. de création, d'inspiration, de cette murmuration incandescente qui a envahi notre espace mental, un jour, on peut se laisser happer par son appel ou la laisser filer comme elle est venue. Si on l'alimente comme un feu dans l'âtre d'une cheminée, elle grandit, elle se nourrit, elle se met en perspective, elle change d'angle de vue, elle s'anime, elle s'articule, elle se résonne, se déploie, elle vibre. Jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment mûre pour qu'il en sorte quelque chose. Une esquisse, un dessin, une intention, un objectif, un plan, un programme, un but, une ambition, un projet d'entreprise, les fondements d'un sens, d'une activité ou d'une vocation. En tout cas, un appel à s'engager dans ce qui illumine chaque jour notre vie. Est-ce se sentir utile ? répondre à un besoin matériel ou immatériel, primaire, secondaire, créer un besoin, couvrir un espace oublié, choisir un métier ou un secteur d'activité, réaliser un rêve, s'engager pour une cause, agir pour améliorer les conditions de travail ou de vie, s'impliquer dans des collectifs ou des communautés professionnelles, culturelles, associatives, apporter sa pierre à l'édifice pour construire une société meilleure. Une étincelle provient d'un contact, on a dit, d'un choc de deux corps. Mon étincelle, c'est le contact entre mon intuition et mon cœur. Vraiment un point de contact qui me permet de me mettre en mouvement, tel l'étincelle qui jaillit entre deux silex. Mon étincelle à moi, j'en ai eu quelques-unes déjà, mais la dernière en date, c'est celle qui fait que je suis là à parler dans un micro avec des invités. dans un studio d'enregistrement dûment équipé sous la régie d'un ingé son digne de ce nom. Et cette étincelle, elle s'était déjà ravivée depuis quelques temps par la création de ma chaîne de podcast. Puis, elle s'est embrasée par l'arrivée de Thomas dans la coopérative, passionné d'informatique et de radio, et qui a fait rejaillir en moi la petite fille qui cachait son mini-transistor orange sous ton oreiller, le soir, pour écouter Max Meignet et son émission sur RTL. Entre 1972 et 1983, les routiers sont sympas. Oui, oui, je sais, je suis très très vieille. De 21h à minuit, en cachette, mes parents écoutent peut-être, je les salue. J'écoutais les histoires de ces routiers attachants, les messages qu'ils passaient, les galères qu'ils rencontraient, la chaîne de solidarité qui s'en suivait. Et puis, en 1982, les radios libres ont été autorisées à diffuser leurs programmes. Pour celles qui étaient jusque-là... clandestine depuis 1969. Et la bande FM est enfin née. J'enviais ces animateurs radio, j'écoutais avec ferveur leurs émissions, j'enregistrais les morceaux de musique sur mon poste double cassette pour me recréer mes propres émissions. Je m'y croyais. L'idée a germé quelques 40 ans plus tard et nous voilà enregistrés notre première émission. Et là vous me dites, elle a tout prévu son édito pour sa première édition. L'étincelle, eh bien pas du tout. Figurez-vous que ce thème est apparu comme une évidence car tout projet d'entreprendre naît d'une idée, d'une lueur, d'une étincelle. Et je trouvais absolument adéquate pour une première émission avec des entrepreneurs de choisir ce sujet. Je pensais même vous parler de ce qui m'a amenée à créer la tribu et la suite. Mais non, je suis repartie de plus loin. Alors vous avez forcément compris, ressenti que je suis faite de pas mal d'étincelles, d'énergie, de dynamique. Et pour que cela dure, il faut entretenir ce feu intérieur originel. Comment fait-on ? Je ne peux que vous partager ce que j'ai mis en place pour garder cette vivance au quotidien. Outre une hygiène de vie que je considère comme saine, mais absolument pas ennuyeuse, bien au contraire, j'ai créé d'une part un espace pour entreprendre ensemble. Afin de surmonter l'isolement économique et humain que peut ressentir toute entrepreneureuse. Et d'autre part, j'ai à cœur de maintenir une communication inspirée et inspirante entre ma vision, mon enfant intérieur, mes besoins, mes limites et ma posture de dirigeante. C'est-à-dire en plus clair, je requestionne régulièrement mon projet de vie et les missions qui en découlent. Je suis accompagnée, supervisée et je demande de l'aide en cas de besoin. Alors Claire ou Benoît, quelle a été votre étincelle ? Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans votre activité ?
- Speaker #2
Allez,
- Speaker #0
je regardais Benoît.
- Speaker #2
Alors moi, ça faisait déjà quelques années que j'étais en formation pour être écoutante. À ce moment-là, je travaillais dans une structure sociale. Mais je disais oui, je me forme à l'écoute, je me forme à la relation d'aide. Mais jamais je n'osais dire, je fais une formation pour devenir psychopraticienne, pour faire de la psychothérapie. Et un jour à une collègue, je lui dis,
- Speaker #0
mais en chutant, elle me dit, mais pourquoi tu chuchotes ?
- Speaker #2
Et là, je me suis réalisée, bah oui, en fait, je chuchote parce que j'ai peur, en fait. J'ai peur d'affirmer, d'assumer quelque chose qui vibre en moi, en fait. L'accompagnement et la psychologie, j'avais envie, j'avais 14 ans. Mais on m'avait dit que c'était interdit.
- Speaker #0
Et pourquoi c'était interdit ?
- Speaker #2
C'était interdit. Moi, c'était la pression familiale. C'était interdit. J'avais l'interdiction de ma famille d'aller vers la psychologie. Donc là, j'ai bravé un interdit très intéressant. Et donc, j'ai dû aller jusqu'au bout. Puis vraiment, de dire ce que je veux. Bien sûr, il y a la relation d'aide et l'écoute. Mais au-delà de ça, oui, j'ai vraiment envie d'accompagner un changement profond chez les gens. et que... les personnes puissent être autonomes. Ça, c'est très important.
- Speaker #0
Et pour accompagner ce changement profond, j'imagine qu'il faut aussi travailler un peu sur soi ?
- Speaker #2
Oh, bien sûr !
- Speaker #0
Vous l'aimez beaucoup ?
- Speaker #2
Je peux dire pas mal d'années maintenant. Alors, c'est vrai que moi, avant de commencer ma formation, j'avais déjà commencé un travail personnel parce que j'accompagnais déjà des personnes dans le domaine social et j'entendais des récits de vie. qui étaient difficiles à entendre, à écouter. Et je voyais que parfois, j'avais des grosses difficultés à être dans l'empathie, à être dans le non-jugement. Et donc, je me suis fait accompagner déjà dans ce cadre-là. Et j'ai pu identifier qu'en fait, ce sont des situations qui réveillaient ma propre histoire.
- Speaker #0
Et l'histoire de votre étincelle, Benoît ?
- Speaker #1
C'est clair d'avoir pris le flambeau, puisque ça m'a permis de prendre le temps de réfléchir. En fait, je n'ai pas vraiment une étincelle. Quand je fais le récap de ma vie, c'est que des étincelles qui se suivent les unes après les autres. Donc là, j'étais remonté en arrivée en maternelle et j'avais juste des enchaînements d'étincelles.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui s'est passé en maternelle, Benoît ?
- Speaker #1
Oh là là ! Justement, plein de choses. C'est pareil, d'une année sur l'autre, jamais je n'aurais imaginé être qui je suis l'année d'avant. Et en fait, c'est ça. c'est peut-être juste ça. Je cultive mes ambitions au fur et à mesure, parfois elles changent, je reste à l'écoute, et je ne me donne pas forcément de limites, et j'ai la capacité. Quand on peut et on veut, le qui-je-suis, mon éducation, et le fait que je sois un homme blanc, hétérosexuel, aussi genre, relativement jeune, fait que... Sociétalement parlant, j'ai quasiment aucune limite. Et donc, j'y vais en fait. Et quand on voit l'état dans lequel il est actuellement, je ne peux que faire quelque chose pour les autres.
- Speaker #0
Et en voyant le monde dans l'état où il est aujourd'hui, est-ce que ça joue sur votre étincelle ? Qu'est-ce que ça joue en fin de compte sur votre étincelle ?
- Speaker #1
Très concrètement, après il y a plein d'étincelles. donc il y a aussi des étincelles amoureuses par exemple et donc comment on fait pour combiner changer le monde et vivre une vie amoureuse parfois ça peut être compliqué puisqu'on a envie de s'investir Beaucoup pour les autres, mais parfois, ça dépend de celles qu'on aime. Et inversement, des fois, on fait l'inverse. On sacrifie le monde et les autres pour soi et pour l'autre.
- Speaker #0
C'est une recherche d'équilibre ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et ça, ça me travaille depuis toujours. Ça se concrétise philosophiquement avec le judo, pour moi.
- Speaker #0
En quoi le judo ?
- Speaker #1
Le judo, originellement, c'est trois principes. La non-résistance, une forme d'acceptation et d'adaptation. Le deuxième, c'est le bon usage de l'énergie. Une fois que j'ai accueilli des choses, qu'est-ce que je vais en faire ? Comment je vais redonner cette énergie ? Et en l'occurrence, il y a une clé de voûte qui est le troisième principe, parce que comment on définit le bon et le mauvais ? Ce qui est bon, c'est l'entraide et la prospérité mutuelle. Une fois qu'on a accueilli ce monde et qu'il va nous mettre toujours en perpétuel déséquilibre, c'est comment par notre action, à temps soit peu bénéfique, on va réussir à retrouver notre équilibre et celle de l'autre. Donc il se crée une sorte d'équilibre à deux, le deuxième étant l'autre, le monde et les autres personnes, et vous, etc. Et on retrouve la même chose dans l'escalade. Un autre point commun que je partage avec Claire, la même chose, parce qu'on est en équilibre avec soi-même. La paroi ne bouge pas, mais on est en équilibre avec ses peurs, on est en équilibre avec notre corps. Et aujourd'hui, le monde arrive à des points de bascule. Et inversement, on a aussi besoin de points de bascule dans la société. Donc, il y a des équilibres un peu plus macro qui se jouent tout le temps.
- Speaker #0
Merci Benoît. Et Claire, on est dans l'année de la santé mentale. et en quoi ça peut raviver une étincelle de se sentir peut-être soutenue par cette volonté collective.
- Speaker #2
Oui, et à la fois c'est un sujet qui me tiraille, parce qu'on trouve aussi que sociétalement, on incrimine beaucoup l'individu, et on le responsabilise de sa propre santé mentale, sans regarder les phénomènes sociétaux et les systémies. Et donc là, c'est sur un autre volet, plutôt celui de Benoît.
- Speaker #0
Je vois Benoît Ausha la tête. Vous ne le voyez pas, mais nous, on le voit.
- Speaker #2
Alors, bien sûr, moi, j'accompagne des personnes qui sont en situation de burn-out, effectivement. Que, bien sûr, dans certaines histoires, c'est un récit, ça fait écho à des traumas, effectivement, qui sont réactivés dans le monde du travail. Mais jamais, je n'enlève la responsabilité de la structure et de l'entreprise. à générer de la souffrance.
- Speaker #0
Absolument. Benoît, un petit mot par rapport à cela ?
- Speaker #1
Je pense que ça pourrait s'étudier sociologiquement, mais a priori, il n'y a peut-être pas des burn-out partout à la même proportion. Donc il y a des effets de causalité. C'est comme dire, maintenant, pas tous les hommes ne sont des violeurs. Oui, mais bizarrement, c'est quand même la majorité des violeurs qui sont des hommes. C'est quand même structurellement quelque chose dans la société qui fait que... Et ça va être pareil avec l'écologie. On va demander... J'entendais encore quelqu'un qui me disait « Ah, il faut acheter une voiture diesel, parce que c'est mieux en termes d'émissions. » « Ah, en fait, non, il faut acheter une voiture électrique, c'est mieux. » En fait, le « il faut, il faut » , ça veut dire que sociétalement parlant, on nous demande d'acheter. Et rien que ça, ça pose problème, même si... Vous et moi, et n'importe qui qui nous écoute à l'heure actuelle, on essaie de faire des choses bien avec notre lecture actuelle. Et en fait, si déjà les médias ou les informations nous permettent de faire des choses éclairées, ça nous permet sociétalement de faire avancer les choses. Mais là, en l'occurrence, la société n'est pas forcément dans le bon sens.
- Speaker #0
J'entends vos mots authentiques et vrais. Est-ce que c'est ça qu'il faudrait aujourd'hui pour améliorer notre société ? C'est parler vrai ? Mettre les bons mots sur les...
- Speaker #2
Alors, nommer.
- Speaker #0
Nommer, oui.
- Speaker #2
Nommer est vraiment essentiel à l'heure actuelle.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Mais nommer avec... On est dans une société aussi qui déforme les mots, qui déforme les définitions, qui les enjolive aussi. Et qu'on a peur de certains mots également. De les prononcer, de les identifier. On a peur... Et ça, c'est la première chose, je pense. Parce que la parole authentique, quelqu'un qui est authentiquement dissocié, on ne peut pas faire autrement. Quelqu'un, voilà. Donc voilà, il y a surtout déjà nommer, identifier, nommer, ça me paraît le plus important. Et puis après, c'est de pouvoir accompagner chacun et aussi les structures à pouvoir s'ancrer et faire des choix en fait. Voilà, faire des choix en conscience en lien avec le vivant.
- Speaker #0
Vous vous rejoignez en fin de compte sur ce point, c'est incroyable. Qu'est-ce que vous pouvez dire par rapport à ça ?
- Speaker #1
Moi, je compléterais ce qu'a pour clé et pour répondre à la question que pour parler vrai ou authentique... on le fait aussi avec sa grille de lecture et ce qu'on en fait de la vie ou des enjeux etc et du coup ça veut dire qu'on est complètement soumis à ce prisme quand bien même on veut faire tous les efforts et donc par exemple dire ah oui il faut limiter la pollution il faut aussi avoir conscience de ce que il y a plein de pollutions différentes et donc en fait ça implique des ordres de grandeur ah bah moi je fais plein de choses dans la vie pour l'écologie ok Est-ce que ça respecte des ordres de grandeur ? C'est très authentique, mais pour autant, ça ne va pas répondre aux enjeux. Donc, il y a aussi besoin d'apprendre pour agir. Et agir là où ça compte.
- Speaker #0
Super, merci. On va continuer l'émission. Claire et Benoît, je vais vous proposer de tester un nouveau jeu, les 400 coups du castor. On a tout décliné. Et donc, ce jeu est sur les émotions. Alors, comme vous pouvez le voir sur la carte, il y a les quatre émotions principales, la joie, la tristesse, la colère et la peur. Et donc, vous avez vu les petits castors, qui sont joyeux, tristes, en colère, qui ont peur. Et donc, on a décliné tout ça en 400 coups du castor. D'accord ? Et donc, je vais vous proposer de tirer des cartes et de répondre à la question de la carte.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #0
Donc... Je vous invite à tirer une carte.
- Speaker #2
Allez, c'est parti. Et voilà.
- Speaker #0
Alors, vous disiez, avant de lire la question, vous lisez le coup.
- Speaker #2
OK.
- Speaker #0
Sur quel coup vous êtes tombée, Claire ? Moi,
- Speaker #2
je suis tombée sur un coup de main.
- Speaker #0
Coup de main, dis donc.
- Speaker #2
Un coup de main, voilà.
- Speaker #0
Et la question ?
- Speaker #2
Qui souhaites-tu remercier ? Voilà, immédiatement. Je peux répondre maintenant ?
- Speaker #0
Oui, avec plaisir.
- Speaker #2
Très spontanément, je souhaite remercier Stéphanie. C'est une copine qui... On avait prévu un appel ce matin et en fait, vu que je commençais ma journée en n'étant pas très bien, je lui ai dit écoute, je ne suis pas dans un super mood, je ne suis pas au niveau émotionnel, je ne suis pas hyper régulée. Je lui ai dit, est-ce que c'est ok pour toi ? Elle m'a dit, mais bien sûr. Elle a dit, tu as besoin d'écoute ? J'ai fait oui. Et donc, j'aimerais la remercier parce qu'elle m'a vraiment aidée à me réguler ce matin et à mieux commencer ma journée. Merci Stéphanie.
- Speaker #0
Super, merci. Benoît, sur quelle carte êtes-vous, sur quel coup êtes-vous tombé ?
- Speaker #1
Le coup de pompe. Il y en a avec la chaussure, celle pour gonfler le pneu de vélo. La question, c'est le pompe de fatigue. Qu'est-ce qui te prend le plus d'énergie ? C'est une bonne question. Parce que l'énergie, j'en ai beaucoup. Je n'ai jamais essayé de chercher à savoir comment elle se répartissait dans la journée. En tout cas, ce que je fais avec beaucoup d'énergie, c'est l'écoute. Je ne cherche pas forcément à écouter ce que les gens disent, apportent, font, et ne répondent pas spontanément, mais avec tout ce qu'il y a de plus de bienveillance et de création d'un autre monde. Donc ça peut parfois me... Ça fait souvent du tac au tac, mais je sens qu'il y a quand même un gros... Plein, plein, plein d'engrenages. En fait, quand j'entends des choses et je vois des choses, il y a plein, plein d'engrenages qui s'activent, plein de lumières, plein de... Enfin, il faut imaginer une forêt avec plein de trucs qui bougent partout dès que j'entends des mots ou des gens qui me parlent ou des gens qui me demandent des choses ou que je vois des choses. Et du coup, ça demande beaucoup d'énergie à... ressynthétiser et apporter la chose qui me semble la plus juste et pour la personne et pour le monde qui est à construire.
- Speaker #0
Et comment vous récupérez de l'énergie alors, en donnant autant ? C'est important de dormir, de faire des siestes, de bien manger. Et après, j'ai toujours grandi comme ça pour des raisons assez rigolotes. Mais j'ai toujours été en état de stress et de peractivité et sans avoir à bâtir les côtés désagréables. Là, je remercie mes parents pour ça.
- Speaker #1
Et vous, Klaas, vous parliez d'écoute. Benoît a parlé d'écoute, mais vous a parlé aussi d'écoute. C'est important, l'écoute, dans votre métier ?
- Speaker #2
C'est essentiel.
- Speaker #1
Et comment on apprend à bien écouter ?
- Speaker #2
Comment est-ce qu'on apprend à écouter ? Alors, je peux parler de mon expérience ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #2
Comment j'ai appris à écouter ? Donc, moi, j'ai choisi une approche, qui est une approche humaniste, qui s'appelle l'approche entrée sur la personne. Donc, c'était un choix, vraiment, parce que c'est une philosophie qui se positionne aussi sur la dimension politique et qui permet de reprendre son pouvoir personnel. Et l'expérience d'écoute, pour moi, la plus forte, c'était donc ma formation. Pendant les deux premières années, chaque séminaire, on était en résidentiel. Et pendant cinq ou neuf jours, assis à une trentaine de personnes, en cercle, et puis s'ouvrait le cercle. avec parfois du silence, parfois des expressions. Et donc là, c'était vraiment l'opportunité d'écouter, bien sûr, et d'aller surtout sentir en soi qu'est-ce que ça fait d'entendre certains récits. Donc il y a des récits où je pouvais vraiment être moi, ancrée, stable, installée, et entendre et vraiment être dans une écoute empathique à différents niveaux. Donc l'empathie cognitive, la compréhension de l'environnement, l'empathie... émotionnel, l'émotion qui est derrière, et après une empathie sous-jacente, c'est-à-dire qu'est-ce qui est dans la ligne de fond. Et puis il y a aussi, travailler ça, et puis parfois entendre des récits, ça fait vibrer en soi très fort, ça devient une urgence de parler, ça devient réactivé. Moi je me souviens des moments où je serrais la mâchoire de colère, et des moments où j'avais chaud à la tête, des moments où je trépignais, je voulais... Voilà. Donc c'est aussi ça, l'écoute, ça a été des mouvements d'écoute de l'autre. et les résonances pour soi, et de pouvoir en parler. Donc c'est tous ces mouvements-là.
- Speaker #1
Benoît, en quoi l'écoute est importante pour un entrepreneur ?
- Speaker #0
Pour moi, l'entrepreneuriat, quand on est indépendant notamment, ça ne se fait pas tout seul. On dit toujours, le faiso, c'est... Et les autres, là, se sont construits tout seuls, mais c'est un peu un leurre. En fait, à partir du moment où on veut entreprendre, il y a forcément un moment donné où... On va avoir des clients, on va trouver des partenaires, on va chercher des choses et d'autres. Et du coup, il faut toujours être, pour moi, à cette écoute. Il faut que ce soit des besoins des uns des autres. Et après, dès qu'on va créer un lien, il y a toujours besoin d'être à l'écoute de ce qui va se passer, des résonances que ça peut avoir. Et donc, si on commence à fermer à cette écoute, pour moi, c'est... sortir de cette approche systémique et donc, on finit par plus être résilient et d'être tout seul et en monoculture, etc.
- Speaker #1
Et quels conseils on pourrait donner aux entrepreneurs pour apprendre à écouter ? Parce que c'est quand même un art, l'écoute. Tous les deux, hein ? Oui, j'ai une idée. Elle est claire. C'est à vous.
- Speaker #2
Moi, j'ai envie de proposer, en fait, mais pas que les entrepreneurs mais toute personne qui est curieuse l'écoute. Donc moi, une fois par mois avec Olivier, un collaborateur, on propose des groupes de paroles dans lesquels c'est un groupe de rencontres dans l'esprit de Carl Roger. Et justement, chacun peut amener sa parole et aussi on travaille l'écoute. Qu'est-ce que ça fait d'écouter l'autre ? Et parfois quand il y a un jugement qui sort ou un conseil, ça fait quoi de recevoir un conseil ou un jugement ? Et pourquoi j'ai ce conseil et ce jugement ? On vient de travailler l'écoute active en tout cas, selon Carl Roger. Donc c'est une proposition.
- Speaker #1
Merci. Benoît ?
- Speaker #0
Oui, en fait, l'écoute, c'est aussi du temps et de l'espace, finalement. Il faut déjà peut-être prendre le temps de cet espace. Je pense que ça fait un peu l'écho à ce que dit Claire, peut-être avec d'autres mots, mais à partir du moment où il se passe quelque chose, si on n'a pas la disponibilité pour le faire, pour être, pour accueillir ce truc-là, à aucun moment on ne sera en mesure de répondre sereinement à la chose. C'est exact. sur une caricature, vous êtes en train de faire un truc, il y a quelqu'un qui vient vous perturber, si vous étiez dans votre truc, ça va vous être désagréable. Si on shift cette posture en disant, oh là, il se passe un truc. Comment je l'accueille ? Qu'est-ce que ça travaille chez moi ? Qu'est-ce que j'ai envie de renvoyer derrière ? Et dans quel but ? Pour moi, c'est déjà une posture d'écoute peut-être plus intéressante et plus constructive. Quel monde on veut, en fait.
- Speaker #1
C'est ça. Une présence. Être présent à ce qui est et ce qui arrive. Merci pour ce temps et nous allons continuer le cheminement de notre émission. Comment vous sentez-vous après 30 minutes d'émission ?
- Speaker #2
De plus en plus à l'aise.
- Speaker #1
Ok, Benoît ?
- Speaker #0
Ça va.
- Speaker #1
Super. Thomas m'a dit lors de la préparation de cette émission que je pouvais mettre des coups de pinceau un peu partout. Donc en voici un. C'est le temps de découvrir le questionnaire, les 400 coups du castor. Le principe est de répondre le plus rapidement possible à la question posée, de limiter un petit accès à son mental, mais ça vous connaissez, le mental qui est absolument magnifique. mais qui a parfois des côtés très chiants. Donc, on a deux fois cinq minutes, donc soit 300 secondes, et par conséquent, 30 secondes par question. Oui, il y a dix questions pour chacun et pas les mêmes, bien entendu. À l'issue de votre réponse rapide, je vous invite à creuser avec un petit pourquoi vous avez répondu à cette question, afin qu'on apprenne un petit peu plus sur vous. Alors, d'entre les chiffres de 1 à 4, vous choisissez quoi, Claire ?
- Speaker #2
Le 2.
- Speaker #1
Le 2. Et vous, Benoît ?
- Speaker #0
4.
- Speaker #1
C'est parfait. Alors, les questions sont à la première personne. Je vais les dire à la première personne, donc vous les intégrer à la première personne. Si j'étais un arbre ?
- Speaker #2
Un saule pleureur.
- Speaker #1
Et pourquoi ?
- Speaker #2
Et pourquoi ? Alors déjà, parce que c'est un arbre que je trouve particulièrement beau. Souvent ils sont au bord de l'eau, en plus ça amène plein de fraîcheur et je trouve qu'il faut un petit écrin de protection. Et là on va se mettre en dessous, il y a quelque chose d'un peu intimiste. Et voilà, comme s'il y avait un peu une cabane, une cabane dans laquelle le vent peut s'engouffrer, il y a quelque chose de très frais. Et peut-être cette météo actuelle me donne envie de fraîcheur.
- Speaker #1
Mon occupation préférée ?
- Speaker #2
Alors mon occupation préférée... Je crois que beaucoup de... j'allais dire la thérapie de manière générale, que ce soit dans les gens que j'accompagne, dans les lectures que je peux avoir et dans mon travail personnel. Et aussi quand j'essaye de me détendre avec des films ou des séries, je vois toujours le regard thérapeutique.
- Speaker #1
Très bien. Et vous savez pourquoi ?
- Speaker #2
Pourquoi ? Parce que c'est un sujet qui me passionne, bien sûr.
- Speaker #1
J'aime.
- Speaker #2
Wow ! Alors, j'ai pensé à quelqu'un, mais c'est un peu privé.
- Speaker #1
Il a un petit message quand même pour lui, alors.
- Speaker #2
J'aime. Alors, j'allais dire aussi, bon, je pense parce qu'il y a Benoît à côté de moi. Et donc, j'allais dire, j'aime le chocolat. Et c'est vrai aussi.
- Speaker #1
Mais le chocolat est thérapeutique.
- Speaker #2
Alors, le chocolat... Déjà, il contient du magnésium, effectivement, et aussi de la théobromine, qui est une hormone qu'on a naturellement dans le corps, qui est aussi consécrée pendant l'orgasme.
- Speaker #1
D'accord. Donc c'est pour ça qu'on aime le chocolat.
- Speaker #2
Le chocolat, la platte vertue.
- Speaker #1
Demain, trois petits points.
- Speaker #2
Demain, je viens à Let's Co-op, faire un atelier demain matin. Voilà, je vais commencer ma journée comme ça. Et puis demain après-midi... Je vais continuer. J'ai plein de choses à faire là. Je pense vraiment très factuel à mon agenda, parce que c'est ça qui est apparu. Et à la fois, demain, si je regarde un peu plus loin, je pense aussi à tous mes projets, mes ambitions.
- Speaker #1
Si j'étais peintre ?
- Speaker #2
Si j'étais peintre ? Alors là, ce qui me vient, c'est un dessin que j'ai pu faire quand j'écoutais une personne. Parce qu'en écoutant quelqu'un, je la sentais comme être en filigrane, un peu transparente. Et au fur et à mesure, j'ai vu comme si la personne prenait son propre pinceau pour dessiner ses propres contours, s'affirmer et puis petit à petit mettre ses propres couleurs. Voilà.
- Speaker #1
C'est beau. Qui suive ?
- Speaker #2
Qui suive ? Vaste question, combien d'heures devant toi ? Je crois que c'est 30 secondes, mince ! Qui suis-je ? Une personne en construction, en reconstruction. Je suis une personne qui, dans mon parcours, est percée de la survie. Et petit à petit, j'apprends et je vis dans la liberté. Voilà.
- Speaker #1
Merci. Ma fierté du moment ?
- Speaker #2
Ma fierté du moment ? Eh bien, hier, je suis allée chercher des flyers pour faire ma communication. Et c'est un gros défi personnel. Voilà.
- Speaker #1
Et pourquoi c'est un défi personnel d'aller chercher ma com ?
- Speaker #2
Alors, chercher ma com, pour moi, c'est très important. En fait, c'est un gros défi parce que la légitimité... C'est un gros travail sur ma légitimité à être. Et donc, être psychopraticienne, alors que dans mon enfance, c'était interdit d'aller aborder la psy. Et en plus, dans toute mon histoire, j'ai appris aussi sociétalement que ma place, c'était d'être discrète. C'est d'être aussi un peu cachée, de ne pas faire de bruit, de ne pas faire de vagues. Et surtout pas générer du changement. Donc en fait, faire ma com, c'est dire je suis là, j'existe. Vous ne m'avez pas écrasée, vous ne m'avez pas vaincue. Je suis forte, déterminée et je vais agir. Et j'agis déjà.
- Speaker #1
Si j'étais une page blanche ?
- Speaker #2
Si j'étais une page blanche ? C'est génial, une page blanche en fait. Alors, j'adore les pages blanches. Parce que c'est une espèce de liberté incroyable. que ce soit pour dessiner, poser des mots, pour partager un espace de jeu. Voilà, c'est plein de choses, la page blanche, c'est beau.
- Speaker #1
Et s'il était trop tard ?
- Speaker #2
Ah non, ce n'est pas possible. Ça, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Pourquoi il n'est jamais trop tard ?
- Speaker #2
Pourquoi il n'est jamais trop tard ? Parce que je crois profondément à tout ce qui est organismique, à tout ce qui est vivant. Et ça bouge tout le temps, de toute façon. Le mouvement est là.
- Speaker #1
Le plus beau compliment que j'ai reçu ?
- Speaker #2
Je t'aime telle que tu es.
- Speaker #1
Heureusement qu'on enregistre, c'est magnifique. Si je pouvais changer quelque chose dans ce monde ?
- Speaker #2
Changer quelque chose dans ce monde ? Je crois que j'oeuvre déjà à contribuer au changement. Déjà par moi-même, mon changement personnel. Et après, dans ceux que j'ai dans mes accompagnements aussi. C'est peut-être prétentieux de dire ça, je ne sais pas. Et à la fois, oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Non, il faut penser au petit coup libre qui fait sa part. Tout va bien. Merci Claire. Merci. À vous Benoît de vous prêter à ce questionnaire à la castor. Et si j'étais une graine, j'aimerais me planter.
- Speaker #0
Eh bien, oui. Parce que quand on se plante, on se cultive. J'aimerais me planter, mais pas forcément dans un potager, au gré des vents.
- Speaker #1
Et pourquoi au gré des vents ?
- Speaker #0
Parce que c'est comme ça que s'est répandu le vivant, une partie. Après, il y a eu les oiseaux avec leurs déchets. En tout cas, une graine, ça a toutes ses chances de germer au bon moment, au bon endroit, dans les bonnes conditions. Donc oui, au gré des vents.
- Speaker #1
Vous pouvez vous rêver graines.
- Speaker #0
On peut se rêver graines, il n'y a pas de problème.
- Speaker #1
C'est facile pour moi de...
- Speaker #0
De m'adapter, mais aussi de faire des jeux de mots. Ce qui est l'un dans l'autre.
- Speaker #1
Un jeu de mots, là ? Sur le vif ? C'est difficile.
- Speaker #0
Le vif, comme ça, ça demande de creuser le mental. Et le mental a des trous, comme le gruyère.
- Speaker #1
Voilà. Aujourd'hui, trois petits points.
- Speaker #0
Aujourd'hui n'est pas hier, aujourd'hui n'est pas demain. Donc faisons de nos rêves d'hier la réalité d'aujourd'hui, et donc les rêves d'aujourd'hui, les rêves de demain. Enfin la réalité de demain, pardon.
- Speaker #1
C'est quoi votre rêve aujourd'hui ?
- Speaker #0
De finir un chantier de caravane, mais aussi de passer du temps avec des chouettes gens. et que plus loin, plus loin, et que pas aujourd'hui, mais que les gens prennent conscience de l'urgence.
- Speaker #1
J'aime écouter.
- Speaker #0
J'aime écouter de la musique. Je suis vraiment, vraiment nul pour jouer d'un instrument. Je n'ai pas la différence entre deux notes. J'aime beaucoup écouter n'importe quelle musique. Par exemple, quand je vais travailler avec Intensité, j'écoute des chants Sioux. ou de la musique classique et quand j'ai besoin de me défouler je peux même écouter du black metal Bref, ça peut être très varié.
- Speaker #1
Et donc la question qui vient juste derrière, si j'étais un instrument de musique ? Ça ne s'invente pas.
- Speaker #0
Certainement pas un pipeau. Peut-être une guitare.
- Speaker #1
Et pourquoi une guitare ?
- Speaker #0
Parce que quand on gratte, ça fait du bruit. Et c'est important d'aller gratter certains trucs pour prendre du bruit que ça peut faire.
- Speaker #1
Comme couper les fils. Certains fils. S'il était trop tôt ?
- Speaker #0
Je me repoucherais. S'il était trop tôt, on remettrait dans le four pour que ça cuise un peu plus. S'il était trop tôt, ça veut dire qu'on a du temps. Et aujourd'hui, notamment pour les entrepreneurs, c'est aussi ce qui est très précieux.
- Speaker #1
Il était une fois.
- Speaker #0
Et pourquoi pas une deuxième d'ailleurs ? Peut-être une fois un petit garçon devenu grand, mais il pourrait être deux fois, trois fois, quatre fois, il y aurait plein d'autres histoires à raconter.
- Speaker #1
Un petit bout d'histoire alors ?
- Speaker #0
Non, il était une fois un castor alors. Non, ça pose la question des récits par contre. Il était une fois, et en fait si on se disait, tiens, ça aurait pu être autrement. Il n'y a pas besoin d'être. on peut faire plein d'éco-gestes, mais quand ça ne rentre pas dans un récit et une histoire sur du temps long, on n'arrive pas à voir le bout du fil, on n'arrive pas à voir le bout de l'histoire, donc ça ne donne pas sens. Et en l'occurrence, on peut créer des récits qui soient juste ou est désirable et surtout durable.
- Speaker #1
Aujourd'hui, je choisis de...
- Speaker #0
Oh là là, de manger moins de chocolat ! Pourquoi ? Parce qu'on a toujours l'impression d'en manger trop. Non, il faudrait que je choisisse d'aller courir, surtout.
- Speaker #1
Je suis pour.
- Speaker #0
Ouais, souvent, je suis pour. Alors que je suis contre, sauf des choses qui m'agacent. Mais je préfère être pour. Et puis, par contre, après, on s'organise pour que ça se réalise. Mais je suis aussi contre plein de choses et je me suis nourri dans le militantisme. Par contre, quand on est contre, on ne peut pas oublier d'être pour autre chose. C'est là où on crée des alternatives et on crée des chiffres et des étincelles.
- Speaker #1
Si j'étais une planète ?
- Speaker #0
Mercure, juste pour la blague.
- Speaker #1
Si j'étais un être de la nature, je serais ?
- Speaker #0
C'est très compliqué, parce que le vivant est systémique. Et quand on est un élément de la nature, en fait, on est juste un parmi d'autres. Puisqu'une cellule, c'est un être de la nature qui n'est juste qu'une chose en soi. Qu'est-ce qu'on pourrait être un élément de la nature ? Peut-être une bactérie. Je ne sais jamais où elles sont, mais pourquoi elles sont partout ?
- Speaker #1
Parfait. Merci Benoît.
- Speaker #0
Au plaisir.
- Speaker #1
Nous arrivons au terme de notre émission. Un mot de clôture, Claire, Benoît, par rapport à l'étincelle, par rapport à ce qu'on a dit, par rapport à votre passion commune, par rapport à tout ce qu'on a pu dérouler pendant cette émission.
- Speaker #0
Allez, peut-être qu'il faut que je commence cette fois-ci.
- Speaker #1
Allez, Benoît.
- Speaker #0
Eh bien, n'oublions pas de réfléchir, dans le sens où, si on va trop vite et qu'on... Peut-être que l'exercice est intéressant, de répondre toujours très vite à des questions, mais je pense qu'il est aussi important de prendre le temps de réfléchir, parce que nos actes sont, si on le veuille ou non, politiques, et que ces politiques peuvent servir à certains, ou à certains mondes, et qu'aujourd'hui, quand on commence à se poser des questions, et à réfléchir, et prendre du recul, et partager cette prise de recul, peut-être qu'on ne serait peut-être pas là aujourd'hui. J'invite les gens à prendre du recul, puisque pour en revenir à l'entrepreneuriat, on a parfois beaucoup de mal à faire. Ou alors on se retrouve tout seul pour le faire. Et donc prenons le temps.
- Speaker #1
Est-ce que ça pourrait être un message in the bottle à laisser à nos auditorices ?
- Speaker #0
Yes, why not ?
- Speaker #1
Claire ?
- Speaker #2
Oui, tu as parlé de politique. Et ça m'a fait revenir, en fait, je suis formée à une approche entre ces personnes. Roger a écrit un livre qui s'appelle « La dimension politique de la personne » . Et je crois que cette étincelle, c'est une étincelle, en tout cas moi je l'entends, de changement, d'une envie de changement, de quelque chose en tout cas de nouveau qui peut émerger, et peut-être effectivement être à l'écoute de ce qui peut émerger en soi, et de pouvoir choisir, de pouvoir en faire une action politique en étant pleinement soi, justement.
- Speaker #1
Et ça serait quoi le message in the bottle ?
- Speaker #2
Peut-être avoir une oreille à l'écoute de ce qui se passe à l'intérieur et de cette petite étincelle qui a peut-être déjà été vivante en maternelle ou à d'autres moments où tu vois toutes les étincelles et puis dire mais oui, qu'est-ce qui me fait vibrer et qui a du sens et comment je peux oeuvrer ?
- Speaker #1
Donc réfléchir avec discernement et écouter. son intérieur, pour pouvoir ouvrir à l'extérieur, ça serait ça ?
- Speaker #0
Tout en écoutant l'extérieur. Force vient aussi de l'extérieur.
- Speaker #1
Bien sûr. Merci. Merci Claire et Benoît. Merci pour vos messages in the bottle, votre authenticité, la transparence de votre expression et votre engagement aussi à l'un et à l'autre, aussi fort. Où peut-on vous rencontrer ? ou entrer en contact avec vous ? Claire, comment fait-on pour entrer en contact avec vous ?
- Speaker #2
J'ai encore à travailler sur ma visibilité. Mais en tout cas, on me retrouve sur Internet en tapant mon nom, Claire Belot, et sur psychologue.net. Et là, on peut avoir une petite description pour pouvoir accompagner. J'accompagne donc des individus. mais aussi des groupes, des groupes de paroles et des groupes à thème sur les violences sexuelles.
- Speaker #0
Et Benoît ? Mon site internet s'appelle très très très très basiquement Solutions Transition Écologique 72. Là, vous pouvez retrouver plus ou moins ce que je fais, mais si vous êtes aussi sur LinkedIn, à l'occasion Benoît Blancheneau, ou encore à l'attribut... 10 jours de doctorat, oui, parce que parfois j'y passe un peu de temps avec ma coopérative Let's Go Up.
- Speaker #1
Absolument. Merci, à très bientôt donc dans vos différents univers. Cette émission a été merveilleusement préparée à la tribu Coworking au Mans, avec les équipes de Let's Go Up, dont Thomas Girard et moi-même. Un mot Thomas ?
- Speaker #0
C'était super !
- Speaker #1
Merci Thomas. Thomas et moi-même... Nous souhaitons remercier sincèrement Arnaud Grudé, le compositeur de notre magnifique jingle. Il est classe, délicat et il va merveilleusement bien avec notre émission. A très bientôt Arnaud pour que je puisse te remercier de vive voix. Alors le thème de la prochaine émission, c'est les écueils dans l'entrepreneuriat. Donc si vous ressentez l'envie, le besoin de participer à la prochaine, en tant que freelance, entrepreneur, artiste, commerçant, porteur de projet, Chef d'entreprise, envoyez un mail avec vos coordonnées et l'objet. Les 400 coups du Castor à l'attribut cw.gmail.com. Je répète, à l'attribut cw.gmail.com. C'est beaucoup plus simple afin que nous puissions vous rappeler. On peut retrouver l'émission sur une radio notoire, dont je vous tairai le nom pour l'instant parce qu'elle n'existe pas encore, et en podcast sur Spotify ou la plateforme Ausha. A très bientôt et à très vite pour une nouvelle émission. Au revoir. Sous-tit