- Ambroise
Bienvenue dans le podcast des audacieux normands par la Caisse d'Epargne Normandie. Notre objectif est simple, vous inspirer, vous donner envie d'entreprendre, bref d'être audacieux. Nous partons à la rencontre des normandes et normands au parcours incroyable pour faire découvrir leur passion. Aujourd'hui, je reçois Rosa Lopez, créatrice en maroquinerie. Bonjour Rosa.
- Rosa Lopez
Bonjour Ambroise.
- Ambroise
Pourquoi cette attirance pour un métier artisanal ?
- Rosa Lopez
Eh bien, écoute, c'est une attirance que j'ai depuis toute petite. Je suis passionnée du cuir, passionnée d'équitation. J'ai toujours beaucoup entretenu mes cuirs, mes selles, mes filets, etc. Et donc voilà, j'avais déjà une appétence vraiment particulière pour la matière. Et petit à petit, le développement et on va dire les événements de la vie ont fait que j'ai commencé à créer des sacs à main et à me lancer dans la folle aventure de l'entrepreneuriat.
- Ambroise
Tu as toujours été soutenue, je suppose, parce que c'est une voie qui n'est pas facile, on va dire. Ce sont des métiers pour lesquels les débouchés sont peut-être plus difficiles que des métiers plus convenus dans notre société, dans notre économie. Ça s'est passé comment quand tu as décidé d'aller plus loin dans cette passion du cuir ?
- Rosa Lopez
Écoute, moi, j'ai un parcours quand même assez, on va dire, classique. J'étais en école, j'ai étudié la communication, le marketing. Et en fait, tout s'est fait de manière autodidacte, en parallèle de mon école. Donc, j'ai beaucoup appris toute seule, beaucoup appris à travers des vidéos, des films, des documentaires. Et après mes études, j'ai voulu justement perfectionner l'aspect technique du cuir, parce que c'est quand même un métier à part entière. Et là, je me suis entreprise dans une formation de maroquinerie du luxe à Paris, aux ateliers Grégoire. C'est une formation qui est dispensée notamment par la maison Hermès. En fait, il n'y a vraiment que cette école-là et les compagnons du devoir pour pouvoir se former au métier de maroquinier. Sinon, c'est beaucoup d'apprentissage sur le tas, comme on dit, de stages, de découvertes, mais surtout de curiosités personnelles.
- Ambroise
Alors, soyons curieux, quelle est la difficulté de travailler un cuir ? On imagine très facilement le fait de le découper, le fait de le coudre. Je suppose qu'il y a aussi le sens du toucher, de la matière. Qu'est-ce que tu as appris lors de cette formation, par exemple ?
- Rosa Lopez
Oh là là, mais j'ai appris tellement de choses. Ce serait compliqué de parler de tout. Mais en fait, le cuir, tu as vraiment tellement de sortes de cuir, tellement de sortes d'épaisseur, de façon de travailler, différentes finitions. Donc, j'ai appris énormément de choses, que ce soit de la découpe, de l'entretien du cuir, de la couture, de la tension du fil, comment désépaissir un cuir, comment on le travaille à la main. J'ai appris aussi la couture dite cellier. et du coup... couture ancestrale qu'utilisent encore les grandes maisons de maroquinerie. Donc pas du tout de machine à coudre, on fait tout avec nos dix doigts. C'est très physique, c'est vraiment un métier passionnant et très technique à la fois.
- Ambroise
Alors tu l'as dit, tu as suivi des études au départ qui ne te destinaient pas forcément à ce métier, mais tu as su laisser la porte ouverte. Comment te vient l'envie de prendre cela comme une activité principale ? pales, ce travail du cuir. Pourquoi ne pas l'avoir gardé comme un à-côté, un hobby, un passe-temps ?
- Rosa Lopez
Eh bien, en fait, si tu veux, au début de mes études, j'ai lancé une petite entreprise de fabrication de pochettes. Alors, ce n'était pas forcément du cuir. Il y avait un petit peu de simili-cuir, du tissu, du lin, du coton. Enfin, voilà, il y avait un petit peu de tout. Et j'ai développé ça pendant 3-4 ans en parallèle de mes études. Et ça se développait vraiment bien. J'avais pas mal de clients, les ventes étaient régulières. J'avais des événements, j'étais invitée sur Caen, sur Paris, à Rouen, et je ne pouvais pas du tout allier les deux. Donc, c'est à la fin de mes études où je me suis demandé, j'ai un peu fait l'état des lieux, est-ce que j'ai vraiment envie d'avoir un cursus plutôt classique et de rentrer en entreprise, en CDI, et avoir une sécurité financière, ou est-ce que j'avais vraiment envie de me lancer dans l'entrepreneuriat, de me lancer complètement dans mon entreprise et de pouvoir vivre d'une passion. Donc, j'ai tenté, je me suis challengée. Et après un an de formation à Paris, en janvier 2018, je me suis lancée pleinement dans l'aventure de l'entrepreneuriat à mon compte. Avec ces rêves et ces envies plein la tête, je me suis lancée.
- Ambroise
Est-ce que vendre sur Internet a été une évidence pour toi quand tu t'es lancée ?
- Rosa Lopez
Oui, parce que j'ai toujours fait ça depuis le début de l'activité des pochettes en 2014. J'ai toujours vendu via les réseaux sociaux, avec une petite boutique en ligne. Et franchement, encore aujourd'hui, je fais 80% de mes ventes via Internet. Aujourd'hui, avoir une boutique physique, avoir des clientes qui viennent tout le temps en boutique, c'est compliqué quand on est une créatrice. Je ne fais pas du tout d'achat-revente, je crée tout de A à Z. Je vais voir mes fournisseurs, je vais voir mes ateliers. Donc, ça me prend aussi beaucoup de temps. Donc, si je n'ai pas ce palier, en fait, via Internet... Je ne pourrais pas tenir une boutique de 10h à 19h du mardi au samedi. Ce serait vraiment très compliqué pour moi. Donc, c'est une passerelle qui est facile, ludique. est très en vogue aujourd'hui.
- Ambroise
Comment réussis-tu à avoir toutes les compétences ? Là, tu viens juste de nous dire qu'il fallait que tu gères un e-commerce, qu'il faut que tu dessines, que tu travailles le cuir, ça doit être très chronophage aussi d'ailleurs. Il faut continuer à se former, à découvrir, à être curieuse. Comment tout faire en même temps ?
- Rosa Lopez
Alors ça, c'est une question que je me pose encore aujourd'hui. En vrai, c'est vraiment très compliqué. Il faut avoir une multi-casquette, il faut être un peu bon partout. mais pas excellent dans chaque domaine, sinon on n'a pas le temps de tout faire. Il faut vraiment prendre le temps de pouvoir se former sur chaque étape, on va dire, et chaque domaine de l'entrepreneuriat. Il faut être curieux, il faut être tenace, je dirais courageux aussi, parce que ce n'est pas facile tous les jours, mais être très autodidacte. Il faut pouvoir manier Internet, manier les réseaux sociaux, le SAV, les mails, les relations avec les fournisseurs. pouvoir créer, pouvoir acheter la matière première, être un peu négociatrice, être aussi commerciale, artistique, créateur. Donc, c'est un métier aux multiples facettes. J'en apprends encore aussi tous les jours. Je ne suis jamais bonne à 100% dans chacun des domaines, on va dire. Donc, c'est des exercices à faire tous les jours et des challenges au fur et à mesure du temps.
- Ambroise
Quels ont été tes leviers pour te faire connaître ? C'est souvent le souci quand on se lance. On sait qu'on dispose des compétences métiers, les compétences premières pour faire son produit, mettre en œuvre son service. Mais la commercialisation, la communication, rentrer en contact avec ses futurs clients, c'est toute autre chose. Comment tu as fait, toi ?
- Rosa Lopez
Alors, il y a plusieurs leviers. D'abord, je dirais que c'est Instagram. C'est le réseau social qui m'a fait vraiment connaître par rapport à mon travail. Donc, j'ai eu plusieurs partenariats avec des jeunes femmes qu'on dit aujourd'hui influenceuses ou blogueuses, qui, grâce à des cadeaux et une rémunération, parlent de notre travail. Donc, je dirais que c'est le premier levier. Et le second levier, c'est vraiment le bouche à oreille, la réputation et les retours clients. En général, une bonne cliente qui est satisfaite et qui est heureuse de son achat en parle, on dit souvent, à dix autres femmes derrière, qui ensuite vont venir chez moi. pouvoir avoir l'expérience client derrière. Donc, je dirais que c'est les deux leviers principaux. C'est vraiment les réseaux sociaux et le bouche à oreille et la notoriété via mes clients.
- Ambroise
Quels objectifs tu te fixes pour avoir un sentiment de réussite sur cette activité ?
- Rosa Lopez
Je dirais que l'objectif principal, et c'est ce que j'essaye de poursuivre depuis le début, c'est la satisfaction client. Bon, tu vois, en tant qu'entrepreneur, on veut évidemment avoir un chiffre d'affaires qui roule, pouvoir se verser éventuellement un salaire. correcte tous les mois. Quand on débute, c'est pas facile. Mais je dirais que vraiment, ma principale priorité, c'est d'avoir des clientes qui sont satisfaites d'un point de vue, tu vois, technique, que les sacs correspondent vraiment à leurs besoins, à leur utilité au quotidien, mais aussi d'un point de vue relationnel avec moi. J'ai envie qu'elles achètent non seulement un sac, mais une histoire, un bout de mon histoire, un bout de l'histoire de la marque. Et c'est ce qu'elles font et c'est vraiment ma plus grande réussite et c'est mes objectifs. Mon objectif, on va dire, de tous les jours, c'est que mes clientes partent satisfaites, contentes et qu'elles reviennent chez moi parce que le produit et l'histoire et la relation avec moi leur appellent.
- Ambroise
Quel conseil tu donnerais à ceux qui écoutent et qui hésitent à se lancer pour faire de leur passion leur activité principale, comme toi, comme ce que tu viens juste de nous décrire ?
- Rosa Lopez
Je dirais au niveau des conseils, d'être courageux. C'est vraiment le premier conseil que je donnerais. d'être courageux, de ne pas être susceptible, de toujours se remettre en question, d'être tenace, mais de le faire avec passion, d'essayer d'aller toujours de l'avant, de ne pas se mettre des objectifs trop gros, d'y aller petit à petit, de ne pas essayer de ressembler aux autres et de fonctionner avec sa propre personnalité, d'essayer d'être soi-même, de ne pas essayer de jouer un rôle ou une personnalité, d'être authentique et d'avoir des qualités humaines dans son entreprise. C'est ce qui fait qu'on est différent. qu'on se démarque des autres.
- Ambroise
Tu es une audacieuse normande, cette marque de la Caisse d'Epargne Normandie. D'ailleurs, on est très heureux que tu fasses partie de cette communauté. Quels sont tes liens avec la Caisse d'Epargne, d'ailleurs, Normandie ?
- Rosa Lopez
Écoute, c'est déjà ma banque depuis toujours. Mon mari a travaillé également dans la banque, dans la Caisse d'Epargne. Donc, on va dire que c'est un peu la banque qui me suit depuis toutes ces années, ces dernières années. Donc, voilà, c'est ma banque principale.
- Ambroise
Comment on fait pour te retrouver, Rosa, et découvrir tes créations ?
- Rosa Lopez
Tu peux me retrouver via Instagram,
- Ambroise
ça s'appelle rosalopez-maroquinerie et aussi via mon site internet rosalopezmaroquinerie.com Je suis sûr qu'il y aura plein de curieux pour découvrir tes créations et qui sait en faire l'acquisition. Merci d'avoir passé ce moment avec nous pour les audacieux normands et puis on va continuer à suivre ton parcours. D'ici là, pour vous les auditeurs, vous pouvez découvrir nos autres épisodes sur ce podcast et découvrir le site des audacieux normands. On se dit à très vite !
- Rosa Lopez
Merci à vous.