- Speaker #0
Salut tout le monde et bienvenue dans la troisième partie de cet épisode consacré à nos deux aventuriers autostoppeurs en Amérique. Anaïs était précédemment au Canada où elle a vécu une aventure de mûcheuse et désormais, elle se trouve à Seattle qu'elle va quitter pour rejoindre la Californie.
- Speaker #1
Toujours en stop, c'était vraiment l'objectif de ce voyage pour moi, c'était de faire absolument que du stop. D'abord c'était pour mon empreinte carbone. Je trouvais ça très intéressant de voyager lentement et ensuite c'était principalement pour rencontrer des gens et rencontrer les locaux. Je pense qu'en stop on ne peut pas rencontrer plus de locaux qu'en stop, ils m'ont tellement aidée. Et donc du coup de Seattle à San Francisco là on s'est rejoint, moi j'ai continué de voyager tranquillement. j'ai été dans des parcs nationaux principalement, vu que c'était mon objectif aux Etats-Unis, c'était de rencontrer un peu les parcs nationaux.
- Speaker #0
Est-ce que c'est dur de faire de l'autostop aux Etats-Unis ? Parce que c'est vrai qu'il y a eu tellement de films en lien avec les Etats-Unis, avec le monde de l'autostop, que peut-être qu'il y a quelque réticence ?
- Speaker #1
Non, honnêtement, c'est une question qui revient beaucoup. Principalement, mes proches étaient inquiets pour les Etats-Unis. Mais pas du tout, c'était exceptionnel. Alors principalement, j'étais sur la côte ouest, donc je pense que ça a un impact. Mais non, j'ai été tout le temps, tout le temps, beaucoup, beaucoup aidée par les Américains.
- Speaker #0
Tu te souviens de moments où tu as eu besoin d'aide et quelqu'un t'a tendu la main ?
- Speaker #1
Oui, il faut savoir que Washington State, c'est un état où il pleut beaucoup. j'ai décidé d'aller visiter olympique national park et j'avais rencontré un couple de personnes d'une 60 ans à la retraite qui se promenait tranquillement et ils ont pris un stop ils m'ont amené dans le parc et après on s'est dit au revoir sauf qu'il s'est mis à pleuvoir j'étais trempé jusqu'aux os plus rien ne sécher mes affaires sécher plus j'ai dormi dans ma tente avec tout était mouillée tout honnêtement et Et je leur ai demandé « Est-ce que vous pouvez m'héberger ? » C'est même eux qui m'ont proposé honnêtement. Ils m'ont dit « Mais tu ne veux pas dormir à la maison ? Viens dormir à la maison. » Oui, j'y vais. Et ils ont fait sécher toutes mes affaires au sèche-linge. C'était exceptionnel.
- Speaker #0
Arrivé là-bas en Californie, vous vous rejoignez à San Francisco, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça, exactement.
- Speaker #0
Et il se passe quoi ensuite pour vous tous les deux, Matej et Anaïs ?
- Speaker #2
Eh bien, Anaïs avait prévu un trajet à faire pour nous en stop qui passait par plusieurs parcs nationaux. On commençait sur Big Sur, on se dirige ensuite vers Sequoia et ensuite on finit sur Yosemite et ça nous fait une boucle en fait pour revenir sur San Francisco où moi, encore une fois, de nouveau, je repars en avion parce qu'à ce moment-là, je ne fais pas techniquement... partie du voyage, je suis une étape disons mais c'est un parcours magnifique on traverse des distances assez impressionnantes pour moi, il faut savoir que moi j'avais jamais fait de stop à ce moment là donc on est à San Francisco on prend 3 bus, 1h30 de bus, on arrive sur une entrée d'autoroute, on lève le pouce et moi j'y crois à moitié je me dis bon euh Anaïs est venu jusqu'ici en stop, donc forcément ça fonctionne. Mais je n'ai pas encore dépassé cette incrédulité, si on peut dire ça comme ça. Bien sûr que quelqu'un s'est arrêté, nous a pris en stop et à partir de là ça a démarré. Pour moi c'était vraiment briser la glace à ce moment-là.
- Speaker #0
Comment on organise le fait de lever le pouce ? Est-ce qu'on a une pancarte sur laquelle on nomme l'endroit vers lequel on souhaite aller ? Ou est-ce qu'on lève juste le pouce et puis après on s'explique avec la personne qui éventuellement s'arrête ?
- Speaker #2
C'est plutôt ça, c'est plutôt la deuxième des variantes que nous on a faites, mais ça dépend un peu des endroits. Ça dépend à quoi ressemble la route, honnêtement, parce que des fois la route est très très droite. Et du coup, dans ces moments-là, c'est plus un point cardinal qu'on suit qu'une destination en particulier. mais... S'il y a des moments où on a fait des pancartes, ou les moments où ça avait plus de sens de faire des pancartes, disons on voulait atteindre un objectif en particulier, et il y a des moments où on avait un objectif qui était beaucoup plus lointain, et on avait juste besoin d'avancer, avancer, avancer, et du coup à ce moment-là on choisit un endroit. qui est plutôt adéquat, une entrée d'autoroute, un bord de route où il y a beaucoup de place pour s'arrêter. On se plante et on lève le pouce et voilà.
- Speaker #0
Il y a des techniques pour faire de l'autostop ?
- Speaker #1
Non, je ne pense pas qu'il y ait de technique, mais il y a quelques petits tips quand même. Il faut très bien se placer, que les gens puissent nous voir de loin et de la place pour s'arrêter. Parce que même si les personnes roulent à 50 km heure par exemple, Ils ont besoin d'un temps de réflexion, d'analyse. Et donc, il leur faut quand même de la place pour pouvoir s'arrêter derrière. Moi, ça m'est déjà arrivé de marcher un petit bout avant de récupérer la voiture qui s'était arrêtée. Il y a des gens qui ont déjà fait demi-tour aussi pour venir me chercher parce qu'ils ont mis du temps à se dire « Ah, quand même, on va la prendre, on ne va pas la laisser là » . Et donc, c'est vraiment l'emplacement qui est très important. Et il faut toujours avoir de l'eau. Il faut rester hydraté.
- Speaker #0
Il y a eu quand même des rencontres un peu bizarres ?
- Speaker #1
Moi j'en ai eu une où je me suis un petit peu inquiété au nord des États-Unis. Un monsieur qui était, je pense, en fait, maintenant que j'y repense, en situation de handicap. Mais sur le moment, il m'a quand même pris un stop et je ne savais pas trop. Il était un petit peu lourd et puis il avait quand même une croix gammée sur le bras. Et donc ça, c'est quelque chose qui m'a un petit peu inquiété. Mais finalement, ça a été. Et puis une autre fois au Mexique, là on a quand même eu vachement peur, mais on était dans un pick-up, à l'arrière d'un pick-up, et on suivait souvent la route sur nos téléphones pour voir un peu où on va. Et là, le pick-up a décidé de prendre une autre direction, et on s'est un peu inquiétés. Et puis il s'est arrêté sur une route, c'était un chemin, il s'est arrêté. Pendant quelques minutes, à ce moment-là, on a un peu transpiré. Nous, on était à l'arrière, donc on n'avait pas de... On ne se rendait pas compte de ce qui se passait dans la cabine à l'avant. Et en fait, ils sont repartis. Je pense qu'ils évitaient un point de contrôle policier.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais à ce moment-là, on a eu peur quand même.
- Speaker #0
Il y a eu une rencontre, une belle rencontre à un moment donné pour toi, Anaïs. Je crois que tu as fait la rencontre de Judy. C'est qui, Judy ? Et à quel moment tu l'as rencontrée ?
- Speaker #1
Jolie, je l'ai rencontrée dans un parc national dans l'Utah. C'est une dame, en fait, j'étais dans un petit camping. Ce n'est pas des campings, c'est plutôt vraiment des zones où on a le droit de camper. Et donc, j'étais en train de mettre ma tante et puis elle vient me voir et elle me dit « Mais, oh là là, tu vas avoir froid cette nuit, comment tu fais pour dormir là-dedans ? » Et puis « Elle est où ta voiture ? » Je dis « Non, mais je voyage en stop et... » Et c'est là où tout a commencé en fait, le lendemain matin elle m'a dit « Mais viens, moi je vais au parc national d'après, on y va ensemble. » Et finalement on a commencé à voyager toutes les deux pendant une dizaine de bonnes dizaines de jours. Et elle avait un petit chien trop mignon. Et puis voilà, c'était vraiment une très très belle rencontre. C'est une personne qui avait 60 ans et qui voyageait en van. Donc elle sortait vraiment de sa zone de confort. pour découvrir les États-Unis et pour vivre en fait.
- Speaker #0
Tu n'as pas eu peur à un moment donné que finalement ça te fasse sortir de ton aventure à toi ? Le fait que d'un coup, quelqu'un te propose de t'emmener dans un endroit et de faire le voyage avec toi, ça peut finalement venir casser ce voyage-là en autostop. Là, on rentre dans peut-être un autre style d'aventure.
- Speaker #1
Alors oui et non parce qu'en fait on a voyagé que dix jours ensemble, sur deux ans c'est finalement pas grand chose. Et je savais très bien que c'était temporaire, je savais très bien que de toute façon moi c'est le stop qui m'appelait et qu'on n'avait pas du tout les mêmes objectifs de trajectoire. Donc je profite du moment présent. À ce moment-là, je... Je profite de la rencontre.
- Speaker #0
Des rencontres, il y en a eu d'autres également. Je pense à cette rencontre au Nouveau-Mexique avec Tobias. Qui est Tobias ?
- Speaker #2
Alors, oui, Tobias, c'est une connaissance qu'on a eue d'une manière un peu improbable. Anaïs est prise en stop dans Washington State, c'est ça ? Par Joël. Joël qui a une ex-femme avec qui il est toujours en très bon terme. qui elle, à son tour, habite au Nouveau-Mexique et on nous donne le conseil de, si jamais on se retrouve au Nouveau-Mexique, de la contacter. Ça arrive souvent qu'on nous dise « Ah, si vous arrivez par là, contactez un tel ou une telle. » Et on arrive effectivement au Nouveau-Mexique, on campe quelque part dans un endroit où il fait très froid et on se dit bon on a besoin d'être hébergé quelque part. Alors on contacte cette dame qui est au Nouveau-Mexique, qui elle contacte son ami qui a un frère et ce frère c'est Tobias. Et Tobias nous appelle le lendemain et nous dit bon vous cherchez de l'hébergement, pour deux semaines pour moi ça le fait. J'ai un petit peu de travail à vous faire faire en échange de l'hébergement, mais rien de trop compliqué. Venez si vous voulez, je vous attends. Et donc on fait du stop pour arriver vers Taos, où il nous récupère. Et il nous amène dans son petit village, c'est un tout petit village de 150 habitants en Nouveau-Mexique, dans la montagne, dans une vallée. Et il faut savoir que cette zone a été très désertifiée à cause de plusieurs décennies d'agriculture intensive. et en utilisant où on utilisait des produits chimiques et tout ça. Ça a fini par désertifier la région. Et lui, son objectif à lui, c'était de reverdir cette vallée. Il arrivait à débloquer des fonds du gouvernement pour faire ça. Et il s'en occupait seul, je pense, de ce que j'ai pu comprendre. C'était sa mission à lui qui s'était donnée.
- Speaker #0
Cette vallée, elle s'appelle la vallée de San Cristobal. Vous allez découvrir, comme tu le disais, la vie de ce village. et Il y a une ambiance quand même qui est forte dans ce village et qui va un peu vous séduire, cette ambiance. Elle ressemble à quoi l'ambiance là-bas dans ce village ?
- Speaker #2
Alors, c'est très, très convivial, je dirais. Le jour où on arrive ou bien le lendemain matin, on prend part à une assemblée des gens du village dans le bureau de poste. C'est une assemblée qui tienne régulièrement pour voter sur les prochaines décisions qui sont prises pour la vie de village. En arrivant là-bas, déjà on est tout de suite baigné un peu dans la communauté de ce village. Il y a une presse pour faire du jus de pommes qui est amenée. Tout de suite après la réunion, on sort dehors et pendant 2 à 3 heures, on coupe des pommes, on les presse, on fait du jus. tous les gens du village viennent à notre rencontre et on discute et on les découvre un par un et c'est vraiment super. C'est une ambiance où tout le monde est souriant, il fait soleil, mais il fait frais, tout le monde a la bonne humeur et tout le monde s'entraide et il y a une communauté très très forte et ça nous séduit vraiment.
- Speaker #0
Alors, vous quittez à un moment donné cet endroit, là on est quand même dans une partie des Etats-Unis qui me semble-t-il est assez désertique. Vous allez... être amené à camper plusieurs fois, pas mal de fois d'ailleurs, un petit peu au milieu de nulle part finalement dans ce désert. Comment est-ce qu'on plante une tente dans un désert ? À quel endroit on se positionne pour dormir ?
- Speaker #1
Honnêtement, c'est un peu sur le bord de la route. Les déserts sont immenses, donc on nous dépose à un endroit qui est souvent sur le bord d'une route. Et on s'éloigne un petit peu, on fait quelques mètres. Des fois, il y a un petit buisson ou quelque chose. Et puis, on plante la tente et on regarde les étoiles. Et on attend le lendemain matin pour repartir en stop.
- Speaker #0
Ce sont des déserts où parfois, il fait très, très chaud en pleine journée. Mais en pleine nuit, c'est tout autre chose. Il y a une amplitude thermique qui est énorme. Vous, vous avez eu des moments où vous avez eu froid, par exemple, dans le désert la nuit ?
- Speaker #1
Oui. Oui, il y a des moments où on a eu froid. Je me rappelle d'un moment, on était vers le Grand Canyon. Ma mère nous avait rejoints à ce moment-là. Il faut savoir que ma maman n'a pas voyagé beaucoup. Encore moins, là, elle avait loin un van aménagé. C'était la première fois de sa vie. Le premier parc qu'on fait, c'est le Grand Canyon. On dort. Là, il fait moins de la nuit. On n'avait pas du tout prévu ça. Et on a eu très très froid. Et donc on a changé notre itinéraire. On a été vers la Californie où il faisait bien meilleur les nuits. Mais les amplitudes sont traîtres, en fait, parce qu'on ne se rend pas compte. On a tellement chaud la journée que le soir, on se dit ça ira, ça va juste se rafraîchir. Mais en fait, il peut geler.
- Speaker #0
C'était la troisième partie de cet épisode des aventuriers en autostop avec Anaïs et Matej. Allez dans un instant direction la frontière entre États-Unis et Mexique. À ce moment-là du voyage, je peux vous dire qu'Anaïs et Matej sont sur le point de découvrir un nouveau monde. Et avec eux, on ira dans une auberge pour migrants. Et puis, on ira aussi... faire une belle rencontre au Mexique, rencontre avec un pêcheur dans l'état de Sonora. A tout de suite.