- Speaker #0
Dans ma famille, je pense qu'il y avait ce côté très... L'art c'est bien, mais pas pour en faire son métier, tu vois. Donc pourtant, il y avait des hommes et des femmes de l'être, mais j'avais l'impression qu'on m'envoyait vraiment le côté, ben, t'as des bonnes notes, donc vaut mieux partir dans quelque chose de plus classique. Moi, je crois que j'ai toujours eu une petite voix intérieure qui me parlait et qui me disait de vivre la vie et qu'elle allait passer et qu'il fallait faire des choses, tu vois. c'est comme si j'avais... C'est marrant, elle me fait un peu la fille perchée, mais j'ai toujours eu des petites voix intérieures qui me disaient « Fais, parce qu'il faut faire ! »
- Speaker #1
Pour faire, Morgane, elle fait. Tout à la fois, tout en frôlant la perfection. Elle est onologue, elle a son domaine viticole, un bar à vin, c'est pas suffisant. Elle a monté son école de danse, elle a écrit un livre, mais ça ne s'arrête même pas là. Bienvenue dans les bascules, je suis Guillaume Chamaillard. Dans ce podcast, on va chercher les moments qui font la différence et s'inspirer de ces gens qui ont osé basculer. Très bonne écoute. N'hésitez pas à partager l'épisode et surtout à vous abonner pour nous aider à recevoir toujours plus d'invités incroyables. Merci de me recevoir.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Merci de me recevoir parce que c'est vrai que je t'ai contacté par LinkedIn parce que je suis tombé un matin, je me souviens c'est assez tôt d'ailleurs, sur un poste où tu racontais une histoire dingue en mode j'ai écrit un livre. Je viens d'être contacté, ça va devenir un film, et puis je regarde et je vois que t'es unologue, que t'as une propriété avec ton compagnon, que t'as un bar à vin, et je me dis mais waouh, waouh, vraiment, sincèrement,
- Speaker #0
ça paraît fou.
- Speaker #1
Et du coup je te contacte, et depuis du coup 2, 3, 4 mois on se contacte pour dire ah oui, parce que c'est vrai que tout de suite il faut que je le dise, tout de suite tu m'as répondu feu, ouais. quand je t'ai dit que ça t'intéresse de partager ton histoire. Donc merci, merci de m'inviter. Donc là, je viens à Montauban. Je ne sais pas si vous voyez derrière Morgane, derrière moi, on est dans son bar à vin, restaurant à Montauban. Morgane, pardon, ce tunnel. Qu'est-ce que c'est long comme présentation. S'il te plaît, présente-toi.
- Speaker #0
Du coup, je m'appelle Morgane. J'ai 32 ans. Je suis originaire de La Rochelle, de base. J'ai vécu toute mon enfance jusqu'à mes 18 ans. Et après, je suis partie étudier à Bordeaux. Au départ, je voulais être médecin. Enfin, je pensais que je voulais être médecin.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Parce que mon papa est médecin et c'était quelqu'un qui m'inspirait beaucoup. Du coup, je pense que je me suis dit, bon allez, je vais être comme mon papa. Et après, j'étais quelqu'un de très artistique déjà, je pense. Je faisais beaucoup de danse, j'ai fait beaucoup de concours de danse, j'ai été pas mal primée. J'écrivais pas mal aussi, j'avais du talent pour ça je pense, au lycée et au collège. J'ai pas mal de profs qui me poussaient là-dedans et le seul obstacle c'était moi-même.
- Speaker #1
Tu ne pensais pas d'aller plus loin ?
- Speaker #0
Oui et aussi je pense que je me définissais trop comme quelqu'un de scientifique parce que j'avais des bonnes notes à l'école. Et je venais d'un milieu assez carré et je voulais renvoyer cette image assez... Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #1
Je vois surtout que tu commences l'entretien en mode, j'étais forte en danse, j'étais forte en écriture. Je blague, mais je vois ce que tu veux dire. Et j'avais juste une question que j'ai zappée, parce que je ne suis pas un spécialiste non plus, mais qu'on puisse avoir un peu la genèse. La danse, c'était quoi comme type de danse ?
- Speaker #0
C'était du classique et du modern jazz de base. Et après, je me suis mis au contemporain à fond à Bordeaux.
- Speaker #1
Et c'est quoi ? Parce que je sais que dans le classique, il y a cette histoire d'étoiles, de petits rades.
- Speaker #0
En fait, tu as beaucoup de concours de danse aussi qui sont indépendants. Donc, tu as plein d'entités qui proposent des concours de danse en France. Moi, j'ai démarré par les concours de la scène française de Paris. C'était un concours qui avait été créé par des grands chorégraphes de l'Opéra de Paris et des professeurs. Où tu pouvais aller quand tu étais enfant, tu y allais une fois par an sur un week-end. Tu présentais une variation. que tu avais préparé avec tes professeurs. Et à la clé, soit tu étais médaillé, soit tu n'étais pas médaillé. Donc, c'était un peu pour évaluer ton niveau par rapport au niveau français, en fait. Donc, j'ai adoré cet univers des concours de danse. Je me suis mis à fond dedans.
- Speaker #1
Mais justement, c'est ça aussi ma curiosité. C'est que tu te mets à fond dedans. À quel moment tu bifurques ? À quel moment tu fais un refus d'obstacle ? Enfin, dans le sens... Pourquoi tu ne vas pas plus loin dans ça ?
- Speaker #0
Justement, les concordants, je démarrais à 7 ans. En 2001, donc c'est jeune, c'est quelque chose qui me plaisait, aller plus loin dans la danse. J'étais hyper perfectionniste aussi, donc je trouvais ça trop bien de faire ça, de pouvoir rendre fiers mes professeurs, etc. Et comme j'ai essayé de t'expliquer juste avant, dans ma famille, je pense qu'il y avait ce côté très... L'art c'est bien, mais pas pour en faire son métier, tu vois. Donc, pourtant, il y avait des hommes et des femmes de lettres. Mais j'avais l'impression qu'on m'envoyait vraiment le côté, ben, t'as des bonnes notes, donc, vaut mieux partir dans quelque chose de plus classique. Tu vois, plus safe, je dirais. Oui, voilà. Donc, c'est pour ça que, de base, je voyais pas la danse comme un métier, ou l'art en général, même l'écriture. Je me disais plus, c'est des hobbies, et je vais essayer de partir dans les sciences. Donc, voilà, ça a démarré comme ça.
- Speaker #1
Tu t'as parlé de ton papa. ta maman elle faisait quoi ?
- Speaker #0
maintenant ils sont retraités, elle était infirmière ok,
- Speaker #1
donc il y avait ton père médecin, ta mère infirmière toi qui avais des bonnes notes à l'école, donc qui te débrouillait aussi dans les sciences et t'avais à quel point parce que c'est marrant de voir que On intègre énormément les idées des parents et des adultes quand on est plus jeune. Donc à quel point, maintenant avec du recul, tu penses que c'est toi qui t'es mis soit ces barrières, soit le fait de dire ouais les sciences c'est safe j'y vais. Ou est-ce que c'était vraiment quelque chose de verbalisé, de très clair où tes parents te disaient non il faut que tu fasses ça ?
- Speaker #0
Mais je pense que c'était plus l'histoire familiale. Où il fallait vraiment... Avoir quelque chose de carré, de rassurant aussi.
- Speaker #1
Est-ce que ça te l'était dit directement ?
- Speaker #0
C'est compliqué.
- Speaker #1
Ou est-ce que tu te le disais toute seule ?
- Speaker #0
Je pense que je me le disais, mais je pense que quelque part, on me le renvoyait beaucoup aussi. Tu vois ce que je veux dire ? Des fois, tu as un set, on se met la pression tout seul. Alors, je me la mettais, mais quand même, quand j'étais enfant, mes parents, ils étaient très rigides. Ils étaient très en demande de résultats. Et je pense qu'ils voulaient surtout que ce soit safe pour nous parce qu'ils voulaient qu'on ait l'avenir le plus stable possible. Tu as des frères et sœurs ? Oui.
- Speaker #1
Tu dis pour nous ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Bien vu.
- Speaker #1
Combien de frères et sœurs ?
- Speaker #0
J'ai une grande sœur qui s'appelle
- Speaker #1
Solène. Qui est dans les sciences, qui est médecin ?
- Speaker #0
Pas du tout. Raté. Alors l'inverse. Elle a une forte personnalité. Elle vit à Los Angeles, aux Etats-Unis. elle est plutôt c'est quelqu'un de très sensible elle travaille dans les milieux plus de la communication elle travaille dans des restaurants aussi aux Etats-Unis t'as mille vies elle travaille un peu dans plusieurs branches mais plutôt je dirais artistique, littéraire et mon frère et bien lui mon petit frère il travaille pour des bateaux à La Rochelle dans l'entreprise Fontaine Pajot donc c'est pas non plus scientifique c'est un milieu un peu plus du voyage Alors,
- Speaker #1
Il est charpentier de marine ? Non,
- Speaker #0
alors maintenant, il est commercial pour ses bateaux, mais il a monté les échelons. Et je crois qu'au tout début, je n'ai pas tout suivi parce qu'il a fait pas mal d'études. Mais au tout départ, il a été un peu dans l'armée. Il a fait plusieurs études aussi. Il a travaillé dans la marine, etc. Donc, il a fait pas mal de choses différentes jusqu'à maintenant être plutôt dans la partie commerciale.
- Speaker #1
Mais un gros, mine de rien, un gros truc autour de la passion.
- Speaker #0
Ouais, aussi. Du voyage, du rêve,
- Speaker #1
finalement. Donc, ta grande sœur, elle est plutôt grosse sensibilité dans les domaines de la communication et restauration.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Toi, tu es en plein dedans parce que si on ne s'en souvenait pas, ben oui, tu as en plus d'avoir monté un domaine, un restaurant, et donc d'être une entrepreneuse, tu as ton écriture dans laquelle on te... poussait, t'excellait au lycée, tu l'as concrétisé par ce roman. On va en reparler et aller un peu dans le cinéma. Donc c'est rigolo. Et ton frère, mine de rien, dans son parcours, c'est vachement lié à la passion. On est un peu loin du pragmatisme scientifique pur et dur. Si on peut être passionné de tous les domaines de la science et de la médecine.
- Speaker #0
Je pense avec du recul que c'était... Maintenant que j'analyse le truc, que je suis plus grande, que c'était une famille de grands littéraires, un peu artistiques, des rêveurs, mais qui ne sont jamais forcément, je pense à nos parents, nos grands-parents, qui ne sont pas toujours partis là-dedans, parce que forcément, il fallait rendre des comptes à la famille, il fallait des choses stables. Et avec du recul, je me rends compte qu'il y a beaucoup de personnalités artistiques dans la famille. Donc, c'est marrant, en fait.
- Speaker #1
In fine. Mais en plus, je ne sais pas pourquoi, mais je pense à ça et j'ai l'impression qu'il y a pas mal de médecins voilà qui bifurquent après alors dans plein d'autres choses mais que ce soit dans l'écriture, que ce soit dans la politique je sais pas si c'est très créatif d'ailleurs mais que ce soit dans l'associatif donc c'est pas très étonnant moi ce qui m'intéresse c'est que dans ce podcast j'adore aller à la rencontre des gens qui ont des parcours un peu singuliers un peu rares Donc là, tu nous as déjà donné plein de pistes. En fait, elles sont toutes là. C'est ça qui est marrant. Dès le départ, l'écriture, la danse. Mais in fine, tu parlais des sciences, de la médecine. Aujourd'hui, ta première grosse activité professionnelle, c'est l'œnologie et la propriété viticole.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comment tu bascules dans le monde du vin ? Donc, je redonne le contexte. Voilà. Donc, on fait beaucoup de danse. On est poussé parce qu'on est talentueuse dans les disciplines littéraires et notamment dans l'écriture, mais en même temps très bon élève, donc les sciences, un papa médecin, donc allez je vais faire médecine. Comment tu bascules de allez je vais faire médecine à Rochelle-Bordeaux à l'œnologie ?
- Speaker #0
Alors du coup je suis partie en médecine à Bordeaux et comme je t'ai dit, quand je t'ai dit que j'étais très bon élève, j'étais un peu... Coincée au lycée, on va dire. Je ne sais pas comment dire, mais je n'ai jamais fait de dinguerie. J'étais hyper carrée.
- Speaker #1
À coincer dans son cercle. Ok, d'accord.
- Speaker #0
J'étais super sage et du coup, j'ai fait ma crise d'ado à Bordeaux. À retardement, tu vois. Quand j'étais en médecine.
- Speaker #1
Le passage de la recherche à Bordeaux, le vent de mes parents.
- Speaker #0
Les tâches de câbles.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
C'est là que j'ai commencé à faire des clandoriques.
- Speaker #1
Toutes les adresses, tous les machins. Tout ce que tu as traîné.
- Speaker #0
Donc là, j'ai commencé à perdre ce côté. Comme je te disais au début, oui, j'avais pas mal de réussite. C'était cool. J'étais très bosseuse aussi. Et à Bordeaux, la médecine, ça s'est pas bien passé. J'ai pas trop bossé. Et plus que pas bossé, je pense que ça m'intéressait pas et qu'en fait, j'arrivais pas trop à l'assumer parce que je m'étais fait une idée de moi-même. Et en fait, je rentrais pas du tout dans cette idée que j'avais de moi-même. Enfin, c'était pas moi, tu vois. Donc, j'ai commencé à découvrir la vie à Bordeaux. Et surtout ma personnalité. Donc arrêter d'être dans ce schéma de je veux renvoyer une image parfaite. Tu vois, ce truc hyper carré que je voulais absolument renvoyer. Je ne sais pas pourquoi.
- Speaker #1
Genre arrêter d'être pour les autres.
- Speaker #0
Ouais, voilà.
- Speaker #1
Et commencer à devenir juste toi.
- Speaker #0
Exactement. Donc c'est compliqué. Même avec ma famille, c'est une période super compliquée. Et du coup, je suis passée quand même en deuxième année de biologie. Parce qu'en gros, tu avais une passerelle après le concours de médecine. Et donc, je me suis dit, là, je ne sais pas ce que je vais faire. Qu'est-ce que je fous là ? J'étais complètement perdue. T'imagines, tu as toujours eu des bonnes notes et tu n'as jamais eu aucun problème. Et là, tu es perdue. C'était horrible pour moi. C'était vraiment une période pas facile. Et je ne savais plus ce que je voulais faire. J'étais complètement paumée. Donc franchement, l'orientation au lycée n'était pas top. Parce que les profs, ils poussent. vers des schémas et en fait tu te rends compte qu'ils n'ont rien compris de ce qui était bon pour toi ou quoi ?
- Speaker #1
C'est un truc de dingue parce que je pense qu'il n'y a pas un épisode alors après c'est aussi, moi j'aime bien rentrer dans la chronologie des choses pour faire des choses parce que je pense que les graines elles sont semées et ensuite ça pousse d'une manière ou d'une autre et on revient toujours systématiquement avec tout le monde à cette même période on sort de l'école et qu'est-ce qu'on fait qu'est-ce qu'on fait pas, comment ça nous pousse et c'est vrai que c'est tellement hum à la fois difficile et j'ai envie de dire tellement normal de se perdre, d'être perdu. Mais à chaque fois, ça devient un drame alors qu'on le connaît par cœur et que tout le monde va le vivre. Alors, soit dans ce moment étudiant, soit je fais une reconversion dix ans plus tard, ce qui touche aussi beaucoup de gens.
- Speaker #0
Ben ouais, maintenant, c'est vraiment typique même dans l'église. C'est classique,
- Speaker #1
quoi. Donc, ouais, t'es dans ce moment-là, bio, c'est fini, la petite fille parfaite et tout, donc t'es perdu.
- Speaker #0
Et puis, en plus, j'avais des super notes en médecine. C'est la première fois que je me suis retrouvée en mode vraiment... Je n'y arrivais pas. Je ne travaillais pas assez aussi. Il y avait des matières où j'avais des super notes en médecine. Mais c'était les seules qui m'intéressaient un peu, tu vois. Et notamment, tout ce qui a trié aux plantes, justement. Donc, c'est intéressant. Et tout ce qui était un peu artistique. Du coup, plus artistique que juste de la physique pure et dure.
- Speaker #1
Alors, par contre, je suis curieux là. Qu'est-ce qu'il y a d'artistique en première année de médecine ? T'as des choses... C'est de la vraie curiosité.
- Speaker #0
T'as de l'étude des plantes. T'as pas mal de pharmacie galénique. Donc t'étudies pas mal de trucs sur les plantes. Du coup, c'est intéressant quand tu fouilles un peu. Il y a un côté hyper aventurier. Il y a plein de choses comme ça. Même les plantes, c'est joli. C'est intéressant à étudier.
- Speaker #1
Mais comment tu lis à l'artistique ça ?
- Speaker #0
T'as les arômes aussi, les huiles essentielles. T'as plein de choses comme ça.
- Speaker #1
Donc tu lis à l'artistique parce que t'es sur quelque chose. Sensorial. Sensorial, autour de la sensibilité, etc.
- Speaker #0
Oui, voilà, exactement. Après, tu as aussi des trucs de psychologie. Donc, je ne sais pas comment c'est le programme aujourd'hui, mais nous, on avait pas mal de psychologie en première année. Du coup, il y avait des études de la personne, de la pensée et tout. Je trouvais ça, pour le coup, c'était super intéressant. Et après, tu avais des choses vraiment moins intéressantes. Alors, j'adorais la chimie aussi. Tu as un gros programme de chimie, bien sûr. Ça, ça m'a toujours plu. Et après, tu as de la physique, de la biodynamie. Moi, c'était moins mon truc. C'était trop terre à terre, je pense. Je ne voyais même pas l'objectif derrière. Donc, je pense que le fait que ça me manquait de sens, ça ne m'intéressait pas. Et là, j'étais un peu perdue.
- Speaker #1
Comment en bio, du coup, dans cette deuxième année ?
- Speaker #0
Je suis rentrée en deuxième année de bio.
- Speaker #1
Tu vas un peu à reculons.
- Speaker #0
En vrai, oui. Et puis, en plus, tout le monde disait, tous ceux qui ratent médecine vont en bio. Et j'étais là, je suis le cliché de la fille qui n'a pas fait médecine et qui va en bio. Donc, je suis rentrée, j'étais un peu paumée. Et en fait, j'ai pris un rendez-vous au bout de 2-3 semaines. Parce que j'étais... complètement perdue avec le responsable de la faculté de bio. Et on a parlé un peu de mon profil. J'étais un peu déprimée à ce moment-là. Et en fait, il m'a dit, c'est marrant, j'ai eu pas mal de gens comme toi, un peu profil artistique, des bons élèves au lycée qui se sont perdus en médecine. Et il m'a dit, tu sais quoi, il y en a plein qui sont partis plutôt vers des études dans le 20. Et je me suis dit, OK, mais je n'y connais rien. Voilà. Mon oncle avait un domaine, il faut savoir, c'est pas mon oncle directement, mais c'est le père de ma tante par alliance. Donc on est assez proche dans la famille, c'est comme si c'était quelqu'un de proche.
- Speaker #1
Tu y allais souvent ?
- Speaker #0
Pas souvent, mais on y est quand même allé et du coup c'est quelque chose qui m'intéressait. Et il y avait toujours du vin à table, il y a une grosse tradition de vin dans la famille. Bon on n'est pas les poitres non plus.
- Speaker #1
Après on est français. C'est ça.
- Speaker #0
Il y avait tant du vin à table le dimanche midi. C'était quelque chose d'important. Mon père a toujours eu une cave avec pas mal de bouteilles. Mes grands-parents aussi.
- Speaker #1
La propriété de ton oncle dont tu parles, elle est située où ?
- Speaker #0
Elle est à Cadillac. C'est en Haute-Côte de Bordeaux.
- Speaker #1
On est sur la région bordealaise. Oui,
- Speaker #0
Haute-Côte de Bordeaux. Avant, ça s'appelait le Domaine du Flèche. Mais là, ça va être vendu. Il faisait surtout... Je ne sais pas si les vignes étaient entièrement à lui. Il faisait aussi du négoce. Oui. Et c'était une petite propriété vraiment typique, les propriétés bordelaises avec les murs rouges et tout, la brique et tout. Donc, super cool.
- Speaker #1
Comment ça se passe ? C'est la deuxième année, tu switches tout de suite ou tu finis ta deuxième année et tu rentres ?
- Speaker #0
En fait, tu rentres en bio en deuxième année et tu dois direct un peu t'orienter pour la troisième année. Donc, tu dois direct... partir vers quelque chose.
- Speaker #1
Alors tu prends des options, c'est un truc comme ça ? Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Et du coup, moi j'ai direct fait le rendez-vous avec ce monsieur-là qui était responsable de la fac de bio. Et en gros, il m'a dit, je sais pas, je te sens bien, je pense le vin, ça pourrait te plaire.
- Speaker #1
Et pas plus, le mec ? Comment il s'appelle ?
- Speaker #0
Je me souviens plus de son prénom. Et en plus, je lui ai fait un mail il y a quelques années. Il y a, ben là, quand j'ai repris mon domaine. Je lui ai dit, mais en fait, c'est grâce à vous tout ça. Et je lui ai tout redit. Il m'a dit, franchement, je suis hyper touchée.
- Speaker #1
Si tu retrouves, tu m'enverras un message, je le mettrai dans les commentaires.
- Speaker #0
Et il était super touché par mon mail parce que je pense que c'est chouette. Ça fait partie de ce qu'ils aiment dans la transmission aussi.
- Speaker #1
Et tu vois, je pense qu'on va le répéter plusieurs fois, ces histoires de bascule. Oui, il y a des gens qui provoquent les bascules. Et ces gens-là, c'est pour ça que c'est des gens qu'on aime rencontrer. Et c'est l'idée aussi de faire des choses comme ça, de partager des parcours. Parce que si ça peut créer une étincelle, si ça peut créer une bascule positive pour quelqu'un d'autre, what else ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc, deuxième, troisième année, ça dure combien de temps ton parcours d'onologie ?
- Speaker #0
Alors, du coup, il fallait finir la deuxième année déjà. Donc, ce qu'il m'a proposé, c'était super. Il m'a dit, si tu veux voir si ça te plaît, je peux te faire une convention. Et du coup, tu peux aller un ou deux jours par semaine si tu te sens de suivre les cours sur un stage, dans un domaine. Et je n'avais jamais fait ça. Donc, j'ai dit OK, go.
- Speaker #1
Donc, genre, tu avais une convention en faisant ta deuxième année de bio qui était quasiment comme une alternance ?
- Speaker #0
Alors, ce n'est pas une alternance parce que je n'y allais pas tous les jours. Mais oui, j'y allais le mardi et le jeudi.
- Speaker #1
Ouais, deux jours par semaine. Ouais,
- Speaker #0
deux jours par semaine pendant, je pense, quatre mois. Alors, je ne me rappelle pas exactement, mais c'était quatre ou cinq mois. Donc, c'était long quand même.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Et du coup, je suis allée, j'ai envoyé...
- Speaker #1
La première année de médecine où tu es perdu, machin. Tu ne sais pas ce que tu veux faire, ça ne t'intéresse pas. Et là, tout de suite, en deux ou trois semaines, tu commences la bio. Tu es toujours un peu en dépression.
- Speaker #0
Je me dis vraiment que je me bouge et que je trouve un truc qui me plaît. Et là,
- Speaker #1
tu rentres dans le concret. J'imagine que ça a dû te changer. Oui,
- Speaker #0
j'ai fait plein de travail aussi en bio. La deuxième année de bio, ça me paraissait... C'était vraiment facile à côté du programme de médecine. C'est pas que c'est plus facile, mais en fait, tu t'es pris une charge de travail de dingue en première année. Et là, ça revient à peu près normal.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Donc, du coup, je sentais déjà à cette période que juste les cours de bio m'ennuyaient, qu'il me fallait plus pour me nourrir un peu intellectuellement, me bouger. Du coup, j'ai envoyé, je crois, 200 mails dans les domaines de la région bordelaise. Mais vraiment, j'étais trop déter. Et il y en a plusieurs qui m'ont répondu, et notamment un grand cru, tu vois, de Pessac-Léonian.
- Speaker #1
C'est un truc de fou ce que tu dis avant de rentrer dans cette science pésaclionnante. Pour moi, c'est clé. Tu peux le faire dans tous les sens. Il faut être déter.
- Speaker #0
Ouais, en fait, c'est ça.
- Speaker #1
Je peux dire que j'étais bonne à l'école, j'étais bonne en danse, plaplapli, plaplapla. Il y a un moment, tu étais déter, tu envoyais 200 mails.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Non, mais, enfin...
- Speaker #0
Mais en fait, je veux vraiment me dire, allez, vraiment, il faut que tu vois si ça te plaît et il faut que tu trouves ta voix, quoi, tu vois.
- Speaker #1
Mais, en fait, sur cette histoire-là, c'est qu'en fait, des gens qui sont vraiment déter, il n'y en a pas tant que ça.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Les gens, ils espèrent que ça tombe. Je dis les gens, je fais des grandes généralités, mais c'est des cas... C'est des qualités qui sont tellement basiques et qui en fait sont assez rares. C'est-à-dire juste de dire, si tu veux quelque chose, va le chercher.
- Speaker #0
Moi, ça, c'est vraiment dans mon caractère. Quand on me connaît, je suis une battante, mais je suis têtue, mais vraiment de fou. Et en gros, je me bats. Alors, ce n'est pas facile. Tu passes par des... Comme je disais, oui, au début, j'ai bien réussi et tout, mais tu ne réussis jamais tout. Mais je suis du genre, les échecs, ça me stimule. Et je me dis, OK. Je vais bosser 100 fois plus et je vais y arriver. Je suis une balade.
- Speaker #1
Bien sûr. Déjà, une évidence. Ce n'est pas évident pour quelqu'un qui l'écoute ou qui nous regarde. Oui, on apprend beaucoup plus dans les échecs que dans les victoires. Et après, sur ce côté persévérance, tout à l'heure, tu nous l'as dit, moi j'ai tilté. Direct, tu as dit, moi je faisais de la danse. J'adorais ça parce qu'il fallait. Je voulais être au top. Voilà. Et du coup, c'était un sport qui demandait beaucoup d'exigence et du coup, ça me stimulait. Donc, je reviens à ce moment-là. Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Qu'est-ce qui te motivait dans cette discipline persévérance ? C'est quoi que tu as voulu dire par là ?
- Speaker #0
Dans la danse, tu veux dire ?
- Speaker #1
Ouais, au moment où tu as dit dans la danse, j'aimais bien parce que justement, c'était exigeant. Et moi, en fait, ça, ça me stimulait.
- Speaker #0
Mais parce que comme les obstacles... Et là où tu peux avoir de l'échec, je trouve que c'est là où tu apprends le plus. Ce que je disais juste avant, tu vois. Tout ce qui est difficile, en fait, c'est une école de la vie. Enfin, ça ne t'apprend pas que la discipline.
- Speaker #1
Oui, sauf que tu as commencé la danse à quel âge ?
- Speaker #0
À 4 ans.
- Speaker #1
Ok, à 4 ans. Donc, je pense qu'à 4 ans, allez, 5 ans, 6 ans, 7 ans, à quel moment tu te dis ça, c'est l'école de la vie ? En fait, tu vois, j'essaie de dire à quel moment tu te rends compte ou comment tu analyses maintenant ? Oui, moi, ce côté challenge, ce côté obstacle, ça me...
- Speaker #0
Ça me fait vivre, quoi.
- Speaker #1
Voilà. Qu'est-ce qui te fait vibrer dans ça ? C'est dingue. Le fait de dire, tiens, regarde, vous êtes beaucoup plus difficile.
- Speaker #0
Je pense que c'est le fait de se battre pour avoir quelque chose, tu vois.
- Speaker #1
Mais c'est quoi ? C'est la récompense que tu vas avoir ?
- Speaker #0
Tellement. Alors, je ne suis pas quelqu'un... Quand on me connaît bien, je fais beaucoup pour les autres. Et la récompense, elle ne m'importe pas trop. C'est plus le chemin, tu vois. C'est...
- Speaker #1
C'est journey.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Non, mais c'est un truc de fou.
- Speaker #0
Que tu vas vivre, qui va t'amener là. Et au final, la récompense, c'est pas la chose la plus ouf.
- Speaker #1
Mais du coup, dans cette exigence de la danse, par exemple, c'est... Vas-y, Morgane est malade. Si tu veux boire un verre d'eau, vas-y.
- Speaker #0
Ça va.
- Speaker #1
Dans cette exigence de la danse, c'est quoi ? C'est le fait de voir qu'il y a des obstacles, qu'il y a des pas particuliers. pas un petit peu difficile à réaliser. Non, non, pas de souci. T'es sûre que tu veux pas boire un verre d'eau ? Non, ça va passer. Oui, je te disais, dans la danse, le fait de peut-être avoir cette difficulté que tu vois en ligne de mire, c'est ça qui te stimule en te disant je vais décortiquer le geste, je vais y arriver à force de répétition. C'est cette logique-là ?
- Speaker #0
Il y a aussi le fait que je pense que de base, je n'avais pas forcément de talent pour ça. Tu vois, tu as des filles qui sont super souples, qui sont hyper en dehors. L'en dehors, c'est le fait d'avoir les hanches bien ouvertes et tout ça. Et moi, je n'avais pas forcément tout ça. Je n'avais pas un très beau coup de pied. C'est la cambrure du pied. Et du coup, je pense que plus je ne pouvais pas arriver à un truc, plus je me disais, je vais le faire à fond. Après, ce qui me plaisait dans la danse, c'était le milieu du spectacle aussi. Les concours, tu te retrouves sur une scène, tout seul, face à un jury. Donc, c'était une expérience de vie. L'adrénaline, tu vois, le côté sensationnel. Je pense qu'il y a ça, il y a un truc de sensation forte aussi. Donc, tout ça, ça m'attirait en fait.
- Speaker #1
Trop bien. Je trouve ça hyper intéressant parce qu'on est toujours sur ces mêmes choses. Dans l'absolu, c'est logique. Moi, je trouve ça logique qu'il y a peu de ressorts qui nous animent à tous. On est quand même un peu tous fait du même bois. Et du coup, il y a ce sujet-là, je l'ai entendu et au final, ça se retrouve. Hop, on se refait le petit saut dans le temps. Donc, tu commences tes 200 mails. Voilà, donc après l'histoire des coups de pied, du machin, des trucs. Là, elle se fait d'autres challenges, mais c'est la même chose. Je trouve ça trop bien. Et du coup, t'atterris, tu finis ton diplôme. Comment ça se passe ? Comment on finalise son diplôme de nologie ? Il y a un grand stage ?
- Speaker #0
La troisième année de bio, là, tu prends ta spécialité bio. À Bordeaux, tu as une spécialité pour le vin, vignévin. Tu as une spécialité plutôt sur l'étude du comportement des animaux, l'étiologie. Il y a quelque chose de biomarine aussi. C'est assez gros à Bordeaux, le pôle biomarine. Et après, tu as d'autres... de trucs, enfin t'as de la neurosciences et du coup le vin c'était une petite classe, il n'y avait pas beaucoup de place donc il fallait vraiment beaucoup bosser la 3ème année de bio donc j'ai bossé à fond ma 3ème année de bio, j'étais en spécialité vigné-vin et du coup après tu passes alors c'est un concours parce que c'est sur dossier et t'as pas beaucoup de place donc c'est pas un concours écrit mais t'as une sélection sur dossier pour intégrer l'un des 5 centres de no-log de France ok Merci. Donc l'œnologue en fait c'est, parce que du coup, je précise parce qu'il y en a plein qui comptent avec les sommeliers et tout ça, c'est plus le scientifique du vin, c'est celui qui va gérer les exploitations viticoles, donc qui va plutôt faire la production en fait. Le mot clé c'est production, alors que les sommeliers c'est plutôt ceux qui vont déguster, qui vont mettre en valeur le vin dans les restaurants, qui vont faire les accords.
- Speaker #1
Si on le vulgarise, le sommelier, c'est celui qui est vraiment sur le produit fini, à la fois dans le service, jusqu'à l'art de la dégustation, le fantasme de celui qui retrouve la bouteille de 67 de tel parcelle, etc. C'est plutôt le sommelier. Ces concours du meilleur sommelier du monde, etc. C'est des grands concours de dégustation. L'onologue, c'est le technicien. celui qui sait euh Lorsqu'on est sorti de la culture de la vigne, il y a encore une intervention dans la culture de la vigne également. Mais c'est vrai, l'onologue, c'est l'ingénieur technicien qui arrive et qui dit, il se passe ça, il se passe ça. Un arrêt de fermentation, il manque de l'azote, il manque ci, émis, etc.
- Speaker #0
Nous, on est formaté sur les défauts organoleptiques des vins plus que sur mettre en valeur un vin. Ça va plus être, ok, il n'a pas de défauts, plutôt que... Il a tel... Alors là,
- Speaker #1
il faudrait faire un autre podcast sur justement les gens du vin trop formatés sur les défauts et qui n'arrivent pas à s'ouvrir à des choses qui sont des défauts qui sont intéressants. Mais on en parlera, je crois que vous allez sur plein d'autres produits et du coup, vous êtes très ouvert.
- Speaker #0
Je suis super ouvert d'esprit.
- Speaker #1
Je dis vous parce que justement, on peut faire le trait d'union. Aujourd'hui, tu es la tête de la propriété d'Etherfauve et du restaurant Baravin avec ton compagnon Nico, qui est oenologue aussi. La petite histoire dans la grande, comment vous vous êtes rencontré ?
- Speaker #0
On s'est rencontré, justement, moi je suis rentrée en DNO à Bordeaux. Le diplôme d'oenologue, j'étais prise à Bordeaux. J'ai postulé que là, c'était mon rêve et j'ai bossé comme une folle, pareil. Donc j'ai été prise, je suis super contente, c'était vraiment un des plus beaux jours de ma vie, du coup, le jour où j'ai su que j'étais prise à Bordeaux. Et Nicolas, il avait été pris à Toulouse et on s'est rencontrés sur le week-end, tous les ans il y a ça, c'est génial, c'est hyper tradi le DNO. Il faut savoir qu'il y a des traditions hyper anciennes qui entourent ça.
- Speaker #1
On parle d'onologie. Ouais, voilà. Onologie, tradition, il n'y a que des pléonasmes.
- Speaker #0
Les anciens ont laissé pas mal de trucs, de tradition, de fraternité, des choses comme ça. Et du coup, il y a un truc qui est vraiment symbolique, c'est le week-end de réunion des 5 centres de France.
- Speaker #1
Des diplômés ?
- Speaker #0
Pas diplômés encore. Le week-end, c'est sur deux ans le DNO, donc c'est un Master 1 et Master 2. Et du coup, tous les ans, tu as le week-end où les premières et deuxièmes années se réunissent, à chaque fois dans un des 5 centres différents, tu vois. Donc moi, ma première année de DNO... Ça s'appelle les oenopiades. Donc, c'est des olympiades autour du vin. C'était en Champagne.
- Speaker #1
J'ai compris dans quel état ils finissent. Ouais. Les olympiades du vin. Tout est... C'est ça. Donc, en Champagne, ok. Donc,
- Speaker #0
en Champagne. Et du coup, on amenait les Toulousains en Champagne parce qu'on partageait les bus. Et du coup, on se rencontrait dans le bus.
- Speaker #1
Ok, ok. C'est trop marrant. Parce que lui, il avait fait bio et compagnie à Toulouse.
- Speaker #0
Il n'a pas fait bio, lui. Tu as plusieurs façons d'arriver en DNO.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est sur dossier du coup. Il n'était pas à Bordeaux avec toi ? Non, il était à Toulouse.
- Speaker #1
Ok, vous êtes vraiment croisés. Lui,
- Speaker #0
il a fait pharmacie, il a eu le concours de pharmacie. Donc il a fait médecine aussi, trop marrant. Il a fait pharmacie parce qu'il voulait être pharmacien. Il est allé jusqu'à la troisième année de pharmacie. Donc tu vois, moi, troisième année de bio, lui, troisième année de pharmacie. Et après, il y a beaucoup, beaucoup de pharmaciens en diplôme de nologue, vu que c'est très... et c'est autour des molécules et tout ça.
- Speaker #1
Dans l'absolu. L'entrée en métier de pharmacien, quand tu n'étais pas pousseur de boîte de Doliprane, le pharmacien était celui qui... Pardon, s'il y a des pharmaciens, j'ai l'étrothèse d'esprit de voir ça comme ça. C'est vrai qu'avant, on appelait ça les officines.
- Speaker #0
C'est ça,
- Speaker #1
les officines, c'est là où avec les plantes...
- Speaker #0
C'est des botanistes, les pharmaciens. Complètement,
- Speaker #1
historiquement. Malheureusement, maintenant, c'est... C'est moins le cas. Ok, trop bien. Du coup, vous vous rencontrez avec Nico. Mais du coup, j'ai besoin du trait d'union à l'histoire d'amour. On l'imagine très bien. Ce n'est pas le propos du podcast. On l'imagine bien. Mais à quel moment, donc toi à Bordeaux, lui à Toulouse, à quel moment vous vous dites, ok, on se lance ensemble. Ok, on cherche une propriété. Où, pourquoi ? Quand est-ce que ça bascule de « on va être chronologue tous les deux, on va peut-être passer la vie ensemble » à « ok, on rachète une propriété » ? Parce que le gap, il est déjà énorme.
- Speaker #0
Nico, il avait un an d'avance sur moi. Du coup, il allait être diplômé un an avant moi. Donc, quand il a été diplômé, moi, je rentrais en deuxième année de DNO. Il me restait un an pour être diplômé. Et il a été pris à Bordeaux dans des domaines pour travailler. Donc, il est venu s'installer à Bordeaux. On s'est rejoint à Bordeaux à ce moment-là. Et le temps que je finisse ma deuxième année, il a bossé pour plusieurs propriétés, entre Saint-Emilion, un peu dans les Côtes de Bourg aussi. Et puis moi, j'ai été diplômée et on a travaillé ensemble à
- Speaker #1
Saint-Emilion. Dans la même propriété ?
- Speaker #0
Oui, dans la même propriété. Avant ça, j'ai fait une année de plus. J'ai voulu faire de la recherche parce que je me tâtais à faire un doctorat au début puisque ça m'intéressait vachement la recherche dans le vin. Et donc, j'ai fait une année de recherche en laboratoire. Et après, on a travaillé ensemble sur des propriétés de Saint-Emilion.
- Speaker #1
À chaque fois, vous avez travaillé ensemble ?
- Speaker #0
Une fois. Une fois. Mais en fait, avant ça, je travaillais à Pomerol. Il travaillait à côté, donc on se rejoignait. Il venait donner des coups de main sur la propriété où je travaillais aussi. Donc, on avait déjà...
- Speaker #1
Vous étiez déjà dans une collaboration professionnelle. Oui,
- Speaker #0
on avait déjà plusieurs fois travaillé ensemble. On avait aussi monté des ateliers de dégustation à Bordeaux. Parce que sa famille a une entreprise de bateaux. Ah oui, je ne te l'ai pas dit.
- Speaker #1
Ah ouais. Sur... Donc, le lien bateau... Ok.
- Speaker #0
Tu vois les bateaux Burdigala qui sont sur... Ah oui. Mais ça, c'est à sa famille.
- Speaker #1
Ok. Qui font les croisières sur le...
- Speaker #0
Pas mal. Ils l'ont bien développé. Donc, ils en ont 5 ou 6. Et en gros, ces bateaux, ils ne servaient pas trop avant de faire les croisières. Ok. En 2018, on avait créé des petits ateliers de dégustation dessus. Donc,
- Speaker #1
vous alliez faire des ateliers de dégustation.
- Speaker #0
Ouais. Pour des touristes et tout.
- Speaker #1
Ok, donc là on a encore une petite graine qui veut berner, c'est-à-dire qu'en plus d'être... Tu vois, t'avais oublié ? C'est trop bien ! Parce qu'au final, là où on est, c'est un bar à vin, restaurant, donc où il y a de la dégustation, consommation sur place bien sûr, en plus de la propriété viticole, mais tout a du sens, tout a du lien, c'est hyper intéressant. Et en même temps, ce qui est hyper intéressant, c'est que je dis en même temps, mais parce que... Tout le monde n'a pas cette volonté, cette énergie de faire des choses. Même s'il y a l'opportunité par la famille de Nico d'avoir des... Il y en a plein qui feraient juste la fête sur ces bateaux. Et vous déjà ?
- Speaker #0
Il faut que je fasse la fête sur les bateaux. Ça,
- Speaker #1
j'imagine. Mais c'est évident. On est épicuriens. Mais je trouve ça assez admirable. Déjà, ce truc-là d'être dans le faire. on pourrait dire l'entrepreneuriat mais juste le faire on fait quelque chose,
- Speaker #0
on fait un atelier moi ça me parle moi je crois que j'ai toujours eu une petite voix intérieure qui me parlait et qui me disait de vivre la vie et qu'elle allait passer et qu'il fallait faire des choses c'est comme si j'avais c'est marrant, c'est un peu la fille perchée mais j'ai toujours eu des petites voix intérieures qui me disaient fais Parce qu'il faut faire.
- Speaker #1
T'inquiète, on va en parler. Moi, je suis hyper intéressé sur le côté écriture, fantastique. Mais attends, tu viens de dire quoi ? Faire et refaire ? C'est ce que tu viens de dire ?
- Speaker #0
Je ne sais plus.
- Speaker #1
Bref, on écoutera. Non, mais je bug là-dessus parce que je voulais te dire, je te l'ai dit en off tout à l'heure, tu n'as peut-être pas fait attention, quand le podcast s'appelle Les Bascules. Mais au départ, je voulais l'appeler Faire et Refaire.
- Speaker #0
Ah, c'est dingue.
- Speaker #1
Parce que, et au final, je trouvais Les Bascules... plus parlant, plus évident. Mais en tant qu'entrepreneur, je trouve que ça fait vite business. Tu veux devenir mon associé.
- Speaker #0
Je ne dis jamais que je suis entrepreneur.
- Speaker #1
Ça ne me parle pas du tout. Mais le côté artisan, le côté faire et refaire. Refaire parce qu'on a raté, refaire parce qu'on fait les choses différemment. Tu vois, moi aussi, je suis brasseur, je fais du site, j'ai des restaurants. On a plein de points communs, mais vraiment par hasard, là, je fais ce podcast. Mais il y a toujours ce truc que tu as super bien résumé, en mode J'ai une petite voix qui me disait qu'il fallait faire et refaire et pas juste passer comme ça dans la vie. J'ai eu un petit bug comme ça, en mode trop bien. Du coup, on reprend le fil de cette histoire. Du coup, ces ateliers de dégustation, vous travaillez dans des propriétés viticoles. J'imagine que c'est le truc classique en eulogue. On commence à travailler dans des propriétés. En fait, je dis ça parce qu'à quel moment et dans quel laps de temps ? Vous dites, on a envie de voler nos propres ailes. Et puis surtout, avoir une propriété viticole, ce n'est pas juste une boulangerie ou même un restaurant. Restaurateur, c'est dur, tu le sais. Mais je ne sais pas, il y a un truc propriété viticole. Déjà, tu dis château, donc même si c'est une bicoque, château, c'est quand même un poids écrasant. Quand est-ce que ça se fait ?
- Speaker #0
De base, c'était plus le rêve de Nicolas. Lui, il venait d'une famille, alors c'est trop marrant parce que rien à voir avec la mienne. Où nous, c'était le côté, ce que je te disais, stable, safe. Lui, c'est une famille d'entrepreneurs, mais c'est trop marrant. Tu pourrais écrire un livre sur sa famille. C'est en fait des pirates, ils ont fait mille métiers. C'est une famille qui s'est beaucoup battue pour avoir ce qu'elle a aujourd'hui. Ils sont originaires de la communauté gitane. Alors c'est le cliché, mais ils ont monté une entreprise de métaux à Toulouse.
- Speaker #1
Normal, on peut récupérer du cuivre.
- Speaker #0
Et c'était trois frères, dont le père de Nicolas. Et ils se sont vraiment battus pour développer ce truc-là. Aujourd'hui, cette entreprise, elle a été vendue et elle a ouvert des branches internationales. Ils en ont même au Maroc, c'est assez gros, ça s'appelle Valdem.
- Speaker #1
Le truc des métaux ?
- Speaker #0
Ouais, et ils font même de la valorisation, tout ce qui est recyclage, etc. C'est super bien ce qu'ils font, j'ai regardé, c'est assez intéressant. Quand tu vois que c'est parti d'un tout petit truc un peu à l'arrache.
- Speaker #1
Fondre du cuivre qu'on récupérait sur les chantiers, c'est beau.
- Speaker #0
Et donc, c'est trop marrant. Et du coup, sa famille...
- Speaker #1
C'est lequel de sa famille, son oncle, son père, qui a les bateaux sur la Garonne ?
- Speaker #0
Alors, c'est son grand-père. Là, son grand-père est décédé, donc c'est la femme qui vit avec son grand-père. Ah,
- Speaker #1
mais avant, c'était son grand-père, ok.
- Speaker #0
Oui, c'était son grand-père. Et peut-être un des oncles aussi. Je ne sais plus exactement le montage.
- Speaker #1
Donc, Nico avait ce truc entrepreneur, donc de vous deux. Lui, de toute façon, quoi qu'il arrivait, c'était bien, c'était sympa.
- Speaker #0
Je pense que je n'aurais jamais fait mes entreprises. C'est marrant d'en parler, mais s'il n'y avait pas eu Nicolas. Parce que moi, je fais un an dans ma famille, il n'y avait pas trop ça. Il y avait,
- Speaker #1
il n'y avait pas. Il y avait, il n'y avait pas. Parce que comme tu disais juste avant, il y a cette petite voix qui te disait « je vais faire » , etc. Mais c'est vrai que…
- Speaker #0
C'était écrit, mais pas forcément « je vais être à la tête de mon truc » .
- Speaker #1
Non, mais je vois. Très bien. Hyper intéressant. Et du coup, alors de ce que tu me décris, j'imagine le caractère de Nico, l'environnement dans lequel il a grandi. Je pense que dès son diplôme, il devait déjà être comme ça, en train de frétiller. On y va, on y va.
- Speaker #0
Ça a duré combien de temps ? Il voulait faire un truc en Argentine. Il voulait monter du négoce de vin en Angleterre. Il avait dû le projet, tu vois. Et moi, je ne savais pas trop encore. Après, on était bien à Saint-Emilion. En plus, on travaillait pour ce groupe qui est incroyable. C'est Clarence Dion, ceux qui ont Aubryon, tu sais. Enfin, c'est incroyable de travailler pour eux. Tu as souvent des gens de ce type. plaignent des domaines où ils travaillent quoi mais enfin ils sont géniaux mais avec les employés tu fais un été trop bien là bas et moi j'avais pas envie de partir on était trop bien à caen tuyau ouais et puis des gens adorables des gens hyper humain qui te font confiance fait franchement c'était trop bien c'est ça appartient au prince du luxembourg et t'es pas du tout exploité fin c'est génial comme château donc c'était super dur de partir et Et donc, voilà. Donc, surtout pour Nicolas, parce qu'il est resté plus longtemps que moi, vu qu'il avait été diplômé avant moi. Et puis, en fait, d'Argentine, de trucs. Moi, je lui dis, bon, OK, mais alors, on n'a qu'à faire un truc en France. Et je lui dis, moi, je ne me verrais plus avoir un petit domaine ou vinifier. Mais je n'ai pas envie de partir à l'étranger. Je ne me sens pas encore. Et il m'a dit, OK, on reprend une propriété.
- Speaker #1
Et ça, ça faisait combien de temps après la fin de ton... De mon déjeuner. Ouais, ton déjeuner. Plus d'un an,
- Speaker #0
je pense. à peu près. Deux ans que ça a mûri et quand on était ensemble à faire les vinifications au Château Quintus à Santé Millon, ça a vraiment mûri. En fait, on s'est rendu compte qu'on se débrouillait bien à deux sur les vinifs, qu'on se partageait bien le travail et on se disait franchement, on pourrait le faire chez nous aussi, ce serait trop cool. Donc ça a commencé comme ça et après l'année 2018 et 2019, on a cherché à fond des propriétés. Et au final, on s'est installé pendant le Covid, c'est incroyable. Au final, on s'y est pris super tôt. Et le temps de signer et d'acheter le domaine, on s'est installé en plein Covid.
- Speaker #1
En plein Covid.
- Speaker #0
En plein.
- Speaker #1
J'ai une petite anecdote aussi. J'avais transféré la brasserie et on l'a installé en plein Covid. Et on était notamment à deux avec mon associé Benjamin, avec toutes les culs qui venaient d'arriver. Et puis à ce moment-là, tu vois, tu as toujours besoin d'un technicien. Il y avait plein. Sur tous ces sujets-là. Bon bref, donc je vois l'installation Covid, je l'ai connue aussi. ce qui au final, tout le monde me parle. de l'histoire du confinement, du Covid, alors que je pense qu'on a dû vivre le même Covid, en mode tous les jours, il fallait qu'on en fasse quatre fois plus parce qu'on était tout seul. Et voilà. Et donc, on n'a pas la même expérience que l'expérience qu'on entend.
- Speaker #0
Et puis moi, je me souviens que quand on s'est installé, on a repris la propriété, on est arrivé super vite. Et du coup, c'était plus simple de quitter Bordeaux aussi. Moi, j'avais du mal à quitter Bordeaux parce que c'est vraiment la ville où j'ai grandi, je me suis trouvée, j'ai mûri, je suis restée dix ans.
- Speaker #1
Oui, parce que tu dis ça, mais c'est vrai qu'on ne l'a peut-être pas précisé, la propriété que vous avez repris, qui s'appelle, c'est Château ?
- Speaker #0
Oui, Château Terre Fauve.
- Speaker #1
Château Terre Fauve, et là où c'est Fronton, qui est juste au-dessus de Montauban.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Montauban, pour ceux qui ne savent pas, c'est juste à côté de Toulouse. Voilà. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est Toulouse, c'est assez compliqué. Vous arrêtez d'écouter.
- Speaker #0
C'est au nord de Toulouse, voilà.
- Speaker #1
Et donc du coup, on avait entendu, Nico, lui était originaire de Toulouse, mais toi, La Rochelle, tu descends à Bordeaux. Oui, et là, il ne fonctionne pas. Voilà.
- Speaker #0
C'était difficile parce que vraiment, Bordeaux, ça avait mal démarré avec la médecine. Et au final, c'est là où j'ai le plus grandi, j'ai le plus appris.
- Speaker #1
Ce que tu m'as dit en off, c'est que vous aviez quand même au départ regardé pour les propriétés à Bordeaux. Aussi. Mais eu égard à la réputation du vignoble, les prix étaient proportionnels.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Peut-être qu'en 2025, c'est plus la même chose. Ouais, c'est ce que tu dis. Mais malheureusement, pour des mauvaises raisons. Ah non, attends, t'es en train de me dire que vous êtes en train de regarder.
- Speaker #0
On a regardé pour plus tard. On y pense un jour, reprendre à Bordeaux.
- Speaker #1
D'accord. Donc en fait, là, on est genre en octobre 2025. Donc je vous annonce, ils vont reprendre les bateaux sur la Garonne, acheter une propriété, reprendre la société de métaux. Les bateaux,
- Speaker #0
c'est trop de bazar. C'est trop d'intrigue. Ce n'est pas trop mon truc.
- Speaker #1
C'est peut-être ton frère qui va les reprendre. On y va. Je balance des pistes comme ça à des gens que je ne connais pas.
- Speaker #0
Mais du coup, c'était dur de faire le deuil de Bordeaux au début. Surtout que je suis arrivée ici, mais le mode de vie n'a rien à voir. Vraiment, je me sentais... J'avais plus mes amis, j'avais plus tout mon entourage. C'était un mode de vie super différent.
- Speaker #1
Parce que quand vous êtes arrivée ici, vous vous êtes installée à la propriété ou vous avez quand même... Alors,
- Speaker #0
il y a une maison à la propriété. Il y en a même deux. Il y en a une qu'on n'a pas fini de rénover parce que c'est un chantier colossal. On a rénové la première maison et en fait, on voulait s'y installer. Mais il y avait tellement de passages. Parce qu'en fait, il faut savoir que ce domaine qu'on a repris, il n'avait pas de circuit commercial. C'était les gens qui venaient acheter à la propriété. Tu sais, ils prenaient à la tirette, comme ils disaient. C'était du vrac. Du coup, il y avait des gens qui passaient tous les jours, toute la journée, le dimanche. Et en fait, on n'avait pas de vie. C'était terrible. C'était vraiment comme dans un moulin. Il y avait tout le monde qui rentrait. Et du coup, on s'est dit, on ne pourra jamais s'installer là. Et puis bon.
- Speaker #1
Tu n'avais peut-être pas trop envie.
- Speaker #0
Il y avait d'autres choses. Après, il y avait aussi... mais... qui a inspiré le livre après, il y avait des trucs bizarres. Il y avait des phénomènes étranges.
- Speaker #1
Trop bien, tu vas m'en parler. Il n'y avait pas le côté, moi, de ce que tu me racontes. Je vois d'abord le fait de se dire, OK, je quitte Bordeaux. Déjà, La Rochelle, c'est une ville assez dynamique. Il n'y a pas la taille de Bordeaux. Bordeaux, ce n'est pas une ville immense, mais c'est une ville qui est quand même 500 000 habitants, je crois. Il y a quand même pas mal de choses à faire. Là, on parle de Fronton, à côté de Montauban, qui est à côté de Toulouse. Toulouse ressemble à peu près à Bordeaux, mais du coup, Montauban est plus petit. Je pense que c'est quand même plus gros qu'une ville comme Libourne, Montauban. Oui. C'est gros, Montauban.
- Speaker #0
C'est un peu plus développé, c'est dynamique quand même.
- Speaker #1
Mais ce que je veux dire, il n'y avait pas ça dans la tête. Tu n'avais pas envie de m'enterrer ?
- Speaker #0
Je n'avais pas trop réfléchi à ça.
- Speaker #1
Ah, ok.
- Speaker #0
J'avais plus réfléchi au domaine et je me disais Bordeaux c'est pas loin, on ira souvent.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est pas loin.
- Speaker #0
Mais bon, après c'était compliqué d'y aller souvent au final parce qu'il y a beaucoup de travail au domaine. Et du coup au début ça a été dur le changement de vie. Et au début c'était un peu difficile de s'adapter à la nouvelle vie. Moi je sors beaucoup, j'ai besoin de faire plein de choses, je suis super dynamique. Et du coup là c'est beaucoup plus calme. Les gens sont pas... Alors c'est trop marrant, les gens ici ils parlent beaucoup, ils sont très accueillants. Bordeaux, c'est un peu plus froid aussi. Il y a quelqu'un un peu dans son truc. Moi, quand j'arrivais dans une boutique ici, tout le monde me parlait. Ça faisait trop rire, Nicolas. Je disais, mais qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils me disaient, mais Morgane, ils sont polis. Ils te disent bonjour. Les gens ici, ils rentrent vachement dans l'intimité. C'est marrant. Maintenant, je suis habituée. Ça me fait rire. Mais ça a été un changement drastique avec Bordeaux. Mais après, j'ai beaucoup aimé. Et surtout, si je n'étais pas venue là, je n'aurais jamais pu écrire mon livre parce que j'ai découvert des trucs. incroyable sur le domaine, sur la ville de Montauban. Et ça a été encore une autre étape dans ma vie. Ça m'a fait mûrir, mais de dingue.
- Speaker #1
Alors, tu nous avais dit qu'on te poussait à l'écriture quand tu étais plus jeune, parce que tu étais talentueuse. À quel moment, dans quel timing, dans quel délai, tu passes à l'acte ? Passer à l'acte.
- Speaker #0
De l'écriture, tu veux dire ?
- Speaker #1
De l'écriture. À quel moment tu commences à travailler sur un projet défini et précis ?
- Speaker #0
En fait, d'abord, il y a eu l'école de danse. Et c'est important, ça m'a amenée à l'écriture.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Oui, il y a eu la danse.
- Speaker #1
Ah mais il faut en faire huit des podcasts avec elle, c'est pas possible. Non mais grave, et tout est tellement cohérent. Parce que tu nous l'as dit, tu nous l'as dit à partir du moment où tu nous parlais de... Quand tu étais à La Rochelle, c'était tes parents gamines, la danse, l'écriture, bien avant le vin et des choses pragmatiques.
- Speaker #0
En fait, dès lors que j'ai eu le domaine, je me suis rendu compte qu'en fait... Parce qu'à Bordeaux,
- Speaker #1
tu dansais encore ? Oui,
- Speaker #0
beaucoup. Alors en fait, ça je ne l'ai pas dit, mais à côté de mes études d'onologie, j'ai fait beaucoup de concours de danse. Je me suis fait plein de projets comme ça. Et j'ai eu les meilleurs prix que j'ai jamais eu dans ma vie. J'ai eu plein de médailles d'or. Je me suis fait repérer par des chorégraphes. J'ai eu... plein de choses comme ça, de projets qui sont arrivés.
- Speaker #1
Comment justement, par rapport à ça, je repose la question que j'ai posée tout à l'heure mais différemment, là t'es un peu plus âgé, tu nous dis, c'est pour ça que je repose cette question, tu nous dis, t'as eu des prix comme t'as jamais eu, t'es repéré par des chorégraphes, t'as pas eu un moment le fait de dire pourquoi je partirais ?
- Speaker #0
Pourquoi tu bascules pas ? J'ai un ami chorégraphe qui m'a fait rentrer dans un projet, on avait une petite compagnie, Il y avait un projet pour danser en Lettonie, etc. Sauf qu'il y a eu le Covid. Donc, tout s'est arrêté. Il n'y avait pas trop de projets artistiques dans ce sens-là pour devenir danseur. Et après, moi, j'ai beaucoup dansé depuis mon enfance. Si tu veux, j'ai fait énormément de scènes, énormément de concours. Et je crois qu'à ce moment-là, je suis arrivée à un stade où j'avais envie de chorégraphier et de transmettre. Et du coup, j'avais vraiment envie de créer plus que de danser. Donc, chorégraphier pour les autres.
- Speaker #1
Ça, j'entends. Mais est-ce que cette histoire de... C'est quoi ? C'était une troupe qui partait en... Tu t'as dit en Lettonie ?
- Speaker #0
Oui, c'était pour une ouverture de festival en Lettonie. C'était à l'initiative d'une professeure de danse classique qui avait été formée à Saint-Pétersbourg.
- Speaker #1
Ça devait être quoi ? Une pièce graphique. Sur quoi ?
- Speaker #0
C'était Le Petit Prince.
- Speaker #1
Ah, trop fort. C'était quoi ? Genre une tournée ?
- Speaker #0
Ouais, c'était ça.
- Speaker #1
Genre sur six mois, sur un an ?
- Speaker #0
Non, c'était moins long que ça. Je ne me rappelle pas exactement parce que du coup, on n'a pas pu le faire. Et toi ?
- Speaker #1
Toi, sinon, tu l'aurais fait. S'il n'y a pas le Covid, tu l'aurais fait.
- Speaker #0
Oui, je m'étais engagée pour.
- Speaker #1
Tu t'étais engagée pour. Donc, résultat, c'était un moment où tu n'avais pas encore la propriété, donc tu pouvais lâcher.
- Speaker #0
J'allais avoir la propriété, mais j'avais encore un an devant moi. Donc, je me suis dit, je vais tester pendant un an de préparer ce projet.
- Speaker #1
Tu ne t'es jamais dit ce que je me dis là, en disant, il n'y a pas le Covid, tu pars en Estonie, tu fais le tour, c'est génial. potentiellement on te propose d'autres projets.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Tu ne t'es jamais dit ou tu t'es dit heureusement que ce n'est pas arrivé parce qu'in fine, je me suis rendu compte que je préférais être chorégraphe qu'être chorégraphier. En fait,
- Speaker #0
pendant qu'on préparait ça, je me suis rendu compte que je n'aimais pas trop le côté danseur parce que tu décides de rien en fait. Tu es un interprète. Et du coup, je me disais j'aime bien avoir mes idées sur quelque chose. J'aime bien créer aussi.
- Speaker #1
Préfère être créatrice qu'écoutante.
- Speaker #0
Et transmettre aussi.
- Speaker #1
Ou juste interprète.
- Speaker #0
J'avais vraiment envie de transmettre. La transmission, c'est super important. Je voulais vraiment apporter à des personnes ce que j'avais vécu, toutes mes expériences de concours, toutes les années que j'ai vécues dans la danse, parce que j'en ai fait plein des projets dans la danse. Et je sentais ça vraiment en moi, tu vois.
- Speaker #1
Du coup, quand tu reprends la propriété à Fronton, là... C'est ça cette première étape sur laquelle tu nous as amené. Là, tu t'es dit, OK, j'ai la propriété, c'est bon.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Allez. On va parler danse. Ce n'est pas suffisant de reprendre une propriété.
- Speaker #0
Exactement. Donc ce que j'ai fait, j'ai contacté, je suis rentrée à une école de danse à Toulouse qui s'appelle James Carless, le centre chorégraphique James Carless. C'est une école de formation professionnelle pour danseurs, pour futurs professeurs, pour futurs chorégraphes. Il y a pas mal de diplômes. Tu passes une audition, t'es pris ou t'es pas pris. Bon j'ai été prise. Du coup je suis rentrée en première année chez eux. Ce qui est super c'est que si tu es entrepreneur à côté ou si tu travailles. Ils ont des formations adaptées, tu vois, t'es pas obligé d'y aller tous les jours, t'as les cours à la maison. Ça dépend du profil, vraiment. Moi, vu que j'avais fait des études aussi...
- Speaker #1
C'est où, là où tu devais répéter la formation physique ?
- Speaker #0
James Carless, c'est à Toulouse. C'est à l'amphi de Toulouse. Et donc, c'est super bien fait parce que moi, c'était vraiment adapté à mon planning, donc c'était trop bien. Et donc, j'ai commencé mes études d'enseignement là-bas. Et pour pouvoir me former à l'enseignement, parce qu'il faut donner des cours pour te former, parce que tu n'apprends pas la pédagogie comme ça, j'ai donné des cours dans l'association de Fronton, qui était une mini-association de village, tu vois. Et donc j'ai commencé comme ça, mes premières élèves, je les ai eues à Fronton, en fait.
- Speaker #1
Ça a duré combien de temps ce cursus de formation ?
- Speaker #0
C'est sur deux ans.
- Speaker #1
C'est sur deux ans.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et t'es formée à être prof de danse, quelle que soit la danse ? Ouais. Mais la partie chorégraphie ?
- Speaker #0
ça n'a rien à voir là c'était la formation moi j'ai pris la formation prof de danse pour rentrer dans cette formation il faut déjà passer un examen il faut être titulaire d'un examen qui s'appelle l'EAT c'est l'examen d'aptitude technique ça c'est à dépend du ministère de la culture tu peux le passer via un centre de formation ou tu peux le passer en candidat libre moi je l'avais passé en candidat libre tu veux savoir si tu sais danser quoi si tu sais danser niveau professionnel pour pouvoir enseigner en gros il faut que tu sois lisible qu'on considère que t'as un niveau pro quoi d'air.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
pouvoir enseigner pour ne pas apprendre n'importe quoi.
- Speaker #1
Pour être cohérent.
- Speaker #0
Après, c'est un examen qui n'est pas facile quand même. Et souvent, tu le fais dans un centre de formation. Moi, quand je l'ai passé en 2019, il y avait pas mal de gens qui le passaient encore en candidat libre. Du coup, je l'ai passé en candidat libre parce que c'était un gain de temps. T'imagines, j'aurais jamais eu le temps sinon. Donc, je l'ai eu. Donc, je suis rentrée chez James Carless. Et donc, j'ai commencé à donner des cours dans la petite asso à Fronton. Et j'ai bien aimé. J'ai accroché direct. Et j'ai directement voulu fonder mon truc. Mais pas à Fronton. parce que Fronton, c'est trop petit. Et je me suis dit, le mieux, c'est Montauban, c'est la ville la plus grosse à côté. Et il y avait pas mal d'écoles ici. Il y a toujours pas mal d'écoles. Et il n'y avait pas beaucoup de contemporains. Moi, je suis très contemporain maintenant. Je fais beaucoup de classique aussi, mais le contempo, ça me parle plus. Et c'était dans l'air du temps. Ça devenait vraiment à la mode. Autant quand j'étais enfant, c'était pas du tout à la mode. C'était trop avant-gardiste. Et maintenant, c'est la discipline, je pense, la plus à la mode, tu vois, avec le jazz. Mais vraiment, le contempo, c'est... Ça a pris une ampleur, c'est incroyable, même internationalement.
- Speaker #1
Je suis obligé de dire que je suis quand même un petit peu étranger à cette partie technique. Mais j'entends souvent parler, parce que j'ai des filles, et du coup, les modern jazz, les... Mais j'avoue, je ne sais pas faire la différence entre le jazz, le contemporain. Je sais juste le classique, c'est les pointes ou les demi-pointes quand t'es plus petite. Et puis après, le contemporain, c'est...
- Speaker #0
Si tu veux, pour simplifier, tout part du classique. C'est vraiment, c'est pour ça qu'on dit souvent, il faut des bases en classique pour être un bon danseur. Tout part du classique. Après, il y a eu le jazz qui a été développé surtout par les Afro-Américains. Donc ça, c'est une danse incroyable d'inspiration africaine. Et ensuite, c'est l'ère du swing, etc. Ensuite, il y a eu le moderne aussi, qui part du jazz, mais sur des musiques beaucoup plus conceptuelles, un peu plus modernes. Et le contemporain, si tu veux, c'est tout ça mélangé, mais non codéifié. Donc, tu fais ce que tu veux. Ça peut être juste... Alors, t'as des... Du coup, tu as plein de formes de contemporain. Moi, je fais du contemporain assez technique quand même, basé sur des choses de moderne, de classique. Mais si tu es juste assis et que tu laves une main super doucement, ça peut être considéré comme de la danse contemporaine. C'est non codifié, tu peux faire ce que tu veux. Ça peut être aussi des gens qui discutent l'un à côté de l'autre.
- Speaker #1
Tu veux dire que là, potentiellement... Ça peut être de la danse. Ça peut être une prestation artistique,
- Speaker #0
tu vois. Tu peux imaginer tout et n'importe quoi.
- Speaker #1
Et du coup, quand tu... C'est pour ça que je pose cette question aussi. Parce que tu dis, j'ai préféré me mettre dans le contemporain par rapport à mon école. Parce qu'aujourd'hui, tu as monté ton école.
- Speaker #0
C'est classique et contemporain.
- Speaker #1
Je fais les deux. Mais en vrai, tu pourrais faire Modern Jazz aussi.
- Speaker #0
Oui, mais après, je ne suis pas diplômée en Modern Jazz. Ah,
- Speaker #1
c'est des histoires de diplômes. Donc, tu es diplômée contemporain et classique.
- Speaker #0
Je ne suis pas diplômée en classique non plus.
- Speaker #1
Pas en classique.
- Speaker #0
Mais classique, honnêtement, j'en ai fait toute ma vie. J'ai eu beaucoup, beaucoup de... Grosso modo,
- Speaker #1
dans ton école, tu fais une section un peu classique pour arriver au contemporain ? En fait,
- Speaker #0
c'est ça. Moi, c'est plus une école de contemporain. Et le classique permet...
- Speaker #1
C'est pour faire les gammes, c'est le seul fait.
- Speaker #0
Exactement. Mais après, on a des bons résultats. On fait pas mal de compétitions, on a des bons résultats en classique aussi. Et puis, plus ça va, plus je reviens au classique. Là, je m'en rends compte. Donc, tu vois, je me tâte à même passer mon diplôme en classique, mais en candidat libre.
- Speaker #1
Vas-y, franchement, je pense que tu ne fais pas assez de choses. Pour un moment, il faut y aller, Morgane.
- Speaker #0
C'est juste pour dire que je l'ai, tu vois.
- Speaker #1
Géniante.
- Speaker #0
Mais on développe bien le classique, donc c'est cool.
- Speaker #1
Combien d'élèves ? Pour qu'on se donne une idée. Enfin, en tout cas, j'ai une idée. Ouais, l'école, c'est quoi ?
- Speaker #0
Maintenant, j'en ai presque 300. C'est énorme, ouais.
- Speaker #1
Je suis obligé de re-répéter. Après, c'est une petite ville. C'est normal. Oui, oui.
- Speaker #0
On a pris sur les petites villes.
- Speaker #1
Juste que je comprenne. Donc, la propriété, comment on peut dire ça ? Est-ce que ça va parler aux gens ? Vous faites combien d'hectos, à peu près ?
- Speaker #0
Alors...
- Speaker #1
Juste pour dimensionner les choses.
- Speaker #0
Ça dépend. Cette année, on n'a pas fait beaucoup vu qu'on a eu un millésime pourri.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Sinon, attends, laisse-moi réfléchir.
- Speaker #1
Non mais à la grosse douche c'est pour dimensionner Sur la propriété déjà vous êtes deux On est deux C'est full time job pour deux personnes C'est ça,
- Speaker #0
pas full time maintenant parce qu'on a arraché des terres On a arraché un peu c'était trop gros Avec tout ce qu'on faisait autour Il y avait combien d'hectares ? De base il y avait 13 hectares Il y en a 6 On a enlevé tout ce qui n'était pas qualitatif Et tout ce qui n'était pas historique au domaine On a voulu vraiment repartir sur le domaine historique Recentrer Oui.
- Speaker #1
Mais du coup, moi, j'essaie de recadrer. C'est-à-dire qu'il y a la propriété, vous êtes deux dessus. Il y a six hectares à exploiter. Vous vendez, je pense, un peu partout en France et à l'international. Ça se passe bien, commercialement parlant ?
- Speaker #0
Oui, après, bon, là, en ce moment, c'est la crise. Donc, ça a baissé.
- Speaker #1
C'est un peu moins facile. Sinon,
- Speaker #0
ça s'est toujours bien passé.
- Speaker #1
On est en 2025. Voilà, on est en 2020. Donc, il y a ça. Il y a le restaurant qui est ici, en plein centre de Montauban, où on enregistre cet épisode.
- Speaker #0
Là, c'est Mathis qui gère le plus.
- Speaker #1
C'est Mathis qui est associé. Mais vous avez les parts dedans, mine de rien. Ça prend du temps.
- Speaker #0
On travaille pas mal ici quand même. Mais vraiment, pour moi, celui qui gère le plus ici, c'est Mathis. Il est là tout le temps, si tu veux.
- Speaker #1
OK. Donc, il y a quand même un petit 2. Il y a le restaurant. Ensuite, on a l'école de danse. Ouais. Juste 300 élèves. Voilà.
- Speaker #0
Après, il y a plusieurs. Alors, il y a du pilates. Il y a de l'afro dance. C'est pas moi qui donne ces cours.
- Speaker #1
J'imagine.
- Speaker #0
Il y a du hip-hop. Il y a...
- Speaker #1
T'as combien de profs, du coup ? Comment ça se passe d'ailleurs ? C'est à l'heure ? Comment tu gères ces collaborateurs ?
- Speaker #0
Oui, c'est à l'heure. Ce n'est pas des auto-entrepreneurs.
- Speaker #1
C'est en mode freelance auto-entrepreneur. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Ils donnent des cours un peu partout. Toi,
- Speaker #1
ça te prend combien de temps ? Toi, tu es prof, combien de temps ? En plus de gérer l'école.
- Speaker #0
Alors moi, je suis prof tout le mercredi après-midi jusqu'à 21h. De 14h à 21h. Le jeudi, toute la soirée. Le vendredi de 18h à 22h. Le samedi de 9h à 14h, donc toute la demi-journée. Et pendant les vacances, des fois les dimanches pour des répétitions. En gros, moi je délègue le mardi à une élève que j'ai formée. Elle donne aussi quelques cours le mercredi, parce qu'on a deux salles, donc elle prend tous les petits dans la deuxième salle, les plus petits. Et elle fait un peu le jeudi aussi. Et donc le classique et le contemporain, ça représente ça. l'école de danse, la 300 personnes. Ça ne s'est pas fait comme ça.
- Speaker #1
Ça a été développé au fur et à mesure. Progressif. Ça fait 4 ans maintenant, oui.
- Speaker #0
Mais surtout, là où ça m'intéresse, ça fait 4 ans maintenant. 2025, ça commence en 2021.
- Speaker #1
En fait, je pense qu'il y a fait qu'on a pas mal de monde. Déjà, c'est qu'on est dans une petite ville. Et j'ai remarqué dans les petites villes ou les petits villages, les associations sportives, elles sont beaucoup plus remplies. Déjà, tu as moins de concurrence, je pense. Et aussi, il y a... pas beaucoup de choses à faire, donc tout le monde se trouve une passion. Et ensuite, on fait beaucoup de projets artistiques. Moi, j'ai embarqué toutes mes élèves dans mes idées folles, tu vois. Donc, on fait pas mal de concours. Du coup, on sillonne la France, on va à Cannes, on va à Montpellier, tu vois. On fait des trucs de fous. Donc, forcément, ça donne envie. On fait des représentations place nationale. J'ai envie de décorer grave de Bordelais, justement. Et on essaie de faire bouger la ville, parce que, justement, c'est une petite ville. Donc l'idée, c'est d'apporter un peu ce que tu peux trouver dans les grandes villes. J'essaie de faire pas mal de trucs, tu vois.
- Speaker #0
J'ai brûle d'impatience de savoir comment l'écriture, comment tu y arrives. Et puis c'est surtout quand, là, j'ai entendu ceux qui ont l'oreille aussi, où tu disais oui, quand on est venu s'installer à Fronton, la maison. Et puis après, quand je t'ai parlé d'écriture, tu me disais attends, attends, attends, il y a eu la danse d'abord.
- Speaker #1
Et c'est important, tu vas voir pourquoi. En fait, quand j'ai commencé à enseigner, c'est ça qui est marrant, il y a une petite fille dans mes élèves qui m'a inspirée. Je la trouvais un peu mystique.
- Speaker #0
Alors, juste avant de commencer là-dessus, sur cette petite fille de ton école de danse, et je vois le lien du coup maintenant, est-ce que tu avais déjà, quand tu étais... justement de plus jeune à l'école, au collège, au lycée quand tu disais mes profs ils me poussaient ou tu étais déjà sur des petits projets d'écriture tu veux dire oui sur l'écriture pardon j'ai écrit un recueil de nouvelles et avant ce recueil de nouvelles t'étais en mode j'écrivais
- Speaker #1
des choses comme ça j'ai retrouvé pas mal de poèmes aussi j'avais aucun souvenir de ça mais j'ai écrit des quantités de poèmes Et je ne m'en rappelais pas du tout, tu vois, c'est marrant. Et après, j'étais surtout douée en rédaction. Tu sais, dès qu'il y avait des projets d'écriture inventive, ça m'intéressait. Je me mettais à fond dedans.
- Speaker #0
Ça, je l'imagine bien. Mais du coup, le recueil de poèmes au lycée.
- Speaker #1
Ouais, de nouvelles.
- Speaker #0
De nouvelles, pardon. Recueil de nouvelles.
- Speaker #1
Et qui étaient fantastiques. C'était du style fantastique déjà.
- Speaker #0
Et du coup, c'était des nouvelles pour qu'on le dimensionne un peu. Ces nouvelles-là, ça faisait je ne sais pas combien de pages. Sur un format livre de poche ?
- Speaker #1
Vingtaine de pages.
- Speaker #0
Chaque nouvelle ?
- Speaker #1
Oui, sur un petit livre comme ça. Donc, ce n'est pas énorme. Non, non, non. En termes de mots, je ne saurais pas. Du coup, en recueil,
- Speaker #0
tu faisais ?
- Speaker #1
Sur un recueil ?
- Speaker #0
Tu avais combien de nouvelles, en fait, dans ce fameux recueil ?
- Speaker #1
On avait deux.
- Speaker #0
Tu avais deux nouvelles ?
- Speaker #1
Oui, deux.
- Speaker #0
Et en fait, c'était un projet qui était au départ inspiré... Par l'école ? À quel moment je griffonne des trucs sur mon cahier ?
- Speaker #1
C'était un concours national, il me semble, de nouvelles. Je ne sais plus, c'était par...
- Speaker #0
En fait, tu es passionnée de concours.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas ça. Je blague,
- Speaker #0
parce que c'est vrai que tu nous en as beaucoup parlé au temps de la danse.
- Speaker #1
C'est marrant, mais je n'avais pas fait le lien. Mais c'est plus que du coup, ça t'amène vers un projet. Les concours, en fait, ça te...
- Speaker #0
C'est une finalité et ça te challenge.
- Speaker #1
Oui, et puis surtout, tu vois, par exemple, tu ne vas pas forcément savoir sur quoi écrire. Et là, il y a quelque chose avec une bourse à la clé sur un projet. Donc, tu dis, je le fais, je fais un choix.
- Speaker #0
Mais trop bien. Non, mais ça répond à la question que j'allais te poser. Genre, pourquoi ? C'est pas plus. C'est ce qui t'a motivé. Mais OK, tu viens de répondre. Là,
- Speaker #1
c'était plus, j'avais un proposé.
- Speaker #0
Le concours était le prétexte pour avoir un thème. Et du coup, tu cadrais et ta créativité et ton...
- Speaker #1
Je ne sais même plus quel était le thème, tu vois. Je n'ai aucun souvenir. Mais je sais que j'avais écrit une nouvelle qui parlait d'un arbre. Et c'est marrant parce qu'on en reviendra après. mais J'étais super inspirée par l'idée d'écrire sur un arbre. Et en fait, ça s'était trop perché. Ça parlait d'un jeune garçon qui se transformait en arbre et tout ça, et qui comprenait des choses sur la vie et tout ça.
- Speaker #0
C'était un peu perché. Tu parles d'arbre, ensuite moi j'entends arbre, bio, oenologie. Oui, nature, tout ça. Je reviens, du coup, je fais ce saut. Je voulais savoir comment, mais du coup, j'ai compris. Donc, toujours, tu avais écrit des petites choses, plus des poèmes. Avec cette histoire de concours, tu t'étais trouvé une espèce de prétexte. C'est quoi ? C'est un prof qui t'en avait parlé ? Alors ça,
- Speaker #1
je ne m'en rappelle plus du tout. C'était en terminale.
- Speaker #0
Mais tu tombes sur un truc.
- Speaker #1
Ou alors peut-être, je ne sais pas, c'est peut-être mes parents. Là, vraiment, j'en ai plus.
- Speaker #0
Et tu l'as matérialisé, c'est-à-dire qu'il y a eu une petite édition. Oui, une petite édition.
- Speaker #1
C'était de l'édition à compte d'auteur. Tu sais, on a payé un petit truc et on a eu une édition. Et c'était vraiment mes tout premiers pas dans l'écriture.
- Speaker #0
C'est génial. Je trouve que quand on fait des choses, les concrétiser aussi modestement soit-elle, que ça puisse se garder et du coup se transmettre, je trouve que c'est...
- Speaker #1
Surtout aujourd'hui, quand je revois le recueil, je me dis que ça me touche parce que c'était un petit truc. Et au final, ça a été le point de départ d'autre chose, quoi. Tu vois ? Et je me rappelle qu'en médecine, j'ai commencé à écrire quelque chose. Et c'est trop marrant parce que j'ai commencé à écrire un truc qui ressemble à One Piece. Et incroyable, j'avais commencé à écrire une histoire sur un garçon qui prenait la mer et qui avait un équipage et il partait sur plusieurs îles. Mais je n'avais jamais vu One Piece, je n'en avais jamais entendu. Voilà,
- Speaker #0
pour ceux qui ne connaissent pas, je ne suis pas un grand spécialiste, mais tu peux les recadrer au moins. Je ne suis pas spécialiste du fantastique ni des mangas, mais je crois que One Piece, c'est ce petit garçon un petit peu maigre en mode pour ma génération, Tom Sawyer. et grosse grosse manga gros carton donc allez voir, renseignez-vous si vous connaissez pas pour voir à peu près ok et toi en mode tu sors un truc et tu vois le,
- Speaker #1
parce que genre blockbuster international j'avais commencé à écrire et je m'étais arrêtée et en fait après j'ai découvert One Piece et je me suis dit mais ça ressemblait trop ce que j'avais commencé à faire et du coup j'ai pas continué.
- Speaker #0
Mais du coup t'avais ce truc d'écriture même en médecine t'étais un peu perdue, tu t'es remis c'est quelque chose qui te faisait du bien ?
- Speaker #1
Ouais j'aimais bien et je savais qu'un jour j'écrirais quelque chose mais Merci. Alors c'est là que c'est intéressant. Je me suis rendue compte, après, que je n'avais pas la matière pour, et je n'avais pas vécu assez de choses. Parce que je pense que pour écrire quelque chose de vraiment quali, vraiment quelque chose qui va te transcender et que tu vas pouvoir vraiment envoyer aux autres, il faut avoir du vécu et je me suis rendue compte que tu ne peux pas écrire trop jeune non plus en fait.
- Speaker #0
Ouais, comme dans tout, je suis sûr qu'il y a plein de contre-exemples, mais oui, bien sûr. pour avoir de la matière en tout cas moi je sais qu'il m'a fallu voilà il faut des expériences il faut un peu de vécu je reviens du coup à donc tu montes cette école de danse et tu dis bah c'est en fait c'est un peu ça qui a projeté qui a projeté mon aventure ou ma concrétisation dans l'écriture parce que tu me disais tu nous disais tout à l'heure bah oui il y avait une petite qui m'a trop trop inspiré pourquoi elle t'a inspiré cette petite d'ailleurs ?
- Speaker #1
alors je ne sais pas c'est ma petite voix interne encore Oui. Quand je l'ai rencontrée, elle était en 5e, donc maintenant elle est en seconde. Donc elle avait, quel âge en a en 5e ? 12 ans. Ouais, elle avait 12 ans.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et en fait, cette petite, elle était originaire, elle avait des origines de la Réunion. Et son papa était français, et il est toujours un. Et donc, elle était très très dynamique. Elle vit dans un petit village qui n'est pas Montauban, un peu paumé dans la Pampa. Et elle fait quasiment 30 minutes de route pour venir prendre mes cours de danse. Et c'est une enfant très rêveuse, très dynamique. Je trouvais qu'elle dégageait quelque chose. Je pense qu'elle m'a un peu rappelée moi, petite. C'était quelqu'un qui rêvait de vivre plein de choses. Elle avait toujours, elle a toujours des étoiles dans les yeux. Et en fait, elle vivait dans un petit village un peu reclus, toujours. Donc, il n'y a pas grand-chose. Et elle vit que pour ça, que pour la danse. Elle est très douée en plus. Vraiment, je me suis rendue compte qu'elle avait un talent de dingue. Et surtout, elle a un talent d'interprète incroyable. Elle a des yeux et des expressions qui m'ont marquée. Et du coup, très vite, entre cette petite fille qui est devenue une de mes élèves et des choses que j'ai découvertes dans la ville, quand je me suis installée à Montauban, il y a une histoire qui est née en moi. Et je me suis dit, ça y est, j'ai enfin le roman que je rêve d'écrire depuis des années.
- Speaker #0
Depuis longtemps.
- Speaker #1
Ouais, et l'histoire, elle est venue à moi comme ça, presque comme si on me l'avait soufflé. Je sais qu'un matin, je me suis réveillée, j'avais tout dans la tête et je me suis dit, c'est incroyable. Je peux écrire un truc de fou là.
- Speaker #0
Un truc de fou. Merci Morgane pour ce partage. Et vous autres qui nous écoutez, restez à l'écoute. La deuxième partie va arriver très vite.