Speaker #0Est-ce que vous avez déjà regretté une décision prise sur un coup de tête ? Moi oui, plusieurs fois. Et à l'inverse, est-ce que vous avez déjà tellement hésité que finalement vous n'avez rien fait du tout ? Moi aussi. La réalité c'est que la plupart d'entre nous, on n'a jamais vraiment appris à décider. On réagit à l'émotion du moment et parfois ça marche. souvent on le paye plus tard. Aujourd'hui je vous partage un principe que j'utilise personnellement, il tient en trois chiffres et honnêtement il m'a évité beaucoup de regrets. Imaginez la scène, vous avez une idée depuis des semaines, un projet, quelque chose que vous voulez créer ou au contraire une habitude dont vous voulez vous débarrasser. Et là, un matin, l'envie est là, forte, vous êtes prêt. Mais quelques heures après, le doute revient, l'élan est retombé et vous ne savez plus vraiment si c'était une bonne idée ou juste un pic d'enthousiasme ou autre chose. Quelqu'un vous dit quelque chose qui vous énerve, et dans les 10 secondes qui suivent, vous avez envie de répondre, vite, fort, maintenant. Dans les deux cas, le problème est le même. Vous êtes en train de décider avec le mauvais outil. Cet outil, c'est l'émotion du moment. Alors je ne dis pas que les émotions c'est mauvais, pas du tout. Mais une émotion, elle a une durée de vie courte, elle est intense, elle est convaincante, et elle disparaît. Le problème c'est que les décisions qu'on prend sous son influence, elles restent. Vous connaissez ce moment où vous vous dites, mais qu'est-ce qui m'a pris ? C'est ça, c'est exactement ça. Ce n'est pas un manque d'intelligence, ce n'est pas un manque de volonté, c'est juste qu'on a utilisé un capteur à court terme pour prendre une décision à long terme. Et ça, ça ne marche pas. On entend souvent « faites confiance à votre instinct » . Et l'instinct, il a sa place dans des situations où vous avez une vraie expertise, une vraie expérience du terrain. Oui, l'instinct est un outil précieux. Mais l'instinct sans recul, c'est juste de l'impulsion. Habillé en sagesse, rien de plus. Et à l'autre bout... il y a des gens qui analysent tout à l'infini. Des tableaux, les avis de tout le monde, les reports à répétition. Et au final, ils ne décident pas, ou trop tard. Ni l'impulsion ni la paralysie ne sont la bonne réponse. Ce qu'il faut, c'est un cadre simple, rapide, concret. Ce cadre, je l'appelle la règle des 10 minutes, 10 mois, 10 ans. Avant de prendre une décision importante, je me pose 3 questions. La première, qu'est-ce que je vais en penser dans 10 minutes ? La deuxième, qu'est-ce que je vais en penser dans 10 mois ? La troisième... qu'est-ce que je vais en penser dans 10 ans. C'est tout. Ça prend 2 minutes et ça change complètement la façon dont on voit un choix. Regardons ce que chaque question fait vraiment. Les 10 minutes, c'est la fenêtre émotionnelle. C'est là que vit l'émotion du moment. La colère, l'enthousiasme, la peur, l'excitation. Cette fenêtre est utile. Elle vous dit ce que vous ressentez vraiment maintenant. Mais elle est dangereuse si c'est la seule que vous consultez. Les 10 mois, c'est la fenêtre de réalité. Dans 10 mois, l'émotion sera retombée. Les premiers résultats seront là. Est-ce que cette décision tient sur la durée ? Est-ce qu'elle a du sens une fois passé le premier élan ? Les 10 ans, c'est la fenêtre d'impact, la plus puissante. Elle vous oblige à vous projeter dans une version de vous qui aura vécu avec les conséquences pendant une décennie. Qui serez-vous ? Qu'est-ce que vous aurez construit ou détruit ? Ces trois fenêtres ensemble, elles créent une profondeur que l'émotion seule ne peut pas donner. Et ce n'est pas juste une intuition. Daniel Kahneman, prix Nobel d'économie, a montré dans ses recherches sur les biais cognitifs que nos décisions sont massivement pilotées par ce qu'on appelle le système 1, le système rapide, émotionnel, automatique. La règle des 10-10-10, elle force l'activation du système 2, le système lent, réfléchi, qui prend des décisions et qui prend en compte les conséquences à long terme. Ce n'est pas un hasard si ça marche. On croit souvent que décider vite, c'est décider fort, que l'hésitation est une faiblesse. Mais les meilleures décisions que j'ai prises dans ma vie, elles n'ont pas été faites dans la rapidité, elles ont été les plus conscientes. Et ça, ça change tout. Parce que décider consciemment, ce n'est pas décider lentement, c'est décider avec les bons repères. Deux minutes avec les bonnes questions va largement mieux que des heures de rumination sans cadre. Je vais vous donner deux exemples, les miens, concrets. Premier temps, la création de ce podcast. Quand j'ai décidé de lancer les clés de l'influence, j'ai posé les trois questions. Dans dix minutes, j'étais motivé, l'envie était là, claire, forte. Dans dix mois, je savais que j'en serais fier, que j'aurais progressé, que j'aurais tenu. Et dans dix ans, là quelque chose s'est passé. J'ai réalisé que je laissais une trace. Mes études, mes expériences, ma façon de voir l'influence et la communication, accessible à ma famille, à mes enfants, à mes amis, et peut-être même à des gens que je ne connais pas mais à qui ça pourrait être utile. Les trois fenêtres disaient oui, décision prise, sans hésitation. Deuxième exemple, arrêter de fumer. Même principe, direction complètement opposée. Dans dix minutes, frustration, le manque, l'irritabilité, ça c'est tout ce que j'imaginais. Dans dix mois, des poumons qui respirent, de l'énergie retrouvée, une vraie fierté. Et dans dix ans, du temps gagné. de la santé préservée du temps avec ceux que j'aime. La première fenêtre disait non. Les deux suivantes disaient oui de manière largement écrasante. Et cette clarté, elle change la nature du choix. Ça ne devient plus un combat contre vous-même, ça devient une décision cohérente avec qui vous voulez être. Décider, c'est l'un des actes les plus humains qui soit. On décide tout le temps, souvent sans y penser, parfois trop vite, parfois pas assez. Parfois même c'est votre cerveau qui décide à votre place avant même que vous en ayez conscience, et ça même la plupart du temps. La règle des 10 minutes, 10 mois, 10 ans, ça ne va pas décider à votre place, ce n'est pas son rôle. Elle vous donne trois points de repère pour voir clairement ce que vous choisissez vraiment au-delà de l'émotion du moment. La prochaine fois que vous hésitez, posez les trois questions. La réponse est souvent là, évidente. Je m'appelle Vincent Anceaume, je suis mentaliste, expert en communication et compétences relationnelles. Depuis des années, j'étudie les mécanismes qui font qu'on influence, qu'on décide, qu'on se laisse convaincre ou pas. Ce podcast, c'est ma façon de partager ce que j'ai appris pour vous aider à mieux décider et mieux communiquer. Et que vous ne vous laissiez plus jamais manipuler sans le voir venir. Aujourd'hui, vous venez de découvrir une clé, maintenant à vous d'ouvrir les bonnes portes. Si cet épisode vous a apporté quelque chose, rejoignez la newsletter Les Clés de l'Influence. Chaque semaine, un principe, une clé, une façon de mieux comprendre les mécanismes qui nous gouvernent. Et téléchargez votre guide offert Manipulateur, les 7 signes pour les reconnaître. Le lien est dans la description. Dites-moi en commentaire quel sujet vous voulez que j'aborde dans un prochain épisode. Je serai ravi de vous lire. Merci d'avoir écouté cet épisode et à la semaine prochaine.