Speaker #0Dans l'épisode précédent, nous avons exploré la confusion fréquente qu'il y a entre argent et valeur personnelle, et aujourd'hui, j'aimerais poursuivre cette réflexion sous un autre angle, à savoir la manière dont la relation à l'argent peut se construire différemment chez les femmes et chez les hommes. L'idée, bien évidemment, ce n'est pas d'opposer ou de caricaturer. Il s'agit plutôt de comprendre que les femmes et les hommes n'ont pas toujours grandi avec les mêmes messages concernant l'argent, la réussite, la légitimité, ou la valeur personnelle, et que ces apprentissages influencent encore aujourd'hui nos comportements financiers et nos relations avec l'argent et avec nos partenaires de vie. Mettre ces différences en lumière permet de mieux se comprendre, de mieux communiquer, et souvent de se libérer de certaines croyances qui ne nous appartiennent pas vraiment. Bonjour et bienvenue dans le podcast Les Dessous de l'Argent. Je m'appelle Delphine, je suis coach de vie spécialisée dans la relation à l'argent. L'argent est encore un sujet tabou dans de nombreux pays et il peut susciter chez les gens des émotions très fortes et très variées allant de la joie au dégoût en passant par l'admiration, la frustration, la honte, la colère et la haine. Comment l'argent, qu'il soit réel ou virtuel, peut-il avoir un tel impact ? Que se cache-t-il derrière le Graal argent ? Dans ce podcast, j'ai à cœur de partager avec vous des clés pour nous permettre de nous réconcilier avec l'argent et de le remettre à sa juste place. Ensemble, libérons-nous des croyances et des conditionnements qui nous empêchent d'être libres financièrement. Ensemble, reprenons notre pouvoir personnel sur l'argent et exprimons notre plein potentiel au service du monde que nous désirons co-créer. Chez beaucoup de femmes, la valeur personnelle s'est historiquement construite autour du lien. autour du soin et de la disponibilité à l'autre, autour du fait d'être utile, d'être présente, d'être aimante. Et la reconnaissance et la légitimité se sont longtemps gagnées par le don. Être appréciée ou aimée passait davantage par ce que les femmes donnaient plutôt que par ce qu'elles osaient demander. Et dans ce cadre, désirer de l'argent et plus encore le réclamer a parfois été perçu comme déplacé, indélicat, voire moralement suspect. ou incorrectes. Donc les femmes, elles ont souvent appris que demander, qu'il s'agisse d'une augmentation, d'une juste rémunération ou d'un prix plus élevé si elles sont accompagnantes ou entrepreneurs, ou même se mettre en avant, pouvait déranger et être risqué relationnellement ou symboliquement. Alors au lieu de réclamer, elles ont misé sur le don en donnant de leur temps, de leur énergie et de l'attention, sans rentrer dans des généralités Les femmes ont souvent tendance à beaucoup s'investir dans ce qu'elles font, souvent au-delà de ce qui est raisonnable, et elles ont aussi tendance à donner sans compter, avec l'espoir implicite que leur valeur sera vue sans avoir à être nommée, que la reconnaissance, y compris la reconnaissance financière, viendra d'elle-même, et que la relation, que ce soit avec un client, que ce soit avec un employeur ou un partenaire de vie, leur offrira sécurité et validation. Ce n'est pas une stratégie consciente du type « je travaille plus pour gagner plus » , c'est plutôt « si je suis assez engagée, si je suis assez loyale, assez dévouée, alors je serai reconnue et en sécurité, je ne serai pas rejetée » . Mais au moment de recevoir, il y a quelque chose qui peut se crisper en elle. Recevoir de l'argent peut réveiller une gêne diffuse, réveiller une culpabilité, comme si cela venait contredire cette identité construite autour du don. Comme s'il fallait encore prouver, encore mériter, encore justifier sa place. Et dans ce contexte, on voit que l'argent n'est plus neutre. Il devient quelque part une autorisation tacite à exister, ou au contraire, une source de culpabilité silencieuse et persistante. Et tant que cette culpabilité n'est pas conscientisée, elle va freiner la capacité à recevoir pleinement et à se sentir légitime, même lorsque la valeur offerte est bien évidemment réelle. Chez beaucoup d'hommes, la valeur s'est construite autour de la capacité à assurer, à tenir, à subvenir aux besoins de la famille. Elle est davantage liée à la performance et à la sécurité. Très tôt dans leur enfance, les hommes ont souvent appris qu'être un homme signifiait être fort, être solide, être fiable, ne pas trop douter et surtout ne pas faillir financièrement. L'argent représente souvent pour eux bien plus qu'un moyen de subsistance. Il est associé à leurs valeurs personnelles, à la respectabilité et parfois même à leur identité. Gagner de l'argent, réussir financièrement et matériellement sont perçus comme des preuves qu'ils sont à la hauteur. Il faut bien voir que cette association, elle crée une pression constante et souvent silencieuse. La pression de devoir tenir, de devoir produire, de devoir subvenir sans montrer fragilité. Tant que les choses vont bien, que l'équilibre semble assuré, la reconnaissance est là et le sentiment de légitimité se maintient. Mais lorsque les revenus baissent, qu'un projet échoue ou que l'insécurité financière apparaît, ce n'est pas seulement l'argent qui va vaciller, c'est l'estime de soi qui va être touchée. La peur de décevoir, de perdre sa place ou son statut peut alors conduire au repli, au non-dit et parfois même à la honte. Donc il y a un silence qui va s'installer parce que parler de ces difficultés reviendrait pour certains hommes à admettre une faille là où ils ont appris qu'il fallait être fort. Donc ce silence, il va protéger en apparence, mais il va surtout isoler. Et il va empêcher de demander de l'aide ou de remettre en question un modèle intérieur qui est devenu beaucoup trop lourd à porter. Ces différences dans la manière de penser, dans la manière de ressentir, dans la manière d'agir face à l'argent, face aux liens, face à la valeur personnelle, peuvent générer de profondes incompréhensions. Elles peuvent se manifester dans les couples, Lorsque l'argent touche à l'amour, au pouvoir, à la sécurité ou à la reconnaissance, dans le travail, lorsque demander, facturer, négocier ou recevoir active des croyances, des émotions et des peurs qui sont profondément différentes autour de la légitimité, de la valeur et du lien, et dans les relations en général, lorsque l'un cherche avant tout la clarté et l'affirmation et que l'autre va privilégier le lien et l'harmonie. Ces décalages ne sont pas le signe d'un manque de volonté ou d'une incapacité personnelle. Ils trouvent vraiment leur racine dans des histoires différentes, à la fois personnelles et collectives, dans des modèles transmis parfois silencieusement, mais qui sont profondément intégrés. En fait, ce sont des héritages familiaux, culturels, sociaux, parfois transgénérationnels, qui ont transmis des schémas qui sont en fait des stratégies de survie. Pour résumer, chez la femme, ça peut se traduire par l'identification au don, le fait de se sentir légitime en donnant plus que demandé, par la recherche de reconnaissance par l'engagement, le soin, la disponibilité et l'implication, par l'évitement de la confrontation pour ne pas rompre le lien ou paraître exigeante, par la légitimité par l'utilité ou au service rendu aux autres, ou par la priorité qui est donnée à la sécurité relationnelle pour... préserver le lien et l'harmonie, plutôt que d'affirmer pleinement sa valeur ou ses besoins. Chez l'homme, ça peut se manifester par l'identification à la performance en prouvant sa valeur par les résultats, par le travail, par la réussite mesurable, par la responsabilité de la sécurité, c'est-à-dire qu'il faut assurer la stabilité matérielle, financière ou symbolique. Ça peut aussi se manifester par la mise à distance des besoins émotionnels en apprenant à à taire sa vulnérabilité, à tenir le coup et à ne pas dépendre affectivement, par la confusion entre valeur et utilité économique, c'est-à-dire le fait de se sentir exister à travers ce que l'on rapporte, ce que l'on gagne, vraiment ce que l'on apporte concrètement, ou par la peur de l'échec qui peut parfois être vécu comme une perte d'identité ou une remise en cause profonde de sa valeur personnelle. Tout cela, ce sont des stratégies d'adaptation, des manières de survivre, de rester en lien et de trouver sa place. Pouvoir les voir, pouvoir les nommer, les reconnaître, c'est déjà commencer à s'en libérer. En fait, c'est créer un espace de choix là où il n'y avait que de l'automatisme. Et c'est aussi ouvrir la possibilité de relations plus conscientes et d'un rapport à l'argent et à soi beaucoup plus serein et beaucoup plus équilibré. En complément à cet épisode, Je t'invite à écouter ou à réécouter les épisodes 12, 13 et 14 du podcast Les Dessous de l'Argent qui abordent la question de l'argent dans le couple et comment les femmes ont tardivement accédé au travail rémunéré et à l'autonomie financière et comment ça continue d'influencer en profondeur leur rapport à l'argent, leur rapport à la légitimité et au fait de recevoir. Comme nous venons de le voir, les différences entre les hommes et les femmes par rapport à l'argent révèlent souvent des tendances historiques et culturelles. Les hommes ont été encouragés à agir, à réussir, à prendre en charge financièrement. Alors que les femmes ont appris à entretenir le lien, à donner et à rester discrète dans leurs demandes. Ce que j'ai décrit, ça concerne des tendances majoritaires et pas des règles. Il y a des femmes qui sont très à l'aise avec la demande et des hommes qui sont profondément bloqués par la peur de déranger ou de ne pas mériter. Mais ces tendances ne sont qu'un premier niveau de lecture. En regardant plus en profondeur, il apparaît que ce qui se joue dépasse la question du genre. En fait, il s'agit plutôt d'équilibre intérieur, c'est-à-dire des parts différentes de nous-mêmes, souvent décrites comme le féminin et le masculin psychique ou énergétique, le yin et le yang, l'un qui structure, qui décide et qui agit, l'autre qui reçoit, qui ressent et qui relie. Il faut savoir que nous portons toutes et tous les deux polarités en nous, que nous soyons une femme ou un homme. Et comprendre ces polarités va nous permettre de mieux saisir pourquoi nous sommes en train de nous réunir. certaines attitudes face à l'argent ou à la valeur personnelle se répètent et surtout comment s'en libérer pour retrouver un équilibre. Le féminin psychique, il est caractérisé par une manière d'être au monde centré sur le lien et la relation. Il privilégie l'écoute, l'accueil de ce qui est, la capacité à ressentir finement les émotions, à la fois les siennes et celles des autres. Il est associé à la réceptivité, à l'intuition, à une sensibilité aux ambiances, aux non-dits, aux mouvements subtils. Et le féminin psychique, il cherche naturellement l'harmonie, la cohésion et la continuité du lien. Lorsqu'il est très présent ou insuffisamment équilibré par le masculin psychique, il peut s'accompagner d'une peur de déranger, d'une tendance à s'effacer, à se suradapter ou à éviter le conflit par crainte de rompre la relation. Et le besoin de sécurité relationnelle peut alors prendre le pas sur l'affirmation de soi. Le masculin psychique, lui, est tourné vers l'action, vers la mise en mouvement. Il permet de se positionner, de dire « je » , de prendre une direction et de poser des limites claires. Il est vraiment lié à la capacité de séparation, c'est-à-dire à la capacité de se différencier de l'autre, de décider par soi-même et d'accepter qu'un choix implique parfois une rupture ou un renoncement. C'est vraiment lui qui rend possible le fait de demander, de trancher, d'assumer ses décisions et leurs conséquences. Lorsque le masculin psychique domine sans le féminin psychique, il peut devenir rigide, il peut devenir autoritaire ou coupé de la dimension émotionnelle et relationnelle. Et je répète que chaque personne a les deux polarités en elle. Et selon son histoire, selon son éducation, selon ses blessures, L'une des deux polarités peut être surinvestie et l'autre inhibée. Donc pour synthétiser, le féminin psychique permet de rester en lien, d'être sensible et ajusté. Le masculin psychique permet lui d'exister pleinement, de se respecter et d'agir dans le monde. Et aucun n'est supérieur à l'autre. C'est vraiment ensemble qu'il crée une dynamique intérieure qui permet à la fois de ressentir, de décider, d'accueillir, de poser des limites. et d'être en relation sans se perdre. C'est vraiment ensemble qu'ils vont créer la vie, qu'ils vont créer l'abondance, qu'ils vont créer la richesse. En fait, c'est une danse harmonieuse entre le principe féminin et le principe masculin. Pourquoi c'est essentiel de comprendre ça pour parler d'argent ? Parce que notre relation à l'argent, elle est profondément liée à l'équilibre entre notre féminin et notre masculin intérieur. Faire circuler l'argent mobilise nécessairement le masculin psychique, parce que c'est lui qui permet de poser une demande, de déterminer un prix, de fixer un cadre clair, de dire ceci a telle valeur, et voilà ce que je demande en échange. Et demander de l'argent implique une prise de position, une affirmation de soi, et aussi l'acceptation qu'un non soit possible. Sans ce masculin psychique intégré, la personne elle peut sous-facturer, elle peut hésiter à demander, elle peut même s'excuser de faire payer ou rester dans le flou par peur de perdre le lien ou d'être rejetée. Et cette circulation d'argent ne peut pas se faire non plus sans le féminin psychique qui permet de recevoir. Parce que recevoir de l'argent suppose une capacité à accueillir, à intégrer ce qui est donné, à se sentir digne sans se justifier, sans se crisper. ou se couper de ses ressentis. Le féminin psychique Il permet de ressentir que recevoir ce n'est pas prendre trop, ce n'est pas voler et ce n'est pas devenir dépendant. C'est simplement accueillir ce qui circule. Lorsque le féminin psychique est fragilisé, recevoir peut générer de la culpabilité, peut générer une sorte de malaise ou le besoin de rendre immédiatement. La relation à l'argent va alors devenir défensive ou rigide, c'est-à-dire qu'on va demander mais... On ne va pas accueillir pleinement. Ou alors on va encaisser de l'argent sans plaisir, sans sentiment de légitimité, en se protégeant derrière le contrôle ou l'arrêteur. En fait, quand l'une des polarités est déséquilibrée, l'argent va se charger émotionnellement. Il peut devenir une source de honte, de peur, de colère, de dépendance ou de conflit. Il va cesser d'être un flux. et devenir un symbole lourd et souvent très inconscient des blessures liées à notre valeur personnelle, aux liens et à la séparation. A l'inverse, lorsque le féminin et le masculin intérieur sont suffisamment en harmonie, l'argent peut circuler de manière beaucoup plus fluide. La personne va être en capacité de demander de l'argent clairement, de fixer des tarifs qui sont justes pour elle, de recevoir pleinement, de... poser des limites saines, sans couper le lien et en restant en relation sans se renier. À ce moment-là, l'argent va circuler de manière consciente et équilibrée plutôt que comme une source de tension ou de culpabilité. C'est à ce moment-là que l'argent devient un outil de relation qui permet de donner et de recevoir, de reconnaître sa valeur et celle des autres et de créer des échanges justes et clairs. L'argent n'est plus un symbole. chargé de peur, de jugement ou de manque, ça devient un vecteur de lien, un vecteur de liberté qui facilite les choix, qui soutient les projets et qui ouvre des possibilités de partage et de coopération. Il est au service de la vie en tant que moyen d'entrer en relation avec soi et avec les autres plutôt qu'un point de conflit ou de tension intérieure. Dit autrement, quand l'argent circule avec conscience et légitimité, Il va relier plutôt qu'opposer. Il va libérer plutôt qu'alimenter la culpabilité. Et il va accompagner la réalisation de soi et la réalisation des projets personnels et collectifs. Avant de terminer cet épisode, j'aimerais te partager un dernier point. Il y a une différence biologique importante entre les femmes et les hommes. Et cette différence, elle influence la manière de générer de l'argent. Aujourd'hui... il y a beaucoup de femmes, notamment des entrepreneurs, qui sont encouragées à gagner de l'argent à la manière dite masculine, c'est-à-dire vite, sous pression, en misant sur la performance constante. Mais le corps féminin, il fonctionne différemment. Il suit un rythme cyclique d'environ 28 jours et il est régulé par l'ocytocine, qui est l'hormone de l'amour, de la connexion, de la présence et de la confiance. Le corps masculin Lui, il suit un rythme de 24 heures et il est stimulé par la dopamine et la testostérone. Et ça, c'est adapté aux efforts soutenus et à la performance continue. Et en fait, ce qui se passe, c'est qu'imiter le modèle masculin, ça peut fonctionner, mais sur le long terme, ça finit souvent par épuiser le corps et le psychisme féminin. Donc en tant que femme, si tu as l'impression de générer de l'argent... à la manière dite masculine, je t'invite vraiment à observer tes fonctionnements et à voir comment peut-être tu peux commencer à réadapter ta manière de générer de l'argent à ton cycle féminin. Cet épisode arrive à sa fin. J'espère qu'il t'a apporté de la valeur. Comme d'habitude, je t'invite à le partager autour de toi et à lui mettre une jolie note sur les plateformes de podcast et sur ma chaîne YouTube. Cela aide vraiment à donner de la visibilité à ce podcast. Je t'en remercie. par avance et je te dis à très bientôt pour le prochain épisode.