Speaker #0Tu es en train d'écouter Les Enfants Terribles et aujourd'hui je te raconte pourquoi la punition ne fonctionne pas toujours. Bienvenue sur Les Enfants Terribles, le podcast qui raconte ce que ça change vraiment d'élever des enfants sans punition. Je m'appelle Adèle, je suis l'heureuse maman de 4 enfants, parfois terribles, et il y a plus de 10 ans, j'ai fait un virage radical. J'ai quitté une parentalité ultra autoritaire et parfois violente. je ne suis pas fière aujourd'hui, pour abandonner toute forme de punition et de coercition. Aujourd'hui, mes enfants ont grandi et les ailes sont toutes et tous entrées dans l'adolescence peu ou gros et avec le recul, je vois clairement ce que cette façon d'éduquer produit. Je n'ai rien vu des fantasmes et des catastrophes annoncées. Ma réalité à moi est très très loin de ce qu'on m'avait prédit, à savoir des enfants ingérables, le chaos, l'échec et surtout l'enfant roi. Personne n'a trouvé la couronne chez moi. Alors j'avais envie de te partager, via ce podcast, un échantillon de mon quotidien, si tu veux savoir ce que ça donne, in real life, cette fameuse éducation de la rétention. C'est au point. Aujourd'hui, je te fais un épisode sur la punition qui me paraissait important plein d'égards, mais on va d'abord faire une petite rétrospective pour savoir d'où on parle. J'ai énormément puni mes grands, surtout ma fille. Et il y avait une question qui revenait souvent, c'est pourquoi ? Parce que la punition, avec elle, ça ne marche pas. J'ai des souvenirs assez douloureux. De soir, parce que je passais quand même une grosse partie de la journée seule avec mes enfants, mon mari travaillant beaucoup. Et je me rappelle d'avoir mon troisième en porte bébé. Donc, Ambre devait avoir... à peu près trois ans, puisque mes enfants ont tous trois ans d'écart. Je me souviens, je vous visualise très bien la scène de notre maison à l'époque, avec Lilian dans mon porte-bébé, mon mari qui arrive, je l'accueille, je tombe dans ses bras, je pleure et je dis mais je n'y arrive pas. Avec Ambre, je suis une mère en carton, je ne sais pas comment me faire obéir, elle me fait les 400 coups et j'ai beau essayer d'être inventive en termes de punition, ça ne marche pas. Elle continue toujours les mêmes comportements. Et des fois, je l'accueillais de la même façon, en lui disant, mais j'ai encore les instits sur le dos qui viennent me dire qu'Ambre, elle n'est pas adaptée, qu'elle ne fait pas ce qu'il faut, qu'il faut que je lui explique. Je ne sais plus comment m'en sortir. Je ne sais plus quoi faire. Et ça, ça a été une époque déterminante dans ma vie de parent, parce que c'est à ce moment-là que j'ai commencé à me dire, mais bon sang, mais il doit bien y avoir autre chose qui fonctionne. Pourquoi les autres n'y arrivaient pas moi ? Alors, spoiler, les autres n'y arrivaient pas plus que moi. Mais moi, j'étais dans cette idée d'efficacité. Et je me disais, mais ce n'est pas normal que je n'y arrive pas. Il y a quelque chose qui ne va pas. Et c'est à ce moment-là que j'ai commencé à me dire, il y a quelque chose qui grince. Mais en même temps, j'ai commencé à m'intéresser à d'autres... type d'éducation que l'éducation que je connaissais, à savoir autoritaire, l'enfant obéit point et s'il n'obéit pas, il est puni. Ou elle est punie. Et en même temps, pendant tout ce processus qui a duré très longtemps, moi j'ai mis un temps fou à vraiment réussir à faire mon virage, pendant tout ce processus qui a duré très longtemps, je prenais plein d'autres outils, plein d'autres façons de faire, et en même temps je sentais quelque chose qui me retenait. Je faisais deux pas en avant, un pas en arrière. J'avais vraiment cette sensation d'être à chaque fois ramenée vers ce système punitif, comme si, entre guillemets, j'étais obligée à un moment donné d'en passer par là. Et je galérais à sortir de cette image, de cette posture. Et j'ai mis aussi beaucoup de temps à comprendre. Pourquoi je galérais vraiment à sortir de ce modèle ? Et comme maintenant je l'ai enfin compris, je vais te livrer cette information qui me paraît importante. Parce qu'une fois que tu as compris pourquoi c'était à ce point difficile, il y a deux raisons principales. Mais une fois que tu as compris pourquoi c'était à ce point difficile de sortir de ce modèle punitif, d'un coup ça devient plus facile. Parce que tu sais d'où vient le problème et tu sais le contourner. Et la deuxième chose que j'ai apprise, pas tellement plus tard finalement, un peu en même temps, mais j'ai appris que la punition... ne fonctionne pas. Alors, ça c'est la théorie. C'est-à-dire que j'ai appris pourquoi la punition ne fonctionnait pas. D'un point de vue neurophysiologique, et ça je vais te l'expliquer, la punition ne fonctionne pas pour ça. Ok. Mais sauf que moi, ce que je voyais dans la vraie vie, et ce que tous les gens me renvoyaient, c'est qu'il y a des fois où la punition ça fonctionne. Avec mon grand, la punition, ou la menace de la punition, ça fonctionnait très bien, dans le sens où, quand j'utilisais la punition, son comportement s'améliorait, on va dire. Et sauf que... Ce que j'ai compris, c'est que le comportement ne s'améliore pas pour les bonnes raisons. Et quand j'ai compris ça, je me suis dit, mais en fait, la punition ne me sert à rien, en tant que parent en tout cas. Et elle n'est pas confortable ni pour moi, ni pour mon enfant. Ça reste, pour certaines punitions, assez violent. Parce que moi, je suis allée jusqu'à la violence, que ce soit physique ou psychologique. Je précise que maintenant, c'est enfin interdit par la loi. J'étais dans l'illégalité. Alors, je n'étais pas dans l'illégalité à l'époque, puisque la loi n'était pas sortie. Elle est sortie en 2019. Mais ça me paraît important pour moi de dire que j'étais dans l'illégalité. Donc, la punition, ça ne fonctionne pas. Ça ne m'amène pas à ce que je veux comme parent. Mais en même temps, tout le monde fait ça. Et à la limite, si je ne punis pas, on me regarde de travers. On me regarde comme si j'étais une laxiste, comme si je me disais n'importe quoi Adèle, tu vas te faire marcher sur les pieds. Et du coup, tout ce mélange-là, je me disais mais je ne comprends pas, je ne comprends pas pourquoi personne, alors de plus en plus de gens maintenant, mais à l'époque, pourquoi très peu de gens disent ce qu'il en est vraiment de la punition. Et les gens qui parlent d'une éducation différente sans punition, pour moi à l'époque c'était... entre guillemets, des gens qui disaient, oui mais les parents qui punissent leurs enfants détruisent leur cerveau. Donc moi, j'étais prise entre deux feux. Entre la plupart des gens qui me disaient, il faut absolument punir, certaines personnes qui me disaient, si tu punis, tu grilles les neurones de ton enfant. Alors, spoiler, c'est faux, mais à l'époque, ça se disait beaucoup. C'était hyper compliqué en fait. J'étais là, mais où est-ce que je vais en fait ? Par où je commence ? Comment je m'en sors de cet espèce de mélange-là ? Qu'est-ce que je dois vraiment faire ? Qu'est-ce qui est bien ? J'étais complètement larguée. Et donc, j'ai appris plein de choses entre-temps. Et j'avais envie de faire un petit concentré de ce que j'ai appris. Ce que j'ai appris, c'est que la punition ne fonctionne pas toujours. Et quand elle fonctionne, elle ne fonctionne pas pour les bonnes raisons. Et ce que j'ai compris, c'est... Pourquoi est-ce qu'elle continue d'être largement utilisée malgré tout ça ? En gros, pourquoi personne ne te dit que la punition, ça ne fonctionne pas ? Et pourquoi personne ne te propose autre chose ? Ça, je l'ai compris aussi avec le temps. Et je trouve vraiment qu'une fois que tu as compris ça, c'est beaucoup plus facile d'avoir une posture, on va dire pérenne, tout le temps la même, constante. Voilà, c'est le mot que je cherchais. Parce qu'avant, moi, j'oscilais beaucoup, je ne savais pas trop. J'étais là, oui, mais peut-être que les gens ont raison, il faudrait que je sévisse. Est-ce que vraiment, je suis une bonne maman ? C'est toujours la question qu'on se pose, c'est terrible. Mais est-ce que je suis un bon parent ? Est-ce que je vais dans le bon sens ? Est-ce que je ne vais pas me retrouver avec des ados complètement tyranniques ? Spoiler, pas du tout. Mais c'était vraiment tellement un mélange de tout que j'avais vraiment envie de te faire un épisode qui pose un peu les choses. Et pose un peu les bases. Ceci étant dit, je vais essayer. Et si j'y arrive pas, n'hésite pas à me le dire. Mais ce que j'aimerais, c'est que là, on soit pas sur un débat idéologique. On n'est pas sur c'est bien ou c'est mal. Moi, je suis très pragmatique. Et surtout, je suis pas là pour culpabiliser les parents. D'abord parce que moi-même, j'ai été dans cette phase-là et que je sais à quel point c'est difficile. Et ensuite parce que je sais pertinemment que culpabiliser les parents ne sert à rien. C'est pas ça qui va nous faire bouger les gars. Ça fonctionne pas. Donc si à un moment donné je dérive un peu, je dévie et que je te donne l'impression que punir c'est mal au sens moral du terme. Bon bah t'auras cette petite intro pour te le rappeler et n'hésite pas à venir me le dire. Notamment sur le groupe des backstage du podcast. Je te mets les liens, c'est un groupe Telegram, je te mets tous les liens dans les infos de... dans les notes de l'épisode. Moi, ce que je veux là, c'est t'expliquer les choses de façon neurophysiologique et pragmatique. On n'est pas sur un débat éthique. On est sur ça marche ou ça marche pas, pourquoi ça marche, pourquoi ça marche pas. Et qu'est-ce qu'on fait avec tout ça ? Et pourquoi est-ce qu'en gros, on t'en a jamais parlé ou pas comme ça ? Donc voilà, je tiens absolument à faire ce warning-là, cet avertissement-là, parce que c'est hyper important pour moi. Parce que forcément, je pense que j'ai un parti pris et que du coup, on peut parfois sentir dans mon propos un certain prosélytisme. Ça, c'est mal de punir, il faut faire autrement. Non, ce n'est pas l'idée. L'idée, c'est de comprendre déjà. comment ça fonctionne et pourquoi ça fonctionne. Et l'idée, en vrai, c'est de te libérer de la punition parce que c'est agréable ni pour toi ni pour ton enfant. Et que moi, quand j'ai réussi à faire 100 totalement, ma vie de parent et de femme a totalement changé. C'est-à-dire que c'est beaucoup plus léger, c'est beaucoup plus facile. Ma relation avec mes enfants, elle en est sortie complètement différente, grandie, meilleure, plus soudée. Ça a changé tellement de choses en bien. d'abandonner la punition, que du coup, j'ai un côté très prosélite. Mais je ne veux pas que tu prennes ça comme si tu punis, c'est mal. Tu es une mauvaise personne. Parce que je sais pertinemment que si tu punis, c'est que tu n'as pas le choix. Tu ne sais pas quoi faire d'autre. Parce que je sais pertinemment qu'on te pousse à le faire. Tu subis une pression en tant qu'adulte et en tant que parent pour punir qui est incroyable. Et on ne s'en rend pas toujours compte. Et je sais aussi que... taper sur tes doigts, même moralement, en disant « là, c'est mal de punir » , ça ne t'aidera jamais à envisager quoi que ce soit d'autre. Donc, si je suis prosélite, c'est bien malgré moi. Vraiment, je m'en excuse par avance. Et encore une fois, n'hésite pas à venir me dire « Adèle, là, ça ne va pas du tout. » Il faut que tu corriges. Et je corrigerai avec joie. Donc, on va commencer par pourquoi la punition, ça fonctionne. On va dire pas toujours. Et pour ça, il va falloir que je te fasse le distinguo entre la punition et le feedback. Au fur et à mesure de l'épisode, tu vas te demander quelle est la différence. La punition, c'est ce qu'on utilise d'un point de vue sociétal. C'est la loi, les amants, la prison. Et ce qu'on utilise aussi avec nos enfants. On va dire en France, dans une grosse majorité des cas encore. La punition, c'est un comportement n'est pas validé par l'adulte ou par la société, il est puni. Il est puni de je ne sais quoi d'ailleurs, tout est possible en termes de punition, mais il y a une sanction. Sanction, punition, c'est la même chose pour moi. Et il y a le feedback. Le feedback, c'est un retour sur ton comportement. C'est deux choses extrêmement différentes. Et tu vas comprendre que la punition ne fonctionne pas, en tout cas pas dans le sens qu'on veut, alors que le feedback, lui, fonctionne. Ça veut dire quoi pour moi fonctionner ? Parce qu'en fait, c'est pour ça qu'on dit oui, mais la punition, des fois, ça marche. En fait, ce que j'entends moi par fonctionnement, c'est changement du comportement dans le cerveau. C'est un fonctionnement neurophysiologique. La punition ne fait pas changer le comportement. Elle va éventuellement éliminer une partie du comportement par peur de la punition, mais elle ne va pas faire adapter le cerveau à un changement de comportement. Je vais t'expliquer pourquoi la punition ne fonctionne pas et je vais te donner des exemples, ce sera plus simple parce que là c'est un peu théorique ce que je te raconte. On va prendre l'exemple de mon petit chat. qui s'appelle Iago. Si je vais caresser Iago à un endroit qu'il n'aime pas, le ventre par exemple, ou un moment qu'il n'aime pas, ou les deux, il va commencer par se retirer un peu, me regarder en plissant les yeux. Si j'insiste, il va gentiment me poser l'écrou sur la main, c'est-à-dire me mordiller vraiment très gentiment, il ne va pas appuyer. Et puis si je continue à insister, là il va mordre et il va me griffer. Ça, c'est un feedback. Tu pourrais penser, ben oui, mais il te punit en fait le chat. Oui, mais de façon efficace. C'est-à-dire que c'est un vrai feedback. Pourquoi est-ce que c'est un feedback et pourquoi est-ce que c'est pas une punition ? Et c'est quoi la différence entre les deux ? Un feedback, c'est immédiat, toujours. C'est à la seconde près, à la milliseconde près, même parce que mon chat est jeune et chasseur et donc il est rapide. C'est immédiat, c'est tout de suite que le chat réagit. Ce n'est pas une heure après ou même dix minutes après, il réagit tout de suite. C'est relié. Il y a un lien de cause à effet direct. C'est-à-dire que c'est parce que je vais le caresser à cet endroit-là et à ce moment-là qu'il va réagir. Si je le caresse à un autre endroit ou à un autre moment, il ne va pas réagir de la même façon. Peut-être potentiellement il va apprécier et il ne va rien dire. Et enfin, le feedback, il est ajusté. Ajusté, ça veut dire que plus je vais insister, Plus le feedback de Iago sera fort et inversement proportionnel. Si je commence à le gratouiller sur le ventre et qu'il me fait juste un petit warning et que j'arrête, il ne va pas continuer à me mordre, il ne va pas fuir. Il va me regarder, il va se dire « c'est bon, elle a compris, ce n'est pas la peine que j'insiste » . Si je recommence cinq minutes après, il va faire pareil son warning, mais si je continue, il va insister sur le warning, puis il va finir par me mordre et peut-être à fuir. Y'a... Une justification à chaque fois, c'est-à-dire que plus j'insiste, plus il résiste. Moins j'insiste, moins il résiste. C'est ça un feedback ajusté. Si je transpose les réactions de mon chat à une punition, le problème de la punition, c'est qu'il lui manque toujours un de ces trois facteurs. Elle est soit pas immédiate, soit pas reliée, soit pas ajustée, soit les trois en même temps. Et ça... Ça fait que ça ne fonctionne pas d'un point de vue neurocérébral, c'est-à-dire que ça ne fait pas changer le comportement. Imaginons que j'aille gratter Iago sur le ventre, il se laisse faire, il ne dit rien, et puis une heure après, il me saute sur le poil. Je ne vais absolument pas comprendre. La seule chose que je vais comprendre, c'est que ce chat est complètement irascible et que je n'arrive pas à savoir sur quel pied danser, donc je vais l'éviter. Donc oui, sur le papier... La punition diago va fonctionner dans le sens où je ne vais plus m'approcher de son ventre, mais je ne vais plus m'approcher de lui du tout. Et puis, si ça se trouve, je vais quand même m'approcher de son ventre parce que je n'aurais pas compris le lien entre le fait qu'il me saute dessus une heure après et le fait que je l'ai gratouillé parce que j'ai oublié entre-temps. Mon cerveau n'a pas le temps de s'ajuster, il n'a pas le temps de s'adapter. Pour que ça fonctionne d'un point de vue du cerveau, il faut que ce soit tout de suite. Le cerveau a besoin de l'immédiateté du feedback. pour réussir à s'ajuster. Sinon, ça ne fonctionne pas pour lui. C'est impossible. Et ça, ça marche chez l'enfant et chez l'adulte. On n'a malheureusement pas suffisamment de... Parce qu'en fait, notre cerveau, c'est ce qui utilise le plus de notre énergie dans une journée. Et donc, il faut qu'il élimine des trucs qui ne sont pas importants au fur et à mesure. Sinon, il sature. C'est la mémoire vive de ton ordinateur. Donc, typiquement, si le feedback n'est pas immédiat, entre-temps, il est passé à autre chose. Ça c'est pour le... le côté temporel. Et ce qui se passe dans la punition, c'est que plus tu as de temps entre le geste, le comportement et la punition, moins la punition va être efficace. Le décalage est proportionnel au temps qui va se passer entre le comportement et la punition. Maintenant, on va s'attaquer au côté relié, c'est-à-dire le lien de cause à effet. Si je reprends l'exemple du chat, imaginons qu'à la place de me mordiller, il se met, je sais pas moi, à ronronner. Très bizarre, je vais pas comprendre, je vais plutôt continuer à insister, alors qu'en fait, il n'a pas du tout envie que je le caresse. Donc il n'y a pas de lien de cause à effet. En général, la punition n'a pas de lien de cause à effet, mais c'est un lien qui est plutôt désagréable. Si par exemple, je sais pas moi, il se met à sauter partout ou à faire pipi. Imaginons qu'il se mette à faire pipi sur mon tapis parce que je l'ai caressé sur le ventre. Je vais dire non mais Yago ça va pas du tout. Enfin c'est pas parce que je te gratte que tu as le droit de pisser par terre, ça va pas. Donc il n'y a pas de lien de cause à effet. Alors que quand il mordit au moment où je le gratte, il y a un lien de cause à effet. Ça veut dire non je veux pas, c'est pas agréable. Et enfin... Le troisième item du feedback, c'est la justification. L'appareil, si juste quand je le gratouille un tout petit peu, Iago se met d'emblée à me mordre et à me griffer très fort, je ne vais plus aller voir ce chat, même pour le gratter ailleurs, parce que je vais avoir peur, en fait, de le toucher. Donc oui, entre guillemets, la punition fonctionne, encore une fois, dans le sens que je ne vais plus gratter son ventre, mais elle ne fonctionne pas. pour faire ajuster de façon spécifique mon geste. Ce que Yago cherche à ce moment-là, c'est juste que, par exemple, je le gratte ailleurs. Ou que je ne le gratte pas à ce moment-là, mais que je revienne le gratter à un autre moment. Et donc, si le feedback du chat est comme il le... fait très naturellement, parce que c'est un animal et qu'il a un instinct, c'est-à-dire tout de suite me donner un lien de cause à effet direct et qu'il soit ajusté avec mon geste, c'est-à-dire que plus j'insiste et plus il va me mordre, par exemple, au fur et à mesure, comme j'ai déjà expérimenté que je connais mon chat, quand je vais commencer à le gratter, soit à un moment, soit à un endroit qu'il ne veut pas, sa première réaction va me dire « Ah oui, non, ça, il n'aime pas » . Donc je vais plutôt lui proposer par exemple de lui gratter le cou, parce qu'il a peur quand on lui gratte le cou. Et là il va réagir tout à fait différemment, il va fermer les yeux, il va se détendre, il va ronronner. Et là mon cerveau se dit, ça c'est ok, là j'ai un feedback positif de Yago. Ça ce que tu fais c'est ok, par contre le ventre manifestement il n'aime pas. Ou alors il aime bien, mais alors pas tout le temps. Donc le feedback du chat a appris à mon cerveau comment interagir avec ce chat. Et comment interagir de façon qui soit agréable pour moi, parce que du coup, des fois, il vient me faire des câlins, et pour lui. C'est ça la différence entre une punition et un feedback. Si je prends l'exemple du code de la route, la punition qui est l'amende ne fonctionne pas. Alors, elle va fonctionner dans le sens où, à force de te prendre des points, tu vas te faire prendre ton permis. Sauf que bon, il y a des gens qui conduisent sans permis, mais c'est un autre sujet. Donc la punition d'un point de vue sociétal, comme par exemple enfermer les gens en prison, son fonctionnement, son intérêt principal, c'est d'écarter les contrevenants en fait. C'est de les mettre ailleurs, dans un endroit ou dans une situation où ils vont moins pouvoir contrevenir, moins pouvoir enquiquiner les autres. Mais on sait bien que la prison ne fait pas diminuer le taux de récidive. Et on sait même que la prison a plutôt tendance à augmenter le taux de récidive. Et c'est ce qu'on a observé aussi en éducation chez l'enfant, notamment sur le sujet des comportements violents. La punition pour les comportements violents augmente les comportements violents. On ne les fait pas du tout réduire, bien au contraire. Ça, ça a été très bien démontré par les expériences de Gérald Patterson dans les années 70. Donc c'est vieux, et pourtant personne n'en parle au très peu. Donc, d'un point de vue sociétal, c'est pareil finalement. La punition, elle n'a pas tellement pour but de changer les comportements, malheureusement. Elle a pour but d'écarter les contrevenants. Si je reprends cet exemple du code de la route, tu dépasses les 130 sur l'autoroute, tu te fais flasher, tu vas recevoir 15 jours après au bas mot, une amende de temps avec un point en moins. Ça, c'est une punition. Et elle ne fonctionne pas. Parce que c'est une punition. C'est-à-dire que la temporalité est pourrie, dix jours après, t'as pas le temps de t'ajuster. Le lien de cause à effet, prendre à ton portefeuille et à ton point sur le permis, ça fonctionne pas non plus. Et la justification, c'est assez rare quand tu reçois une prune que tu te dises, ouais, c'est parfaitement juste, c'est très idéal, c'est exactement ça qui va me faire comprendre qu'il faut pas que je roule à 130. La plupart du temps, tu vas te dire, non, mais j'ai dépassé pas longtemps, et puis juste 5 minutes, et puis si j'avais su qu'il y avait le flash, bah j'aurais pas dépassé. Tu vois l'idée. Ça fonctionne d'un point de vue sociétal, oui, grosso modo, ça fait à peu près tenir les gens, on va dire en majorité, à carreau. Mais ça fait pas changer ton comportement sur l'accélérateur. Imagine, je sais que c'est compliqué, j'imagine bien que techniquement c'est très compliqué, mais imaginons. Que, à la place de ce flash et de cette amende, quand tu appuies un peu fort sur l'accélérateur, ta voiture fasse un truc étrange. Le volant se met à trembler, tu perds un peu le contrôle de ta voiture, elle fasse plus de bruit, enfin quelque chose qui est un peu effrayant. Qui te montre ce qui se passe quand tu roules au-delà de 130 et ce pourquoi on t'interdit de rouler au-delà de 130, à savoir que c'est dangereux. Là, on est immédiat. Là, on est relié. Dès que tu appuies sur l'accélérateur, la voiture commence à te montrer les dangers. Et là, on est justifié. C'est-à-dire que plus tu appuies, plus la voiture te montre un danger. Moins tu appuies, moins la voiture te montre un danger. Je te garantis qu'au bout de quelques kilomètres de ce régime-là, ton pied va savoir précisément, sans même regarder le compteur, quand est-ce que tu es à 130 et quand est-ce que tu n'es pas à 130. Parce que ton cerveau aura enregistré, là ça se passe comme ça, là ça se passe plus, là ça se passe comme ça, là ça se passe... Ça ne se passe plus. Et tu vas engrammer comme ça une sorte de réflexe qui va faire que plus jamais tu rouleras au-delà de 130. Parce qu'en fait, tu n'auras même plus besoin d'y réfléchir. C'est ça. On cherche en éducation. Ce que je suis en train de dire finalement, c'est que mettre les gens en prison, faire des lois et interdire, ça ne fonctionne pas. Ce n'est pas que ça ne fonctionne pas d'un point de vue sociétal, ça fonctionne plus ou moins. Et surtout, malheureusement, je ne peux pas te dire que j'ai d'autres solutions. J'en aurais une éventuellement pour le 130, mais j'imagine que techniquement, c'est compliqué. Et je n'ai en vrai pas vraiment d'autres solutions pour toutes les lois et toutes les règles d'une société, malheureusement. J'aimerais beaucoup, mais je ne sais pas. Mais finalement, ce qu'on cherche, nous, en tant qu'éducateurs et en tant que parents, ce n'est pas que les enfants roulent à 140 quand il n'y a pas de radar et ralentissent devant les radars. Nous, ce qu'on veut, c'est qu'ils sachent précisément où est-ce qu'ils arrivent à la limite autorisée, parce qu'au-delà de la limite autorisée, c'est dangereux. Et que ce qu'on veut, c'est qu'ils se mettent en sécurité et qu'ils mettent les autres en sécurité. Et c'est précisément pour ça qu'abandonner la punition, ça va te rendre plus efficace. Ça va te rendre plus efficace en tant qu'éducateur, c'est-à-dire que ton enfant va apprendre, va vraiment modeler son cerveau. C'est pour ça que j'utilise beaucoup le modeling, le mot modeling et l'outil modeling. Il va modeler son cerveau en fonction de ce que tu lui apprends tous les jours. Et c'est ça qu'on cherche en fait, en tant que parent. On ne cherche pas à... Enfin, on ne cherche pas. Ce n'est pas très intéressant de chercher à ce que nos enfants suivent ce qu'on leur demande par peur de la punition. Pour deux raisons. La première, la plus importante pour moi, c'est que faire obéir un enfant par peur, ça veut dire forcément avoir une relation avec nos enfants qui n'est pas hyper agréable. Parce que ça veut dire... Punir, crier, être rigide, c'est quand même pas très sympa, ni pour eux ni pour nous. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que ce n'est pas la bonne raison. C'est-à-dire qu'un enfant qui obéit par peur ne suit pas une règle parce qu'elle est juste. Or, nous, ce qu'on veut, c'est que nos enfants comprennent que la règle est juste. Alors oui, possiblement, au bout d'un moment, ils vont finir par comprendre. Mais est-ce que vraiment ils auront tout compris ? Ça, c'est pas sûr. Et surtout, est-ce que ça ne vaut pas le coup d'essayer autre chose de bien plus efficace et de bien plus agréable que la punition ? Et enfin, la troisième chose qui est quand même très embêtante avec la punition, c'est que le gros risque qu'on prend, c'est que nos enfants continuent sans se faire prendre. Ce qui est le cas des flashs sur l'autoroute. Vive Coyote ! Pardon, je donne des tips pour tricher, c'est moche. Donc, c'est pour ça. qu'essayer d'éliminer la punition de ton arsenal d'adulte, c'est important. Parce que ça préserve ta relation avec ton enfant, parce que ça lui apprend beaucoup plus de choses, des choses plus importantes, plus justes, qui ont plus de valeur éthique et morale finalement. Et puis parce que tu n'as pas ce phénomène de quand le chat est parti, les souris dansent. Moi, je n'ai absolument pas besoin de fliquer mes enfants. Jamais. Je n'ai pas besoin de les surveiller parce que tout ce que je leur apprends, ils l'intègrent comme étant une règle juste. Et donc, si c'est juste, ils s'y adaptent. Je te donne un exemple. Mon fils qui a 20 ans et qui sort de temps en temps avec ses copains et qui, des fois, boit un peu d'alcool parce qu'il a 20 ans, je précise, il est vacciné, donc il peut. Il a enregistré dans son fonctionnement que le fait qu'il rentre. autrement qu'à pied, donc éventuellement à vélo, en voiture, il ne conduit pas encore, même s'il a 20 ans, c'est dangereux et que ça me fait très peur, donc il ne le fait pas. Et je n'ai pas besoin de lui rappeler, je n'ai pas besoin de négocier avec lui, je n'ai pas besoin de le surveiller. Je sais que s'il sort avec ses copains et qu'il va picoler, il va trouver le moyen de rentrer à pied. Une fois, il est rentré en poussant son vélo. Il m'a raconté, il me dit, je n'étais pas serein, maman, l'alcool, ça rend parano. C'était hyper drôle. Donc, il va rentrer en sécurité à pied ou il va dormir sur place. C'est arrivé la dernière fois, par exemple, je lui dis, mais comment tu es rentré ? Tu étais à Saint-Cyr, il me dit, j'ai pris un Uber. Ah bah oui. Le Uber, ça fonctionne très très bien. Je n'ai pas besoin de surveiller ça, parce que Vivien a intégré ça comme étant quelque chose de juste. C'est juste de faire attention à lui quand il rentre. Et d'ailleurs, il me dit, moi je n'ai pas toujours l'impression, surtout quand j'ai bu, je n'ai pas toujours l'impression que je ne vais pas pouvoir rentrer. Mais étant donné qu'il sait à quel point ça me fait peur... Et à quel point je ne suis pas sereine. C'est-à-dire que moi, je lui ai déjà dit, en fait, si je sais que tu rentres en vélo ivre, je ne vais pas dormir. Je vais tout surveiller, je vais attendre que tu rentres. Je ne dors pas, mon chat. J'ai trop peur. Et comme il sait que je ne dors pas, que ça m'inquiète, il ne le fait pas, en fait. Il ne le fait pas parce que c'est important pour lui de veiller à mon confort moral. Et c'est vraiment ça qu'on cherche. Ce qu'on cherche, en tant que parent, en tant qu'éducateur, c'est que nos enfants... Suive les règles, parce qu'encore une fois, l'idée, c'est pas... Ça aussi, c'est un truc... On pense beaucoup que les gens qui éliminent la punition de leur arsenal, c'est des bobos bien gentils qui laissent les enfants tout faire. Mais en fait, c'est pas possible. Même si on voulait, ce serait pas possible. Et effectivement, ce n'est absolument pas souhaitable. L'idée, c'est pas de supprimer toutes les limites, tout le cadre, toutes les règles. Déjà, on vit en société, donc c'est pas trop possible. Et puis ensuite, c'est pas du tout intéressant. Le but, ce n'est pas que mes enfants se transforment en dictateurs, fassent tout ce qui leur passe par la tête, et que moi, je sois obligée de subir, par exemple. Ce n'est pas du tout ce qui se passe chez moi. Mais pas du tout, Le but, c'est plutôt de voir où est la règle, à quel moment elle est juste, et à quel moment, du coup, si elle est juste, je la respecte. Parce qu'il y a aussi des moments où les règles ne sont pas justes et où on a le droit de ne pas les respecter. Je t'en reparlerai à un autre moment, éventuellement. Mais si la règle est juste, je vais la respecter en fait. Puis je n'ai pas besoin qu'on me surveille, qu'on me flique, qu'on me menace de punition pour la respecter, puisque c'est juste. Ça a une valeur morale forte et importante, donc je vais suivre. Et c'est vraiment ça notre but. Donc ça, c'est la première chose que j'ai apprise et que je voulais te transmettre, parce que je pense que c'est important. Maintenant, même en sachant ça, c'est très difficile de s'abstenir de punir. Pourquoi c'est difficile ? Parce que notre société fonctionne comme ça. Elle fonctionne vraiment à la carotte, à la punition. La preuve, c'est qu'il y a des amendes, il y a des lois. Et la question, c'est un peu de se dire, mais pourquoi est-ce que ça continue de fonctionner comme ça ? Et pourquoi est-ce que personne ne nous l'a, entre guillemets, jamais dit ? En fait, ce qui se passe, c'est que... On vit dans une culture de la punition. Ça, Marion Leclerc, t'en parles très bien dans son livre Une enfance en or, que je te conseille vivement de lire. C'est-à-dire que la punition est devenue une norme dans notre société française, en tout cas, et dans beaucoup de sociétés. La norme, c'est une bêtise, une punition. Et c'est notre norme à nous, adultes. Et il se trouve que nous sommes des animaux sociaux, on vit ensemble, on vit en société, en communauté, Et... Pour notre cerveau primitif, s'écarter de la norme, ça signifie s'isoler du groupe et donc potentiellement la mort. Ce qui veut dire que lâcher la punition, ça te fait super peur. Et c'est comme quand tu montes dans un manège à sensation. T'as beau vérifier le certificat de sécurité du mec, aller vérifier tous les boulons, quand tu vas monter dessus et avoir la tête à l'envers, tu vas être flippé quand même. Donc, t'as beau savoir, entendre, comprendre tout ce que je t'ai dit, c'est t'écarter de la norme. Arrêter de punir. Regarder les gens, t'as regardé genre... Ah là là, encore un parent bobolexis qui punit pas et qui laisse son enfant tout faire. Ce moment-là de je m'écarte de la norme, je ne fais pas comme tout le monde, il est ultra flippant. Pour ton cerveau, il est ultra flippant. On s'en rend pas forcément compte, mais c'est vraiment une peur. panique et qui n'est pas raisonnable, dans le sens où on ne peut pas la raisonner. Parce que, encore une fois, c'est comme le manège. T'as beau vérifier que t'es attaché, que ça tient. Quand t'as la tête à l'envers, t'as peur quand même. Et quand t'as la tête à l'envers et que t'as peur, t'as beau te dire non non mais ça tiens, je suis attachée, tout va bien, ça change rien. Parce que la peur par définition n'est pas rationnelle. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de réfléchissement, Jean-Pierre, là-haut, pour réussir à annuler la peur. Et donc, tu vas avoir peur d'arrêter de finir. Tu vas avoir peur souvent. Tu vas avoir peur des réactions des autres. Tu vas avoir peur que... ton enfant ne s'adapte pas aux règles plus tard, tu vas avoir peur d'un milliard de choses. Et des fois, tu vas avoir peur sans t'en rendre compte. C'est-à-dire que la peur n'est pas forcément identifiée. Mais à partir du moment où ton enfant a un comportement qui ne rentre pas dans les clous, c'est-à-dire, je ne sais pas, moi, 50 000 fois par jour à peu près, tu vas avoir une réaction dans ton corps de « Il faut absolument que je réagisse là, parce que si je ne réagis pas, Si je ne réagis pas comme j'ai appris, comme tout le monde fait, à savoir action-réaction, je ne sais pas ce qui va se passer, mais il va se passer des trucs horribles. Il va se passer que mon enfant ne s'intégrera pas dans la société, il va se passer que je vais sortir de la norme, et ça, ça fait peur à mon cerveau. Et moi, ce que j'ai remarqué, alors, je pense qu'une des choses qui m'a vraiment aidée, c'est que moi, je sais très bien sortir de la norme. C'est un peu mon fonctionnement, en vrai, sortir de la norme. Pour une raison que je ne comprends pas forcément, je veux dire, c'est peut-être un trait de caractère. Sortir de la norme, c'est très facile pour moi. Ce n'est pas pour rien que je vis sur un bateau. Ça ne me pose pas tellement de problèmes. C'est original, allons-y. Personne ne le fait, c'est trop bien. C'est un peu comme ça que je vis. Du coup, sortir de la norme, toute cette sortie de zone de confort, de sortie de norme. Ça n'a pas été finalement si gênant que ça pour moi. Et je pense que ça, ça m'a vraiment aidée à démarrer mon virage. C'est-à-dire que je me suis dit, ok, manifestement, j'y arrive pas. Il y a d'autres façons de faire. Personne ne le fait, mais ce n'est pas grave, j'essaye et puis je verrai bien ce qui se passe. Mais malgré tout, j'étais retenue, ce que je te disais. J'avais toujours ce moment de, ah mais si ça se trouve, c'est moi qui ai tort. Ah mais si ça se trouve, c'est aucune raison. Ils sont quand même majoritaires par rapport à moi. Honnêtement. Dans mon couple, j'étais toute seule. Dans ma famille, peut-être en étais deux. Dans mon cercle amical, peut-être en étais trois. Globalement, je me suis sentie seule au monde. Et du coup, encore une fois, il y a ce warning de « oulala, mais tu sors de la norme, personne ne fait comme toi » , donc ça veut dire qu'a priori, c'est toi qui as tort. C'est le fonctionnement un peu démocratique de notre cerveau, c'est le plus grand nombre a raison. Et donc ça, ça me retenait longtemps. Et quand j'ai lu le livre de Marion Kuerck, que j'ai compris cette histoire de normes de la punition, et que j'ai compris que ce n'est pas parce que je vivais dans cette norme-là que j'avais forcément tort, ça m'a libérée d'un poids. Je me suis dit, ah, mais en fait, c'est pour ça. Et du coup, à chaque fois que je suis confrontée à cette norme de la punition, que je suis un peu tirée vers l'arrière par cette norme de la punition, c'est beaucoup plus facile pour moi de me dire, Mais non, mais en fait, tout va bien. C'est juste que t'as peur. Mais OK, on va y aller quand même. C'est pas grave si t'as peur, ça va bien se passer. Et donc, pendant longtemps, j'ai fonctionné comme ça. Avec cette peur quand même un peu enfouie, un peu tapie, qui de temps en temps refaisait surface. Et puis je disais non, non, mais OK, t'inquiète, ça va être vachement bien. On va quand même monter sur le manège. Oui, on a peur. Oui, on ne peut pas tout vérifier. Mais regarde, on sait que le certificat de sécurité est là. On sait que tous les boutons sont attachés, que ton arnais tient bien. Et puis, on sait surtout que ça va être super fun. Donc, essayons. Maintenant, c'est beaucoup plus facile, encore une fois, parce que le temps a fait son œuvre, mes enfants ont grandi, et le fameux résultat de ce fantasme de l'enfant roi qu'on m'a fait miroiter pendant des années et que peut-être on te fait miroiter souvent, moi, j'ai vu qu'il n'existait pas, en fait. J'ai vu ce qui s'est passé quand on enlève la punition. J'ai dit, mais les gars, si vous m'aviez dit avant... Que ce serait comme ça, mais j'y serais allée bien plus vite en fait. Pourquoi personne n'en parle ? C'est pour ça que moi j'en parle. Et je pense que, en fait, c'est pas vraiment que personne n'en parle, c'est que déjà on n'est pas très nombreux, même si je suis loin d'être la seule et alors encore plus loin d'être la première. On n'est pas très nombreux et on véhicule ça dans un système qui est, comment dire, qui a moins de poids. que celui de ton entourage, de ton éducation, de ta famille, du personnel soignant, par exemple des médecins, pédopsychiatres que tu vas rencontrer, de l'éducation nationale. des enseignants qui vont s'occuper de ton enfant, tout ça, ça a un poids beaucoup plus fort que les quelques personnes sporadiquement qui, comme moi, te montrent que c'est possible, te montrent que c'est beaucoup plus intéressant. Alors, encore une fois, maintenant, on commence à être plus nombreux, la loi est passée, on a beaucoup d'études, on commence à en parler de plus en plus, mais cette résistance que tu sens là et qui est un peu en nappe, elle est normale. On ne va pas basculer tout de suite. Cette résistance va continuer à te tirer vers ce que j'appelle l'arrière. C'est un peu négatif, mais te tirer vers l'autorité, la punition, le « je dois m'imposer avec mon enfant » parce qu'il y a à la fois cette histoire de normes et il y a cette histoire de pression de pression de tes pères, en fait. Ce qu'on appelle les pères P-A-I-R-S, c'est-à-dire les gens qui sont comme toi. Les autres parents, les enseignants, ta famille, tes parents à toi, le personnel soignant, encore une fois. Tous ces gens-là qui ont un poids dans ta vie énorme parce qu'ils te regardent, parce qu'ils te donnent des conseils, parce qu'ils te jugent, malheureusement. Et parce que tout le monde juge, c'est pas une critique. Ce poids-là, malheureusement, versus le poids des gens comme moi qui viennent te dire « Eh, en fait, les gars, il y a d'autres façons de faire, ça marche mieux en plus et c'est plus sympa. » Dans la balance, on n'y est pas encore. Donc, c'est si, comme je l'ai fait il y a dix ans, t'essayes d'abandonner la punition parce que, quelque part, il y a quelque chose qui te dit que ça a l'air d'être juste, d'être sympa, et que tu vois que c'est difficile, que tu vois que... Tes réactions des fois par rapport au comportement de tes enfants, elles sont un peu épidermiques comme ça, c'est absolument normal. Ce n'est pas parce que tu es une mauvaise personne, ce n'est pas parce que tu es un mauvais parent, ce n'est pas parce que tu ne sais pas faire, c'est parce que tu subis la pression de la norme et cette pression de la norme qui en plus ne se voit pas, elle est complètement insidieuse, et bien du coup elle est d'autant plus forte qu'elle est insidieuse. Cette pression de la norme, elle est... affreuse elle est terrible elle te tire vers la punition vers le fait comme tout le monde parce que sinon tu vas tu écartes et de la norme et si tu t'écartes de la norme tu es mort ou tu es morte et c'est vraiment ça qu'on te vend le fantasme de l'enfant roi c'est la mort quoi c'est vraiment c'est le pilori c'est la honte sociale ultime avoir un enfant qui rentre pas dans les cases que lui demande la société, à savoir pas trop bouger, pas faire trop de bruit, et surtout pas trop l'ouvrir non plus, c'est la honte. C'est horrible à quel point on est jugé. Et supporter ce jugement-là, c'est très difficile. C'est beaucoup plus facile quand tu vois les bons côtés. Mais les bons côtés, alors il y en a qui arrivent tout de suite. Il y a vraiment des outils qui sont magiques et qui te libèrent de certaines... Tout ce que j'appelle les conflits inutiles. Ça, quand tu changes de façon de faire et que tu te libères de ces conflits inutiles qui te mettent en stress et une tête comme un melon, ça change la vie. Donc, il y a des choses qui arrivent très, très vite, des points positifs, agréables dans ton quotidien qui arrivent très, très vite. Mais malgré tout, le résultat final de l'enfant à l'âge adulte ou à l'adolescence, il arrive beaucoup plus tard. Et encore une fois, c'est vraiment la raison d'être de ce podcast. Et c'est pour ça que c'est beaucoup plus facile pour moi. J'ai beaucoup de parents qui me disent « mais Adèle, quand on te lit et quand on t'écoute, ça a l'air tellement facile » . J'ai aussi des gens de mon entourage qui me disent « mais comment tu fais ça en fait ? Comment c'est possible d'interagir comme ça avec des enfants ? » . Ma petite sœur a dit « mais chez toi, c'est la maison du bonheur, je ne comprends pas comment vous faites » . Mais c'est beaucoup plus facile pour moi, vraiment. j'ai eu le temps de faire beaucoup, effectivement, beaucoup de choses, beaucoup de formations, beaucoup de cuisine. J'ai expérimenté tellement de trucs, mais tellement, des trucs qui marchent et des trucs qui ne marchent pas. Et puis surtout, j'ai vu qu'en grandissant, le fameux enfant roi, ça n'existe pas. Moi, je n'ai pas ça du tout. J'ai vu que la crise d'adolescence, je ne sais pas ce que c'est. J'ai quand même des enfants de 10, 13, 16 et 20 actuellement. Donc, grosso modo, l'adolescence, je suis en plein dedans. Et je ne sais pas ce que c'est que la crise d'ado, moi. Les portes qui claquent, les enfants qui répondent, qui ne travaillent pas, qui font toutes les bêtises de la terre. Je ne sais pas ce que c'est, les gars. Je n'en ai jamais vu. Alors peut-être qu'en grandissant, je vais en avoir. Et je te tiendrai au courant si c'est le cas. Mais pour l'instant, c'est plutôt hyper, hyper fluide. Il y a encore, pendant les travaux du bateau, un jour, je discute avec ma fille, je t'en ferai un poste Insta, je pense. Je discute avec ma fille qui rentre, et le menuisier, là, me regarde, les bras qui tombent, et me dit, mais c'est toujours comme ça chez vous ? Et là, je n'ai pas compris, en fait, parce que c'est devenu tellement intuitif que je lui dis, alors attendez, de quoi vous parlez, Romain ? Parce que je ne comprends pas. Il me dit, mais vous arrivez à lui demander de faire un truc et elle vous dit OK ? Comme ça, sans cris, sans menaces, sans rien. Ah oui, ça y est, je vois ce que vous voulez dire. Donc oui, Et c'est comme ça tous les jours. C'est ma vie, elle est comme ça. Alors, je ne dis pas que des fois, je ne pète pas les plombs et que je ne fais pas n'importe quoi. Encore hier, ça m'est arrivé, je n'étais pas fière de moi. Mais bien sûr que j'ai des moments où ça ne marche pas. J'ai des moments où je doute. J'ai des moments où je fais nain. n'importe quoi, parce que je suis stressée, parce que je suis fatiguée, parce que j'ai perdu de vue mes outils. Il y a des fois où je m'énerve contre mon fils qui crie à table en me disant « Mais bon sang Adèle, pourquoi tu n'utilises pas le renforcement ? Tu sais que ça marche. Essaye le renforcement et ça va tout changer. » Et ça change tout en 48 heures. Mais il y a quand même des moments où moi-même je suis là « Mais enfin, t'as oublié la base ? Qu'est-ce qu'il se passe ? » Donc ça ne prémunit pas, soyons très clairs. Mais par contre, bah... Au fur et à mesure, c'est forcément plus fluide, c'est forcément plus facile et c'est forcément plus agréable. Donc voilà pourquoi je te conseille vivement d'essayer en tout cas de réfléchir à cette histoire de punition, à quel moment elle a fonctionné pour tes enfants et à quel moment ça n'a pas fonctionné, pourquoi ça ne fonctionne pas et ce que tu peux essayer de faire à la place. Si tu veux des outils un peu plus concrets que juste il ne faut pas punir, c'est bien gentil. Mais enfin, moi, la première question que je me posais, c'est d'accord, les gars, super. Mais enfin, je fais quoi ? Je fais quoi quand ma fille, elle fait un échafaudage pour aller chercher sa tétine et qu'elle se casse la figure de 1m50 alors qu'elle a 3 ans ? C'est quoi le... Comment je fais ? Si tu veux des outils concrets... n'hésite pas à venir me poser des questions, encore une fois, dans les backstage du podcast. C'est un groupe Telegram, je te mets le lien dans les notes, c'est gratuit. Tu peux venir me poser toutes les questions que tu veux, tu peux venir juste déposer, partager avec les autres parents. Tu peux juste lire et ne pas montrer ton prénom ni ton visage. Je le dis dans les règles du groupe, mais ça m'arrive de te raconter ce que me disent les parents sur le groupe. Mais j'anonymise toujours. En fait, je pars du principe que tant que tu ne me demandes pas le contraire, j'anonymise. Comme ça, j'anonymise tout. Ton prénom, celui des enfants, bien sûr. Le contexte. Des fois même, je change le genre. Comme ça, je brûle vraiment les pistes. Pour être absolument sûre que je ne fais pas de bêtises. Mais quoi qu'il en soit, ce groupe est absolument incroyable. J'ai une chance inouïe d'avoir ce groupe. J'ai des parents qui sont tellement gentils, tellement bienveillants, tellement soutenants. qui se répondent les uns les autres et qui se donnent des tips. Je trouve ça tellement merveilleux. Et j'ai construit ce groupe parce que moi, à l'époque où j'ai fait ce virage-là, je me suis sentie extrêmement seule. Et au moins avec ce groupe, tu es soutenue. Tu vois que tu n'es pas tout seul ou toute seule. Tu vois qu'on est tous dans la même galère, que oui, c'est difficile. Oui, c'est hyper difficile d'abandonner la punition quand on a été élevé à coups de punition de tous les coins de rue et quand on continue à vivre dans un monde de punition. C'est hyper compliqué. Je ne vais pas te dire, c'est facile, il n'y a qu'à avoir envie. Ce serait un gros mensonge et je m'en voudrais. C'est dur, c'est de l'exercice, c'est du travail quotidien, c'est du on réajuste, on essaye, ça ne marche pas. Un jour, ça marche bien, c'est super, on est hyper content et le lendemain, ça foire total. Alors qu'on a fait la même chose et on ne sait pas pourquoi. Et vraiment, l'idée de ce groupe, c'était d'essayer de débriefer avec toi du pourquoi, essayer de te donner un autre tips, un autre outil. si besoin et puis juste des fois te dire c'est ok en fait t'as pas réussi, ça arrive on est tous dans la même galère et franchement c'est pas très grave donc si tu as envie de me poser des questions n'hésite pas si ça gratte un peu cet épisode sur la punition n'hésite pas aussi à venir me dire non mais Adèle je suis pas du tout d'accord avec toi tant que c'est respectueux bienveillant et surtout si possible sourcé, je prends je discute avec plaisir. Sur la punition, je ne suis pas sûre de changer d'avis, je ne te le cache pas. Mais après tout, pourquoi pas ? Encore une fois, je comprends très bien, parce que c'est vrai, que parfois, la punition, ça fonctionne. On est bien d'accord. C'est juste que je pense vraiment qu'en tout cas d'un point de vue... Du point de vue éducatif, sur un groupe restreint d'enfants, parce que sur un groupe assez grand d'enfants, notamment en classe, j'avoue que je n'ai pas tellement plus de solutions que celles que je te propose et je comprends que ce soit très compliqué à mettre en place dans une classe. Mais ce qui est sûr, c'est que d'un point de vue éducatif, si ça fonctionne, ce n'est jamais pour les bonnes raisons. Et je pense que c'est important de se dire, ce n'est pas pour les bonnes raisons que ça fonctionne. Ça ne veut pas dire que tu vas l'arrêter tout de suite, notamment parce que ce n'est pas facile, même si en vrai ce serait souhaitable, mais ce n'est pas facile. Mais déjà de te poser cette question et de te dire ok ça fonctionne, mais est-ce que ça fonctionne pour les bonnes raisons ? Est-ce que ce que je veux c'est que mon enfant ait peur de moi et potentiellement fasse les choses en douce ? Ou est-ce que ce que je veux c'est qu'il ou elle comprenne pourquoi ? Est-ce que je tiens absolument à ce que... On ne fasse pas un échafaudage pour aller chercher sa tétine, par exemple. On ne mange pas des bonbecs toute la journée, on se couche à une arraisonnable, etc. Toutes les règles et toutes les limites, tout le cadre qu'on est évidemment obligé de poser en tant que parent. C'est ce que dit Marion Cuercq, être démuni devant un enfant, c'est juste du quotidien de parent. Ça n'a rien à voir avec une parentalité positive ou pas. On est tous démunis devant nos enfants très régulièrement. 50 000 fois par jour, encore une fois. C'est pas... Ça veut pas dire qu'on s'en sort pas. C'est malheureusement la vie d'un adulte qui essaye d'élever un enfant. Il y a des fois, on est là, oh, comment... Comment je vais gérer cette affaire ? Comment je vais m'en sortir ? Donc, c'est parfaitement normal. Et ça, je trouve qu'on le dit pas assez. On a tendance à nous faire croire qu'être parent, c'est poser les règles. Bien les poser, les laisser toujours au même endroit, alors qu'en fait, il n'y a rien de plus évolutif qu'une règle, surtout qu'un enfant s'agrandit. Et puis, c'est tout. Ça va marcher. L'enfant va grandir à l'intérieur de ce cadre. Il va pousser et puis tout va bien aller. Les gars, alors dans la vraie vie, ça ne se passe pas tout à fait comme ça. Voilà, j'ai encore beaucoup, beaucoup, beaucoup bavardé. Bon, je pense qu'on va partir du principe que je suis une bavarde. N'hésite pas à me dire si tu veux des épisodes plus courts. je pourrais potentiellement des fois les couper parce que j'arrive pas à faire soit je coupe soit je fais pas mais je n'arrive pas à parler moins je pense qu'il faut que je parte de ce principe là j'espère que cet épisode t'a plu encore une fois n'hésite pas à venir me le raconter je te dis à très vite pour un nouveau thème et prends bien soin de toi ciao ciao