- Speaker #0
En fait, on n'a pas de mission. Donc déjà, tu imagines, tu n'as aucune mission. Prends ton temps, déjà. Tu n'as rien à accomplir. Tu n'as pas de mission, si ce n'est que celle de vivre. Et la question, ce n'est pas est-ce que ça va être rien ou pas. C'est un peu comme dans les films. Comment elle va faire pour s'en sortir ? Non pas de sauver la situation, mais de la vivre avec l'émotion qu'elle va convoquer. Ça, c'est courageux. de vivre ce moment pleinement, ouais. Donc quand c'est la merde, c'est la merde. Quand ça va bien, ça va bien, tu vois. Et sans notion d'échec ou de machin, c'est juste sincère, vrai. La vie n'est pas un fleuve tranquille, maman. Une solution existe, et je tiens à dire à tous les auditeurs que vous allez vous en sortir. Vous allez putain de vous en sortir,
- Speaker #1
et c'est possible. Les gens coulent. Épisode 4 Radia Ma rencontre avec Radia est pleine de suspense. Et jusqu'au dernier moment, je ne sais absolument pas si j'y arriverai jusqu'à elle. Parce que moi je vis à Lille, et je dois l'argent de chez elle à Paris. Et ce jour-là, c'est un jour de grande colère. Il y a des grèves, des émeutes, des barrages, de la pluie et du ciel gris aussi, évidemment. Pourtant, mon train n'est pas annulé. Il part à l'heure, et arrivé à Paris, le métro fonctionne. Et je me perds que six fois et marche que trois fois en contresens sur le chemin. Chez Radia, c'est vraiment sublime. Tout est beau. La lumière, les couleurs, les formes, les odeurs. Ça sent le beau, le vrai. Mais surtout, ça sent la sécurité. Ça sent l'apaisement. Ça sent l'amour. Ça sent les endroits où il ne peut rien t'arriver. Ça sent la maison. Ça sent la joie. C'est exactement ce qu'elle est. Elle est tout ça à la fois. On se connaît pas et on se rencontre pour la première fois ce jour-là. Mais on papote comme si on reprenait notre conversation d'hier. C'est une des premières personnes à qui je parle des gens cool. Elle trouve ça trop cool. Et je trouve ça cool qu'elle trouve ça cool. Quelques mois après, je la retrouve dans son appartement lumière. Je m'installe dans son canapé dont le confort est absolument fou. D'ailleurs, je m'en suis toujours parmise à l'heure où je te parle. On reprend notre conversation sur les moments où on coule, cette fois-ci avec un micro et entre frangines. Je te souhaite de te sentir dans ta vie comme dans le canapé de Radia. Et bonne écoute.
- Speaker #0
Moi c'est la maternité. Enfin c'est le fait de devenir responsable d'un être vivant. Enfin, c'est... et puis... Avec le recul, c'est le fait d'avoir donné la vie, donc la mort. C'est de devoir affronter l'idée d'une éventuelle séparation. J'ai mis au monde un être que j'aime plus que moi-même, et d'un seul coup, j'ai qu'une seule peur, c'est le perdre. C'est ça qui a déclenché, chez moi, l'angoisse. Non, je n'avais même pas peur de la mort. Non, c'est l'insouciance. C'était la fin de l'insouciance, là. Mais ça ne s'est pas traduit, si tu veux, ça ne s'est pas révélé tout de suite. Je me suis retrouvée déjà, j'ai accouché à l'étranger. Et puis alors, moi j'ai abordé la maternité comme à peu près tout dans ma vie, c'est-à-dire freestyle. C'est quand même curieux parce qu'une nana qui s'avère méga angoissée, j'ai tendance à aborder les trucs. Je ne me suis pas du tout préparée. Ah non mais pas du tout. Moi j'ai découvert tous les trucs de préparation, l'accouchement et tout ça. Mais après, freestyle. Vraiment je suis allée accoucher sans aucune notion de rien. En plus on m'avait dit tu verras, tu sauras. Et j'ai allaité parce qu'on m'a dit qu'il fallait allaiter. Et l'allaitement, c'est hyper aliénant. Ce qui fait que je n'ai pas quitté mon bébé pendant 7 mois. Au bout de 7 mois, on a commencé à réussir à lui donner le biberon. Et là, j'ai eu ma première sortie avec mes copines. J'allais retrouver pour la première fois mes copines. Et alors là, je me suis dit « back to my life » . Et donc, j'ai eu le réflexe de monter dans la voiture. Et dans le pays où je vivais, il y avait 7 voies. de route. Et là, je mets la musique à fond, parce que pour moi, j'écoute beaucoup de musique, et j'aime bien l'écouter à fond dans la bagnole. Et là, je crois que j'ai eu une espèce de montée émotionnelle. C'était la première séparation avec ma fille, et en même temps, j'étais hyper contente de retrouver mes copines. Mais la montée émotionnelle a été telle que j'ai eu le sentiment que j'allais m'évanouir. Et moi, qui suis sujette au malaise vagot, j'ai eu les lèvres en mousse et tout. Alors que j'étais en train de conduire dans une... Cette voie, dans un pays où on roule très vite. Et là, je me suis dit, putain, je vais m'évanouir à 130 km heure, quoi. Et j'ai essayé de chanter pour sortir. Parce qu'en plus, j'étais sur la voie de gauche. Il fallait que j'avance cette voie comme ça jusqu'à la sortie. J'arrive à la sortie. Et voilà, la chance, je me retrouve à la sortie. Je me garde, il y a une pharmacie juste en face. J'ai du mal à bouger mon corps, je rentre dans la pharmacie, je m'allonge par terre, la langue c'était anglais, je m'allonge, help I'm dying, I'm dying, franchement j'ai l'impression, j'ai le sentiment de mort imminente. Je me dis je vais crever, mon cœur bat tellement vite qu'il faut qu'il baisse mon rythme cardiaque sinon je vais clamser. Et là je me dis help I'm dying and I have a baby. Et je me dis en fait j'ai tellement peur qu'elle meurt qu'en fait c'est moi. qui risque de mourir. Et là, je suis persuadée que je vis mes derniers instants. C'est ce qui s'appelait une panique attaque. Là, je découvre. Après coup, parce que moi, à ce moment-là, je suis persuadée que je suis en train de partir. Donc, je découvre à ce moment-là la panique attaque. Je finis aux urgences et je repars avec une boîte de Xanax et on me dit, allez voir un psy. Et après, j'ai un... Je ne sais pas... Alors, je sais que je suis... Comme je n'allais pas très bien, surtout qu'on me dit « va voir un psy de Xanax » , moi je ne comprends pas très bien à ce moment-là et surtout je ne suis pas tout à fait sûre à ce moment-là que je n'ai pas un vrai problème physique et comme je suis dans un pays où la médecine est un peu défaillante, je n'ai pas vraiment confiance au diagnostic. J'ai un besoin urgent de rentrer en France mais entre-temps, je ne réalise pas encore que je suis dans ce qu'on appelle une anxio-dépression. C'est mes sœurs qui, quelques mois après, vont tirer la sonnette d'alarme et vont me dire « non mais Radiala, Tu ne peux pas rester comme ça. Parce que je suis dans une espèce de hyper-vigilance, hyper-contrôle, tout est dramatique, je pète des capes pour n'importe quoi. Parce que je rentre dans une espèce de logique de contrôle. J'ai tellement peur, maintenant, à la fois, de perdre mon enfant, de mourir moi-même, de perdre les gens que j'aime, je commence à dysfonctionner autour de ça. Et même au départ, je me rappelle que je suis tellement dans le déni. d'un problème éventuellement psychiatrique. Je me dis oui, mais c'est le stress. Moi, j'ai une mère malade et je ne voulais surtout pas être comme elle. Donc moi, je me rends compte avec le recul que ma grosse angoisse en devenant mère moi-même, c'était de reproduire un schéma que j'ai subi. Et là, on me parle de psychiatre, on me parle d'antidépresseur et tout ça, je me dis mais... je suis en train d'emprunter le chemin de ma mère, tu vois ? Et ça, ça a été, mais pour moi, impossible à accepter. D'autant qu'en plus, je n'ai pas du tout emprunté le même chemin. Mais, je me suis retrouvée moi-même malade. Et ça, ça a été très difficile à accepter, tu vois ? Ça a été très difficile à accepter aussi, de me sentir... J'ai tellement voulu être à la hauteur, moi-même en tant que mère, être... tellement à la hauteur, parce que j'ai estimé qu'elle ne l'avait pas été avec moi et que ça a été l'objet de toutes mes souffrances, que j'ai cru d'ailleurs, parce qu'en fait, on se raconte beaucoup d'histoires, que c'était très difficile à admettre que j'étais en train de faillir. À peine j'ai commencé, je suis déjà au fond du seau. j'ai abordé la maternité comme une performance. Je devais la réussir là où elle a échoué. Alors qu'en fait, ce n'est pas du tout ça. Tu vois ce que je veux dire ? Il y a cette espèce de truc autour de la performance. Il faut tout réussir. Mais tu sais, maintenant, même ta dépression, il faut la réussir. Il faut tout réussir. Et en fait, c'est ce prisme-là qui commence sérieusement à me gonfler. Réussir sa vie, ça ne veut rien dire en fait. Et je pense que cette notion de réussite et d'échec, c'est un peu, on envisage tout sous le prisme de la réussite ou de l'échec, et je pense que c'est ça qui rend malade tout le monde. C'est ça qui nous rend malades, en tout cas moi c'est ça qui m'a rendue malade, c'est cette espèce de pression que je me suis mise à réussir à tout prix, là où j'ai estimé que quelqu'un d'autre a échoué, alors qu'en fait c'est que mes filtres qui... J'ai eu des choses sous un prisme qui est complètement faux dès le départ. Là, on parle d'amour, d'amour absolu, inconditionnel. On ne parle pas de performance. Et ça m'a pris du temps. Ça m'a pris du temps, enfin, guérir de l'angoisse. Parce que ça vient convoquer plein d'autres trucs. Ça vient convoquer l'angoisse, c'est le contrôle. C'est le perfectionnisme, c'est tout un tas d'éléments. Puis moi, en plus, j'avais l'urgence de guérir parce que je ne voulais pas le transmettre à ma fille. Parce que j'étais dans « non, non, mais vite, vite, vite, il faut que je guérisse » . Et en même temps, il fallait que je guérisse sans accepter de prendre les médicaments. Parce que j'avais atteint un tel niveau d'angoisse que j'avais peur des effets secondaires. Mais parce que j'avais peur, j'avais peur même du traitement. J'avais peur de tout. Je crois que j'avais peur de mon nombre. J'ai atteint un niveau de peur qui est proche de l'enfer. J'ai le sentiment d'avoir vraiment mordu la poussière. Ce sentiment d'être enfermée dans des angoisses telles, une espèce de prison transparente que personne n'imagine. à envier une personne qui arrive à avoir ne serait-ce que l'insouciance de la futilité. Tu vois ?
- Speaker #1
Oui, je vois.
- Speaker #0
Et ça, ça c'est rêve. Ça c'est l'enfer.
- Speaker #1
Il faut que je te dise qu'à ce moment-là, Priscille, l'enregistrement, je suis vraiment en train d'halluciner. Et d'ailleurs la petite Alice en moi aussi. Parce que cet enfer-là... que d'écrire à Dia, je l'ai moi aussi traversé. Tout pareil. Et là, j'ai l'impression de m'entendre. Je comprends ce que c'est que d'avoir peur viscéralement de tout, tout le temps. À plus pouvoir sortir de chez soi et en même temps, à pas pouvoir rester seule chez soi. Juste, voilà, si t'es là-dedans, lâche pas. Essaye de pas lâcher. Parce que je te promets, Arrive un jour où tout ça là, c'est derrière toi, je te le jure.
- Speaker #0
Et se sortir de là, ça paraît en plus... Moi ça me paraissait impossible parce que j'avais en plus le sentiment d'être complètement incomprise. Ça m'est arrivé d'ailleurs dans un mariage. Ça m'est arrivé dans un mariage de faire une espèce de syncope. Il s'est transformé en panique-attaque bien sûr. T'imagines, je fais une syncope. Alors que t'es déjà dans ton anxio-dépression, là, putain, ça part en panique et attaque, mais de l'espace. En plus, moi, quand j'ai fait la synchro, je me suis rendue, il y a eu la marée au-dessus de moi, je me suis dit, mais putain, je suis au... C'est grave, en fait ! Et là, il y a un mec qui est venu me voir, il m'a tendu sa petite plaquette de Xanax, il m'a dit, tu sais, il n'y a personne qui va te comprendre. Et là, je me sens encore plus seule, parce que je me dis, si je ne prends pas le putain de Xanax, je ne vais jamais m'en sortir, quoi ! Et il y a quand même un truc en moi qui me dit, le Xanax, ça va m'aider, mais ça ne va pas résoudre. Et alors, autre chose, c'est que comme je n'ai pas beaucoup d'informations, on est dans les années 2000, c'est le début de Facebook. Je suis isolée, donc toujours au bout du monde. Je ne suis pas encore rentrée en France. Je commence à essayer de me renseigner via Internet sur ce truc qui m'arrive. Et il y a très peu de... Je vois des solutions, mais je ne vois pas de signe de guérison. Et je me dis, attends, moi je vais vivre toute ma life comme ça, à ne pas réussir à trouver le sommeil parce que peur de jamais me réveiller. Mais je tombais dans des espèces de circuits de maboule. Peur de m'endormir. Le matin, un bébé à gérer et à épanouir, alors que toi tu es en train de faire une espèce de crise, genre de spasmophilie où tu as l'impression que tu vas crever à chaque instant, à enchaîner les crises d'angoisse. Et puis à péter des câbles à côté parce que t'es tellement crevée. Et je me dis, non mais il faut que je me sorte de là. Le truc qui m'a achevé, c'est que je voyais que mon mari était complètement impuissant. Et ça, je me suis dit, je suis enfermée. Je suis vivante, mais en fait, je crois que je suis déjà en enfer. Et ça, c'est... Sur le moment, j'ai juste besoin qu'on me dise que je vais guérir. Non, c'est même pas que je vais guérir, parce que je sais même pas si je suis malade à ce moment-là. Une solution existe. Et je tiens à dire à tous les auditeurs que vous allez vous en sortir. Vous allez putain de vous en sortir, et c'est possible. Voilà, parce que moi à ce moment-là, je ne sais même pas si c'est possible. Et je me dis, attends, je suis condamnée à vivre toute ma vie comme ça, mais je vais jamais y arriver. Ça va être un enfer. Ça va être un enfer. Il faut absolument qu'on me garantisse que... une solution et je suis prête à tout pour me sortir de là. Moi, je vais le découvrir un peu par hasard parce qu'en plus, à force de traîner ce truc, je deviens agoraphobe. Donc ça commence à être compliqué. Tu vois, tu as un bébé que tu gères seul parce que ton mec n'est jamais là. Ton mec, il t'aime en se rendant utile, c'est l'amour inconditionnel et j'ai eu la chance quand même qu'il soit à mes côtés. Mais en même temps, tu te dis, je suis toute seule. Mais je crois même que... Je crois que ça fait partie du symptôme, c'est que tu te sens extrêmement seule, et cette solitude, il faut absolument que je trouve une solution. Et un jour, alors moi je fréquente plein de forums à ce moment-là, d'angoisse, panique-attaque, parce qu'en anglais, parce que je commence à comprendre que ça s'appelle panique-attaque, qu'il y a des degrés d'angoisse et tout ça. Et un jour, alors là je suis rentrée en France, je suis rentrée en France, je vais voir un acteur qui m'envoie chez un psy, je vais voir un psychiatre. qui me donne des anxiolytiques, mais je ne fais que bailler et dormir. Et je me dis, mais moi j'ai un bébé à gérer. Et là, je vois sur un site, la sophrologie a changé ma vie. M'a sauvé la vie plutôt. Et moi j'en suis là, c'est il faut sauver ma vie. Et donc je garde ce truc, et je me dis, ok, sophrologie. J'ai pas testé, mais là je suis prête à tout, moi je suis prête à me faire exorciser s'il faut. Et là, comme je suis agoraphobe, je tape, sophrologue, et je suis dans mon arrondissement, et je vais à deux pas de chez moi. J'ai quelques rues à traverser, et j'en suis au point où moi, prendre le métro, c'est avec un litre et demi d'eau, tu vois. Parce que l'eau, j'ai remarqué, tu vois, je me fais des espèces de trucs de déglinguer, tu vois, à me dire, attends... C'est fou, j'ai l'impression de m'entendre.
- Speaker #1
Non mais, le petit cri que tu viens d'entendre, c'est moi qui suis en train d'aller. et qui me reconnaît fort dans le partage d'Auradia. Désolée.
- Speaker #0
Non, mais si je ne bois pas 15... Il n'y a que l'eau qui peut me calmer parce que le moindre bruit, le moindre truc, c'est une épreuve. Bon, je ne te parle même pas de la conduite qui s'arrête à ce moment-là. Tout ce qui va... Et alors, plus je m'éloigne de chez moi, plus je suis en malaise et plus je me rapproche, mieux je me sens. Tu vois, c'est... Bon, j'arrive quand même à arriver dans ce cabinet-là et elle me dit, alors moi, je fais de l'hypnose érectionnienne. Et là, je me dis, hypnose ? Mais what ? Ça veut dire que quoi ? Moi, je vais perdre le contrôle. Mais à ce moment-là, je me dis, non mais je suis chez... Elle va prendre possession de mon âme et là, elle va finir de m'achever. Et je ne sais pas pourquoi, je comprends que je ne vais pas perdre conscience. Parce que t'es conscient. Parce que moi, hypnose, tu vois, j'avais vu que des trucs à la télé où le mec, il n'est plus là, il a eu le bras, tu vois. Et je me dis, non... Là, je comprends que c'est juste des respirations et qu'elle va me suggérer des trucs. Et ça me détend quand même un peu. Et au fil des séances, là, elle me donne des trucs très cons. Mes mots techniques en même temps, c'est qu'elle me dit, il faut que tu sois dans l'ici et maintenant. Et je comprends à ce moment-là qu'il y a peut-être des petits trucs à gérer, parce que je suis beaucoup dans ma tête. Et je me dis, ouais, si j'arrive à concentrer mon cerveau... et à me concentrer sur quelque chose en particulier, je vais être moins dans mes angoisses. Donc, je vais limiter le temps d'angoisse. Et là, je me suis mise à nettoyer mon olivier feuille à feuille en me suggérant ce que j'étais en train de faire. Mais ça fonctionne hyper bien ce truc. En crise d'angoisse, c'est là je suis en train de nettoyer une feuille verte. J'ai commencé vraiment à vivre comme ça. je coupais des tomates en conscience ce qui me permettait d'avoir du répit parce que c'est très énergivore en plus d'être je sais pas dans quel état d'alerte c'est comme pour les gens qui ne connaissent pas c'est comme quand il y a un danger imminent et que t'as la peur de ta vie les gens disent ouais j'ai la peur de ma vie sauf que t'es comme ça mais pendant 20 minutes après t'es crevée, il faut dormir c'est épuisant et ça je dépense toute mon énergie à ça, plus la gestion d'un bébé et la poker face sociale. Parce qu'il y a quand même la vie autour où il faut s'assurer que je suis dans une espèce de... Je m'inflige tout, quoi. Je m'inflige d'être à la hauteur. Il capte pas. Enfin, je pense que quelqu'un qui n'a pas vécu ça, je pense pas qu'il puisse capter. Donc, on me disait, ouais, mais te prends pas la tête. En plus, ça, c'est le truc, c'est la phrase, mais putain, ça, ça me... Ça, moi, j'aurais pu buter quelqu'un à cette peine. Et moi, quand on me disait, te prends pas la tête, tu vois, ouais, d'accord. Ferme ta gueule. Tu vois ? Ah oui, ça, ça a le don de m'énerver. Les gens qui disent, ouais, mais tu te prends trop la... Ferme ta gueule. Mais vraiment, là-dessus, je suis très... Tu ne connais pas, tu ne sais pas de quoi tu parles. Globalement, les gens qui viennent comme ça avec leurs solutions... Les gens, tu sais, qui sont pleins de certitudes, en général... Je ne peux pas les blairer. Voilà. Je ne peux pas blairer les gens pleins de certitudes, car avec leurs solutions, il n'y a qu'à faux con, ta gueule. Parce qu'un jour... Enfin, je pense que personne n'est à l'ombre, et ceux-là, un jour, ils vont se prendre aussi... Enfin... Bon, bref. Tu dis à quelqu'un que t'es nature anxieux, angoissé, tout le monde se reconnaît un peu là-dedans, mais il y a des degrés... Aujourd'hui, je ne considère pas être quelqu'un de complètement serein, mais je fonctionne. Tant que tu peux faire quelque chose, tant que tu peux contrôler, pour moi, c'est là que les emmerdes commencent. C'est là que les emmerdes commencent, parce que tant que tu peux faire, tu vas être dans le combat. Et en fait, c'est ça qu'il faut arrêter, c'est de combattre. Et je crois que le switch... C'est opéré chez moi. Elle m'a dit une phrase qui m'a rassurée parce que moi, j'avais besoin de certitude à ce moment-là, parce que c'est un besoin de certitude. C'est ça qui te rassure quand t'es angoissée. Tu veux qu'on te donne des certitudes. Or, la vie, elle va tout offrir sauf des certitudes. Elle m'a dit une phrase. Elle m'a dit, la vie t'emmènera tout, te conduira toujours à bon port. Et il y a quelque chose en moi qui me suit dit, peut-être à ce moment-là, il n'y a pas... pas d'endroit que je vais, de moment que je vais traverser, que je ne saurais gérer. C'est pas avoir confiance en la vie, c'est avoir la confiance en mes capacités à trouver les ressources au moment où j'en aurais besoin, quoi. Et ça, l'angoisser, il met du temps à avoir confiance au fait qu'il va y avoir des ressources. Mais en fait, je pense qu'on a peur de perdre pied, de... On a peur de perdre le contrôle et de ne plus savoir comment réagir, alors qu'en réalité, je crois sincèrement aujourd'hui que quand c'est nécessaire, on a toutes les ressources dont on a besoin. Le corps est hyper bien foutu, la tête aussi. Moi, j'ai trouvé mon salut dans mettre... Tous ces besoins-là d'occuper mon esprit au service d'un projet, au service de quelque chose. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, tous ces questionnements, ces besoins de certitude, je les mets dans... je pose des questions moins existentielles, là où il y a des réponses, en fait. Je concentre mon... là où, en tout cas, on peut trouver des réponses un peu tangibles, parce que sur les questions existentielles, bon, si tu veux, on le saura que quand on sera mort, et encore. Pour peu qu'on ait encore l'occasion de se poser la question, tu vois. Avec le recul. Avec le recul, aujourd'hui, je pense que la vie est une longue guérison. Donc on est tous en convalescence. Et ça va rassurer beaucoup de gens qui sont dans le dur du truc, mais je pense que tout le monde a ça un peu latent chez lui. Je ne sais pas, j'ai du mal à imaginer que personne... que des gens ne soient pas en train de guérir des blessures. Après, il y a ceux qui... Je ne vais pas dire qu'il y a ceux qui gèrent mieux que d'autres, parce que ce n'est pas vrai. Je pense qu'il y a ceux qui masquent mieux que d'autres. Et puis après, il y a des phases plus douces que d'autres aussi dans la vie. Moi, la trentaine, elle a été hardcore. Mais hardcore, hardcore. Et aujourd'hui, je réalise maintenant tout ce que ça m'a apporté. Donc, ce n'était pas vain de mordre la poussière. Et ça me permet aujourd'hui d'avoir un rapport aux autres vachement plus sensible. C'est-à-dire que j'arrive à toucher un peu l'expérience de la souffrance d'autrui. Et en tout cas, ça m'intéresse. Je ne vois pas ça comme un truc à fuir. C'est fou d'ailleurs le rapport aux gens à la maladie. On a quand même ce truc dans notre système ou notre société de cette espèce de refus, ce déni. autour de l'adversité, ce sentiment qu'on ne s'autorise pas à aller mal, la mort ça n'existe pas, la maladie, on fuit comme si ça n'existait pas. On a cette espèce de truc du déni, comme si l'autre versant de la vie, donc le versant pas cool, n'existait pas. Mais c'est un peu comme le bien, le mal, cette espèce de connerie. qui polarise aujourd'hui tout le monde. Les gens bien, les gens pas bien, les gens en bonne santé, les gens malades. Non, je pense qu'en fait, on est tous en bonne santé et malades. C'est pas ou-ou, c'est et. On est tous toujours un peu les deux. Comme on est un peu gentils, parfois on est parfaits connards. Et je pense que retrouver un peu, réconcilier un peu tout ça, ça ferait aussi du bien, parce que je crois que dans les épisodes de Malette, il y a aussi beaucoup de honte. Parce que, on va parler de dysfonctionnement, dys, dys, dys, dys quoi ? Et je dirais même que ceux qui s'autorisent à le vivre à fond sont plus en voie de guérison que ceux qui font comme si ça n'existait pas et qui sont dans le déni d'eux-mêmes et qui refusent d'aller au profond, tu vois, dans les abysses. Mais c'est là que... commencer un début de quelque chose. Tu ne peux pas ne regarder que la partie... En fait, si tu ne t'envisages que dans un... Si tu t'envisages en tant qu'humain que dans ta partie considérée comme lumineuse, tu n'acceptes pas ta part d'ombre. J'ai du mal à imaginer que tu puisses être juste vivant. Donc peut-être que... effectivement, tout va être performance, tout va être tout pour toi, mais est-ce que tu vas vivre ? C'est un peu comme la notion de réussite et d'échec. Comment on rate sa vie ? C'est quoi rater sa vie ? C'est quoi rater sa vie ? Et surtout, quand est-ce qu'on réussit sa vie ? Tout ça, ça dépend des filtres de chaque... Et puis, est-ce qu'on peut rater ou réussir ? Moi, je crois que la vie, on ne peut que la vivre, en fait. Et je pense que si on ne vit pas la vie pour la vivre, c'est peut-être là qu'on risque de la rater, d'ailleurs. Parce que si tu ne vis... Que dans la perspective de la réussite, ça veut dire que tu sous-entends son opposé, parce que la réussite ne peut exister qu'à partir du moment où l'échec existe. La vie, c'est comment tu vas avancer, puis à chaque étape. Chaque étape, et puis je crois que personne n'est à l'ombre, donc on va vivre des moments cools, des moments pas cools, et c'est comment on va réagir par rapport à ça. Et ça, si on pouvait... arrêter de nous cantonner dans cette image le bien, le mal, les gentils, les méchants, le paradis, l'enfer, et qu'on se disait, bah ouais, on est humain, donc parfois on est gentil, parfois on est méchant, parfois la vie c'est un enfer aussi. On n'accepte pas la douleur. Une de mes filles a traversé un truc assez lourd aussi, sans blague, et je me rappellerai toujours de son regard. Quand je lui ai dit, tu sais, t'as le droit de pas aller bien. J'ai vu dans ses yeux, c'était comme une révélation. J'ai le droit de pas aller bien. T'imagines la pression qu'on se fout dans la vie. J'avais le droit d'aller mal. Mais on n'accepte pas. Dans la société, d'aller mal, c'est mal vu. C'est un manque de quelque chose. C'est comme si nous manquait des trucs. C'est un manque de courage, c'est un manque de volonté. Moi, j'adore les gens, de manière ironique, qui parlent de la dépression. En parlant de volonté. Ils envisagent ça encore sous le prisme de la performance. Aller mal, c'est mal, c'est l'échec, c'est associé à plein de tout un tas de trucs négatifs, alors que c'est juste un état, c'est neutre. Qu'est-ce que je vais faire de ça ? Mais c'est associé, malheureusement. Alors que c'est dans ces états-là en plus que tu avances le plus. Je crois que le seul truc qui unit l'humanité, c'est qu'on cherche tous l'amour. Il y a quand même cette valeur commune. On veut tous, on est tous en recherche d'amour et ce qu'on guérit à travers le prisme des appartements, des mètres carrés, de l'argent et de je ne sais pas quel autre challenge se fixe chacun, c'est toujours lié à une blessure d'amour. Et cet amour-là, je crois qu'on peut palper quelque chose dans l'acceptation totale de qui on est à chaque étape de notre vie. Tu t'aimes tout entier, tu t'acceptes. En fait, je ne cherche même pas à t'aimer, accepte-toi déjà. Accepte. Accepte-toi. Et quand on s'accepte entier dans nos... Ça touche là à une espèce de... Quand tu t'es accepté tout entier, il y a une espèce aussi de truc un peu plus légitime. T'arrêtes de t'excuser aux yeux du monde. Parce qu'en fait, on croit que le monde attend plein de trucs de nous. En fait, je pense que tout le monde tourne autour de son petit nombril. Tout le monde est occupé à tourner dans son petit nombril. En fait, il n'y a personne qui t'attend. C'est notre perception du monde aussi. On a l'impression que... Parce que là, je critique la société, mais c'est peut-être... ma vision de la société qui se joue entre moi et moi-même. Tout ça pour dire que c'est en acceptant d'aller mal que d'un seul coup, tout va mieux. Je ne me fixe pas d'objectif. Je fais pour le plaisir de faire. Alors, je ne te raconte pas quand tu gères une boîte et que tu as des gens autour de toi qui se rendent compte et qui disent « Alors, venez, vous comptez faire ? » Mais moi, je ne compte rien du tout. Moi, je fais et je m'en fous de savoir si ça a réussi. Je fais parce que je sens qu'il faut que je le fasse, mais je ne me fixe aucun objectif. Quand tu commences à foutre de l'enjeu, ça y est, tu rentres dans la performance, tu n'es plus dans les sens. Et ça, c'est un état de bien-être qui est serein. En fait, tu n'es pas dans la sérénité de faire les choses. Et quand tu veux faire les choses sincèrement, tu peux le faire que sereinement, dans une espèce d'accord intérieur. Ouais, je suis alignée avec qui je suis aujourd'hui. Mais ça se trouve, on se voit dans trois semaines. J'aurais encore... Vu qu'on est sur un... Pour moi, on marche et qu'on est en perpétuelle guérison, la pensée, elle va évoluer. On remonte quand on touche vraiment le fond. Il faut aller... Il ne faut pas avoir... peur d'aller au fond, du fond, du fond. Et c'est pour ça que tu vois, après, les médicaments, c'est sûr que ça soulage la crise et tout ça, mais il faut... Je crois que c'est important d'aller dans les abysses. Parce que tu vois, quand t'es dans les abysses, il y a un moment où c'est tellement, tellement bas que tu te dis... Tu mesures ton degré de force de vie, quoi. Il y a toujours un truc qui vient te... C'est sur le fil, hein, mais... Parfois, c'est sur le fil, mais une espèce de truc... Tu sais, une espèce de soulagement, ça peut pas être pire. Je sais que je fais de mon mieux, entre guillemets. C'est pas de mon mieux, je fais... Je fais, tu vois ? Je n'arrive même plus à me mettre cette pression-là. C'est-à-dire, je fais. Je fais. Alors, au début, j'ai fait beaucoup... C'est assez aidant de s'inscrire dans des activités. Tu sais, l'activité qui te fait un peu oublier le temps qui passe. Alors, moi, le centre d'intérêt que j'ai eu à ce moment-là, c'est... Alors, moi, j'étais incapable de lire un bouquin. Moi, j'ai regardé beaucoup le plafond. Moi, j'ai regardé beaucoup le plafond. Puis alors, je me suis plutôt lancée à des trucs... Un peu existentiel. Et moi, ma passion à ce moment-là, c'était... Enfin, j'étais encore dans la logique d'objectif. Donc moi, mon objectif, c'était de me réconcilier avec la mort. Et donc, pour me réconcilier avec l'idée de la mort,
- Speaker #1
je me suis vachement renseignée sur les near-death experience.
- Speaker #0
Je me bouffais du reportage en boucle sur les mecs qui font des near-death experience, les morts imminentes, là, qui nous expliquaient tous à 100% que c'était super. génial, ça fait pas mal, que le truc se fait nickel, et donc ça m'a aidée à dédramatiser la mort. Mais par contre, je vais vivre avec. Et je crois qu'il ne faut pas chercher à éviter les émotions, éviter la douleur, éviter la souffrance, il faut juste apprendre à vivre avec. Et je crois que la vie, c'est un peu ça, t'apprends à vivre. T'apprends à vivre. L'essentiel, c'est de marcher. Faut marcher. Que ce soit dans la nuit, dans le jour, dans l'adversité, faut marcher. Et puis, quand t'es fatiguée, tu t'arrêtes, tu fais une pause. Et ta pause, qu'elle dure deux semaines ou deux ans, franchement, on n'en a rien à foutre parce qu'il n'y a pas d'objectif. Moi, j'ai arrêté d'envisager ma vie comme si je devais franchir l'Everest, comme si j'avais... J'ai plus rien à prouver, quoi. À me prouver. Parce que souvent, on croit qu'on le prouve au monde, mais c'est à soi-même. Donc, je cultive l'art du « c'est pas si mal » . Tu vois ? C'est bien le « c'est pas si mal » , tu sais ? C'est pas si mal. Et puis en fait, mon « c'est pas si mal » , il fait du bien à plein de gens. Et donc, ça devient un truc plutôt sympa, tu vois, pour tout le monde. Parce que les autres, ça les détend. Toi, t'es détendue. Et je crois que les gens qui traversent des dépressions, etc., ils ont cet atout-là. Dans la vie, c'est de comprendre qu'en fait, on ne contrôle rien. Et quand tu acceptes de ne pas contrôler, tu n'es pas en train d'être défaillant. Je crois que c'est l'inverse. C'est justement quand tu crois que tu as le contrôle sur tout, que tu es plein de certitude, que là, tu risques de t'en prendre une dans la gueule. Un jour, tu ne vas rien comprendre, mon pote. Et puis, je ne sais pas, c'est plus humble. Parfois, je me dis, mais pour qui on se rend ? Aujourd'hui, j'ai du mal à imaginer que je pourrais retomber si bas. Parce que j'ai beaucoup plus d'expérience. Déjà même au fil de... Et puis alors attends, il y a un autre truc que je voulais dire, qui est hyper important. C'est que moi, je me suis quand même retrouvée dans une situation avec la sophro. Un jour, elle m'a dit « Mais est-ce que tu es prête à changer ? Est-ce que tu es prête à... » à vivre sans l'angoisse. J'allais beaucoup mieux. Et c'est comme s'il était en train de me dire « Bon, alors, est-ce que tu es prête à laisser tout ça derrière toi et à vivre ton vide ? » Parce que ça remplissait tellement ma vie que ça me faisait flipper de me mettre face à... Je me disais « Attends, Moi, ça, je connais. Maintenant, je maîtrise. Je sais qu'une crise d'angoisse, c'est 20 minutes. Quand ça m'arrive, je sais que c'est machin. » J'avais pris un peu le contrôle de mon... de mon... de mon lâcher prise, tu vois ce que je veux dire ? Et là, elle me dit, mais attends, si je te l'enlève complètement, mais moi, putain, si tu m'enlèves complètement, mon angoisse, qu'est-ce que je fais ? C'est le vide intersidéral. Et parfois, tu vois, je me pose une question, est-ce qu'on a... Parfois, on trouve le confort dans n'importe quoi. C'est un peu le syndrome du prisonnier. S'il se retrouve libre, il ne sait pas quoi foutre de sa liberté, il se retrouve, il panique. Et moi, je me suis dit, attends, je suis en train de calmer mes angoisses, là, je vais repartir dans l'angoisse du vide maintenant, alors que ça, ça m'occupait bien. Et ça, je crois que il y a aussi cette question à se poser. Parfois, c'est aussi assez confortable aussi d'être voilà, moi, vous savez, je suis angoissée, donc je ne peux pas, ce n'est pas moi, c'est ma maladie. Et ça demande du courage. Mais pas le courage de C'est le courage d'accepter que tu vas sortir du statut de victime. Et ça, c'est autre chose. Mais ça se fait.
- Speaker #1
C'est un peu comme quand t'as appris à lire, tu ne peux plus ne plus savoir lire.
- Speaker #0
Après, est-ce que parfois je ressens de l'anxiété et tout ça ? Oui, mais ça se traduit autrement. Je sens que ça ne... Ça ne me submerge plus, et Dieu sait que ça m'a submergée. Mais aujourd'hui, j'ai fait connaissance avec moi-même, et je sais que je ne me lâcherai jamais. Au pire, on est deux, moi et moi-même, pour traverser la vie, et puis franchement, j'ai plus d'attentes. Ça, ça pète la vie, les attentes. La seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien. C'est exactement ça. Mais c'est là qu'est la clé pour moi maintenant. Et je rajouterais, et ça me va très bien. Mais le fait c'est ça, c'est que j'ai renoncé au fait d'avoir des certitudes. Donc quelque part, j'accepte de vivre... Je ne fais plus de l'incertitude une angoisse. Et l'angoisse est souvent en contrôle. Donc j'ai lâché le contrôle. En fait, je pense que la vie, ça se vit, ça s'improvise, et puis ma grande cousine, Sophie, m'a toujours dit « À temps de voir, tu verras bien » .
- Speaker #1
C'est...
- Speaker #0
Ouais, c'est... « À temps de voir, tu verras bien » .
- Speaker #1
Merci pour ton écoute. Prends vraiment soin de toi. Je t'embrasse.