- Speaker #0
Bonjour à tous et à toutes. Merci de nous écouter aujourd'hui.
- Speaker #1
Salut Emma.
- Speaker #0
Aujourd'hui, nous allons traiter d'un sujet d'actualité, l'intelligence artificielle. Tout d'abord, définissons qu'est-ce que c'est. C'est un domaine scientifique qui développe des systèmes informatiques capables d'imiter l'intelligence humaine.
- Speaker #1
C'est fou parce que l'intelligence artificielle change déjà notre manière d'apprendre, d'enseigner et même d'innover. C'est vraiment fascinant.
- Speaker #0
Effectivement Youssef, c'est exactement ce que nous allons... explorer aujourd'hui, apprendre, enseigner et innover à l'heure de l'intelligence artificielle. Pour débuter cette émission, nous allons écouter Mme Claudia Scherer-Effos, directrice générale de l'AEFE, qui n'a pas pu être parmi nous aujourd'hui, mais qui a tenu à nous partager un petit message.
- Speaker #2
Bonjour à tous et à toutes. Je suis heureuse de vous retrouver pour le lancement de la 9e édition de la semaine des lycées français du monde. Vous le savez, cette semaine est l'occasion de mettre en valeur les atouts de l'enseignement français à l'étranger et de promouvoir l'excellence et la qualité de notre enseignement. Je souhaite remercier tous les établissements qui, une fois encore, se sont engagés dans cet événement à travers de nombreuses actions répertoriées sur la cartographie de la Semaine des lycées français du monde. C'est le premier événement phare de cette année consacré à l'intelligence artificielle. dont la thématique est la suivante, « Cultiver la créativité et la pensée critique à l'ère de l'IA » . Pour l'ouverture de cette nouvelle édition, nous organisons une table ronde au lycée René Descartes de Rabat pour cerner cet enjeu sociétal que représente l'intelligence artificielle et qui interroge évidemment aussi le monde de l'éducation. Merci à tous les invités réunis à cette table, proviseurs, enseignants, parents, alumnis et élèves. qui vont réfléchir à ces sujets, aux côtés de la directrice générale adjointe de l'AEFE, Vassilie Kidri en cours. J'ai hâte de suivre vos échanges. Et je laisse la parole aux jeunes reporters internationaux, Emma et Youssef, qui vont animer ces échanges. Et je les remercie pour leur engagement citoyen.
- Speaker #1
Ce message de Mme Scherer-Effos est une très belle introduction à notre émission du jour. Mais attendez, on ne s'est pas présenté. Bon, j'y vais en premier. Youssef Benjamo, élève de première au lycée des Cortes.
- Speaker #0
Et moi, Emma Maya Dolehan, également élève, de première au lycée Descartes.
- Speaker #1
Ensemble, nous allons animer et vous accompagner tout au long de cette émission. Nous avons aujourd'hui la chance d'échanger avec des intervenants, des experts et membres de notre communauté éducative. Ça promet d'être passionnant.
- Speaker #0
Oui, d'ailleurs, écoutons tout de suite un micro-trottoir réalisé par Naït Eidbar-Bouch, Yanis Abdelawi et Ambre Bensid. Ils ont été à la rencontre de collégiens, lycéens et parents d'élèves. pour leur demander ce que représente l'intelligence artificielle pour eux.
- Speaker #3
Alors bonjour, on réalise un micro-trottoir pour une émission radio pour le lancement de la semaine des lycées français du monde sur le thème de l'IA. C'est quoi pour toi l'intelligence artificielle ?
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce que vous croyez qu'il y a ? Je pense à Tchadji Piti. L'intelligence artificielle pour moi c'est un outil de travail. Comment définir ça ? La technologie. Jack CPT, c'est comme ça que vous l'appelez ? En fait c'est un instrument de plus à la portée des êtres humains.
- Speaker #3
C'est un robot. Quand tu lui poses une question,
- Speaker #0
il cherche à ta place sur Internet. Pour faire des fiches de révision. C'est un outil qui nous aide au quotidien. Tu peux faire plein de choses à notre place. De plus en plus de jeunes utilisent De Nos Jours. Qui nous permet, par exemple, quand on a des devoirs à faire, elle peut nous aider. Quand on a besoin de conseils ou de demandes, on peut lui demander. Même si des fois, elle fait des erreurs.
- Speaker #4
Quand c'est sorti, c'était une innovation qui était... Qui était surprenante et un peu futuriste, et aujourd'hui c'est un outil de tous les jours.
- Speaker #0
Ça a beaucoup évolué depuis la version originale. Ça nous fait gagner énormément de temps. Après on trouve que ça a ses limites, c'est normal, et l'utiliser à bon escient.
- Speaker #5
À aucun moment je ne veux qu'un robot se substitue à mes capacités ou à mes talents. Ah, effectivement,
- Speaker #1
on retrouve des avis divergents concernant l'intelligence artificielle qui varient surtout selon l'âge. D'ailleurs, nous avons l'honneur de recevoir Mme Vassily Kedriankour, directrice générale adjointe de l'AEFE, qui va nous parler de la vision globale de l'intelligence artificielle dans le réseau. Mais avant, avez-vous une petite réaction concernant ce micro-trottoir ?
- Speaker #6
Merci Youssef, merci Emma. Et d'abord, peut-être avant de réagir à ce micro-trottoir, je voudrais vous remercier, chers reporters, pour votre invitation. Et je suis vraiment ravie d'échanger avec vous sur cet enjeu qui est primordial, enjeu primordial que représente notre intelligence artificielle pour nos sociétés et donc, bien sûr, pour nos établissements scolaires. Alors ce que je viens d'entendre dans ce micro-totoir, il résume bien nos élèves, nos familles, résume bien les questions, les attentes et les bénéfices que nous pouvons avoir. que nous allons avoir sur l'intelligence artificielle. C'est-à-dire que l'IA, elle fascine, mais elle inquiète aussi. Elle annonce une nouvelle révolution avec des peurs qui vont parfois être même des hallucinations, on va en parler ensemble. Nous voyons que cette IA, elle touche tous les âges, tous les métiers, nos quotidiens dans les différentes vies, vos vies d'élèves, vos futures vies d'étudiantes, vos futures vies professionnelles et vos vies personnelles. Que pouvons-nous retenir pour parler... d'intelligence artificielle pour nos établissements scolaires. Alors d'abord, peut-être, rappeler quelque chose de fondamental. L'intelligence artificielle est un outil au service de l'humain. Et dans les écoles, nous avons des exemples déjà très concrets de cet apport. L'IA conversationnelle, par exemple. Ça permet aujourd'hui à nos élèves de s'entraîner en langue étrangère depuis chez eux, en complément avec l'enseignement en cours qui est pratiquée par exemple au lycée des Cards. L'intégration d'outils avec l'IA qui vont permettre de mieux accompagner nos élèves à besoins éducatifs particuliers. On a des technologies dès à présent qui nous permettent, qui permettent à nos enseignants d'adapter des supports pédagogiques. On peut avoir des textes simplifiés, on peut avoir des visuels interactifs et on peut donc personnaliser les parcours d'apprentissage de nos élèves. Alors, il doit venir en appui, mais il ne doit absolument pas, évidemment, empêcher la réflexion personnelle. C'est souligné dans ce qu'on vient d'entendre. Et cet équilibre, il est complexe, il est fragile. Il y a des enjeux éducatifs, il y a des enjeux éthiques. On va en reparler. Et ça, c'est la feuille de route de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger. Et puis peut-être, avec le dernier témoignage, je voudrais insister sur la créativité, sur l'innovation, sur la curiosité qui sont permises grâce à l'IA. Et cette innovation, c'est la feuille de route de l'agence. On veut projeter nos élèves dans ces créations. Et on a même retenu cette problématique générale, cette dimension générale pour la 9e édition de la semaine des lycées français du monde. Vous l'avez vu, la thématique générale, c'est cultiver sa créativité, sa pensée critique à l'ère de l'IA. Enfin, je le disais tout à l'heure, nous entendons bien à l'agence les inquiétudes de nos familles qui ont été évoquées dans le micro-trottoir. Nous avons un dialogue très régulier avec nos parents et nous les tenons informés des mesures que nous mettons en place dans nos établissements pour poser un cadre, le mot est important, pour rappeler les règles. Et après tout, tout cela est très logique. Lorsqu'on parle d'un établissement de l'enseignement français, il y a des devoirs et il y a des droits. Et il est tout à fait normal... que l'IA rentre dans ce cadre de droits et de devoirs. Et on va même un peu plus loin, à la UFE, les équipes actuelles travaillent à un document qui est un cadre d'usage de l'utilisation de l'IA en classe, qui a été produit, c'est un document officiel, qui a été produit par le ministère de l'Éducation nationale. Le ministère de l'Éducation nationale, c'est le ministère qui homologue nos établissements, donc qui avec nous reconnaît la qualité dans nos établissements. Et ce document, il donne des pistes pour travailler. avec les enseignants, par exemple la question des devoirs à la maison, par exemple la question des évaluations en classe. Ce sont des sujets très sensibles qu'il faut vraiment travailler, former. Et c'est là où, grâce à l'IA, nous allons aller sur la deuxième grande mission de l'agence qui est la formation de nos personnels enseignants. Nous avons la chance à l'agence d'avoir 306 formateurs experts répartis dans nos 16 zones. Donc nous avons des formateurs partout dans le monde. Et ils vont animer des stages, ils ont commencé, ils vont aller à la rencontre des équipes dans les établissements pour expliquer comment on utilise l'IA en plus au bénéfice de la pédagogie de la classe. Et puis bien sûr, pour rendre encore plus forte notre réflexion, nos actions, nous nous appuyons sur des chercheurs qui travaillent à l'heure actuelle. Nous avons la chance d'avoir en ce moment au lycée Descartes un inspecteur général qui est très engagé sur ces questions-là et qui nous aide à réfléchir aux enjeux éthiques. technique que tout cela pose. Notre objectif, vous l'avez compris, c'est de former des enseignants, des acteurs, des élèves qui sont des acteurs éclairés sur ces questions.
- Speaker #0
Merci beaucoup Madame Driancourt pour ces éclaircissements sur la vision de l'intelligence artificielle à l'échelle du réseau. Sans transition, nous accueillons Monsieur François Cuyet, proviseur de l'établissement scolaire Lycée Descartes à Rabat. Bonjour Monsieur.
- Speaker #7
Bonjour.
- Speaker #0
Tout d'abord, une question. Qu'est-ce que vous, dans votre quotidien professionnel... Est-ce que vous avez recours à l'intelligence artificielle ?
- Speaker #7
Alors dans l'établissement, oui nous avons recours à l'intelligence artificielle, mais sur la base d'expérimentation. En fait on expérimente des outils parce que l'idée c'était d'essayer de ne pas passer à côté de ces nouveaux outils. Et par exemple depuis le début de l'année, on utilise une application qui utilise... C'est une intelligence artificielle pour transcrire par écrit des captations audio. Toutes nos réunions se font avec cette intelligence artificielle et qui nous permet d'avoir des résumés, des comptes rendus le jour même de nos échanges et des comptes rendus qui sont synthétiques, qui sont ordonnés, organisés. Et tout cela, ça permet d'améliorer la communication interne. Donc on expérimente ça au niveau de nos réunions de service, on l'a systématisé et l'idée c'était de voir avec l'accord bien sûr de tous les personnels, de voir si on peut l'utiliser sur des instances comme le conseil d'établissement ou le CGG parce que ces tâches de secrétariat sont chronophages au moment de l'organisation de ces réunions et chronophages aussi ensuite dans le traitement du résumé, du compte-rendu. Il faut des lectures, relectures, ça prend un temps fou. Et donc s'il y a peu... Pour raccourcir ce temps de diffusion des comptes rendus, c'est un gain pour toute la communauté. C'est le premier exemple que je peux citer dans l'établissement. Le deuxième exemple, c'est un exemple d'utilisation d'intelligence artificielle générative. C'était il y a deux ans. L'intention, c'était de réécrire le projet d'établissement. Et pour réécrire le projet d'établissement, on a besoin de faire un diagnostic de départ. pour mettre en évidence les points forts, les faiblesses, les leviers de progrès et puis les actions envisagées pour améliorer la situation de l'établissement. Et nous avons soumis 9 thèmes à la réflexion des 325 personnels de l'établissement. Il y avait 5 thèmes abordés comme la communication externe, interne, la politique des langues, la politique numérique et d'autres sujets. Et sur chacun de ces thèmes, nous avons posé 4 questions. Quelles sont nos forces ? Quelles sont nos faiblesses ? Quels sont les leviers de progrès et quelles sont les actions à mettre en place pour améliorer la situation ? Pendant une matinée, 325 personnes ont réfléchi là-dessus, en atelier, de 15 personnes, tout ça sur une interface numérique. Nous avons récupéré de la donnée numérique en quantité, quand on voit 350 personnes ou 325 personnes, c'est énorme. Et cette donnée-là, nous l'avons soumise à une intelligence artificielle pour nous faire des synthèses. des synthèses et des analyses de point fort sur la communication, sur tous les sujets que j'ai évoqués. Et le gros travail qui nous a été demandé de faire, en fait, c'était d'être précis dans les promptes, vous savez, dans les requêtes que l'on fait, que l'on demande à l'IA, pour avoir une réponse et des synthèses aussi précises que possible et aussi utiles que possible. Et sur la base de ces synthèses-là, nous avons organisé des groupes de travail à qui on a donné à la fois ces synthèses-là, générées par l'IA, mais aussi les résultats des formes brutes. Et on leur a dit « Utilisez les données que vous souhaitez, n'importe laquelle, et puis faites-nous une synthèse, questionnez l'IA, questionnez le résultat de l'IA, qu'est-ce qu'il faut ajouter, qu'est-ce qu'il faut retrancher. » Et on a bâti comme ça notre projet d'établissement en partant des synthèses de l'IA, qui ont été retravaillées. Ça nous a fait gagner un temps considérable. Un travail de réflexion qu'on aurait mené en 10 heures, 15 heures, avec de nombreuses réunions, en 6 heures globalement, on a pu avancer dans notre réflexion collective et rédiger ensuite un projet d'établissement. Donc voilà deux exemples d'utilisation de l'IA en établissement scolaire.
- Speaker #6
Tout à fait, et je crois que votre exemple, M. le Président, est très intéressant parce qu'il montre l'intérêt de l'IA au service d'une communauté éducative qui pense, qui réfléchit, qui fait des propositions pour les élèves, et l'IA qui est utilisée comme un outil. en appui pour faire gagner du temps. Mais la réflexion générale, la réflexion pédagogique, la réflexion éducative, elle reste, elle est encore le bien fondé de cette équipe éducative avec les familles qui a réfléchi et qui fait des propositions. C'est exactement l'équilibre que nous souhaitons avoir dans nos établissements.
- Speaker #1
Vous, M. Cuyé, comment vous voyez l'évolution de l'utilisation de l'intelligence artificielle au sein de tous les services de l'établissement ?
- Speaker #7
Alors... L'idée aujourd'hui que l'on cherche à poursuivre, c'est de recenser un peu toutes les tâches administratives qui sont chronophages, qui ne sont pas forcément passionnantes non plus, voir quelles sont ces tâches-là qui pourront... pourrait être en face desquelles on pourrait mettre une intelligence artificielle pour les prendre en charge globalement, pour réduire le temps de travail consacré à ces tâches chronophages, et sur ce temps dégagé, réfléchir à l'amélioration de la qualité du service, notamment dans la relation humaine, dans la relation... parents, de la relation aux familles, etc. Et réfléchir sur ça, sur l'amélioration de la qualité de notre fonctionnement et aussi sur la qualité de vie au travail. Je pense que cet outil-là peut contribuer à améliorer la qualité de vie au travail pour les personnels et notamment les personnels administratifs.
- Speaker #1
Est-ce que le personnel administratif au sein de l'établissement est formé en quelque sorte à l'utilisation de cette intelligence artificielle ?
- Speaker #7
Je crois que c'est le maître mot. Je pense que ces outils-là, pour être utilisés, il faut qu'il y ait une acculturation, donc une formation. Ce sont des choses qui vont de pair avec le déploiement de ces applications.
- Speaker #1
D'accord, merci beaucoup M. Cuyé de votre présence et d'avoir partagé avec nous toutes ces informations. Et justement, en parlant de formation, nous accueillons M. Gérard Colavecchio qui est en direct avec nous. Il est chef du bureau de formation et innovation à l'AEFE et il va nous parler de l'année de l'IA dans le réseau. Bonjour M. Colavecchio, nous vous écoutons.
- Speaker #5
Oui, bonjour, effectivement, merci pour cette question, merci pour l'invitation aussi. C'est vrai que l'année 25-26... Elle est en effet une année très spéciale pour le réseau, puisqu'on l'a vu depuis le début, on met l'intelligence artificielle au service des apprentissages. Alors c'est trois idées simples, c'est comprendre, expérimenter et accompagner. Donc cette année sera rythmée par des événements, on a mis en place des offres de formation spécifiques aussi, et puis des projets collaboratifs dans tous les établissements du réseau. Alors pour vous donner des exemples d'actions de formation, Déjà, il y a l'agence qui est... qui est en train de travailler sur des modules de formation autour de l'IA qui va être ouvert à tous les personnels à partir de janvier, donc c'est la première chose. Et puis dans le monde entier, on a une cinquantaine d'offres de formation précises sur l'IA. Je peux vous donner des exemples, par exemple en Europe du Sud, ils ont prévu de travailler sur l'enseignement des langues en complémentarité avec l'IA. Je sais qu'au Maroc aussi on a une formation autour de la programmation. de l'IA qui est prévu en océan indien, c'est l'IA et les sciences qui sont questionnées. Je pourrais vous parler comme ça des autres modules de formation qui vont être dispensés partout. Le premier événement, on y est, c'est la semaine des lycées français qui est lancée aujourd'hui et puis c'est l'occasion justement de mettre en lumière tous ces projets inspirants liés à l'IA à travers une belle cartographie que je vous conseille tout de suite d'aller regarder. sur aefe.gouv.fr et dès le mois de décembre on va lancer une grande consultation aussi pour recueillir les pratiques, les idées de tous les personnels ça nous permettra de faire un état des lieux de l'IA dans le réseau voilà et puis afin que les parents soient également de la partie on projette en 2026 d'organiser des conférences un colloque où là les chercheurs, des enseignants, des partenaires vont venir partager un peu leur expérience et leurs réflexions Sans oublier évidemment des événements phares comme les Jeux internationaux de la jeunesse qui vont intégrer des défis de l'IA et Ambassadeur en herbe qui va là où les élèves pourront s'exprimer sur cette thématique. Voilà, vous l'avez compris, l'enjeu il est clair, c'est d'abord faire de l'IA un levier pour renforcer l'attractivité de notre réseau tout en formant des citoyens éclairés que vous êtes d'ailleurs à travers cette web radio capables de maîtriser ces outils sans en devenir dépendant. Voilà, donc c'est une aventure collective pour chaque établissement, chaque classe, chaque élève qui ont un rôle à jouer là-dedans.
- Speaker #6
Et Gérard, effectivement, a prononcé les mots-clés importants pour nous, c'est-à-dire qu'avec l'IA, nous parlons de collaboration entre élèves, entre enseignants, entre l'école et les familles. C'est quelque chose d'absolument fondamental. Il faut qu'on avance tous ensemble sur ces problématiques qui révolutionnent, qui bouleversent nos pratiques. Donc il faut le faire ensemble. Le deuxième point fort fondamental pour l'agence, c'est le local, c'est-à-dire cette remontée d'initiatives, de projets, d'innovations à l'échelle du réseau. Et ça, c'est extraordinaire. C'est-à-dire qu'on est nourris à Paris de tout ce que vous faites en zone, de tout ce qui nous remonte, des bonnes idées. Et on se dit « Tiens, il y a une bonne idée au Maroc. Eh bien, partageons. Demain, après-demain, on est à l'OME. » Et donc à l'OME, on leur dit « Vous savez, au Maroc, ils font ça. Discutez. Mettez en avant. Échangez. Voyez comment tout ça peut se diffuser dans le réseau. » C'est la beauté d'avoir ce réseau à la fois unique et si divers. Et puis, effectivement, Gérard le disait, le point important, c'est qu'on informe, on tient au courant nos familles, on avance à leur côté pour qu'ils comprennent, pour que ce pacte de confiance qui est le nôtre avec toutes ces familles qui inscrivent ses enfants chez nous, ils comprennent bien ce que nous menons et ce que ça va apporter au quotidien, aujourd'hui, demain, à leurs enfants.
- Speaker #1
Très bien. Monsieur Colavecchio, est-ce que vous... vous pouvez nous apporter des précisions sur le lien de l'année IA avec la stratégie INNOV à l'échelle mondiale ?
- Speaker #5
Très bonne question Youssef, c'est vrai que cette année de l'IA s'inscrit en fait, on vient de l'entendre à travers les propos de Mme la Directrice Générale Adjointe, cette année de l'IA s'inscrit parfaitement dans notre stratégie INNOV qui est au cœur de notre vision pour l'innovation et le numérique éducatif dans le réseau. Alors la stratégie INNOV pour aller vite, c'est un peu comme une ruche en fait, elle repose sur trois piliers, on s'est un petit peu amusé en communication, c'est butiner, transformer et s'aimer. qui permettent de repérer des bonnes pratiques, parce qu'il y a des enseignants qui se sont lancés déjà dans l'IA, qui expérimentent, qui les partagent aussi à grande échelle. L'IA, c'est en fait un terrain d'innovation idéal pour cette approche de notre stratégie innovante. Alors, on a vu butiner, en fait, comment on va butiner ? On va créer, grâce à la création de notre réseau d'observatoires, on va mettre des observatoires et des salles innovantes. que nous sommes en train d'installer dans les 16 instituts régionaux de formation. Et nous identifions donc comme ça les pratiques les plus prometteuses en matière d'innovation et en matière d'IA, puisque c'est le sujet. Que ce soit pour l'enseignement, la formation, ou comme on l'a entendu avec Monsieur le chef d'établissement tout à l'heure, la gestion des établissements. Bon, pour faire simple, on préfigure un peu l'école du futur en fait. Ensuite, transformer. Mais alors, 16 IRF, 16 laboratoires, et ces idées vont être... tester, adapter, enrichir. On l'a vu, par exemple, des enseignants qui expérimentent des outils IA pour créer des exercices personnalisés ou aider les élèves en difficulté. Et s'aimer, ça c'est le troisième volet. C'est-à-dire que bon, c'est bien de repérer, c'est bien de tester, mais maintenant il va falloir les valider, ces innovations, pour qu'elles soient partagées sur une grande plateforme collaborative, ça s'appelle la ressourcerie numérique, où tous les acteurs du réseau vont pouvoir y accéder, réutiliser, les adapter. Parce que ce qui est fait à Montréal peut être très bien répliqué dans le Vanuatu. En résumé, on a bien l'IA et la stratégie INOV qui sont deux axes d'une même ambition. Faire du réseau un laboratoire vivant d'innovation où chaque établissement, où qu'il se trouve dans le monde, peut contribuer à inventer l'école de demain. Et c'est ça, c'est une aventure collective qui nous concerne tous, élèves, parents, enseignants. personnel. Alors voilà, moi je dis si vous êtes très embarqués avec nous, vous êtes les bienvenus.
- Speaker #1
Merci beaucoup monsieur Kolawekio. Une dernière question. Quels sont les cadres d'usage de l'intelligence artificielle ? Comment les professeurs encadrent-ils les élèves face à l'utilisation de cet outil-là qui est nouveau et qui est bien connu par pas grand monde ? Donc, est-ce que vous pouvez nous apporter des précisions concernant ce point-là ?
- Speaker #5
Oui, on en a parlé au début de l'émission sur le cadre, mais là on peut le préciser effectivement, en fait le ministère de l'Éducation nationale, il a publié là en juin 2025, durant l'été d'ailleurs, un cadre d'usage de l'IA en éducation. Et j'incite tous les enseignants, les chefs d'établissement à aller sur la plateforme Eduscol, puisque c'est la plateforme sur laquelle on peut télécharger ce cadre de l'IA, qu'on va travailler nous cette année aussi avec nos établissements. Pour faire simple, j'espère que je ne vais pas trop raccourcir, l'IA est autorisée à l'école, on a bien vu, mais dans un cadre éthique, responsable et pédagogique. Avec trois idées simples, c'est protéger les données, ça c'est important, garder aussi l'esprit critique et n'utiliser l'IA que lorsqu'elle apporte une véritable plus-value. Dans la protection des données, dans les services IA grand public, on ne saisit aucune donnée personnelle ou confidentielle. On ne demande jamais aux élèves de créer un compte. C'est la règle qu'on appelle le RGPD, le registre de la protection des données. S'ils vont être un peu techniques, on appelle ça le principe de minimisation. Il faut aussi parler de sobriété et de transparence. On privilégie un usage frugal. Ça veut dire que concrètement, si une solution plus simple fait l'affaire, on renonce à l'IA. Parce qu'à chaque fois qu'une IA a contribué à une décision éducative, On l'indique clairement et on garde toujours une supervision humaine. Alors pour la classe, concrètement, on a à l'école primaire, on sensibilise au principe de l'IA sans faire manipuler d'IA générative. C'est qu'à partir de la quatrième qu'on va avoir des usages encadrés, expliqués, accompagnés par l'enseignant. Ça c'est possible. Et au lycée, on a un usage un peu plus autonome qui est permis, limite. toujours dans le cadre défini par l'enseignant. Donc voilà, pour les enseignants et les personnels, l'IA peut assister, on l'a vu, préparer des cours. proposer des variantes d'exercices, aider à synthétiser, mais jamais en substitution d'un jugement professionnel et on vérifie systématiquement les productions. Ça, c'est très important. D'ailleurs, des formations sont prévues, on l'a vu tout à l'heure, pour développer ces usages de façon éclairée. Donc, pour résumer, ce n'est ni interdit et ce n'est pas une baguette magique. Donc, c'est un outil au service des apprentissages des métiers qu'il faut utiliser avec transparence, vigilance. et toujours au bénéfice de l'élève. Et je tiens à vous indiquer aussi qu'il y a une explication pédagogique sur la DRAN Auvergne Rhône-Alpes. Vous pouvez aller voir, c'est le cadre de l'usage de l'IA en éducation qui est pour moi une ressource importante.
- Speaker #0
Merci beaucoup Monsieur Colavecchio pour votre intervention très enrichissante. Maintenant accueillons Monsieur Mamri qui est un ancien élève du lycée et membre de l'association des alumnis de Descartes. Il est également consultant en intelligence artificielle pour les entreprises. Bonjour.
- Speaker #1
Bonjour Emma.
- Speaker #0
Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a encouragé à vous lancer dans cette voie ?
- Speaker #1
Tout d'abord je tiens à vous remercier pour cette invitation. Je suis honoré de faire partie de cette... de ce tour de table et de voir qu'à l'AEFE, on prend l'IA au sérieux et qu'on commence à travailler sur le sujet au service de la communauté scolaire. Je suis effectivement consultant en IA et quand j'avais votre âge, j'étais déjà passionné d'innovation. A l'époque, c'était Internet qui était tout nouveau, donc ça ne nous rajeunit pas. Donc j'ai tout de suite... Travailler dans le domaine de l'Internet après des études, une classe prépa et des études de management à Paris et à Montréal. Et puis, j'ai eu la chance de voir toute l'évolution des technologies digitales sur les 25 dernières années. Et évidemment, l'IA est incontournable. Un moment qui m'a marqué quand j'avais votre âge, ça a été la victoire de Deep Blue, l'ordinateur d'IBM. contre Garry Kasparov, le champion du monde d'échecs. Et j'ai eu un moment à peu près similaire quand en 2016, Lee Sedol, le champion du monde du jeu de Go, c'est un Sud-Coréen, et le jeu de Go, c'est une institution beaucoup, beaucoup plus complexe que les échecs en termes statistiques et en termes de probabilités. Et donc, j'ai vu que ce nouvel type d'intelligence qui était basé sur l'apprentissage, sur les données, réussissait à battre le champion du monde de... Le jeu de go, ça m'a interpellé et c'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à m'intéresser beaucoup à l'IA, à ses possibilités. Et effectivement, c'est une tendance très lourde dans le marché du travail. J'accompagne beaucoup d'entreprises, dans le privé, dans le public, de tout secteur qui, aujourd'hui, se posent la question de l'IA de manière très sérieuse, font des feuilles de route d'implémentation de l'IA au sein de leur entreprise et profitent des avantages que l'IA procure. Et d'abord, des avantages de productivité aujourd'hui. Et ce que vous disiez, M. Cuyé, illustre tout à fait ça. On peut être beaucoup plus productif qu'avant grâce à l'IA. On peut économiser une, deux heures par jour. Donc au niveau de l'entreprise, ça a beaucoup de valeur. Mais on peut également faire de la surqualité, c'est-à-dire augmenter. Les études disent de 40% la qualité du travail fourni. Et ça aussi, c'est intéressant. Il y a des risques. des choses à prendre en compte, évidemment l'éthique, évidemment la confidentialité. Et donc ça, c'est très important qu'on vous en parle dans vos classes, que l'AEFE en parle, que M. le proviseur en parle, qu'on mette en garde les étudiants par rapport aux risques et aux dangers que contient l'IA. Je pense notamment à l'impact sur l'emploi, mais pas seulement, il y a également un risque de désapprentissage. Et c'est le paradoxe avec la technologie. C'est que tout ce qu'on confie à la technologie, on finit par le désapprendre. Aujourd'hui, cette nouvelle génération ne sait plus se déplacer, et je m'y inclue dedans de manière un peu nostalgique, sans des applications comme Waze, alors qu'avant on savait lire des cartes. Et il faut éviter cet effet-là, et donc continuer à s'exercer, à exercer son esprit critique, et ne pas tout confier à l'IA, et avoir un discernement dans l'utilisation de l'IA. mais c'est sûr que ça peut vraiment... augmenter les élèves, augmenter les professeurs et on peut trouver des utilisations très innovantes en butinant justement à travers les différents cas d'usage. Et enfin une dernière intervention en tant que parent d'élèves je suis parent d'élèves de deux enfants un qui est à l'école Chénier et un qui est au collège Saint-Exupéry et donc je suis concerné en tant que parent d'élèves Je les laisse utiliser l'IA, mais... en supervisant ce qu'ils font. Je trouve que c'est trop dangereux à ce stade-là d'avoir un usage non contrôlé. Donc je les aide pour augmenter, pour aller plus loin, pour faire des recherches, pas pour faire les devoirs encore. Une statistique, pour finir, qui m'a interpellé aux Etats-Unis, cette année, il y a 26% des élèves qui utilisent l'IA pour faire leurs devoirs, contre 13% L'année d'avant, donc 13% en 2023 et 26% en 2024, ça double chaque année. Autant dire qu'on est face à un raz-de-marée que déjà les... L'adolescent utilise l'intelligence artificielle et donc il est temps que l'école s'adapte et que les professeurs et que l'AEFE s'adaptent. Je suis très heureux d'entendre parler de ces initiatives.
- Speaker #2
Une dernière question. Vous êtes de la promotion 1995, donc pendant l'émergence d'Internet. Comment vous, dans vos études, vous avez fait pour vous orienter vers l'intelligence artificielle, étant donné qu'on avait... Pas du tout de vision dessus à ce moment-là.
- Speaker #1
Alors, une petite correction. L'IA, on en parle depuis 1956. C'est aussi vieux que le Maroc indépendant et la conférence de Dartmouth. C'est la première fois qu'on a théorisé la notion d'intelligence artificielle. Mais effectivement, ce n'était pas du tout populaire dans les années 90. C'est ce qu'on appelait l'hiver de l'IA. Mais c'est une longue évolution. et en fait avec... L'augmentation des capacités des ordinateurs, l'augmentation de la data et les investissements qui ont été mis sur le sujet qui a fait qu'aujourd'hui on a des IA qui marchent très très très bien. Et donc voilà, ça a permis, c'est une longue évolution du digital qui a amené à l'explosion de l'intelligence artificielle aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci beaucoup M. Mamri pour votre intervention et autant que vous nous accordez. A présent, nous recevons... M. Adrien Thierry, enseignant, formateur et administrateur d'Innov' Zone Maroc. Bonjour.
- Speaker #3
Bonjour à toutes et à tous.
- Speaker #0
Est-ce que vous pouvez vous présenter brièvement, s'il vous plaît ?
- Speaker #3
Oui, merci. J'ai la chance d'être administrateur Innov' depuis septembre 2024. Et donc, comme l'évoquait M. Koulavekio précédemment, je suis la personne ressource de l'innovation pédagogique et numérique au sein du Maroc, au sein de l'Alvéol, qui est déployé dans le... le cadre de la stratégie INOV.
- Speaker #2
Ravi de faire votre connaissance. M. Colavecchio nous a parlé de la stratégie INOV et des alvéoles, mais M. Thierry, comment ça se concrétise ici au sein d'un établissement en général ?
- Speaker #3
L'alvéole a deux vocations. La première, c'est d'être un observatoire des pratiques pédagogiques et numériques, de les tester, les éprouver, comme l'expliquait Mme Drioncourt tout à l'heure, de les faire remonter au niveau de l'agence pour qu'elles soient diffusées dans le monde. Parce qu'il y a des bonnes pratiques qui se font dans les salles de classe. à Fès, à Meknes, pour citer le Maroc, et puis qui ont vocation à profiter dans le monde entier d'autres enseignants qui pourraient s'en emparer. Et la deuxième chose, c'est que l'Alvéole est aussi un lieu spécifique ou matériel qui va être inauguré assez sainement sous peu ici au lycée Descartes au Maroc, dans lequel tous les acteurs de la formation pourront évoluer, c'est-à-dire que... En utilisant du matériel spécifique, des tableaux interactifs, des ordinateurs, des tablettes, un matériel adapté, ils pourront éprouver toutes les adaptations que propose un environnement modulaire en adaptant les démarches pédagogiques qui vont avec.
- Speaker #0
Et pouvez-vous à présent nous présenter les formations proposées au personnel des lycées français ayant pour thème l'intelligence artificielle ?
- Speaker #3
Oui, tout à fait. L'intelligence artificielle est déjà très présente pour les formateurs de la zone. On l'utilise, on l'éprouve, on échange entre nous. Et elle se concrétise, je vais citer trois exemples de l'intelligence artificielle dans lesquels la thématique est citée. Donc il y a une première, dans le premier degré, sous la forme d'une animation pédagogique, qui va être à destination de tous les enseignants de la zone, du premier degré, dans lequel cette animation pédagogique aura trois objectifs. Le premier, ça doit être d'expliquer ce qu'est l'intelligence artificielle, de répondre aux questionnements des enseignants, parce qu'elle sollicite énormément de questionnements au niveau des enseignants. d'expliquer ses limites, ses possibles, les aspects éthiques, environnementaux aussi, et puis derrière aussi de donner des outils un petit peu pour pouvoir justement participer au travail de l'enseignant.
- Speaker #2
Très bien.
- Speaker #3
Excusez-moi, oui, je pouvais continuer. Par exemple, il y a une autre formation dans le second degré, excusez-moi. Alors cette fois-ci, elle se déploie de manière d'une action de formation en zone, et donc l'idée, l'objectif... par mes collègues du second degré, c'est d'acculturer les enseignants et puis de créer une dynamique autour de l'intelligence artificielle. Il existe une troisième formation, un troisième exemple. C'est une formation, cette fois-ci, interdegré, basée, la thématique, c'est les Skype Games pédagogiques. Et là, c'est de proposer une démarche intéressante au regard de la Skype Games pédagogique en intégrant des outils numériques liés à l'intelligence artificielle. Merci.
- Speaker #2
Très bien. Est-ce que vous, en tant qu'enseignant formateur, est-ce que vous utilisez des outils qui intègrent l'intelligence artificielle dans vos formations ?
- Speaker #3
Oui, j'en utilise régulièrement. J'utilise trois outils qui sont proposés par le Bureau de la formation et l'innovation. Le premier est Knowledge. Ça permet à partir de documents de proposer des supports ludiques et interactifs aux enseignants, aux élèves. Le second, c'est le support Geniali qui permet de proposer des supports créatifs et interactifs. Et enfin, j'utilise Becast qui permet, au regard d'une cinquantaine de fonctionnalités, de faire des quiz, des questionnaires et plusieurs choses qui permettent d'enrichir l'animation de nos formations.
- Speaker #0
Merci beaucoup M. Thierry de nous avoir expliqué la politique de formation autour de l'intelligence artificielle dans le réseau de l'AEFE. Maintenant, nous allons s'intéresser à des professeurs qui ont déjà intégré l'intelligence artificielle dans leurs pratiques pédagogiques. Avant d'échanger avec M. Bensid, professeur de sciences numériques technologiques et de cinéma audiovisuel au sujet de l'intelligence artificielle, nous allons visionner une capsule vidéo qui représente le Fab Lab du lycée Descartes.
- Speaker #4
T'es prête ? Tu viens ? Ok vas-y Ok du coup toi tu penses à là, bon ok Tu laisses la tête, tu laisses que je te montre en cause Ok Inès, Inès Le micro-cravate s'il te plait Ok, caméra 1, un gros plan sur sa tête Toi caméra 2, c'est parfait Tu ouvres un peu le diable, c'est la caméra 1 Et tu la mets à l'antenne, tu prépares la deuxième Toi le micro-cravate c'est check ? Vas-y cours jusqu'à 1, 20 Elle est à 1,20 Passe un peu le son. Ok. Au niveau de l'immédiat, c'est vous ? C'est bon. Ok. On est prêts ? Moteur.
- Speaker #5
Check. Lumière. Check. Action.
- Speaker #2
On a reçu des nouvelles personnes au plateau, on vous présentera au fur et à mesure. Maintenant, on va parler à M. Benzif, comme on l'a dit, professeur de sciences numériques, technologiques et de cinéma audiovisuel, au vis-à-vis des cas de rapport avec M. Benzif.
- Speaker #6
Bonjour.
- Speaker #2
Comment vous, en tant que professeur, vous enlevez à mélanger technologie et créativité dans votre cours d'intelligence artificielle ?
- Speaker #6
Écoutez, c'est une bonne question. Moi, je me rappelle novembre 2022, où j'ai arrêté mon cours de sciences numériques et technologiques pour informer les élèves d'une sortie d'une application, d'un logiciel, d'une solution. Donc je leur ai donné le nom, c'est ChatGPT, bon, hormis le fait qu'ils ont tous rigolé par le nom de cette application, on a été subjugué par les possibilités qui commençaient à s'offrir à nous dans la génération de texte. C'était une application qui, pour l'instant, ne faisait que de générer du texte. Depuis ce jour-là, j'essaie de faire comprendre aux élèves qu'ils sont là pour muscler leur cerveau. Mal utiliser l'intelligence artificielle, muscle, chat GPT. Et il faut sortir de cette première phase de gadgetisation de l'intelligence artificielle. C'était comme la bulle Internet, tout le monde voulait son site web, tout le monde voulait utiliser Internet. On est dans une même phase aujourd'hui, tout le monde veut utiliser l'intelligence artificielle, on ne sait pas trop comment. Elle est dans toutes les applications, elle est dans les appareils photos, elle est dans pratiquement tous les appareils aujourd'hui. Et donc on est dans une phase de gadgetisation pour laquelle il faudra essayer de se concentrer un peu plus et voir réellement qu'est-ce qui sert en intelligence artificielle et qu'est-ce qui sert moins.
- Speaker #7
C'est pour ça que la formation sert à professionnaliser les équipes et effectivement à avoir une utilisation à la fois raisonnée mais avec une... plus-value tout à fait importante pour nos enseignants et pour nos élèves. C'est effectivement, mon collègue a tout à fait raison, c'est ça la plus-value de la formation.
- Speaker #2
C'est ça, oui. Du coup, monsieur Benzit, est-ce que l'enfant qui s'adapte aux intelligences artificielles figure dans le programme des sciences numériques et technologiques ?
- Speaker #6
Alors, on aborde de plus en plus, il n'y a pas dans les manuels... qu'on utilise aujourd'hui, elle n'y est pas directement, on l'aborde via les réseaux sociaux. Par exemple, on l'aborde aussi via les différents apprentissages. On essaye de comparer un algorithme normal, standard, d'un algorithme d'IA, et on essaye de comprendre cette phase d'apprentissage. Parce que qu'est-ce qui différencie un programme normal d'un programme d'IA ? C'est que le programme d'IA a appris, il s'entraîne. Et ensuite, on ne sait plus vraiment comment il est programmé. Et donc, on essaie de... de comparer ces différents apprentissages, le deep learning, le machine learning. Voilà comment on travaille dans l'IA en SNT.
- Speaker #2
Très bien. Pour revenir au FabLab, est-ce que vous auriez des précisions concernant cette partie du lycée des cartes ?
- Speaker #6
C'est un espace qu'on a monté l'année dernière, qui est fonctionnel cette année. Je laisserai Reda en parler beaucoup mieux que moi, parce qu'il anime un club d'IA au FabLab. Ce Fab Lab, on l'a divisé en trois grandes parties. Une partie multimédia qu'on utilise déjà depuis plusieurs années. On a des murs d'incrustation verts, on a des fonds blancs, des fonds noirs, on a de l'éclairage. On peut y monter un studio télé. On a une partie fabrication aussi, où on a des imprimantes 3D, des coupeuses laser. On peut aussi scanner en 3D. Et on a cette phase robotique et programmation. Reda vous en parlera tout à l'heure. où justement on essaie de coder l'IA, de voir comment produire de l'IA, et pas seulement consommer.
- Speaker #2
D'accord. Madame Triancourt, selon vous, quelle est l'ordre de la faculté du Fab Lab de Saint-Denis-Pas-de-Lys-Pas-de-Colère ?
- Speaker #7
Écoute, Youssef, quand je visite cet endroit magnifique du lycée d'Ika, je crois que la seule visite, la simple visite, répond à la question. Vous avez la chance d'avoir un magnifique lieu. qui a une double finalité à mon sens extraordinaire. La première, c'est que c'est un endroit où les disciplines se parlent. Les disciplines, c'est-à-dire les sciences, c'est-à-dire les arts, c'est-à-dire les langues. Donc, on crée une solution unique parce que chacun vient avec ses compétences, avec ce qu'il apporte. Et puis, c'est un endroit extraordinaire parce que c'est aussi le lieu des élèves. Et ça, c'est un point fort pour nous, c'est-à-dire qu'il y a des adultes, des enseignants. qui viennent, qui travaillent, qui échangent. Et puis il y a les élèves qui viennent eux-mêmes avec leurs propositions et qui vont incarner ce lieu, qui vont l'habiter. Donc ça c'est vraiment une belle réussite, notamment pour le lycée Descartes. Et ce lieu, il a plusieurs vocations. La première, c'est de nous projeter dans le monde de demain, qui est très proche mais qui est en même temps très loin. Nous ne savons pas aujourd'hui ce que seront nombre de nos métiers. Et c'est dans ces endroits qu'on y travaille. qu'on apprend, qu'on explore de nouvelles compétences, qu'on explore la maîtrise de nouveaux outils qui sont essayés, qui sont travaillés, sur lesquels on échange. Et là aussi, comme toujours à l'agence, lorsque l'on sent qu'il y a une nouveauté, lorsque l'on sent qu'il faut être accompagné, on réfléchit et on se dit quels sont les acteurs, quels sont les experts qui vont venir appuyer notre démarche, nous aider à réfléchir. Et à l'heure actuelle, nous travaillons à la signature d'un partenariat. Avec la Cité des sciences et de l'industrie. Pourquoi ? Parce que la Cité des sciences et de l'industrie a un concept qui est le FADLAB à l'école, qui permet d'apporter des ressources, qui permet d'apporter des expertises dans le champ de l'éducation, qui est le champ qui nous intéresse et sur lequel, je le redis, nous avons besoin d'être accompagnés. Et c'est donc naturellement que ces FADLAB vont intégrer les alvéoles de la ruche évoquées par Gérard Colavecchion. Dans cette idée qu'il s'agit pour nous d'être innovants et d'être forts de proposition, et puis de vous entendre, les élèves.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Mme Priango, pour l'enrichissement de cet échange. Et merci beaucoup, M. Benci, de nous avoir parlé de la manière dont vous utilisez l'intelligence artificielle et comment vous l'intégrez à vos cours. Nous allons maintenant écouter le témoignage de Mme Pérez, professeure d'allemand au lycée des Carles, qui emploie également l'intelligence artificielle dans ses pratiques pédagogiques.
- Speaker #8
Cette année, avec cinq autres collègues, on se lance dans l'utilisation de Logbook. C'est un éditeur qui utilise l'IA pour améliorer l'efficacité des corrections. Les corrections, quand on est enseignant, sont toujours longues, fastidieuses, et les élèves n'ont pas forcément les bénéfices qu'on souhaiterait. D'ailleurs, c'est un partenariat avec Pronote. C'est un outil qui facilite le partage de corrections orales. Là, il nous suffit de créer notre classe. Ensuite chaque élève se voit attribuer un QR code, un QR code qui est valable pour l'année. Et ensuite l'enseignant enregistre donc sa correction orale. Et l'élève en écoutant son enseignant peut mieux comprendre ses erreurs et se sentir valorisé. Et tous les feedbacks oraux qui sont... Ils sont ensuite retranscrits, analysés par l'IA, selon des critères d'évaluation. Et ensuite, ça nous permet de garder une trace, ça permet aussi à l'élève de garder une trace pour prendre en compte les conseils donnés et prodigués par l'enseignant. C'est un outil qui permet même de prégénérer des remarques sur les bulletins, sur la base de commentaires. Donc là, à nous de voir s'ils nous conviennent ou pas. C'est un outil qui est basé sur l'IA, qui analyse et qui organise les retours. pour faciliter ensuite le suivi de nos élèves.
- Speaker #7
Emma, si je peux me permettre, c'est très intéressant ce témoignage pour deux points. Le premier, c'est que vous le comprenez, ça nous permet de suivre sur le temps de l'année scolaire nos élèves et de marquer les apprentissages. Et ça permet, et on l'a évoqué à plusieurs moments depuis le début de cette table ronde, ça nous permet d'avoir une réponse personnalisée et de suivre au plus près avec quelque chose qui est bien adapté. à la difficulté que rencontre un élève à un moment, grâce à cet outil, pour le bénéfice de nos élèves, on peut lui apporter une réponse personnalisée qui va l'aider à comprendre où sont ses difficultés et donc à les améliorer, à s'améliorer.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Nous allons maintenant accueillir Madame Agnès Elie, aujourd'hui parole d'élève. Avant ça, nous allons écouter un autre micro-trottoir réalisé par les mêmes élèves, mais cette fois-ci exclusivement auprès de parents d'élèves et enseignants. Pensez-vous que l'IA est un bon outil pour le travail scolaire ?
- Speaker #9
Alors, moi j'ai une fille qui est au collège, il faut qu'elle apprenne à l'utiliser. Et à son niveau-là, je ne suis pas convaincue de l'utilité de l'IA.
- Speaker #10
Je pense que ça peut être une aide. Après, je pense qu'il ne faut pas en abuser.
- Speaker #0
À condition qu'il soit bien accompagné.
- Speaker #11
Vous allez avoir tendance à trouver des solutions de facilité. L'idée, ce n'est pas que l'IA fasse le travail à votre place. Vous aider, par exemple, au quotidien à faire des fiches synthèses. Il faut que vous essayiez vous-même d'en faire déjà un petit peu. Et après, vous pouvez utiliser l'IA pour affiner un petit peu le travail que vous avez fait en amont.
- Speaker #0
Je dirais qu'au collège, ils n'ont pas forcément l'utilité. Au lycée, pourquoi pas, mais pareil, à utiliser avec parcimonie. ton goûti et pas pour remplacer son propre travail.
- Speaker #7
Alors, pour un enfant de sixième, non, il n'a pas le droit de l'utiliser. Mais par contre, il m'arrive, moi, de vérifier des choses pour lui. Par exemple, il avait un exposé. Il m'a dit, maman, on pourrait utiliser l'intelligence artificielle, ce qu'il a entendu ses copains l'utiliser. Je dis, non, tu vas d'abord faire tes recherches. Et ensuite, pour améliorer son PowerPoint, j'ai fait appel à l'IA. Il faut savoir bien utiliser cet outil dans l'apprentissage et non pas se reposer entièrement sur cet outil qui va venir faire le travail à notre place. Merci beaucoup.
- Speaker #2
Madame Ery, on aimerait connaître votre opinion en tant que maman. Pensez-vous que le micro-trottoir que l'on vient d'écouter est représentatif des avis et des craintes des parents face à cet outil ?
- Speaker #12
Oui, effectivement, Youssef, je trouve que ce micro-trottoir reflète effectivement la pensée de nos parents. En fait, on doit allier nos craintes de parents et bien sûr l'ouverture vers l'art d'intelligence artificielle qui va être incontournable vraiment très rapidement. Moi j'avoue que lorsque j'ai entendu parler de chat GPT en novembre 2022, je faisais partie des adultes un peu réticents, me disant mince, il y a quelqu'un qui va penser à ma place, et puis j'ai quand même évolué sur le sujet. Et je trouve qu'effectivement, c'est vraiment un outil, il faut savoir l'utiliser, mais en fait il est énormément important de continuer à nourrir son cerveau par nous-mêmes. Et à cultiver notre esprit critique, c'est fondamental. Et dans le cas de mon fils, qui en est en 5e, qui lui a une grosse dysorthétraphie, j'avoue que l'année dernière, on a commencé à travailler sur ChatGPT pour tout simplement l'aider à... En fait, il avait le droit de rédiger, et après il avait corrigé son texte sur ChatGPT. Et ça lui a permis d'intégrer un club de lecture et d'écrire avec ses copains, tout simplement. Donc je pense que ça lui a permis de faire partie d'un groupe et de gagner en confiance. Donc effectivement, je rechoue pour Mme Prédé-Triancourt,
- Speaker #0
l'IA est adaptée aux élèves à besoins particuliers et ça va être de vrais outils pour eux.
- Speaker #2
C'est comme une béquille finalement pour l'élève.
- Speaker #0
Exactement, encore mieux qu'une béquille. Merci pour ce témoignage Mme Rémy. C'est vraiment intéressant de voir la vision d'un parent d'élève.
- Speaker #2
Donc maintenant, nous allons accueillir notre dernier invité, Reda Arka, élève de première au lycée Descartes et fondateur d'un club d'intelligence artificielle avec et moi ici présente. Bonjour Reda.
- Speaker #5
Bonjour.
- Speaker #2
En tant qu'élève, à quelle fréquence et dans quel but tu utilises l'intelligence artificielle ?
- Speaker #5
Ma vraie dire, en tant qu'élève, je ne utilise pas beaucoup l'intelligence artificielle, en tout cas par rapport à ma consommation. En quantité de la télécharge artificielle, c'est une très petite part qui est dédiée du coup aux cours parce que simplement par usage, je n'ai pas forcément l'habitude de l'utiliser pour les cours. Forcément c'est aussi un outil pour les cours, pour les révisions, etc. Mais mon utilisation de l'IA se fait surtout pour la programmation. Vous avez parlé du club que j'ai créé. En fait j'ai créé un club du coup avec Emma. Moi je m'occupe de la partie qui est dédiée à la programmation et au développement de modèles intelligents. J'ai décidé de créer ce club, j'ai eu l'idée de ce club parce que l'année dernière j'ai appris tout seul à créer des modèles intelligents sur internet. Et du coup, je me suis très vite perdu, il y a beaucoup de ressources, il y a beaucoup aussi de mathématiques qui sont derrière. Et en fait, c'est important pour moi de... J'ai voulu partager ce que je savais sans pour autant noyer les élèves ou mes camarades dans cette dimension mathématique qui, je l'avoue moi-même, je ne la comprends pas tellement elle est compliquée et ce n'est même pas le niveau du lycée.
- Speaker #2
Vous utilisez donc Python.
- Speaker #5
Exactement, on utilise le langage Python qui est découvert par les élèves en place de seconde. C'est aussi un environnement familier, c'est un langage de programmation familier. Et nous, dans le club, on découvre des modèles, on apprend à les implémenter en Python, etc.
- Speaker #2
Magnifique. Merci beaucoup, Rédo, pour ton témoignage. Merci à vous. Est-ce que quelqu'un a quelque chose à redouter ? Non ? Ok, très bien. Madame Grianco, est-ce que vous souhaitez dire un mot pour conclure cette émission ?
- Speaker #7
Oui, je suis très admirative du travail que nous avons mené et que vous menez là au quotidien. Très admirative de votre maîtrise des outils. La web radio filmée est maintenant bien présente dans nos lycées et c'est tout à fait étonnant. J'ai appris beaucoup de choses. Vous êtes des acteurs éclairés. Derrière vous, élèves, il y a comme toujours des enseignants qui travaillent. Merci à toute l'équipe d'enseignants, merci aux professeurs documentalistes, merci à l'équipe du bureau de la valorisation des événements de l'AEFE à Paris, qui travaille, qui accompagne toutes ces belles démarches, qui nous font remonter toutes ces propositions de nos établissements, c'est tout à fait passionnant. Et je voudrais peut-être en conclusion insister sur un point important pour l'agence, ce qui est le... Le lien entre l'intelligence artificielle et les enjeux de citoyenneté, d'éducation, médias et d'information, c'est un enjeu fondamental pour nos établissements, pour l'agence. Il faut que nos élèves, en lien avec les enseignants, avec les familles, puissent bien décrypter l'information. C'est tout le sujet de l'enjeu des sources à l'heure de l'IA, parce que vous l'avez compris, les différents échanges, les différents micro-trottoirs le mettaient bien en avant. Cette technologie n'est pas neutre, donc c'est à nous d'être pédagogues, d'en faire un outil au service des apprentissages, de concevoir des IA pédagogiques, spécifiques, pensées pour l'école, parce qu'on rejoint là aussi, et c'est toute la beauté de ce dispositif, on rejoint le rôle essentiel de l'école qui est de transformer un usage en une pratique pédagogique qui ne soit pas une aliénation, donc c'est aussi comme ça. On rassure nos familles. Et par ces mots et par cette table ronde, je sais que la semaine du lycée français du monde va être l'occasion de vous engager, tous les élèves, à tous les niveaux, aux côtés de vos enseignants, dans une créativité qui fait votre force. Donc poursuivez sur cette dynamique, c'est tout à fait étonnant et passionnant. Merci à vous.
- Speaker #0
Merci à vous, Madame Rienko. Bon, je crois qu'on peut dire qu'on a appris pas mal de choses aujourd'hui, n'est-ce pas, les sœurs ?
- Speaker #2
Oui, je confirme. Surtout que l'intelligence artificielle, ce n'est pas juste la technologie, c'est une question d'éducation et d'éthique.
- Speaker #0
Exactement, et nos invités l'ont bien montré. Tout dépend de la façon dont on l'utilise.
- Speaker #2
Tant qu'on garde l'humain au centre, l'intelligence artificielle, elle ne dérange pas. Elle peut vraiment devenir un outil incroyable.
- Speaker #0
Merci à tous de nous avoir suivis et merci encore à nos intervenants, ainsi qu'à toute l'équipe technique, Majdouline, Mathilda, Julia, Stade et M. Benzit.
- Speaker #2
Et enfin, bonne semaine des lycées français à tous.