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#53 Héloïse Lauret, co-fondatrice de l'association Olympe se Bouge. "J'ai peur mais j'y vais quand même parce que j'ai ma place ici" cover
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Les Mariannes

#53 Héloïse Lauret, co-fondatrice de l'association Olympe se Bouge. "J'ai peur mais j'y vais quand même parce que j'ai ma place ici"

#53 Héloïse Lauret, co-fondatrice de l'association Olympe se Bouge. "J'ai peur mais j'y vais quand même parce que j'ai ma place ici"

49min |26/03/2025
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#53 Héloïse Lauret, co-fondatrice de l'association Olympe se Bouge. "J'ai peur mais j'y vais quand même parce que j'ai ma place ici"

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49min |26/03/2025
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Description

Après 20 ans passés dans le milieu de l'entreprise, à travailler sur des enjeux de transformation et d'impact, Héloïse Lauret décide de s'engager pleinement auprès des femmes et se lance la mission de déverrouiller le rapport complexe des femmes à la parole. 


Aujourd'hui fondatrice de Lokaces et de l'association Olympe se Bouge aux côtés d'Alexandra Fougère, elle réinsuffle joie et ambition à toutes celles qui aspirent à mieux (se) dire et mieux (s’)écouter, lors d'événements festifs organisés à la Maison de la Conversation à Paris.


Un épisode complet qui vous donnera envie (je l'espère), d'utiliser la puissance de votre voix ! 

 

J'adresse un immense merci à l'Hôtel Echiquier Opéra Paris Mc Gallery, situé dans le 10e arrondissement à Paris qui nous a accueillies pour l'enregistrement de cet épisode. 🙏
 


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Bonne écoute !    


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Avant de commencer cet épisode, j'aimerais vous parler des cercles de voix. Les cercles de voix, c'est un programme d'entraînement pour toutes celles qui veulent gagner en aisance sur leur prise de parole en public ou devant les médias. Si à l'idée de prendre la parole, vous avez la voix qui tremble, le cœur qui s'emballe ou vous ne savez pas comment organiser vos idées, pire vous laissez passer des opportunités, ce programme est fait pour vous. J'ai conçu les cercles de voix comme un espace bienveillant, en petits groupes et en non mixité, pour vous permettre de découvrir le pouvoir de votre voix et de prendre enfin toute votre place. C'est une masterclass en ligne et en direct pour vous permettre en trois étapes de lever vos freins, d'acquérir une méthode pour préparer des éléments de langage qui soient clairs et percutants, et faire de votre corps un allié pour une communication non-verbale optimale. Rendez-vous sur mon site novascript.fr pour réserver votre place. Un tarif spécial vous attend jusqu'au 8 mars. Bonjour, je suis Laurie Théron et je vous accueille sur mon podcast Les Mariannes. Dans cette émission, que j'ai conçue pour vous aider à prendre toute votre place dans la vie publique de notre société, je reçois des femmes politiques et des activistes qui inventent le monde de demain. Médaphe,

  • Speaker #1

    vous êtes légitime, vous avez votre place, vous êtes compétente. Investissez-vous dans cette vie politique ?

  • Speaker #0

    Il faut du courage pour faire de la politique, que l'on soit homme ou femme, mais je crois qu'on ne pardonne à rien aux femmes.

  • Speaker #1

    On vient vous chercher parce que vous êtes une des pièces du puzzle qui va faire gagner. Un message qui, moi, m'a été transmis alors que j'étais jeune et que je n'avais pas forcément confiance en moi. On m'a dit, Sophie, il faut y croire,

  • Speaker #0

    toujours y croire. Quand vous doutez de vous, pensez-vous. Avec les Mariannes, je vous propose de partir à la rencontre de femmes qui s'engagent dans leur territoire ou à l'échelle nationale pour défendre leurs idées et construire différemment le monde de demain. Quant à moi, je suis une passionnée de politique et d'engagement et je rêve d'une société plus égalitaire. J'ai passé 7 ans dans la peau d'une collaboratrice parlementaire au Sénat et j'accompagne aujourd'hui les entreprises et les changemakers dans leur communication digitale et la conception de leur stratégie éditoriale. Pour soutenir ce podcast et permettre au maximum de personnes de bénéficier de son contenu, abonnez-vous, notez le 5 étoiles et partagez-le autour de vous. Je suis évidemment présente sur les réseaux sociaux, vous me retrouverez avec le compte ElmarianneFR. Enfin, pour être informé de la sortie d'un nouvel épisode, abonnez-vous à la newsletter que vous trouverez sur mon blog. Et puis vous pouvez aussi soutenir financièrement le podcast en laissant un don sur la plateforme Tipeee. Bienvenue dans l'univers des Mariannes. Merci. Bonjour Héloïse.

  • Speaker #1

    Bonjour Laurie.

  • Speaker #0

    Je suis ravie de te recevoir sur le podcast des Mariannes.

  • Speaker #1

    Je suis très honorée d'être là aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Alors on enregistre cet épisode à l'hôtel Echec et Opéra Paris, ma galerie. On remercie l'hôtel de nous prêter les lieux. Alors on va commencer cette interview Héloïse par le traditionnel portrait chinois des Mariannes. Vous le connaissez maintenant. Il s'agit de petites questions personnalisées pour qu'on fasse mieux connaissance ensemble. Alors si tu étais un instrument de musique, puisqu'on va parler de voix aujourd'hui, Le corps, c'est aussi un instrument de musique formidable. Quel serait ton instrument à toi ?

  • Speaker #1

    Alors ça, ce n'est pas mon univers. Je n'ai pas été élevée dans un milieu artistique, mais probablement que je te dirais ma voix, parce que notre voix est un instrument de musique avec des cordes avec lesquelles il faut savoir jouer. C'est un instrument complexe, et donc probablement que je serais une voix.

  • Speaker #0

    Alors si tu avais un super pouvoir ?

  • Speaker #1

    Si j'avais un super pouvoir, ce serait probablement... Celui de pouvoir matérialiser physiquement des liens invisibles entre les gens dans les métros, dans la rue, qui ne savent pas qu'ils ont des liens mais qu'en fait ils ont. J'adorerais pouvoir les matérialiser.

  • Speaker #0

    Avec des sortes d'auras ou des merges.

  • Speaker #1

    Voilà, comme des espèces de pelotes de laine qui se tisseraient entre les gens et de se rendre compte qu'en fait on a des liens qui sont invisibles.

  • Speaker #0

    C'est une très jolie image. Si tu avais une heure de plus chaque jour, que ferais-tu ?

  • Speaker #1

    Ouh là là ! Tellement de choses. Allez, je vais être raisonnable, je m'autoriserai à lire une heure par jour.

  • Speaker #0

    Quel genre de livre ?

  • Speaker #1

    Alors j'ai une règle dans ma bibliothèque qui est très très fournie, c'est que j'ai une étagère avec tous les livres que je n'ai pas encore lus, et je n'ai pas le droit d'en rajouter un tant que je n'en ai pas retiré un. Et là j'ai un peu dérogé à ma règle récemment, il y a beaucoup de lectures à la fois sur le féminisme, sur l'art oratoire, l'art de la parole, et puis quand même quelques romans qui se promènent.

  • Speaker #0

    Alors Héloïse, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots, nous présenter les grandes lignes de ton parcours professionnel et pourquoi est-ce que nous nous rencontrons aujourd'hui finalement ?

  • Speaker #1

    Alors mon parcours professionnel est un peu lié à des éléments de ma vie personnelle. Je suis une fille entre deux garçons, ça, ça a joué beaucoup dans mon parcours parce que assez tôt, j'ai trouvé qu'il y avait des choses un peu injustes. Je viens d'un milieu assez privilégié, mes parents n'attendaient pas la même chose de moi qu'ils attendaient de mes frères et donc ça c'est quelque chose qui a... qui a nourri une forme d'injustice chez moi. Et puis aussi j'ai grandi aux Etats-Unis. Quand j'étais petite, mon père a été expatrié. Et ça, je me suis rendue compte ces dix dernières années comme en fait ça avait été extrêmement structurant parce que le rapport à la parole, à l'autre, à l'autorité est très différent là-bas. Et en fait ça a forgé une espèce de fascination chez moi de la question de la communication, de la place de l'oralité, de comment les gens s'expriment les uns avec les autres, etc. Finalement... Après tout ça, je fais un parcours assez classique, DESS de commerce international. Et puis je me retrouve à prendre un premier boulot pour des raisons de problèmes de famille. Premier boulot qui tombe, j'arrive chez Neuf Télécom au moment où ils branchent les ordinateurs, où ils montent les tables des services après-vente. Donc là, ça donnera quelques indications sur mon âge, puisque c'était le tout début des services après-vente. Et puis là je découvre qu'en fait je sais faire un peu plus que ce que je pensais. J'ai la chance de tomber sur des gens qui me disent qu'en fait je suis capable de davantage. Je me retrouve à gérer ce contrat pour un prestataire chez Neuf Télécom, des grosses grosses équipes, on était 180. Je suis encore très jeune, je suis une fille, je suis en jean basket, je ne sors pas d'une grande école. Donc c'était des challenges intéressants. Fast forward, je passe 10 ans ensuite chez BNP Paribas, je deviens directrice de l'innovation et de la RSE pendant 7 ans, que je quitte. parce qu'à un moment donné, j'en ai eu un peu marre d'être le matricule 408-491. Je suis rentrée dans une petite agence de conseil, 7 ans génialissimes de kiff total, de projet un peu fou, dans une équipe qui était un peu comme une famille. Et puis, il y a deux ans, j'ai eu 45 ans. Et dans ma tête, c'était la moitié. Je me suis dit, la première, elle était vraiment géniale. Il s'est passé plein de choses, j'ai appris beaucoup. J'ai saisi beaucoup d'opportunités. Mais finalement, qu'est-ce que je vais faire de la deuxième moitié ? Et c'est là où... Je change un peu de parcours professionnel et je quitte mon petit confort, mes habitudes et les compétences que j'avais acquises toutes ces années-là. Je décide de les mettre au profit d'autres choses. Donc aujourd'hui, j'imagine qu'on en reparlera, je suis à la fois engagée sur les questions de climat, mais aussi surtout beaucoup sur la question de la voix des femmes, un peu comme toi.

  • Speaker #0

    La voix des femmes. Alors quel est ton propre rapport à la voix, à la prise de parole ? Tu as mentionné que tu avais grandi au milieu de deux frères et que tu n'avais peut-être pas reçu la même éducation. que ces garçons-là. Est-ce que toi, tu as eu des difficultés à utiliser ta voix ? En tout cas, quel est ton rapport à la prise de parole ?

  • Speaker #1

    C'est là où je pense que le fait d'avoir grandi aux Etats-Unis a énormément joué, parce que déjà, la structure de la langue anglaise est très différente de la structure de la langue française. Elle est plus directe, plus informelle, elle est moins littéraire, enfin, moins intello, peut-être, que la langue française. Il n'y a pas le vouvoiement, il y a moins la question du genre, dans la langue américaine. Ça, c'est la première chose, donc dans la structuration de la langue. Et puis, Quand on est enfant aux Etats-Unis, en tout cas c'est l'expérience que j'ai vécue, les Américains, ils ont un peu la politique de l'enfant roi. C'est-à-dire qu'un enfant qui s'exprime, on se met à son niveau, même physiquement, on se baisse et on l'écoute. Et il est amazing. Alors ça nous énerve ce côté à l'américaine. Un enfant qui dépasse de son dessin, on va lui dire que c'est la septième merveille du monde. Bah n'empêche, ça donne une permission à la parole qui est très différente. Et donc, mes frères et moi, pour le coup... tous les trois, on a, et c'est le constat qu'on fait aujourd'hui, un rapport très très détendu voire de plaisir dans la question du rapport à la parole, on donne tous les trois des conférences, on s'exprime beaucoup parents n'étaient pas du tout comme ça Je ne crois pas que ce soit un atavisme familial, je pense que c'est vraiment lié à ce rapport qu'on a eu très jeune.

  • Speaker #0

    Cette culture américaine.

  • Speaker #1

    Et cette culture américaine. Et c'est vrai que moi j'ai rarement eu des freins dans le fait de m'exprimer, ce qui m'a permis d'ailleurs de trouver différemment ma place dans les différentes organisations dans lesquelles je me suis retrouvée. Et peut-être ce que j'ai envie de rajouter là, c'est que j'ai un rapport à la parole qui est assez émotionnel. J'ai du mal à m'exprimer sans que s'expriment mes émotions. Et c'est une façon de s'exprimer qui n'a pas toujours sa place dans l'organisation. Et pour une raison à laquelle je n'ai pas réfléchi, ça m'a plutôt vachement servi dans ma vie professionnelle, notamment chez BNP Paribas, dont ce n'est pas tout à fait les usages. Après, ça m'a amenée à des postes un peu à côté. J'étais directrice de l'innovation et de la RSE. Ce n'est peut-être pas non plus complètement anodin.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Alors, tu as créé l'association Olympe se bouge. et une société qui s'appelle Locas. Est-ce que tu peux nous en dire quelques mots ?

  • Speaker #1

    Alors ça a commencé par Locas quand j'ai eu mes fameux 45 ans et que je me suis dit qu'est-ce que tu vas faire du reste de ta vie professionnelle. Je me suis dit en fait j'ai deux choses sur la table qui ont pris beaucoup de place dans ma tête, dans mon cœur, dans mes lectures, dans mes rencontres. C'est la question de la voix des femmes d'une part et j'étais d'ailleurs déjà assez engagée dans quelques associations. Et d'autre part, cette espèce de fascination que j'ai du rapport à la parole, parce qu'en fait, c'est tellement essentiel, notre façon de nous exprimer, et j'ai toujours été assez surprise de voir à quel point les gens faisaient peu cas de leur rapport à la parole, hommes et femmes, pour le coup, ça c'est pas genré, mais peut-être encore plus les femmes, parce que pour tout un tas de raisons systémiques qui nous dépassent et des raisons historiques, on se fait quand même plus petite et plus discrète. Et donc avec ces deux sujets-là que j'avais sur la table, je me suis dit, je vais essayer d'en faire quelque chose. Et d'abord commencer par créer Locas, qui est une structure commerciale qui accompagne en individuel et en collectif des femmes dans leur vie professionnelle. Et mon objectif, c'est de déverrouiller le rapport à la parole. Et quand je dis parole, je ne parle pas que de la parole en public, qui est souvent le raccourci que l'on fait. Et c'est dommage parce qu'en fait, tous les jours, en permanence, toute l'année, toute notre vie, on est dans des rapports de parole avec nos différents interlocuteurs. Et chaque opportunité de parole est une opportunité de quelque chose. Et donc j'accompagne les femmes là-dessus sur comment je structure ma parole. Je suis, je ne sais pas pour toi, je suis DRA, je suis chef de projet digital, je suis femme dans un collectif, comité de direction par exemple, avec beaucoup des hommes. Comment est-ce que je me positionne, comment je me place, comment je me comporte, comment je m'exprime pour pouvoir trouver pleinement ma place ? Et en montant en locas, j'avais l'intuition qu'il manquait quelque chose qui est peut-être plus lié à une zone de kiff que je peux avoir à titre personnel, qui est des espaces un peu événementialisés où je rassemblerais beaucoup de femmes autour de cette question-là. Et mon intuition, c'est que je n'avais pas envie de le porter via ma structure commerciale, parce que dans l'intention, il y avait quelque chose qui était un peu décalé pour moi. Et à ce moment-là de mes réflexions, je rencontre Alexandra Fougère, que j'ai rencontrée dans une autre association qui s'appelle la Convention des entreprises pour le climat, dans laquelle je suis très engagée, et Alexandra aussi. Et très vite, on s'aperçoit qu'on partage vraiment ces convictions-là et on décide ensemble de co-fonder Olympe se bouge, dont la mission ressemble pas mal à celle de l'OCAS. On veut déverrouiller le rapport des femmes à la parole, sauf qu'on le fait en créant des espaces, des événements, autour desquels on rassemble des dizaines et dizaines de femmes à qui on va à la fois pousser du contenu pédagogique et instructif pour comprendre comment on en est arrivé là, mais aussi et surtout... les mettre en mouvement à travers des ateliers, des masterclass concrètes.

  • Speaker #0

    On va revenir sur vos événements d'Olympe Sebouge. Est-ce qu'il y a eu un élément déclencheur particulier qui t'a permis de t'engager, justement pour cette prise de parole des femmes ? Tu dis bien que la parole des femmes est verrouillée parfois. Est-ce qu'il y a eu un événement un peu marquant qui t'a amené à cette prise de conscience ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une accumulation d'observations à la fois dans ma vie professionnelle, parce que globalement, j'observais beaucoup quand j'étais dirigeante chez BNP Paribas ou que j'étais directrice générale de mon agence de conseil. J'étais beaucoup avec des dirigeants et des dirigeantes. Et l'observation que je faisais, c'est que, mais même tu observes dans un comité de direction, alors je fais des généralités, évidemment qu'il y a plein d'exceptions à la règle, mais globalement quand même, ne serait-ce que où et comment les femmes s'assoient dans une pièce, à quel point elle s'autorise à s'exprimer et pour dire quoi et comment. En fait, ça nourrissait une petite colère chez moi de me dire « Mais pourquoi ? Pourquoi elle n'y va pas ? Pourquoi elle ne prend pas sa place ? » Et puis, ça s'est alimenté aussi d'observations dans ma vie personnelle. C'est-à-dire que j'ai quatre femmes dans ma vie. Alors à la fois, c'est des femmes que j'admire énormément, qui sont hyper courageuses, qui ont eu des histoires lourdes. Et à la fois, je leur en voulais de ne pas s'être libérées des... contexte familial dans lequel elle s'était retrouvée enfermée et je pense qu'il y a un déclic qui se fait petit à petit, j'ai moi-même une fille et un garçon et de me dire mais en fait il faut que ça s'arrête alors je ne suis pas positionnée sur les questions des violences faites aux femmes et c'est des sujets hyper graves et hyper importants, c'est vrai que je me positionne que sur la question de la voix des femmes et en fait je pense que c'est le point de départ je pense que tout commence par ma capacité à prendre pleinement ma place que ce soit dans ma vie ... de femmes, mères, sœurs, filles, etc. Et évidemment, dans la vie professionnelle.

  • Speaker #0

    Justement, pourquoi est-ce que tu penses que ce rapport peut être plus complexe à la parole pour les femmes ?

  • Speaker #1

    Alors, on pourrait y passer beaucoup de temps. Je vais essayer de faire une réponse un peu courte. Et en plus, je ne dirais pas que je suis une experte sur l'histoire de la condition des femmes en France et dans le monde. Ce que je raconte, c'est d'où je parle, moi. Mais globalement, quand même... On a plusieurs centaines d'années derrière nous d'histoires où, si tu regardes ne serait-ce que l'évolution du droit en France, depuis combien de temps on a le droit de vote, le droit d'obtenir un chéquier, de porter un pantalon, de divorcer, d'être considéré comme un parent légal vis-à-vis de nos enfants, etc. C'est quand même très très récent dans l'histoire de notre pays. Et puis, alors je vais... mentionner quelqu'un que j'aime beaucoup et qui était là à la première soirée Olympe se bouge, c'est Tiffany Day, que tu connais peut-être, qui est une autrice, comédienne, activiste, alors très radicale. Mais c'est intéressant parce qu'elle a deux spectacles dans lesquels elle re-questionne complètement les modèles qu'on a complètement intériorisés. Par exemple, elle a un spectacle où elle déconstruit les contes de notre enfance. Et moi, ça a été une claque. énorme quand elle a revisité le conte de Blanche-Neige, qui est quand même, en fait, on l'a oublié, mais une gamine de 13 ans, dans la représentation qu'on a représentée comme une femme, mais elle a 13 ans dans le conte, qui se retrouve abandonnée par ses parents, elle faillit se faire tuer par le chasseur, et là elle rencontre une autre femme dans le conte, et comme par hasard c'est une sorcière qui veut l'empoisonner avec une pomme, alors qu'en fait c'est la seule personne qui lui tend la main pour la nourrir, mais on veut nous faire croire qu'en fait elles vont se détester. parce qu'on crée cette dissidence entre les femmes. Elle arrive devant une chaumière, donc elle a failli mourir 15 fois, abandonnée par ses parents. Qu'est-ce qu'elle fait ? Le ménage, bien sûr, et en chantant. Et ensuite, elle est fatiguée, donc elle s'endort. Et quand elle se réveille, il y a les 12 petits nains là-haut, je ne sais plus combien ils sont en face d'elle. Pareil, dans les représentations, on les a faits tout petits pour faire passer la pilule, mais ce sont des hommes qui vont esclavager cette jeune fille de 13 ans qui va faire tout ça avec le sourire. Je prends cet exemple-là parce que, en fait, si tu regardes nos représentations de manière générale et depuis la nuit des temps, on a amené les femmes à penser, et les hommes aussi, qu'on n'avait pas notre place, que nous, c'était la sphère privée et pas la sphère publique, qu'on devait être sages, gentils et se taire. Et donc, moi, quand j'ai des femmes aujourd'hui qui me disent « Ah, mais moi, tu sais, j'ai pas du tout de problème à la parole » , j'ai toujours une petite voix qui me dit « On va creuser un petit peu, puis on va regarder » . Et en fait, dans la très grande majorité des cas... Ah oui, c'est vrai que cette fois-là, je me suis retrouvée dans cette situation. Parce qu'en fait, tout ça, ça a été rendu invisible. Et donc le premier travail à faire, c'est d'abord de ne pas s'auto-flageller. L'histoire nous a amené là. Bonne nouvelle, on peut détricoter ça. Et ça commence par se poser la question, en plus d'aller militer dans la rue le 8 mars et tous les autres jours de l'année pour protéger nos droits, d'une part, c'est aussi qu'est-ce qui est sous mon contrôle et comment est-ce que moi déjà en prenant conscience de mes verrous et en rendant visible cette parole qui est peut-être un tout petit peu ou beaucoup étriquée, petite, empêch��e, timide, est-ce que je vais pouvoir me déplier pour être... pleinement à ma place et peu importe ce que ça veut dire être à sa place. C'est quoi ma place à moi ? Où est-ce que j'ai envie d'être assise ? Est-ce que je suis bien assise ?

  • Speaker #0

    Alors, on va parler justement de cette place des femmes dans les médias parce qu'il y a aussi des enjeux de visibilité, de notoriété, de développement et d'empouvoirment aussi quand on prend sa place dans les médias. Selon l'Arcom, le nombre d'expertes recensés en plateau n'atteint que 43% et les femmes n'ont bénéficié que de 34% du total. temps de parole en 2023. Ce sont les chiffres 2023. Alors à ton avis, pourquoi est-ce qu'on voit encore peu de femmes expertes sur ces plateaux télé et radio ? Et je parle pas des journalistes parce que les journalistes sont plutôt à la parité. Mais toutes les expertes qu'on peut voir en plateau, qui peuvent répondre aux questions des journalistes, apporter du contenu informatif, donner une opinion, que ce soit des scientifiques, des femmes politiques, ces expertes-là, pourquoi est-ce qu'elles sont moins nombreuses ? …

  • Speaker #1

    Alors c'est le serpent qui se mord la queue en fait, parce que tu as à la fois la question des fameux rôles modèles et des représentations. Donc moins je vois de femmes, que ce soit dans les médias, en tant que prof et dans n'importe quelle sphère de nos vies, moins je vois des femmes et moins je me dis que moi en tant que femme, je pourrais demain occuper ces postes-là. Donc le serpent qui se mord la queue, ça c'est la première explication. La deuxième, c'est qu'il y a encore, même si ça a beaucoup progressé... des réflexes, là tu parles des médias, mais c'est vrai dans toutes les sphères, de « je pense expert, j'ai un homme visuellement dans mes représentations » , donc il y a un petit effort de se dire « je cherche un expert et ça pourrait être une experte » , donc de la part des gens qui vont aller sourcer ces femmes à mettre sur les plateaux, ça c'est la deuxième chose, mais ça globalement ça progresse, alors de manière contrainte ou forcée, mais tant mieux, peu importe par où ça passe, ça évolue. Et puis... un troisième facteur qui est combien des femmes sollicitées acceptent d'aller sur les plateaux. Moi, j'ai été très marquée par le dernier TEDxParis avant le confinement. Michel Lévy-Provençal, qui a importé le concept TEDx en France, monte sur scène et avant même de dire bonjour, il présente ses excuses à l'audience en expliquant qu'ils n'ont pas réussi à obtenir la parité dans leur speaker ce jour-là et que les statistiques qu'il donnait, c'était à peu près, c'est approximatif de mémoire, mais que dans... A peu près 80% des cas, quand ils appellent des femmes pour leur demander de venir sur la scène de TEDx, elles disent non, non, non, non, je ne suis pas du tout la personne qu'il vous faut. Par contre, j'ai quelqu'un de vachement bien et là, je te le donne en mille et mille, c'est un homme évidemment. Et ça, c'est quelque chose que j'ai entendu beaucoup. Et moi, j'ai rencontré une fille qui s'appelle Claire Poirzon qui, entre autres, cofondait un réseau qui s'appelle 2Gap, qui est un réseau de réseaux de femmes. Donc, elles agrègent plus de... 80 réseaux féminins. Donc, tu as les femmes d'HEC, les femmes de BNP Paribas, les femmes de la tech, etc. Donc, c'est vraiment plein, plein, plein, plein, plein de domaines, plus de 80 réseaux féminins. Et elles ont demandé à tous ces réseaux de leur envoyer des profils de femmes expertes. Donc, tu couvres tous les domaines d'expertise et elles sont allées voir les médias en disant vous ne les trouvez pas, nous on les a trouvés pour vous, vous n'avez plus qu'à. Certains médias comme M6 par exemple signent une charte pour s'engager à solliciter ces experts-là et encore une fois le retour d'M6 c'est qu'on les contacte mais dans une grande majorité des cas elles disent je ne suis pas la personne qu'il vous faut et donc ça revient à ce que je disais tout à l'heure c'est il y a un problème systémique et tout le monde doit y mettre du sien pour qu'on renverse un peu les représentations et les normes qu'on a installées et invisibilisées d'une part mais il y a aussi un gros travail à faire Pour chacune d'entre nous de se dire qu'est-ce qui est sous mon contrôle ? Je suis appelée par TEDx, je suis appelée par M6, je suis appelée par TF1 pour monter ce thème. J'ai peur, mais j'y vais quand même parce que je suis la bonne personne.

  • Speaker #0

    J'ai peur, mais j'y vais quand même parce que je suis la bonne personne. J'aime beaucoup cette phrase et je pense que les auditrices vont la retenir. Alors, il y a une citation qui figure sur ton site qui, moi, m'a beaucoup plu. Je vais la lire. La parole est l'acte fondateur de la citoyenneté. En parlant, vous existez aux yeux de la société. En 2024, il ne suffit plus d'être écouté, vous devez être celle qui définisse les termes du dialogue. Ne craignez pas la puissance de vos mots, car ce sont eux qui bâtiront l'avenir que nous avons tant espéré. Alors c'est un texte fictif que tu prêtes à Olympe de Gouges.

  • Speaker #1

    Je me suis demandé ce qu'Olympe de Gouges dirait aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Voilà, donc on peut lire ce texte. Alors là, c'était qu'un extrait. Moi, j'adore. Je partage complètement ce parti pris et je trouve qu'effectivement, tu résumes très bien la puissance des mots. Alors, en quoi la prise de parole est aujourd'hui un enjeu féministe ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est un enjeu féministe et je me permettrais d'élargir un peu. C'est un enjeu de société, c'est-à-dire que quand on regarde la gravité des défis auxquels on va être confrontés, et ce ne sont pas... que des enjeux liés au féminisme, c'est des enjeux climatiques, sociaux, sociétaux. On ne peut pas se permettre que 52% de la population, c'est-à-dire à peu près la population en France, depuis très longtemps, on oscille entre 51 et 52% de la population sont des femmes. C'est mathématique en fait. On ne pourra pas résoudre les grands défis auxquels on fait face si plus de la moitié de la population n'est pas mobilisée au service de ces enjeux. Le féminisme en est un. Mais il n'y a pas que celui-là et je ne sais pas si tu es familière avec la notion d'intersectionnalité, de dire que tu ne peux pas être profondément féministe si tu n'es pas profondément antiraciste et écolo. Parce que finalement tout ça s'attend vers le même enjeu qui est de dire comment on préserve notre humanité, comment on préserve les conditions d'habitabilité de notre planète parce qu'on en est là. Et puis même sans aller sur des grandes réflexions philosophiques comme ça, c'est de se dire mais comment la parole nous... permet chacun chacune je suis désolé je reviens sur ce que c'est tout à l'heure mais à être au bon endroit au bon moment de la bonne façon c'est à dire que et c'est là où je te disais tout à l'heure que je suis parfois étonné de voir comment sous-estiment l'importance de la parole alors moi je suis une littéraire j'ai toujours été une amoureuse des mots vraiment la langue pour moi c'est tellement important et c'est pour ça d'ailleurs j'ai adopté l'écriture inclusive la langue nous définit la langue nous positionne dans le monde on a besoin des mots pour pour dire pour ressentir, pour expérimenter le monde. Et donc, on a besoin que 100% de la population, les hommes et les femmes, sachent utiliser cet outil qui est la parole et que sont les mots, pour pouvoir, un, prendre leur place, et ce faisant, participer à un monde, j'allais dire souhaitable et durable, mais j'ai envie de te dire chouette, joyeux, enthousiasmant, juste, équilibré. Et c'est fou comme à la fois cet outil-là, il est partout tout le temps, et à la fois comme il est si difficile et anxiogène.

  • Speaker #0

    Il y a des femmes qui t'inspirent par leur manière de s'exprimer. On a beaucoup parlé de femmes qui ont un rapport difficile à la parole ou qui l'esquivent. Mais est-ce qu'il y a des femmes qui suscitent de l'admiration chez toi parce que tu les trouves à leur place ? Tu les trouves rayonnantes, charismatiques, avec une parole forte, libre, qui t'inspire véritablement ?

  • Speaker #1

    J'ai évidemment plein de visages qui me viennent en tête quand tu dis ça. J'ai un gros kiff sur Michelle Obama. J'avoue, un jour, ma pose à l'action, si tu devais dîner avec quelqu'un, tu dînerais avec qui ? Moi, j'adorerais dîner avec Michelle Obama. Elle représente le... Moi, j'adore l'énergie qu'elle renvoie. Elle me donne envie, elle pousse, elle mobilise. Et en même temps, ça a l'air facile, il y a de la joie. Ce n'est pas prétentieux. Donc, elle a plein d'ingrédients qui, moi, viennent vraiment résonner très, très fort dans le sens où on voit justement comment cette capacité... avec la singularité qui lui appartient, avec ses mots, avec son émotion, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, ce que ça peut renvoyer au monde et aux autres. Après, quand tu me posais la question des femmes qui m'inspirent, c'est plutôt des femmes de mon entourage, qui ne sont pas forcément parmi mes meilleures copines, que je ne connais pas forcément depuis hyper longtemps, mais je vais les citer pour qu'elles s'entendent, mais ça ne parlera pas aux autres. Je pense à Marguerite Laborde, elle est directrice de la marque Mustela, qui est une marque extrêmement engagée. et à la fois avec des enjeux commerciaux hyper lourds et comment on peut avoir à ce degré à la fois d'intelligence, d'humanité, dans un boulot qui est extrêmement complexe, avec des enjeux économiques et environnementaux extrêmement forts. Évidemment, je pense à Alexandra Fougère, avec qui j'ai cofondé l'association Olympe Sebouche, qui est une ancienne avocate juriste, aujourd'hui pleinement mobilisée à 100% de surtemps. son temps sur des projets citoyens, climatiques, de la voix des femmes. Et en fait, ça revient à la question des rôles modèles, c'est essentiel les rôles modèles. Mais en fait, chacune d'entre nous, on doit être un rôle modèle pour toutes les autres. Et je le pense vraiment. Et ce n'est pas que des filles qui envoient du lourd, qui prennent une place de dingue, qui savent hyper bien s'exprimer. Évidemment, on en a besoin parce que ça nous tire vers le haut. Mais j'ai rencontré des femmes timides et introverties qui parlent du bout des lèvres, qui sont des espèces de bombes atomiques.

  • Speaker #0

    Il faut faire peut-être la différence entre art oratoire, éloquence, ce qu'on peut imaginer, la prise de parole peut-être avec ces grands orateurs ou oratrices. Et puis parce que ça peut être un peu complexant aussi d'imaginer que la prise de parole ça doit être ça. Ça doit être des joutes verbales ou des figures de style ou des anaphores et toutes ces choses un peu grandiloquentes. Non, la prise de parole que tu décris toi, ça peut être aussi quelque chose de simple, de posé mais d'aligné quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et ça rejoint la question que tu me posais tout à l'heure. Et c'est une partie du volet de Que traite-t-on l'âme se bouge ? En fait, pourquoi tout ce qu'on se dit là, pourquoi c'est si important ? Et au service de quoi est-ce qu'on a envie et besoin de mettre notre parole ? Et c'est là où j'ai un peu tourné autour du pot pour répondre à ta question. Parce qu'en fait, je crois que fondamentalement, ma nouvelle mission de vie, c'est de faire en sorte qu'un maximum de femmes D'où qu'elles soient, quel que soit leur job, d'où qu'elles partent, quel que soit leur rapport à la parole, puissent à un moment trouver des clés petites, moyennes et grandes pour petit à petit se faire moins petite et déverrouiller ce rapport-là. Et j'aimerais revenir dans quelques années sur ton podcast et te dire mais regarde, regarde toutes ces femmes qui ont libéré cette voix à la parole, chacune à leur manière. Ça c'est, voilà, c'est...

  • Speaker #0

    En nous prenant rendez-vous. Dans combien de temps ?

  • Speaker #1

    Oulala, une fois un peu de temps. Mais je ne sais pas. Déjà, avec Olympe se bouge, tu vois, la prochaine soirée, on a 187 femmes déjà qui sont inscrites. Je me dis, bon, ben...

  • Speaker #0

    Alors, revenons sur ces soirées Olympe se bouge pour celles qui nous écoutent et qui ne connaîtraient pas ce concept. Tu en as un petit peu parlé tout à l'heure. Tu as parlé d'atelier, d'événementiel. Donc, on est vraiment sur du présentiel. Alors, ça se passe où, quand, quoi, comment ?

  • Speaker #1

    Qui peut participer ? Toutes les femmes. On l'a monté comme un parcours, mais les femmes peuvent prendre indépendamment leur place pour une, deux ou trois soirées. La première est déjà passée, c'était le 22 janvier. Et c'était le premier volet du parcours. L'objectif, c'était de poser le constat. Finalement, le sujet nous dépasse aujourd'hui. Je l'ai déjà dit, il est systémique. Mais quand même, comment chacune, on prend conscience qu'on a des choses à dire. Ça, c'était le premier volet. Le deuxième volet, c'est le 19 mars à la Maison de la Conversation, qui est un tiers lieu d'innovation sociale à la programmation. absolument incroyables. Donc pour les Parisiens et les Parisiennes, regardez la programmation, la plupart du temps elle est gratuite et vraiment des intervenants de très très haute qualité. Et le 19 mars, on rentre dans le deuxième volet, c'est-à-dire j'ai compris qu'on avait toutes quelque chose à dire, mais concrètement, comment je fais ? Et là, on a vraiment un énorme kiff avec Alexandra parce que Julie Gaillet a accepté de venir à cette soirée du 19 mars, notamment parce qu'elle sort un film biopic. que je vous encourage à regarder parce qu'il est extraordinaire sur l'impe de gouge. C'est d'ailleurs le premier film qui a été fait sur elle, ce qui est surprenant parce que c'est quand même une femme qui a très fortement marqué l'histoire de France.

  • Speaker #0

    Regardez, regardez le film, je l'ai vu, il est exceptionnel. Ça donne la chair de poule et on se dit effectivement, il a fallu attendre 2025 pour voir des images, un film dédié à cette grande figure de la Révolution française et du combat pour l'égalité des femmes. Une monde albanaise en plus qui vient du sud-ouest.

  • Speaker #2

    Voilà, tout s'explique.

  • Speaker #0

    Donc non, effectivement,

  • Speaker #2

    je recommande aussi beaucoup le Pouvoir de la Couture Engagée. Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner et à nous mettre un pouce bleu. Si j'avais plus de souhaits, vous le faites très bien. Mais en attendant, n'hésitez pas à vous abonner et à vous abonner. Et puis, cette vidéo est un peu à l'époque de l'importance du film. Attends que la parole des femmes. Donc, on aura joué le délire avec une belle personne. C'est parce qu'on va avoir plus envers les mères. Alors, on va faire un film. On va faire un film. Je suis sûre. Et puis, on va faire un film. Oui, c'est sûr. Donc, c'est un film. On va faire un film. On va faire un film. Et une femme de Métis,

  • Speaker #1

    qui a la particularité, parmi plein d'autres choses, d'organiser des records du monde de sauts en parachute. Et notamment, elle a fait avec des groupes de plus de 150 femmes. Et qui va nous expliquer qu'est-ce qui se passe quand on met 150 femmes ensemble pour sauter en parachute. Et où est le rapport avec la question de la voix des femmes et du rapport à la parole. Et ensuite, on se met en mouvement parce qu'il faut passer à l'action. Il faut sortir de sa zone de confort. Et donc, on va proposer aux femmes inscrites de choisir un parmi six masterclass qu'on va leur proposer sur l'art de la rhétorique, l'art de la répartie. Donc, des choses vraiment extrêmement variées pour continuer d'apprendre tout en passant à l'action. Et ensuite, elles auront le choix d'assister à un parmi six ateliers. Et donc là, on n'est plus là pour apprendre, on est là pour faire, faire, faire. Et donc, il va y avoir aussi bien du chant que du karaté, que du théâtre, que... Encore une fois, des choses hyper variées parce qu'aussi, ce qu'on veut montrer avec Alexandra, c'est que le rapport à la parole, il est fondamentalement charnel. Quand on s'exprime, notre corps parle. La question, c'est qu'est-ce qu'il dit et comment il le dit ? Et est-ce qu'avant même de pouvoir exprimer des mots, est-ce que la parole n'est pas aussi verrouillée dans le corps ? Et donc, on va créer ces espaces qui sont en plus hyper festifs parce qu'on met beaucoup, beaucoup, beaucoup de joie dans ces soirées. Pas là pour s'autoflageller et se dire que vraiment la situation des femmes est terrible, on est là pour se mettre en action. Donc un très grand choix d'atelier, de masterclass à expérimenter dans un contexte qui est, j'allais dire sécurisé, je ne sais pas si on a besoin de sécurité, mais en tout cas avec des femmes qui peuvent s'identifier aux autres personnes qui sont là, parce que ce sont aussi des femmes et qu'on vit quand même des expériences un peu partagées et communes.

  • Speaker #0

    Alors et si je n'ai pas assisté à la première soirée, je peux quand même aller aux autres ?

  • Speaker #1

    Alors la troisième, c'est le 4 juin. Elle aura lieu aussi à la Maison de la Conversation. Ça va être un peu différent comme soirée. On va un peu plus sortir de sa zone de confort. La troisième soirée, c'est j'ai compris que j'avais un truc à dire, je sais un peu mieux comment faire. Mais concrètement, pourquoi c'est important ? Donc ça rejoint ce que je disais tout à l'heure. Là, il y a un côté un peu plus, je dirais, engagé et militant sur cette troisième soirée. Parce qu'on a besoin que toutes les femmes puissent s'exprimer. Et donc là, on va se mettre en situation de tribune. Je n'en dis pas plus.

  • Speaker #0

    Le suspense est entier. Ça donne envie en tout cas d'assister à vos soirées. Je suis sûre que celles qui participent, elles repartent avec beaucoup d'énergie, beaucoup de confiance, super potentiel qui va germer.

  • Speaker #1

    C'est ce que je te disais un peu tout à l'heure avant qu'on démarre le podcast. Moi, j'ai été très touchée par les témoignages qu'on a eus après la première soirée. On a des femmes qui sont venues nous voir avec Alexandra à la fin de la soirée en disant qu'il y aurait un avant et un après pour elles sur ces soirées-là. Des femmes qui ont dit « je ne m'étais jamais posé la question de mon rapport à la parole, j'étais venue un peu par hasard et ça a été vraiment très bouleversant pour moi d'avoir ce questionnement-là » . Et des témoignages comme ça, on en a eu beaucoup et je me dis que c'est gagné en fait, parce que c'est le point de départ juste de rendre visible ce qui ne l'est pas.

  • Speaker #0

    C'est un vrai combat féministe aussi que tu mènes. Donc là, j'aimerais te poser des questions sur ton rapport justement à cet engagement féministe que tu as. Est-ce que tu rencontres des grands défis dans cet engagement ? Est-ce que parfois tu as des doutes ? Est-ce que parfois la colère est trop importante ? Vraiment, comment est-ce que tu le vis cet engagement ?

  • Speaker #1

    Je me considère absolument féministe. C'est une question qui vient toucher des choses importantes chez moi. C'est-à-dire que j'ai toujours été féministe toute ma vie, mais je ne le savais pas jusqu'à ces dix dernières années. Ce que je disais dans mon histoire, dans mon enfance, il y a plein de choses que je trouvais hyper injustes et je me suis beaucoup fâchée avec ma mère quand j'étais plus petite. Mes frères avaient peur de moi parce que comme ma mère n'avait pas beaucoup d'autorité, moi du coup j'étais hyper autoritaire avec eux, parce que je ne voyais pas pourquoi ils ne videraient pas le lave-vaisselle. Vraiment, j'ai eu un avant et un après le livre de Lorraine Bastide qui s'appelle Présente. Il m'a vraiment énormément éclairée sur le fait qu'on nous avait appris depuis toute petite à traverser l'espace public, nous les femmes, alors que les hommes l'occupent. En tout cas, c'est ce que je retiens de plus fort de ce livre de Lorraine Bastide que je recommande beaucoup. Et puis à partir de là, j'ai multiplié mes rencontres, mes lectures sur ce sujet-là. Et effectivement, la colère dont tu parles et que j'ai ressenti petite, elle a pris énormément de place ces cinq, six dernières années. Aujourd'hui, je travaille beaucoup dessus. D'abord parce que c'est fatigant d'être en colère tout le temps. Enfin, moi, je suis fatiguée. Et puis surtout, je me suis aperçue que c'était le meilleur moyen de ne pas créer un espace d'écoute et de conversation avec des gens qu'on a besoin de convaincre. En tout cas, c'est mon expérience. que ce soit avec ma famille, que ce soit avec mes amis. Avant, j'étais tout le temps en colère et à chaque fois qu'on revenait de dîner, mon mari me disait dans la voiture « t'exagères, t'as encore pourri l'ambiance » . Parce que c'est vrai que je montais très très vite dans les tours, etc. Aujourd'hui, et notamment j'observe beaucoup mon mari qui lui, alors je ne sais pas si je peux dire qu'il est féministe, en tout cas il vit avec une, donc il a appris à s'adapter, mais lui il est très très très écolo par contre. Et j'observe comment il fait quand il parle d'écologie avec nos amis, et je suis admirative. de sa manière de créer ces espaces de conversation et d'écoute. Et donc j'essaye de faire la même chose sur le sujet du féminisme. Et la réalité, encore une fois, je parle pour moi, je ne fais pas de généralité, mais c'est beaucoup plus efficace. Et c'est pour ça que, que ce soit Locas ou Olympe se bougent, on n'a pas de positionnement féministe. On n'est pas là pour critiquer, prendre la place d'eux. On n'est pas là pour continuer aussi d'alimenter. hanté un peu ces récits de pouvoir apprendre, etc. Moi, aujourd'hui, j'ai envie que mon féminisme s'exprime dans le lien, dans la capacité à créer des déclics, dans la joie. D'ailleurs, je suis en train de finir un manuscrit qui s'appelle « Vous n'aurez pas ma joie » . Parce que je pense que c'est un sujet de fond chez moi en ce moment, cette question d'aller trouver la joie dans le monde dans lequel on vit, et parce que j'ai cette conscience écologique et féministe. Et ce n'est pas toujours facile, mais je me suis rendu compte aussi que ces dernières années, je me entoure différemment de gens qui me font du bien, qui m'aident à réfléchir. Et voilà, donc...

  • Speaker #0

    C'est aussi aller trouver la joie, se reconnecter à cette émotion pour contrebalancer un petit peu le découragement qu'on peut ressentir face parfois à ces grands combats dont on a l'impression qu'on n'arrivera jamais au bout, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est vite décourageant quand même. C'est vite décourageant, puis quand on regarde ce qui se passe en ce moment, on se dit que c'est vraiment jamais gagné. J'ai croisé l'autre jour une historienne qui s'appelle Yannick Ripa, qui a beaucoup, entre autres, étudié l'histoire du féminisme en France et l'histoire des femmes en France. Et je lui posais la question, d'ailleurs je l'interview cette après-midi pour mon livre, je lui disais, mais est-ce que si je vous parle de... Parce que j'ai un chapitre qui s'appelle « Joie et voix de femmes » dans ce livre, que je co-écris avec une amie, Anne Ducrot. Et je lui disais où est la place de la joie pour vous dans le féminisme ? Et elle m'a répondu, sa première réaction c'était non, il n'y a pas beaucoup de joie en fait. Le féminisme est né d'une colère, d'un combat à mener. Et je lui dis ok, mais est-ce que quand même la joie a sa place ? Et elle a réfléchi, elle me dit mais en fait vous avez raison, la joie est un levier extraordinaire. Et elle a commencé à me raconter les réunions du MLF à l'époque et ce côté hyper festif, hyper joyeux. Et donc j'avais déjà un bout de la réponse, c'est-à-dire qu'on est sur des sujets importants voire graves. Et bien aujourd'hui, j'ai envie de laisser la joie prendre plus de place dans mon combat que la colère, parce que j'ai l'impression que c'est plus utile. Et puis peut-être aussi, c'est ce qui me permet de continuer.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu réagis quand tu entends des critiques du féminisme ? Ceux qui disent que le féminisme est allé trop loin, cette radicalité qui peut être parfois un petit peu pointée du doigt. Toi, comment est-ce que tu réagis face à ça ?

  • Speaker #1

    On a besoin de toutes les formes de lutte, la mienne, celle qui est peut-être plus orientée sur la sphère professionnelle, qui est peut-être plus driveée par la joie, mais on a aussi absolument besoin de luttes plus radicales. Et je pense par exemple à Tiffany, encore une fois, dont j'apprécie énormément le travail, qui parle à la féminine universelle. Mais on a besoin de ça en fait, parce qu'on a besoin de créer des moments de stupeur. et de faire réagir et réfléchir les gens à la situation dans laquelle on est et non c'est pas gagné et non il ya encore énormément de boulot donc et enfin et en fait simplement de manière hyper factuelle quand on regarde tous les grands combats de notre société auquel toi et moi on a la chance vu où on est né et à l'époque laquelle on est né on n'a pas tellement été confronté y compris le féminisme parce que c'est quand même un peu plus facile pour nous que ça l'était pour l'homme de gouge

  • Speaker #0

    il n'y a aucun de ces combats qui s'est fait en s'asseyant autour d'une table en disant bon les gars on va discuter quoi donc voilà je veux dire c'est aussi simple que ça merci on s'approche de la fin de cet épisode donc là il va de question de nous donner vraiment des ressources très pragmatique si tu pouvais donner un seul message à toutes les femmes qui doutent de leur légitimité à parler Ça serait quoi ?

  • Speaker #1

    On a toute une histoire à raconter. On a toute une histoire à raconter. Mais vraiment, profondément, j'en suis hyper convaincue. Regardons notre expérience, regardons notre passé, regardons notre histoire et posons-nous la question. Qu'est-ce qu'il y a dedans m'appartient ? Qu'est-ce qui est structurant ? Qu'est-ce qui est différent ? Qu'est-ce qui est unique ? Qu'est-ce qui est chouette ? Qu'est-ce qui a été difficile mais qui m'a construite ? Et de me dire que si je suis là où je suis aujourd'hui, c'est aussi à cause et grâce à cette histoire. Et comment cette histoire, je me la réécris et que je me sente bien avec. Ça ne veut pas dire qu'elle est toute belle. Il y a plein de ruptures dans une histoire, il y a plein de blessures dans une histoire. Et il y a aussi des belles rencontres et des moments pivots et des déclics. Tout ça, ça fait de moi qui je suis. Et prenons confiance et conscience dans le fait que cette histoire, elle mérite d'être racontée.

  • Speaker #0

    Super. Il y a peut-être aussi des auditeurs ou des auditrices qui nous écoutent, qui animent des réunions, qui sont leaders, managers, et qui ont ce privilège et ce choix de mettre en avant peut-être certains talents ou de faire circuler la parole. Quel conseil tu leur donnerais à eux pour encourager la parole des femmes et la parole de femmes qui peut-être sont plutôt réservées, discrètes ? Et voilà, quel conseil tu leur donnerais à eux pour inciter ces femmes-là à... à se libérer sur la parole ?

  • Speaker #1

    Alors le premier, et c'est une de nos intervenantes, là le 22 janvier, qui l'avait beaucoup partagé, Néga Raeri, elle dit « La qualité du récit dépend de la qualité de l'écoute. » Et elle dit « Le silence précède le récit. » Donc peut-être une des premières qualités, qu'on soit manager, coach, ou juste collègue, ami, c'est de créer les conditions de l'écoute. C'est-à-dire que ce dont on manque, les gens en général... les femmes en particulier, c'est cette capacité à être écoutée et entendue. Donc c'est peut-être ça le premier ingrédient. Est-ce que véritablement, je ne crée pas que moi, je reprends ton exemple en tant que manager, mais vis-à-vis des gens qui sont dans cette salle, est-ce que je crée les conditions de l'écoute ? Ça c'est peut-être le premier ingrédient. Et puis je repense à une anecdote d'une femme dirigeante que je connais bien d'une boîte du CAC 40. qui me racontait toute fière qu'elle avait bien davantage féminisé son comex et que la première réunion du comex, les deux femmes qu'elle a faites rentrer, donc c'était une immense salle, imagine une grande table ovale, les deux femmes se sont mises côte à côte, vraiment en bout de table serrée l'une contre l'autre, tout au bout de la table. Et pourquoi je te partage cette anecdote-là, c'est qu'elle est aussi symptomatique que, créé les conditions de la parole, il y a plein de choses qui vont jouer. Où les femmes sont assises, comment je distribue la parole. D'avoir peut-être cette vigilance de se dire comment l'espace est occupé, homme-femme, dans la salle, et peut-être d'anticiper qu'il y a un petit mot à glisser avant la réunion sur comment ça va se passer et les conditions dans lesquelles la réunion va se faire. Vous avez probablement entendu parler du phénomène du mansplaining, qui est ce phénomène par lequel, statistiquement, on observe que les femmes sont beaucoup plus interrompues que les hommes. Et bien si je suis ce manager et qui anime cette réunion, de m'assurer que j'empêche ce phénomène de mansplaining de se faire, c'est-à-dire qu'une femme qui est interrompue, je vais lui redonner la parole pour qu'elle puisse terminer son propos, que si j'observe qu'une femme ne s'exprime pas de manière subtile, de la questionner et de l'interroger sur comment elle a envie de réagir à ce propos-là. Moi j'ai une femme qui m'a dit l'autre jour, pareil, comex d'une grosse boîte, Elle me dit, mais moi, en fait, quand il y a eu un tour de table et que globalement, ce qui a été dit, c'est à peu près ce que je voulais dire, j'estime que je n'ai pas besoin d'en rajouter. Et elle a raison sur le fond. En pratique, c'est aussi comme ça qu'on fait sa place et qu'on est capable de montrer qui on est, notre intelligence, notre subtilité, nos émotions. Et donc, d'encourager cette parole quand elle n'est pas spontanée, c'est probablement un ingrédient important.

  • Speaker #0

    Une toute dernière question. Tu as su faire des choix professionnels audacieux. Tu as eu une super carrière dans des belles boîtes. Et aujourd'hui, tu es plutôt dans un parcours entrepreneurial. Est-ce que tu aurais un conseil carrière pour celle qui nous écoute ? Pour vivre sa carrière de manière épanouie, faire des choix audacieux et vivre ce qu'on a envie de vivre.

  • Speaker #1

    En tout cas, celui qui a marché pour moi, c'est qu'on a cette petite voix qui nous parle toute la journée dans notre vie, qui nous dit... Tu devrais faire ci, tu devrais faire ça. Moi, j'ai appris que ma petite voix, elle sait souvent mieux que moi. Et donc, quand elle commence à parler un peu fort, voire quand elle a appris le haut-parleur, maintenant...

  • Speaker #0

    Et les conditions de l'écoute.

  • Speaker #1

    Exactement. En fait, vraiment, moi, j'ai appris que ma petite voix, elle sait mieux que moi. Elle sait toujours mieux que moi. Donc quand elle commence à parler un peu fort, je l'écoute. Alors effectivement, j'ai quitté mon boulot de DG d'une agence de conseil pour partir faire je ne savais pas quoi d'ailleurs, parce que j'ai d'abord commencé par partir et ensuite j'ai monté l'OCAS. Alors j'ai une autre femme qui m'inspire beaucoup qui s'appelle Fatou Ndiaye, qui est une multi-entrepreneuse et qui a notamment créé la fresque de l'équité. Elle me dit toujours, la distance la plus courte entre toi et ton rêve, c'est une date. Et ça aussi, ça fait partie des conseils qui m'ont aidée. C'est-à-dire qu'à un moment donné, c'est comme le jour où j'ai décidé de partir à Compostelle, je suis allée acheter mes chaussures. Et une fois que j'avais acheté mes chaussures, je suis allée acheter mon sac. Puis une fois que j'avais acheté mon sac, j'ai regardé le trajet. Et puis j'ai acheté mon billet de train. Et voilà, c'est que parfois ce qui nous paraît vraiment très difficile, si on le décompose et qu'on fait le premier pas, et bien en fait ça passe parce que tout le reste c'est l'exécution du plan. Et a priori... On est des personnes intelligentes, pleines de bon sens. Et si notre petite voix nous a parlé, c'est qu'elle sait mieux que nous. Alors, il faut aller acheter les chaussures.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup, Héloïse, pour cet échange très stimulant et qui va nourrir, je l'espère, des réflexions qui feront la différence dans une vie.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup, Laurie. Et comment est-ce que moi, déjà, en prenant conscience de mes verrous et en rendant visible cette parole qui est peut-être un tout petit peu ou beaucoup étriquée, petite, empêchée, timide, est-ce que je vais pouvoir me déplier pour être pleinement à ma place ? Et peu importe ce que ça veut dire être à sa place. C'est quoi ma place à moi ? Où est-ce que j'ai envie d'être assise et est-ce que je suis bien assise ?

Chapters

  • Cercles de Voix

    00:52

  • Générique

    02:47

  • Intro de l'épisode

    04:23

  • Portrait chinois

    06:32

  • Femmes & voix

    23:41

  • Vivre son engagement féministe

    36:04

  • Conseil carrière

    46:54

Description

Après 20 ans passés dans le milieu de l'entreprise, à travailler sur des enjeux de transformation et d'impact, Héloïse Lauret décide de s'engager pleinement auprès des femmes et se lance la mission de déverrouiller le rapport complexe des femmes à la parole. 


Aujourd'hui fondatrice de Lokaces et de l'association Olympe se Bouge aux côtés d'Alexandra Fougère, elle réinsuffle joie et ambition à toutes celles qui aspirent à mieux (se) dire et mieux (s’)écouter, lors d'événements festifs organisés à la Maison de la Conversation à Paris.


Un épisode complet qui vous donnera envie (je l'espère), d'utiliser la puissance de votre voix ! 

 

J'adresse un immense merci à l'Hôtel Echiquier Opéra Paris Mc Gallery, situé dans le 10e arrondissement à Paris qui nous a accueillies pour l'enregistrement de cet épisode. 🙏
 


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Bonne écoute !    


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Avant de commencer cet épisode, j'aimerais vous parler des cercles de voix. Les cercles de voix, c'est un programme d'entraînement pour toutes celles qui veulent gagner en aisance sur leur prise de parole en public ou devant les médias. Si à l'idée de prendre la parole, vous avez la voix qui tremble, le cœur qui s'emballe ou vous ne savez pas comment organiser vos idées, pire vous laissez passer des opportunités, ce programme est fait pour vous. J'ai conçu les cercles de voix comme un espace bienveillant, en petits groupes et en non mixité, pour vous permettre de découvrir le pouvoir de votre voix et de prendre enfin toute votre place. C'est une masterclass en ligne et en direct pour vous permettre en trois étapes de lever vos freins, d'acquérir une méthode pour préparer des éléments de langage qui soient clairs et percutants, et faire de votre corps un allié pour une communication non-verbale optimale. Rendez-vous sur mon site novascript.fr pour réserver votre place. Un tarif spécial vous attend jusqu'au 8 mars. Bonjour, je suis Laurie Théron et je vous accueille sur mon podcast Les Mariannes. Dans cette émission, que j'ai conçue pour vous aider à prendre toute votre place dans la vie publique de notre société, je reçois des femmes politiques et des activistes qui inventent le monde de demain. Médaphe,

  • Speaker #1

    vous êtes légitime, vous avez votre place, vous êtes compétente. Investissez-vous dans cette vie politique ?

  • Speaker #0

    Il faut du courage pour faire de la politique, que l'on soit homme ou femme, mais je crois qu'on ne pardonne à rien aux femmes.

  • Speaker #1

    On vient vous chercher parce que vous êtes une des pièces du puzzle qui va faire gagner. Un message qui, moi, m'a été transmis alors que j'étais jeune et que je n'avais pas forcément confiance en moi. On m'a dit, Sophie, il faut y croire,

  • Speaker #0

    toujours y croire. Quand vous doutez de vous, pensez-vous. Avec les Mariannes, je vous propose de partir à la rencontre de femmes qui s'engagent dans leur territoire ou à l'échelle nationale pour défendre leurs idées et construire différemment le monde de demain. Quant à moi, je suis une passionnée de politique et d'engagement et je rêve d'une société plus égalitaire. J'ai passé 7 ans dans la peau d'une collaboratrice parlementaire au Sénat et j'accompagne aujourd'hui les entreprises et les changemakers dans leur communication digitale et la conception de leur stratégie éditoriale. Pour soutenir ce podcast et permettre au maximum de personnes de bénéficier de son contenu, abonnez-vous, notez le 5 étoiles et partagez-le autour de vous. Je suis évidemment présente sur les réseaux sociaux, vous me retrouverez avec le compte ElmarianneFR. Enfin, pour être informé de la sortie d'un nouvel épisode, abonnez-vous à la newsletter que vous trouverez sur mon blog. Et puis vous pouvez aussi soutenir financièrement le podcast en laissant un don sur la plateforme Tipeee. Bienvenue dans l'univers des Mariannes. Merci. Bonjour Héloïse.

  • Speaker #1

    Bonjour Laurie.

  • Speaker #0

    Je suis ravie de te recevoir sur le podcast des Mariannes.

  • Speaker #1

    Je suis très honorée d'être là aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Alors on enregistre cet épisode à l'hôtel Echec et Opéra Paris, ma galerie. On remercie l'hôtel de nous prêter les lieux. Alors on va commencer cette interview Héloïse par le traditionnel portrait chinois des Mariannes. Vous le connaissez maintenant. Il s'agit de petites questions personnalisées pour qu'on fasse mieux connaissance ensemble. Alors si tu étais un instrument de musique, puisqu'on va parler de voix aujourd'hui, Le corps, c'est aussi un instrument de musique formidable. Quel serait ton instrument à toi ?

  • Speaker #1

    Alors ça, ce n'est pas mon univers. Je n'ai pas été élevée dans un milieu artistique, mais probablement que je te dirais ma voix, parce que notre voix est un instrument de musique avec des cordes avec lesquelles il faut savoir jouer. C'est un instrument complexe, et donc probablement que je serais une voix.

  • Speaker #0

    Alors si tu avais un super pouvoir ?

  • Speaker #1

    Si j'avais un super pouvoir, ce serait probablement... Celui de pouvoir matérialiser physiquement des liens invisibles entre les gens dans les métros, dans la rue, qui ne savent pas qu'ils ont des liens mais qu'en fait ils ont. J'adorerais pouvoir les matérialiser.

  • Speaker #0

    Avec des sortes d'auras ou des merges.

  • Speaker #1

    Voilà, comme des espèces de pelotes de laine qui se tisseraient entre les gens et de se rendre compte qu'en fait on a des liens qui sont invisibles.

  • Speaker #0

    C'est une très jolie image. Si tu avais une heure de plus chaque jour, que ferais-tu ?

  • Speaker #1

    Ouh là là ! Tellement de choses. Allez, je vais être raisonnable, je m'autoriserai à lire une heure par jour.

  • Speaker #0

    Quel genre de livre ?

  • Speaker #1

    Alors j'ai une règle dans ma bibliothèque qui est très très fournie, c'est que j'ai une étagère avec tous les livres que je n'ai pas encore lus, et je n'ai pas le droit d'en rajouter un tant que je n'en ai pas retiré un. Et là j'ai un peu dérogé à ma règle récemment, il y a beaucoup de lectures à la fois sur le féminisme, sur l'art oratoire, l'art de la parole, et puis quand même quelques romans qui se promènent.

  • Speaker #0

    Alors Héloïse, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots, nous présenter les grandes lignes de ton parcours professionnel et pourquoi est-ce que nous nous rencontrons aujourd'hui finalement ?

  • Speaker #1

    Alors mon parcours professionnel est un peu lié à des éléments de ma vie personnelle. Je suis une fille entre deux garçons, ça, ça a joué beaucoup dans mon parcours parce que assez tôt, j'ai trouvé qu'il y avait des choses un peu injustes. Je viens d'un milieu assez privilégié, mes parents n'attendaient pas la même chose de moi qu'ils attendaient de mes frères et donc ça c'est quelque chose qui a... qui a nourri une forme d'injustice chez moi. Et puis aussi j'ai grandi aux Etats-Unis. Quand j'étais petite, mon père a été expatrié. Et ça, je me suis rendue compte ces dix dernières années comme en fait ça avait été extrêmement structurant parce que le rapport à la parole, à l'autre, à l'autorité est très différent là-bas. Et en fait ça a forgé une espèce de fascination chez moi de la question de la communication, de la place de l'oralité, de comment les gens s'expriment les uns avec les autres, etc. Finalement... Après tout ça, je fais un parcours assez classique, DESS de commerce international. Et puis je me retrouve à prendre un premier boulot pour des raisons de problèmes de famille. Premier boulot qui tombe, j'arrive chez Neuf Télécom au moment où ils branchent les ordinateurs, où ils montent les tables des services après-vente. Donc là, ça donnera quelques indications sur mon âge, puisque c'était le tout début des services après-vente. Et puis là je découvre qu'en fait je sais faire un peu plus que ce que je pensais. J'ai la chance de tomber sur des gens qui me disent qu'en fait je suis capable de davantage. Je me retrouve à gérer ce contrat pour un prestataire chez Neuf Télécom, des grosses grosses équipes, on était 180. Je suis encore très jeune, je suis une fille, je suis en jean basket, je ne sors pas d'une grande école. Donc c'était des challenges intéressants. Fast forward, je passe 10 ans ensuite chez BNP Paribas, je deviens directrice de l'innovation et de la RSE pendant 7 ans, que je quitte. parce qu'à un moment donné, j'en ai eu un peu marre d'être le matricule 408-491. Je suis rentrée dans une petite agence de conseil, 7 ans génialissimes de kiff total, de projet un peu fou, dans une équipe qui était un peu comme une famille. Et puis, il y a deux ans, j'ai eu 45 ans. Et dans ma tête, c'était la moitié. Je me suis dit, la première, elle était vraiment géniale. Il s'est passé plein de choses, j'ai appris beaucoup. J'ai saisi beaucoup d'opportunités. Mais finalement, qu'est-ce que je vais faire de la deuxième moitié ? Et c'est là où... Je change un peu de parcours professionnel et je quitte mon petit confort, mes habitudes et les compétences que j'avais acquises toutes ces années-là. Je décide de les mettre au profit d'autres choses. Donc aujourd'hui, j'imagine qu'on en reparlera, je suis à la fois engagée sur les questions de climat, mais aussi surtout beaucoup sur la question de la voix des femmes, un peu comme toi.

  • Speaker #0

    La voix des femmes. Alors quel est ton propre rapport à la voix, à la prise de parole ? Tu as mentionné que tu avais grandi au milieu de deux frères et que tu n'avais peut-être pas reçu la même éducation. que ces garçons-là. Est-ce que toi, tu as eu des difficultés à utiliser ta voix ? En tout cas, quel est ton rapport à la prise de parole ?

  • Speaker #1

    C'est là où je pense que le fait d'avoir grandi aux Etats-Unis a énormément joué, parce que déjà, la structure de la langue anglaise est très différente de la structure de la langue française. Elle est plus directe, plus informelle, elle est moins littéraire, enfin, moins intello, peut-être, que la langue française. Il n'y a pas le vouvoiement, il y a moins la question du genre, dans la langue américaine. Ça, c'est la première chose, donc dans la structuration de la langue. Et puis, Quand on est enfant aux Etats-Unis, en tout cas c'est l'expérience que j'ai vécue, les Américains, ils ont un peu la politique de l'enfant roi. C'est-à-dire qu'un enfant qui s'exprime, on se met à son niveau, même physiquement, on se baisse et on l'écoute. Et il est amazing. Alors ça nous énerve ce côté à l'américaine. Un enfant qui dépasse de son dessin, on va lui dire que c'est la septième merveille du monde. Bah n'empêche, ça donne une permission à la parole qui est très différente. Et donc, mes frères et moi, pour le coup... tous les trois, on a, et c'est le constat qu'on fait aujourd'hui, un rapport très très détendu voire de plaisir dans la question du rapport à la parole, on donne tous les trois des conférences, on s'exprime beaucoup parents n'étaient pas du tout comme ça Je ne crois pas que ce soit un atavisme familial, je pense que c'est vraiment lié à ce rapport qu'on a eu très jeune.

  • Speaker #0

    Cette culture américaine.

  • Speaker #1

    Et cette culture américaine. Et c'est vrai que moi j'ai rarement eu des freins dans le fait de m'exprimer, ce qui m'a permis d'ailleurs de trouver différemment ma place dans les différentes organisations dans lesquelles je me suis retrouvée. Et peut-être ce que j'ai envie de rajouter là, c'est que j'ai un rapport à la parole qui est assez émotionnel. J'ai du mal à m'exprimer sans que s'expriment mes émotions. Et c'est une façon de s'exprimer qui n'a pas toujours sa place dans l'organisation. Et pour une raison à laquelle je n'ai pas réfléchi, ça m'a plutôt vachement servi dans ma vie professionnelle, notamment chez BNP Paribas, dont ce n'est pas tout à fait les usages. Après, ça m'a amenée à des postes un peu à côté. J'étais directrice de l'innovation et de la RSE. Ce n'est peut-être pas non plus complètement anodin.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Alors, tu as créé l'association Olympe se bouge. et une société qui s'appelle Locas. Est-ce que tu peux nous en dire quelques mots ?

  • Speaker #1

    Alors ça a commencé par Locas quand j'ai eu mes fameux 45 ans et que je me suis dit qu'est-ce que tu vas faire du reste de ta vie professionnelle. Je me suis dit en fait j'ai deux choses sur la table qui ont pris beaucoup de place dans ma tête, dans mon cœur, dans mes lectures, dans mes rencontres. C'est la question de la voix des femmes d'une part et j'étais d'ailleurs déjà assez engagée dans quelques associations. Et d'autre part, cette espèce de fascination que j'ai du rapport à la parole, parce qu'en fait, c'est tellement essentiel, notre façon de nous exprimer, et j'ai toujours été assez surprise de voir à quel point les gens faisaient peu cas de leur rapport à la parole, hommes et femmes, pour le coup, ça c'est pas genré, mais peut-être encore plus les femmes, parce que pour tout un tas de raisons systémiques qui nous dépassent et des raisons historiques, on se fait quand même plus petite et plus discrète. Et donc avec ces deux sujets-là que j'avais sur la table, je me suis dit, je vais essayer d'en faire quelque chose. Et d'abord commencer par créer Locas, qui est une structure commerciale qui accompagne en individuel et en collectif des femmes dans leur vie professionnelle. Et mon objectif, c'est de déverrouiller le rapport à la parole. Et quand je dis parole, je ne parle pas que de la parole en public, qui est souvent le raccourci que l'on fait. Et c'est dommage parce qu'en fait, tous les jours, en permanence, toute l'année, toute notre vie, on est dans des rapports de parole avec nos différents interlocuteurs. Et chaque opportunité de parole est une opportunité de quelque chose. Et donc j'accompagne les femmes là-dessus sur comment je structure ma parole. Je suis, je ne sais pas pour toi, je suis DRA, je suis chef de projet digital, je suis femme dans un collectif, comité de direction par exemple, avec beaucoup des hommes. Comment est-ce que je me positionne, comment je me place, comment je me comporte, comment je m'exprime pour pouvoir trouver pleinement ma place ? Et en montant en locas, j'avais l'intuition qu'il manquait quelque chose qui est peut-être plus lié à une zone de kiff que je peux avoir à titre personnel, qui est des espaces un peu événementialisés où je rassemblerais beaucoup de femmes autour de cette question-là. Et mon intuition, c'est que je n'avais pas envie de le porter via ma structure commerciale, parce que dans l'intention, il y avait quelque chose qui était un peu décalé pour moi. Et à ce moment-là de mes réflexions, je rencontre Alexandra Fougère, que j'ai rencontrée dans une autre association qui s'appelle la Convention des entreprises pour le climat, dans laquelle je suis très engagée, et Alexandra aussi. Et très vite, on s'aperçoit qu'on partage vraiment ces convictions-là et on décide ensemble de co-fonder Olympe se bouge, dont la mission ressemble pas mal à celle de l'OCAS. On veut déverrouiller le rapport des femmes à la parole, sauf qu'on le fait en créant des espaces, des événements, autour desquels on rassemble des dizaines et dizaines de femmes à qui on va à la fois pousser du contenu pédagogique et instructif pour comprendre comment on en est arrivé là, mais aussi et surtout... les mettre en mouvement à travers des ateliers, des masterclass concrètes.

  • Speaker #0

    On va revenir sur vos événements d'Olympe Sebouge. Est-ce qu'il y a eu un élément déclencheur particulier qui t'a permis de t'engager, justement pour cette prise de parole des femmes ? Tu dis bien que la parole des femmes est verrouillée parfois. Est-ce qu'il y a eu un événement un peu marquant qui t'a amené à cette prise de conscience ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une accumulation d'observations à la fois dans ma vie professionnelle, parce que globalement, j'observais beaucoup quand j'étais dirigeante chez BNP Paribas ou que j'étais directrice générale de mon agence de conseil. J'étais beaucoup avec des dirigeants et des dirigeantes. Et l'observation que je faisais, c'est que, mais même tu observes dans un comité de direction, alors je fais des généralités, évidemment qu'il y a plein d'exceptions à la règle, mais globalement quand même, ne serait-ce que où et comment les femmes s'assoient dans une pièce, à quel point elle s'autorise à s'exprimer et pour dire quoi et comment. En fait, ça nourrissait une petite colère chez moi de me dire « Mais pourquoi ? Pourquoi elle n'y va pas ? Pourquoi elle ne prend pas sa place ? » Et puis, ça s'est alimenté aussi d'observations dans ma vie personnelle. C'est-à-dire que j'ai quatre femmes dans ma vie. Alors à la fois, c'est des femmes que j'admire énormément, qui sont hyper courageuses, qui ont eu des histoires lourdes. Et à la fois, je leur en voulais de ne pas s'être libérées des... contexte familial dans lequel elle s'était retrouvée enfermée et je pense qu'il y a un déclic qui se fait petit à petit, j'ai moi-même une fille et un garçon et de me dire mais en fait il faut que ça s'arrête alors je ne suis pas positionnée sur les questions des violences faites aux femmes et c'est des sujets hyper graves et hyper importants, c'est vrai que je me positionne que sur la question de la voix des femmes et en fait je pense que c'est le point de départ je pense que tout commence par ma capacité à prendre pleinement ma place que ce soit dans ma vie ... de femmes, mères, sœurs, filles, etc. Et évidemment, dans la vie professionnelle.

  • Speaker #0

    Justement, pourquoi est-ce que tu penses que ce rapport peut être plus complexe à la parole pour les femmes ?

  • Speaker #1

    Alors, on pourrait y passer beaucoup de temps. Je vais essayer de faire une réponse un peu courte. Et en plus, je ne dirais pas que je suis une experte sur l'histoire de la condition des femmes en France et dans le monde. Ce que je raconte, c'est d'où je parle, moi. Mais globalement, quand même... On a plusieurs centaines d'années derrière nous d'histoires où, si tu regardes ne serait-ce que l'évolution du droit en France, depuis combien de temps on a le droit de vote, le droit d'obtenir un chéquier, de porter un pantalon, de divorcer, d'être considéré comme un parent légal vis-à-vis de nos enfants, etc. C'est quand même très très récent dans l'histoire de notre pays. Et puis, alors je vais... mentionner quelqu'un que j'aime beaucoup et qui était là à la première soirée Olympe se bouge, c'est Tiffany Day, que tu connais peut-être, qui est une autrice, comédienne, activiste, alors très radicale. Mais c'est intéressant parce qu'elle a deux spectacles dans lesquels elle re-questionne complètement les modèles qu'on a complètement intériorisés. Par exemple, elle a un spectacle où elle déconstruit les contes de notre enfance. Et moi, ça a été une claque. énorme quand elle a revisité le conte de Blanche-Neige, qui est quand même, en fait, on l'a oublié, mais une gamine de 13 ans, dans la représentation qu'on a représentée comme une femme, mais elle a 13 ans dans le conte, qui se retrouve abandonnée par ses parents, elle faillit se faire tuer par le chasseur, et là elle rencontre une autre femme dans le conte, et comme par hasard c'est une sorcière qui veut l'empoisonner avec une pomme, alors qu'en fait c'est la seule personne qui lui tend la main pour la nourrir, mais on veut nous faire croire qu'en fait elles vont se détester. parce qu'on crée cette dissidence entre les femmes. Elle arrive devant une chaumière, donc elle a failli mourir 15 fois, abandonnée par ses parents. Qu'est-ce qu'elle fait ? Le ménage, bien sûr, et en chantant. Et ensuite, elle est fatiguée, donc elle s'endort. Et quand elle se réveille, il y a les 12 petits nains là-haut, je ne sais plus combien ils sont en face d'elle. Pareil, dans les représentations, on les a faits tout petits pour faire passer la pilule, mais ce sont des hommes qui vont esclavager cette jeune fille de 13 ans qui va faire tout ça avec le sourire. Je prends cet exemple-là parce que, en fait, si tu regardes nos représentations de manière générale et depuis la nuit des temps, on a amené les femmes à penser, et les hommes aussi, qu'on n'avait pas notre place, que nous, c'était la sphère privée et pas la sphère publique, qu'on devait être sages, gentils et se taire. Et donc, moi, quand j'ai des femmes aujourd'hui qui me disent « Ah, mais moi, tu sais, j'ai pas du tout de problème à la parole » , j'ai toujours une petite voix qui me dit « On va creuser un petit peu, puis on va regarder » . Et en fait, dans la très grande majorité des cas... Ah oui, c'est vrai que cette fois-là, je me suis retrouvée dans cette situation. Parce qu'en fait, tout ça, ça a été rendu invisible. Et donc le premier travail à faire, c'est d'abord de ne pas s'auto-flageller. L'histoire nous a amené là. Bonne nouvelle, on peut détricoter ça. Et ça commence par se poser la question, en plus d'aller militer dans la rue le 8 mars et tous les autres jours de l'année pour protéger nos droits, d'une part, c'est aussi qu'est-ce qui est sous mon contrôle et comment est-ce que moi déjà en prenant conscience de mes verrous et en rendant visible cette parole qui est peut-être un tout petit peu ou beaucoup étriquée, petite, empêch��e, timide, est-ce que je vais pouvoir me déplier pour être... pleinement à ma place et peu importe ce que ça veut dire être à sa place. C'est quoi ma place à moi ? Où est-ce que j'ai envie d'être assise ? Est-ce que je suis bien assise ?

  • Speaker #0

    Alors, on va parler justement de cette place des femmes dans les médias parce qu'il y a aussi des enjeux de visibilité, de notoriété, de développement et d'empouvoirment aussi quand on prend sa place dans les médias. Selon l'Arcom, le nombre d'expertes recensés en plateau n'atteint que 43% et les femmes n'ont bénéficié que de 34% du total. temps de parole en 2023. Ce sont les chiffres 2023. Alors à ton avis, pourquoi est-ce qu'on voit encore peu de femmes expertes sur ces plateaux télé et radio ? Et je parle pas des journalistes parce que les journalistes sont plutôt à la parité. Mais toutes les expertes qu'on peut voir en plateau, qui peuvent répondre aux questions des journalistes, apporter du contenu informatif, donner une opinion, que ce soit des scientifiques, des femmes politiques, ces expertes-là, pourquoi est-ce qu'elles sont moins nombreuses ? …

  • Speaker #1

    Alors c'est le serpent qui se mord la queue en fait, parce que tu as à la fois la question des fameux rôles modèles et des représentations. Donc moins je vois de femmes, que ce soit dans les médias, en tant que prof et dans n'importe quelle sphère de nos vies, moins je vois des femmes et moins je me dis que moi en tant que femme, je pourrais demain occuper ces postes-là. Donc le serpent qui se mord la queue, ça c'est la première explication. La deuxième, c'est qu'il y a encore, même si ça a beaucoup progressé... des réflexes, là tu parles des médias, mais c'est vrai dans toutes les sphères, de « je pense expert, j'ai un homme visuellement dans mes représentations » , donc il y a un petit effort de se dire « je cherche un expert et ça pourrait être une experte » , donc de la part des gens qui vont aller sourcer ces femmes à mettre sur les plateaux, ça c'est la deuxième chose, mais ça globalement ça progresse, alors de manière contrainte ou forcée, mais tant mieux, peu importe par où ça passe, ça évolue. Et puis... un troisième facteur qui est combien des femmes sollicitées acceptent d'aller sur les plateaux. Moi, j'ai été très marquée par le dernier TEDxParis avant le confinement. Michel Lévy-Provençal, qui a importé le concept TEDx en France, monte sur scène et avant même de dire bonjour, il présente ses excuses à l'audience en expliquant qu'ils n'ont pas réussi à obtenir la parité dans leur speaker ce jour-là et que les statistiques qu'il donnait, c'était à peu près, c'est approximatif de mémoire, mais que dans... A peu près 80% des cas, quand ils appellent des femmes pour leur demander de venir sur la scène de TEDx, elles disent non, non, non, non, je ne suis pas du tout la personne qu'il vous faut. Par contre, j'ai quelqu'un de vachement bien et là, je te le donne en mille et mille, c'est un homme évidemment. Et ça, c'est quelque chose que j'ai entendu beaucoup. Et moi, j'ai rencontré une fille qui s'appelle Claire Poirzon qui, entre autres, cofondait un réseau qui s'appelle 2Gap, qui est un réseau de réseaux de femmes. Donc, elles agrègent plus de... 80 réseaux féminins. Donc, tu as les femmes d'HEC, les femmes de BNP Paribas, les femmes de la tech, etc. Donc, c'est vraiment plein, plein, plein, plein, plein de domaines, plus de 80 réseaux féminins. Et elles ont demandé à tous ces réseaux de leur envoyer des profils de femmes expertes. Donc, tu couvres tous les domaines d'expertise et elles sont allées voir les médias en disant vous ne les trouvez pas, nous on les a trouvés pour vous, vous n'avez plus qu'à. Certains médias comme M6 par exemple signent une charte pour s'engager à solliciter ces experts-là et encore une fois le retour d'M6 c'est qu'on les contacte mais dans une grande majorité des cas elles disent je ne suis pas la personne qu'il vous faut et donc ça revient à ce que je disais tout à l'heure c'est il y a un problème systémique et tout le monde doit y mettre du sien pour qu'on renverse un peu les représentations et les normes qu'on a installées et invisibilisées d'une part mais il y a aussi un gros travail à faire Pour chacune d'entre nous de se dire qu'est-ce qui est sous mon contrôle ? Je suis appelée par TEDx, je suis appelée par M6, je suis appelée par TF1 pour monter ce thème. J'ai peur, mais j'y vais quand même parce que je suis la bonne personne.

  • Speaker #0

    J'ai peur, mais j'y vais quand même parce que je suis la bonne personne. J'aime beaucoup cette phrase et je pense que les auditrices vont la retenir. Alors, il y a une citation qui figure sur ton site qui, moi, m'a beaucoup plu. Je vais la lire. La parole est l'acte fondateur de la citoyenneté. En parlant, vous existez aux yeux de la société. En 2024, il ne suffit plus d'être écouté, vous devez être celle qui définisse les termes du dialogue. Ne craignez pas la puissance de vos mots, car ce sont eux qui bâtiront l'avenir que nous avons tant espéré. Alors c'est un texte fictif que tu prêtes à Olympe de Gouges.

  • Speaker #1

    Je me suis demandé ce qu'Olympe de Gouges dirait aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Voilà, donc on peut lire ce texte. Alors là, c'était qu'un extrait. Moi, j'adore. Je partage complètement ce parti pris et je trouve qu'effectivement, tu résumes très bien la puissance des mots. Alors, en quoi la prise de parole est aujourd'hui un enjeu féministe ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est un enjeu féministe et je me permettrais d'élargir un peu. C'est un enjeu de société, c'est-à-dire que quand on regarde la gravité des défis auxquels on va être confrontés, et ce ne sont pas... que des enjeux liés au féminisme, c'est des enjeux climatiques, sociaux, sociétaux. On ne peut pas se permettre que 52% de la population, c'est-à-dire à peu près la population en France, depuis très longtemps, on oscille entre 51 et 52% de la population sont des femmes. C'est mathématique en fait. On ne pourra pas résoudre les grands défis auxquels on fait face si plus de la moitié de la population n'est pas mobilisée au service de ces enjeux. Le féminisme en est un. Mais il n'y a pas que celui-là et je ne sais pas si tu es familière avec la notion d'intersectionnalité, de dire que tu ne peux pas être profondément féministe si tu n'es pas profondément antiraciste et écolo. Parce que finalement tout ça s'attend vers le même enjeu qui est de dire comment on préserve notre humanité, comment on préserve les conditions d'habitabilité de notre planète parce qu'on en est là. Et puis même sans aller sur des grandes réflexions philosophiques comme ça, c'est de se dire mais comment la parole nous... permet chacun chacune je suis désolé je reviens sur ce que c'est tout à l'heure mais à être au bon endroit au bon moment de la bonne façon c'est à dire que et c'est là où je te disais tout à l'heure que je suis parfois étonné de voir comment sous-estiment l'importance de la parole alors moi je suis une littéraire j'ai toujours été une amoureuse des mots vraiment la langue pour moi c'est tellement important et c'est pour ça d'ailleurs j'ai adopté l'écriture inclusive la langue nous définit la langue nous positionne dans le monde on a besoin des mots pour pour dire pour ressentir, pour expérimenter le monde. Et donc, on a besoin que 100% de la population, les hommes et les femmes, sachent utiliser cet outil qui est la parole et que sont les mots, pour pouvoir, un, prendre leur place, et ce faisant, participer à un monde, j'allais dire souhaitable et durable, mais j'ai envie de te dire chouette, joyeux, enthousiasmant, juste, équilibré. Et c'est fou comme à la fois cet outil-là, il est partout tout le temps, et à la fois comme il est si difficile et anxiogène.

  • Speaker #0

    Il y a des femmes qui t'inspirent par leur manière de s'exprimer. On a beaucoup parlé de femmes qui ont un rapport difficile à la parole ou qui l'esquivent. Mais est-ce qu'il y a des femmes qui suscitent de l'admiration chez toi parce que tu les trouves à leur place ? Tu les trouves rayonnantes, charismatiques, avec une parole forte, libre, qui t'inspire véritablement ?

  • Speaker #1

    J'ai évidemment plein de visages qui me viennent en tête quand tu dis ça. J'ai un gros kiff sur Michelle Obama. J'avoue, un jour, ma pose à l'action, si tu devais dîner avec quelqu'un, tu dînerais avec qui ? Moi, j'adorerais dîner avec Michelle Obama. Elle représente le... Moi, j'adore l'énergie qu'elle renvoie. Elle me donne envie, elle pousse, elle mobilise. Et en même temps, ça a l'air facile, il y a de la joie. Ce n'est pas prétentieux. Donc, elle a plein d'ingrédients qui, moi, viennent vraiment résonner très, très fort dans le sens où on voit justement comment cette capacité... avec la singularité qui lui appartient, avec ses mots, avec son émotion, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, ce que ça peut renvoyer au monde et aux autres. Après, quand tu me posais la question des femmes qui m'inspirent, c'est plutôt des femmes de mon entourage, qui ne sont pas forcément parmi mes meilleures copines, que je ne connais pas forcément depuis hyper longtemps, mais je vais les citer pour qu'elles s'entendent, mais ça ne parlera pas aux autres. Je pense à Marguerite Laborde, elle est directrice de la marque Mustela, qui est une marque extrêmement engagée. et à la fois avec des enjeux commerciaux hyper lourds et comment on peut avoir à ce degré à la fois d'intelligence, d'humanité, dans un boulot qui est extrêmement complexe, avec des enjeux économiques et environnementaux extrêmement forts. Évidemment, je pense à Alexandra Fougère, avec qui j'ai cofondé l'association Olympe Sebouche, qui est une ancienne avocate juriste, aujourd'hui pleinement mobilisée à 100% de surtemps. son temps sur des projets citoyens, climatiques, de la voix des femmes. Et en fait, ça revient à la question des rôles modèles, c'est essentiel les rôles modèles. Mais en fait, chacune d'entre nous, on doit être un rôle modèle pour toutes les autres. Et je le pense vraiment. Et ce n'est pas que des filles qui envoient du lourd, qui prennent une place de dingue, qui savent hyper bien s'exprimer. Évidemment, on en a besoin parce que ça nous tire vers le haut. Mais j'ai rencontré des femmes timides et introverties qui parlent du bout des lèvres, qui sont des espèces de bombes atomiques.

  • Speaker #0

    Il faut faire peut-être la différence entre art oratoire, éloquence, ce qu'on peut imaginer, la prise de parole peut-être avec ces grands orateurs ou oratrices. Et puis parce que ça peut être un peu complexant aussi d'imaginer que la prise de parole ça doit être ça. Ça doit être des joutes verbales ou des figures de style ou des anaphores et toutes ces choses un peu grandiloquentes. Non, la prise de parole que tu décris toi, ça peut être aussi quelque chose de simple, de posé mais d'aligné quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et ça rejoint la question que tu me posais tout à l'heure. Et c'est une partie du volet de Que traite-t-on l'âme se bouge ? En fait, pourquoi tout ce qu'on se dit là, pourquoi c'est si important ? Et au service de quoi est-ce qu'on a envie et besoin de mettre notre parole ? Et c'est là où j'ai un peu tourné autour du pot pour répondre à ta question. Parce qu'en fait, je crois que fondamentalement, ma nouvelle mission de vie, c'est de faire en sorte qu'un maximum de femmes D'où qu'elles soient, quel que soit leur job, d'où qu'elles partent, quel que soit leur rapport à la parole, puissent à un moment trouver des clés petites, moyennes et grandes pour petit à petit se faire moins petite et déverrouiller ce rapport-là. Et j'aimerais revenir dans quelques années sur ton podcast et te dire mais regarde, regarde toutes ces femmes qui ont libéré cette voix à la parole, chacune à leur manière. Ça c'est, voilà, c'est...

  • Speaker #0

    En nous prenant rendez-vous. Dans combien de temps ?

  • Speaker #1

    Oulala, une fois un peu de temps. Mais je ne sais pas. Déjà, avec Olympe se bouge, tu vois, la prochaine soirée, on a 187 femmes déjà qui sont inscrites. Je me dis, bon, ben...

  • Speaker #0

    Alors, revenons sur ces soirées Olympe se bouge pour celles qui nous écoutent et qui ne connaîtraient pas ce concept. Tu en as un petit peu parlé tout à l'heure. Tu as parlé d'atelier, d'événementiel. Donc, on est vraiment sur du présentiel. Alors, ça se passe où, quand, quoi, comment ?

  • Speaker #1

    Qui peut participer ? Toutes les femmes. On l'a monté comme un parcours, mais les femmes peuvent prendre indépendamment leur place pour une, deux ou trois soirées. La première est déjà passée, c'était le 22 janvier. Et c'était le premier volet du parcours. L'objectif, c'était de poser le constat. Finalement, le sujet nous dépasse aujourd'hui. Je l'ai déjà dit, il est systémique. Mais quand même, comment chacune, on prend conscience qu'on a des choses à dire. Ça, c'était le premier volet. Le deuxième volet, c'est le 19 mars à la Maison de la Conversation, qui est un tiers lieu d'innovation sociale à la programmation. absolument incroyables. Donc pour les Parisiens et les Parisiennes, regardez la programmation, la plupart du temps elle est gratuite et vraiment des intervenants de très très haute qualité. Et le 19 mars, on rentre dans le deuxième volet, c'est-à-dire j'ai compris qu'on avait toutes quelque chose à dire, mais concrètement, comment je fais ? Et là, on a vraiment un énorme kiff avec Alexandra parce que Julie Gaillet a accepté de venir à cette soirée du 19 mars, notamment parce qu'elle sort un film biopic. que je vous encourage à regarder parce qu'il est extraordinaire sur l'impe de gouge. C'est d'ailleurs le premier film qui a été fait sur elle, ce qui est surprenant parce que c'est quand même une femme qui a très fortement marqué l'histoire de France.

  • Speaker #0

    Regardez, regardez le film, je l'ai vu, il est exceptionnel. Ça donne la chair de poule et on se dit effectivement, il a fallu attendre 2025 pour voir des images, un film dédié à cette grande figure de la Révolution française et du combat pour l'égalité des femmes. Une monde albanaise en plus qui vient du sud-ouest.

  • Speaker #2

    Voilà, tout s'explique.

  • Speaker #0

    Donc non, effectivement,

  • Speaker #2

    je recommande aussi beaucoup le Pouvoir de la Couture Engagée. Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner et à nous mettre un pouce bleu. Si j'avais plus de souhaits, vous le faites très bien. Mais en attendant, n'hésitez pas à vous abonner et à vous abonner. Et puis, cette vidéo est un peu à l'époque de l'importance du film. Attends que la parole des femmes. Donc, on aura joué le délire avec une belle personne. C'est parce qu'on va avoir plus envers les mères. Alors, on va faire un film. On va faire un film. Je suis sûre. Et puis, on va faire un film. Oui, c'est sûr. Donc, c'est un film. On va faire un film. On va faire un film. Et une femme de Métis,

  • Speaker #1

    qui a la particularité, parmi plein d'autres choses, d'organiser des records du monde de sauts en parachute. Et notamment, elle a fait avec des groupes de plus de 150 femmes. Et qui va nous expliquer qu'est-ce qui se passe quand on met 150 femmes ensemble pour sauter en parachute. Et où est le rapport avec la question de la voix des femmes et du rapport à la parole. Et ensuite, on se met en mouvement parce qu'il faut passer à l'action. Il faut sortir de sa zone de confort. Et donc, on va proposer aux femmes inscrites de choisir un parmi six masterclass qu'on va leur proposer sur l'art de la rhétorique, l'art de la répartie. Donc, des choses vraiment extrêmement variées pour continuer d'apprendre tout en passant à l'action. Et ensuite, elles auront le choix d'assister à un parmi six ateliers. Et donc là, on n'est plus là pour apprendre, on est là pour faire, faire, faire. Et donc, il va y avoir aussi bien du chant que du karaté, que du théâtre, que... Encore une fois, des choses hyper variées parce qu'aussi, ce qu'on veut montrer avec Alexandra, c'est que le rapport à la parole, il est fondamentalement charnel. Quand on s'exprime, notre corps parle. La question, c'est qu'est-ce qu'il dit et comment il le dit ? Et est-ce qu'avant même de pouvoir exprimer des mots, est-ce que la parole n'est pas aussi verrouillée dans le corps ? Et donc, on va créer ces espaces qui sont en plus hyper festifs parce qu'on met beaucoup, beaucoup, beaucoup de joie dans ces soirées. Pas là pour s'autoflageller et se dire que vraiment la situation des femmes est terrible, on est là pour se mettre en action. Donc un très grand choix d'atelier, de masterclass à expérimenter dans un contexte qui est, j'allais dire sécurisé, je ne sais pas si on a besoin de sécurité, mais en tout cas avec des femmes qui peuvent s'identifier aux autres personnes qui sont là, parce que ce sont aussi des femmes et qu'on vit quand même des expériences un peu partagées et communes.

  • Speaker #0

    Alors et si je n'ai pas assisté à la première soirée, je peux quand même aller aux autres ?

  • Speaker #1

    Alors la troisième, c'est le 4 juin. Elle aura lieu aussi à la Maison de la Conversation. Ça va être un peu différent comme soirée. On va un peu plus sortir de sa zone de confort. La troisième soirée, c'est j'ai compris que j'avais un truc à dire, je sais un peu mieux comment faire. Mais concrètement, pourquoi c'est important ? Donc ça rejoint ce que je disais tout à l'heure. Là, il y a un côté un peu plus, je dirais, engagé et militant sur cette troisième soirée. Parce qu'on a besoin que toutes les femmes puissent s'exprimer. Et donc là, on va se mettre en situation de tribune. Je n'en dis pas plus.

  • Speaker #0

    Le suspense est entier. Ça donne envie en tout cas d'assister à vos soirées. Je suis sûre que celles qui participent, elles repartent avec beaucoup d'énergie, beaucoup de confiance, super potentiel qui va germer.

  • Speaker #1

    C'est ce que je te disais un peu tout à l'heure avant qu'on démarre le podcast. Moi, j'ai été très touchée par les témoignages qu'on a eus après la première soirée. On a des femmes qui sont venues nous voir avec Alexandra à la fin de la soirée en disant qu'il y aurait un avant et un après pour elles sur ces soirées-là. Des femmes qui ont dit « je ne m'étais jamais posé la question de mon rapport à la parole, j'étais venue un peu par hasard et ça a été vraiment très bouleversant pour moi d'avoir ce questionnement-là » . Et des témoignages comme ça, on en a eu beaucoup et je me dis que c'est gagné en fait, parce que c'est le point de départ juste de rendre visible ce qui ne l'est pas.

  • Speaker #0

    C'est un vrai combat féministe aussi que tu mènes. Donc là, j'aimerais te poser des questions sur ton rapport justement à cet engagement féministe que tu as. Est-ce que tu rencontres des grands défis dans cet engagement ? Est-ce que parfois tu as des doutes ? Est-ce que parfois la colère est trop importante ? Vraiment, comment est-ce que tu le vis cet engagement ?

  • Speaker #1

    Je me considère absolument féministe. C'est une question qui vient toucher des choses importantes chez moi. C'est-à-dire que j'ai toujours été féministe toute ma vie, mais je ne le savais pas jusqu'à ces dix dernières années. Ce que je disais dans mon histoire, dans mon enfance, il y a plein de choses que je trouvais hyper injustes et je me suis beaucoup fâchée avec ma mère quand j'étais plus petite. Mes frères avaient peur de moi parce que comme ma mère n'avait pas beaucoup d'autorité, moi du coup j'étais hyper autoritaire avec eux, parce que je ne voyais pas pourquoi ils ne videraient pas le lave-vaisselle. Vraiment, j'ai eu un avant et un après le livre de Lorraine Bastide qui s'appelle Présente. Il m'a vraiment énormément éclairée sur le fait qu'on nous avait appris depuis toute petite à traverser l'espace public, nous les femmes, alors que les hommes l'occupent. En tout cas, c'est ce que je retiens de plus fort de ce livre de Lorraine Bastide que je recommande beaucoup. Et puis à partir de là, j'ai multiplié mes rencontres, mes lectures sur ce sujet-là. Et effectivement, la colère dont tu parles et que j'ai ressenti petite, elle a pris énormément de place ces cinq, six dernières années. Aujourd'hui, je travaille beaucoup dessus. D'abord parce que c'est fatigant d'être en colère tout le temps. Enfin, moi, je suis fatiguée. Et puis surtout, je me suis aperçue que c'était le meilleur moyen de ne pas créer un espace d'écoute et de conversation avec des gens qu'on a besoin de convaincre. En tout cas, c'est mon expérience. que ce soit avec ma famille, que ce soit avec mes amis. Avant, j'étais tout le temps en colère et à chaque fois qu'on revenait de dîner, mon mari me disait dans la voiture « t'exagères, t'as encore pourri l'ambiance » . Parce que c'est vrai que je montais très très vite dans les tours, etc. Aujourd'hui, et notamment j'observe beaucoup mon mari qui lui, alors je ne sais pas si je peux dire qu'il est féministe, en tout cas il vit avec une, donc il a appris à s'adapter, mais lui il est très très très écolo par contre. Et j'observe comment il fait quand il parle d'écologie avec nos amis, et je suis admirative. de sa manière de créer ces espaces de conversation et d'écoute. Et donc j'essaye de faire la même chose sur le sujet du féminisme. Et la réalité, encore une fois, je parle pour moi, je ne fais pas de généralité, mais c'est beaucoup plus efficace. Et c'est pour ça que, que ce soit Locas ou Olympe se bougent, on n'a pas de positionnement féministe. On n'est pas là pour critiquer, prendre la place d'eux. On n'est pas là pour continuer aussi d'alimenter. hanté un peu ces récits de pouvoir apprendre, etc. Moi, aujourd'hui, j'ai envie que mon féminisme s'exprime dans le lien, dans la capacité à créer des déclics, dans la joie. D'ailleurs, je suis en train de finir un manuscrit qui s'appelle « Vous n'aurez pas ma joie » . Parce que je pense que c'est un sujet de fond chez moi en ce moment, cette question d'aller trouver la joie dans le monde dans lequel on vit, et parce que j'ai cette conscience écologique et féministe. Et ce n'est pas toujours facile, mais je me suis rendu compte aussi que ces dernières années, je me entoure différemment de gens qui me font du bien, qui m'aident à réfléchir. Et voilà, donc...

  • Speaker #0

    C'est aussi aller trouver la joie, se reconnecter à cette émotion pour contrebalancer un petit peu le découragement qu'on peut ressentir face parfois à ces grands combats dont on a l'impression qu'on n'arrivera jamais au bout, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est vite décourageant quand même. C'est vite décourageant, puis quand on regarde ce qui se passe en ce moment, on se dit que c'est vraiment jamais gagné. J'ai croisé l'autre jour une historienne qui s'appelle Yannick Ripa, qui a beaucoup, entre autres, étudié l'histoire du féminisme en France et l'histoire des femmes en France. Et je lui posais la question, d'ailleurs je l'interview cette après-midi pour mon livre, je lui disais, mais est-ce que si je vous parle de... Parce que j'ai un chapitre qui s'appelle « Joie et voix de femmes » dans ce livre, que je co-écris avec une amie, Anne Ducrot. Et je lui disais où est la place de la joie pour vous dans le féminisme ? Et elle m'a répondu, sa première réaction c'était non, il n'y a pas beaucoup de joie en fait. Le féminisme est né d'une colère, d'un combat à mener. Et je lui dis ok, mais est-ce que quand même la joie a sa place ? Et elle a réfléchi, elle me dit mais en fait vous avez raison, la joie est un levier extraordinaire. Et elle a commencé à me raconter les réunions du MLF à l'époque et ce côté hyper festif, hyper joyeux. Et donc j'avais déjà un bout de la réponse, c'est-à-dire qu'on est sur des sujets importants voire graves. Et bien aujourd'hui, j'ai envie de laisser la joie prendre plus de place dans mon combat que la colère, parce que j'ai l'impression que c'est plus utile. Et puis peut-être aussi, c'est ce qui me permet de continuer.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu réagis quand tu entends des critiques du féminisme ? Ceux qui disent que le féminisme est allé trop loin, cette radicalité qui peut être parfois un petit peu pointée du doigt. Toi, comment est-ce que tu réagis face à ça ?

  • Speaker #1

    On a besoin de toutes les formes de lutte, la mienne, celle qui est peut-être plus orientée sur la sphère professionnelle, qui est peut-être plus driveée par la joie, mais on a aussi absolument besoin de luttes plus radicales. Et je pense par exemple à Tiffany, encore une fois, dont j'apprécie énormément le travail, qui parle à la féminine universelle. Mais on a besoin de ça en fait, parce qu'on a besoin de créer des moments de stupeur. et de faire réagir et réfléchir les gens à la situation dans laquelle on est et non c'est pas gagné et non il ya encore énormément de boulot donc et enfin et en fait simplement de manière hyper factuelle quand on regarde tous les grands combats de notre société auquel toi et moi on a la chance vu où on est né et à l'époque laquelle on est né on n'a pas tellement été confronté y compris le féminisme parce que c'est quand même un peu plus facile pour nous que ça l'était pour l'homme de gouge

  • Speaker #0

    il n'y a aucun de ces combats qui s'est fait en s'asseyant autour d'une table en disant bon les gars on va discuter quoi donc voilà je veux dire c'est aussi simple que ça merci on s'approche de la fin de cet épisode donc là il va de question de nous donner vraiment des ressources très pragmatique si tu pouvais donner un seul message à toutes les femmes qui doutent de leur légitimité à parler Ça serait quoi ?

  • Speaker #1

    On a toute une histoire à raconter. On a toute une histoire à raconter. Mais vraiment, profondément, j'en suis hyper convaincue. Regardons notre expérience, regardons notre passé, regardons notre histoire et posons-nous la question. Qu'est-ce qu'il y a dedans m'appartient ? Qu'est-ce qui est structurant ? Qu'est-ce qui est différent ? Qu'est-ce qui est unique ? Qu'est-ce qui est chouette ? Qu'est-ce qui a été difficile mais qui m'a construite ? Et de me dire que si je suis là où je suis aujourd'hui, c'est aussi à cause et grâce à cette histoire. Et comment cette histoire, je me la réécris et que je me sente bien avec. Ça ne veut pas dire qu'elle est toute belle. Il y a plein de ruptures dans une histoire, il y a plein de blessures dans une histoire. Et il y a aussi des belles rencontres et des moments pivots et des déclics. Tout ça, ça fait de moi qui je suis. Et prenons confiance et conscience dans le fait que cette histoire, elle mérite d'être racontée.

  • Speaker #0

    Super. Il y a peut-être aussi des auditeurs ou des auditrices qui nous écoutent, qui animent des réunions, qui sont leaders, managers, et qui ont ce privilège et ce choix de mettre en avant peut-être certains talents ou de faire circuler la parole. Quel conseil tu leur donnerais à eux pour encourager la parole des femmes et la parole de femmes qui peut-être sont plutôt réservées, discrètes ? Et voilà, quel conseil tu leur donnerais à eux pour inciter ces femmes-là à... à se libérer sur la parole ?

  • Speaker #1

    Alors le premier, et c'est une de nos intervenantes, là le 22 janvier, qui l'avait beaucoup partagé, Néga Raeri, elle dit « La qualité du récit dépend de la qualité de l'écoute. » Et elle dit « Le silence précède le récit. » Donc peut-être une des premières qualités, qu'on soit manager, coach, ou juste collègue, ami, c'est de créer les conditions de l'écoute. C'est-à-dire que ce dont on manque, les gens en général... les femmes en particulier, c'est cette capacité à être écoutée et entendue. Donc c'est peut-être ça le premier ingrédient. Est-ce que véritablement, je ne crée pas que moi, je reprends ton exemple en tant que manager, mais vis-à-vis des gens qui sont dans cette salle, est-ce que je crée les conditions de l'écoute ? Ça c'est peut-être le premier ingrédient. Et puis je repense à une anecdote d'une femme dirigeante que je connais bien d'une boîte du CAC 40. qui me racontait toute fière qu'elle avait bien davantage féminisé son comex et que la première réunion du comex, les deux femmes qu'elle a faites rentrer, donc c'était une immense salle, imagine une grande table ovale, les deux femmes se sont mises côte à côte, vraiment en bout de table serrée l'une contre l'autre, tout au bout de la table. Et pourquoi je te partage cette anecdote-là, c'est qu'elle est aussi symptomatique que, créé les conditions de la parole, il y a plein de choses qui vont jouer. Où les femmes sont assises, comment je distribue la parole. D'avoir peut-être cette vigilance de se dire comment l'espace est occupé, homme-femme, dans la salle, et peut-être d'anticiper qu'il y a un petit mot à glisser avant la réunion sur comment ça va se passer et les conditions dans lesquelles la réunion va se faire. Vous avez probablement entendu parler du phénomène du mansplaining, qui est ce phénomène par lequel, statistiquement, on observe que les femmes sont beaucoup plus interrompues que les hommes. Et bien si je suis ce manager et qui anime cette réunion, de m'assurer que j'empêche ce phénomène de mansplaining de se faire, c'est-à-dire qu'une femme qui est interrompue, je vais lui redonner la parole pour qu'elle puisse terminer son propos, que si j'observe qu'une femme ne s'exprime pas de manière subtile, de la questionner et de l'interroger sur comment elle a envie de réagir à ce propos-là. Moi j'ai une femme qui m'a dit l'autre jour, pareil, comex d'une grosse boîte, Elle me dit, mais moi, en fait, quand il y a eu un tour de table et que globalement, ce qui a été dit, c'est à peu près ce que je voulais dire, j'estime que je n'ai pas besoin d'en rajouter. Et elle a raison sur le fond. En pratique, c'est aussi comme ça qu'on fait sa place et qu'on est capable de montrer qui on est, notre intelligence, notre subtilité, nos émotions. Et donc, d'encourager cette parole quand elle n'est pas spontanée, c'est probablement un ingrédient important.

  • Speaker #0

    Une toute dernière question. Tu as su faire des choix professionnels audacieux. Tu as eu une super carrière dans des belles boîtes. Et aujourd'hui, tu es plutôt dans un parcours entrepreneurial. Est-ce que tu aurais un conseil carrière pour celle qui nous écoute ? Pour vivre sa carrière de manière épanouie, faire des choix audacieux et vivre ce qu'on a envie de vivre.

  • Speaker #1

    En tout cas, celui qui a marché pour moi, c'est qu'on a cette petite voix qui nous parle toute la journée dans notre vie, qui nous dit... Tu devrais faire ci, tu devrais faire ça. Moi, j'ai appris que ma petite voix, elle sait souvent mieux que moi. Et donc, quand elle commence à parler un peu fort, voire quand elle a appris le haut-parleur, maintenant...

  • Speaker #0

    Et les conditions de l'écoute.

  • Speaker #1

    Exactement. En fait, vraiment, moi, j'ai appris que ma petite voix, elle sait mieux que moi. Elle sait toujours mieux que moi. Donc quand elle commence à parler un peu fort, je l'écoute. Alors effectivement, j'ai quitté mon boulot de DG d'une agence de conseil pour partir faire je ne savais pas quoi d'ailleurs, parce que j'ai d'abord commencé par partir et ensuite j'ai monté l'OCAS. Alors j'ai une autre femme qui m'inspire beaucoup qui s'appelle Fatou Ndiaye, qui est une multi-entrepreneuse et qui a notamment créé la fresque de l'équité. Elle me dit toujours, la distance la plus courte entre toi et ton rêve, c'est une date. Et ça aussi, ça fait partie des conseils qui m'ont aidée. C'est-à-dire qu'à un moment donné, c'est comme le jour où j'ai décidé de partir à Compostelle, je suis allée acheter mes chaussures. Et une fois que j'avais acheté mes chaussures, je suis allée acheter mon sac. Puis une fois que j'avais acheté mon sac, j'ai regardé le trajet. Et puis j'ai acheté mon billet de train. Et voilà, c'est que parfois ce qui nous paraît vraiment très difficile, si on le décompose et qu'on fait le premier pas, et bien en fait ça passe parce que tout le reste c'est l'exécution du plan. Et a priori... On est des personnes intelligentes, pleines de bon sens. Et si notre petite voix nous a parlé, c'est qu'elle sait mieux que nous. Alors, il faut aller acheter les chaussures.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup, Héloïse, pour cet échange très stimulant et qui va nourrir, je l'espère, des réflexions qui feront la différence dans une vie.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup, Laurie. Et comment est-ce que moi, déjà, en prenant conscience de mes verrous et en rendant visible cette parole qui est peut-être un tout petit peu ou beaucoup étriquée, petite, empêchée, timide, est-ce que je vais pouvoir me déplier pour être pleinement à ma place ? Et peu importe ce que ça veut dire être à sa place. C'est quoi ma place à moi ? Où est-ce que j'ai envie d'être assise et est-ce que je suis bien assise ?

Chapters

  • Cercles de Voix

    00:52

  • Générique

    02:47

  • Intro de l'épisode

    04:23

  • Portrait chinois

    06:32

  • Femmes & voix

    23:41

  • Vivre son engagement féministe

    36:04

  • Conseil carrière

    46:54

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Description

Après 20 ans passés dans le milieu de l'entreprise, à travailler sur des enjeux de transformation et d'impact, Héloïse Lauret décide de s'engager pleinement auprès des femmes et se lance la mission de déverrouiller le rapport complexe des femmes à la parole. 


Aujourd'hui fondatrice de Lokaces et de l'association Olympe se Bouge aux côtés d'Alexandra Fougère, elle réinsuffle joie et ambition à toutes celles qui aspirent à mieux (se) dire et mieux (s’)écouter, lors d'événements festifs organisés à la Maison de la Conversation à Paris.


Un épisode complet qui vous donnera envie (je l'espère), d'utiliser la puissance de votre voix ! 

 

J'adresse un immense merci à l'Hôtel Echiquier Opéra Paris Mc Gallery, situé dans le 10e arrondissement à Paris qui nous a accueillies pour l'enregistrement de cet épisode. 🙏
 


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Bonne écoute !    


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Avant de commencer cet épisode, j'aimerais vous parler des cercles de voix. Les cercles de voix, c'est un programme d'entraînement pour toutes celles qui veulent gagner en aisance sur leur prise de parole en public ou devant les médias. Si à l'idée de prendre la parole, vous avez la voix qui tremble, le cœur qui s'emballe ou vous ne savez pas comment organiser vos idées, pire vous laissez passer des opportunités, ce programme est fait pour vous. J'ai conçu les cercles de voix comme un espace bienveillant, en petits groupes et en non mixité, pour vous permettre de découvrir le pouvoir de votre voix et de prendre enfin toute votre place. C'est une masterclass en ligne et en direct pour vous permettre en trois étapes de lever vos freins, d'acquérir une méthode pour préparer des éléments de langage qui soient clairs et percutants, et faire de votre corps un allié pour une communication non-verbale optimale. Rendez-vous sur mon site novascript.fr pour réserver votre place. Un tarif spécial vous attend jusqu'au 8 mars. Bonjour, je suis Laurie Théron et je vous accueille sur mon podcast Les Mariannes. Dans cette émission, que j'ai conçue pour vous aider à prendre toute votre place dans la vie publique de notre société, je reçois des femmes politiques et des activistes qui inventent le monde de demain. Médaphe,

  • Speaker #1

    vous êtes légitime, vous avez votre place, vous êtes compétente. Investissez-vous dans cette vie politique ?

  • Speaker #0

    Il faut du courage pour faire de la politique, que l'on soit homme ou femme, mais je crois qu'on ne pardonne à rien aux femmes.

  • Speaker #1

    On vient vous chercher parce que vous êtes une des pièces du puzzle qui va faire gagner. Un message qui, moi, m'a été transmis alors que j'étais jeune et que je n'avais pas forcément confiance en moi. On m'a dit, Sophie, il faut y croire,

  • Speaker #0

    toujours y croire. Quand vous doutez de vous, pensez-vous. Avec les Mariannes, je vous propose de partir à la rencontre de femmes qui s'engagent dans leur territoire ou à l'échelle nationale pour défendre leurs idées et construire différemment le monde de demain. Quant à moi, je suis une passionnée de politique et d'engagement et je rêve d'une société plus égalitaire. J'ai passé 7 ans dans la peau d'une collaboratrice parlementaire au Sénat et j'accompagne aujourd'hui les entreprises et les changemakers dans leur communication digitale et la conception de leur stratégie éditoriale. Pour soutenir ce podcast et permettre au maximum de personnes de bénéficier de son contenu, abonnez-vous, notez le 5 étoiles et partagez-le autour de vous. Je suis évidemment présente sur les réseaux sociaux, vous me retrouverez avec le compte ElmarianneFR. Enfin, pour être informé de la sortie d'un nouvel épisode, abonnez-vous à la newsletter que vous trouverez sur mon blog. Et puis vous pouvez aussi soutenir financièrement le podcast en laissant un don sur la plateforme Tipeee. Bienvenue dans l'univers des Mariannes. Merci. Bonjour Héloïse.

  • Speaker #1

    Bonjour Laurie.

  • Speaker #0

    Je suis ravie de te recevoir sur le podcast des Mariannes.

  • Speaker #1

    Je suis très honorée d'être là aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Alors on enregistre cet épisode à l'hôtel Echec et Opéra Paris, ma galerie. On remercie l'hôtel de nous prêter les lieux. Alors on va commencer cette interview Héloïse par le traditionnel portrait chinois des Mariannes. Vous le connaissez maintenant. Il s'agit de petites questions personnalisées pour qu'on fasse mieux connaissance ensemble. Alors si tu étais un instrument de musique, puisqu'on va parler de voix aujourd'hui, Le corps, c'est aussi un instrument de musique formidable. Quel serait ton instrument à toi ?

  • Speaker #1

    Alors ça, ce n'est pas mon univers. Je n'ai pas été élevée dans un milieu artistique, mais probablement que je te dirais ma voix, parce que notre voix est un instrument de musique avec des cordes avec lesquelles il faut savoir jouer. C'est un instrument complexe, et donc probablement que je serais une voix.

  • Speaker #0

    Alors si tu avais un super pouvoir ?

  • Speaker #1

    Si j'avais un super pouvoir, ce serait probablement... Celui de pouvoir matérialiser physiquement des liens invisibles entre les gens dans les métros, dans la rue, qui ne savent pas qu'ils ont des liens mais qu'en fait ils ont. J'adorerais pouvoir les matérialiser.

  • Speaker #0

    Avec des sortes d'auras ou des merges.

  • Speaker #1

    Voilà, comme des espèces de pelotes de laine qui se tisseraient entre les gens et de se rendre compte qu'en fait on a des liens qui sont invisibles.

  • Speaker #0

    C'est une très jolie image. Si tu avais une heure de plus chaque jour, que ferais-tu ?

  • Speaker #1

    Ouh là là ! Tellement de choses. Allez, je vais être raisonnable, je m'autoriserai à lire une heure par jour.

  • Speaker #0

    Quel genre de livre ?

  • Speaker #1

    Alors j'ai une règle dans ma bibliothèque qui est très très fournie, c'est que j'ai une étagère avec tous les livres que je n'ai pas encore lus, et je n'ai pas le droit d'en rajouter un tant que je n'en ai pas retiré un. Et là j'ai un peu dérogé à ma règle récemment, il y a beaucoup de lectures à la fois sur le féminisme, sur l'art oratoire, l'art de la parole, et puis quand même quelques romans qui se promènent.

  • Speaker #0

    Alors Héloïse, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots, nous présenter les grandes lignes de ton parcours professionnel et pourquoi est-ce que nous nous rencontrons aujourd'hui finalement ?

  • Speaker #1

    Alors mon parcours professionnel est un peu lié à des éléments de ma vie personnelle. Je suis une fille entre deux garçons, ça, ça a joué beaucoup dans mon parcours parce que assez tôt, j'ai trouvé qu'il y avait des choses un peu injustes. Je viens d'un milieu assez privilégié, mes parents n'attendaient pas la même chose de moi qu'ils attendaient de mes frères et donc ça c'est quelque chose qui a... qui a nourri une forme d'injustice chez moi. Et puis aussi j'ai grandi aux Etats-Unis. Quand j'étais petite, mon père a été expatrié. Et ça, je me suis rendue compte ces dix dernières années comme en fait ça avait été extrêmement structurant parce que le rapport à la parole, à l'autre, à l'autorité est très différent là-bas. Et en fait ça a forgé une espèce de fascination chez moi de la question de la communication, de la place de l'oralité, de comment les gens s'expriment les uns avec les autres, etc. Finalement... Après tout ça, je fais un parcours assez classique, DESS de commerce international. Et puis je me retrouve à prendre un premier boulot pour des raisons de problèmes de famille. Premier boulot qui tombe, j'arrive chez Neuf Télécom au moment où ils branchent les ordinateurs, où ils montent les tables des services après-vente. Donc là, ça donnera quelques indications sur mon âge, puisque c'était le tout début des services après-vente. Et puis là je découvre qu'en fait je sais faire un peu plus que ce que je pensais. J'ai la chance de tomber sur des gens qui me disent qu'en fait je suis capable de davantage. Je me retrouve à gérer ce contrat pour un prestataire chez Neuf Télécom, des grosses grosses équipes, on était 180. Je suis encore très jeune, je suis une fille, je suis en jean basket, je ne sors pas d'une grande école. Donc c'était des challenges intéressants. Fast forward, je passe 10 ans ensuite chez BNP Paribas, je deviens directrice de l'innovation et de la RSE pendant 7 ans, que je quitte. parce qu'à un moment donné, j'en ai eu un peu marre d'être le matricule 408-491. Je suis rentrée dans une petite agence de conseil, 7 ans génialissimes de kiff total, de projet un peu fou, dans une équipe qui était un peu comme une famille. Et puis, il y a deux ans, j'ai eu 45 ans. Et dans ma tête, c'était la moitié. Je me suis dit, la première, elle était vraiment géniale. Il s'est passé plein de choses, j'ai appris beaucoup. J'ai saisi beaucoup d'opportunités. Mais finalement, qu'est-ce que je vais faire de la deuxième moitié ? Et c'est là où... Je change un peu de parcours professionnel et je quitte mon petit confort, mes habitudes et les compétences que j'avais acquises toutes ces années-là. Je décide de les mettre au profit d'autres choses. Donc aujourd'hui, j'imagine qu'on en reparlera, je suis à la fois engagée sur les questions de climat, mais aussi surtout beaucoup sur la question de la voix des femmes, un peu comme toi.

  • Speaker #0

    La voix des femmes. Alors quel est ton propre rapport à la voix, à la prise de parole ? Tu as mentionné que tu avais grandi au milieu de deux frères et que tu n'avais peut-être pas reçu la même éducation. que ces garçons-là. Est-ce que toi, tu as eu des difficultés à utiliser ta voix ? En tout cas, quel est ton rapport à la prise de parole ?

  • Speaker #1

    C'est là où je pense que le fait d'avoir grandi aux Etats-Unis a énormément joué, parce que déjà, la structure de la langue anglaise est très différente de la structure de la langue française. Elle est plus directe, plus informelle, elle est moins littéraire, enfin, moins intello, peut-être, que la langue française. Il n'y a pas le vouvoiement, il y a moins la question du genre, dans la langue américaine. Ça, c'est la première chose, donc dans la structuration de la langue. Et puis, Quand on est enfant aux Etats-Unis, en tout cas c'est l'expérience que j'ai vécue, les Américains, ils ont un peu la politique de l'enfant roi. C'est-à-dire qu'un enfant qui s'exprime, on se met à son niveau, même physiquement, on se baisse et on l'écoute. Et il est amazing. Alors ça nous énerve ce côté à l'américaine. Un enfant qui dépasse de son dessin, on va lui dire que c'est la septième merveille du monde. Bah n'empêche, ça donne une permission à la parole qui est très différente. Et donc, mes frères et moi, pour le coup... tous les trois, on a, et c'est le constat qu'on fait aujourd'hui, un rapport très très détendu voire de plaisir dans la question du rapport à la parole, on donne tous les trois des conférences, on s'exprime beaucoup parents n'étaient pas du tout comme ça Je ne crois pas que ce soit un atavisme familial, je pense que c'est vraiment lié à ce rapport qu'on a eu très jeune.

  • Speaker #0

    Cette culture américaine.

  • Speaker #1

    Et cette culture américaine. Et c'est vrai que moi j'ai rarement eu des freins dans le fait de m'exprimer, ce qui m'a permis d'ailleurs de trouver différemment ma place dans les différentes organisations dans lesquelles je me suis retrouvée. Et peut-être ce que j'ai envie de rajouter là, c'est que j'ai un rapport à la parole qui est assez émotionnel. J'ai du mal à m'exprimer sans que s'expriment mes émotions. Et c'est une façon de s'exprimer qui n'a pas toujours sa place dans l'organisation. Et pour une raison à laquelle je n'ai pas réfléchi, ça m'a plutôt vachement servi dans ma vie professionnelle, notamment chez BNP Paribas, dont ce n'est pas tout à fait les usages. Après, ça m'a amenée à des postes un peu à côté. J'étais directrice de l'innovation et de la RSE. Ce n'est peut-être pas non plus complètement anodin.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Alors, tu as créé l'association Olympe se bouge. et une société qui s'appelle Locas. Est-ce que tu peux nous en dire quelques mots ?

  • Speaker #1

    Alors ça a commencé par Locas quand j'ai eu mes fameux 45 ans et que je me suis dit qu'est-ce que tu vas faire du reste de ta vie professionnelle. Je me suis dit en fait j'ai deux choses sur la table qui ont pris beaucoup de place dans ma tête, dans mon cœur, dans mes lectures, dans mes rencontres. C'est la question de la voix des femmes d'une part et j'étais d'ailleurs déjà assez engagée dans quelques associations. Et d'autre part, cette espèce de fascination que j'ai du rapport à la parole, parce qu'en fait, c'est tellement essentiel, notre façon de nous exprimer, et j'ai toujours été assez surprise de voir à quel point les gens faisaient peu cas de leur rapport à la parole, hommes et femmes, pour le coup, ça c'est pas genré, mais peut-être encore plus les femmes, parce que pour tout un tas de raisons systémiques qui nous dépassent et des raisons historiques, on se fait quand même plus petite et plus discrète. Et donc avec ces deux sujets-là que j'avais sur la table, je me suis dit, je vais essayer d'en faire quelque chose. Et d'abord commencer par créer Locas, qui est une structure commerciale qui accompagne en individuel et en collectif des femmes dans leur vie professionnelle. Et mon objectif, c'est de déverrouiller le rapport à la parole. Et quand je dis parole, je ne parle pas que de la parole en public, qui est souvent le raccourci que l'on fait. Et c'est dommage parce qu'en fait, tous les jours, en permanence, toute l'année, toute notre vie, on est dans des rapports de parole avec nos différents interlocuteurs. Et chaque opportunité de parole est une opportunité de quelque chose. Et donc j'accompagne les femmes là-dessus sur comment je structure ma parole. Je suis, je ne sais pas pour toi, je suis DRA, je suis chef de projet digital, je suis femme dans un collectif, comité de direction par exemple, avec beaucoup des hommes. Comment est-ce que je me positionne, comment je me place, comment je me comporte, comment je m'exprime pour pouvoir trouver pleinement ma place ? Et en montant en locas, j'avais l'intuition qu'il manquait quelque chose qui est peut-être plus lié à une zone de kiff que je peux avoir à titre personnel, qui est des espaces un peu événementialisés où je rassemblerais beaucoup de femmes autour de cette question-là. Et mon intuition, c'est que je n'avais pas envie de le porter via ma structure commerciale, parce que dans l'intention, il y avait quelque chose qui était un peu décalé pour moi. Et à ce moment-là de mes réflexions, je rencontre Alexandra Fougère, que j'ai rencontrée dans une autre association qui s'appelle la Convention des entreprises pour le climat, dans laquelle je suis très engagée, et Alexandra aussi. Et très vite, on s'aperçoit qu'on partage vraiment ces convictions-là et on décide ensemble de co-fonder Olympe se bouge, dont la mission ressemble pas mal à celle de l'OCAS. On veut déverrouiller le rapport des femmes à la parole, sauf qu'on le fait en créant des espaces, des événements, autour desquels on rassemble des dizaines et dizaines de femmes à qui on va à la fois pousser du contenu pédagogique et instructif pour comprendre comment on en est arrivé là, mais aussi et surtout... les mettre en mouvement à travers des ateliers, des masterclass concrètes.

  • Speaker #0

    On va revenir sur vos événements d'Olympe Sebouge. Est-ce qu'il y a eu un élément déclencheur particulier qui t'a permis de t'engager, justement pour cette prise de parole des femmes ? Tu dis bien que la parole des femmes est verrouillée parfois. Est-ce qu'il y a eu un événement un peu marquant qui t'a amené à cette prise de conscience ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une accumulation d'observations à la fois dans ma vie professionnelle, parce que globalement, j'observais beaucoup quand j'étais dirigeante chez BNP Paribas ou que j'étais directrice générale de mon agence de conseil. J'étais beaucoup avec des dirigeants et des dirigeantes. Et l'observation que je faisais, c'est que, mais même tu observes dans un comité de direction, alors je fais des généralités, évidemment qu'il y a plein d'exceptions à la règle, mais globalement quand même, ne serait-ce que où et comment les femmes s'assoient dans une pièce, à quel point elle s'autorise à s'exprimer et pour dire quoi et comment. En fait, ça nourrissait une petite colère chez moi de me dire « Mais pourquoi ? Pourquoi elle n'y va pas ? Pourquoi elle ne prend pas sa place ? » Et puis, ça s'est alimenté aussi d'observations dans ma vie personnelle. C'est-à-dire que j'ai quatre femmes dans ma vie. Alors à la fois, c'est des femmes que j'admire énormément, qui sont hyper courageuses, qui ont eu des histoires lourdes. Et à la fois, je leur en voulais de ne pas s'être libérées des... contexte familial dans lequel elle s'était retrouvée enfermée et je pense qu'il y a un déclic qui se fait petit à petit, j'ai moi-même une fille et un garçon et de me dire mais en fait il faut que ça s'arrête alors je ne suis pas positionnée sur les questions des violences faites aux femmes et c'est des sujets hyper graves et hyper importants, c'est vrai que je me positionne que sur la question de la voix des femmes et en fait je pense que c'est le point de départ je pense que tout commence par ma capacité à prendre pleinement ma place que ce soit dans ma vie ... de femmes, mères, sœurs, filles, etc. Et évidemment, dans la vie professionnelle.

  • Speaker #0

    Justement, pourquoi est-ce que tu penses que ce rapport peut être plus complexe à la parole pour les femmes ?

  • Speaker #1

    Alors, on pourrait y passer beaucoup de temps. Je vais essayer de faire une réponse un peu courte. Et en plus, je ne dirais pas que je suis une experte sur l'histoire de la condition des femmes en France et dans le monde. Ce que je raconte, c'est d'où je parle, moi. Mais globalement, quand même... On a plusieurs centaines d'années derrière nous d'histoires où, si tu regardes ne serait-ce que l'évolution du droit en France, depuis combien de temps on a le droit de vote, le droit d'obtenir un chéquier, de porter un pantalon, de divorcer, d'être considéré comme un parent légal vis-à-vis de nos enfants, etc. C'est quand même très très récent dans l'histoire de notre pays. Et puis, alors je vais... mentionner quelqu'un que j'aime beaucoup et qui était là à la première soirée Olympe se bouge, c'est Tiffany Day, que tu connais peut-être, qui est une autrice, comédienne, activiste, alors très radicale. Mais c'est intéressant parce qu'elle a deux spectacles dans lesquels elle re-questionne complètement les modèles qu'on a complètement intériorisés. Par exemple, elle a un spectacle où elle déconstruit les contes de notre enfance. Et moi, ça a été une claque. énorme quand elle a revisité le conte de Blanche-Neige, qui est quand même, en fait, on l'a oublié, mais une gamine de 13 ans, dans la représentation qu'on a représentée comme une femme, mais elle a 13 ans dans le conte, qui se retrouve abandonnée par ses parents, elle faillit se faire tuer par le chasseur, et là elle rencontre une autre femme dans le conte, et comme par hasard c'est une sorcière qui veut l'empoisonner avec une pomme, alors qu'en fait c'est la seule personne qui lui tend la main pour la nourrir, mais on veut nous faire croire qu'en fait elles vont se détester. parce qu'on crée cette dissidence entre les femmes. Elle arrive devant une chaumière, donc elle a failli mourir 15 fois, abandonnée par ses parents. Qu'est-ce qu'elle fait ? Le ménage, bien sûr, et en chantant. Et ensuite, elle est fatiguée, donc elle s'endort. Et quand elle se réveille, il y a les 12 petits nains là-haut, je ne sais plus combien ils sont en face d'elle. Pareil, dans les représentations, on les a faits tout petits pour faire passer la pilule, mais ce sont des hommes qui vont esclavager cette jeune fille de 13 ans qui va faire tout ça avec le sourire. Je prends cet exemple-là parce que, en fait, si tu regardes nos représentations de manière générale et depuis la nuit des temps, on a amené les femmes à penser, et les hommes aussi, qu'on n'avait pas notre place, que nous, c'était la sphère privée et pas la sphère publique, qu'on devait être sages, gentils et se taire. Et donc, moi, quand j'ai des femmes aujourd'hui qui me disent « Ah, mais moi, tu sais, j'ai pas du tout de problème à la parole » , j'ai toujours une petite voix qui me dit « On va creuser un petit peu, puis on va regarder » . Et en fait, dans la très grande majorité des cas... Ah oui, c'est vrai que cette fois-là, je me suis retrouvée dans cette situation. Parce qu'en fait, tout ça, ça a été rendu invisible. Et donc le premier travail à faire, c'est d'abord de ne pas s'auto-flageller. L'histoire nous a amené là. Bonne nouvelle, on peut détricoter ça. Et ça commence par se poser la question, en plus d'aller militer dans la rue le 8 mars et tous les autres jours de l'année pour protéger nos droits, d'une part, c'est aussi qu'est-ce qui est sous mon contrôle et comment est-ce que moi déjà en prenant conscience de mes verrous et en rendant visible cette parole qui est peut-être un tout petit peu ou beaucoup étriquée, petite, empêch��e, timide, est-ce que je vais pouvoir me déplier pour être... pleinement à ma place et peu importe ce que ça veut dire être à sa place. C'est quoi ma place à moi ? Où est-ce que j'ai envie d'être assise ? Est-ce que je suis bien assise ?

  • Speaker #0

    Alors, on va parler justement de cette place des femmes dans les médias parce qu'il y a aussi des enjeux de visibilité, de notoriété, de développement et d'empouvoirment aussi quand on prend sa place dans les médias. Selon l'Arcom, le nombre d'expertes recensés en plateau n'atteint que 43% et les femmes n'ont bénéficié que de 34% du total. temps de parole en 2023. Ce sont les chiffres 2023. Alors à ton avis, pourquoi est-ce qu'on voit encore peu de femmes expertes sur ces plateaux télé et radio ? Et je parle pas des journalistes parce que les journalistes sont plutôt à la parité. Mais toutes les expertes qu'on peut voir en plateau, qui peuvent répondre aux questions des journalistes, apporter du contenu informatif, donner une opinion, que ce soit des scientifiques, des femmes politiques, ces expertes-là, pourquoi est-ce qu'elles sont moins nombreuses ? …

  • Speaker #1

    Alors c'est le serpent qui se mord la queue en fait, parce que tu as à la fois la question des fameux rôles modèles et des représentations. Donc moins je vois de femmes, que ce soit dans les médias, en tant que prof et dans n'importe quelle sphère de nos vies, moins je vois des femmes et moins je me dis que moi en tant que femme, je pourrais demain occuper ces postes-là. Donc le serpent qui se mord la queue, ça c'est la première explication. La deuxième, c'est qu'il y a encore, même si ça a beaucoup progressé... des réflexes, là tu parles des médias, mais c'est vrai dans toutes les sphères, de « je pense expert, j'ai un homme visuellement dans mes représentations » , donc il y a un petit effort de se dire « je cherche un expert et ça pourrait être une experte » , donc de la part des gens qui vont aller sourcer ces femmes à mettre sur les plateaux, ça c'est la deuxième chose, mais ça globalement ça progresse, alors de manière contrainte ou forcée, mais tant mieux, peu importe par où ça passe, ça évolue. Et puis... un troisième facteur qui est combien des femmes sollicitées acceptent d'aller sur les plateaux. Moi, j'ai été très marquée par le dernier TEDxParis avant le confinement. Michel Lévy-Provençal, qui a importé le concept TEDx en France, monte sur scène et avant même de dire bonjour, il présente ses excuses à l'audience en expliquant qu'ils n'ont pas réussi à obtenir la parité dans leur speaker ce jour-là et que les statistiques qu'il donnait, c'était à peu près, c'est approximatif de mémoire, mais que dans... A peu près 80% des cas, quand ils appellent des femmes pour leur demander de venir sur la scène de TEDx, elles disent non, non, non, non, je ne suis pas du tout la personne qu'il vous faut. Par contre, j'ai quelqu'un de vachement bien et là, je te le donne en mille et mille, c'est un homme évidemment. Et ça, c'est quelque chose que j'ai entendu beaucoup. Et moi, j'ai rencontré une fille qui s'appelle Claire Poirzon qui, entre autres, cofondait un réseau qui s'appelle 2Gap, qui est un réseau de réseaux de femmes. Donc, elles agrègent plus de... 80 réseaux féminins. Donc, tu as les femmes d'HEC, les femmes de BNP Paribas, les femmes de la tech, etc. Donc, c'est vraiment plein, plein, plein, plein, plein de domaines, plus de 80 réseaux féminins. Et elles ont demandé à tous ces réseaux de leur envoyer des profils de femmes expertes. Donc, tu couvres tous les domaines d'expertise et elles sont allées voir les médias en disant vous ne les trouvez pas, nous on les a trouvés pour vous, vous n'avez plus qu'à. Certains médias comme M6 par exemple signent une charte pour s'engager à solliciter ces experts-là et encore une fois le retour d'M6 c'est qu'on les contacte mais dans une grande majorité des cas elles disent je ne suis pas la personne qu'il vous faut et donc ça revient à ce que je disais tout à l'heure c'est il y a un problème systémique et tout le monde doit y mettre du sien pour qu'on renverse un peu les représentations et les normes qu'on a installées et invisibilisées d'une part mais il y a aussi un gros travail à faire Pour chacune d'entre nous de se dire qu'est-ce qui est sous mon contrôle ? Je suis appelée par TEDx, je suis appelée par M6, je suis appelée par TF1 pour monter ce thème. J'ai peur, mais j'y vais quand même parce que je suis la bonne personne.

  • Speaker #0

    J'ai peur, mais j'y vais quand même parce que je suis la bonne personne. J'aime beaucoup cette phrase et je pense que les auditrices vont la retenir. Alors, il y a une citation qui figure sur ton site qui, moi, m'a beaucoup plu. Je vais la lire. La parole est l'acte fondateur de la citoyenneté. En parlant, vous existez aux yeux de la société. En 2024, il ne suffit plus d'être écouté, vous devez être celle qui définisse les termes du dialogue. Ne craignez pas la puissance de vos mots, car ce sont eux qui bâtiront l'avenir que nous avons tant espéré. Alors c'est un texte fictif que tu prêtes à Olympe de Gouges.

  • Speaker #1

    Je me suis demandé ce qu'Olympe de Gouges dirait aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Voilà, donc on peut lire ce texte. Alors là, c'était qu'un extrait. Moi, j'adore. Je partage complètement ce parti pris et je trouve qu'effectivement, tu résumes très bien la puissance des mots. Alors, en quoi la prise de parole est aujourd'hui un enjeu féministe ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est un enjeu féministe et je me permettrais d'élargir un peu. C'est un enjeu de société, c'est-à-dire que quand on regarde la gravité des défis auxquels on va être confrontés, et ce ne sont pas... que des enjeux liés au féminisme, c'est des enjeux climatiques, sociaux, sociétaux. On ne peut pas se permettre que 52% de la population, c'est-à-dire à peu près la population en France, depuis très longtemps, on oscille entre 51 et 52% de la population sont des femmes. C'est mathématique en fait. On ne pourra pas résoudre les grands défis auxquels on fait face si plus de la moitié de la population n'est pas mobilisée au service de ces enjeux. Le féminisme en est un. Mais il n'y a pas que celui-là et je ne sais pas si tu es familière avec la notion d'intersectionnalité, de dire que tu ne peux pas être profondément féministe si tu n'es pas profondément antiraciste et écolo. Parce que finalement tout ça s'attend vers le même enjeu qui est de dire comment on préserve notre humanité, comment on préserve les conditions d'habitabilité de notre planète parce qu'on en est là. Et puis même sans aller sur des grandes réflexions philosophiques comme ça, c'est de se dire mais comment la parole nous... permet chacun chacune je suis désolé je reviens sur ce que c'est tout à l'heure mais à être au bon endroit au bon moment de la bonne façon c'est à dire que et c'est là où je te disais tout à l'heure que je suis parfois étonné de voir comment sous-estiment l'importance de la parole alors moi je suis une littéraire j'ai toujours été une amoureuse des mots vraiment la langue pour moi c'est tellement important et c'est pour ça d'ailleurs j'ai adopté l'écriture inclusive la langue nous définit la langue nous positionne dans le monde on a besoin des mots pour pour dire pour ressentir, pour expérimenter le monde. Et donc, on a besoin que 100% de la population, les hommes et les femmes, sachent utiliser cet outil qui est la parole et que sont les mots, pour pouvoir, un, prendre leur place, et ce faisant, participer à un monde, j'allais dire souhaitable et durable, mais j'ai envie de te dire chouette, joyeux, enthousiasmant, juste, équilibré. Et c'est fou comme à la fois cet outil-là, il est partout tout le temps, et à la fois comme il est si difficile et anxiogène.

  • Speaker #0

    Il y a des femmes qui t'inspirent par leur manière de s'exprimer. On a beaucoup parlé de femmes qui ont un rapport difficile à la parole ou qui l'esquivent. Mais est-ce qu'il y a des femmes qui suscitent de l'admiration chez toi parce que tu les trouves à leur place ? Tu les trouves rayonnantes, charismatiques, avec une parole forte, libre, qui t'inspire véritablement ?

  • Speaker #1

    J'ai évidemment plein de visages qui me viennent en tête quand tu dis ça. J'ai un gros kiff sur Michelle Obama. J'avoue, un jour, ma pose à l'action, si tu devais dîner avec quelqu'un, tu dînerais avec qui ? Moi, j'adorerais dîner avec Michelle Obama. Elle représente le... Moi, j'adore l'énergie qu'elle renvoie. Elle me donne envie, elle pousse, elle mobilise. Et en même temps, ça a l'air facile, il y a de la joie. Ce n'est pas prétentieux. Donc, elle a plein d'ingrédients qui, moi, viennent vraiment résonner très, très fort dans le sens où on voit justement comment cette capacité... avec la singularité qui lui appartient, avec ses mots, avec son émotion, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, ce que ça peut renvoyer au monde et aux autres. Après, quand tu me posais la question des femmes qui m'inspirent, c'est plutôt des femmes de mon entourage, qui ne sont pas forcément parmi mes meilleures copines, que je ne connais pas forcément depuis hyper longtemps, mais je vais les citer pour qu'elles s'entendent, mais ça ne parlera pas aux autres. Je pense à Marguerite Laborde, elle est directrice de la marque Mustela, qui est une marque extrêmement engagée. et à la fois avec des enjeux commerciaux hyper lourds et comment on peut avoir à ce degré à la fois d'intelligence, d'humanité, dans un boulot qui est extrêmement complexe, avec des enjeux économiques et environnementaux extrêmement forts. Évidemment, je pense à Alexandra Fougère, avec qui j'ai cofondé l'association Olympe Sebouche, qui est une ancienne avocate juriste, aujourd'hui pleinement mobilisée à 100% de surtemps. son temps sur des projets citoyens, climatiques, de la voix des femmes. Et en fait, ça revient à la question des rôles modèles, c'est essentiel les rôles modèles. Mais en fait, chacune d'entre nous, on doit être un rôle modèle pour toutes les autres. Et je le pense vraiment. Et ce n'est pas que des filles qui envoient du lourd, qui prennent une place de dingue, qui savent hyper bien s'exprimer. Évidemment, on en a besoin parce que ça nous tire vers le haut. Mais j'ai rencontré des femmes timides et introverties qui parlent du bout des lèvres, qui sont des espèces de bombes atomiques.

  • Speaker #0

    Il faut faire peut-être la différence entre art oratoire, éloquence, ce qu'on peut imaginer, la prise de parole peut-être avec ces grands orateurs ou oratrices. Et puis parce que ça peut être un peu complexant aussi d'imaginer que la prise de parole ça doit être ça. Ça doit être des joutes verbales ou des figures de style ou des anaphores et toutes ces choses un peu grandiloquentes. Non, la prise de parole que tu décris toi, ça peut être aussi quelque chose de simple, de posé mais d'aligné quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et ça rejoint la question que tu me posais tout à l'heure. Et c'est une partie du volet de Que traite-t-on l'âme se bouge ? En fait, pourquoi tout ce qu'on se dit là, pourquoi c'est si important ? Et au service de quoi est-ce qu'on a envie et besoin de mettre notre parole ? Et c'est là où j'ai un peu tourné autour du pot pour répondre à ta question. Parce qu'en fait, je crois que fondamentalement, ma nouvelle mission de vie, c'est de faire en sorte qu'un maximum de femmes D'où qu'elles soient, quel que soit leur job, d'où qu'elles partent, quel que soit leur rapport à la parole, puissent à un moment trouver des clés petites, moyennes et grandes pour petit à petit se faire moins petite et déverrouiller ce rapport-là. Et j'aimerais revenir dans quelques années sur ton podcast et te dire mais regarde, regarde toutes ces femmes qui ont libéré cette voix à la parole, chacune à leur manière. Ça c'est, voilà, c'est...

  • Speaker #0

    En nous prenant rendez-vous. Dans combien de temps ?

  • Speaker #1

    Oulala, une fois un peu de temps. Mais je ne sais pas. Déjà, avec Olympe se bouge, tu vois, la prochaine soirée, on a 187 femmes déjà qui sont inscrites. Je me dis, bon, ben...

  • Speaker #0

    Alors, revenons sur ces soirées Olympe se bouge pour celles qui nous écoutent et qui ne connaîtraient pas ce concept. Tu en as un petit peu parlé tout à l'heure. Tu as parlé d'atelier, d'événementiel. Donc, on est vraiment sur du présentiel. Alors, ça se passe où, quand, quoi, comment ?

  • Speaker #1

    Qui peut participer ? Toutes les femmes. On l'a monté comme un parcours, mais les femmes peuvent prendre indépendamment leur place pour une, deux ou trois soirées. La première est déjà passée, c'était le 22 janvier. Et c'était le premier volet du parcours. L'objectif, c'était de poser le constat. Finalement, le sujet nous dépasse aujourd'hui. Je l'ai déjà dit, il est systémique. Mais quand même, comment chacune, on prend conscience qu'on a des choses à dire. Ça, c'était le premier volet. Le deuxième volet, c'est le 19 mars à la Maison de la Conversation, qui est un tiers lieu d'innovation sociale à la programmation. absolument incroyables. Donc pour les Parisiens et les Parisiennes, regardez la programmation, la plupart du temps elle est gratuite et vraiment des intervenants de très très haute qualité. Et le 19 mars, on rentre dans le deuxième volet, c'est-à-dire j'ai compris qu'on avait toutes quelque chose à dire, mais concrètement, comment je fais ? Et là, on a vraiment un énorme kiff avec Alexandra parce que Julie Gaillet a accepté de venir à cette soirée du 19 mars, notamment parce qu'elle sort un film biopic. que je vous encourage à regarder parce qu'il est extraordinaire sur l'impe de gouge. C'est d'ailleurs le premier film qui a été fait sur elle, ce qui est surprenant parce que c'est quand même une femme qui a très fortement marqué l'histoire de France.

  • Speaker #0

    Regardez, regardez le film, je l'ai vu, il est exceptionnel. Ça donne la chair de poule et on se dit effectivement, il a fallu attendre 2025 pour voir des images, un film dédié à cette grande figure de la Révolution française et du combat pour l'égalité des femmes. Une monde albanaise en plus qui vient du sud-ouest.

  • Speaker #2

    Voilà, tout s'explique.

  • Speaker #0

    Donc non, effectivement,

  • Speaker #2

    je recommande aussi beaucoup le Pouvoir de la Couture Engagée. Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner et à nous mettre un pouce bleu. Si j'avais plus de souhaits, vous le faites très bien. Mais en attendant, n'hésitez pas à vous abonner et à vous abonner. Et puis, cette vidéo est un peu à l'époque de l'importance du film. Attends que la parole des femmes. Donc, on aura joué le délire avec une belle personne. C'est parce qu'on va avoir plus envers les mères. Alors, on va faire un film. On va faire un film. Je suis sûre. Et puis, on va faire un film. Oui, c'est sûr. Donc, c'est un film. On va faire un film. On va faire un film. Et une femme de Métis,

  • Speaker #1

    qui a la particularité, parmi plein d'autres choses, d'organiser des records du monde de sauts en parachute. Et notamment, elle a fait avec des groupes de plus de 150 femmes. Et qui va nous expliquer qu'est-ce qui se passe quand on met 150 femmes ensemble pour sauter en parachute. Et où est le rapport avec la question de la voix des femmes et du rapport à la parole. Et ensuite, on se met en mouvement parce qu'il faut passer à l'action. Il faut sortir de sa zone de confort. Et donc, on va proposer aux femmes inscrites de choisir un parmi six masterclass qu'on va leur proposer sur l'art de la rhétorique, l'art de la répartie. Donc, des choses vraiment extrêmement variées pour continuer d'apprendre tout en passant à l'action. Et ensuite, elles auront le choix d'assister à un parmi six ateliers. Et donc là, on n'est plus là pour apprendre, on est là pour faire, faire, faire. Et donc, il va y avoir aussi bien du chant que du karaté, que du théâtre, que... Encore une fois, des choses hyper variées parce qu'aussi, ce qu'on veut montrer avec Alexandra, c'est que le rapport à la parole, il est fondamentalement charnel. Quand on s'exprime, notre corps parle. La question, c'est qu'est-ce qu'il dit et comment il le dit ? Et est-ce qu'avant même de pouvoir exprimer des mots, est-ce que la parole n'est pas aussi verrouillée dans le corps ? Et donc, on va créer ces espaces qui sont en plus hyper festifs parce qu'on met beaucoup, beaucoup, beaucoup de joie dans ces soirées. Pas là pour s'autoflageller et se dire que vraiment la situation des femmes est terrible, on est là pour se mettre en action. Donc un très grand choix d'atelier, de masterclass à expérimenter dans un contexte qui est, j'allais dire sécurisé, je ne sais pas si on a besoin de sécurité, mais en tout cas avec des femmes qui peuvent s'identifier aux autres personnes qui sont là, parce que ce sont aussi des femmes et qu'on vit quand même des expériences un peu partagées et communes.

  • Speaker #0

    Alors et si je n'ai pas assisté à la première soirée, je peux quand même aller aux autres ?

  • Speaker #1

    Alors la troisième, c'est le 4 juin. Elle aura lieu aussi à la Maison de la Conversation. Ça va être un peu différent comme soirée. On va un peu plus sortir de sa zone de confort. La troisième soirée, c'est j'ai compris que j'avais un truc à dire, je sais un peu mieux comment faire. Mais concrètement, pourquoi c'est important ? Donc ça rejoint ce que je disais tout à l'heure. Là, il y a un côté un peu plus, je dirais, engagé et militant sur cette troisième soirée. Parce qu'on a besoin que toutes les femmes puissent s'exprimer. Et donc là, on va se mettre en situation de tribune. Je n'en dis pas plus.

  • Speaker #0

    Le suspense est entier. Ça donne envie en tout cas d'assister à vos soirées. Je suis sûre que celles qui participent, elles repartent avec beaucoup d'énergie, beaucoup de confiance, super potentiel qui va germer.

  • Speaker #1

    C'est ce que je te disais un peu tout à l'heure avant qu'on démarre le podcast. Moi, j'ai été très touchée par les témoignages qu'on a eus après la première soirée. On a des femmes qui sont venues nous voir avec Alexandra à la fin de la soirée en disant qu'il y aurait un avant et un après pour elles sur ces soirées-là. Des femmes qui ont dit « je ne m'étais jamais posé la question de mon rapport à la parole, j'étais venue un peu par hasard et ça a été vraiment très bouleversant pour moi d'avoir ce questionnement-là » . Et des témoignages comme ça, on en a eu beaucoup et je me dis que c'est gagné en fait, parce que c'est le point de départ juste de rendre visible ce qui ne l'est pas.

  • Speaker #0

    C'est un vrai combat féministe aussi que tu mènes. Donc là, j'aimerais te poser des questions sur ton rapport justement à cet engagement féministe que tu as. Est-ce que tu rencontres des grands défis dans cet engagement ? Est-ce que parfois tu as des doutes ? Est-ce que parfois la colère est trop importante ? Vraiment, comment est-ce que tu le vis cet engagement ?

  • Speaker #1

    Je me considère absolument féministe. C'est une question qui vient toucher des choses importantes chez moi. C'est-à-dire que j'ai toujours été féministe toute ma vie, mais je ne le savais pas jusqu'à ces dix dernières années. Ce que je disais dans mon histoire, dans mon enfance, il y a plein de choses que je trouvais hyper injustes et je me suis beaucoup fâchée avec ma mère quand j'étais plus petite. Mes frères avaient peur de moi parce que comme ma mère n'avait pas beaucoup d'autorité, moi du coup j'étais hyper autoritaire avec eux, parce que je ne voyais pas pourquoi ils ne videraient pas le lave-vaisselle. Vraiment, j'ai eu un avant et un après le livre de Lorraine Bastide qui s'appelle Présente. Il m'a vraiment énormément éclairée sur le fait qu'on nous avait appris depuis toute petite à traverser l'espace public, nous les femmes, alors que les hommes l'occupent. En tout cas, c'est ce que je retiens de plus fort de ce livre de Lorraine Bastide que je recommande beaucoup. Et puis à partir de là, j'ai multiplié mes rencontres, mes lectures sur ce sujet-là. Et effectivement, la colère dont tu parles et que j'ai ressenti petite, elle a pris énormément de place ces cinq, six dernières années. Aujourd'hui, je travaille beaucoup dessus. D'abord parce que c'est fatigant d'être en colère tout le temps. Enfin, moi, je suis fatiguée. Et puis surtout, je me suis aperçue que c'était le meilleur moyen de ne pas créer un espace d'écoute et de conversation avec des gens qu'on a besoin de convaincre. En tout cas, c'est mon expérience. que ce soit avec ma famille, que ce soit avec mes amis. Avant, j'étais tout le temps en colère et à chaque fois qu'on revenait de dîner, mon mari me disait dans la voiture « t'exagères, t'as encore pourri l'ambiance » . Parce que c'est vrai que je montais très très vite dans les tours, etc. Aujourd'hui, et notamment j'observe beaucoup mon mari qui lui, alors je ne sais pas si je peux dire qu'il est féministe, en tout cas il vit avec une, donc il a appris à s'adapter, mais lui il est très très très écolo par contre. Et j'observe comment il fait quand il parle d'écologie avec nos amis, et je suis admirative. de sa manière de créer ces espaces de conversation et d'écoute. Et donc j'essaye de faire la même chose sur le sujet du féminisme. Et la réalité, encore une fois, je parle pour moi, je ne fais pas de généralité, mais c'est beaucoup plus efficace. Et c'est pour ça que, que ce soit Locas ou Olympe se bougent, on n'a pas de positionnement féministe. On n'est pas là pour critiquer, prendre la place d'eux. On n'est pas là pour continuer aussi d'alimenter. hanté un peu ces récits de pouvoir apprendre, etc. Moi, aujourd'hui, j'ai envie que mon féminisme s'exprime dans le lien, dans la capacité à créer des déclics, dans la joie. D'ailleurs, je suis en train de finir un manuscrit qui s'appelle « Vous n'aurez pas ma joie » . Parce que je pense que c'est un sujet de fond chez moi en ce moment, cette question d'aller trouver la joie dans le monde dans lequel on vit, et parce que j'ai cette conscience écologique et féministe. Et ce n'est pas toujours facile, mais je me suis rendu compte aussi que ces dernières années, je me entoure différemment de gens qui me font du bien, qui m'aident à réfléchir. Et voilà, donc...

  • Speaker #0

    C'est aussi aller trouver la joie, se reconnecter à cette émotion pour contrebalancer un petit peu le découragement qu'on peut ressentir face parfois à ces grands combats dont on a l'impression qu'on n'arrivera jamais au bout, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est vite décourageant quand même. C'est vite décourageant, puis quand on regarde ce qui se passe en ce moment, on se dit que c'est vraiment jamais gagné. J'ai croisé l'autre jour une historienne qui s'appelle Yannick Ripa, qui a beaucoup, entre autres, étudié l'histoire du féminisme en France et l'histoire des femmes en France. Et je lui posais la question, d'ailleurs je l'interview cette après-midi pour mon livre, je lui disais, mais est-ce que si je vous parle de... Parce que j'ai un chapitre qui s'appelle « Joie et voix de femmes » dans ce livre, que je co-écris avec une amie, Anne Ducrot. Et je lui disais où est la place de la joie pour vous dans le féminisme ? Et elle m'a répondu, sa première réaction c'était non, il n'y a pas beaucoup de joie en fait. Le féminisme est né d'une colère, d'un combat à mener. Et je lui dis ok, mais est-ce que quand même la joie a sa place ? Et elle a réfléchi, elle me dit mais en fait vous avez raison, la joie est un levier extraordinaire. Et elle a commencé à me raconter les réunions du MLF à l'époque et ce côté hyper festif, hyper joyeux. Et donc j'avais déjà un bout de la réponse, c'est-à-dire qu'on est sur des sujets importants voire graves. Et bien aujourd'hui, j'ai envie de laisser la joie prendre plus de place dans mon combat que la colère, parce que j'ai l'impression que c'est plus utile. Et puis peut-être aussi, c'est ce qui me permet de continuer.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu réagis quand tu entends des critiques du féminisme ? Ceux qui disent que le féminisme est allé trop loin, cette radicalité qui peut être parfois un petit peu pointée du doigt. Toi, comment est-ce que tu réagis face à ça ?

  • Speaker #1

    On a besoin de toutes les formes de lutte, la mienne, celle qui est peut-être plus orientée sur la sphère professionnelle, qui est peut-être plus driveée par la joie, mais on a aussi absolument besoin de luttes plus radicales. Et je pense par exemple à Tiffany, encore une fois, dont j'apprécie énormément le travail, qui parle à la féminine universelle. Mais on a besoin de ça en fait, parce qu'on a besoin de créer des moments de stupeur. et de faire réagir et réfléchir les gens à la situation dans laquelle on est et non c'est pas gagné et non il ya encore énormément de boulot donc et enfin et en fait simplement de manière hyper factuelle quand on regarde tous les grands combats de notre société auquel toi et moi on a la chance vu où on est né et à l'époque laquelle on est né on n'a pas tellement été confronté y compris le féminisme parce que c'est quand même un peu plus facile pour nous que ça l'était pour l'homme de gouge

  • Speaker #0

    il n'y a aucun de ces combats qui s'est fait en s'asseyant autour d'une table en disant bon les gars on va discuter quoi donc voilà je veux dire c'est aussi simple que ça merci on s'approche de la fin de cet épisode donc là il va de question de nous donner vraiment des ressources très pragmatique si tu pouvais donner un seul message à toutes les femmes qui doutent de leur légitimité à parler Ça serait quoi ?

  • Speaker #1

    On a toute une histoire à raconter. On a toute une histoire à raconter. Mais vraiment, profondément, j'en suis hyper convaincue. Regardons notre expérience, regardons notre passé, regardons notre histoire et posons-nous la question. Qu'est-ce qu'il y a dedans m'appartient ? Qu'est-ce qui est structurant ? Qu'est-ce qui est différent ? Qu'est-ce qui est unique ? Qu'est-ce qui est chouette ? Qu'est-ce qui a été difficile mais qui m'a construite ? Et de me dire que si je suis là où je suis aujourd'hui, c'est aussi à cause et grâce à cette histoire. Et comment cette histoire, je me la réécris et que je me sente bien avec. Ça ne veut pas dire qu'elle est toute belle. Il y a plein de ruptures dans une histoire, il y a plein de blessures dans une histoire. Et il y a aussi des belles rencontres et des moments pivots et des déclics. Tout ça, ça fait de moi qui je suis. Et prenons confiance et conscience dans le fait que cette histoire, elle mérite d'être racontée.

  • Speaker #0

    Super. Il y a peut-être aussi des auditeurs ou des auditrices qui nous écoutent, qui animent des réunions, qui sont leaders, managers, et qui ont ce privilège et ce choix de mettre en avant peut-être certains talents ou de faire circuler la parole. Quel conseil tu leur donnerais à eux pour encourager la parole des femmes et la parole de femmes qui peut-être sont plutôt réservées, discrètes ? Et voilà, quel conseil tu leur donnerais à eux pour inciter ces femmes-là à... à se libérer sur la parole ?

  • Speaker #1

    Alors le premier, et c'est une de nos intervenantes, là le 22 janvier, qui l'avait beaucoup partagé, Néga Raeri, elle dit « La qualité du récit dépend de la qualité de l'écoute. » Et elle dit « Le silence précède le récit. » Donc peut-être une des premières qualités, qu'on soit manager, coach, ou juste collègue, ami, c'est de créer les conditions de l'écoute. C'est-à-dire que ce dont on manque, les gens en général... les femmes en particulier, c'est cette capacité à être écoutée et entendue. Donc c'est peut-être ça le premier ingrédient. Est-ce que véritablement, je ne crée pas que moi, je reprends ton exemple en tant que manager, mais vis-à-vis des gens qui sont dans cette salle, est-ce que je crée les conditions de l'écoute ? Ça c'est peut-être le premier ingrédient. Et puis je repense à une anecdote d'une femme dirigeante que je connais bien d'une boîte du CAC 40. qui me racontait toute fière qu'elle avait bien davantage féminisé son comex et que la première réunion du comex, les deux femmes qu'elle a faites rentrer, donc c'était une immense salle, imagine une grande table ovale, les deux femmes se sont mises côte à côte, vraiment en bout de table serrée l'une contre l'autre, tout au bout de la table. Et pourquoi je te partage cette anecdote-là, c'est qu'elle est aussi symptomatique que, créé les conditions de la parole, il y a plein de choses qui vont jouer. Où les femmes sont assises, comment je distribue la parole. D'avoir peut-être cette vigilance de se dire comment l'espace est occupé, homme-femme, dans la salle, et peut-être d'anticiper qu'il y a un petit mot à glisser avant la réunion sur comment ça va se passer et les conditions dans lesquelles la réunion va se faire. Vous avez probablement entendu parler du phénomène du mansplaining, qui est ce phénomène par lequel, statistiquement, on observe que les femmes sont beaucoup plus interrompues que les hommes. Et bien si je suis ce manager et qui anime cette réunion, de m'assurer que j'empêche ce phénomène de mansplaining de se faire, c'est-à-dire qu'une femme qui est interrompue, je vais lui redonner la parole pour qu'elle puisse terminer son propos, que si j'observe qu'une femme ne s'exprime pas de manière subtile, de la questionner et de l'interroger sur comment elle a envie de réagir à ce propos-là. Moi j'ai une femme qui m'a dit l'autre jour, pareil, comex d'une grosse boîte, Elle me dit, mais moi, en fait, quand il y a eu un tour de table et que globalement, ce qui a été dit, c'est à peu près ce que je voulais dire, j'estime que je n'ai pas besoin d'en rajouter. Et elle a raison sur le fond. En pratique, c'est aussi comme ça qu'on fait sa place et qu'on est capable de montrer qui on est, notre intelligence, notre subtilité, nos émotions. Et donc, d'encourager cette parole quand elle n'est pas spontanée, c'est probablement un ingrédient important.

  • Speaker #0

    Une toute dernière question. Tu as su faire des choix professionnels audacieux. Tu as eu une super carrière dans des belles boîtes. Et aujourd'hui, tu es plutôt dans un parcours entrepreneurial. Est-ce que tu aurais un conseil carrière pour celle qui nous écoute ? Pour vivre sa carrière de manière épanouie, faire des choix audacieux et vivre ce qu'on a envie de vivre.

  • Speaker #1

    En tout cas, celui qui a marché pour moi, c'est qu'on a cette petite voix qui nous parle toute la journée dans notre vie, qui nous dit... Tu devrais faire ci, tu devrais faire ça. Moi, j'ai appris que ma petite voix, elle sait souvent mieux que moi. Et donc, quand elle commence à parler un peu fort, voire quand elle a appris le haut-parleur, maintenant...

  • Speaker #0

    Et les conditions de l'écoute.

  • Speaker #1

    Exactement. En fait, vraiment, moi, j'ai appris que ma petite voix, elle sait mieux que moi. Elle sait toujours mieux que moi. Donc quand elle commence à parler un peu fort, je l'écoute. Alors effectivement, j'ai quitté mon boulot de DG d'une agence de conseil pour partir faire je ne savais pas quoi d'ailleurs, parce que j'ai d'abord commencé par partir et ensuite j'ai monté l'OCAS. Alors j'ai une autre femme qui m'inspire beaucoup qui s'appelle Fatou Ndiaye, qui est une multi-entrepreneuse et qui a notamment créé la fresque de l'équité. Elle me dit toujours, la distance la plus courte entre toi et ton rêve, c'est une date. Et ça aussi, ça fait partie des conseils qui m'ont aidée. C'est-à-dire qu'à un moment donné, c'est comme le jour où j'ai décidé de partir à Compostelle, je suis allée acheter mes chaussures. Et une fois que j'avais acheté mes chaussures, je suis allée acheter mon sac. Puis une fois que j'avais acheté mon sac, j'ai regardé le trajet. Et puis j'ai acheté mon billet de train. Et voilà, c'est que parfois ce qui nous paraît vraiment très difficile, si on le décompose et qu'on fait le premier pas, et bien en fait ça passe parce que tout le reste c'est l'exécution du plan. Et a priori... On est des personnes intelligentes, pleines de bon sens. Et si notre petite voix nous a parlé, c'est qu'elle sait mieux que nous. Alors, il faut aller acheter les chaussures.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup, Héloïse, pour cet échange très stimulant et qui va nourrir, je l'espère, des réflexions qui feront la différence dans une vie.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup, Laurie. Et comment est-ce que moi, déjà, en prenant conscience de mes verrous et en rendant visible cette parole qui est peut-être un tout petit peu ou beaucoup étriquée, petite, empêchée, timide, est-ce que je vais pouvoir me déplier pour être pleinement à ma place ? Et peu importe ce que ça veut dire être à sa place. C'est quoi ma place à moi ? Où est-ce que j'ai envie d'être assise et est-ce que je suis bien assise ?

Chapters

  • Cercles de Voix

    00:52

  • Générique

    02:47

  • Intro de l'épisode

    04:23

  • Portrait chinois

    06:32

  • Femmes & voix

    23:41

  • Vivre son engagement féministe

    36:04

  • Conseil carrière

    46:54

Description

Après 20 ans passés dans le milieu de l'entreprise, à travailler sur des enjeux de transformation et d'impact, Héloïse Lauret décide de s'engager pleinement auprès des femmes et se lance la mission de déverrouiller le rapport complexe des femmes à la parole. 


Aujourd'hui fondatrice de Lokaces et de l'association Olympe se Bouge aux côtés d'Alexandra Fougère, elle réinsuffle joie et ambition à toutes celles qui aspirent à mieux (se) dire et mieux (s’)écouter, lors d'événements festifs organisés à la Maison de la Conversation à Paris.


Un épisode complet qui vous donnera envie (je l'espère), d'utiliser la puissance de votre voix ! 

 

J'adresse un immense merci à l'Hôtel Echiquier Opéra Paris Mc Gallery, situé dans le 10e arrondissement à Paris qui nous a accueillies pour l'enregistrement de cet épisode. 🙏
 


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👉 Pour découvrir les Cercles de voix

 

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Bonne écoute !    


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Avant de commencer cet épisode, j'aimerais vous parler des cercles de voix. Les cercles de voix, c'est un programme d'entraînement pour toutes celles qui veulent gagner en aisance sur leur prise de parole en public ou devant les médias. Si à l'idée de prendre la parole, vous avez la voix qui tremble, le cœur qui s'emballe ou vous ne savez pas comment organiser vos idées, pire vous laissez passer des opportunités, ce programme est fait pour vous. J'ai conçu les cercles de voix comme un espace bienveillant, en petits groupes et en non mixité, pour vous permettre de découvrir le pouvoir de votre voix et de prendre enfin toute votre place. C'est une masterclass en ligne et en direct pour vous permettre en trois étapes de lever vos freins, d'acquérir une méthode pour préparer des éléments de langage qui soient clairs et percutants, et faire de votre corps un allié pour une communication non-verbale optimale. Rendez-vous sur mon site novascript.fr pour réserver votre place. Un tarif spécial vous attend jusqu'au 8 mars. Bonjour, je suis Laurie Théron et je vous accueille sur mon podcast Les Mariannes. Dans cette émission, que j'ai conçue pour vous aider à prendre toute votre place dans la vie publique de notre société, je reçois des femmes politiques et des activistes qui inventent le monde de demain. Médaphe,

  • Speaker #1

    vous êtes légitime, vous avez votre place, vous êtes compétente. Investissez-vous dans cette vie politique ?

  • Speaker #0

    Il faut du courage pour faire de la politique, que l'on soit homme ou femme, mais je crois qu'on ne pardonne à rien aux femmes.

  • Speaker #1

    On vient vous chercher parce que vous êtes une des pièces du puzzle qui va faire gagner. Un message qui, moi, m'a été transmis alors que j'étais jeune et que je n'avais pas forcément confiance en moi. On m'a dit, Sophie, il faut y croire,

  • Speaker #0

    toujours y croire. Quand vous doutez de vous, pensez-vous. Avec les Mariannes, je vous propose de partir à la rencontre de femmes qui s'engagent dans leur territoire ou à l'échelle nationale pour défendre leurs idées et construire différemment le monde de demain. Quant à moi, je suis une passionnée de politique et d'engagement et je rêve d'une société plus égalitaire. J'ai passé 7 ans dans la peau d'une collaboratrice parlementaire au Sénat et j'accompagne aujourd'hui les entreprises et les changemakers dans leur communication digitale et la conception de leur stratégie éditoriale. Pour soutenir ce podcast et permettre au maximum de personnes de bénéficier de son contenu, abonnez-vous, notez le 5 étoiles et partagez-le autour de vous. Je suis évidemment présente sur les réseaux sociaux, vous me retrouverez avec le compte ElmarianneFR. Enfin, pour être informé de la sortie d'un nouvel épisode, abonnez-vous à la newsletter que vous trouverez sur mon blog. Et puis vous pouvez aussi soutenir financièrement le podcast en laissant un don sur la plateforme Tipeee. Bienvenue dans l'univers des Mariannes. Merci. Bonjour Héloïse.

  • Speaker #1

    Bonjour Laurie.

  • Speaker #0

    Je suis ravie de te recevoir sur le podcast des Mariannes.

  • Speaker #1

    Je suis très honorée d'être là aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Alors on enregistre cet épisode à l'hôtel Echec et Opéra Paris, ma galerie. On remercie l'hôtel de nous prêter les lieux. Alors on va commencer cette interview Héloïse par le traditionnel portrait chinois des Mariannes. Vous le connaissez maintenant. Il s'agit de petites questions personnalisées pour qu'on fasse mieux connaissance ensemble. Alors si tu étais un instrument de musique, puisqu'on va parler de voix aujourd'hui, Le corps, c'est aussi un instrument de musique formidable. Quel serait ton instrument à toi ?

  • Speaker #1

    Alors ça, ce n'est pas mon univers. Je n'ai pas été élevée dans un milieu artistique, mais probablement que je te dirais ma voix, parce que notre voix est un instrument de musique avec des cordes avec lesquelles il faut savoir jouer. C'est un instrument complexe, et donc probablement que je serais une voix.

  • Speaker #0

    Alors si tu avais un super pouvoir ?

  • Speaker #1

    Si j'avais un super pouvoir, ce serait probablement... Celui de pouvoir matérialiser physiquement des liens invisibles entre les gens dans les métros, dans la rue, qui ne savent pas qu'ils ont des liens mais qu'en fait ils ont. J'adorerais pouvoir les matérialiser.

  • Speaker #0

    Avec des sortes d'auras ou des merges.

  • Speaker #1

    Voilà, comme des espèces de pelotes de laine qui se tisseraient entre les gens et de se rendre compte qu'en fait on a des liens qui sont invisibles.

  • Speaker #0

    C'est une très jolie image. Si tu avais une heure de plus chaque jour, que ferais-tu ?

  • Speaker #1

    Ouh là là ! Tellement de choses. Allez, je vais être raisonnable, je m'autoriserai à lire une heure par jour.

  • Speaker #0

    Quel genre de livre ?

  • Speaker #1

    Alors j'ai une règle dans ma bibliothèque qui est très très fournie, c'est que j'ai une étagère avec tous les livres que je n'ai pas encore lus, et je n'ai pas le droit d'en rajouter un tant que je n'en ai pas retiré un. Et là j'ai un peu dérogé à ma règle récemment, il y a beaucoup de lectures à la fois sur le féminisme, sur l'art oratoire, l'art de la parole, et puis quand même quelques romans qui se promènent.

  • Speaker #0

    Alors Héloïse, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots, nous présenter les grandes lignes de ton parcours professionnel et pourquoi est-ce que nous nous rencontrons aujourd'hui finalement ?

  • Speaker #1

    Alors mon parcours professionnel est un peu lié à des éléments de ma vie personnelle. Je suis une fille entre deux garçons, ça, ça a joué beaucoup dans mon parcours parce que assez tôt, j'ai trouvé qu'il y avait des choses un peu injustes. Je viens d'un milieu assez privilégié, mes parents n'attendaient pas la même chose de moi qu'ils attendaient de mes frères et donc ça c'est quelque chose qui a... qui a nourri une forme d'injustice chez moi. Et puis aussi j'ai grandi aux Etats-Unis. Quand j'étais petite, mon père a été expatrié. Et ça, je me suis rendue compte ces dix dernières années comme en fait ça avait été extrêmement structurant parce que le rapport à la parole, à l'autre, à l'autorité est très différent là-bas. Et en fait ça a forgé une espèce de fascination chez moi de la question de la communication, de la place de l'oralité, de comment les gens s'expriment les uns avec les autres, etc. Finalement... Après tout ça, je fais un parcours assez classique, DESS de commerce international. Et puis je me retrouve à prendre un premier boulot pour des raisons de problèmes de famille. Premier boulot qui tombe, j'arrive chez Neuf Télécom au moment où ils branchent les ordinateurs, où ils montent les tables des services après-vente. Donc là, ça donnera quelques indications sur mon âge, puisque c'était le tout début des services après-vente. Et puis là je découvre qu'en fait je sais faire un peu plus que ce que je pensais. J'ai la chance de tomber sur des gens qui me disent qu'en fait je suis capable de davantage. Je me retrouve à gérer ce contrat pour un prestataire chez Neuf Télécom, des grosses grosses équipes, on était 180. Je suis encore très jeune, je suis une fille, je suis en jean basket, je ne sors pas d'une grande école. Donc c'était des challenges intéressants. Fast forward, je passe 10 ans ensuite chez BNP Paribas, je deviens directrice de l'innovation et de la RSE pendant 7 ans, que je quitte. parce qu'à un moment donné, j'en ai eu un peu marre d'être le matricule 408-491. Je suis rentrée dans une petite agence de conseil, 7 ans génialissimes de kiff total, de projet un peu fou, dans une équipe qui était un peu comme une famille. Et puis, il y a deux ans, j'ai eu 45 ans. Et dans ma tête, c'était la moitié. Je me suis dit, la première, elle était vraiment géniale. Il s'est passé plein de choses, j'ai appris beaucoup. J'ai saisi beaucoup d'opportunités. Mais finalement, qu'est-ce que je vais faire de la deuxième moitié ? Et c'est là où... Je change un peu de parcours professionnel et je quitte mon petit confort, mes habitudes et les compétences que j'avais acquises toutes ces années-là. Je décide de les mettre au profit d'autres choses. Donc aujourd'hui, j'imagine qu'on en reparlera, je suis à la fois engagée sur les questions de climat, mais aussi surtout beaucoup sur la question de la voix des femmes, un peu comme toi.

  • Speaker #0

    La voix des femmes. Alors quel est ton propre rapport à la voix, à la prise de parole ? Tu as mentionné que tu avais grandi au milieu de deux frères et que tu n'avais peut-être pas reçu la même éducation. que ces garçons-là. Est-ce que toi, tu as eu des difficultés à utiliser ta voix ? En tout cas, quel est ton rapport à la prise de parole ?

  • Speaker #1

    C'est là où je pense que le fait d'avoir grandi aux Etats-Unis a énormément joué, parce que déjà, la structure de la langue anglaise est très différente de la structure de la langue française. Elle est plus directe, plus informelle, elle est moins littéraire, enfin, moins intello, peut-être, que la langue française. Il n'y a pas le vouvoiement, il y a moins la question du genre, dans la langue américaine. Ça, c'est la première chose, donc dans la structuration de la langue. Et puis, Quand on est enfant aux Etats-Unis, en tout cas c'est l'expérience que j'ai vécue, les Américains, ils ont un peu la politique de l'enfant roi. C'est-à-dire qu'un enfant qui s'exprime, on se met à son niveau, même physiquement, on se baisse et on l'écoute. Et il est amazing. Alors ça nous énerve ce côté à l'américaine. Un enfant qui dépasse de son dessin, on va lui dire que c'est la septième merveille du monde. Bah n'empêche, ça donne une permission à la parole qui est très différente. Et donc, mes frères et moi, pour le coup... tous les trois, on a, et c'est le constat qu'on fait aujourd'hui, un rapport très très détendu voire de plaisir dans la question du rapport à la parole, on donne tous les trois des conférences, on s'exprime beaucoup parents n'étaient pas du tout comme ça Je ne crois pas que ce soit un atavisme familial, je pense que c'est vraiment lié à ce rapport qu'on a eu très jeune.

  • Speaker #0

    Cette culture américaine.

  • Speaker #1

    Et cette culture américaine. Et c'est vrai que moi j'ai rarement eu des freins dans le fait de m'exprimer, ce qui m'a permis d'ailleurs de trouver différemment ma place dans les différentes organisations dans lesquelles je me suis retrouvée. Et peut-être ce que j'ai envie de rajouter là, c'est que j'ai un rapport à la parole qui est assez émotionnel. J'ai du mal à m'exprimer sans que s'expriment mes émotions. Et c'est une façon de s'exprimer qui n'a pas toujours sa place dans l'organisation. Et pour une raison à laquelle je n'ai pas réfléchi, ça m'a plutôt vachement servi dans ma vie professionnelle, notamment chez BNP Paribas, dont ce n'est pas tout à fait les usages. Après, ça m'a amenée à des postes un peu à côté. J'étais directrice de l'innovation et de la RSE. Ce n'est peut-être pas non plus complètement anodin.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Alors, tu as créé l'association Olympe se bouge. et une société qui s'appelle Locas. Est-ce que tu peux nous en dire quelques mots ?

  • Speaker #1

    Alors ça a commencé par Locas quand j'ai eu mes fameux 45 ans et que je me suis dit qu'est-ce que tu vas faire du reste de ta vie professionnelle. Je me suis dit en fait j'ai deux choses sur la table qui ont pris beaucoup de place dans ma tête, dans mon cœur, dans mes lectures, dans mes rencontres. C'est la question de la voix des femmes d'une part et j'étais d'ailleurs déjà assez engagée dans quelques associations. Et d'autre part, cette espèce de fascination que j'ai du rapport à la parole, parce qu'en fait, c'est tellement essentiel, notre façon de nous exprimer, et j'ai toujours été assez surprise de voir à quel point les gens faisaient peu cas de leur rapport à la parole, hommes et femmes, pour le coup, ça c'est pas genré, mais peut-être encore plus les femmes, parce que pour tout un tas de raisons systémiques qui nous dépassent et des raisons historiques, on se fait quand même plus petite et plus discrète. Et donc avec ces deux sujets-là que j'avais sur la table, je me suis dit, je vais essayer d'en faire quelque chose. Et d'abord commencer par créer Locas, qui est une structure commerciale qui accompagne en individuel et en collectif des femmes dans leur vie professionnelle. Et mon objectif, c'est de déverrouiller le rapport à la parole. Et quand je dis parole, je ne parle pas que de la parole en public, qui est souvent le raccourci que l'on fait. Et c'est dommage parce qu'en fait, tous les jours, en permanence, toute l'année, toute notre vie, on est dans des rapports de parole avec nos différents interlocuteurs. Et chaque opportunité de parole est une opportunité de quelque chose. Et donc j'accompagne les femmes là-dessus sur comment je structure ma parole. Je suis, je ne sais pas pour toi, je suis DRA, je suis chef de projet digital, je suis femme dans un collectif, comité de direction par exemple, avec beaucoup des hommes. Comment est-ce que je me positionne, comment je me place, comment je me comporte, comment je m'exprime pour pouvoir trouver pleinement ma place ? Et en montant en locas, j'avais l'intuition qu'il manquait quelque chose qui est peut-être plus lié à une zone de kiff que je peux avoir à titre personnel, qui est des espaces un peu événementialisés où je rassemblerais beaucoup de femmes autour de cette question-là. Et mon intuition, c'est que je n'avais pas envie de le porter via ma structure commerciale, parce que dans l'intention, il y avait quelque chose qui était un peu décalé pour moi. Et à ce moment-là de mes réflexions, je rencontre Alexandra Fougère, que j'ai rencontrée dans une autre association qui s'appelle la Convention des entreprises pour le climat, dans laquelle je suis très engagée, et Alexandra aussi. Et très vite, on s'aperçoit qu'on partage vraiment ces convictions-là et on décide ensemble de co-fonder Olympe se bouge, dont la mission ressemble pas mal à celle de l'OCAS. On veut déverrouiller le rapport des femmes à la parole, sauf qu'on le fait en créant des espaces, des événements, autour desquels on rassemble des dizaines et dizaines de femmes à qui on va à la fois pousser du contenu pédagogique et instructif pour comprendre comment on en est arrivé là, mais aussi et surtout... les mettre en mouvement à travers des ateliers, des masterclass concrètes.

  • Speaker #0

    On va revenir sur vos événements d'Olympe Sebouge. Est-ce qu'il y a eu un élément déclencheur particulier qui t'a permis de t'engager, justement pour cette prise de parole des femmes ? Tu dis bien que la parole des femmes est verrouillée parfois. Est-ce qu'il y a eu un événement un peu marquant qui t'a amené à cette prise de conscience ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une accumulation d'observations à la fois dans ma vie professionnelle, parce que globalement, j'observais beaucoup quand j'étais dirigeante chez BNP Paribas ou que j'étais directrice générale de mon agence de conseil. J'étais beaucoup avec des dirigeants et des dirigeantes. Et l'observation que je faisais, c'est que, mais même tu observes dans un comité de direction, alors je fais des généralités, évidemment qu'il y a plein d'exceptions à la règle, mais globalement quand même, ne serait-ce que où et comment les femmes s'assoient dans une pièce, à quel point elle s'autorise à s'exprimer et pour dire quoi et comment. En fait, ça nourrissait une petite colère chez moi de me dire « Mais pourquoi ? Pourquoi elle n'y va pas ? Pourquoi elle ne prend pas sa place ? » Et puis, ça s'est alimenté aussi d'observations dans ma vie personnelle. C'est-à-dire que j'ai quatre femmes dans ma vie. Alors à la fois, c'est des femmes que j'admire énormément, qui sont hyper courageuses, qui ont eu des histoires lourdes. Et à la fois, je leur en voulais de ne pas s'être libérées des... contexte familial dans lequel elle s'était retrouvée enfermée et je pense qu'il y a un déclic qui se fait petit à petit, j'ai moi-même une fille et un garçon et de me dire mais en fait il faut que ça s'arrête alors je ne suis pas positionnée sur les questions des violences faites aux femmes et c'est des sujets hyper graves et hyper importants, c'est vrai que je me positionne que sur la question de la voix des femmes et en fait je pense que c'est le point de départ je pense que tout commence par ma capacité à prendre pleinement ma place que ce soit dans ma vie ... de femmes, mères, sœurs, filles, etc. Et évidemment, dans la vie professionnelle.

  • Speaker #0

    Justement, pourquoi est-ce que tu penses que ce rapport peut être plus complexe à la parole pour les femmes ?

  • Speaker #1

    Alors, on pourrait y passer beaucoup de temps. Je vais essayer de faire une réponse un peu courte. Et en plus, je ne dirais pas que je suis une experte sur l'histoire de la condition des femmes en France et dans le monde. Ce que je raconte, c'est d'où je parle, moi. Mais globalement, quand même... On a plusieurs centaines d'années derrière nous d'histoires où, si tu regardes ne serait-ce que l'évolution du droit en France, depuis combien de temps on a le droit de vote, le droit d'obtenir un chéquier, de porter un pantalon, de divorcer, d'être considéré comme un parent légal vis-à-vis de nos enfants, etc. C'est quand même très très récent dans l'histoire de notre pays. Et puis, alors je vais... mentionner quelqu'un que j'aime beaucoup et qui était là à la première soirée Olympe se bouge, c'est Tiffany Day, que tu connais peut-être, qui est une autrice, comédienne, activiste, alors très radicale. Mais c'est intéressant parce qu'elle a deux spectacles dans lesquels elle re-questionne complètement les modèles qu'on a complètement intériorisés. Par exemple, elle a un spectacle où elle déconstruit les contes de notre enfance. Et moi, ça a été une claque. énorme quand elle a revisité le conte de Blanche-Neige, qui est quand même, en fait, on l'a oublié, mais une gamine de 13 ans, dans la représentation qu'on a représentée comme une femme, mais elle a 13 ans dans le conte, qui se retrouve abandonnée par ses parents, elle faillit se faire tuer par le chasseur, et là elle rencontre une autre femme dans le conte, et comme par hasard c'est une sorcière qui veut l'empoisonner avec une pomme, alors qu'en fait c'est la seule personne qui lui tend la main pour la nourrir, mais on veut nous faire croire qu'en fait elles vont se détester. parce qu'on crée cette dissidence entre les femmes. Elle arrive devant une chaumière, donc elle a failli mourir 15 fois, abandonnée par ses parents. Qu'est-ce qu'elle fait ? Le ménage, bien sûr, et en chantant. Et ensuite, elle est fatiguée, donc elle s'endort. Et quand elle se réveille, il y a les 12 petits nains là-haut, je ne sais plus combien ils sont en face d'elle. Pareil, dans les représentations, on les a faits tout petits pour faire passer la pilule, mais ce sont des hommes qui vont esclavager cette jeune fille de 13 ans qui va faire tout ça avec le sourire. Je prends cet exemple-là parce que, en fait, si tu regardes nos représentations de manière générale et depuis la nuit des temps, on a amené les femmes à penser, et les hommes aussi, qu'on n'avait pas notre place, que nous, c'était la sphère privée et pas la sphère publique, qu'on devait être sages, gentils et se taire. Et donc, moi, quand j'ai des femmes aujourd'hui qui me disent « Ah, mais moi, tu sais, j'ai pas du tout de problème à la parole » , j'ai toujours une petite voix qui me dit « On va creuser un petit peu, puis on va regarder » . Et en fait, dans la très grande majorité des cas... Ah oui, c'est vrai que cette fois-là, je me suis retrouvée dans cette situation. Parce qu'en fait, tout ça, ça a été rendu invisible. Et donc le premier travail à faire, c'est d'abord de ne pas s'auto-flageller. L'histoire nous a amené là. Bonne nouvelle, on peut détricoter ça. Et ça commence par se poser la question, en plus d'aller militer dans la rue le 8 mars et tous les autres jours de l'année pour protéger nos droits, d'une part, c'est aussi qu'est-ce qui est sous mon contrôle et comment est-ce que moi déjà en prenant conscience de mes verrous et en rendant visible cette parole qui est peut-être un tout petit peu ou beaucoup étriquée, petite, empêch��e, timide, est-ce que je vais pouvoir me déplier pour être... pleinement à ma place et peu importe ce que ça veut dire être à sa place. C'est quoi ma place à moi ? Où est-ce que j'ai envie d'être assise ? Est-ce que je suis bien assise ?

  • Speaker #0

    Alors, on va parler justement de cette place des femmes dans les médias parce qu'il y a aussi des enjeux de visibilité, de notoriété, de développement et d'empouvoirment aussi quand on prend sa place dans les médias. Selon l'Arcom, le nombre d'expertes recensés en plateau n'atteint que 43% et les femmes n'ont bénéficié que de 34% du total. temps de parole en 2023. Ce sont les chiffres 2023. Alors à ton avis, pourquoi est-ce qu'on voit encore peu de femmes expertes sur ces plateaux télé et radio ? Et je parle pas des journalistes parce que les journalistes sont plutôt à la parité. Mais toutes les expertes qu'on peut voir en plateau, qui peuvent répondre aux questions des journalistes, apporter du contenu informatif, donner une opinion, que ce soit des scientifiques, des femmes politiques, ces expertes-là, pourquoi est-ce qu'elles sont moins nombreuses ? …

  • Speaker #1

    Alors c'est le serpent qui se mord la queue en fait, parce que tu as à la fois la question des fameux rôles modèles et des représentations. Donc moins je vois de femmes, que ce soit dans les médias, en tant que prof et dans n'importe quelle sphère de nos vies, moins je vois des femmes et moins je me dis que moi en tant que femme, je pourrais demain occuper ces postes-là. Donc le serpent qui se mord la queue, ça c'est la première explication. La deuxième, c'est qu'il y a encore, même si ça a beaucoup progressé... des réflexes, là tu parles des médias, mais c'est vrai dans toutes les sphères, de « je pense expert, j'ai un homme visuellement dans mes représentations » , donc il y a un petit effort de se dire « je cherche un expert et ça pourrait être une experte » , donc de la part des gens qui vont aller sourcer ces femmes à mettre sur les plateaux, ça c'est la deuxième chose, mais ça globalement ça progresse, alors de manière contrainte ou forcée, mais tant mieux, peu importe par où ça passe, ça évolue. Et puis... un troisième facteur qui est combien des femmes sollicitées acceptent d'aller sur les plateaux. Moi, j'ai été très marquée par le dernier TEDxParis avant le confinement. Michel Lévy-Provençal, qui a importé le concept TEDx en France, monte sur scène et avant même de dire bonjour, il présente ses excuses à l'audience en expliquant qu'ils n'ont pas réussi à obtenir la parité dans leur speaker ce jour-là et que les statistiques qu'il donnait, c'était à peu près, c'est approximatif de mémoire, mais que dans... A peu près 80% des cas, quand ils appellent des femmes pour leur demander de venir sur la scène de TEDx, elles disent non, non, non, non, je ne suis pas du tout la personne qu'il vous faut. Par contre, j'ai quelqu'un de vachement bien et là, je te le donne en mille et mille, c'est un homme évidemment. Et ça, c'est quelque chose que j'ai entendu beaucoup. Et moi, j'ai rencontré une fille qui s'appelle Claire Poirzon qui, entre autres, cofondait un réseau qui s'appelle 2Gap, qui est un réseau de réseaux de femmes. Donc, elles agrègent plus de... 80 réseaux féminins. Donc, tu as les femmes d'HEC, les femmes de BNP Paribas, les femmes de la tech, etc. Donc, c'est vraiment plein, plein, plein, plein, plein de domaines, plus de 80 réseaux féminins. Et elles ont demandé à tous ces réseaux de leur envoyer des profils de femmes expertes. Donc, tu couvres tous les domaines d'expertise et elles sont allées voir les médias en disant vous ne les trouvez pas, nous on les a trouvés pour vous, vous n'avez plus qu'à. Certains médias comme M6 par exemple signent une charte pour s'engager à solliciter ces experts-là et encore une fois le retour d'M6 c'est qu'on les contacte mais dans une grande majorité des cas elles disent je ne suis pas la personne qu'il vous faut et donc ça revient à ce que je disais tout à l'heure c'est il y a un problème systémique et tout le monde doit y mettre du sien pour qu'on renverse un peu les représentations et les normes qu'on a installées et invisibilisées d'une part mais il y a aussi un gros travail à faire Pour chacune d'entre nous de se dire qu'est-ce qui est sous mon contrôle ? Je suis appelée par TEDx, je suis appelée par M6, je suis appelée par TF1 pour monter ce thème. J'ai peur, mais j'y vais quand même parce que je suis la bonne personne.

  • Speaker #0

    J'ai peur, mais j'y vais quand même parce que je suis la bonne personne. J'aime beaucoup cette phrase et je pense que les auditrices vont la retenir. Alors, il y a une citation qui figure sur ton site qui, moi, m'a beaucoup plu. Je vais la lire. La parole est l'acte fondateur de la citoyenneté. En parlant, vous existez aux yeux de la société. En 2024, il ne suffit plus d'être écouté, vous devez être celle qui définisse les termes du dialogue. Ne craignez pas la puissance de vos mots, car ce sont eux qui bâtiront l'avenir que nous avons tant espéré. Alors c'est un texte fictif que tu prêtes à Olympe de Gouges.

  • Speaker #1

    Je me suis demandé ce qu'Olympe de Gouges dirait aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Voilà, donc on peut lire ce texte. Alors là, c'était qu'un extrait. Moi, j'adore. Je partage complètement ce parti pris et je trouve qu'effectivement, tu résumes très bien la puissance des mots. Alors, en quoi la prise de parole est aujourd'hui un enjeu féministe ?

  • Speaker #1

    Alors, c'est un enjeu féministe et je me permettrais d'élargir un peu. C'est un enjeu de société, c'est-à-dire que quand on regarde la gravité des défis auxquels on va être confrontés, et ce ne sont pas... que des enjeux liés au féminisme, c'est des enjeux climatiques, sociaux, sociétaux. On ne peut pas se permettre que 52% de la population, c'est-à-dire à peu près la population en France, depuis très longtemps, on oscille entre 51 et 52% de la population sont des femmes. C'est mathématique en fait. On ne pourra pas résoudre les grands défis auxquels on fait face si plus de la moitié de la population n'est pas mobilisée au service de ces enjeux. Le féminisme en est un. Mais il n'y a pas que celui-là et je ne sais pas si tu es familière avec la notion d'intersectionnalité, de dire que tu ne peux pas être profondément féministe si tu n'es pas profondément antiraciste et écolo. Parce que finalement tout ça s'attend vers le même enjeu qui est de dire comment on préserve notre humanité, comment on préserve les conditions d'habitabilité de notre planète parce qu'on en est là. Et puis même sans aller sur des grandes réflexions philosophiques comme ça, c'est de se dire mais comment la parole nous... permet chacun chacune je suis désolé je reviens sur ce que c'est tout à l'heure mais à être au bon endroit au bon moment de la bonne façon c'est à dire que et c'est là où je te disais tout à l'heure que je suis parfois étonné de voir comment sous-estiment l'importance de la parole alors moi je suis une littéraire j'ai toujours été une amoureuse des mots vraiment la langue pour moi c'est tellement important et c'est pour ça d'ailleurs j'ai adopté l'écriture inclusive la langue nous définit la langue nous positionne dans le monde on a besoin des mots pour pour dire pour ressentir, pour expérimenter le monde. Et donc, on a besoin que 100% de la population, les hommes et les femmes, sachent utiliser cet outil qui est la parole et que sont les mots, pour pouvoir, un, prendre leur place, et ce faisant, participer à un monde, j'allais dire souhaitable et durable, mais j'ai envie de te dire chouette, joyeux, enthousiasmant, juste, équilibré. Et c'est fou comme à la fois cet outil-là, il est partout tout le temps, et à la fois comme il est si difficile et anxiogène.

  • Speaker #0

    Il y a des femmes qui t'inspirent par leur manière de s'exprimer. On a beaucoup parlé de femmes qui ont un rapport difficile à la parole ou qui l'esquivent. Mais est-ce qu'il y a des femmes qui suscitent de l'admiration chez toi parce que tu les trouves à leur place ? Tu les trouves rayonnantes, charismatiques, avec une parole forte, libre, qui t'inspire véritablement ?

  • Speaker #1

    J'ai évidemment plein de visages qui me viennent en tête quand tu dis ça. J'ai un gros kiff sur Michelle Obama. J'avoue, un jour, ma pose à l'action, si tu devais dîner avec quelqu'un, tu dînerais avec qui ? Moi, j'adorerais dîner avec Michelle Obama. Elle représente le... Moi, j'adore l'énergie qu'elle renvoie. Elle me donne envie, elle pousse, elle mobilise. Et en même temps, ça a l'air facile, il y a de la joie. Ce n'est pas prétentieux. Donc, elle a plein d'ingrédients qui, moi, viennent vraiment résonner très, très fort dans le sens où on voit justement comment cette capacité... avec la singularité qui lui appartient, avec ses mots, avec son émotion, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, ce que ça peut renvoyer au monde et aux autres. Après, quand tu me posais la question des femmes qui m'inspirent, c'est plutôt des femmes de mon entourage, qui ne sont pas forcément parmi mes meilleures copines, que je ne connais pas forcément depuis hyper longtemps, mais je vais les citer pour qu'elles s'entendent, mais ça ne parlera pas aux autres. Je pense à Marguerite Laborde, elle est directrice de la marque Mustela, qui est une marque extrêmement engagée. et à la fois avec des enjeux commerciaux hyper lourds et comment on peut avoir à ce degré à la fois d'intelligence, d'humanité, dans un boulot qui est extrêmement complexe, avec des enjeux économiques et environnementaux extrêmement forts. Évidemment, je pense à Alexandra Fougère, avec qui j'ai cofondé l'association Olympe Sebouche, qui est une ancienne avocate juriste, aujourd'hui pleinement mobilisée à 100% de surtemps. son temps sur des projets citoyens, climatiques, de la voix des femmes. Et en fait, ça revient à la question des rôles modèles, c'est essentiel les rôles modèles. Mais en fait, chacune d'entre nous, on doit être un rôle modèle pour toutes les autres. Et je le pense vraiment. Et ce n'est pas que des filles qui envoient du lourd, qui prennent une place de dingue, qui savent hyper bien s'exprimer. Évidemment, on en a besoin parce que ça nous tire vers le haut. Mais j'ai rencontré des femmes timides et introverties qui parlent du bout des lèvres, qui sont des espèces de bombes atomiques.

  • Speaker #0

    Il faut faire peut-être la différence entre art oratoire, éloquence, ce qu'on peut imaginer, la prise de parole peut-être avec ces grands orateurs ou oratrices. Et puis parce que ça peut être un peu complexant aussi d'imaginer que la prise de parole ça doit être ça. Ça doit être des joutes verbales ou des figures de style ou des anaphores et toutes ces choses un peu grandiloquentes. Non, la prise de parole que tu décris toi, ça peut être aussi quelque chose de simple, de posé mais d'aligné quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et ça rejoint la question que tu me posais tout à l'heure. Et c'est une partie du volet de Que traite-t-on l'âme se bouge ? En fait, pourquoi tout ce qu'on se dit là, pourquoi c'est si important ? Et au service de quoi est-ce qu'on a envie et besoin de mettre notre parole ? Et c'est là où j'ai un peu tourné autour du pot pour répondre à ta question. Parce qu'en fait, je crois que fondamentalement, ma nouvelle mission de vie, c'est de faire en sorte qu'un maximum de femmes D'où qu'elles soient, quel que soit leur job, d'où qu'elles partent, quel que soit leur rapport à la parole, puissent à un moment trouver des clés petites, moyennes et grandes pour petit à petit se faire moins petite et déverrouiller ce rapport-là. Et j'aimerais revenir dans quelques années sur ton podcast et te dire mais regarde, regarde toutes ces femmes qui ont libéré cette voix à la parole, chacune à leur manière. Ça c'est, voilà, c'est...

  • Speaker #0

    En nous prenant rendez-vous. Dans combien de temps ?

  • Speaker #1

    Oulala, une fois un peu de temps. Mais je ne sais pas. Déjà, avec Olympe se bouge, tu vois, la prochaine soirée, on a 187 femmes déjà qui sont inscrites. Je me dis, bon, ben...

  • Speaker #0

    Alors, revenons sur ces soirées Olympe se bouge pour celles qui nous écoutent et qui ne connaîtraient pas ce concept. Tu en as un petit peu parlé tout à l'heure. Tu as parlé d'atelier, d'événementiel. Donc, on est vraiment sur du présentiel. Alors, ça se passe où, quand, quoi, comment ?

  • Speaker #1

    Qui peut participer ? Toutes les femmes. On l'a monté comme un parcours, mais les femmes peuvent prendre indépendamment leur place pour une, deux ou trois soirées. La première est déjà passée, c'était le 22 janvier. Et c'était le premier volet du parcours. L'objectif, c'était de poser le constat. Finalement, le sujet nous dépasse aujourd'hui. Je l'ai déjà dit, il est systémique. Mais quand même, comment chacune, on prend conscience qu'on a des choses à dire. Ça, c'était le premier volet. Le deuxième volet, c'est le 19 mars à la Maison de la Conversation, qui est un tiers lieu d'innovation sociale à la programmation. absolument incroyables. Donc pour les Parisiens et les Parisiennes, regardez la programmation, la plupart du temps elle est gratuite et vraiment des intervenants de très très haute qualité. Et le 19 mars, on rentre dans le deuxième volet, c'est-à-dire j'ai compris qu'on avait toutes quelque chose à dire, mais concrètement, comment je fais ? Et là, on a vraiment un énorme kiff avec Alexandra parce que Julie Gaillet a accepté de venir à cette soirée du 19 mars, notamment parce qu'elle sort un film biopic. que je vous encourage à regarder parce qu'il est extraordinaire sur l'impe de gouge. C'est d'ailleurs le premier film qui a été fait sur elle, ce qui est surprenant parce que c'est quand même une femme qui a très fortement marqué l'histoire de France.

  • Speaker #0

    Regardez, regardez le film, je l'ai vu, il est exceptionnel. Ça donne la chair de poule et on se dit effectivement, il a fallu attendre 2025 pour voir des images, un film dédié à cette grande figure de la Révolution française et du combat pour l'égalité des femmes. Une monde albanaise en plus qui vient du sud-ouest.

  • Speaker #2

    Voilà, tout s'explique.

  • Speaker #0

    Donc non, effectivement,

  • Speaker #2

    je recommande aussi beaucoup le Pouvoir de la Couture Engagée. Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner et à nous mettre un pouce bleu. Si j'avais plus de souhaits, vous le faites très bien. Mais en attendant, n'hésitez pas à vous abonner et à vous abonner. Et puis, cette vidéo est un peu à l'époque de l'importance du film. Attends que la parole des femmes. Donc, on aura joué le délire avec une belle personne. C'est parce qu'on va avoir plus envers les mères. Alors, on va faire un film. On va faire un film. Je suis sûre. Et puis, on va faire un film. Oui, c'est sûr. Donc, c'est un film. On va faire un film. On va faire un film. Et une femme de Métis,

  • Speaker #1

    qui a la particularité, parmi plein d'autres choses, d'organiser des records du monde de sauts en parachute. Et notamment, elle a fait avec des groupes de plus de 150 femmes. Et qui va nous expliquer qu'est-ce qui se passe quand on met 150 femmes ensemble pour sauter en parachute. Et où est le rapport avec la question de la voix des femmes et du rapport à la parole. Et ensuite, on se met en mouvement parce qu'il faut passer à l'action. Il faut sortir de sa zone de confort. Et donc, on va proposer aux femmes inscrites de choisir un parmi six masterclass qu'on va leur proposer sur l'art de la rhétorique, l'art de la répartie. Donc, des choses vraiment extrêmement variées pour continuer d'apprendre tout en passant à l'action. Et ensuite, elles auront le choix d'assister à un parmi six ateliers. Et donc là, on n'est plus là pour apprendre, on est là pour faire, faire, faire. Et donc, il va y avoir aussi bien du chant que du karaté, que du théâtre, que... Encore une fois, des choses hyper variées parce qu'aussi, ce qu'on veut montrer avec Alexandra, c'est que le rapport à la parole, il est fondamentalement charnel. Quand on s'exprime, notre corps parle. La question, c'est qu'est-ce qu'il dit et comment il le dit ? Et est-ce qu'avant même de pouvoir exprimer des mots, est-ce que la parole n'est pas aussi verrouillée dans le corps ? Et donc, on va créer ces espaces qui sont en plus hyper festifs parce qu'on met beaucoup, beaucoup, beaucoup de joie dans ces soirées. Pas là pour s'autoflageller et se dire que vraiment la situation des femmes est terrible, on est là pour se mettre en action. Donc un très grand choix d'atelier, de masterclass à expérimenter dans un contexte qui est, j'allais dire sécurisé, je ne sais pas si on a besoin de sécurité, mais en tout cas avec des femmes qui peuvent s'identifier aux autres personnes qui sont là, parce que ce sont aussi des femmes et qu'on vit quand même des expériences un peu partagées et communes.

  • Speaker #0

    Alors et si je n'ai pas assisté à la première soirée, je peux quand même aller aux autres ?

  • Speaker #1

    Alors la troisième, c'est le 4 juin. Elle aura lieu aussi à la Maison de la Conversation. Ça va être un peu différent comme soirée. On va un peu plus sortir de sa zone de confort. La troisième soirée, c'est j'ai compris que j'avais un truc à dire, je sais un peu mieux comment faire. Mais concrètement, pourquoi c'est important ? Donc ça rejoint ce que je disais tout à l'heure. Là, il y a un côté un peu plus, je dirais, engagé et militant sur cette troisième soirée. Parce qu'on a besoin que toutes les femmes puissent s'exprimer. Et donc là, on va se mettre en situation de tribune. Je n'en dis pas plus.

  • Speaker #0

    Le suspense est entier. Ça donne envie en tout cas d'assister à vos soirées. Je suis sûre que celles qui participent, elles repartent avec beaucoup d'énergie, beaucoup de confiance, super potentiel qui va germer.

  • Speaker #1

    C'est ce que je te disais un peu tout à l'heure avant qu'on démarre le podcast. Moi, j'ai été très touchée par les témoignages qu'on a eus après la première soirée. On a des femmes qui sont venues nous voir avec Alexandra à la fin de la soirée en disant qu'il y aurait un avant et un après pour elles sur ces soirées-là. Des femmes qui ont dit « je ne m'étais jamais posé la question de mon rapport à la parole, j'étais venue un peu par hasard et ça a été vraiment très bouleversant pour moi d'avoir ce questionnement-là » . Et des témoignages comme ça, on en a eu beaucoup et je me dis que c'est gagné en fait, parce que c'est le point de départ juste de rendre visible ce qui ne l'est pas.

  • Speaker #0

    C'est un vrai combat féministe aussi que tu mènes. Donc là, j'aimerais te poser des questions sur ton rapport justement à cet engagement féministe que tu as. Est-ce que tu rencontres des grands défis dans cet engagement ? Est-ce que parfois tu as des doutes ? Est-ce que parfois la colère est trop importante ? Vraiment, comment est-ce que tu le vis cet engagement ?

  • Speaker #1

    Je me considère absolument féministe. C'est une question qui vient toucher des choses importantes chez moi. C'est-à-dire que j'ai toujours été féministe toute ma vie, mais je ne le savais pas jusqu'à ces dix dernières années. Ce que je disais dans mon histoire, dans mon enfance, il y a plein de choses que je trouvais hyper injustes et je me suis beaucoup fâchée avec ma mère quand j'étais plus petite. Mes frères avaient peur de moi parce que comme ma mère n'avait pas beaucoup d'autorité, moi du coup j'étais hyper autoritaire avec eux, parce que je ne voyais pas pourquoi ils ne videraient pas le lave-vaisselle. Vraiment, j'ai eu un avant et un après le livre de Lorraine Bastide qui s'appelle Présente. Il m'a vraiment énormément éclairée sur le fait qu'on nous avait appris depuis toute petite à traverser l'espace public, nous les femmes, alors que les hommes l'occupent. En tout cas, c'est ce que je retiens de plus fort de ce livre de Lorraine Bastide que je recommande beaucoup. Et puis à partir de là, j'ai multiplié mes rencontres, mes lectures sur ce sujet-là. Et effectivement, la colère dont tu parles et que j'ai ressenti petite, elle a pris énormément de place ces cinq, six dernières années. Aujourd'hui, je travaille beaucoup dessus. D'abord parce que c'est fatigant d'être en colère tout le temps. Enfin, moi, je suis fatiguée. Et puis surtout, je me suis aperçue que c'était le meilleur moyen de ne pas créer un espace d'écoute et de conversation avec des gens qu'on a besoin de convaincre. En tout cas, c'est mon expérience. que ce soit avec ma famille, que ce soit avec mes amis. Avant, j'étais tout le temps en colère et à chaque fois qu'on revenait de dîner, mon mari me disait dans la voiture « t'exagères, t'as encore pourri l'ambiance » . Parce que c'est vrai que je montais très très vite dans les tours, etc. Aujourd'hui, et notamment j'observe beaucoup mon mari qui lui, alors je ne sais pas si je peux dire qu'il est féministe, en tout cas il vit avec une, donc il a appris à s'adapter, mais lui il est très très très écolo par contre. Et j'observe comment il fait quand il parle d'écologie avec nos amis, et je suis admirative. de sa manière de créer ces espaces de conversation et d'écoute. Et donc j'essaye de faire la même chose sur le sujet du féminisme. Et la réalité, encore une fois, je parle pour moi, je ne fais pas de généralité, mais c'est beaucoup plus efficace. Et c'est pour ça que, que ce soit Locas ou Olympe se bougent, on n'a pas de positionnement féministe. On n'est pas là pour critiquer, prendre la place d'eux. On n'est pas là pour continuer aussi d'alimenter. hanté un peu ces récits de pouvoir apprendre, etc. Moi, aujourd'hui, j'ai envie que mon féminisme s'exprime dans le lien, dans la capacité à créer des déclics, dans la joie. D'ailleurs, je suis en train de finir un manuscrit qui s'appelle « Vous n'aurez pas ma joie » . Parce que je pense que c'est un sujet de fond chez moi en ce moment, cette question d'aller trouver la joie dans le monde dans lequel on vit, et parce que j'ai cette conscience écologique et féministe. Et ce n'est pas toujours facile, mais je me suis rendu compte aussi que ces dernières années, je me entoure différemment de gens qui me font du bien, qui m'aident à réfléchir. Et voilà, donc...

  • Speaker #0

    C'est aussi aller trouver la joie, se reconnecter à cette émotion pour contrebalancer un petit peu le découragement qu'on peut ressentir face parfois à ces grands combats dont on a l'impression qu'on n'arrivera jamais au bout, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, c'est vite décourageant quand même. C'est vite décourageant, puis quand on regarde ce qui se passe en ce moment, on se dit que c'est vraiment jamais gagné. J'ai croisé l'autre jour une historienne qui s'appelle Yannick Ripa, qui a beaucoup, entre autres, étudié l'histoire du féminisme en France et l'histoire des femmes en France. Et je lui posais la question, d'ailleurs je l'interview cette après-midi pour mon livre, je lui disais, mais est-ce que si je vous parle de... Parce que j'ai un chapitre qui s'appelle « Joie et voix de femmes » dans ce livre, que je co-écris avec une amie, Anne Ducrot. Et je lui disais où est la place de la joie pour vous dans le féminisme ? Et elle m'a répondu, sa première réaction c'était non, il n'y a pas beaucoup de joie en fait. Le féminisme est né d'une colère, d'un combat à mener. Et je lui dis ok, mais est-ce que quand même la joie a sa place ? Et elle a réfléchi, elle me dit mais en fait vous avez raison, la joie est un levier extraordinaire. Et elle a commencé à me raconter les réunions du MLF à l'époque et ce côté hyper festif, hyper joyeux. Et donc j'avais déjà un bout de la réponse, c'est-à-dire qu'on est sur des sujets importants voire graves. Et bien aujourd'hui, j'ai envie de laisser la joie prendre plus de place dans mon combat que la colère, parce que j'ai l'impression que c'est plus utile. Et puis peut-être aussi, c'est ce qui me permet de continuer.

  • Speaker #0

    Comment est-ce que tu réagis quand tu entends des critiques du féminisme ? Ceux qui disent que le féminisme est allé trop loin, cette radicalité qui peut être parfois un petit peu pointée du doigt. Toi, comment est-ce que tu réagis face à ça ?

  • Speaker #1

    On a besoin de toutes les formes de lutte, la mienne, celle qui est peut-être plus orientée sur la sphère professionnelle, qui est peut-être plus driveée par la joie, mais on a aussi absolument besoin de luttes plus radicales. Et je pense par exemple à Tiffany, encore une fois, dont j'apprécie énormément le travail, qui parle à la féminine universelle. Mais on a besoin de ça en fait, parce qu'on a besoin de créer des moments de stupeur. et de faire réagir et réfléchir les gens à la situation dans laquelle on est et non c'est pas gagné et non il ya encore énormément de boulot donc et enfin et en fait simplement de manière hyper factuelle quand on regarde tous les grands combats de notre société auquel toi et moi on a la chance vu où on est né et à l'époque laquelle on est né on n'a pas tellement été confronté y compris le féminisme parce que c'est quand même un peu plus facile pour nous que ça l'était pour l'homme de gouge

  • Speaker #0

    il n'y a aucun de ces combats qui s'est fait en s'asseyant autour d'une table en disant bon les gars on va discuter quoi donc voilà je veux dire c'est aussi simple que ça merci on s'approche de la fin de cet épisode donc là il va de question de nous donner vraiment des ressources très pragmatique si tu pouvais donner un seul message à toutes les femmes qui doutent de leur légitimité à parler Ça serait quoi ?

  • Speaker #1

    On a toute une histoire à raconter. On a toute une histoire à raconter. Mais vraiment, profondément, j'en suis hyper convaincue. Regardons notre expérience, regardons notre passé, regardons notre histoire et posons-nous la question. Qu'est-ce qu'il y a dedans m'appartient ? Qu'est-ce qui est structurant ? Qu'est-ce qui est différent ? Qu'est-ce qui est unique ? Qu'est-ce qui est chouette ? Qu'est-ce qui a été difficile mais qui m'a construite ? Et de me dire que si je suis là où je suis aujourd'hui, c'est aussi à cause et grâce à cette histoire. Et comment cette histoire, je me la réécris et que je me sente bien avec. Ça ne veut pas dire qu'elle est toute belle. Il y a plein de ruptures dans une histoire, il y a plein de blessures dans une histoire. Et il y a aussi des belles rencontres et des moments pivots et des déclics. Tout ça, ça fait de moi qui je suis. Et prenons confiance et conscience dans le fait que cette histoire, elle mérite d'être racontée.

  • Speaker #0

    Super. Il y a peut-être aussi des auditeurs ou des auditrices qui nous écoutent, qui animent des réunions, qui sont leaders, managers, et qui ont ce privilège et ce choix de mettre en avant peut-être certains talents ou de faire circuler la parole. Quel conseil tu leur donnerais à eux pour encourager la parole des femmes et la parole de femmes qui peut-être sont plutôt réservées, discrètes ? Et voilà, quel conseil tu leur donnerais à eux pour inciter ces femmes-là à... à se libérer sur la parole ?

  • Speaker #1

    Alors le premier, et c'est une de nos intervenantes, là le 22 janvier, qui l'avait beaucoup partagé, Néga Raeri, elle dit « La qualité du récit dépend de la qualité de l'écoute. » Et elle dit « Le silence précède le récit. » Donc peut-être une des premières qualités, qu'on soit manager, coach, ou juste collègue, ami, c'est de créer les conditions de l'écoute. C'est-à-dire que ce dont on manque, les gens en général... les femmes en particulier, c'est cette capacité à être écoutée et entendue. Donc c'est peut-être ça le premier ingrédient. Est-ce que véritablement, je ne crée pas que moi, je reprends ton exemple en tant que manager, mais vis-à-vis des gens qui sont dans cette salle, est-ce que je crée les conditions de l'écoute ? Ça c'est peut-être le premier ingrédient. Et puis je repense à une anecdote d'une femme dirigeante que je connais bien d'une boîte du CAC 40. qui me racontait toute fière qu'elle avait bien davantage féminisé son comex et que la première réunion du comex, les deux femmes qu'elle a faites rentrer, donc c'était une immense salle, imagine une grande table ovale, les deux femmes se sont mises côte à côte, vraiment en bout de table serrée l'une contre l'autre, tout au bout de la table. Et pourquoi je te partage cette anecdote-là, c'est qu'elle est aussi symptomatique que, créé les conditions de la parole, il y a plein de choses qui vont jouer. Où les femmes sont assises, comment je distribue la parole. D'avoir peut-être cette vigilance de se dire comment l'espace est occupé, homme-femme, dans la salle, et peut-être d'anticiper qu'il y a un petit mot à glisser avant la réunion sur comment ça va se passer et les conditions dans lesquelles la réunion va se faire. Vous avez probablement entendu parler du phénomène du mansplaining, qui est ce phénomène par lequel, statistiquement, on observe que les femmes sont beaucoup plus interrompues que les hommes. Et bien si je suis ce manager et qui anime cette réunion, de m'assurer que j'empêche ce phénomène de mansplaining de se faire, c'est-à-dire qu'une femme qui est interrompue, je vais lui redonner la parole pour qu'elle puisse terminer son propos, que si j'observe qu'une femme ne s'exprime pas de manière subtile, de la questionner et de l'interroger sur comment elle a envie de réagir à ce propos-là. Moi j'ai une femme qui m'a dit l'autre jour, pareil, comex d'une grosse boîte, Elle me dit, mais moi, en fait, quand il y a eu un tour de table et que globalement, ce qui a été dit, c'est à peu près ce que je voulais dire, j'estime que je n'ai pas besoin d'en rajouter. Et elle a raison sur le fond. En pratique, c'est aussi comme ça qu'on fait sa place et qu'on est capable de montrer qui on est, notre intelligence, notre subtilité, nos émotions. Et donc, d'encourager cette parole quand elle n'est pas spontanée, c'est probablement un ingrédient important.

  • Speaker #0

    Une toute dernière question. Tu as su faire des choix professionnels audacieux. Tu as eu une super carrière dans des belles boîtes. Et aujourd'hui, tu es plutôt dans un parcours entrepreneurial. Est-ce que tu aurais un conseil carrière pour celle qui nous écoute ? Pour vivre sa carrière de manière épanouie, faire des choix audacieux et vivre ce qu'on a envie de vivre.

  • Speaker #1

    En tout cas, celui qui a marché pour moi, c'est qu'on a cette petite voix qui nous parle toute la journée dans notre vie, qui nous dit... Tu devrais faire ci, tu devrais faire ça. Moi, j'ai appris que ma petite voix, elle sait souvent mieux que moi. Et donc, quand elle commence à parler un peu fort, voire quand elle a appris le haut-parleur, maintenant...

  • Speaker #0

    Et les conditions de l'écoute.

  • Speaker #1

    Exactement. En fait, vraiment, moi, j'ai appris que ma petite voix, elle sait mieux que moi. Elle sait toujours mieux que moi. Donc quand elle commence à parler un peu fort, je l'écoute. Alors effectivement, j'ai quitté mon boulot de DG d'une agence de conseil pour partir faire je ne savais pas quoi d'ailleurs, parce que j'ai d'abord commencé par partir et ensuite j'ai monté l'OCAS. Alors j'ai une autre femme qui m'inspire beaucoup qui s'appelle Fatou Ndiaye, qui est une multi-entrepreneuse et qui a notamment créé la fresque de l'équité. Elle me dit toujours, la distance la plus courte entre toi et ton rêve, c'est une date. Et ça aussi, ça fait partie des conseils qui m'ont aidée. C'est-à-dire qu'à un moment donné, c'est comme le jour où j'ai décidé de partir à Compostelle, je suis allée acheter mes chaussures. Et une fois que j'avais acheté mes chaussures, je suis allée acheter mon sac. Puis une fois que j'avais acheté mon sac, j'ai regardé le trajet. Et puis j'ai acheté mon billet de train. Et voilà, c'est que parfois ce qui nous paraît vraiment très difficile, si on le décompose et qu'on fait le premier pas, et bien en fait ça passe parce que tout le reste c'est l'exécution du plan. Et a priori... On est des personnes intelligentes, pleines de bon sens. Et si notre petite voix nous a parlé, c'est qu'elle sait mieux que nous. Alors, il faut aller acheter les chaussures.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup, Héloïse, pour cet échange très stimulant et qui va nourrir, je l'espère, des réflexions qui feront la différence dans une vie.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup, Laurie. Et comment est-ce que moi, déjà, en prenant conscience de mes verrous et en rendant visible cette parole qui est peut-être un tout petit peu ou beaucoup étriquée, petite, empêchée, timide, est-ce que je vais pouvoir me déplier pour être pleinement à ma place ? Et peu importe ce que ça veut dire être à sa place. C'est quoi ma place à moi ? Où est-ce que j'ai envie d'être assise et est-ce que je suis bien assise ?

Chapters

  • Cercles de Voix

    00:52

  • Générique

    02:47

  • Intro de l'épisode

    04:23

  • Portrait chinois

    06:32

  • Femmes & voix

    23:41

  • Vivre son engagement féministe

    36:04

  • Conseil carrière

    46:54

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