- Speaker #0
Bonjour !
- Speaker #1
Bienvenue dans cette série spéciale des Mots dans la Lune en partenariat avec le festival ScèneExpress. Chaque jour en attendant le festival qui aura lieu les 11 et 12 octobre prochain à la Camélienne, nous partons à la rencontre des auteurs, autrices, metteurs et metteuses en scène qui donneront vie à ces chroniques sportives pour découvrir leur rapport aux mots et au sport. Les règles sont toujours les mêmes, des réponses en une trentaine de secondes, sans prononcer les fameux mots interdits. Aujourd'hui, on retrouve Gaëtan Péthaud, metteur en scène de la compagnie Gepetto et accessoirement initiateur du festival Sénéxpress. Vous retrouverez les pièces qu'il a mises en scène dans la salle grise et la salle orange.
- Speaker #2
Alors, on va jouer au ni oui, ni non, ni texte. Est-ce que tu es prêt ?
- Speaker #3
Je suis prêt.
- Speaker #2
Est-ce que tu peux commencer par te présenter et présenter ta compagnie ?
- Speaker #3
Je m'appelle Gaëtan Péthaud. Ma compagnie s'appelle donc la compagnie Gepetto. Moi, je suis metteur en scène, je suis prof de théâtre au cours Gepetto. Je mets en scène plusieurs pièces de théâtre et j'ai commencé à organiser le festival Scène express il y a trois ans aussi maintenant avec la camélienne.
- Speaker #2
Comment tu définirais ton approche de la mise en scène en trois mots ?
- Speaker #3
En trois mots, ancrage, intention et choralité. Le chœur, quoi.
- Speaker #2
Ok. Tu n'as pas dit enjeu ?
- Speaker #3
C'était dans l'intention.
- Speaker #2
Est-ce que, moi j'ai le droit de le dire, est-ce qu'il y a un fil rouge que tu as remarqué entre les différents textes que tu as eu à mettre en scène ? Soit que tu as vu et que tu as constaté par toi-même, soit que toi, tu as tissé.
- Speaker #3
Pas encore. Je ne suis pas assez avancé sur les différentes mises en scène pour avoir vu un lien entre les différents auteurs et autrices. Moi, je sais que je vais avoir déjà des comédiens et des comédiennes qui sont les mêmes. Il va y avoir des énergies qui vont se retrouver. Ça, c'est sûr. Je ne vois pas de lien encore, pour l'instant, hormis le thème.
- Speaker #2
Est-ce que tu es sportif ?
- Speaker #3
Qu'est-ce que le sport ? Je pose la question. En plus, la personne qui m'a interview se fout de ma gueule avant même que j'aie répondu. C'est juste un scandale. Sportif, j'aimerais l'être.
- Speaker #2
Et si tu étais un sport, lequel ce serait ?
- Speaker #3
Le tennis.
- Speaker #2
Pourquoi ?
- Speaker #3
Parce que c'est un sport individuel, il y a une solitude par rapport à ça, mais par contre c'est quelque chose, quand on a envie de le développer, c'est en équipe que ça se fait. Avec la stratégie qu'il faut mettre en place avant, l'aspect mental de ce jeu-là aussi, que je trouvais extrêmement complet, la préparation que ça demande, et puis le grand espace qu'on a dans ce terrain-là.
- Speaker #2
Est-ce que la mise en scène c'est du sport ?
- Speaker #3
Complètement. C'est sportif à plein de niveaux. Et moi, je trouve qu'il y a énormément de similitudes dans la mise en scène et dans l'approche du sport de haut niveau, dans ce que j'entends, dans les témoignages des sportifs ou des différents managers qu'il peut y avoir. Moi, j'aime beaucoup ces corrélations, en tout cas. Je m'en inspire pas mal. En ça, c'est du sport. Après, il y a une grande différence quand même entre les deux qui est le résultat, où on va essayer au maximum au théâtre. de ne pas être dans une recherche de résultats alors que le sport, le résultat est l'objectif pur.
- Speaker #2
Est-ce que tu aurais un souvenir d'enfance lié au sport ?
- Speaker #3
Je dois le raconter. Quand je jouais au foot, parce que j'ai joué au foot, j'étais très complexé, je n'avais pas de confiance en moi, j'étais complexé par ma taille. J'essayais de trouver un petit peu ma place, mais je n'y arrivais pas. Dès que j'avais le ballon, dès qu'on me faisait une passe, ce qui était très rare à la fin, je paniquais. J'essayais tout de suite de m'en débarrasser. Il m'est arrivé ce fameux jour où j'étais un peu plus paniqué que d'habitude. J'étais défenseur, mais dans un match, le ballon est dégagé. Je me retrouve à avoir le ballon à un peu plus de 20-25 mètres de mes cages. Je vois le ballon arriver. Et au lieu de me tourner simplement et puis de dégager le plus loin possible, je tire dans mes propres cages à plus de 20 mètres. Et c'est là, je crois, que j'ai décidé d'arrêter le foot.
- Speaker #2
Et est-ce que tu as un souvenir d'enfance lié au théâtre ou à la mise en scène ?
- Speaker #3
Les deux. J'ai commencé le théâtre grâce à une récitation auprès d'une prof qui me faisait très peur. Je me souviens de cette première expérience de théâtre, de cette récitation-là. Et la première mise en scène, le début de la mise en scène, est arrivé l'année suivante, parce que j'ai trouvé ça fabuleux, et j'ai commencé à écrire une pièce que j'ai quasiment copiée de celle que j'avais faite justement l'année précédente, et j'ai commencé à organiser et à mettre en scène. auprès des personnes et je me suis aperçu que là c'était extrêmement difficile de faire. Voilà.
- Speaker #2
Si tu devais mettre en scène un mot, ce serait lequel ?
- Speaker #3
Sérendipité.
- Speaker #2
Joli. J'irais voir la pièce. Quand tu mets en scène un texte, quel est ton rapport au mot et au texte original ?
- Speaker #3
Je les écoute, déjà je vois comment ils vivent entre eux et après je vois ce que je peux en faire. Quitte à... Enfin, je m'autorise beaucoup de liberté par rapport à... par rapport au texte. Je m'autorise à essayer de décrypter plusieurs sens, qui n'est pas forcément celui qu'on retrouve à la première lecture, par exemple. Ça peut être peut-être certains mots qui vont résonner autrement et qui vont en amener d'autres. Peut-être en enlever, ou sinon en particulier sur les didascalies aussi. Les didascalies, très rapidement, je m'en éloigne. Je les lis, bien entendu, pour essayer de comprendre. En tout cas, la mécanique a voulu mettre en place l'autrice ou l'auteur. Mais très rapidement, j'enlève les didascalies pour voir comment ça résonne et même pour laisser la liberté aussi aux acteurs et aux actrices de proposer des choses. Ça dépend des textes. C'est un mot, par exemple, très proche du texte, une basse-marine, etc. Mais après, au niveau des scènes, des intentions, ça offre autre chose. Il y a énormément de didascalies. Celles-là, on les enlève. Ça dépend aussi, après, évidemment, du contexte. qui est proposée.
- Speaker #2
Est-ce qu'il y a un mot que tu détestes ? Soit par son sens, soit par sa sonorité.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #2
Ce mot-là ?
- Speaker #3
Je suis... Oui, c'est un mot que je... Alors, ça dépend dans quel contexte, encore une fois, évidemment, parce qu'il y a le refus de quelque chose qu'on peut nous imposer, et ça, évidemment, je suis pour. Au théâtre, en tout cas, c'est un mot que j'exècre.
- Speaker #2
Et est-ce qu'il y a un mot que tu adores ? En fait, tous les mots interdits, quoi ! Oui !
- Speaker #3
Voilà, c'est ça !
- Speaker #2
Bon !
- Speaker #3
Oui, il y a le mot « intéressant » aussi .