- Speaker #0
Bonjour,
- Speaker #1
bienvenue dans cette série spéciale des Mots dans la Lune en partenariat avec le festival Scène Express. Chaque jour en attendant le festival qui aura lieu les 11 et 12 octobre prochains à la Camélienne, nous partons à la rencontre des auteurs, autrices, metteurs et metteuses en scène qui donneront vie à ces chroniques sportives. pour découvrir leur rapport aux mots et au sport. Les règles sont toujours les mêmes, des réponses en une trentaine de secondes, sans prononcer les fameux mots interdits. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Sophie Vasselot, qui a écrit un texte pour le Sénéxpress qui s'appelle « Je m'y remets » . On va jouer au « Ni oui,
- Speaker #2
ni non,
- Speaker #3
ni toilette » . Ni oui, ni non, ni toilette. Quoi est-ce que tu peux te présenter en une trentaine de secondes ?
- Speaker #2
Je m'appelle Sophie Vasselot, je suis comédienne au départ, énorme lectrice et j'écris depuis longtemps.
- Speaker #3
Et est-ce que, même principe, tu peux en une trentaine de secondes présenter ton texte ?
- Speaker #2
Alors j'ai vu un appel à texte pour un festival de théâtre et je me suis dit, lieu insolite, tiens, bah oui, allez, qu'est-ce qui me vient ? L'étoilé ! Ouh ! les... Les étoiles, les toiles filantes, les toiles d'araignées, les... Ah, toile, toile, petit endroit où on peut aller se soulager. Et j'ai pensé à ça, voilà.
- Speaker #3
C'est vrai que c'est la première fois qu'on a un texte qui est écrit spécifiquement pour cet endroit. Est-ce que, quand tu as écrit, c'est vraiment le lieu ou est-ce qu'il y a un mot qui t'a inspiré, qui t'a permis de tirer le fil ?
- Speaker #2
Alors, j'en sais rien du tout. C'est vrai que quand j'écris, c'est un petit peu comme si j'arrivais Gare de Lyon et que je prenais un train pour une direction inconnue. Et quand j'écris un texte, c'est toujours comme ça. Je ne sais pas où je vais, je ne sais pas où je vais aller. Et après, quand je le relis, surtout quelques mois plus tard, je me dis « Ah bon, c'est moi qui ai écrit ça ? » Ça me fait toujours bizarre. D'accord. C'est, voilà. Je ne fais pas de construction, je vais parler de ça, non.
- Speaker #3
Question piège, es-tu sportive ?
- Speaker #2
Je le suis. J'ai d'ailleurs très mal à l'épaule parce qu'il y a trois jours, j'ai essayé de battre une jeune fille de 40 ans de moins que moi au tennis. Le match a duré 2h30 et finalement elle m'a battue, mais elle a eu beaucoup de mal.
- Speaker #3
Si tu étais un sport, ce serait le tennis ou un autre sport ?
- Speaker #2
En ce moment, oui. Non, c'est pas possible. C'est un moment tout à fait bien sûr, évidemment.
- Speaker #3
Et est-ce que pour toi, écrire, c'est du sport ?
- Speaker #2
Une sorte de sport. Pourquoi pas, on pourrait le définir comme ça aussi. Un sport du cerveau. Quand on écrit, viennent des choses qu'on a, mais qu'on a peut-être oubliées, comme dans mon match de tennis avant-hier. À des moments, tout d'un coup, je me suis dit, allez, je vais y arriver. J'avais l'impression d'être une super héroïne et de faire des trucs incroyables, que j'ai réussi à faire des volets en sautant et tout. Alors là, maintenant, j'ai mal. Et quand on est dans l'écriture, c'est un petit peu ça, c'est un petit peu comme une... Une petite transe comme un... Oui, voilà, comme dans le... Peut-être comme dans le sport, même si...
- Speaker #0
Bon,
- Speaker #2
j'écris pas beaucoup en courant, mais...
- Speaker #3
Est-ce que tu aurais un souvenir d'enfance lié au sport, ou à l'écriture, ou les deux ?
- Speaker #2
Je faisais de la gymnastique quand j'avais 7 ans, et j'essayais de faire des flip-flops arrière, et je tombais toujours sur la tête. Heureusement, le tapis était très épais. Et on était dans une salle qui sentait... Il fallait se mettre de la craie blanche, de la magnésie. C'était une vieille salle dans le banlieue parisienne à Brunoy dans le 91, qui a été détruite depuis d'ailleurs. Et je vois très très bien la salle. Il y avait un plafond en verre avec une espèce de sérigraphie. Et voilà, et la prof était petite, grosse et très méchante.
- Speaker #3
Et concernant l'écriture, tu as un souvenir d'enfance où tu écrivais ? Ou c'est venu plus tard ?
- Speaker #2
J'ai toujours écrit des journaux intimes. J'écrivais des journaux intimes. J'écrivais beaucoup de lettres d'amour à mon amoureux aussi, en primaire.
- Speaker #3
Ah, chanceux.
- Speaker #2
Mais il y a eu beaucoup d'écritures d'échanges épistolaires. Et après, il y en a eu beaucoup d'autres avec mes amis. Je n'écris plus beaucoup maintenant. Maintenant, j'écris presque toujours à l'ordinateur, moi aussi. Et puis des fois dans mes petits carnets.
- Speaker #3
Quelle émotion tu voudrais que... Le metteur en scène de ton texte, fasse passer à travers ton texte.
- Speaker #2
Peut-être que c'est bien que le public ait... L'empathie avec le personnage, on trouve ce personnage sympathique. Sympathique parce qu'après tout, le personnage fait tous les efforts possibles pour s'y remettre. Et on s'y remet chacun à notre niveau. Tout à fait. Un petit pas pour l'un est un grand pas pour l'autre.
- Speaker #3
Est-ce que tu as connaissance d'un type de langage ou d'un type d'écriture ?
- Speaker #2
Que j'aurais ? Oui. Je ne crois pas. Je ne crois pas. J'essaye plutôt de... Moi, j'ai une écriture assez rythmée. J'aime le rythme dans l'écriture puisque comme j'écris du théâtre et pour moi, le théâtre, c'est un peu comme une partition musicale. Comme je suis avant tout comédienne, il faut que ça sonne, il faut qu'il y ait du rythme.
- Speaker #3
Pour finir, deux questions. Est-ce qu'il y a un mot que tu trouves désagréable soit par sa sonorité, soit par son sens ? Quand tu l'entends, ça te met de mauvaise humeur.
- Speaker #2
Le nom d'un président de la République, par exemple. Ah,
- Speaker #3
est-ce qu'on a le droit aux nom propre ?
- Speaker #2
Un mot de la langue française que je n'aime pas. C'est vrai que parfois, il y a des mots qui me viennent plus naturellement en allemand ou en anglais, parce qu'il y a des mots dans les langues étrangères qui correspondent plus à quelque chose. Et je trouve que j'aime en tout cas quand la sonorité des mots correspond à l'événement qu'ils décrivent, ou par exemple, hurluberlu. Ce mot, je l'aime bien. hurluberlu, il fait déjà naître tout un monde. Alors j'ai répondu à la question d'après en fait, c'est le mot qu'on aime bien ça.
- Speaker #3
Du coup, c'est celui-là ou il y en a un autre ?
- Speaker #2
Le mot cimetière. Bien qu'il soit assez joli à écouter.