- Speaker #0
Bonjour,
- Speaker #1
bienvenue dans cette série spéciale des mots dans la lune en partenariat avec le festival SénExpress. Chaque jour en attendant le festival qui aura lieu l'été. 11 et 12 octobre prochains à la Camédienne, nous partons à la rencontre des auteurs, autrices, metteurs et metteuses en scène qui donneront vie à ces chroniques sportives pour découvrir leur rapport aux mots et au sport. Les règles sont toujours les mêmes, des réponses en une trentaine de secondes, sans prononcer les fameux mots interdits. Aujourd'hui, rencontre avec Thierry Chaumillon pour son texte Dernière étape.
- Speaker #2
On va jouer au ni oui ni non, ni Galibier. On y va ?
- Speaker #3
Ouais.
- Speaker #2
C'est le dernier ouais. Est-ce que tu peux te présenter en une trentaine de secondes ?
- Speaker #3
Je m'appelle Thierry Chaumillon, je suis auteur de théâtre depuis à peu près maintenant 30 ans. Et voilà, j'ai un véritable plaisir à écrire pour le théâtre depuis tout ce temps. J'ai dû faire à peu près une quinzaine de... de pièces mais beaucoup de petits sketchs aussi qui se sont ajoutés à ces pièces.
- Speaker #2
D'accord donc le format court c'est quelque chose que tu aimes bien.
- Speaker #3
C'est quelque chose que je connaissais déjà pour l'avoir pratiqué déjà à travers des recueils.
- Speaker #2
Est-ce que tu peux nous présenter ton texte ?
- Speaker #3
Je suis parti du principe... D'essayer de faire quelque chose de comique dans une situation qui, de prime abord, ne l'était pas. C'était un peu comme une espèce de challenge pour se dire qu'effectivement, on va pouvoir voir une situation de départ. qui, évidemment, je ne vais pas déflorer l'histoire, mais qui au départ est une histoire qui est un peu dramatique, on ne peut pas faire difficilement plus tragique, on va dire, et à partir de là, de s'amuser à faire quelque chose qui va vraiment être drôle. C'était un petit peu le théâtre de l'absurde comme source d'inspiration, mais c'était ça, c'était vraiment passer du tragique au comique très facilement.
- Speaker #2
Et est-ce qu'il y a un premier mot qui t'est venu à l'esprit au moment où tu as commencé le texte et quand tu as déroulé le fil ensuite, qui t'a guidé ?
- Speaker #3
Je n'ai pas le souvenir de ça.
- Speaker #2
D'accord. C'est plus... Comment t'es venu de l'idée du coup ?
- Speaker #3
Alors, il se trouve que je ne suis pas du tout sportif.
- Speaker #2
C'est la question d'après,
- Speaker #3
mais vas-y. J'ai pris une option d'avance. C'est-à-dire qu'en fait, c'est peut-être ce qui m'a aussi beaucoup plu quand j'ai vu Chroniques Sportives. Je me suis dit, tiens, c'est un peu comme si on demandait, je ne sais pas, un sourd de parler musique. Donc, je me suis dit, je ne suis pas du tout fait pour parler. Je ne suis pas à ma place, là, normalement. Et donc, je me suis dit, c'est justement ça qui m'intéresse. Je ne suis pas à ma place. Je vais essayer de voir ce que je peux. Et donc... Ce qui m'est venu tout de suite en tête, c'est le vélo, parce que c'est un sport que j'aime bien. Je ne sais pas tellement pourquoi je l'aime bien. Peut-être parce que le Tour de France est quelque chose de gratuit. J'ai une espèce de sympathie pour ce sport, parce que c'est tellement rare les choses gratuites aujourd'hui, qu'il a ce côté de la gratuité. C'est tellement rare. C'est à contre-temps, à contre-courant. Et puis c'est très ancien, c'est une sacrée histoire le Tour de France.
- Speaker #2
Ok super, alors tu as déjà répondu à la question de est-ce que tu es sportif, mais le corollaire, même si tu ne le pratiques pas, est-ce qu'il y a un sport, à part le vélo ou même peut-être le vélo, que tu affectionnes particulièrement ?
- Speaker #3
J'aime bien, je suis on va dire, parfois des épreuves des tournois, aussi bien dans le rugby que dans le football, mais de façon, je ne vais pas dire très assidue quoi. Un petit peu comme ça, je suis un peu au courant des choses. Je pense que ça vient aussi, je viens d'un milieu populaire où les sports d'équipe comme ça, le football notamment, c'était quelque chose d'assez central. On en parlait, on parlait dans le quartier.
- Speaker #2
Un socle de culture générale sportive. Oui,
- Speaker #3
voilà, il fallait que ça arrive. Et donc, je pense que ça vient de là, de cette période-là. Enfant ou adolescent, je suis un petit peu... un peu de l'actualité et du coup je me suis intéressé à ces sports là mais après ce sont des sports où le business a vraiment pris le dessus et donc au fur et à mesure des années je m'en suis un peu éloigné d'accord est ce que pour toi écrire c'est du sport ? je ne pense pas je ne vois pas l'écriture comme ça d'accord c'est quelque chose d'un peu spontané qui vient comment ça se... en ce qui me concerne je dirais que Écrire pour moi, c'est comme une thérapie. Je pense que je serais très mal dans ma peau, je ne suis pas très bien dans ma peau, je serais encore plus mal dans ma peau si je n'écrivais pas. Ça m'a souvent permis d'aller mieux. C'est comme une espèce de médecine douce pour moi.
- Speaker #2
Est-ce que tu aurais un souvenir d'enfance lié au sport et éventuellement un autre souvenir d'enfance lié à l'écriture ?
- Speaker #3
J'ai un souvenir d'enfance lié au sport parce que mon père était... Boxeur en fait et pas professionnel enfin il avait fait des championnats etc Il était champion de Normandie à son époque et donc il y avait un match enfin il y avait une rencontre de boxe que je me souviens très très bien j'étais enfant et on était en train de dîner le soir et on avait une télévision c'était les premiers ça devait être en 1970 72 c'était Jean Claude Bouttier contre Monzon c'était à Colombes C'était des directs en noir et blanc et mon père voulait qu'on mange très vite pour être devant la télévision, pour voir ça. Et il faisait chaud, je me souviens qu'il faisait beau, que c'était ouvert partout et que j'ai assisté à ce combat. Et bon, j'ai compris tout de suite que moi, je n'aimais pas la boxe, mais je me rendais compte à quel point c'était puissant. Il se passait quelque chose, puis je voyais mon père qui était très heureux de voir ça aussi, ça m'avait touché. Et donc après, un souvenir d'écriture, c'est ça. C'est toujours la même chose, c'est des livres qui nous ont marqués quand on était enfant. En l'occurrence, moi c'est Moby Dick. Quand j'ai lu Moby Dick, ma mère... J'avais beaucoup aimé ce livre et du coup j'avais lu ce livre et ça m'avait aussi touché. Et après il y a eu beaucoup, alors là pour le coup j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de souvenirs d'écrivain, d'écriture, de découvertes, enfin de choses liées à l'écriture. Parce que des grands auteurs qui m'ont touché, qui m'ont bouleversé, qui ont presque changé même ma façon de voir le monde, il y en a eu beaucoup.
- Speaker #2
D'accord. Est-ce qu'il y a une émotion que tu voudrais que le public ressente en sortant de la salle ? de la salle après avoir vu ta pièce ?
- Speaker #3
Ce que j'aimerais bien, c'est que le public ait bien ri. Mais je sais à quel point c'est difficile de faire rire au théâtre. J'en ai tout à fait conscience et donc je pense que si les gens se sont bien amusés, ont bien ri, pour moi ce sera vraiment une satisfaction profonde.
- Speaker #2
D'accord. Est-ce que tu as connaissance d'un type de langage que tu aurais ?
- Speaker #3
J'ai une tendance à utiliser le mot « voilà » .
- Speaker #2
C'est vrai. Et pour finir, deux questions. Est-ce qu'il y a un mot que tu n'aimes pas employer ou entendre ?
- Speaker #3
Après, il y a des mots français que j'aime bien. Je retiens beaucoup plus les mots que j'aime.
- Speaker #2
C'est la question d'après, donc si tu veux.
- Speaker #3
C'est plus facile pour moi parce qu'il y a des mots que je trouve vraiment très beaux, comme l'élégance. C'est quelque chose que je trouve, c'est vraiment, ça sonne bien l'élégance. Ce mot-là.
- Speaker #2
Il va bien avec ce qu'il représente.
- Speaker #3
Voilà, l'harmonie, l'élégance. Ce sont des jolis mots français, comme coquelicot aussi. J'aime beaucoup. J'ai l'impression que si j'étais étranger, je les trouverais jolis aussi. Après, des mots que je n'aime pas, il y en a. Je crois que surtout, en plus, c'est complexe une langue parce que parfois c'est le contexte dans lequel on emploie ce mot qui fait qu'on ne l'aime pas là. Ce n'est pas le bon mot et du coup, déjà ça le dénature et ça l'abîme et en plus, ce n'est pas utilisé comme il faudrait. Alors du coup, on est triste pour deux raisons. Parce qu'il n'a pas sa place, on l'abîme. Et ensuite, parce qu'en plus souvent, c'est parce qu'on ne dit pas quelque chose de très sympathique avec.