- Speaker #0
Bonjour,
- Speaker #1
bienvenue dans cette série spéciale des mots dans la lune en partenariat avec le festival Seine Express. Chaque jour en attendant le festival qui aura lieu les 11 et 12 octobre reprochant à la camélienne Nous partons à la rencontre des auteurs, autrices, metteurs et metteuses en scène qui donneront vie à ces chroniques sportives pour découvrir leur rapport aux mots et au sport. Les règles sont toujours les mêmes, des réponses en une trentaine de secondes, sans prononcer les fameux mots interdits. Aujourd'hui, on retrouve Mariana Montoya-Yepes avec son texte Moukira Ramouri.
- Speaker #0
Je ne sais pas si tu connais le Ni Oui Ni Non.
- Speaker #2
Peut-être.
- Speaker #0
Tu connais ? Donc on va jouer au ni oui,
- Speaker #1
ni non,
- Speaker #0
ni liberté. Est-ce que tu es prête ?
- Speaker #2
C'est parti !
- Speaker #0
Alors, est-ce que tout d'abord tu peux te présenter en une trentaine de secondes ?
- Speaker #2
Je m'appelle Mariana Montoya-Yepes, j'ai grandi en Colombie, puis je suis partie aux Etats-Unis avec ma famille pour... le contexte politique et la sécurité en Colombie. Et je suis restée là-bas pendant six ans. Puis après, on a dû partir parce que l'asile politique n'a pas marché. Je suis revenue. Et ensuite, quand j'ai eu 18 ans, je suis venue en France parce que j'avais envie.
- Speaker #0
Tu avais envie de venir ?
- Speaker #2
Oui, j'avais adoré apprendre des langues pour rencontrer une autre culture. Alors, j'avais adoré apprendre des langues, apprendre une autre culture. Et je me suis dit, on ne peut pas me dire... où c'est mon chez moi je vais aller où je veux et je suis venue en France donc moi je me présente en tant qu'artiste pluridisciplinaire parce que je danse parce que je joue parce que j'adore le chant et puis maintenant je mélange tout ça pour créer que ce soit dans la dans la danse ou dans le jeu et ou dans l'écriture aussi.
- Speaker #0
Super et est-ce que pareil tu peux nous présenter rapidement le texte que tu as écrit pour le Cinexpress ?
- Speaker #2
Muki Rarámuri, c'est un texte de... d'une femme forte et simple qui fait des choses incroyables, c'est-à-dire fait des ultra-marathons, ce sont des centaines de kilomètres. Ce que j'adore, c'est que ce qu'elle est capable de faire, c'est juste par son style de vie, pas parce qu'elle s'est fixée à une sorte de but, d'objectif. Et c'est un texte dans lequel un exploit sportif n'est pas le but en soi.
- Speaker #0
Est-ce que quand tu as commencé à écrire, il y a un premier mot qui t'est venu, qui t'a guidé pour écrire le reste du texte ?
- Speaker #2
Raramuri, parce que c'est un des noms du peuple. Donc c'est soit les raramuri, soit les taraoumara, ça veut dire coureur à pied ou pied léger. Ce mot m'a enchantée par le fait que de tout ce mélange que je suis, il y a un mélange de moi qui vient du fait que j'ai sûrement des ancêtres aussi comme elle qui vont partir plus de cette communauté. indigènes et que je ne connais pas. Mais quand j'entends des mots comme ça, quand je vois des rapports aussi à la nature comme ça, cette sorte de cosmogonie et de croyance comme ça, ça me parle beaucoup. Et ces langues que je ne connais pas, parce que finalement la Colombie est un pays colonisé, donc je ne connais pas les langues d'avant, ce mot « raramuri » , rien que dans sa sonorité, et puis voilà, « raramuri » . Ok.
- Speaker #0
Attention, question piège, est-ce que tu es sportive ?
- Speaker #2
Alors, à Paris 8, je fais un master en danse et il y a une danseuse, chorégraphe, une artiste qui m'a beaucoup marquée qui s'appelle Anna Halprin. Elle a dit « danser, c'est agir dans le monde » . Donc, le sujet de transpose de sport, pour moi, c'est être sportive, c'est agir dans le monde, faire. Donc, moi, je dirais que je suis une sportive du quotidien, même quand je fais mon ménage ou je prends les escaliers, voilà, de se bouger, prendre le vélo. Encore, je suis une sportive quotidienne.
- Speaker #0
Comme ton personnage,
- Speaker #2
un peu. Voilà, ce sont des choses qui me parlent beaucoup.
- Speaker #0
Et est-ce que pour toi, du coup, écrire, c'est du sport ?
- Speaker #2
Alors, il y a un autre auteur, une autre personne qui me marque beaucoup, qui s'appelle Rob Hopkins. Son livre s'appelle « What if ? » Unleashing the power of imagination to create the future we want. C'est lâcher le pouvoir de l'imagination pour créer le monde que nous voulons. Et à l'intérieur, il montre plein d'exemples. Il y a un des exemples où ils ont deux groupes. Il y a un groupe qui se met à s'entraîner au basket tout le temps. Et puis il y a un autre groupe qui ne s'entraîne pas du tout, mais en fait, on les laisse dans une sorte de pièce avec quelqu'un qui leur détaille chaque action d'un entraînement, des choses à faire, etc. Donc ils observent leur cerveau et ils voient que le... Quand la personne le fait, quand la personne l'imagine, il y a la même zone du cerveau qui s'active. Donc, écrire, pour moi, c'est le premier mouvement du sport. Je dirais. C'est un mouvement interne. Pour moi, cette sorte de question, c'est comme dire, est-ce qu'on peut séparer le corps et l'esprit ? Non. C'est ce qu'on fait. Ils vont ensemble. On pourrait dire qu'écrire sur le sport serait l'expression minimale de ce sport-là. Jolie.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais un souvenir d'enfance lié au sport et ou un souvenir d'enfance lié à l'écriture ?
- Speaker #2
Alors, un souvenir d'enfance lié au sport, foot. Un Colombie jouait du foot en famille. Mettre son grand-père et sa grand-mère en gardien pour être sûr qu'il ne va pas taper trop fort. Et puis le reste des oncles, des tantes, des cousins, des cousines, en train de courir, que ce soit soir ou le volet. Ça c'est des super souvenirs de sport. Et des souvenirs d'écriture. J'écris des poèmes, toutes petites.
- Speaker #0
Du coup là dans ton texte, si les spectateurs en sortant devaient avoir une émotion, pour toi ce serait laquelle ?
- Speaker #2
Je dirais comme le texte, elle dit « quand je gagne, je ne ressens rien, toute mon attention est pour mes sensations » . Je dirais que ce serait pas de faire passer une émotion, mais c'est de faire passer une sensation. Que les gens, quand ils sortent d'ici, ils aient envie de faire des choses. Soit d'aller courir, soit de monter des escaliers, machin de... D'avoir un élan ? D'avoir un élan. Je dirais, plus qu'une émotion, ce serait que les gens sortent d'ici avec un élan de vie. Pour ce qui les fait bouger, eux.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un tic de langage ? Ou un tic d'écriture, un mot qui revient souvent, ou une expression ?
- Speaker #2
Je sais que j'en ai, mais de manière consciente, comme ça. Mais je me suis déjà fait cette réflexion en parlant. Je me suis dit, ça serait bien d'arrêter de dire ça, de trouver d'autres mots.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce qu'il y a un mot que tu n'aimes pas entendre ou que tu n'aimes pas employer ?
- Speaker #2
Tout ce qui est autour de nul. Tout ce qui est le mot de... Ah, c'est nul ? De jugement. Ah oui. Nul et ça me manque. ou tu me manques ah oui pourquoi bah c'est une chose par exemple avec ma mère ça fait deux ans que je suis en France je ne l'ai jamais dit tu me manques par exemple parce que il y a quelque chose où elle m'a suffisamment aimée pour qu'elle ne me manque pas et que quand je serai avec elle je profiterai à fond d'être avec elle mais quand je suis ici ne pas sentir la culpabilité de ne pas être avec elle donc voilà du coup elle m'annule et manque et est-ce qu'au contraire il y a un mot que tu adores qui te met en joie Joie. Espoir. Foi. Ce sont des mots qui m'accompagnent, me parlent. Après, ma maman m'a écrit un conte quand j'étais toute petite. Il y a cinq mots. C'est allégresse, enthousiasme, optimisme, union et illusion.