- Speaker #0
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- Speaker #1
Bonjour à toi et bienvenue dans le podcast Les Sentiers du Possible. Je suis Alexandra Ridou, coach certifié et fondatrice de Randos, pour t'accompagner à cheminer vers une vie pleine de sens et d'impact. Chaque lundi, je te partage mes réflexions et outils pour t'aider à atteindre les sommets de ton épanouissement. Et les mercredis, je te laisse découvrir une interview inspirante d'invités qui vivent la vie qui leur correspond vraiment. Ah, et j'ai oublié, je t'invite à écouter chaque épisode en marchant. Les neurosciences l'ont démontré, marcher te permet de prendre plus de recul, de développer ta créativité et ainsi prendre les meilleures décisions pour vivre la vie qui te fait vibrer. Hello, hello ! Je suis ravie de te retrouver aujourd'hui pour cette première interview avec Cécile Bannon, une spécialiste de la quête de sens. Tu verras, j'ai volontairement coupé cette interview en deux épisodes. Dans celui-ci, tu découvriras le parcours de Cécile, ses conseils pour trouver ton ikigai, un job qui fasse vraiment du sens pour toi, et dans l'épisode suivant, on y parlera monde du travail actuel et comment y remettre du sens. Alors sans plus attendre, je te laisse découvrir nos échanges et bonne écoute à toi ! Salut Cécile, je suis ravie de t'avoir aujourd'hui pour une interview autour de cette quête de sens, cette quête d'impact et qui de mieux pour parler de ça que toi. Donc je suis vraiment encore une fois enchantée d'avoir cette conversation avec toi. Pour commencer, il y en a peut-être beaucoup qui ne te connaissent pas. Cécile Bannon, tu es très célèbre pour moi sur LinkedIn en tout cas. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ton parcours, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui pour que les auditeurs sachent à peu près ce que tu fais ?
- Speaker #2
Écoute, d'abord bonjour Alexandra et je te remercie pour cette invitation parce que moi quand il s'agit de parler du sens, forcément ça fait sens pour moi. Donc j'adore, c'est mon sujet favori et je vais t'expliquer déjà pourquoi et de fil en aiguille j'en viendrai à me présenter. Pourquoi ? Parce que dans mon expérience professionnelle, j'ai vécu des jobs qui n'avaient pas de sens. J'ai vécu des jobs qui avaient beaucoup de sens. Et du point de vue de la santé, du point de vue de l'implication, du point de vue de l'engagement, du point de vue du moral, la différence est énorme. Alors, j'ai notamment découvert ça. dans l'un de mes derniers jobs, quand j'étais sociologue. J'étais sociologue à un moment en entreprise, et dans une grande entreprise, et je dirigeais un observatoire social, c'est-à-dire ma mission c'était d'accompagner le changement. qu'est-ce que c'est qui fait blocage, à l'inverse, quels sont les leviers, comment améliorer les choses, tu vois. Et donc, à ce titre, j'ai fréquenté des tas de métiers différents, j'ai mené des centaines et des centaines d'entretiens face à face, et donc j'ai perçu de la souffrance, j'ai perçu du bien-être, et grâce à mes études de sociologie, j'ai pu analyser ça et comprendre proposer une explication au management du moins pour comprendre ce qui se passait dans les situations de travail. Et ça m'a donné aussi des tas d'enseignements sur ce qui se passe, et notamment j'ai pu faire la différence entre ce qui fait sens et ce qui ne fait pas sens. Alors ça c'était une partie de mon activité et cette activité-là je l'ai faite après une reconversion. C'est à 48 ans que je me suis aperçue que je n'étais pas sur le bon chemin, que je ne faisais pas le job qui m'intéressait le plus. Jusque-là je faisais ce que faisait mon père, mon grand-père, alors tu sais, bien dans les rails, il a bien commis. Et puis c'est à 48 ans que je me dis, moi ça ne me correspond pas, ça ne fait pas sens. c'est à dire je ne me voyais plus me projetant dans ces métiers là dans l'avenir tu vois c'est là que j'ai compris qu'il y avait un truc qui ne marchait pas qui ne fonctionnait pas et c'est là que je me suis posé la question mais qu'est-ce que c'est qui me plaît parce que Alexandra on est d'accord si tu fais quelque chose qui est congruent avec toi Ça fait sens. Tant que tu marches en rétro-pédalant ou en allant à l'inverse sur un chemin opposé à qui tu es, ça sera de plus en plus compliqué. Et c'est ce que j'ai vécu moi. Plus j'étais dans ces métiers-là, alors au début je progressais, je me voyais un avenir, ok c'était possible, puis chaque fois je trouvais un intérêt parce que dans tous les postes que je faisais à cette époque-là, j'apprenais quelque chose. Donc ça faisait sens. Parce qu'apprendre, c'est l'une de mes vagues. alors parce que apprendre c'est l'un de mes besoins donc jusque là ça allait bien puis arrivé à un moment où comme je te dis je ne ce que j'apprenais ne me correspondait pas et comme je te dis je ne me voyais pas un avenir et c'est là que le clash cv et c'est là que je me suis dit mais qu'est ce qui est important excellent que voilà alors et c'est pour ça que à chaque fois que j'ai compris tous ces paliers tu vois chaque fois j'ai embrayé sur une activité nouvelle, jusqu'à ce que je trouve l'activité en grand qui me convienne, la racine commune, et à partir de là j'ai décliné des métiers, mais la racine elle reste stable. Et donc c'est la racine qui fait sens. Et c'est comme ça qu'aujourd'hui je brode autour de cette racine et si je dois me présenter, je suis une personne du changement jusqu'à ce que j'ai trouvé mon fondement et que je brode tout autour de ce fondement. Alors il y a toujours des changements, mais c'est des changements qui restent alignés. Je termine sur le changement parce que, pardonne-moi, mais je passe de fil en aiguille.
- Speaker #1
C'est super intéressant.
- Speaker #2
Le changement, c'est la seule chose constante dans la vie. Si tu regardes l'océan, il était différent hier, il sera différent demain. Et toi, chaque jour apporte quelque chose à ta vie. Et c'est pour ça que toi aussi, tu changes. Tous les organismes vivants changent. Donc, accueillons et allons dans le sens du changement, allons dans le sens du courant, et acceptons ce changement qui va venir tous les jours, à condition de rester aligné avec qui l'on est profondément. De mon point de vue, c'est ça, rester dans le... garder du sens à ce que l'on fait.
- Speaker #1
J'ai mille milliards de questions, je réfléchis à laquelle commencer. Une qui me vient déjà, c'est, tu as parlé de cette racine, parce que ce qui fait sens pour une personne, ce n'est pas forcément ce qui fait sens pour une autre personne. Justement, aujourd'hui, pour toi, pour ta vie personnelle et professionnelle, qu'est-ce qui fait sens ? C'est quoi une vie pleine de sens ? C'est quoi cette fameuse racine ?
- Speaker #2
Alors, une vie pleine de sens, la racine pour moi, c'est être avec les autres. si j'étais moi si je suis seule dans une pièce au cas où je parle au mur mais j'ai besoin d'échanger j'ai besoin de J'ai besoin de l'humain, j'ai besoin des êtres humains. Alors, je vais t'expliquer comment moi j'ai trouvé ma racine commune. Quand j'ai quitté ces métiers, tu sais, de la finance, de la compta, de l'audit dans lesquels j'étais à une première partie de carrière, je me suis dit, qu'est-ce que j'aime dans la vie ? Et moi, c'est voyager. Alors, à cette époque-là, je travaillais dans une banque. Donc, aimer voyager dans une banque, si tu veux, le patron, ça ne lui parle pas. Il n'y a pas de poste qui corresponde à ça. Mais j'ai creusé et j'invite tous ceux qui sont en réflexion. Moi, j'appelle ça tirer le fil. Quand tu dis j'aime ça, il faut aller plus loin et dire c'est quoi que j'aime dans ce ça. Donc, moi, dans voyager, en fait, c'est... Quoi qui me plaisait plus particulièrement ? Eh bien, c'était apprendre, découvrir. Ah, tu sais cet étonnement que tu as quand tu découvres quelque chose de nouveau. Et moi, chaque fois que j'allais dans un pays nouveau, c'était par exemple découvrir un habitat, avec quels matériaux sont construites les maisons. Comment d'ailleurs les gens... se loge, comment il se marie, comment il mange, quoi il mange, tout ça c'était de surprise en surprise, toujours cet effet découverte par des gens. C'est peut-être la découverte d'un paysage, certes c'est bien, mais il y a aussi la découverte de l'humain. En fait, moi ce que j'aurais aimé c'est être anthropologue, ethnologue, et je me suis dit, mais si on correspond... Dans une entreprise, si on est un ethnologue, en fait, on est un sociologue. C'est-à-dire, pour moi, les traders, les informaticiens, les comptables, les bacs-office, tout ça, c'était des tribus. C'était des tribus à découvrir. Et c'est comme ça que j'ai repris des études de sociologie et que j'ai trouvé cette racine commune qui tourne autour de comment vivre. comment travaillent, comment vivent ensemble les humains. Et à partir de là, j'ai trouvé des métiers tout autour. Le premier, ça a été la sociologie, la sociologie en entreprise. C'est passionnant. C'est… À chaque instant, tu découvres… Tu ne t'ennuies jamais quand tu travailles avec l'humain. Jamais jamais. Et justement, moi, l'ennui, c'est la pire des choses qui puissent m'arriver. Je ne supporte pas de m'ennuyer. je supporte pas l'ennui c'est pour ça que dans certains postes d'ailleurs c'était dur parce qu'au bout d'une heure que j'avais fini mon travail moi je m'ennuyais ou alors il n'y avait plus rien à découvrir ou alors tu vois c'était sec là c'est terrible s'ennuyer tandis que quand tu travailles avec des êtres humains c'est toujours passionnant c'est toujours une découverte et donc cette Quand j'ai découvert cette racine commune, de faire de la recherche, d'essayer de comprendre comment ça fonctionne, comment on fonctionne en groupe, comment on fonctionne individuellement. C'est comme ça qu'à un moment je suis devenue coach. Je suis devenue coach en transition professionnelle, c'est-à-dire pour que chacun trouve du sens. dans son job. Tu vois, ça faisait sens pour moi que de partager une conviction, mais j'en suis intimement convaincue, qu'on est beaucoup plus heureux quand on a trouvé quelque chose qui fait sens pour soi. On vit épanoui, on vit avec l'espoir, on vit avec l'envie. C'était Johnny Hallyday qui disait Donnez-moi l'envie d'avoir envie. Si tu as du sens, tu as toujours envie d'aller un peu plus loin. Voilà, je vais m'arrêter parce que sinon je peux en parler pendant des heures.
- Speaker #1
Tu parles à une convaincue, donc là-dessus, je comprends, moi aussi, j'ai la même envie que toi.
- Speaker #2
Voilà, mais quelle satisfaction quand tu vois que les gens arrivent à être heureux après. ça, ça fait sens et tu vois en faisant ça, tu partages quelque chose que tu as en toi, tu le partages tu le mets à disposition des autres et ça fait une sorte de spirale, de boucle vertueuse et chacun est heureux, tu rends heureux la personne que tu accompagnes et toi ça te rend heureux qu'est-ce que tu veux de plus beau voilà
- Speaker #1
Justement là-dessus, moi je mélange toujours, en tout cas je mets toujours les deux ensemble, le côté avoir du sens et de l'impact. Parce que j'ai cette croyance que sans impact, c'est difficile de trouver du sens. Est-ce que toi tu penses qu'on peut avoir une vie pleine de sens sans aucun impact quelconque sur justement d'autres humains, la planète ou autre, ou est-ce que selon toi le sens et l'impact vont aussi de pair ?
- Speaker #2
Alors, je comprends parce que dans ton cas, tu vas me dire si je me trompe, ici l'impact ça serait être utile.
- Speaker #1
Ouais, être utile aux autres, tu vois, là tu as de l'impact sur les autres, ceux qui seraient sur la planète, ils auraient un impact sur la planète, mais est-ce que pour toi on peut trouver du sens en ayant un impact entre guillemets que sur soi, tu vois ?
- Speaker #2
Non, non, non, de mon point de vue, il faut partager l'impact. Si les choses sont tournées vers soi… Alors voyons, est-ce que ça ferait sens partiellement du point de vue quand ça te fait grandir ? Si tu continues à apprendre et à t'enrichir intellectuellement, ce qui te donne une vision encore plus large de la vie, alors ça fait sens. de grandir soi-même. Mais comme le disait Picasso, le but de la vie, c'est de le partager. Ce qui fait sens, c'est de trouver le don que l'on a, mais le but, c'est de le partager. Parce que moi, c'est comme ça que j'ai écrit mon livre. J'ai écrit ce livre parce que je me disais, une fois que j'ai mis au point une méthode, ça sert à quoi de ne pas la partager ? Ça sert à quoi de la garder pour moi ? Tu vois, à mes yeux, du coup, on ne terminait pas le boulot. Moi, j'ai mis une méthode au point pour accompagner les gens en transition professionnelle. Ça faisait sens parce que je faisais grandir quelqu'un à côté de moi. C'était extrêmement gratifiant. Mais une fois que j'ai voulu, moi, changer de métier, passer à la conférence, une fois que j'avais… Je me disais, qu'est-ce que je vais faire de ça ? le donner aux autres, le partager. Alors l'impact... je comprends l'impact sur soi-même oui dans le sens où ça fait grandir mais ça ne suffit pas mais c'est peut-être personnel c'est peut-être intime comme tu le disais tout à fait Alexandra le sens c'est éminemment personnel c'est subjectif chacun le voit avec ses yeux à lui, avec sa vision, avec ce qui est important pour lui. C'est d'ailleurs pour ça que tu sais que les entreprises sont bien en difficulté quand les salariés disent donnez-nous un travail qui fasse sens Et ce qui fait sens pour toi ne fait pas sens pour ton voisin. Comment on fait ?
- Speaker #1
il y a des difficultés non mais c'est ultra intéressant c'est une question qu'on m'avait posée où moi j'avais dit justement j'ai du mal à voir une vie pleine de sens sans impact et c'est pour ça que je me suis permis de te poser la question pour avoir un autre avis parce que c'est vrai justement
- Speaker #2
je trouve que c'est quand on n'a pas d'impact la sensation de ne pas avoir d'impact quelconque qu'on se dit que ça manque de sens c'est stérile tu vois pour toi et pour moi en tout cas apparemment merci
- Speaker #1
Tu m'as parlé de ton livre Très Bonnes Transitions, donc tu as écrit un livre sur comment trouver son Ikigai, tu es un peu la queen de l'Ikigai. Est-ce que tu peux nous dire quelques mots déjà pour ceux qui ne connaissent pas l'Ikigai, c'est quoi l'Ikigai ?
- Speaker #2
Oui. Alors, mon livre s'appelle Trouver le job de vos rêves Donc, ça veut dire que je me positionne dans la sphère professionnelle. Et l'ikigai, c'est le job qui vaut la peine d'être vécu. Iki, c'est la vie. Gai, qui vaut la peine. Donc, normalement, c'est la vie qui vaut la peine d'être vécue. Mais si tu le transposes dans la sphère professionnelle, c'est le job qui vaut la peine d'être vécu. Il faut au moins quatre ingrédients. que tu aies les compétences, sinon tu vas être malheureux. Si tu prends un poisson, tu lui demandes de grimper dans un arbre, ça va mal se passer. Deuxièmement, que ça plaise, et c'est là où on rentre dans la congruence avec qui l'on est. Si tu fais un job qui ne te plaît pas, ça va être difficile de trouver un épanouissement. Troisièmement, qu'il fasse sens. Et là, le sens dans l'ikigai, ça veut dire contribuer à quelque chose de plus grand que soi. C'est ce que tu appelles l'impact.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #2
Voilà, c'est le troisième ingrédient. Donc, contribuer à la société, contribuer… à ton environnement immédiat, contribuer à quelque chose qui t'élève, qui soit, tu fasses partie d'un tout, d'un quelque chose de plus grand que toi. Et quatrièmement, que tu sois reconnu, c'est-à-dire que tu gagnes ta vie, sans la perdre, sans la perdre, bien sûr. Voilà, alors l'Ikigai, c'est le job qui vaut la peine d'être vécu. Tu as ces quatre ingrédients, c'est essentiel. Sinon, tu as peu de chances de t'épanouir. Tu vois, si tu n'es pas congruent, si tu n'as pas les compétences, si ça t'ennuie, tu n'as aucune chance de t'épanouir. Et donc, le réussir. Mais maintenant, tu vas me dire, la réussite, c'est quoi ? Là, pour moi, réussite, ça veut dire… épanouissement ça ne veut pas dire gagner un milliard de dollars ça veut dire se sentir à sa place ouais et par rapport aux compétences
- Speaker #1
quelqu'un qui n'a pas les compétences mais qui aime ça et qui a l'envie, tu crois que ça suffit et même si ce n'est pas un poisson, il va pouvoir quand même grimper un arbre, on va dire, ou est-ce qu'il y a une partie de talent qui est un peu innée en nous et qui ne s'apprend pas même si on a l'envie ? C'est quoi ta position entre justement compétences et passion ?
- Speaker #2
Alors, ça dépend, tu sais, si on parle de… Il y a des compétences qui s'apprennent, alors à ce moment-là, ce sont des savoirs, ce ne sont pas des compétences. Mais je pense que si on n'a pas les compétences, ça tu vois, c'est quelque chose qu'on peut rencontrer dans le domaine humanitaire. Il y a des gens qui s'engagent dans des ONG, qui partent à l'étranger, qui partent sur le terrain, et une fois sur le terrain, elles se rendent compte qu'elles ne savent pas faire. c'est pas une réussite donc je pense que non il faut avoir les compétences si par exemple imagine tu pars sur le terrain pour une ONG et tu n'as pas la compétence du relationnel ou de la compétence de du partage, de savoir partager, d'avoir ce côté relationnel, et que tu partes comme ça sur un terrain à l'étranger, pour une ONG, ça va mal se passer, tout le monde sera malheureux dans l'affaire. Donc non, moi je pense qu'il faut, si tu n'as pas les compétences, c'est pas possible que tu sois ton aise, et que tu sois ta place, si tu sens que tu n'es pas bon.
- Speaker #1
Là, tu parles peut-être des soft skills, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Parce que les hard skills, par contre…
- Speaker #2
Si tu vas me dire, si par exemple, je pars pour être comptable, bon, la comptabilité, ça s'apprend. D'accord ? Est-ce que c'est une compétence ou un savoir ?
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment cette différence soft skills, hard skills. L'hard skills, je peux me former et je peux la développer. Soft skills, si supposons que je n'aime pas l'humain et que je n'ai pas envie de relationner avec les humains, ça va être compliqué.
- Speaker #2
C'est compliqué les compétences. Et puis, tu sais, ce que je me rends compte, c'est que les personnes ont du mal à inventorier leurs propres compétences. Comme si elles ne se connaissaient pas. Elles croient se connaître, mais pas suffisamment. Bizarrement, ça peut paraître bizarre. Mais pourquoi ? Parce que... chacun a de la modestie parce que quand on est enfant on t'explique ça ne se fait pas de se vanter ça ne se fait pas de se valoriser ça ne se fait pas de se mettre en avant ça ne se fait pas alors quand t'es adulte on te demande tes compétences tu dis 2-3 compétences puis c'est tout tu vois t'arrêtes quelle frustration mais quelle méconnaissance alors que quand on va jusqu'au bout de ses compétences de ce que l'on sait faire, même intuitivement tu vois par exemple il y a des enfants, ils sont tout petits ils savent déjà faire quelque chose et après ça risque de devenir tellement naturel, donc là c'est la seconde chose qui fait qu'on ne sait pas que c'est une compétence c'est quand c'est tellement naturel qu'on ne se rend même plus compte que c'est une compétence voilà c'est tout c'est ces barrières-là qui empêchent d'être exhaustif dans ses compétences. Or, ça fait partie de la connaissance de soi et de la conscience de sa valeur que d'être exhaustif sur ses compétences, je pense.
- Speaker #1
Et là-dessus, moi je donne un exercice souvent à mes coachés qui ont justement du mal à trouver leurs compétences, c'est de demander à leurs proches. Parce que les proches vont beaucoup plus facilement voir les compétences parce qu'eux n'ont pas la même compétence, ce n'est pas inné chez eux. Donc ils vont dire ah oui, moi je te demanderai de l'aide sur tel sujet, tel sujet Et c'est là où les autres vont dire ah oui, mais ça c'est normal, c'est facile de le faire
- Speaker #2
C'est normal, ben non, c'est une véritable compétence. Voilà, c'est exactement ça. C'est exactement ça l'exemple. Ok,
- Speaker #1
super, merci Cécile. Et alors du coup, j'avais une question pour toi qui a justement fait beaucoup de changements en comptabilité, sociologie, coaching, maintenant conférences. Exactement. Qu'est-ce qui fait, enfin qu'elle est à chaque fois, s'il y a un truc des clics ou une question que tu te poses qui te fait dire, là il faut que je me réinvente. Tu vois, c'est quoi ton process qui te fait dire que là, il y a besoin de se réinventer ?
- Speaker #2
Alors écoute, je le ressens, c'est difficile à expliquer parce que pour moi ça se fait naturellement. Toute ma vie, tous les cinq ans, cinq ans et demi, six ans, j'ai fait autre chose. C'était, et je crois que le déclic, c'est le besoin d'apprendre. Apprendre à apprendre, c'est une soft skills qui est demandée par les entreprises actuellement. Parce que regarde, on a l'IA qui arrive, c'est l'exemple le plus caricatural qu'on puisse imaginer, il va falloir apprendre l'IA. Tu vois, donc c'est tout le temps qu'il faut apprendre quelque chose. C'est une question d'employabilité pour l'individu et c'est une question à titre personnel d'aller avec son temps, d'aller dans le courant. Et puis de mon point de vue, rester statique c'est toujours un petit peu dangereux. Du jour où tu arrêtes de progresser, c'est que tu régresses. C'est que tu régresses justement. Donc c'est cet élan qui m'a toujours fait changer. C'est le besoin de découvrir, d'apprendre quelque chose de nouveau. Là tu vois, je suis conférencière depuis un an, un an et demi. Je suis en formation. tout le temps tout le temps tout le temps j'apprends de ceci j'apprends de cela avec des coachs différents avec des écoles différentes mais c'est apprendre apprendre et ça je ne sais pas si tu partages ça
- Speaker #1
Alexandra ça me paraît tellement fondamental oui justement en t'écoutant parler ça fait miroir je me dis c'est pareil pour moi alors je pense que j'ai des cycles encore plus courts que toi moi c'est tous les deux ans j'ai besoin de changements et d'apprendre des choses et je me demandais je me posais la question du coup en t'écoutant j'ai dit Est-ce que tout le monde a cette valeur apprentissage importante ? Ou est-ce que c'est propre justement à chacun ? Il y en a qui n'ont pas forcément cette valeur apprentissage et ça va être un autre déclic qui va déclencher le changement ? C'est une question que je suis en train de me poser du coup.
- Speaker #2
Oui, mais non, apprendre à apprendre, ce n'est pas un besoin universel. C'est donc encore une fois l'utilité que chacun se connaisse mieux. pour qu'il comprenne quels sont les ressorts qui lui font agir ou le font progresser. Est-ce qu'on a envie de progresser ? Pour moi, oui. Est-ce que tout le monde a envie de progresser ? C'est un peu compliqué, ça je ne sais pas.
- Speaker #1
Est-ce que c'est intrinsèque ou pas ?
- Speaker #2
Moi, il me semble qu'on a tous besoin d'avoir un avenir possible. Alors après, comment on nourrit cet avenir ? Est-ce que c'est par l'apprentissage ? Est-ce que c'est par le changement ? Est-ce que c'est par une projection ? Est-ce que c'est par autre chose ? Ça, ça dépend de l'individu. Mais il me semble que si on ne se voit pas d'avenir, le moral est tombe, tu sais, c'est comme les jeunes disons, faut-il ben justement, le moral c'est pas possible de mon point de vue c'est difficile de ne pas se projeter de ne pas avoir d'avenir, de s'imaginer bloqué, de s'imaginer ben maintenant ma vie s'arrête wow mais t'as raison,
- Speaker #1
parce que je me rappelle plus des chiffres exacts, mais il y avait des études qui démontraient que justement, quand on passait à la retraite, je crois qu'il y a une personne sur deux qui a un cancer dans les deux années qui suivent la retraite. C'est ça. Et c'était justement expliqué par le fait qu'il y a eu un objectif de vie, il y a eu tout un truc qui nous motivait à avancer. Puis on arrive à la retraite et d'un coup, il n'y a plus d'objectif de vie, il n'y a plus de choses qui nous motivent à avancer. Et il n'y a plus de sentiment d'activité.
- Speaker #2
Alors moi, je vais te raconter une histoire. Quand moi, j'ai pris ma retraite, je suis allée dans une… Au début, je suis allée dans une association. Et j'ai vu des personnes qui mourraient caricaturellement, symboliquement, parce qu'elles n'avaient plus le prestige social de qui elles étaient avant. Et c'est souvent ça, des personnes qui perdent le sentiment d'exister parce qu'elles ont perdu leur travail. C'est un drame absolu. Donc il faut... toujours garder une activité et si comme tu dis le seul objectif, le seul avenir qu'on se voit c'est celui de la mort, évidemment autant mourir tout de suite quoi. Donc non, on peut être un milliard de fois utile même si on a stoppé le travail, on peut trouver d'autres activités, rester utile et se projeter encore dans des projets. Avoir des projets, c'est avoir un avenir.
- Speaker #1
Ouais, exactement.
- Speaker #2
Voilà. Projet, se projeter. Donc c'est ça le moteur, tu vois, c'est ça qui va... pousser. Et c'est ça qui te donne envie de te lever le matin, parce que t'as un truc intéressant à faire.
- Speaker #1
Ça me fait penser en ce moment, je suis la formation de Julien Mussi, qui dit que tout individu qui ne suit pas sa raison d'être s'auto-détruit. C'est un peu ça finalement. Quand on se perd, quand on n'a plus d'objectif, le corps finalement finit par s'auto-détruire, dépression ou autre.
- Speaker #2
La dépression amène d'autres maladies. psychosomatiques, des vraies maladies, je veux dire du corps, mais qui viennent en fait de l'esprit. oui oui oui je comprends tout à fait ce qu'il dit sa raison d'être c'est le sens c'est ce qui fait sens pour soi ma raison d'être c'est de partager c'est de vivre avec des gens c'est d'échanger c'est d'être moi par exemple tu vois si dans un cocktail je connais personne mais je te promets que ça m'est arrivé pas plus tard que la semaine dernière j'allais dans un dîner d'une dîner
- Speaker #0
d'un groupe d'affaires, d'un club d'affaires. Comme j'étais invitée, c'était la première fois que j'allais, évidemment, je ne connaissais personne. Donc, j'étais plantée là, au milieu, à regarder les autres gens qui parlaient. Moi, je veux aller vers des gens, puis je leur ai dit, Ouh, ouh, moi, je m'appelle Macha, et je viens me parler avec toi. C'est impossible de ne pas créer un contact. Donc, ça, c'est ma raison d'être. C'est ce qui fait sens pour moi. Et ça, comme toi tu dis, comme la formation de cette personne, c'est trouver la sienne. Et après, tu vas décoller d'énergie, de vie, de joie. de plaisir, enfin je ne sais pas. Et ça, tu sais, ce sont des éléments qui permettent de réguler le fonctionnement génétique. C'est prouvé, c'est prouvé. Tu sais, on hérite d'une carte génétique, mais après... on peut avoir un comportement qui influe sur la régulation du fonctionnement génétique. La joie, le plaisir, la sociabilité, la qualité des relations sociales, ce sont des ingrédients qui favorisent la régulation du fonctionnement génétique. J'insiste là-dessus.
- Speaker #1
Oui, c'est ultra intéressant. Merci à toi, Cécile. Avant de te plonger dans la question de coaching du jour, pense à rejoindre la plateforme d'exercice en ligne du podcast pour y retrouver les notes d'épisodes, les questions de coaching et l'action à réaliser pour cheminer pas à pas vers une vie pleine de sens et d'impact. Le lien est en description de l'épisode. Et bien évidemment, si tu as aimé cet épisode et le concept du podcast, tu peux me le faire savoir en me laissant une belle note ou un joli commentaire sur la plateforme de ton choix. Tu peux aussi partager le podcast à une personne qui peut en avoir besoin. Et c'est parti pour tes deux minutes de coaching et on se retrouve très vite dans le prochain épisode. Bye bye ! Pour clôturer cet épisode de podcast, je t'invite donc à te poser cette question conseillée par Cécile. Quelles sont tes compétences ?
- Speaker #2
Merci