Speaker #1derrière chaque ligne, une histoire. Bienvenue dans Lignes de code, le podcast qui explore les coulisses du développement et de l'innovation tech. Une ligne de code à la fois, jamais plus de 5 minutes. Aujourd'hui, on plonge dans une histoire fascinante. Siri, l'assistant vocal d'Apple, souvent vu comme une révolution, mais pour certains, frôle l'accident industriel. Pourquoi et comment tout a commencé ? Attachez vos ceintures, on a 5 minutes pour explorer cette saga. Remontons à 2007, une petite start-up, Siri, voit le jour à San Jose, portée par trois visionnaires, Doug Kittlos, Adam Scheer et Tom Gruber. Leur rêve ? Créer un assistant vocal inspiré de la science-fiction, capables de répondre à vos questions. Comme un ami. Le nom Siri, d'ailleurs, c'est une anecdote savoureuse. Dag Kittloss, d'origine norvégienne, choisit ce mot qui signifie belle victoire, en norois, parce qu'il sonne court, humain et universel. A l'époque, l'équipe bosse dans un petit bureau avec des serveurs bricolés. Ils passent des nuits blanches à coder pour que Siri comprenne des phrases comme « Trouve-moi un resto italien » . Leur techno vient d'un projet d'ARPA, Calo. destiné à aider les militaires à organiser des données complexes. C'est ambitieux mais fragile. En 2010, il lance une app indépendante sur l'App Store. Et là, coup de théâtre, Steve Jobs voit une démo. Il pose une question tordue sur une réservation de restaurant. Siri répond du tac au tac. Jobs est bluffé et rachète Siri pour 200 millions de dollars. L'équipe passe de la start-up au géant, Apple. Le rêve, non ? Aujourd'hui, en tout cas, Siri n'est plus l'affaire d'une petite équipe dans un bureau bricolé. Apple mobilise plusieurs centaines d'ingénieurs à travers le monde, entre spécialistes de la voie, experts en IA et équipes d'infrastructures. Un effectif digne d'un projet stratégique, même si malgré cette armée de talents, Siri reste loin de ses concurrents sur certains points. Mais voilà, ça va se corser. Revenons à l'année 2011. Il faut intégrer Siri à l'iPhone 4S et c'est un défi monstre. L'équipe originale raconte que Steve Jobs, perfectionniste, teste Siri avec des questions improbables, genre quel est le sens de la vie. Il s'amuse alors à coder des réponses drôles comme 42, qui est un clin d'œil au guide du voyageur galactique. Ces Easter Eggs, comme on les appelle, deviennent la marque de fabrique de Siri, mais ils masquent un problème, la techno n'est pas prête. À sa sortie, Siri est présentée comme une bêta et les utilisateurs se plaignent vite de réponses absurdes ou de bugs, comme suggérer un resto à 500 km pour un dîner local. Alors pourquoi parler d'accident industriel ? parce que Siri n'a jamais vraiment rattrapé son retard. Pendant que Google Assistant et Alexa, lancés plus tard, investissent dans l'IA et les données massives, Siri reste limitée par l'approche d'Apple qui mise tout sur la confidentialité. Résultat, il peine à comprendre les accents ou à gérer des conversations complexes. Une anecdote révélatrice aussi sur le projet, la voix de Siri, celle de Suzanne Bennett, vient d'enregistrements faits en 2005. pour un projet sans lien avec Apple. Suzanne découvre qu'elle est la voix de Siri en regardant la keynote de 2011. Personne ne l'avait prévenue. Ça montre le chaos aussi dans le développement. Pourtant, on en parle peu. Pourquoi ? Apple, maître du secret, étouffe les critiques. Siri fait le job pour des tâches simples, alarmes, messages, donc le grand public passe outre. Et avec ces milliards, Apple détourne l'attention vers l'iPhone ou la Watch. Mais les initiés murmurent, Siri aurait pu être bien plus. En 2024, Apple promet une refonte avec Apple Intelligence, mais est-ce trop tard ? Notons que chaque année, Apple investit plus de 30 milliards en R&D et Siri en capte une bonne part. 20 milliards dédiés à l'IA en général chez Apple en 5 ans. On peut dire sans trop se tromper que des millions par jour sont consacrés pour doper les capacités de Siri. C'est un blockbuster permanent. Chaque journée, c'est comme produire un film hollywoodien, enfin presque. Alors Siri, c'est une vision audacieuse qui a été freinée par des compromis et une exécution sûrement bancale, de la start-up bricolée aux exigences de Steve Jobs en passant par des refondes d'équipes à répétition. C'est une leçon de tech que même les géants peuvent trébucher. Ah, petit détail souvent oublié, Siri c'est aussi une armée de brevets. Apple en détient plusieurs dizaines couvrant tout. de la reconnaissance vocale à la version texte en passant par la sécurité. Certains brevets ont même fini au tribunal. En Chine, Apple a perdu une bataille contre une entreprise locale. Et aux États-Unis, ils ont payé 25 millions de dollars pour en régler une autre. Moralité, protéger Siri, ça coûte cher aussi. Mais pour Apple, c'est le prix de la guerre dans le monde des assistants vocaux. Merci d'avoir écouté Ligne de Code. Si vous aimez, partagez et retrouvez-nous pour plus d'Histoire Tech. À bientôt.