- Speaker #0
Coucou, c'est Louise !
- Speaker #1
Et Joseph, installez-vous bien !
- Speaker #0
Vous êtes bien installés ? Sous la couette, c'est mieux !
- Speaker #1
Moi je suis prêt depuis 10 minutes !
- Speaker #0
Une histoire avec un art immense qui ne pisse jamais ! et un petit roseau qui se penche à chaque coup de vent.
- Speaker #1
Je m'occupe du chêne et Louise nous fait le roseau.
- Speaker #0
C'est le chêne et le roseau de Jean de La Fontaine. Un podcast proposé par ST-L.
- Speaker #1
Et tu sais quoi ? Bientôt, ce n'est plus nous qui choisirons les histoires.
- Speaker #0
C'est vous ! Laissez un commentaire, avec papa ou maman, sous notre publication épinglée, sur notre Instagram, avec la fable ou le conte que vous voulez entendre.
- Speaker #1
Et le jour où ce sera la tienne, on dira ton prénom.
- Speaker #0
On y va ?
- Speaker #1
On y va. Écoutez bien.
- Speaker #0
Il était une fois, au bord d'une rivière, Un chêne immense, le plus grand de toute la région. Ses branches montaient si haut qu'elles touchaient presque les nuages.
- Speaker #1
Et son tronc, énorme ! Il aurait fallu dix enfants se tenant par la main pour en faire le tour.
- Speaker #0
Tout en bas, juste à côté de lui, poussait un petit roseau. Tu sais, ces fines plantes vertes qui penchent au bord de l'eau ?
- Speaker #1
Niniscule à côté du géant. Et le chêne, lui, il était drôlement fier de sa taille. Ho ho, regarde-toi un peu, pauvre petit roseau. La moindre brise te fait courber la tête.
- Speaker #0
Un oiseau se pose sur toi et hop, te voilà plié en deux. Vraiment, la nature a été bien dure avec toi. Oh là là, il ne se prend pas pour rien ce chêne. Tu trouves pas, Joseph ?
- Speaker #1
Carrément, il se croit le roi de la rivière. Moi, vois-tu ? « Je suis solide comme une montagne. Le vent peut souffler tant qu'il veut. Je ne bouge jamais, pas d'un centimètre. »
- Speaker #0
Et le petit roseau, lui, il écoutait tout ça sans se fâcher, tranquillement. Alors le roseau a penché doucement la tête, comme toujours, et il a répondu d'une voix très calme. « Tu es bien grand, c'est vrai, et je t'admire. Mais ne me plains pas trop, Amishen. » Vois-tu, quand le vent souffle, moi je plie, et toi tu résistes. Et là les amis, La Fontaine met dans la bouche du roseau quelques mots que je vous dis exactement comme il les a écrits. Je plie et ne romps pas. Romps ? Joseph, ça veut dire quoi, romps ?
- Speaker #1
Ça veut dire casse. Je me penche, mais je ne me casse pas. Retiens-la celle-là, elle va servir. Et c'est tant mieux ! Résister, c'est être fort. Plier, c'est être faible.
- Speaker #0
Peut-être. Mais celui qui plie ne se casse pas. Tandis que celui qui ne plie jamais, un jour il peut se briser.
- Speaker #1
Oulà ! Là, le chêne, ça ne lui a pas plu du tout. Me briser ? Moi ? Petit roseau, tu dis n'importe quoi. Je suis là depuis cent ans et je serai encore là dans cent ans.
- Speaker #0
Et juste à ce moment-là, les amis, le ciel a commencé à changer de couleur.
- Speaker #1
Oh oh, ça sent les ennuis, ça !
- Speaker #0
Tout au fond de l'horizon, un gros nuage noir est arrivé. Le vent s'est mis à souffler de plus en plus fort.
- Speaker #1
Wouh ! Les feuilles tourbillonnaient ! La rizière faisait des petites vagues !
- Speaker #0
Le roseau, lui, se courbait jusqu'à toucher l'eau, puis il se relevait. Puis il se recourbait, souple, « Pfff,
- Speaker #1
regarde-le danser dans tous les sens. Ridicule ! Moi, je reste droit, bien droit ! »
- Speaker #0
Et le chêne serrait ses racines de toutes ses forces, et il ne bougeait pas d'un poil.
- Speaker #1
Mais le vent, lui, il n'avait pas dit son dernier mot. Il soufflait de plus en plus fort, et de plus en plus fort !
- Speaker #0
Ce n'était plus du vent, les amis. C'était une... Tempête, la plus grosse tempête depuis très très longtemps. Penche-toi, mi-chaîne, plie un peu, je t'en prie, fais comme moi.
- Speaker #1
Jamais, un chêne ne plie pas, un chêne ne plie jamais. Et là, le vent a poussé, poussé de toutes ses forces sur le grand chêne.
- Speaker #0
Le chêne, lui, refusait de bouger. Alors il poussait dans un sens, le vent poussait dans l'autre. Et personne ne voulait céder.
- Speaker #1
Aïe, aïe, aïe, ça va mal finir, ça.
- Speaker #0
Et puis, crac !
- Speaker #1
Le grand chêne, le géant, le plus fort de toute la région, s'est cassé.
- Speaker #0
Tout d'un coup, parce qu'il n'avait jamais voulu piller, pas même un tout petit peu.
- Speaker #1
Oh, mais, mais comment c'est possible ? Moi qui étais si solide.
- Speaker #0
Et il est tombé en travers de la rivière, dans un grand... fracas d'eau et de feuilles.
- Speaker #1
Et alors, petit à petit, le vent s'est calmé. Le nuage noir est parti, le soleil est revenu.
- Speaker #0
Et le petit roseau, lui, il était toujours là, un peu décoiffé peut-être, mais bien vivant, bien droit au bord de l'eau.
- Speaker #1
Trempé de la tête aux pieds, mais entier, le minuscule roseau avait tenu et le géant était par terre.
- Speaker #0
Repousse-toi bien, Amichène, tu étais très fort, c'est vrai, mais la force... Ce n'est pas seulement de ne jamais bouger. Le grand chêne par terre et le petit roseau debout. Joseph, je ne reviens pas.
- Speaker #1
Et pourtant, c'est exactement ce qu'avait écrit, il y a très longtemps, Jean de La Fontaine. Le roseau plie, mais ils ne rompt pas.
- Speaker #0
Plier, mais ne pas casser. Mais ça veut dire quoi pour nous ?
- Speaker #1
Alors attention, plier, ça ne veut pas dire se laisser marcher dessus. Ça veut dire que sur les petites choses, le jeu qu'on choisit, qui passe en premier, on peut céder un peu, écouter, dire pardon quand on s'est trompé.
- Speaker #0
Comme quand on se dispute pour la télécommande ?
- Speaker #1
Comme la télécommande. Celui qui ne veut jamais céder, même pour une toute petite chose, c'est lui qui finit par se casser, comme le chêne.
- Speaker #0
Hier, c'est toi qui as cédé. Tu as regardé mon dessin animé.
- Speaker #1
Et je n'ai pas cassé, tu vois ? Mais quand c'est vraiment injuste, Là c'est différent. Là on se tient droit, on dit stop calmement et on en parle à papa, à maman ou à la maîtresse.
- Speaker #0
Qui c'est à qui ça me fait penser moi ? À une maman, blanche de Castille !
- Speaker #1
Bien joué ! C'était la maman du roi Saint Louis et quand son fils était encore un petit garçon, c'est elle qui a gardé le royaume à sa place.
- Speaker #0
Toute seule ? Une maman qui dirige tout un pays ?
- Speaker #1
toute seule et beaucoup de grands seigneurs qui étaient très costauds, ont voulu lui prendre le royaume. Des gros chênes bien fiers, j'imagine.
- Speaker #0
Et eux, ils n'ont jamais voulu piller ?
- Speaker #1
Jamais. Mais Blanche, elle, elle était comme le roseau. Sur les petites choses, elle pillait. Elle retulait un peu, elle discutait, elle attendait le bon moment. Mais son petit garçon et le royaume, ça, elle ne les lâchait jamais. Elle tenait bon, puis elle se relevait.
- Speaker #0
Comme le roseau dans le vent, elle penchait et hop, elle se redressait.
- Speaker #1
Voilà, souple quand elle pouvait céder, debout quand c'était injuste. Et un souci après l'autre, elle a sauvé le royaume de son petit garçon qui est devenu Saint Louis, le grand roi.
- Speaker #0
Alors quand une grosse tempête me tombe dessus...
- Speaker #1
Tu plies sur les petites choses et quand c'est vraiment injuste, tu tiens bon et tu te relèves, comme Blanche.
- Speaker #0
Et voilà, c'est déjà fini pour aujourd'hui.
- Speaker #1
Une histoire des éditions Saint-Louis. Retrouvez-nous sur internet et sur les réseaux sur st-louis.fr
- Speaker #0
Et si l'histoire vous a plu, laissez-nous une petite note avec papa ou maman.
- Speaker #1
Ça prend deux secondes et ça nous aide beaucoup. A jeudi prochain les amis !