- Speaker #0
Bienvenue dans Maman Grandiose, le podcast qui célèbre les mères audacieuses, celles qui osent s'entreprendre et mener à bien leurs projets, qu'ils soient petits ou grands. Je suis Stéphanie, une maman comme vous, avec l'ambition d'évoluer à travers chaque projet. Pour moi, s'entreprendre, ce n'est pas seulement créer une entreprise, c'est un état d'esprit, un engagement vers ses projets, quels qu'ils soient. Qu'il s'agisse d'écrire un livre, de rénover une maison, Voyager, créer un business, s'entreprendre, c'est oser. Oser se réinventer, oser rêver et surtout, oser avancer malgré les défis. Dans ce podcast, je veux donner la parole à ces hommes qui osent exprimer leur ambition, comprendre leur état d'esprit, connaître leur parcours avec sincérité et transparence. Je souhaite qu'ensemble, nous explorons ces témoignages sans filtre pour découvrir les clés d'audace, s'inspirer. et de s'encourager à atteindre nos rêves. Alors si toi aussi tu débordes d'idées, mais que la peur t'empêche d'avancer, ce podcast est fait pour toi. Laisse-toi inspirer, croire en tes projets et surtout, autorise-toi à te révéler. Hello ! J'espère que vous allez bien et que vous avez passé un bel été, que vous êtes prêts pour la rentrée. Il y a quelques semaines, j'ai reçu Marine au micro de Maman Grandiose. Elle est partie faire le tour de l'Orabe en van avec son mari, ses trois enfants, son chien, rien que ça. Derrière cette aventure incroyable, il y a une histoire bien plus intime. Un choc traumatique à la naissance de sa fille, une dépression, un besoin vital de se retrouver et de respirer à nouveau. Dans cet épisode, on a parlé avec Marine de l'importance du sport pour retrouver une santé mentale, mais aussi de s'accrocher à ses rêves pour donner une perspective à sa vie. Marine, c'est une maman qui a choisi le mouvement, l'aventure. et la liberté, plutôt que la peur et l'immobilité. C'est très ému des échanges qu'on a eu avec Marine. C'est une femme résiliente, humble. Crois-moi, son histoire va te secouer et t'inspirer, je l'espère. Cet épisode t'a donné de la force, du courage. N'hésite pas à nous écrire, ça nous fera grandement plaisir. Bienvenue dans ce tout nouvel épisode de Maman Grandieuse. Bienvenue Marine dans le podcast de Maman Grandieuse.
- Speaker #1
Je suis heureuse de t'accueillir.
- Speaker #0
Pour commencer, je ne sais pas si tu as entendu les autres podcasts. Oui. J'aime bien poser la question qui es-tu Marine ? Seulement la femme, pas la mère, pas la profession. Qu'est-ce que c'est toi ? Qui es-tu au quotidien ?
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Marine, j'ai 33 ans, bientôt 34, et je suis une passionnée de sport, surtout d'aventure. J'aime trop la nature et tout ce qui est famille, tous ces moments en famille, c'est ce qui fait moi.
- Speaker #0
Quelle maman es-tu ? Déjà, combien tu as d'enfants ? Et quelle maman es-tu au quotidien ?
- Speaker #1
que la dix ans, le deuxième à six ans et la dernière à bientôt trois ans. Et je suis une maman qui fait au feeling, qui fait ce qu'elle peut pour être la meilleure des mamans à leurs yeux. On va dire que je ne suis pas très patiente. Donc du coup, il faut que je compose avec ça pour ne pas leur faire de la peine, pour essayer d'être le plus conciliante possible et bienveillante, ce qui n'est pas facile.
- Speaker #0
Ça me parle beaucoup l'impatience. Comment tu fais pour gérer ton impatience, par exemple ?
- Speaker #1
Alors, du coup, ça passe par le sport. Donc, moi, si je ne me défoule pas de mon côté, ça va se répercuter directement sur eux.
- Speaker #0
Tu fais quoi comme sport, du coup, au quotidien ?
- Speaker #1
Alors, je fais du touch rugby. C'est du rugby mixte à cinq, à cinq ans. Et après, je... J'essaie d'aller courir un peu, 4-5 kilomètres de temps en temps. Puis on fait du vélo tous ensemble. Voilà.
- Speaker #0
Oui, tu fais des sports aussi en famille ?
- Speaker #1
Oui. Rando ? Oui, on fait de la vélo. Vélo. On aime bien les voyages en itinérance sans vélo. Tu vois, donc on part... C'est souvent que l'été, on a trois semaines, on part trois semaines. On bivouaque avec la tante, le chien, les deux remorques et c'est parti. Ça, c'est ce qui nous fait le plus vibrer, vraiment.
- Speaker #0
Et depuis que tu as tes enfants, vous le faisiez sans les enfants ?
- Speaker #1
Non, on l'a fait dès qu'on a eu Idriss. Après, on l'a refait quand on a eu Alessio. Puis là, ça fait deux ans avec Tess aussi. On est repartis les deux étés là. OK.
- Speaker #0
Et en termes d'organisation, pour partir au bivouac avec trois enfants ?
- Speaker #1
Franchement, tu prends le minimum et... Et ça passe. Oui, c'est pas... Tu vois, le côté matériel, c'est vraiment quelque chose qui questionne les gens. Quand on leur dit qu'on part à cinq en vélo, Mais vous mettez tout, mais non, en fait... Tu trouves toujours déjà si tu as besoin en France à acheter quelque part. Et puis, le plus important, c'est quoi ? Ton duvet, ta tente pour ne pas être mouillée et ton réchaud pour manger. Et voilà.
- Speaker #0
Quelques affaires.
- Speaker #1
Quelques affaires et des réparations pour le vélo au cas où. Et voilà.
- Speaker #0
Oui, parce que tu avais fait ton projet de Vierona aussi avec...
- Speaker #1
Oui, on a fait la Vierona. L'année d'après, on a fait la Vélodyssée. Bien, Renaud, on a fait 400 km. La Véodice, on en a fait 500. On avait prévu de faire la Loire. Donc là,
- Speaker #0
tu avais Idriss, ton plus grand, ou tu avais aussi...
- Speaker #1
Idriss et Alessio. Idriss a pédalé. Alessio était dans la remorque.
- Speaker #0
Il avait quel âge, Idriss ?
- Speaker #1
C'était 2021, donc 7 ans. OK. 6 ans, 7 ans, oui.
- Speaker #0
Et donc, il a fait combien de kilomètres avec vous ?
- Speaker #1
40 km par jour, on faisait. Par jour ? Pendant 12 jours. 12 jours. Et il y avait zéro dénivelé, donc du coup... voire un petit peu de dénivelé négatif. Donc, du coup, c'est plutôt descendant. Il pédalait à peine, quoi, en fait. Il n'est pas chargé. Nous, on pédalait, on avait la force de... On pédalait, il fallait de la force parce qu'on avait la remorque et parce qu'on est quand même chargé en nourriture, en eau, enfin, tout ça. Mais après, la Vélodyssée, en fait, elle est facile, surtout dans le sens...
- Speaker #0
Descendant.
- Speaker #1
Descendant.
- Speaker #0
Vous n'êtes pas remontée, vous êtes descendue, en fait.
- Speaker #1
Oui, en fait, on descend. Et après, on remonte en train jusqu'à la voiture.
- Speaker #0
Et ça, c'était donc en été, vous êtes partie ? Oui,
- Speaker #1
on fait les trois semaines de vacances d'été. Et tu vois, quand on dit aux garçons, c'est quoi vos vacances préférées ? On fait un peu tout. Ça nous arrive aussi de partir en avion, même si ce n'est pas ce qu'on a envie de faire le plus. Et tu vois, ils disent, c'est le vélo, en fait. C'est de partir en vélo, dormir dans la tente dans la forêt, faire des cabanes.
- Speaker #0
La nature.
- Speaker #1
La nature.
- Speaker #0
Et ton chéri est pareil ? La liberté. Tu avais autant besoin d'être dehors l'un que l'autre.
- Speaker #1
Oui, encore plus lui, je pense.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'anime le plus en ce moment, Marine ?
- Speaker #1
Du coup, le voyage. C'est ce qui m'a animée en tout cas pendant six mois. Être en famille, en voyage, c'était vraiment... C'était mon rêve depuis toujours et en fait, on l'a réalisé. C'est dur de se dire qu'on a réalisé un rêve qu'on attend depuis tellement longtemps. Vraiment, tu as du mal à prendre conscience de ça. Tu es dans le voyage et tu te dis, il faut vraiment que je me dise. Je profite, c'est bon, je réalise mon rêve, tu vois. Ah, ça, c'était le plus dur. J'avais besoin d'écrire ce que je faisais et tout pour me dire, ça y est, j'y suis, je suis ancrée dans le moment, tu vois.
- Speaker #0
Donc, tu t'es fait incarner avec tes souvenirs.
- Speaker #1
Pas mes souvenirs, mais mes ressentis surtout, tu vois. Je n'avais pas besoin d'écrire, aujourd'hui, on a fait ça, ça, ça. J'avais besoin d'écrire, aujourd'hui, j'ai ressenti ça. J'étais triste, j'étais heureuse.
- Speaker #0
Tu t'es déjà replongée dedans ?
- Speaker #1
Non. Je n'ai jamais fait ça. Là, on a eu plein de carnets de voyage offerts. Tu sais, quand on est parti, tout le monde s'est dit, « Ouh là là, il faut leur offrir un carnet de voyage. » Donc, j'en avais neuf, je crois, à peu près. On n'en a pas rempli neuf, mais on en a bien rempli quand même.
- Speaker #0
Parce qu'on n'en a pas encore parlé, mais vous êtes partie en van plusieurs mois avec ta famille, donc tes trois enfants, ton chéri et ton chien. Et donc, vous avez fait le tour de l'Europe.
- Speaker #1
Oui. Depuis,
- Speaker #0
vous êtes partie…
- Speaker #1
On est partie mi-janvier. Et on est revenu mi-juillet.
- Speaker #0
D'où est venue l'idée folle, ou en tout cas courageuse, de partir autant de mois ?
- Speaker #1
Déjà, ça vient de moi, l'idée, forcément. Je pense qu'Axel, mon conjoint, a toujours rêvé de voyager. Mais moi, je rêve, mais j'ai envie d'oser, en fait. Axel, il est plus dans... Bon, peut-être que ça passera, et on fera autre chose. Et puis voilà. Moi, j'ai toujours eu cette idée-là. Donc, je l'ai un peu travaillée au corps pour pouvoir partir. Et en fait, je lui ai dit, en fait, c'est le moment ou jamais. J'ai pas de travail. Toi, tu peux faire en sorte que pendant six mois, tu ne travailles pas.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais nous dire quel est son métier ? Comment il s'est organisé, lui, de son côté ?
- Speaker #1
Alors, du coup, il travaille... Il est salarié de ses parents. OK. Donc, en plombier chauffagiste. Et du coup, c'était quand même plus facile pour lui de dire à ses parents, pendant six mois, je ne serai pas là. Vous organiserez ou pas. Mais du coup... Avec Marine, on a décidé de partir faire le tour de l'Europe et puis ça se fera comme ça.
- Speaker #0
Je voulais savoir comment était venue l'idée. Donc, c'est toi qui as initié le projet. En tout cas, tu l'avais en tête et tu avais besoin que ça se réalise.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je voulais te demander, tu disais que tu n'avais pas de travail, mais parce que du coup, tu as eu TESS il y a trois ans, donc tu étais en congé parental.
- Speaker #1
Non. Non ? J'ai repris le travail. TESS avait quatre mois et demi. crois que c'est ça au troisième en fait j'ai j'ai très mal je suis tombé malade après mon accouchement enfin j'ai fait une embolie pulmonaire et du coup ça m'a ça m'a fait faire une dépression un choc post-traumatique un joyeux cocktail et du coup je j'ai cherché une raison de faire de ta les besoins ré mais la vie fin de me ressentir me sentir ancrée dans le moment et de tu avais besoin de ressentir vivante. vivante et de se dire que j'aime la vie et que la vie elle est belle en fait.
- Speaker #0
Et tu avais besoin de t'accrocher à un projet pour pouvoir ressentir tout ça.
- Speaker #1
Et le projet surtout de vraiment de ce rêve, tu vois de se dire que C'était ça que je voulais vraiment et j'avais l'impression que ça allait me sauver un peu de ce sentiment de tristesse qui pouvait m'animer depuis deux ans, tu vois. Donc voilà. Aujourd'hui,
- Speaker #0
juste, tu voudrais nous partager ton ressenti avant de nous expliquer comment s'est passé le voyage et qu'on rentre dans le vif du sujet. Mais déjà là, au retour, est-ce que...
- Speaker #1
Ah oui, rien à voir. Enfin, je me sens vraiment plus légère et j'ai l'impression de m'être retrouvée, moi. Pendant le voyage, ça n'a pas été facile. Je n'ai vraiment pas... Mais je n'ai pas arrêté d'angoisser du jour au lendemain. Ça a pris vraiment peut-être cinq mois. D'accord. Pour réussir à calmer mes angoisses, tout ça. Et le dernier mois, vraiment, je ne sais pas, ça fait un déclic. Et je me suis revue moi-même et j'ai profité à fond. Et là, je reviens et je suis redevenue moi-même, on va dire. Je me sens la marine d'avant.
- Speaker #0
Avant cette période un peu... douloureuse et compliquée. Et sans le voyage, tu penses que ça aurait été compliqué ?
- Speaker #1
Je sais pas, j'y ai pas pensé en vrai. Je sais pas.
- Speaker #0
En tout cas, c'était un besoin pour toi et tu l'as assouvi. C'est trop chouette. Comment t'as eu la force ? Parce que je sais que quand on est en dépression, c'est difficile d'y aller. C'était dans ton corps, dans ton instinct qu'il fallait y aller.
- Speaker #1
Je sais pas comment j'ai trouvé la force. Je me pose encore la question parce qu'en fait, t'as tellement envie de rien faire. T'es tellement dans un mood mauvais. Tout est noir et Merci.
- Speaker #0
ça demande beaucoup d'efforts.
- Speaker #1
Ça demande de l'énergie de...
- Speaker #0
Ne serait-ce que juste de sortir de son lit ou de sortir dehors.
- Speaker #1
De s'occuper de ses enfants, de faire à manger. Tout est tellement fatigant. Et du coup, je sais pas. En fait, ça faisait des périodes où j'avais très très envie de penser à autre chose. Et du coup, j'avais le voyage qui me motivait, qui me faisait penser à autre chose. Donc, j'avançais sur le voyage. Tu l'organisais. Pour l'organisation, voilà.
- Speaker #0
Tu préparais ton circuit.
- Speaker #1
Voilà, donc ça, ça commence. C'est déjà un petit chemin dans la tête qui se fait et qui te permet de penser à d'autres choses que ta dépression et ta tristesse.
- Speaker #0
Du coup, tu as initié le projet de voyage. Axelle t'a suivie. Vous avez donc décidé de partir six mois. C'est quoi le lien ? D'où vient ce goût d'aventure, de sport ? Est-ce qu'enfant, tu étais...
- Speaker #1
À l'euse. sport, oui,
- Speaker #0
toujours.
- Speaker #1
C'est mon papa qui nous a toujours fait faire du sport et j'ai toujours aimé la compétition, surtout, de gagner. Si je perdais, j'étais très mauvaise perdante. Et le dépassement de soi, se donner des défis, tout ça, j'ai toujours aimé. Je rêve de faire Koh Lanta parce que vraiment, j'ai envie de me dépasser, de me prouver à moi-même que je suis capable. Déjà parce que quand tu es maman, tu ne penses pas forcément à toi-même en premier. Et du coup, ce genre d'aventure solitaire me permettrait de me dire que je suis marine avant tout, avant d'être une maman parmi tant d'autres. Mais le voyage en famille, c'était aussi une aventure qui me permettait de... de prouver aussi à moi-même qu'on était capable de partir six mois, de laisser notre famille et de vivre la vie comme on l'entendait.
- Speaker #0
Et donc là, tu aurais besoin de partir seule pour t'expérimenter ?
- Speaker #1
J'aimerais vraiment pas partir seule, parce que ça, je pense que je suis un peu trouillarde pour partir seule. Et puis, j'aime trop partager avec Axel, mes enfants aussi, mais surtout avec Axel. Mais c'est vrai que s'il se présentait à un truc comme Koholanta ou je ne sais pas... ou un raid sur 10 jours où tu fais des activités, il faut être compétitrice, il faut se dépasser. Ça, oui, j'aimerais bien. Mais partir plus longtemps, je ne suis pas sûre. Pas plus d'un mois, en tout cas.
- Speaker #0
Le dépassement de soi, ça devient depuis petite. Tu as toujours été un petit peu éduquée dans la performance ou pas du tout ?
- Speaker #1
Non, je pense que c'est mon caractère qui est comme ça, parce que j'aime le... prouver à moi-même que je suis capable de faire certaines choses. Même si je ne le suis pas forcément, mais j'essaye de me donner les moyens pour que ça marche.
- Speaker #0
Et pendant ta dépression, le sport a été présent ? Ou tu as aussi mis entre parenthèses le sport ?
- Speaker #1
Non, le sport m'a clairement sauvée en fait. C'est d'aller courir de temps en temps. J'ai repris le sport en faisant du badminton. Parce qu'en fait, j'avais peur de mourir en fait. Et du coup, le sport, ton corps, il envoie des signaux un peu alarmants, tu vois. Et du coup, c'était vraiment le plus... Si j'arrivais à reprendre le sport comme avant, c'était gagné. Je passais ma phobie de la mort et ça y est, je pouvais me retrouver comme avant. Mais franchement, c'est que maintenant que j'arrive à aller courir sans me dire « je vais mourir » . Tu as repris confiance en ton corps. Voilà. J'ai appris à me faire confiance, à lui faire confiance. Mais c'est très long. Mais je n'ai pas lâché. Je tenais absolument à refaire du sport. pour retrouver cette sensation de bien-être, de dépassement de soi, tout ça. Et sans ça, je ne sais pas si j'irais bien, aussi bien aujourd'hui en tout cas.
- Speaker #0
Tu t'es fait accompagner ? Oui. En plus, tu t'es fait accompagner. Donc, tu as le voyage, le sport, plus un accompagnement par un professionnel.
- Speaker #1
J'ai tout...
- Speaker #0
Tu as mis toutes les chances de ton côté.
- Speaker #1
Je ne voulais pas rester comme ça. C'était hors de question que je reste comme ça. de prendre des antidrômes. Je ne critique pas ceux qui en prennent, mais pour moi, ce n'était pas possible que je ne sois pas moi-même tout le temps. La fille qui peut être joyeuse, peu importe, tout ce que j'étais avant, je voulais le retrouver. Donc, j'ai mis en place psychologue, sophrologie, le sport. Je suis pas comme ça. Enfin, c'est horrible, mais non. Et je comprends pas pourquoi, putain, le cerveau, il bug comme ça. Ça me rendait ouf.
- Speaker #0
Du coup, t'étais en colère contre toi et tu voulais trouver toutes les ressources pour te faire aider sans les antidépresseurs.
- Speaker #1
Je me suis dit, mais ça sert à quoi ? Ça va cacher le problème, mais ça va pas le régler. Donc, toi, c'est à Tess que ça t'est arrivé ? Oui. Quand t'allais de ton bébé, t'es fatiguée, et le soir, on te vient de faire ta piqûre, t'sais, quand même,
- Speaker #0
ça marque.
- Speaker #1
Et donc, t'as tes anticoagulants pendant six mois. Et après, c'est retour à la maison. Retour, refaire du sport, tout ça.
- Speaker #0
Donc pendant cette période, tu n'as pas pu faire de sport non plus ? Non. Vraiment, tu avais ta santé en priorité ? Oui,
- Speaker #1
tu es obligée d'éviter tout ce qui est sport de chute. Si tu tombes, ça peut te faire des hémorragies. Oui, la vie ne tient à pas grand-chose. C'est surtout ça qui te fait que tu es traumatisée. C'est que tu te dis, en fait, tu ne vas pas chez le médecin ce soir-là, tu ne revois plus jamais tes enfants le lendemain. C'est ça qui est dur à se dire.
- Speaker #0
Et tu n'avais pas écouté ton intuition ?
- Speaker #1
Si je n'étais pas allée chez le médecin, si elle ne m'avait pas donné de rendez-vous, je ne serais pas allée aux urgences en fait. Et bien je me serais endormie dans mon lit le soir, je ne me serais pas réveillée. Et ça arrive à plein de filles qui ne se réveillent pas, on ne sait pas pourquoi, mais en fait c'est sur 2000 quand même. C'est énorme.
- Speaker #0
Tu vas mieux aujourd'hui, c'est le plus important, franchement.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Le voyage a tout réparé. Elle est née, j'ai eu peur de mourir.
- Speaker #0
Oui, ça t'a déclenché.
- Speaker #1
Et après, j'ai eu l'embolisme. C'est comme si c'était écrit qu'il fallait que ça se passe comme ça.
- Speaker #0
Non, mais c'est ce que j'aime avec le podcast de Maman Grandieuse, parce qu'à chaque fois, c'est un peu ce que je vais chercher aussi. Je le fais volontairement, parce que moi, je l'ai préféré faire la dépression, je me suis sentie seule, je vois que c'est un sujet trop tabou. En fait, si tu prends le temps d'écouter les femmes, elles ont toutes leurs histoires à raconter.
- Speaker #1
Et si tu pars en vanne,
- Speaker #0
tu vois, ça a toute son histoire. Et je trouve que c'est hyper pertinent de savoir quoi tu as besoin de ça. Ce besoin de liberté, ce besoin de te sentir vivre.
- Speaker #1
Oui, ça a une raison, ce n'est pas anodin. Je pense que chaque personne qui part en voyage le fait forcément pour quelque chose derrière. Après, ça n'empêche pas d'aller voir un psy, tout ça. C'est bien ça qui va te... Mais je pense qu'il y a beaucoup de gens qui partent en voyage parce qu'ils ont besoin de se retrouver et faire un voyage avec eux-mêmes, surtout plus qu'avec eux. Et puis tu rencontres des gens, donc forcément tu te poses des questions sur ta vie en France. C'est une remise en question, c'est une reconnaissance de soi-même, c'est plein de choses en fait.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que quand tu pars en van comme ça, justement c'est une reconnaissance de toi-même, est-ce que tu restes ici dans ton petit cocon ? tu ne la trouves pas ? Est-ce que tu crois que ça te facilite le fait que tu... que tu découvres en fait quand tu es en van ou en voyage ? Est-ce que pour toi, c'est une façon de mieux se connaître ?
- Speaker #1
Non, parce que je pense que j'ai toujours été comme ça. Je pense que justement, ce n'est pas ce qui me permet de mieux me connaître, c'est justement quand je suis moi-même, quand je suis en voyage, je suis moi-même.
- Speaker #0
Tu vois ?
- Speaker #1
Et par contre, quand je rentre chez moi, là, je suis contente d'être rentrée quand même, d'avoir retrouvé ma maison, mes habitudes, de voir que mes enfants sont contents d'être rentrés aussi.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu as envie de repartir déjà ?
- Speaker #1
Forcément. Oui. Oui, forcément, tu as envie de repartir. Repartir, mais pas tout de suite. Parce que si on repart, ce sera peut-être pas aussi longtemps. Et puis, il faut tout remettre en place. Je pense que d'ici 4-5 ans, on repartira.
- Speaker #0
Du coup, est-ce que tu peux nous raconter déjà comment ça se prépare finalement de partir en voyage comme ça ? De manière logistique, mais aussi financièrement.
- Speaker #1
Ok. Alors, on a préparé ça un an avant à peu près. déjà tu choisis l'endroit où tu veux partir. Parce que tu... En fait, quand tu décides de partir en voyage, tu as mille possibilités et c'est ça qui est trop bien. C'est que tu te fais rêver avec des destinations et du coup, tu calcules le budget en fonction de la destination. Parce que si tu pars aux Etats-Unis, c'est pas le même budget que si tu pars en Asie, que si tu pars en Europe du coup. Et du coup, clairement, le budget nous a obligés entre parenthèses à partir en van en Europe. Ok. Voilà. Parce qu'à la base, le projet initial, c'était quand même de partir avec notre van aux Etats-Unis. Etats-Unis, Canada et Mexique. Et en fait, quand on a fait les devis pour faire traverser le van, quand on a calculé les prix des billets d'avion, de la vie sur place, c'était hors budget, c'était pas le moment. On pouvait pas se permettre un voyage comme ça. Moi, personnellement, j'aurais très bien pu partir, mais Axel, il a raisonné le truc. Il a dit non, en fait, sois réaliste. Il ne faut pas non plus... Enfin, on va avoir d'autres projets en revenant. Si on part là, on grille tous les autres projets. Donc, voilà.
- Speaker #0
Est-ce que je peux te demander le budget ? Ou tu as quelque chose que tu préfères garder pour toi ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, en fait. On n'a pas calculé de budget à l'avance. On s'est juste dit, on va surtout dépenser ce qu'on pourra dépenser par mois. On ne va pas s'amuser à avoir la folie des grandeurs. C'est-à-dire qu'on a rénové nos appartements dans la bâtisse qu'on a achetée en 2017. pour pouvoir partir un jour en voyage. Donc, ces appartements, ils sont tous les trois en location. Et donc, on s'est dit, ce que ça va nous rapporter sera notre budget du mois. D'accord. Voilà.
- Speaker #0
Donc, c'est ton revenu locatif qui finance ton voyage en van par mois.
- Speaker #1
Voilà. OK. Donc, ça faisait à peu près 2 000 euros. Ces 2 000 euros, c'était notre enveloppe pour vivre un mois en van pendant 6 mois.
- Speaker #0
Parce qu'entre-temps, ta maison, tu la faisais louer ?
- Speaker #1
Oui, on l'a mise en Airbnb. C'était au cas où il y a des imprévus. On avait mis un peu des sous de côté. Mais on s'est dit, s'il y a vraiment des imprévus, et si on peut éviter de toucher les sous qu'on a mis de côté, au moins, il y aura toujours ce petit pécule de Airbnb. Mais après, c'est une autre logistique. Il a fallu quand même vider toute la maison, faire l'annonce, prévoir qui s'en occuper, enfin, tout ça, quoi.
- Speaker #0
Parce que tu as eu plusieurs locataires pendant... Voilà, ça a changé. Vous êtes partie combien de temps déjà en van ?
- Speaker #1
On est partie six mois.
- Speaker #0
Donc de janvier à juillet.
- Speaker #1
Et du coup, la maison s'est louée à partir du moment où on est partie jusqu'à ce qu'on soit revenu. Et après, en vrai, je n'ai pas fait le calcul, mais ça a dû nous faire un bénéfice net par mois entre 200 et 300 euros, je pense. Donc ça rajoutait un petit peu de beurre dans les épinards pour un peu plus se faire plaisir.
- Speaker #0
Et donc vous nous racontez peut-être le parcours, peut-être pas les pays, mais un petit peu dans les grandes lignes.
- Speaker #1
Du coup, on a décidé de faire à peu près 14 pays. Je crois qu'on en a fait 15. Mais où on s'est vraiment plus attardé, il y a eu l'Italie qui ne devait pas aussi. durer aussi longtemps, mais au final, on y est resté, entre la Sardine et l'Italie continentale, on a dû rester un mois et demi. Ensuite, il y a la Grèce, où on est resté pareil un mois et demi, ou peut-être un mois. On en a profité pour faire les petites îles, et on a passé trois semaines en Turquie, où là, vraiment, on a adoré ce pays, et c'est vraiment le coup de cœur du voyage de toute la famille. Et après, on est partis sur les pays nordiques. le Danemark, la Norvège, la Suède. Et c'est pareil, la Suède, on a tout de suite senti un truc dans ce pays. Vraiment, ça s'est confirmé avec tout ce qu'on a trouvé après sur ce pays-là, mais vraiment, c'était un chouette pays.
- Speaker #0
Dans sa culture,
- Speaker #1
dans sa culture, dans sa façon d'élever les enfants, dans sa façon de... le rapport à la nature, aux animaux, enfin... un peu comme en Turquie, bizarrement. Alors que ces pays sont complètement opposés, ils sont opposés autant sur le climat que sur la culture, je pense, mais le rapport aux enfants, aux animaux, en tout cas des personnes qu'on a rencontrées. C'était un peu la même chose.
- Speaker #0
Vous dormiez dans quoi du coup ? Des campings ou chez l'habitant ? Comment tu trouves ton emplacement ?
- Speaker #1
Alors on utilise l'application Park4Night et chaque soir, on n'a jamais anticipé en fait. Dans la journée, on arrivait à un endroit et on cherchait un spot via l'application et puis si ça ne nous plaisait pas, si on ne le sentait pas, on changeait et voilà. On n'a pas beaucoup fait de camping. Parce que le but c'était aussi de se réveiller dans un spot en pleine nature et de profiter de l'endroit. On faisait camping quand il y avait besoin de laver les vêtements, remplir les eaux, tout ça.
- Speaker #0
Tes enfants n'étaient plus à l'école ? Oui,
- Speaker #1
on a dû prévenir l'école.
- Speaker #0
Comment ça s'est passé ? Est-ce qu'à l'école ça s'est bien passé ? Ils t'ont dit quelque chose ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
qui demandent une autorisation ?
- Speaker #1
Oui, on avait rendez-vous avec la directrice pour l'école primaire et l'école maternelle. Donc, l'école maternelle, la directrice était ravie. On a mis des petites choses en place pour faire des échanges par mail. Nous, on avait prévu d'envoyer des cartes postales, enfin tout ça, pour créer encore du lien entre Alessio et sa classe. Donc, franchement, ça, c'était génial. Ils étaient trop contents, les garçons, de recevoir des... Des nouvelles, des mails, des petites photos, c'était trop génial. À l'école primaire, c'était pareil. Par contre, il a juste fallu prévenir le rectorat pour leur dire qu'on partait six mois et qu'on déscolarisait Idriss, du coup.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
tu es désinscrit de l'école et tu fais toi...
- Speaker #0
En tout cas, est-ce que vous avez prévu de faire, entre guillemets, l'école dans le van ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ou comment tu fais ?
- Speaker #1
Alors, quand on est partis, on s'était dit, oui, on va leur faire vraiment un peu tous les jours l'école. Et au final, dans le voyage, on a un peu lâché. On s'est dit, il faut qu'ils profitent aussi. On fait quand ils ont envie. On avait des consignes des maîtresses. Enfin, Alessio, c'était savoir écrire en attaché, par exemple. Et Idriss, c'était savoir faire les fractions. D'accord. Donc, on s'est mis là-dessus. Une fois que ça, on a vu que c'était acquis, on a continué à faire des devoirs. mais c'était plus des... Des choses un peu ludiques. Quand on allait dans un pays, ils apprenaient la plaque d'immatriculation, le nombre d'habitants, où ça se situe sur la carte. Tout ce qui peut être plus concret dans le voyage.
- Speaker #0
Il était en quelle classe du coup ?
- Speaker #1
Idriss. En CM1.
- Speaker #0
CM1. Et Alessio ?
- Speaker #1
Il rentre au CP là, donc il était en formation.
- Speaker #0
D'accord. Et en maternelle pour Tess.
- Speaker #1
Et moi, même pas encore.
- Speaker #0
Oui. Bah oui, elle rentre là par exemple en septembre.
- Speaker #1
Même pas à l'école encore la pépette.
- Speaker #0
Et est-ce que tu parles anglais ? Est-ce que vous parliez anglais avant de partir ?
- Speaker #1
Enfin,
- Speaker #0
la langue, comment ça se passe ?
- Speaker #1
On a toujours appris un peu l'anglais, mais on n'a pas des facilités. Donc, franchement, on a su se débrouiller. Mais ce n'était pas un anglais fluide. Malheureusement, on rêve d'être bilingue. Mais à la base, on s'était dit surtout qu'on allait faire les États-Unis pour apprendre réellement l'anglais. Mais je crois qu'à notre âge, il faut partir trop longtemps pour devenir bilingue. Bon, après, en vrai, tous les pays parlent anglais. Que ce soit en Turquie, même en Bosnie, ils parlent tous anglais. Donc, on arrive toujours à se faire comprendre.
- Speaker #0
Est-ce que tu avais des doutes avant de partir en veille ? Ou des peurs, peut-être ?
- Speaker #1
Ah oui ! Forcément, quand tu décides, quand la décision, elle vient de toi, ta peur, ça ne marche pas aussi bien que tu l'as pensé, imaginé. Et puis, tu penses à tes proches qui restent en France. même si on n'est pas parti très loin et très très longtemps au final. Ils avaient peur qu'on leur manque trop, et du coup, tu appréhendes un peu leur réaction. Donc ça, c'était la plus grande peur. Après, je savais très bien qu'on avait déjà été en van, on est déjà partis en vacances, je savais que ça, ça allait rouler, on l'a aménagé comme on avait envie que ce soit aménagé. Donc pour le voyage, aucune peur, mais pour les proches, oui.
- Speaker #0
Oui, t'es très famille, tu le sais.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et plus tôt.
- Speaker #1
Donc, c'est vrai que le premier jour, quand le soir arrive et que tu te dis « Là, je suis partie pour six mois et je ne vais pas revenir. »
- Speaker #0
Quand je veux, je pourrais pas les revoir, s'il y a quelque chose qui arrive. Forcément, on pense à ça, on se dit, mais s'il leur arrive quelque chose, qu'est-ce que je fais ? Et je serais peut-être pas là pour eux, enfin voilà. Mais sinon, non. Bizarrement, pour le reste, pas de peur. Moi,
- Speaker #1
tu disais du coup que le séjour en van, c'était pour toi, pour pouvoir retrouver un peu de la liberté intérieure.
- Speaker #0
Et comment tu...
- Speaker #1
Tu penses que ça t'a changé ? Ou non, tu disais que ça t'avait permis de te retrouver la Marine d'avant. Mais est-ce que tu te sens plus en confiance aujourd'hui ?
- Speaker #0
Non, pas forcément. Je suis contente de ce qu'on a vécu. Mais en fait, ça arrive aussi à plein d'autres gens. Donc ça rend pas la chose exceptionnelle. Juste, nous on l'a fait. On avait dit qu'on souffrait, on l'a fait. On est re... On est trop contentes de l'avoir fait.
- Speaker #1
Plus en confiance pour avoir des projets peut-être plus grands. C'était aussi le sens de ma question.
- Speaker #0
En tout cas, faire taire des peurs pour aller sur des projets. Mon problème à moi, c'est que les projets solo me font peur. Mais quand c'est un projet que je peux faire avec Axelle, je n'ai aucune peur. Forcément, il me pousse toujours. Inconsciemment parce que, il ne le sait pas forcément, mais de savoir qu'il est à côté de moi et qu'il est d'accord dans le projet, je n'ai plus de peur. Mais par contre, quand ça n'engage que mon projet personnel et moi-même toute seule, ce n'est pas pareil. Donc non, le voyage ne m'a pas forcément donné plus confiance en moi. En ma famille, oui, mais pas forcément plus en moi.
- Speaker #1
Et tes enfants, comment ils l'ont vécu ? Tu les as trouvés changés ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Grandis ?
- Speaker #0
Oui. trop grandie, surtout Tess qui était un peu timide, elle trouvait pas trop sa place tu sais dans cette fratrie parce que les deux garçons ils sont quand même très soudés et du coup elle était un peu en retrait et tout mais là du coup elle s'est affirmée, elle a pris sa place et ouais franchement c'était trop beau à voir son évolution. Là du coup à la maison c'est un peu redescendu parce que... Tout le monde vient lui parler. Du coup, elle ne sait pas trop comment réagir parce qu'on était quand même cinq pendant six mois, quasiment que tous les cinq. Du coup, elle a réussi dans le cercle serré de notre famille, enfin fermé de notre famille, à prendre sa place. Mais où il y a plus de monde, c'est plus compliqué pour elle. Mais je pense que l'école va faire que ça va repartir.
- Speaker #1
Elle était avec toi jusqu'à...
- Speaker #0
Oui, quasiment. Elle est un peu allée... chez la nounou et vu que c'est ma maman oui elle était chez ma fille est-ce que tu peux nous partager peut-être une journée type en van ? au début du voyage on avait encore le rythme un peu de on se couchait vers 22h et on se levait à 7h on mangeait à midi, on mangeait à 19h donc on avait le rythme un peu de de la maison, du quotidien et plus ça allait, plus on se couchait tard et on se levait tard ça veut dire que le voyage a fini on se couchait vers 23h mais on se levait vers 9h30. Donc le matin, il passe assez vite. Tu te lèves, tu prends ton petit déjeuner. Axel, lui, il adore courir, donc il partait courir quand on dormait encore avec les enfants. Quand il revenait, on faisait le petit déjeuner, et puis après, soit on faisait un peu des devoirs, soit on partait sur une nouvelle activité ou un nouvel endroit, ce qu'on avait prévu de faire ce jour-là. Donc après, tu prends le midi en... En général, dans les pays du sud où ce n'est pas très cher, c'était manger local. Parce que du coup, c'est le moment de profiter de la nourriture du pays. C'est ça. Et après, l'après-midi, on continuait les activités. Et puis après, on mangeait. Puis on allait sur le spot.
- Speaker #1
Et quand il faisait mauvais temps ?
- Speaker #0
Et quand il faisait mauvais temps, on trouvait un parking. Et quand il pleut vraiment. Quand il pleut plusieurs jours, le premier jour, on arrive à faire des choses musées. des activités en intérieur. Mais tu ne peux pas faire ça tous les jours parce que ça entame ton budget un peu trop. Dans le van, c'était prévu pour faire des activités manuelles. Il y avait tout ce qui est coloriage, découpage, jeux de société. Les garçons avaient leur petite console de jeux, le livre, on a beaucoup lu. On se trouvait... En fait, c'était bien aussi parce que ça permet de ralentir, de profiter du van et de... Un moment simple de la vie. Voilà, de la pluie. Au final, on était dans notre petit cocon, vraiment petit. Et du coup, c'était des bons moments quand même. Même si sur le coup, tu te dis « Ah non, je ne vais pas pouvoir faire ça, je ne vais pas pouvoir faire ça » . Mais après, avec du recul, tu te dis « Bah non, mais c'était bien aussi de passer l'après-midi à faire des coloriages. Tu ne le fais jamais chez toi » . En fait, de lire un livre en une après-midi, tu ne le fais pas.
- Speaker #1
Tu arrives à prendre du temps pour toi toute seule. Quand tu es toujours avec ta famille, tous les cinq, est-ce que d'une, tu en avais le besoin ?
- Speaker #0
Non. En vrai, non.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
En fait, je me suis dit, cette parenthèse-là, je veux vraiment profiter à fond de la vie. Elle est tellement intense quand tu es à la maison, quand tu travailles, quand tu es à l'école. Tu es tellement dans le speed tout le temps et tu te dis, je vais faire ça, je vais faire ça, je vais faire ça. que quand... On a dit qu'on partait en voyage. Ce que j'avais trop envie surtout, c'est d'être tout le temps avec eux et de profiter d'eux à fond 24 heures sur 24 pendant six mois.
- Speaker #1
Ça vous a encore plus suivi ?
- Speaker #0
Oui, je pense. Oui, parce que tu as des souvenirs mémorables que de nous. Il n'y a personne d'autre qui l'a vécu.
- Speaker #1
Et ce van-là, vous l'avez donc acheté,
- Speaker #0
loué ? On l'avait acheté après le Covid. Et on avait fait un premier aménagement. Puis ça ne nous plaisait pas trop, donc on a refait un autre aménagement qu'on a encore performé, amélioré juste avant de partir.
- Speaker #1
En fait, vous partiez régulièrement les week-ends. Et du coup, vous l'avez vraiment adapté à votre façon de vivre.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Que ce soit le plus confortable possible. Oui,
- Speaker #0
pour que chacun ait sa petite place pour bien dormir, pour qu'on puisse faire à manger correctement tous les jours. Pas que ce soit juste un petit repas vite fait, qu'on puisse cuisiner des légumes, manger de la viande. Avoir des provisions, tout ce qui est vêtements, donc il fallait trouver où caler les vêtements d'hiver, les vêtements d'été, parce que du coup tu vas dans des pays où la température est différente. Penser aux activités des enfants, prévoir les couvertures, voilà tout ça. Donc il fallait trouver, chaque endroit dans le van avait sa place, vraiment ça c'était important, parce que sinon, s'il faut retourner le van à chaque fois pour trouver quelque chose, tu perds trop de temps et puis ça énerve tout le monde. Donc chaque petit objet était dans sa pochette. Il fallait que ce soit millimétré ça.
- Speaker #1
Organiser c'est la clé pour un bon voyage. Du coup, qu'est-ce que tu conseilles à des personnes qui auraient envie de tester l'expérience peut-être ? Est-ce que tu conseilles déjà de partir en week-end ?
- Speaker #0
Oui, alors je pense que si tu n'as jamais fait de van, surtout que nous c'était un T5, Donc le T5, ce n'est pas très grand, ce n'est pas un fourgon, ça reste un van. Donc si tu pars en van et que tu te retrouves trop serré, pas assez d'espace et que tu as prévu de partir six mois, ça peut quand même être un peu un choc. Après, perso, nous, c'est ce qu'on voulait, être dans notre petit cocon, pouvoir aller partout où on voulait aller. Parce que dès que tu es plus gros en taille de véhicule, du coup, tu as plus de contraintes. que là nous on avait zéro contrainte on pouvait très bien être considéré comme une voiture donc être garé sur un parking lambda et en même temps pouvoir se mettre dans des spots un peu plus reculé dans la montagne pouvoir prendre des petits chemins ça faisait pas de problème quoi et c'est surtout ça c'était qu'on se sentait libre sans imposer sans passer inaperçu en fait et donc Donc c'est pour ça que si on n'a jamais essayé ce type de vacances... Des fois, ça peut ne pas convenir à tout le monde, surtout avec tous ces enfants.
- Speaker #1
Merci Marine de nous partager toute cette expérience en vanne. Si tu es d'accord, j'aimerais bien qu'on revienne sur ta vie professionnelle. Donc, tu es maman de trois enfants. Tout à l'heure, tu nous as parlé que vous aviez un immeuble avec des revenus locatifs. Est-ce que peut-être tu pourrais nous en parler ? Avec qui tu as monté ce projet ? Depuis quand ? Et où est venue l'idée aussi ?
- Speaker #0
On a toujours adoré l'immobilier. Avec Axel, donc du coup, surtout moi, du fait de mon BTS, je voyais plein de, forcément, on voit plein de jolies maisons, on visite plein de jolis biens. Du coup, ça m'a toujours donné envie de rénover, de refaire des appartements qui étaient vétustes pour les rendre plus jolis, des maisons en pierre pour les rendre plus belles, quoi. Et du coup, on avait envie de se lancer dans ce projet de rénovation. Donc, on a commencé à chercher en 2017 et on a trouvé fin 2017 donc on a acheté cette bâtisse qui était sur 4 niveaux donc on a fait une copropriété avec ma soeur et son conjoint comme ça chaque couple avait deux plateaux Donc c'est à dire un niveau, un plateau c'est un niveau, donc deux niveaux chacun. Et dedans nous on a fait trois appartements qu'on a mis en location des beaux de trois ans. Et il y en a un qui était un peu en Airbnb mais bon après pour le voyage c'était trop compliqué de le laisser en Airbnb. Celui-là donc il est passé aussi en bail de longue durée.
- Speaker #1
Du coup tu crées ton projet avec ta soeur, son conjoint et ton tout.
- Speaker #0
conjoint est ce qu'il ya un statut est ce que c'est une essaye tu fonde la copropriété vraiment en fait voilà chacun gère son truc de son côté juste on a le même toit en fait d'accord mais vous achetez en fait ensemble vous êtes les quatre propriétaires oui on est les quatre propriétaires de cette bâtisse mais on a créé des indivisions de d'appartements en fait chacun a son assez l'eau ok ça c'est pour prédé ça marche par l'eau ok nous on a je sais plus
- Speaker #1
combien de lots parce que en fait les lots c'est pas que les appartements il ya aussi les paris communes et côté d'une garage tu as des des millièmes comme on dit et du coup voilà ça c'était un projet que vous avez terminé est ce que ta vie professionnelle aujourd'hui est où
- Speaker #0
est ce que tu en es tu as maman trois enfants c'est eux qui occupent beaucoup oui que c'est vrai que ça occupe beaucoup donc du coup dans l'idéal j'ai jamais j'aurais voulu faire un un métier qui continue de... Après huit ans de surveillante dans un collège, c'est difficile de trouver un métier où on n'a pas autant de temps libre. Parce que du coup, surveillante, on a nos mercredis après-midi, nos week-ends, nos vacances scolaires, quasiment pareil que les profs, les enseignants. Donc, revenir à une vie où on n'a plus que cinq semaines de vacances, surtout quand on aime les voyages, ce n'est pas facile. Et de par mon amour pour les enfants, je suis en train de me faire un petit peu de la vie. pour les collégiens et les adolescents. J'ai vraiment envie de réussir à avoir le concours de prof de PS et de continuer dans cette voie et de pouvoir enseigner, partager avec ses enfants, ses collégiens, ses lycéens. Donc, ce serait ça le futur projet.
- Speaker #1
Pour toi, c'est important de reprendre une activité professionnelle pour les années à venir. Voilà, l'air durable, c'est un projet.
- Speaker #0
pour toi. Oui, et c'est surtout que moi, je ne me sens pas d'être indépendante, d'avoir un statut d'auto-entrepreneur ou quelque chose comme ça. Moi, d'être salariée, d'avoir des horaires fixes, une liste de choses à faire, voilà. Du cadre,
- Speaker #1
c'est ce qui te convient. Et en tant que maman, du coup, trois enfants ? Ça m'accomplit avec tes voyages. Comment tu te projettes dans 5 ou 10 ans ?
- Speaker #0
Alors, j'espère qu'on pourra repartir en voyage. Il y a tellement de choses à voir. Franchement, repartir en voyage... Dans 5 ans, en fait, j'aimerais vraiment avoir une maison, avoir construit notre petit cocon comme on a toujours voulu avoir pour nos enfants, un peu dans la nature, voilà. Ne plus habiter dans le lotissement, être dans notre petite maison en bois, écolo. Ça, c'est vraiment le projet qui nous anime le plus pour les cinq ans à venir. Et peut-être que quand on aura fini cette jolie maison, on pourra repartir en voyage avec tous nos enfants. Parce que vraiment, partir sans un ou deux enfants, non, c'est pas concevable. Je veux repartir avec mes trois enfants.
- Speaker #1
Et tu penses que...
- Speaker #0
S'ils ne veulent pas, je ne le fais pas. C'est ce que j'allais dire.
- Speaker #1
Tu penses qu'ils vont grandir ? Est-ce que c'est plus difficile quand ils sont plus grands, notamment quand ils sont au collège, etc. ?
- Speaker #0
Est-ce que c'est ce que tu poses ? Oui, je pense qu'après, les séparer de leurs copains, les séparer de l'école, c'est tout ça. En fait, en plus, Idriss, il adore le rugby, donc il y a en plus le rugby. Dans sa vie, je ne me vois pas le couper. Si on part, ce sera 4-5 mois, pas plus. Parce que sur ces périodes-là, on peut encore garder le lien et revenir sans que ce soit un grand vide dans leur vie.
- Speaker #1
Tu conseilles justement aussi aux familles de partir avec des enfants, en bas âge en tout cas, avant 10 ans peut-être ?
- Speaker #0
Pour moi en tout cas, ça me paraît plus facile. Et puis, ça ne les contraint pas. Ils partent, ils ont envie d'être avec leurs parents.
- Speaker #1
On va arriver au terme de cet épisode, Marine. Mais avant ça, j'ai quelques petites questions que j'aime bien poser. Est-ce que tu aurais une vérité, il y aurait une vérité que tu aurais aimé entendre avant de devenir maman ?
- Speaker #0
Alors franchement, c'est une bonne question. Une vérité ? Toi c'est quoi par exemple ?
- Speaker #1
Bah sur la patience notamment.
- Speaker #0
Ah oui. Ça c'est le genre de question que je ne me pose pas, je ne sais pas.
- Speaker #1
Je serais patiente avec mes enfants par exemple,
- Speaker #0
c'est une vérité que j'imaginais,
- Speaker #1
en réalité c'est pas le cas.
- Speaker #0
Ah oui, c'est vrai que c'est ça, moi aussi. Je pensais que je ne pourrais jamais m'énerver contre eux.
- Speaker #1
Donc, on pourrait aimer savoir qu'en fait, il peut être énervé profondément, tes enfants.
- Speaker #0
On peut être très, très énervé contre son enfant et quand même l'aimer, mais c'est vrai, être bien énervé des fois.
- Speaker #1
Il est vrai que c'est une belle vérité parce que moi, je ne me suis jamais autant sentie en colère que depuis que j'ai mes enfants. Enfin, voilà, c'est une colère que je ressentais rarement avant d'être maman.
- Speaker #0
Vraiment. Ok.
- Speaker #1
Est-ce que peut-être tu as un mantra, une citation, en tout cas ? Une phrase que quelqu'un t'aurait partagée une fois, qui te fait du bien et que tu te répètes souvent ?
- Speaker #0
Non. Alors, personne ne m'a partagé cette phrase, mais elle est basique. Mais en fait, je me dis que la vie est belle. La vie est belle et elle est faite pour être vécue parce qu'on ne reste pas longtemps sur Terre. Et que du coup, on n'a vraiment qu'une vie. Et il faut la vivre comme on l'entend, dans le respect des autres, bien sûr, toujours. Mais sans se censurer. Enfin, je sais que si j'avais écouté ma maman, je serais jamais partie en voyage, en fait. Il y a plein de choses que je n'aurais pas faites. Même acheter les appartements, je ne l'aurais pas fait parce que ce n'est pas dans leur façon de penser, en fait. Alors que moi, je m'écoute. Et quand j'ai décidé quelque chose, je le fais. Et c'est parce que j'ai compris que la vie, elle est courte et qu'on n'en a qu'une. C'est surtout ça.
- Speaker #1
Et si ton mari, par exemple, ne te suit pas dans tes projets, est-ce que tu défends quand même ? Enfin, tu iras toi au bout de ton projet ou pas ? Si tu en as un personnel. Ah, je sais qu'il y en a qu'on a envie de partager en famille. Donc, évidemment, son approbation est indispensable. Mais toi, par exemple, un projet personnel à toi ?
- Speaker #0
Non, j'ai de la chance, il est... pas du tout... Enfin, tout ce que je lui propose pour moi, en tout cas, il est toujours d'accord. Il veut toujours que je m'accomplisse moi avant de m'accomplir en tant que maman. Ça, c'est sûr et certain.
- Speaker #1
Est-ce que tu tiendras alors ?
- Speaker #0
Oui, tout le temps. Et moi, de toute façon, dans tous les cas, je suis trop têtue pour l'écouter s'il me disait « Non, fais pas ça » . J'aurais toujours les arguments pour le convaincre. et j'irai au bout de l'idée. Même si je s'affoire, même si j'échoue, tant que je ne suis pas devant l'échec, je me dirai, je peux encore y croire. Ça peut encore marcher.
- Speaker #1
Est-ce que si jamais quelqu'un aurait envie de rentrer en contact avec toi, il aurait envie de te suivre, est-ce qu'il y a un endroit où il peut te retrouver ?
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
Instagram ?
- Speaker #0
Ah oui, Instagram. Oui, sur Insta, oui, bien sûr. Bah du coup... Du coup, sur le compte du voyage, c'est bien. Le tour de Magikobus, c'est un petit clin d'œil à notre passion d'Harry Potter parce qu'avec les enfants et Axel, c'est vraiment un truc qu'on adore. C'est un peu bateau, mais ce petit monde magique nous rassemble tous les cinq. On aime bien. Du coup, c'était un peu le clin d'œil du nom du compte Instagram, le tour de Magikobus.
- Speaker #1
Je mettrai toutes les infos en description. Et si vous avez envie d'échanger plus ou moins avec Marine, je vous invite à vous abonner.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Merci, Marie. C'est pour tout. C'était un super échange. Il était très touchant. Je te remercie.
- Speaker #0
Ça fait du bien. C'est tout, donc.
- Speaker #1
Bon, tant mieux.