- Speaker #0
Bienvenue sur Sololitude, le podcast qui s'adresse à tous les parents qui vivent la sololitude, c'est-à-dire lorsqu'ils sont seuls dans l'éducation de leurs enfants ou qu'ils se sentent seuls pour les élever dans la gestion du quotidien des tâches à accomplir. Que l'on soit indépendant, salarié, au chômage ou en reconversion, on est confronté à des situations qui viennent nous chercher au plus profond de nous-mêmes. Alors comment kiffer, apprécier, vivre sa vie rêvée malgré les contraintes de la parentalité solo même quand cela paraît impossible. Je suis Émilie Aveline, je suis praticienne en hypnose depuis 10 ans et ancienne infirmière depuis plus de 15 ans.
- Speaker #1
Depuis des années,
- Speaker #0
j'accompagne les parents à apprivoiser leur solitude, à déculpabiliser, sortir des stigmates du couple idéalisé.
- Speaker #1
N'hésitez pas à liker et partager le podcast pour aider les autres parents qui en auraient besoin.
- Speaker #0
Vous pouvez retrouver les replays du podcast sur mon site internet émilieaveline.com, liker la page Facebook et Instagram. C'est parti sur ce Lolitude, bonne écoute Dans cet épisode, je reçois Réjeanne, 54 ans, maman de deux enfants. Elle raconte tout d'abord le décès du père de son fils qui a suivi une relation tumultueuse marquée par la violence conjugale. Cette expérience l'a amenée à réfléchir sur elle-même et la compréhension psychologique des relations. Elle est devenue alors psychologue. Elle parle beaucoup de ses enfants, dont elle est fière. nous explique comment elle gère les différences, le métissage, le regard des autres. Tout cela mêlé à des problèmes de santé importants qui l'amènent à l'invalidité. Elle parle franchement de son cheminement vers l'acceptation de soi et du travail continu qu'elle fait pour maintenir son bien-être. En conclusion, Réjeanne donne un conseil sincère aux parents célibataires, ne jamais abandonner, regarder devant soi et croire en eux-mêmes et en leurs enfants. Son histoire témoigne de la force de l'esprit humain et du pouvoir de l'amour, tant pour soi-même que pour sa famille. J'espère que ces réflexions trouveront un écho auprès de vous et inspireront ceux qui sont confrontés à des situations similaires. Let's go
- Speaker #1
Bonjour Réjeanne Bonjour Peux-tu nous raconter le début de ton histoire avec cet enfant ou ses enfants Déjà, tu en as combien Tu as quel âge Est-ce que tu peux nous partager un petit peu tout ça
- Speaker #2
Alors moi j'ai deux enfants, j'ai 54 ans, j'ai un garçon d'une première relation. et une fille d'une deuxième relation. C'est des enfants métis. Le papa de mon fils est décédé. Il ne l'a pas rencontré parce que j'ai dû me séparer de lui à cause de violences conjugales. Et il est décédé ensuite. Il s'est noyé à l'île Maurice. J'ai de nouveau tenté l'aventure de la relation amoureuse, on va dire, et j'ai rencontré le papa de ma fille, quelqu'un de complètement différent, donc on a décidé d'avoir cet enfant. Et puis, au fil du temps, je me disais, mais c'est bizarre quand même, ok, il bouge pour son boulot, mais quand il voulait cet enfant, et puis au fur et à mesure, il me disait, oui, c'est peut-être un peu trop tôt. Enfin, quand je lui ai annoncé ma grossesse, il m'a dit, oui, en fait, c'est un peu trop tôt, tout ça. Donc, j'ai senti qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. J'ai fait des démarches et je me suis aperçue qu'en fait, il avait une double vie. Donc, je me suis séparée de lui. Sa femme l'a appris aussi. Donc, bon, ça a été un peu compliqué. Je pense qu'elle l'a quitté ou je ne sais pas. Donc, c'est une vie un peu cabossée avec mes relations amoureuses. On va dire que je ne suis pas au top. Je m'améliore avec le temps, mais je l'apprends au fur et à mesure. Mais on va dire que je n'ai pas choisi. Ils étaient beaux. Mais ils n'avaient peut-être pas les compétences humaines requises pour avoir des relations long terme. Ou alors c'était peut-être que moi à l'époque, je n'avais pas les compétences psychologiques ou des signes de moi pour choisir les bons partenaires. Je ne sais pas, je n'aurais pas de réponse de toute façon.
- Speaker #1
Alors le physique ne suffit pas.
- Speaker #2
Oui, c'est sûr que Brad Pitt c'est bien,
- Speaker #1
mais il faut avoir aussi le côté charmant du prince. Exactement, oui.
- Speaker #0
Et oui,
- Speaker #1
comme tu dis, on n'a pas les compétences, c'est vrai, et c'est des choses qu'on ne nous explique pas, on ne nous donne pas les codes quand on démarre.
- Speaker #2
Ça dépend, je pense que tu as quand même un background quand tu viens d'une famille un peu désorganisée. Moi, je sais que mon père avait un problème d'alcool. Je me dis que... Je n'ai peut-être pas acquis... Bon, maintenant, je travaille sur moi en analyse. Maintenant, je me rends compte que je n'avais pas acquis suffisamment d'estime de moi, suffisamment de... Les normes, enfin, ce qui était, on va dire, normal. Enfin, je n'aime pas ce terme-là, mais... Pas pathologique, en tout cas. Voilà. Je ne savais pas ce que c'était, vu que je vivais dedans. Donc, du coup, les limites n'étaient pas acquises et il y avait des tolérances de comportement. Vis-à-vis de mon père, vu qu'il faisait partie de la famille et que ma maman ne l'a pas quitté, qui était là. Et du coup, si on admettait ça avec mon père, on pouvait admettre d'autres types de comportements avec d'autres hommes.
- Speaker #1
C'est ça, le seuil de tolérance et les limites.
- Speaker #2
Voilà, c'est que le seuil de limite n'était pas acquis. Et du coup, je pense que c'est pour ça que certaines femmes... Oui, c'est ça. tolèrent des comportements de leur partenaire qu'elles ne devraient pas tolérer et que s'il y avait eu une acquisition de ce qui est normal ou pas dans une relation, ça se passerait peut-être mieux. Bon, maintenant, je me dis peut-être que je trouverai l'amour plus tard. Je n'en sais rien. Je te le souhaite. Voilà. Mais en tout cas, pour l'instant, l'essentiel déjà, c'est que je suis à 54 ans, enfin bien avec moi. Et c'est déjà une belle rencontre, quoi. C'était...
- Speaker #1
C'est la première belle rencontre amoureuse quelque part, c'est juste de voir soi-même.
- Speaker #2
Il faut déjà faire cette rencontre-là avant d'être capable de rencontrer un autre qui a aussi ces blessures sûrement. Donc moi j'en suis là à ce moment de ma vie en tout cas.
- Speaker #1
Mais grâce à cette analyse aussi que tu as faite et ce travail sur soi qui permet de comprendre pourquoi des fois on n'attire pas forcément les bonnes personnes vers soi et malheureusement comment on peut faire derrière pour retrouver. Et trouver tout simplement la personne qui nous correspond vraiment.
- Speaker #2
Après, je me dis, c'est pas une... Maintenant, j'ai compris que c'est pas une fin en soi non plus. Et que si je finis ma vie seule, du moment que je sois bien avec moi et avec ce que je vis, c'est pas non plus... Il n'y a pas le côté pression sociale, il faut être en couple. Maintenant, je me dis, si je finis ma vie seule et que c'est des journées que j'aime passer avec moi-même, ça me va aussi. Je suis plus dans cette... Cette quête de il faut être deux pour être complet J'ai compris qu'il faut déjà être complet tout seul pour réussir à être deux. Et c'est une grande différence. Et différent, oui.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Mais ça se sent que tu as travaillé sur toi et que tu as appris à apprendre tout ça.
- Speaker #2
Oui, j'apprends toujours. Tous les jours, je fais des petits pas et je me dis que c'est comme ça qu'on avance.
- Speaker #1
Et c'est comme ça qu'on vieillit. Et moi, j'adore vieillir parce que justement, on apprend. plus à se connaître Moi,
- Speaker #2
je me sens mieux maintenant à 54 ans que je ne l'étais à 20, à 30. En même temps, quand je vois ma fille, je vois qu'elle est bien dans sa peau. Elle n'a que 15 ans. Je me dis qu'au moins, j'ai réussi ça. Mon fils aussi. C'est vrai que je me projette peut-être davantage dans ma fille parce que c'est une jeune fille. Je me vois moins... Je remonte. Je vois comment j'étais à son âge. Et je me dis, elle a des projets, des rêves, elle se sent bien. Et je me dis, moi, je n'étais pas dans cette dynamique-là à cet âge-là. Donc, ça me rassure un peu, en fait.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #2
Qu'elle est épanouie et qu'elle est capable de se projeter dans plein de choses. Alors que moi, j'étais dans un... Je ne dirais pas dans un non-avenir, mais dans une incapacité à me projeter. Les jeunes de mon âge, quand j'avais 20 ans, avaient des projets. Bon si, pour mes études, je me projetais, mais en même temps, je me voyais, certains de mes amis, quand ils étaient à la fac, ils disaient, moi voilà, je veux me marier, je veux avoir des enfants. Moi, je n'étais pas du tout là-dedans. Je n'étais pas capable du tout à l'époque de me projeter dans quoi que ce soit, d'imaginer mon avenir, d'aller vers ce que je voulais. que j'aimais, oui, vers les études que j'aimais, oui. Je pense que j'ai choisi la psychologie pas par hasard. C'était parce que je devais y trouver des réponses ou en tout cas des pistes de réponses sur mon histoire perso. Je pense que tous les psys, leurs problématiques perso avant de s'attaquer aux problématiques des autres.
- Speaker #1
On ne devient pas soignant et thérapeute par hasard.
- Speaker #2
Non, tout à fait. Tout à fait. La psycho m'a beaucoup plu. La communication après m'a plu aussi. Autant niveau professionnel, j'arrivais quand même à me projeter. Au niveau personnel, par contre, c'était le no man's land. Je ne voyais pas. Mon premier désir d'enfant, ça s'est fait avec le papa de mon fils. C'est venu comme ça parce que notre relation nous plaisait. Du coup, on a parlé enfant. Lui était déjà papa. Et en fait, ça a été... Je n'arrive pas à l'expliquer. C'est un peu quelque chose de viscéral. On ne sait pas pourquoi. Moi, en tout cas, ce n'est pas des trucs planifiés. Je ne me dis pas oui à telle date, on va faire un enfant. Je ne suis pas... C'est vraiment un truc qui s'impose à tout, qui est du ressenti. En ce qui me concerne, je ne sais pas si d'autres mamans, je pense que chaque désir d'enfant est personnel et chacun a sa façon de le vivre. Moi, c'était une évidence, c'était à ce moment-là et c'était cet enfant-là. Et du coup, ma grossesse a été assez difficile. Pas au niveau physiologique, parce que justement, j'ai une grossesse très, très cool. Mais parce que j'ai dû me séparer du papa de mon fils, qui est devenu violent à ce moment-là. Et malheureusement, j'ai vu après, en m'intéressant aux violences faites aux femmes, que c'est souvent au moment de la grossesse que les papas montrent une sorte de jalousie. Ils se sentent évincés de leur place par l'enfant à venir. Donc, j'ai dû me séparer à ce moment-là.
- Speaker #1
Et c'était à quel moment de la grossesse
- Speaker #2
J'ai été enceinte de trois mois, je crois.
- Speaker #1
Ok. Et c'est toi qui as pris la décision d'arrêter la relation
- Speaker #2
Je me suis enfuie de chez moi. Ok,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #2
Et en fait, j'ai prévenu, enfin, sa famille était au courant, vu que la première scène de violence a eu lieu au moment où on annonçait ma grossesse à la famille, parce que son frère, lui aussi, annonçait... La grossesse de sa compagne à la famille, il y avait une sorte de rivalité entre eux, je pense. C'était une famille qui était assez compliquée, ils étaient assez nombreux. Et du coup, il avait l'impression qu'on n'avait pas du tout fait attention à lui. Et au fait qu'il allait devenir papa une fois de plus, alors que son frère, c'était son premier. Donc, les choses étaient vécues un peu différemment. Et du coup, il y avait une sorte de jalousie, ça, plus l'alcool. Donc, ça s'est un peu mal fini. Et là...
- Speaker #1
Tu as eu de la chance quelque part que c'était devant la famille
- Speaker #2
Alors oui et non, c'est-à-dire que c'était devant. Je suis partie en voiture, il était à côté de moi, il ne conduisait pas. Je lui ai demandé de mettre sa ceinture de sécurité. Et là, il a commencé à dire oui, j'en ai ras-le-bol de la vie. Il a voulu nous mettre dans le décor, donc il a saisi le volant alors qu'il ne savait pas conduire et m'a mis sur la file en face. Heureusement, à ce moment-là, aucun véhicule n'arrivait en face. Sinon, on était morts et eux aussi.
- Speaker #1
Je ne sais pas comment j'ai réussi.
- Speaker #2
C'est-à-dire qu'il y avait eu un véhicule, c'était une ou deux fois. Donc si Gaccarine en face, forcément, on se serait pris. Et on aurait fait des morts aussi. Et j'ai réussi à rétablir le... L'équipe a retourné sur la file en zigzagant. Et puis, je me suis dit, il va recommencer. Il faut que j'arrête le véhicule et que je sors du véhicule. Donc, je me suis mise sur le bas côté. J'ai éteint le véhicule, mis le frein à main et je suis partie en courant de la voiture. Il m'envoyait des cailloux et j'ai dû traverser la voie en courant. Et à ce moment-là, en fait, le reste de sa famille est arrivé en voiture. dans deux véhicules différents. Ils se sont arrêtés sur le bas-côté en voyant ce qui se passait. Et du coup, un de ses frères a dit, écoute, Réjeanne, tu montes avec moi. On va s'occuper de notre frère. Et puis, ils nous ont séparés, en fait. Il y en a un qui est parti avec ma voiture et avec le père de mon enfant. Et puis, moi, je suis partie dans un autre véhicule. D'ailleurs, je suis restée deux jours chez le frère. qui s'est super bien occupé de moi et malheureusement là j'ai appris que j'étais pas la seule, que toutes celles qui étaient passées avant avaient subi le même sort. Ayant fait de la psychologie, je sais très bien qu'un homme violent a très très très peu de chances de changer même s'il fait... enfin certains font des thérapies mais bon je... je suis pas encore convaincue des résultats, on verra si vraiment il y a des réhabilitations mais... donc du coup je me suis dit c'est fini quoi. Là j'ai pris... J'ai pris conscience que ce n'était pas possible d'élever cet enfant avec lui. Il a quand même essayé, pendant la grossesse, il savait que j'avais porté plainte, qu'il a quand même essayé de faire une cure pour son enfant de désintoxication. Comme beaucoup de cures, il y a eu des rechutes.
- Speaker #1
C'était partie de la maladie, les rechutes.
- Speaker #2
Oui, voilà. Donc je savais très bien que ce n'était pas un environnement. Ayant vécu l'alcoolisme de mon père, je me disais, il est hors de question que mon enfant vive la même chose. Du coup, j'ai eu une grossesse. Mon bébé ne me cassait pas les pieds du tout. J'avais une grossesse idéale, pas de nausées, rien du tout. Et je pense qu'in utero, mon enfant a dû sentir que le climat extérieur était bien compliqué et qu'il fallait me ficher la paix pour que je tienne le plus longtemps possible. Et l'accouchement, pareil, j'ai poussé trois fois. Il est arrivé. Il a mis du temps à pleurer. J'ai eu un peu peur. Mais après, c'est un bébé qui a eu beaucoup de problèmes de santé. Je me pose toujours la question. Alors, il y a un petit brin de culpabilité. Je me dis, est-ce que c'est lié à ce qu'il a vécu in itero ou pas Est-ce qu'il a une part de génétique Est-ce qu'il est super allergique Il a un TDAH, il a des troubles d'attention et une hyperactivité. Il a... des apnées du sommeil. J'ai vu plein de spécialistes pour mon fils. Il s'en sort très bien. Non, il a un BTS en informatique, donc je suis très contente. Et puis c'est un garçon très, très pugnace qui, même s'il sait qu'il a des problèmes dans un domaine, il s'acharne, il continue, il bosse. Il est très stratégique et il dit, par exemple, là, pour le bac en maths, j'ai telle moyenne. En français, bon, c'est un peu bof, machin. C'est l'un des seuls adolescents que je connaisse qui m'a demandé de lui payer des cours de français jusqu'à ses 19 ans. pour s'améliorer en français. En fait, on s'est aperçus en CE1 qu'il faisait semblant de savoir lire. Il répétait tout ce qu'il avait entendu. C'est des stratégies de beaucoup d'enfants. C'est une orthophoniste que je remercie d'ailleurs. Au début, je l'emmenais chez l'orthophoniste parce qu'il avait un petit bégayement sur les fins de phrase. Et finalement, j'entendais râler pendant la séance et je me suis dit, mais qu'est-ce qui se passe Et en sortant, elle m'a dit, tu dis à ta maman. Vas-y, dis-le à ta maman, sinon je vais lui dire. Et là, j'entends mon fils qui me dit, en fait, et elle a fini, il ne sait pas lire, il fait semblant de savoir lire. Il récite des morceaux de phrases qu'il a appris. Et là, donc du coup, il a fallu qu'il apprenne à lire en CE1. Il a redoublé son CM1. La grammaire, ce n'était pas sa copine, c'était assez terrible. Donc, il a toujours eu beaucoup, beaucoup de difficultés en français. Et c'est là qu'en troisième, il m'a dit, maman. Si je ne suis pas de en anglais, ce n'est pas très grave. Je ne suis pas anglais après tout. Mais je suis français quand même. Donc, si je suis nulle en français, c'est un peu moyen quand même. C'est ma langue. Donc, de la troisième à la… Donc, je vous dis… Après la terminale, jusqu'à la première année, même deuxième année de BTS, je lui ai payé des cours de français. Et maintenant, il a un bon niveau. Et en général, les ados, c'est plutôt moins ils en font et moins ils vont en cours.
- Speaker #1
Ça dépend des ados. Ça dépend des ados.
- Speaker #2
En tout cas, lui, je pense qu'il a… se prouver qu'il était capable, surtout qu'avec son hyperactivité, il y a beaucoup de profs qui n'ont pas été très bienveillants. Il a rencontré une professeure, par contre, de CM2, qui lui disait qu'il était plus intelligent que la moyenne, qu'il pourrait faire tout ce qu'il veut dans la vie.
- Speaker #1
Ça change tout.
- Speaker #2
Oui, qu'il avait des réflexions que certains adultes n'avaient pas. Et effectivement, on a fini par avoir un diagnostic d'hyperactivité avec troubles de l'attention. Il a un QI au-dessus de la norme, donc il a compensé. ses difficultés. Et effectivement, il a revu sa prof. Et je lui ai dit, vous aviez raison. C'est vous la seule qui avez vu le potentiel qu'il avait. Et je pense que ça lui a fait du bien d'entendre qu'il était capable de faire tout et n'importe quoi dans sa vie parce qu'il était volontaire.
- Speaker #1
Donc, juste pour revenir sur le déroulement, tu as quitté le papa. Juste au début de la grossesse, il s'est passé cet événement tragique sur la route. Tu as vraiment pris peur. Je m'en vais, je pars en courant et c'est terminé. Beaucoup de femmes n'arrivent pas à mettre un terme à ce moment-là. Ça peut être une limite qui est dépassée, mais qui est tolérée. Malheureusement. C'est important de se dire que le psy...
- Speaker #2
Les peu de compétences que j'ai acquises pendant le doc de psycho, le fait que je sache que les hommes violents recommenceraient quelque part. ces connaissances là m'ont permis de me dire bah tant pis tu fais le deuil de cet amour mais de toute façon c'est sûr parce que tu y tiens et puis il y a une sorte d'emprise et d'addiction exactement puis il y a l'enfant à naître oui voilà le projet familial t'es pris dans un truc où tu te dis bah ouais mais je peux pas j'ai pas envie que tout s'arrête j'ai
- Speaker #1
pas envie d'être à l'initiative non plus de cet arrêt de l'une de miel qu'on a vécu avec Et qui vont revenir, et après, le système de la violence va revenir.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
Et c'est ça qui est terrible. Oui, c'est très difficile de s'en sortir. Bravo d'avoir couru. Et heureusement que la famille était là, derrière. Sa famille a appris.
- Speaker #2
Après, moi, j'avais plus... Ma mère, malheureusement, est décédée d'un cancer du sein quand j'avais 30 ans. Donc, j'avais plus de famille du tout. Mon père était placé depuis ses 57 ans. Il est placé en EHPAD à cause de l'alcool. Donc, je n'avais plus de soutien. Et je pense que le père de mon fils m'a choisi aussi pour ça. Parce que j'étais, on va dire, la victime. J'étais la personne idéale sans soutien familial derrière.
- Speaker #1
Oui, en vulnérabilité qui était quelque part un peu facile à attraper.
- Speaker #2
Voilà, tout à fait.
- Speaker #1
Donc, tu n'avais pas du tout de soutien à ce moment-là. Et tu avais quel âge
- Speaker #2
J'avais 31.
- Speaker #1
31, ok.
- Speaker #2
Si par contre, j'avais beaucoup d'amis. Parce que malgré tout, j'étais quelqu'un qui aimait bien faire la fête. J'avais un réseau d'amis. Et même s'il avait essayé de me couper de pas mal de mes amis, il y a des amis que j'avais de longue date. Et ces personnes-là, même parce que des fois, il essayait de les dénigrer pour casser le lien. Et ces personnes, notre amitié était trop solide et je ne pouvais pas croire ce qu'ils pouvaient dire. J'ai quand même été entourée d'amis ou de personnes Ou d'une amie en particulier Une amie réunionnaise, je ne vais pas donner son nom Qui elle aussi a vécu la même chose Elle s'est retrouvée maman solo On a vécu nos grossesses un peu ensemble En se filant des coups de main Dans nos enfants, tout ça Un peu ma petite soeur de grossesse Et j'ai aussi une de mes amies Qui a assisté à mes deux accouchements Je n'étais pas toute seule
- Speaker #1
Ok, c'était à ta demande Et qui faisait la fête après pour fêter la naissance de mes bébés d'accord donc tu étais soutenue par tes amis durant la grossesse pour traverser toutes ces épreuves on va dire que c'est une famille de coeur que je me suis construite
- Speaker #2
vu que j'avais plus de famille sans quoi combien de temps après ta fille est arrivée oui c'est ça un profil de papa complètement différent boit pas ou boit très peu, fume pas, bosse, rien à voir. Qui créait un lien avec mon fils, donc j'étais ravie. Ça se passait très bien.
- Speaker #1
Tu avais déjà commencé tes études de psycho et de comprendre le fonctionnement
- Speaker #2
J'avais déjà mon DEA d'infoprofession.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Je me suis dit, super, un mec bien. Il s'occupait de la mise en service ou de l'entretien des antennes relais de téléphone portable. Du coup, c'est un peu un VRP, c'est-à-dire qu'il va aller à la tour pour réparer une antenne relais qui est en panne, il va aller en mettre une autre en place en côte d'armor. Donc, il était présent et il vivait avec nous à la maison 3-4 jours par semaine. Et je l'avais rencontré par l'intermédiaire d'un de mes collègues de travail. Il fait connaissance, ça a matché. Puis pareil, il me disait Oui, je suis en instance de divorce, mais j'ai une fille, tu verrais, c'est super. Toi, tu as un garçon, ce serait bien que tu aies les deux, tout ça. Donc, on en parlait, on en parlait. Puis, je t'ai expliqué qu'au fur et à mesure, c'était ouais, machin, tout ça. Après tout, il y a le temps et tout. Puis, à un moment, je lui ai dit, je suis enceinte. Et puis là, il me dit, non, c'est trop tôt. En fait, on devra attendre. Je lui ai dit, attends, la grossesse est entamée. À l'époque, j'avais 38 ans. Je lui ai dit, je ne veux pas faire une IVG pour refaire un enfant dans six mois. C'est complètement ridicule. Tu n'es pas cohérent. Donc, soit on a un désir d'enfance, soit on n'a pas de désir d'enfant.
- Speaker #1
Vous en parliez déjà.
- Speaker #2
Oui, mais là, je me suis dit, il y a un truc qui ne va pas. C'est complètement ridicule. Dans son discours, il y a quelque chose qui est étrange. D'un côté, il y a on veut un enfant, je vais te faire une fille et tout. Et de l'autre, c'est maintenant, c'est trop tôt, ça ne va plus.
- Speaker #1
Oui, incohérent, il y a une petite alarme qui s'allume.
- Speaker #2
Voilà, c'est le red flag qui commence à flotter. Je me dis là, il y a un truc. Puis bon. Un peu méfiante quand même, vu les relations que j'ai eues avec le père de Noa. Je me suis dit, là, il y a un truc qui n'est pas clair. Après, il y a eu un chantage. C'était soit tu arrêtes la grossesse, soit c'est fini entre nous. Je lui ai dit, écoute, c'est très clair, c'est fini entre nous. Je lui ai dit, par contre, la grossesse, elle reste là où elle est et elle ira à terme. Donc après, pas de nouvelles pendant toute la grossesse. Je l'ai informé que sa fille était née. Pas de nouvelles. Je me suis dit, bon, on va faire un peu de recherche. Bon, ça, c'est pas... très très légal, mais bon, j'ai une amie qui bossait dans la téléphonie et qui m'a dit, il y a un petit souci, c'est que monsieur a un téléphone fixe au nom de monsieur et madame, et quand on est divorcés, il n'y a plus de compte commun. Donc, du coup, il t'a menti, il n'est pas divorcé. Donc là, bon, elle m'avait fait m'asseoir avant, donc je suis un peu tombée des nues, mais en même temps, je me disais, il y a un truc, donc bon, ça a été la réponse à mon questionnement. Et du coup, après, procédure de reconnaissance en paternité, enfin bon... Il a voulu reconnaître l'enfant Du tout.
- Speaker #1
Non
- Speaker #2
Non, la procédure de reconnaissance en paternité, c'est parce que je me suis dit un jour, ma fille voudra peut-être aller voir ce monsieur pour savoir qui est son papa, qu'il risque de dire, je ne connais pas cette dame, elle t'a menti. Donc je me suis dit, non, ce n'est pas possible. Il faut qu'il fasse face à ses responsabilités. Après tout, cet enfant, il l'a voulu, même si après, il ne le voulait plus. Donc non, c'est moi qui l'ai attaqué au tribunal et qui l'ai considéré comme étant le père. de mon enfant. Il a des obligations de pension alimentaire. Après, ma fille devait avoir 3 ou 4 ans quand j'ai eu un coup de téléphone. Et là, je pensais que c'était mon avocat de tour. Parce qu'en fait, il avait un point de chute à tour. Finalement, c'était la maison de mon avocat. Oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #2
Coup de fil de tour. Et je me dis, tiens, mon avocat me rappelle. concernant la procédure et la demande de test ADN. Et en fait, c'est sa femme qui était tombée sur des papiers du tribunal et qui me dit, mais vous connaissez monsieur Antel Et je lui dis, bah oui, c'est le père de ma fille,
- Speaker #1
pourquoi Oh là là
- Speaker #2
Et là, ça a été la catastrophe. La pauvre était enceinte de sa troisième fille. Et elle venait d'apprendre que son mari la trompait et qu'il avait une fille ailleurs. Enfin bon... donc ça a été un peu compliqué après je pense qu'il lui a retourné un peu le cerveau parce que le lendemain elle m'appelait en me disant plein de mots pas très aimables en même temps je pense que ça a dû beaucoup la blesser parce que à un moment elle me dit mais non c'est pas possible j'ai dit écoutez moi j'avais une vie il me donnait sa carte bleue pour aller faire les courses j'étais en couple avec lui et elle me dit comment ça j'ai dit écoutez carte bleue, j'ai même encore le code en tête, c'était tel code et c'était la carte bleue avec laquelle elle aussi faisait les courses donc là je pense qu'elle s'est rendue compte que j'étais pas une passade d'une nuit mais qu'il y avait bien une relation installée donc après je me suis dit c'est leur problème, leur histoire c'est à eux de gérer ça et moi je continue ma route, mais bon c'est vrai que ça interroge, c'est peut-être plus facile quand des enfants sont blancs comme leur maman on va dire Parce que moi, ils sont métis, donc ça interroge parce qu'on leur renvoie sans cesse le fait que la question c'est, ouais t'es pas française, bah si les françaises c'est pas une couleur, c'est une nation.
- Speaker #1
C'est encore possible que ces questions-là perdent.
- Speaker #2
Oui, oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #2
On lui a demandé à la cantine si elle mangeait du porc. Oui, elle mange du saucisson, du pâté, elle adore ça, les galettes saucisses, elle adore le cidre, bon voilà. Et oui, il y a toujours des stéréotypes et des précautions. Dès qu'on a une touffe afro ou qu'on a la peau un peu bronzée, on a du mal à se dire qu'un breton, ça peut être bronzé. Je les appelle mes caramels au beurre salé.
- Speaker #1
Ce qui se passe,
- Speaker #2
c'est du caramel et du beurre salé pour bien montrer l'identité bretonne. Ce n'est pas comme tous les autres. Et c'est vrai que... Si les miens avaient été bien blancs, bien diaphanes, avec des yeux clairs et des cheveux tout raides et tout.
- Speaker #1
Comment tu les accompagnes Je leur dis qu'ils ont le droit de revendiquer leur culture bretonne,
- Speaker #2
que je leur ai transmise. Que moi, je ne peux pas leur transmettre la culture de l'île Maurice ou du Congo Braza, parce que ça ne fait pas partie de moi. Que s'ils veulent s'y intéresser, il y a plein d'associations d'étudiants qui font des balles. Il y a d'autres façons de connaître cette culture et qu'on n'est pas réduit non plus à nos origines nationales ou géographiques. On est un patchwork de plein de cultures.
- Speaker #1
Et on apprend par d'autres moyens.
- Speaker #2
On est riche de toutes ces différences culturelles.
- Speaker #1
Sortir des stéréotypes de la société, déjà en tant que parent solo, sortir des stéréotypes de la vie idéalisée, du couple idéalisé. En plus, tu as deux enfants, mais là, la coupe,
- Speaker #2
elle est... Ça interroge ceux qui cochent les cages aussi. Ça leur permet un peu plus de liberté.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est ça aussi, de gagner en liberté, à oser être soi. Comme on disait tout à l'heure, d'apprendre à s'aimer, oser être soi. Et j'ai envie de dire, tant pis pour le reste.
- Speaker #2
C'est un petit peu différent, oser être un peu créatif. Oui,
- Speaker #1
et de la tolérance et de l'amour.
- Speaker #2
Il faut oser être un peu créatif et puis faire des choses un peu différentes.
- Speaker #1
Oui, qu'ils sortent de l'ordinaire. On a le droit de sortir de l'ordinaire. Et justement, c'est ce qui fait aussi une force. On montre aussi à nos enfants que c'est possible et qu'on est capable. Et que si on n'est pas comme tout le monde,
- Speaker #2
ce n'est pas grave. En fait, ce que je te disais, c'est que mes deux enfants ont eu leur parcours et leurs difficultés qui étaient différentes. Je leur explique, je leur dis, moi, je ne sais pas ce que c'est que de vivre sans père.
- Speaker #0
Moi, j'ai eu un père qui était omniprésent avec son alcool. Donc, je ne peux pas vous aider là-dessus. Je ne sais pas comment se construire là-dessus.
- Speaker #1
Sacré parcours avec tes enfants. Et à aucun moment, tu t'es dit, non, j'arrête la grossesse. Non, cet enfant ne fera pas partie de ma vie. C'était une évidence pour toi de les garder tous les deux quand ils sont arrivés
- Speaker #0
Moi, j'ai subi une IVG à 17 ans et demi. Premier rapport sexuel, enceinte, super fertile. Un vrai bonheur. J'ai fait cette grossesse, ça s'est super mal passé. Et j'ai fait une salpingite, un début d'endométrio, j'ai été malade pendant je ne sais pas combien de mois, réhospitalisée, tout ça. Donc, hors de question de refaire une IVG. Et puis même, je les ai désirées du fond de mes tripes, ces gamins, donc c'était hors de question. C'était bon, maintenant, ils font partie du projet et puis ils sont là. On continue. Après, je ne vais pas dire qu'il n'y a pas eu de difficulté. Le rapport à l'école, quand on a un enfant un peu hors norme, ça m'a un peu épuisée. Après, j'ai fait plein de boulot. Je pense que tous les parents solos sont un peu comme ça. C'est-à-dire que j'ai été femme de ménage. C'est ce que je dis à mes enfants. Je dis à une époque, je nettoyais des toilettes dans des usines qui n'avaient rien à voir avec mes compétences, dont des E.A. d'infocom. Et je ne regrette pas parce que je ramenais un salaire à la maison, que mes gamins avaient de quoi bouffer. Par contre, physiquement, je l'ai payé. C'est-à-dire qu'il y a un moment où je me suis installée comme nourrice. J'ai bossé à peu près 52 heures par semaine. Plus un enfant avec l'orthophoniste.
- Speaker #1
Tous les rendez-vous. Oui.
- Speaker #0
plus ma gamine a géré et puis à un moment le corps a dit stop et c'était burn out et je pense que j'ai brûlé les cartouches après quand on devient maman moi je sais que il y en a qui sont pétés zen tranquille qui sont no stress moi à la micro seconde où je suis devenue maman j'ai peut-être un tempérament angoissé plus que les autres vu mon background je sais que la vie n'est pas un long fleuve tranquille donc ça a été peut-être un peu compliqué je pense que ça a bouffé le... Le fait est que maintenant, après le burn-out, j'ai fait une insuffisance surrénale aiguë. Ça touche le cortisol, l'hormone du stress. Donc je pense que quand tu te poses la question, tu te dis, si une partie de ton cerveau qui produit l'hormone, qui gère le stress, a décidé de faire non, non, moi je ne bosse plus, c'est que tu as dû quand même le faire bosser pas mal. Je suis en invalidité, je ne peux plus travailler. J'ai une aide ménagère, donc je suis passée du côté aidant pour mon fils. au côté aidé. Je te dis pas que ça n'a pas été forcément facile. Je pense que malgré tout, parents solos, sans aide, ça abîme un peu quand même. Ça abîme parce que même si tu es renforcée par toutes les joies que tu peux avoir en voyant grandir tes enfants, il y a un épuisement psychique à tout gérer, à être sans arrêt. Il y a une charge mentale énorme. Heureusement, j'ai toujours des copines avec qui on peut... qui sont aussi soit maman solo, mais avec des gardes alternés, ou alors avec de la famille derrière qui peut garder les enfants de temps en temps. Donc ça permet de souffler. Alors heureusement pour moi, j'ai quand même une tante qui est formidable, qui pour mon deuxième accouchement s'est occupée de mon fils, qui pour... en cas d'hospitalisation, je la sollicite pas non plus parce qu'elle a sa vie. outre mesure, je ne vais pas lui demander tous les week-ends de garder mes enfants, mais à chaque fois qu'il y avait vraiment un gros truc, hospitalisation, tout ça, machin, elle a été là, elle a géré. Donc, c'est quand même le truc qui fait du bien, et quand je l'ai appelée en lui disant, je ne sais pas si j'ai une tumeur au cerveau, mais en tout cas, il a de fortes chances que j'ai une insuffisance urénale aiguë, je vais être hospitalisée, peux-tu t'occuper des enfants Elle a dit oui. Donc, quand on va à l'hôpital, on est quand même plus zen, donc il y a toujours les services sociaux, on est... un truc qui plane au-dessus de ta tête. Et finalement, effectivement, j'avais bien suffisant sur une allégue. Pas de tumeur au cerveau, bonne pioche, mais en tout cas, une partie du cerveau qui ne fonctionne plus comme elle devrait, donc un traitement à vie et puis un épuisement chronique à vie. Vu que maintenant, je suis en invalidité, que je suis… Alors, c'est entre 50 et 80 de handicap, parce que la MDPH,
- Speaker #1
ça fait que c'est un avantage.
- Speaker #0
Quand j'en discute avec mon fils, je me dis que... Je lui ai expliqué, je lui ai dit, tu sais, je pense que depuis que je suis née, je vis dans un stress chronique. Mon enfance d'abord, la relation avec ton père, il fallait être toute seule à gérer financièrement tout le monde, tout ça. Et puis du coup, il y a un moment où le corps, il s'est dit stop quoi. Quand c'est too much, c'est too much, chez moi ça a craqué. Ça a été une obligation pour moi de me réinventer. Parce que ne rien faire à la maison, pour moi, ce n'était pas possible. Donc du coup, je fais de l'accueil linguistique. Ce n'est pas un travail, mais j'accueille des étudiants étrangers qui viennent apprendre le français ici. Donc ça a une belle culture. Dans notre maison, on voyage à domicile en fait. C'était ma façon de me réinventer. Après, j'écris des comptes. Alors mon fils me dit, il faut que tu les édites et tout. Mais à chaque fois, je ne suis jamais contente. Je ne suis jamais satisfaite. Donc je les réinvente et je les réécris. Et toi,
- Speaker #1
comment tu vis
- Speaker #0
J'avais l'impression de... Je culpabilisais. Je me disais, merde, limite, il mériterait d'avoir une mère un peu mieux. Il y a même un moment où vraiment j'étais mal. Quand il y a eu le diagnostic qui est tombé, je me disais, mais qu'est-ce qui est le mieux Que je reste ou que je parte Je me suis vraiment posé la question. J'ai fait mon testament. Je me suis dit, mais ils vont avoir une invalide à trimballer. Puis je découvrais ma maladie. Je ne savais pas dans quel état j'allais évoluer parce que j'étais juste... assise et j'avais des vertiges et j'étais incapable de marcher donc je me disais mais si c'est comme ça tout le temps ça va pas être possible quoi qu'il ya des moments tu te poses la question de est ce qu'il vaut mieux que je parte et quelqu'un d'autre les élèves ou est ce que je reste et on va faire comment quoi tu vas il ya des périodes de flou où c'est vraiment pas évident quand j'ai eu mon traitement bon je vais pas dire je j'ai que l'énergie est revenu d'un coup mais finalement j'ai récupéré j'arrive maintenant à gérer ma maladie je pense j'ai récupéré Récupérer un peu d'énergie, l'épuisement chronique est là. Je le vois comme un challenge. C'est-à-dire que j'ai fait par exemple une remise à l'activité physique avec les handisports. Et je me suis dit non, si je me contente de ça, je ne vais pas faire grand-chose. Donc je me mets des challenges. Je fais de l'aquagym avec des personnes valides. Quand j'arrive dans la piscine, je suis déjà épuisée. Donc c'est un petit peu mon Everest, tu vois. Je fais mon ascension de l'Everest pendant une heure d'aquagym. Mais je me dis, si je ne me dépasse pas à chaque fois, si je ne gagne pas en endurance, comment ça va finir Parce qu'ils ne sont pas encore adultes, ils ne sont pas encore indépendants financièrement. Voilà, donc j'essaye de me maintenir physiquement, c'est pour ça que je fais du sport. Maintenant, j'arrive de nouveau à me projeter dans l'avenir. Ce qui n'a pas été évident au moment de l'annonce de la maladie. Ça n'a pas été évident du tout, parce que là, je ne sais plus si j'en avais un d'avenir. Non,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Il y a une période, c'est même plus que je me réinvente, c'est que de toute façon, je n'ai pas le choix. Il y a eu un moment, c'était la frustration de ne plus avoir les mêmes capacités qu'avant. Donc ça, il faut l'accepter. Et puis se dire, le matin, tu te lèves, tu te dis, là, aujourd'hui, ça, pas le faire. Tant pis. Ça va être une journée coucouning. Je vais rester avec le chat devant la télé, je vais regarder des séries. Et puis je vais me faire plaisir, parce que ça ne sert à rien de faire la gueule. De toute façon, ça ne va pas arranger le truc. Et puis, le jour où tu te lèves et où c'est mieux, Tu te dis là, par contre, je vais me faire plaisir, je vais faire plus de trucs. Tiens, je voulais reprendre ça. Tiens, ça va être maintenant, je fonctionne comme ça. Et même les périodes où il y a eu une semaine où j'étais vraiment fatiguée récemment. Et tous mes objectifs, c'était des tout petits trucs.
- Speaker #1
Ouais, on arrive à la fin. J'avais deux questions encore. Déjà, bravo pour ton parcours parce que ce n'est pas évident du tout. Il y a beaucoup de résilience aussi, beaucoup d'amour. Et l'humour aussi permet d'alléger le quotidien. vraiment et il y a des moments qui sont vraiment extrêmement durs quand t'as un épuisement physique comme ça c'est très très très difficile mais bravo pour ce que pour ce que tu dégages t'as eu quelque chose de très solaire de très joyeux et c'est ta force tu le sais aussi je pense que je l'attire de mes enfants aussi oui et des personnes qui t'entourent et qui donc c'est super unique et si tu avais un conseil à vous Des astuces, une phrase à dire aux parents en solo qui nous écoutent. Qu'est-ce que tu aimerais leur dire brièvement
- Speaker #0
Je dirais jamais lâcher et se dire que quand il y a des difficultés, il faut voir à long terme, plus loin, se projeter, imaginer. Et même si ça met du temps, ça finit par payer. Mon fils, on lui avait prévu un avenir pas terrible. Et puis finalement, il a montré que même si on ne rentre pas dans les cases, on est capable de réussir. Et ma fille, c'est pareil. Je pense que c'est une jeune fille en devenir qui est capable de plein, plein de choses. Il ne faut pas écouter ce que les autres vous disent sur vos enfants et croire en eux, quoi. Et en soi, voilà.
- Speaker #1
C'est marrant. C'est souvent ce qui ressort. Oui. Il ne faut pas écouter les... Mais oui, parce que... Moi, je suis là avec ma question.
- Speaker #0
Puis, ça colle de la pression pour rien.
- Speaker #1
Oui, et s'écouter, quand même. Écoute, je te remercie beaucoup, Réjeanne. J'ai encore plein de questions. J'ai encore envie de continuer avec toi. Il y a un temps pour tout et là, on est à la fin. Merci pour ton témoignage et d'avoir accepté de partager ton expérience. Ok,
- Speaker #0
super. Si ça peut aider des gens, moi, je suis ravie.
- Speaker #2
IME. A bientôt pour un prochain épisode de ce longitude.