- Speaker #0
Bienvenue sur Sololitude, le podcast qui s'adresse à tous les parents qui vivent la sololitude, c'est-à-dire lorsqu'ils sont seuls pour l'éducation de leurs enfants ou qui se sentent seuls pour les élever dans la gestion du quotidien et de la chaleur. Que l'on soit indépendant, salarié, au chômage ou en reconversion, on est confronté à des situations qui viennent nous chercher au plus profond de nous-mêmes. Alors comment kiffer, apprécier, vivre sa vie rêvée malgré les contraintes de la parentalité solo même quand cela paraît impossible. Je suis Émilie Aveline, je suis praticienne en hypnose depuis 10 ans et ancienne infirmière depuis plus de 15 ans. Depuis des années, j'accompagne les parents à apprivoiser leur solitude, à déculpabiliser ou sortir des stigmates du couple idéalisé. N'hésitez pas à liker et partager le podcast pour aider les autres parents qui en auraient besoin. Vous pouvez retrouver les replays du podcast sur mon site internet émilieaveline.com, liker la page Facebook et Instagram. C'est parti sur ce lot d'études, bonne émission Dans cet épisode, je reçois Kelly, une jeune maman de 28 ans qui vient du Gabon et qui vit en France depuis 8 ans. Kelly a découvert qu'elle était enceinte à l'âge de 24 ans. Malgré le choc initial et les pressions exercées par son ex et sa famille pour qu'elle interrompe sa grossesse, Kelly a pris la décision de garder sa fille, qu'elle décrit comme une source de joie et de force dans sa vie. Kelly s'est retrouvée à la rue, elle a pu bénéficier de certaines mains tendues. Face au manque de soutien, elle se fait confiance quant à ses propres capacités à décider ce qui est bon pour elle. En approfondissant son histoire, Kelly évoque l'évolution de sa relation avec le père de sa fille et de sa famille. D'abord distant et accablé, il finit par assumer plus ou moins son rôle de père, bien que lentement. Son ex-belle-famille est très présente et pas toujours soutenante. Kelly a également réfléchi à sa propre évolution au cours de cette période. Elle a pris conscience de la force qu'elle a trouvée en elle-même pour faire face aux complexités de la maternité et de sa vie personnelle. Elle souhaite renouer avec ses racines gabonaises, ressentant un fort besoin de retourner dans son pays d'origine et d'y retrouver le soutien de ses proches vivants et décédés. En conclusion, Kelly adresse un message aux parents, se faire confiance, s'aimer et rechercher les personnes qui nous sont chères. Cette histoire témoigne de la force de l'amour d'une maman et du voyage de découverte envers soi qui accompagne souvent la parentalité. J'espère que vous trouverez de l'inspiration dans l'histoire de Kelly et dans les leçons qu'elle a apprises en chemin. Let's go Bonjour Kelly Bonjour Émilie,
- Speaker #1
comment tu vas
- Speaker #0
Je vais bien, merci. Je suis ravie de t'avoir avec moi aujourd'hui. Peux-tu nous raconter ton histoire, combien tu as d'enfants et comment ils, elles, sont ou sont arrivés dans ta vie
- Speaker #1
Alors, moi c'est Kelly, j'ai 28 ans, ça fait 8 ans que je suis en France. Et suite à mon arrivée, 4 ans plus tard, j'ai eu ma fille par surprise. C'était voulu, mais pas dans le moment présent.
- Speaker #0
D'accord. Tu venais d'où avant
- Speaker #1
Du Gabon.
- Speaker #0
Du Gabon, ok. Tu es arrivée en France il y a 8 ans, tu avais 20 ans, toute jeune, tu débarques en France.
- Speaker #1
Dans mon sein, j'avais à peine 24 ans et j'ai accouché toute jeune, dans la fleur de l'âge.
- Speaker #0
Donc tu avais un désir d'enfant, mais pas prévu tout de suite. Comment ça s'est déroulé alors, cette annonce de grossesse
- Speaker #1
Je pense que ce n'était pas évident parce que tout de suite, j'ai appris que j'étais enceinte. Le papa était tout de suite content, mais je pense qu'on était dans le déni. On n'avait pas encore réalisé le choc. C'était assez bizarre. Moi, je ne croyais pas. Et une fois, j'ai allé faire les examens et que ça a été confirmé. Là, c'était vraiment la douche froide. Qu'est-ce qu'il fallait faire Pendant deux mois et demi, je me posais vraiment la question. Je suis allée au planifamilial pour essayer de me poser des bonnes questions. Si je suis capable, si c'est le moment, si ce n'est pas le moment, etc. Mais chez nous, on a du mal à enlever des grossesses. Parce qu'on se dit que ça peut être le premier comme le dernier. Donc, je ne voulais pas prendre ce risque de me dire que je vais enlever. Il peut se passer plein de choses et je n'ai pas envie de regretter. Donc, tout de suite, j'ai eu ce sentiment de me dire que je vais le garder. Je n'ai pas passé la meilleure des grossesses, mais je pense que ma fille me comprenait. du fond de mon ventre.
- Speaker #0
D'accord. Qu'est-ce qui s'est passé durant les premiers mois Tu hésites, tu décides de garder l'enfant
- Speaker #1
Un peu de pression, beaucoup de pression du côté de de mon ex, ses parents. Ils m'appelaient tous les matins pour me demander quand est-ce que j'avante.
- Speaker #0
Lui, il était très motivé au départ
- Speaker #1
Oui, et ses parents m'appelaient tous les jours, m'envoyaient des messages pour avorter. Comme quoi, ce n'était pas le bon moment. On est jeunes, on a la vie devant nous. Il faut prendre notre temps. Mais bon, en même temps, c'était mon corps et ça m'appartenait à ce moment-là. Et ce n'était pas eux qui le vivaient. Donc, je pense que c'est plus leur pression qui m'a vraiment donné envie aussi d'arriver à cette fin-là, d'avoir ma fille. Et c'est sans regret aujourd'hui.
- Speaker #0
Ça a confirmé en fait quelque part que dans ta décision.
- Speaker #1
Exactement. Aujourd'hui, ces papis de mamie de poule, ils ne se voient pas comme leurs petites filles. Au contraire, ils sont toujours très contents de l'accueillir, d'être avec elle. Et je pense qu'il y a aussi un petit regret là.
- Speaker #0
Et le papa
- Speaker #1
Le papa, ça a tout de suite changé une fois qu'il y a eu la pression de ses parents. Il s'est retourné vers ses parents et m'a abandonné jusqu'à mes neuf mois de grossesse. Et il est revenu le dernier jour de mon échographie. Et c'est de là qu'il a commencé, entre guillemets, à prendre son rôle de papa. Pareil au fond de lui.
- Speaker #0
Entre guillemets, c'est vrai.
- Speaker #1
Parce qu'il n'était pas sûr que c'était le papa, il avait tellement des idées de ses parents malveillants, comme quoi je n'étais pas enceinte de lui, je suis tellement enceinte pour les papiers, ou que je ne sais pas, plein de mauvaises idées, un peu souvent racisme. Donc je l'ai vécu comme ça, j'ai vécu ma grossesse comme ça durant les neuf mois et voilà.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui a fait qu'ils ont petit à petit changé d'avis et qu'ils sont revenus vers toi
- Speaker #1
Parce que j'ai pris du temps de mon côté. Je ne voulais pas les donner raison, j'ai pris du temps. J'ai tout de suite eu cette maturité de me dire chaque chose à son temps à ce moment-là. Je ne voulais pas précipiter les choses. Je dis que cet enfant appartient à leur fils. Aujourd'hui, je pourrais entendre que vous ne voulez pas d'elle, de ma fille. Je leur donnais des nouvelles chaque mois, à chaque fois que j'allais à l'hôpital, j'allais faire des échographies, je les envoyais des nouvelles, des photos d'échographie. Je les annonçais le sexe. J'étais en communication avec ses parents jusqu'aux neuf mois de grossesse de ma fille. Je n'avais pas de contact avec le papa. C'est comme si c'était les papis et mamies, j'étais enceinte d'eux.
- Speaker #0
Et au bout de neuf mois
- Speaker #1
Il est revenu, il est revenu, très difficilement, très lentement. Et à ce moment-là, j'ai passé une grossesse assez compliquée parce que j'étais assez stressée. Et donc, j'étais beaucoup suivie. Il a assisté à l'accouchement. Il n'a pas voulu couper le cordon. Il était très distant. Une fois que ma fille est née, en cachette, il a fait un test de paternité derrière mon dos. Pour être sûre que ma fille, c'était vraiment son enfant. Une fois que ça a été fait, trois mois plus tard, trois mois de vie de naissance de ma fille, il me dit Ah oui, je suis le papa à 99,9%
- Speaker #0
Ben oui Tu n'en doutais pas, toi Oui, ça
- Speaker #1
C'est pas le papa de plus en plus. Oui. À ce moment-là, c'est pareil, il n'a pas créé de lien quand j'étais enceinte. Donc pour lui, c'était encore assez flou. Et c'est les grands-parents, pareil, qui prenaient le relais. Quand j'ai accouché, c'est eux qui étaient présents. C'est eux qui gardaient ma fille souvent. Petit à petit, ils se sont rendus compte que j'étais pas... cette personne qui croyait au fond. Donc aujourd'hui, on s'entend super bien. Je suis plus avec leur fils, mais il y a beaucoup de respect. Je pense... du regret. Ce qu'ils ont eu à casser, c'est qu'il fallait pas casser. Leur fils aujourd'hui, il est au plus mal, traumatisé. En même temps, c'était la période du Covid, donc ça n'a pas arrangé les choses. Voilà, aujourd'hui, c'est comme ça.
- Speaker #0
Et lorsque la petite va chez les grands-parents, lui, il vient aussi de temps en temps, il la côtoie ou pas du tout
- Speaker #1
Oui, ils sont tous ensemble, mais c'est le visage le plus familier, c'est les grands-parents. C'est des parents assez abusifs, des parents assez protecteurs envers leur fils. Donc s'il y a un problème, il faudrait avoir affaire à eux et non à leur fils. n'ont pas voulu faire face à ces réalités, aux engagements qu'il a envers ma fille, etc. Et c'est plus tard qu'ils ont fait face à ces réalités. C'était très difficile. C'est aux trois ans de ma fille. C'était très, très, très difficile.
- Speaker #0
Et comment tu l'as vécu, toi
- Speaker #1
Moi, je suis cassée. Très mal. Parce que... À la base, moi, je suis une femme assez solaire, avec de la joie de vivre, très rigolote au quotidien. Et j'ai l'impression que je suis plus qu'aigrée. J'essaye de faire l'effort d'essayer de me retrouver. On encaisse quand même pas mal de choses dans des situations difficiles. Et je n'avais pas forcément assez de soutien. J'étais toute seule.
- Speaker #0
Ça va être ma question. Oui.
- Speaker #1
Non, j'étais toute seule. Toute, toute seule. Mais mes parents sont au Gabon. Pendant ma grossesse,
- Speaker #0
j'ai pleuré.
- Speaker #1
Ouais. J'ai pleuré ma mère comme un bébé pendant ma grossesse. C'est ce que j'avais envie de m'amener à ce moment-là. J'avais envie qu'elle soit là. J'avais envie que quelqu'un me comprenne. Je suis encore une jeune fille. Je me dis que l'âge adulte n'est pas forcément à la vingtaine. Parce que c'est à cette période où on découvre plein de choses, on apprend. Et le fait de ne pas avoir un soutien de notre famille plus proche, c'est très compliqué.
- Speaker #0
Tu n'avais pas du tout de lien, même par message ou Internet avec ta famille
- Speaker #1
Ça ne recouvrait pas.
- Speaker #0
Ce n'est pas suffisant. Et tu es arrivé en France, tu ne connaissais personne
- Speaker #1
Je suis venue pour être chez mes soeurs et ça s'est très très mal passé d'ailleurs. Et donc du coup, je me suis retrouvée tout de suite livrée à moi-même à la rue. Heureusement, je me suis très bien faite accompagner. J'ai eu des super personnes qui m'ont hébergée, qui m'ont aidée, accompagnée, mais ça ne faisait pas tout.
- Speaker #0
Non, ça ne faisait pas tout. Comment tu as trouvé ces personnes qui t'ont tendu la main
- Speaker #1
En fait, grâce à une super dame, j'étais allée dans une association. Et banalement comme ça, j'expliquais ma situation. C'était le 19 décembre et le lendemain, je ne savais pas où je devais dormir. C'est les périodes de fêtes. Et à ce moment-là, elle m'a dit Ah super, je connais Je connais des avocats qui ont un appartement derrière leur maison et qui veulent bien héberger une personne. Je dis OK. Ce n'était pas n'importe quel avocat. Ils sont très connus en France.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Je suis restée. C'est eux qui m'ont accompagnée. C'était ma famille.
- Speaker #0
Ils sont toujours présents dans ta vie
- Speaker #1
Plus trop.
- Speaker #0
Plus trop. Mais en tout cas, à ce moment-là, ils étaient d'un grand soutien. Ça ne faisait pas tout, mais ils étaient d'un grand soutien à ce moment-là.
- Speaker #1
Oui, c'était un grand soutien jusqu'à ce que je tombe enceinte. Et je pense qu'ils l'ont aussi très mal vécu, parce qu'ils étaient aussi une source de pression pour que j'enlève aussi cette grossesse. À ce moment-là, je me suis retrouvée encore seule. Parce que je pense que... Ils voyaient tellement de bel avenir en moi que c'était des personnes assez battantes. Et je pense qu'ils refusaient de me voir. rentrer encore dans un autre chemin tout de suite.
- Speaker #0
Et est-ce que tu pouvais, toi, t'exprimer sur ce désir de garder cette grossesse Est-ce que toi, tu pouvais exprimer ce que tu avais au fond de toi Non, je souhaite le garder
- Speaker #1
Non, parce qu'on ne m'a pas dit ce que je voulais. C'était quand je me réveillais le matin. Est-ce que tu es allée au planning familial Quand est-ce qu'on te donne rendez-vous pour que tu avores Tu peux t'accompagner. Il n'y a pas de souci. C'était assez... très crash, très direct.
- Speaker #0
Waouh, tu as réussi à surmonter tout ça toute seule.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu t'en rends compte
- Speaker #1
Oui, je pense, oui.
- Speaker #0
Il y a une sacrée force, tu t'es accrochée malgré toute cette pression qu'il y avait autour de toi.
- Speaker #1
Exactement. Je me rappelle que... à mes huit mois de grossesse, je n'avais pas de vêtements, je n'avais rien. Il fallait que je me décide pour accueillir cet enfant quand même de façon décente. Et je suis allée dans une association, j'ai expliqué, j'avais un tout petit bidou parce qu'elle avait des difficultés à s'alimenter. Donc du coup, ce n'était pas un très, très gros bébé. Et je vais comme ça, on me dit, vous êtes réellement enceinte Je dis, oui, je suis enceinte et je vais accoucher dans un moment. Et tout de suite, les dames se sont tous mobilisées. Mais non, vous n'avez pas des affaires, des habits Je dis, je n'ai rien. Ils m'ont fait tout un gros sac. Ils m'ont dit de revenir parce qu'ils étaient tellement énormes. Il y avait tout à l'intérieur, vêtements. Et tout de suite, je me suis retrouvée avec toute une veillette. Et j'ai dit, OK, là, c'est vraiment sérieux. Il y aurait vraiment quelqu'un qui va arriver dans pas longtemps.
- Speaker #0
Les choses se précisent.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Tu logeais où à ce moment-là
- Speaker #1
Alors, j'avais une place au centre maternel.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'étais au centre maternel et voilà.
- Speaker #0
Tu n'as pas pu rester longtemps au centre maternel.
- Speaker #1
Ah si, je suis restée jusqu'à un an de ma fille.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais au centre maternel, je suis rentrée un mois avant mon accouchement. Donc, pendant ce temps-là, j'étais... chez la famille qui m'hébergeait et eux ils avaient envie que je rentre un mois avant l'accouchement pour ne pas que je reste trop trop longtemps au centre maternel.
- Speaker #0
Et tu es restée un an au centre maternel donc c'est un centre avec des professionnels aussi qui t'accompagnent et qui t'aident à te guider dans la maternité.
- Speaker #1
Oui, il faut dire ça comme ça. C'était assez autonome, un centre maternel assez autonome et avec des gens pour accompagner au cas où. on a besoin.
- Speaker #0
Ok. Donc, tu n'étais pas toute seule durant cette première année avec ton bébé
- Speaker #1
Non, je n'étais pas toute seule. D'ailleurs, j'ai cette petite histoire qui me fait assez rigoler. Le jour que je rentre de la maternité, je me retrouve née avec ma fille et je lui donne le sein et j'essaie de porter vers mon visage et elle me revomit dessus. Et tout de suite, j'appelle les amis pour dire que j'ai ma fille qui vomit. Elle a à peine trois jours, le monsieur qui se met à rigoler au bout de fil, il faut dire mais c'est que le début. Elle a regurgité, c'est pas du tout grave. J'ai dit ok, d'accord. J'ai pris qu'elle avait quelque chose de grave. Comme quoi, 20 ans n'est pas forcément l'âge adulte, adulte, qu'on pense. On reste toujours des enfants. Non.
- Speaker #0
Oui, oui, oui, oui. Ok, comment se déroule la suite alors
- Speaker #1
Alors c'est le Covid, on est tous confinés. Au centre maternel, le papa il passe quand il peut, mais on se voit par la fenêtre. Il n'y a aucun lien, aucun contact. Et il passe 10 minutes, il me voit par la fenêtre avec la petite, après il repart. Il revient, il me ramène à manger, parce que c'était compliqué. Quand ça s'assouplissait un peu, il devait partir avec elle une journée, jusqu'à Angers, parce qu'il est de Angers. Donc, il prenait la voiture avec un tout petit bébé. Il allait à Angers la journée. Il allait à Améné le soir. Souvent, c'était le week-end. Je lui faisais confiance, quoi. C'était son papa. Et voilà, quand il partait à Angers, c'était ses parents qui s'en occupaient. Et comme ci, comme ça.
- Speaker #0
Donc là, il s'en occupait et il la prenait
- Speaker #1
Non, il la prenait pour le transport, mais il ne s'en occupait pas.
- Speaker #0
Ah, OK. Il faisait le trajet, mais il ne s'en occupait pas.
- Speaker #1
Il fallait pas qu'elle pleure trop parce qu'une fois, il m'a fait une crise à la gare. Il a pris le train avec elle et à ce moment-là, elle avait faim, elle avait fait caca. Et elle avait toute une crise à crise de bébé qui ne s'arrête pas de pleurer. Et je le vois venir en poussette, tout rouge. Limite, il me jette la poussette, il se retourne, il part. Sans transmission, sans rien, il était totalement agacé. Ça m'a totalement choquée. À ce moment-là, je me disais qu'il abusait de ma confiance. Je lui faisais confiance de partir avec notre fille en bon état. Il me la ramenait comme un petit papier. Je vous parle d'un enfant de trois mois. Deux mois, trois mois.
- Speaker #0
Elle était toute petite. Et en fait, il ne savait pas gérer et tu l'as refilé, il était en colère. Et c'est là que tu as compris qu'en fait, il ne s'en occupait pas.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que les premiers signes, je ne le voyais pas du tout, mais il ne s'en occupait jamais. C'est ses parents qui font tout. Il peut jouer avec elle comme un grand frère, mais ça a des limites. À ce moment-là, j'ai compris que niveau psychologique, c'était assez compliqué, voire très, très, très compliqué. Et je me posais énormément de questions. Je contactais ses parents tout le temps pour qu'ils me disent la vérité, pour qu'ils me disent ce qui ne va pas. Parce que moi, je constatais que ça n'allait pas, en fait. Je ne voyais pas comme un homme de 27 ans, parce qu'à l'époque, il avait 27 ans. Je trouvais qu'il avait vraiment des problèmes mentaux, pas normal. Et au début, ils ont essayé de me faire culpabiliser, comme quoi c'était à cause de moi, c'était de ma faute, il ne fallait pas que cet enfant vienne. Et quand j'étais avec lui, sans ma fille, je n'avais jamais constaté ça. Mais c'est avec le temps, avec des années. Parce que je n'ai pas lâché l'affaire, je voulais qu'ils me disent la vérité, je voulais que ça sorte parce que je savais qu'il y avait un souci au niveau de leur fils. Et avec le temps, on m'a dit plus tard, très longtemps, qu'il avait des problèmes psychologiques, qu'il fallait qu'il prenne des médicaments pour se calmer, etc. Au départ, c'était la faute. Au départ, c'est comme si... Et j'avais aussi cette culpabilité de me dire que c'est comme ça à cause de moi.
- Speaker #0
Tu n'y étais pour rien du tout et il le savait qu'il était sous traitement, qu'il avait des antécédents psy, et on te rejetait la faute sur toi en disant c'est ta faute, parce que tu as voulu garder cet enfant, nanana, alors que tu n'étais pour rien du tout.
- Speaker #1
Et ça me rendait malade, et je me disais, voilà, je ne demandais pas d'aide parce que j'ai bien gardé ma fille, et c'était comme ça. Je ne sais pas... Je ne suis pas allée avec violence, comme je vois certaines personnes en vont au tribunal, etc. J'ai vraiment réagi dans... Comme on dit, c'est dans les moments difficiles qu'on se découvre, on découvre réellement quel est notre intérieur, comment on est, quelle est notre force de sagesse et de patience. C'était naturellement pour moi, j'étais tellement calme, sans prise de tête, et je disais que chaque chose a son temps et chaque jour... J'aurais ma réponse et j'ai donné des rancilles, j'ai tout fait avec les parents pour qu'on se voie vis-à-vis, pour qu'on essaie de discuter, pour que je puisse comprendre quel est le souci. Parce que quand je vois un homme de 27 ans et je compare avec son papa, je dis mais il y a un truc qui n'est pas cohérent, ça ne marche pas là.
- Speaker #0
Oui, tu as une sacrée force intérieure et c'est super beau ce que tu dis, cette patience, cette force, cette sagesse. C'est super fort.
- Speaker #1
Je n'ai jamais refusé sa fille, quelle que soit la situation. C'était souvent compliqué, mais il avait droit à avoir sa fille. Ce n'était pas une obligation, mais il y avait toujours cette accessibilité-là. Et mon regret, c'est de dire à ma fille que je t'ai privé ton papa parce que psychologiquement, il ne va pas bien. Je trouve qu'aujourd'hui, ma fille a 4 ans, bientôt 5 ans. De jour en jour, depuis que ma fille a eu 3-4 ans, depuis qu'elle interagit, je trouve qu'il change, je trouve qu'il s'éclaircit, il devient plus gai et je trouve un certain apaisement envers lui. On ne se dispute pas, on échange autour de la petite. C'est vrai que les deux premières années, voire les trois premières années étaient très très compliquées. Lui-même me le dit, il me dit qu'elle a changé ma vie.
- Speaker #0
Il y a eu une prise de conscience de son côté également.
- Speaker #1
Un peu longtemps, mais ça s'est fait à temps, je peux dire.
- Speaker #0
Et là, il la voit à quel rythme Parce que c'est toi qui la gères vraiment au quotidien.
- Speaker #1
C'est mon voisin. On fait les courses dans la même...
- Speaker #0
Ah oui
- Speaker #1
Il a refusé d'aller loin. Et donc, c'est très marrant. Donc, il a un week-end sur deux. Et le lundi, j'ai commencé le yoga. Donc, j'ai dit, je prends mon moment pour moi. Je suis jeune et j'ai besoin d'évacuer.
- Speaker #0
Même plus vieille, tu sais. Même plus vieille.
- Speaker #1
Exactement. Non, pour essayer de dire que je suis encore dans la vingtaine, mais je vais encore rattraper encore les petites années perdues. Elles ne sont pas perdues.
- Speaker #0
Elles ne sont pas perdues. Tu as appris énormément sur toi. Tu as pu apprendre justement comment tu réagissais. Tu l'as très bien dit, quand on est dans les profondeurs, quand ça va mal. Tu as appris à dégager cette force, cette patience, cette sagesse. Tu as appris ça de toi. Tu as eu ta fille qui a changé, bouleversé ta vie aussi. Ça a été un grand choc, certes. Mais tu t'es vraiment reliée à toi-même, dans tes convictions profondes de femme, de maman. Là, c'est ton cœur des mamans qui a parlé en disant Ce sera peut-être la seule chance de ma vie d'avoir un enfant. Donc, je saisis, malgré tout ce qu'on peut me dire, je fonce. En fait, tu sais ce qui est bon. à l'intérieur de toi. Et c'est ça que tu mets en place. C'est ça qui s'est passé pendant ces années-là. Tu n'es pas perdue.
- Speaker #1
Et là, il a un week-end sur deux et le lundi soir. Sinon, le reste de la semaine, si on fait un tour au parc, il passe par là, on se croise.
- Speaker #0
D'accord. Et comment elle vit, ta fille Est-ce qu'elle pose des questions Comment ça se passe
- Speaker #1
Elle est très intelligente, ma fille. Et ça... Je peux le dire depuis qu'elle est dans le ventre. Parce qu'elle savait quand j'étais pas bien, quand je parlais, elle m'écoutait, je sentais qu'elle m'écoutait. Elle est très très très intelligente. Elle est aussi beaucoup dans les changes, c'est une petite grande. Mais ma fille aujourd'hui, on se pose des questions d'ailleurs avec son papa. Elle fait tout pour qu'on se remette ensemble. Elle aime aller chez le fleuriste, prendre une fleur pour papa et pour maman. Et elle me rappelle toujours qu'on est amoureux, mais je lui ai dit non, aujourd'hui, papa et maman sont amoureux pour toi. Et c'est ce qui compte. Je ne sais pas quelle est son attente, mais moi, je suis déjà passée à autre chose.
- Speaker #0
Et souvent, c'est le rêve d'enfant de revoir papa et maman ensemble.
- Speaker #1
Exactement. Et d'ailleurs, elle n'a pas connu ça, donc elle voit avec ses copines. Et elle a des copines qui attendent des petits frères, des petites soeurs. Elle me disait, alors maman, tu fais quand un petit frère Je lui dis, écoute...
- Speaker #0
Oh, tout de suite Tu l'envisages C'est quelque chose que tu envisages Pas du tout. Pas du tout.
- Speaker #1
J'ai déjà eu... Je sais ce que c'est d'accoucher, je sais ce que c'est d'être enceinte. Et je ne suis pas plus en manque que ça. Je peux m'en passer. Aujourd'hui, ce qui compte, c'est d'être heureuse avec moi. retrouver l'amour que j'avais pour moi, qui est un peu perdu d'ailleurs. Et aujourd'hui, c'est mon combat. Trouver l'amour pour moi et continuer à donner à ma fille. Je mets tout ce qui est en œuvre réelle, elle va à la danse, elle est dans une école privée, en voyage. Je préfère qu'elle soit heureuse que d'en créer des malheureux.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Et toi, tu en es où dans ta vie Ça se passe comment pour toi
- Speaker #1
Je suis assez sélective, je suis, c'est-à-dire au niveau amour... Amour
- Speaker #0
Tout plan Perso, amour, professionnel, social, amical, famille...
- Speaker #1
Amour, je suis raide comme un bâton, beaucoup en observation. En tout cas, je ne me fais pas barretiner, je ne peux plus me faire barretiner par un homme. Et au fond de moi, je me dis, le jour que je vais rencontrer le vrai, je vais le sentir. Je ne vais pas aller chercher. Donc pour ça, je me mets zéro pression et je ne me laisse pas baratiner. Niveau professionnel, c'est tout cool, tout roule. Très bon poste. Tu fais quoi Avec voyage professionnel, je ne m'ennuie absolument pas. Je suis chargée de recours.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu fais D'accord. Et ça, ça te plaît
- Speaker #1
Et ça, ça me plaît.
- Speaker #0
Tu travailles à 100%
- Speaker #1
Oui, à 100%. À 100%, avec beaucoup de flexibilité, notamment dans le télétravail. Je suis à 100%, ça me convient, 9h, 17h. Quand j'ai des déplacements professionnels, elle reste avec son papa, on s'arrange comme ça.
- Speaker #0
D'accord, ok. Et point de vue social
- Speaker #1
Ça va, j'ai des copines, on sort souvent, pas trop parce que je suis très… Il y a des moments où j'aime bien être avec les gens, il y a d'autres où je me renferme beaucoup.
- Speaker #0
Mais est-ce que c'est des espaces qui te ressourcent quand tu t'isoles
- Speaker #1
Non, pas trop. J'ai l'impression que c'est assez méli-mélo au niveau de mon cerveau. Je réfléchis beaucoup, beaucoup pour rien. Je ne sais pas si c'est parce que je suis devenue maman, mais souvent, ça me fatigue de réfléchir.
- Speaker #0
Des fois, quand on a un cerveau qui réfléchit beaucoup, ça fatigue et les stimuli extérieurs au niveau de la stabilité peuvent vraiment fatiguer. Et le fait des fois de s'isoler permet de s'écarter pour justement se ressourcer et ne pas être avec tous ces stimuli. Parce que des fois, il y en a en plus plein dans la tête. C'est le besoin de s'en isoler pour pouvoir faire un peu plus de tri dans sa tête et pouvoir aussi juste se retrouver avec soi-même sans que ce soit une difficulté,
- Speaker #1
tu vois Exactement, exactement. Ouais, c'est pas évident.
- Speaker #0
C'est pas évident, mais je vois que tu réfléchis et tu avances sur ton chemin. Oui. Tu apprends de plus en plus à mieux te connaître. Ouais. Est-ce que tu as un suivi pour toi avec un professionnel qui peut t'accompagner dans tes réflexions justement et dans ce que tu traverses
- Speaker #1
Oui, j'avais commencé cette démarche l'année dernière et moi dans mon cas, j'ai l'impression que, c'est ce que je ressens d'ailleurs ici un peu, il n'y a que moi qui peux m'en sortir. C'est vrai qu'il y aurait des gens pour m'accompagner dans ce que je vis. Mais souvent, non, j'arrête et je suis toute seule. J'écris beaucoup, beaucoup. Ça me permet de…
- Speaker #0
C'est thérapeutique. Super.
- Speaker #1
De tout m'acheter. Et d'ailleurs, quand je relis, je me dis, c'est moi qui écris ça Mon Dieu Mais c'est dur Et même le fait de relire, ça me refait du bien parce que je l'ai posé, je l'ai couché dans une feuille. Super,
- Speaker #0
oui. Ça c'est très très bien.
- Speaker #1
Aujourd'hui, je ressens des fortes envies de repartir chez moi au Gabon. Et ça commence à être plus fort que moi. Je me dis, là, je pense que le fait de repartir un peu chez moi, me ressourcer, parce que je suis née là-bas. C'est ma terre et c'est mon attache. Peut-être qu'il y a un truc que je pourrais vider là-bas aussi, qui pourrait beaucoup m'aider, notamment aussi le fait de voir ma mère, ça fait très longtemps.
- Speaker #0
Tu ressens ce besoin profond.
- Speaker #1
Je suis là physiquement, mais mon esprit n'est plus là.
- Speaker #0
Là, ça s'organise. De ce que j'entends, ce ne seraient pas que des vacances.
- Speaker #1
Non, si, dans un premier temps, juste aller me ressourcer.
- Speaker #0
Un premier temps.
- Speaker #1
Je prévois très fortement repartir chez moi.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que j'ai compris. Oui, oui, tu le sens au fond de toi, ça t'appelle. Tu es vraiment connectée avec toi-même et tu t'auto-guides en fait.
- Speaker #1
Exactement, ça m'a beaucoup aidée d'ailleurs.
- Speaker #0
Tu t'auto-guides. Oui, oui, oui. Et tu en as parlé avec les grands-parents de ton ex Oui, oui. Non, pas encore Si,
- Speaker #1
j'en ai parlé parce que j'ai fait des crises l'année dernière où il fallait que j'aille, il fallait que j'aille. Ils m'ont dit oui pour les vacances, il n'y a pas de souci, mais pour vivre, non.
- Speaker #0
Oui, ils ne sont pas d'accord.
- Speaker #1
Non, Hélène, c'est leur... troisième, quatrième fille aujourd'hui. Ils font tout pour elle.
- Speaker #0
Qu'ils puissent t'accompagner pour toi, par amour, dans tes désirs profonds, pour ta vie, pour la personne que tu es. Dans tes choix, même si on n'est pas d'accord avec les choix de nos proches. Si c'est ça qu'ils portent à un moment donné, mais qu'on soit d'accord ou pas, finalement, c'est leur propre choix.
- Speaker #1
Exactement. Pour le moment, là, c'est assez compliqué parce que je n'ai pas envie de me mettre une barrière et... enfin je sais pas comment dire mais j'ai vraiment envie de repartir chez moi mais je voudrais que ça se fasse aussi progressivement et j'ai pas envie de mettre la charrue avant les bœufs en discutant des laines parce que je sais pas ça risque de me rendre encore plus mal et j'ai pas envie de... je m'aidis au moment venu, j'essaye de m'organiser comme je peux, tout prévoir comme je peux, de toute façon je veux pas fuir avec elle, c'est pas dans... dans mes convictions et je suis contre tout ça. Mais je suis sûre que si je discute réellement, profondément, et que je rassure, je pense, son papa, je les rassure eux aussi, que Hélène serait dans un bon environnement parce que l'Afrique, les gens, vraiment, ce n'est pas une très belle image de l'Afrique, surtout.
- Speaker #0
C'est une méconnaissance. C'est une méconnaissance du pays. Toi, tu l'as dit, c'est ta terre. Ta famille, elle est là-bas. Ta maman, elle est là-bas. Tu as besoin de la retrouver, c'est viscéral.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Puis on ne sait pas de quoi la vie est faite. Donc oui, peut-être commencer par des vacances et puis voir le retour, comment ça se déroule. Et puis après, s'il faut envisager de déménager là-bas ou pas. Et les choses vont se faire petit à petit. Et tu es suffisamment intelligente pour prévoir les choses tranquillement quand il le faut. Et tu ne feras pas n'importe quoi vis-à-vis de ta fille, de ce papa, de ses grands-parents.
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
pas du tout. Mais non, mais non. Donc ils peuvent être rassurés par rapport à ça. Enfin, s'ils te connaissent suffisamment bien, tu vois, là, ça fait pas longtemps qu'on échange.
- Speaker #1
Ils sont pas trop stressés, mais c'est vrai que c'est un sujet qui peut être un peu stressant. Mais on n'en a pas énormément discuté, mais je prends mon temps. De toute façon, ça peut être au Gabon, comme ça peut être dans un autre pays. Moi, Chine, par exemple, je suis assez... Ouvert d'esprit, j'aime bien la nature. Voilà, cet été, on est allé à vélo avec ma fille toute seule de Nant d'Arcachon. On a vécu des moments tragiques. Et donc, je n'ai pas d'attache particulièrement à un endroit. Mais aujourd'hui, je me dis rentrer au Gabon, reposer les pieds sur ma terre, ce serait très ressourçant pour moi et pourquoi pas continuer mon envol.
- Speaker #0
Et il y a un côté aussi très symbolique. Donc, le fait de devenir maman et de retrouver ta terre nourricière quelque part, enfin, la symbolique, elle est assez juste. Enfin, elle me paraît vraiment juste à sa place.
- Speaker #1
Exactement. C'est ma terre natale et c'est là-bas que j'ai passé toute mon enfance. Je ne suis pas très entrée dans le traditionnel, mais... Mais quand on vient de quelque part, on a du mal à se dire qu'on l'oublie du jour au lendemain. Ça, c'est les déracinés qui pensent comme ça. Moi, je suis enracinée.
- Speaker #0
Waouh, c'est joli.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc, qu'est-ce qu'on veut Je peux te souhaiter le meilleur pour l'avenir, de retrouver l'amour de soi. Peut-être que ça passera par le retour à tes racines, à cette terre natale.
- Speaker #1
Beaucoup d'amour. Beaucoup d'amour. En général, les gens disent qu'ils veulent aimer. Moi, aujourd'hui, je veux m'aimer.
- Speaker #0
Tu vas t'envoler après.
- Speaker #1
L'amour de mon pays, de ma terre, et refaire le plan de tout ça. Je pense que c'est sûr que ça ira. Pour le moment, je suis faible un peu, mais je suis sûre que je vais très vite me recharger.
- Speaker #0
Tu peux garder cette conviction profonde. Tu l'as en toi.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui. Et tu sais l'écouter. Tu sais l'écouter. Donc, vraiment... Soit à ton écoute, tu sais ce qui est bon pour toi.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est souvent ce que je dis dans les personnes que j'accompagne, c'est en fait on sait au fond de nous ce qui est bon. C'est juste que des fois on ne veut pas le voir, mais toi tu le vois très très bien pour le coup.
- Speaker #1
Après c'est comme ça, on ne peut pas hiler, on peut vivre toutes les difficultés de la terre mais avec une sérénité époustouflante. C'est vraiment mon modèle. Il est sorti d'une grande maladie et c'est comme si c'était moi qui portais sa maladie. Et lui, il était assez zen et serein. Il n'avait aucune peur parce qu'il savait à qui il pouvait... Il faisait confiance à son corps et il savait qu'il était plus fort. Je pense que ça vient de là. Ton papa,
- Speaker #0
c'est ça Oui. Il est toujours en vie
- Speaker #1
Oui, très bien en forme. Plus jeune que moi d'ailleurs. Il est là.
- Speaker #0
Et il est en France D'accord.
- Speaker #1
Il a voulu venir en France pour vaincre sa maladie. On l'a vaincu ensemble.
- Speaker #0
Ça te recharge
- Speaker #1
Oui, mais encore plus ma maman. J'ai recréé des liens avec mon papa. Parce qu'on n'a pas eu de difficultés. Dans ma famille, on n'a pas eu de difficultés. On s'est toujours aimés. Mais il y avait beaucoup de distance, notamment dans le travail. Il n'avait pas forcément trop le temps. Et aujourd'hui, on a eu le temps de discuter, de se comprendre. et de se parler sincèrement. Et je suis très fière de ça, de me dire que j'ai recréé des vrais liens avec mon père et le fait aussi de l'accompagner aussi dans son parcours, de vivre cette étape, c'était chouette. C'est chouette d'ailleurs. Je suis reconnaissante pour ça, de me dire que j'ai un papa. À la soixantaine, très bien en forme, qui va en boîte de nuit, qui se fait courtiser par des femmes, qui vit sa vraie, vraie vie. Parce qu'il n'a pas fait une belle vie au départ. Comme on dit, il n'est jamais trop tard. Et c'est vraiment le cas pour mon père.
- Speaker #0
Wow, c'est chouette. On arrive à la fin de l'échange. Est-ce que tu aurais un message à faire passer aux parents qui nous écoutent
- Speaker #1
Écoutez-vous, écoutez votre cœur. De toute façon, votre cœur ne peut pas vous mentir, ne peut pas vous tromper. Et faites-vous confiance. Vous ne faites pas d'erreurs. Et même si on pense qu'on fait des erreurs, on culpabilise. Et aimez-vous. Aimez-vous aussi. Beaucoup.
- Speaker #0
Oui, c'est le plus important. L'amour.
- Speaker #1
Et après, on pourra bien aimer nos enfants aussi. Merci beaucoup, Émilie. Je te souhaite que du bonheur dans ce parcours et j'ai hâte d'écouter les podcasts et se remotiver par ça, ça va me faire du bien.
- Speaker #0
Super, parce que ça peut t'aider dans ce sens-là aussi, c'est vraiment mon objectif. Super.
- Speaker #1
Je suis sûre que ça va m'aider, parce que mon témoignage aide, mais les témoignages des autres m'aideront encore plus.
- Speaker #0
Également.
- Speaker #1
Se tient la main.
- Speaker #0
C'est tout l'objectif. Oui. Merci beaucoup Kelly.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. J'espère qu'il vous a plu. Vous pouvez m'aider en vous abonnant, en appuyant sur le petit cœur, liker et aider les autres parents qui en auraient besoin en partageant ce podcast autour de vous. Vous pouvez retrouver toutes les émissions sur le site internet de Sololitude, sur la page Facebook et Instagram au nom de Sololitude et de emily.avelyne. Donc emily, c'est E-M-I-L-I-E. A bientôt pour un prochain épisode de ce long d'étude.