- Speaker #0
Bienvenue sur Sololitude, le podcast qui s'adresse à tous les parents qui vivent la sololitude, c'est-à-dire lorsqu'ils sont seuls dans l'éducation de leurs enfants ou qui se sentent seuls pour les élever dans la gestion du quotidien et des tâches à accueillir. Que l'on soit indépendant, salarié, au chômage ou en reconversion, on est confronté à des situations qui viennent nous chercher au plus profond de nous-mêmes. Alors comment kiffer, apprécier, vivre sa vie rêvée malgré les contraintes de la parentalité selon qui on est. même quand cela paraît impossible. Je suis Émilie Aveline, je suis praticienne en hypnose depuis 10 ans et ancienne infirmière depuis plus de 15 ans. Depuis des années, j'accompagne les parents à apprivoiser leur solitude, à déculpabiliser, sortir des stigmates du couple idéalisé. N'hésitez pas à liker et partager le podcast pour aider les autres parents qui en auraient besoin. Vous pouvez retrouver les replays du podcast sur mon site internet émilieaveline.com, liker la page Facebook et Instagram. C'est parti sur ce Lolitude, bonne écoute Dans cet épisode, je reçois Maria, maman d'une petite fille. L'histoire de Maria a commencé lorsqu'elle est tombée amoureuse lorsqu'elle travaillait à Cuba. Oui, Maria nous fait voyager. Leur relation a été compliquée par la distance, ce qui les a amenées à se marier pour qu'ils puissent s'installer en France. Maria évoque les difficultés d'adaptation de son mari face aux différences culturelles. et elle-même face à sa nouvelle vie de mère. Son enfant naîtra par une césarienne d'urgence en code rouge. Elle décrit son grand sentiment de solitude et d'anxiété, le père étant très peu présent et avec des problèmes d'addiction, notamment l'alcool, et elle se questionnera beaucoup sur la maternité sans avoir de réponse. Elle reconnaît ses propres difficultés, ses limites, et décidera d'être suivie par les thérapeutes. C'est ce qui lui permet d'avoir un regard juste sur sa situation. Elle décidera aussi de garder des liens avec le père pour sa fille, en l'invitant à passer quelques week-ends chez elle. Elle garde alors le contrôle de la situation comme elle dit. En conclusion, elle adresse un message de courage et de résilience aux autres parents, les encourageant à rechercher la communauté et le soutien nécessaire pour élever les défis que pose le fait d'élever des enfants seuls, sujet sociétal sur lequel nous échangeons à la fin de l'épisode. Ici, c'est un rappel de la force que l'on trouve dans la vulnérabilité et de l'importance de la communauté. connexion dans l'aventure de la parentalité. Let's go Bonjour Maria, merci d'être avec moi aujourd'hui. On va écouter ton histoire, tu vas nous partager. Déjeanne, tu as quel âge Tu as combien d'enfants
- Speaker #1
Moi j'ai 39 ans et j'ai un enfant, j'ai une fille qui a 8 ans.
- Speaker #0
Peux-tu nous raconter son histoire et ton histoire, comment tout ça a débuté
- Speaker #1
Oui. Tout à fait. Elle est née, donc Lila est née quand j'avais, enfin je suis tombée enceinte l'année de mes 30 ans. J'avais rencontré son père depuis pas si longtemps que ça, à la fois il y a un peu de temps et pas tant de temps que ça. Moi j'ai une histoire qui est un peu liée à Cuba, j'ai passé pas mal d'été là-bas par mon travail, c'est un peu dense. et j'allais passer mes étés à La Havane et j'ai rencontré son père au bout de quelques années. Ça faisait déjà un moment que j'allais à Cuba avant de le rencontrer. Mais donc, on est tombés amoureux, mais il y avait la distance. Donc, on a été un peu longtemps ensemble sans que ce soit vraiment très concret. Mais bon, là, j'ai le dilemme, qu'est-ce que je fais Est-ce que je me lance dans l'aventure je me marie et en sachant que je prends un risque en fait ou pas. Mais je me dis, si je ne le fais pas, ce que je veux dire, c'est que si je ne me marie pas, c'est mort. Il ne pourra pas venir en France. On ne pourra jamais vivre ensemble. Moi, ce n'est pas envisageable d'aller vivre à Cuba. Ce n'est pas possible. Il y a très peu d'entreprises françaises là-bas. C'est un pays très fermé. Moi, je n'ai pas d'argent. Je n'ai pas d'argent de côté. Je ne suis pas… Voilà. j'ai pas les moyens de faire autrement que de me marier et de le faire venir en France. Et donc, je me dis que j'ai pas envie d'avoir de remords, donc j'y vais, j'essaye, quoi. Et on se marie. On se marie et puis il arrive. Et je tombe assez rapidement enceinte. Bon, j'étais pas si jeune que ça, en même temps, j'avais 30 ans, mais...
- Speaker #0
À ce moment-là, il te rejoint en France. Vous vous mariez à La Havane.
- Speaker #1
Oui, on se marie à La Havane.
- Speaker #0
Et il te rejoint en France.
- Speaker #1
Et puis, on demande un visa pour qu'il vienne en France, puis un titre de séjour une fois qu'il rentre en France. Et ça fait qu'il y a deux problématiques qui vont se combiner. La problématique de l'exil, de la difficulté de s'adapter à une nouvelle société, une société qui est vraiment différente. Même si moi, j'ai passé beaucoup de temps à Cuba, et je me sentais très à l'aise dans la société cubaine, mais c'est autre chose quand on est chez... Enfin, je pouvais m'adapter... là-bas et je me rendais pas tellement compte à quel point ça pouvait être vécu de façon difficile la différence. Moi je suis quelqu'un de souple, je m'adapte. C'est pas comme quitter son pays, se dire qu'on sait pas si on y retournera. Donc il y a ça, cette problématique-là, et celle de l'arrivée d'un enfant qui, on ne le sait pas avant d'avoir un enfant, mais ça chamboule vraiment. profondément, vraiment. Moi vraiment ça m'a transformée, l'arrivée de ma fille. Et voilà, elle naît déjà pendant la grossesse, j'ai vu que ça allait être compliqué pour lui d'assumer, de le faire en fait. Je me rends compte au fur et à mesure qu'il y a les discours, il y a la réalité des actes, qu'on peut avoir envie de faire plein de choses et puis c'est pas si facile que ça d'y arriver. tout le monde n'est pas souple et adaptable et et ben allez ça a été un petit peu compliqué on déménage je suis à 8 mois de grossesse je porte quand même l'essentiel du déménagement hors charge lourde mais le reste c'est moi qui gère parce que bah les cartons c'est quand même un truc de meuf donc c'est à moi de faire les cartons donc je suis très fatiguée et ma fille n'est pas trois semaines avant terme. Et bah là, moi j'ai été complètement perdue, complètement perdue, ça a été très dur. Je me sens seule, je comprends rien, enfin je pense que tout le monde passe par là. Quand un bébé arrive, on comprend rien, on est perdue. Et j'ai ressenti très fort le besoin de sororité et j'aurais eu besoin d'avoir des femmes avec de l'expérience autour de moi. Oui,
- Speaker #0
oui, oui. Et c'est vrai que certaines le vivent de manière plus paisible. Ça dépend des femmes. Et pour d'autres, de toute manière, ça chamboule profondément. Quand on nous dit ces mots, en fait, on ne comprend pas à quel point ça change notre identité, notre corps, complètement, qui on est en tant que femme. Tout est remodelé, en fait. Wow Qu'est-ce qui se passe Et je suis perdue. Je ne me connais plus. Je ne sais plus ce qui se passe.
- Speaker #1
Oui, moi je suis perdue dans le sens où je suis stressée. La naissance s'est mal passée. C'était une naissance en mode code rouge.
- Speaker #0
Code rouge, pour préciser, ce sont donc... Il y a différents types d'accouchements. J'imagine que c'était une césarienne
- Speaker #1
Oui, césarienne en une minute.
- Speaker #0
C'est ça. En cas de césarienne en urgence, il y a trois codes différents. Il y a le code vert, le code orange et le code rouge. Selon les différentes couleurs, il y a le degré d'urgence qui évolue graduellement. Et plus on va vers le rouge, et moins on a de temps pour pouvoir extraire le ou les bébés. Donc pour les équipes, il faut aller très très vite. Donc là, tu as une césarienne en code rouge. Qu'est-ce qui s'est passé pour... qui déclenche cette césarienne en code rouge
- Speaker #1
Eh bien, il y a deux choses. Il y a ce qui s'est passé et moi, le sens que je donne à ce qui s'est passé. Ce qui s'est passé, c'est qu'en fait, quand je suis arrivée à la maternité, la veille de la naissance, je suis restée une heure, le col ne bougeait pas. Donc, on m'a dit, c'est probablement du faux travail. J'ai dû rentrer chez moi. Puis, en fait, j'ai douillé toute la nuit. J'ai dû prendre... prendre deux bains, voire trois bains dans la nuit. Et à 6h, j'y retourne. Et là, le col devait être à 7. Donc, j'avais fait une grosse partie du boulot toute seule. Ça allait, j'arrivais à gérer. Et je gérais. C'était douloureux, mais en fait, tant qu'il y a des problèmes entre les contractions, ça va. En fait, on peut récupérer entre deux contractions. Et puis, en arrivant à 8, là, je n'arrive plus trop. Là, je lâche prise, je me dis vas-y, je vais faire une péridurale Mais la péridurale, je le vis vraiment comme si je baissais les armes. Je dis vas-y, je lâche prise, je le laisse gérer Et c'est là que ma fille panique en fait. Là, elle commence à vouloir sortir. Moi, je ne me rends pas compte, mais en fait, ils me disent, le bébé en détresse, elle essaye de sortir, ce n'est pas possible. Et là, code rouge, c'est parti. Et moi, le sens que je donne à tout ça, c'est vraiment dans cette histoire de… Quelques temps avant la naissance, j'étais avec son père, c'est là que j'ai senti que j'allais probablement être seule avec ma fille. Et je pense qu'il y a un truc qui s'est mis en place. un lien quoi un lien de ben voilà je suis là pour toi et peut-être que c'est moi qui vais là je vais tout seul ouais voilà et je pense que ce ressenti de c'est trop dur je lâche prise le bébé ma fille quoi mais pas encore enfin voilà c'est encore le bébé qui est sorti c'est le bébé à l'intérieur et elle l'a ressenti comme à la si elle me laisse je fais quoi Et donc voilà, ils m'ont endormie et puis je me réveille en salle de réveil. Alors là, c'est très comique parce que j'ai les mains oranges, ils ont désinfecté quoi.
- Speaker #0
Et donc tu as une anesthésie générale.
- Speaker #1
Oui, anesthésie générale.
- Speaker #0
Donc ça veut dire que tu pars au bloc en urgence. C'est quoi ce qui se passe On t'endort Anesthésie. et tu te réveilles en salle de réveil tout seule avec les mains oranges les mains oranges c'est la bétadine on a désinfecté tes mains et ma première pensée à ce moment là c'est je
- Speaker #1
peux utiliser le curcuma hier soir je pense au curcuma et là d'un coup je me dis non mais c'est pas ça le truc en fait J'ai eu la maternité. Et là, c'est dur. Je me dis, où est-ce qu'il est Où est ma fille C'est un petit peu... C'est dur. J'ai raté la naissance, en quelque sorte. Et j'ai eu du mal à remarcher. La cicatrice a été douloureuse. Ce n'était pas évident. Donc, voilà le démarrage.
- Speaker #0
Oui, alors je vais rebondir par rapport à ça et merci d'en parler. Tu es la première à évoquer les ressentis de césariennes qui sont différents, si c'est une césarienne programmée, si c'est un code vert, orange, rouge, de comment est notre situation dans ce contexte-là, à ce moment-là de notre vie, ce qui fait qu'on va plus ou moins bien vivre les conséquences de la césarienne derrière, au niveau de la douleur, au niveau de la cicatrice, au niveau du lien avec l'enfant. Il peut y avoir une incidence par rapport à l'allaitement, il y a tout plein de choses derrière. Et souvent les femmes disent j'ai l'impression d'avoir raté ce moment-là qui était super important. Souvent ça revient.
- Speaker #1
Et moi on me demandait, on réfléchit à un prénom avant la naissance du bébé. Et moi je disais ok, mais pour moi elle n'a pas de nom tant que je ne l'ai pas vue. Il faut que je valide, je ne peux pas donner un nom à un être que je sens mais que je n'ai pas vu. Sauf que quand je suis née, son nom était... Je l'ai pas subpoigné, quoi. Après, son nom lui va très bien et c'est super. Mais voilà.
- Speaker #0
Toi, il t'a manqué quelque chose,
- Speaker #1
là. Il m'a manqué le fait de dire, ouais, c'est bien ça, son nom. Bon, ben voilà, c'est comme ça. Ça s'est passé comme ça. J'ai de la chance d'être dans... Que elle ait survécu, que j'ai survécu. D'être dans une société qui permet ces choses-là. Voilà.
- Speaker #0
Merci de me rappeler aussi. Oui, c'est important. On a de la chance. Souvent, on critique la France, les hôpitaux. Mais on ne serait pas dans ce système français. Même à l'époque, dans d'autres pays aujourd'hui et à l'époque, les femmes mouraient en couche et les bébés ne survivaient pas. Donc, on a cette chance d'être en France.
- Speaker #1
Voilà, elles n'auraient peut-être pas survécu. Donc, voilà notre démarrage de vie à trois. Et dès la maternité, je vois que je suis un peu seule. Je suis un peu seule. Ça se passe très bien avec le bébé, il n'y a pas de souci. Mais il y a la nuit là où il pleure toute la nuit. Je n'étais pas préparée non plus. Il y a une nuit où on ne dort pas de la nuit. Le bébé pleure toute la nuit. Elle pleurait toute la nuit. Je la mettais au sein, elle s'endormait, je la reposais, elle pleurait. Voilà ce schéma là où en fait, on a dû se lever toute la nuit. Lui, au bout d'un moment, il n'a plus envie de se lever. Le problème, c'est que moi, je n'arrivais pas à me lever. Ça me faisait mal avec la cicatrice. Je l'ai pris sur moi et je me suis levée. Et j'ai fait quoi Parce que moi, c'est ma conclusion de mon expérience de la maternité. La maternité, c'est quand les autres ne veulent pas faire, il y a quelqu'un qui doit le faire. Et bien, c'est moi.
- Speaker #0
De toute manière, mais oui. Voilà.
- Speaker #1
Et moi, je le ferai parce que sinon, personne ne le fera. Et donc, on est un peu la dernière roue du carrosse. Mais sur qui on est, parce que de toute façon, elle va le faire. Voilà. Et voilà, la vie à deux, ça a été ça, dur. Au début, elle était anxieuse. Alors, elle avait plein de raisons d'être anxieuse, vu sa naissance, vu mon état d'anxiété. Je suis émotive, évidemment. Je me suis mariée avec un émotif. Donc, voilà, c'était pas évident. Et puis, moi, j'ai besoin de donner du sens aux choses. Si je comprends pourquoi c'est pleur, pourquoi c'est compliqué le soir. plus facile à vivre mais j'étais seule je ne comprenais pas et rapidement aussi mon conjoint ne supportait pas les pleurs du bébé.
- Speaker #0
Vous n'aviez pas d'aide avec des sages-femmes, PMI, pédiatres, médecins traitants Non, du tout.
- Speaker #1
Je ne savais pas qu'on pouvait être accompagné par exemple j'avais toujours entendu dire qu'à la maternité les sages-femmes pouvaient prendre le bébé si c'était trop dur mais on ne me l'a pas proposé. Et après, on ne m'a pas proposé de l'aide et de l'accompagnement. Donc, je n'ai pas demandé. Je pensais que ça n'existait pas.
- Speaker #0
Voilà. D'accord. Un manque d'informations à ce niveau-là. Ouais,
- Speaker #1
ouais, ouais. Donc, voilà, ce sentiment de vraiment grande solitude, de porter seul parce que c'était trop dur. Voilà. Donc, beaucoup d'anxiété, de la tension. l'attention et bon bah ça finit par évidemment au bout d'un moment j'ai divorcé quoi quand elle avait trois ans mais j'ai mis trois ans j'avais j'avais peur de me retrouver seule avec ma fille au final être enfin je sais pas pourquoi j'avais peur d'être seule avec ma fille je portais déjà tout toute seule et en fait une fois que j'étais seule avec elle c'était beaucoup plus simple et depuis que je suis seule avec elle c'est simple elle est facile elle est sympa on s'entend bien il n'y a pas de problème en fait ça fait peur d'être seule avec un enfant. Et quand on était ensemble, elle pleurait beaucoup et il y avait beaucoup de stress parce qu'elle pleurait beaucoup, parce que le contexte était stressant. Parce que dès qu'elle pleurait, je stressais parce que je me disais il va s'énerver parce qu'elle pleure. Donc c'était un espèce de cercle vicieux atroce.
- Speaker #0
Et oui, mais complètement. Et c'est super dur en postpartum. Et tu n'avais pas de famille ou des amis autour de toi qui pouvaient t'accompagner durant ce moment-là
- Speaker #1
Eh ben non. Enfin, non. Ma famille n'était pas très soutenante parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec mon choix de me marier avec cette personne, je pense. il voyait que ça déconnait, que ça n'allait pas, que je vivais des choses que je ne méritais pas de vivre. Moi, je veux bien t'aider, mais sans lui, s'il n'est pas là. Et ça me faisait un point en plus, parce que ça veut dire que moi, je devais assumer de dire, écoute, je n'avais trop de choses lourdes et dures à gérer pour en plus affronter ce dossier-là. Je ne m'en sentais pas capable. Non, non, j'étais...
- Speaker #0
Mais tu ne peux pas tout faire en même temps.
- Speaker #1
Je ne peux pas tout gérer en même temps.
- Speaker #0
Tu ne peux pas tout... Ah non, surtout en post-partum.
- Speaker #1
Ça a duré trois ans. À la fin, j'étais plus… Ça allait mieux, mais j'avais aussi un travail qui était assez chaotique. J'avais des horaires de travail. Je travaillais le soir. Je n'étais pas salariée. J'étais auto-entrepreneur. Donc, ce n'était pas stable non plus. Enfin, voilà, c'était juste trop compliqué. Mais donc, bon, ben voilà. Un grand, un immense sentiment de solitude qui, aujourd'hui, est toujours très présent. être seule avec un enfant, c'est génial, ma fille est super, je m'entends, j'ai une très belle, je trouve que j'ai réussi à mettre en place une très belle relation avec ma fille, j'ai essayé autant que je peux de ne pas reproduire les choses qui m'ont fait souffrir moi, donc je communique beaucoup, quand je ne suis pas juste, je m'excuse, enfin voilà, j'essaie de mettre en place une relation qui est le plus égalitaire possible, sans oublier que je suis l'adulte et c'est l'enfant, c'est moi qui décide en fait. Mais malgré tout, j'essaie de la laisser expérimenter ce qu'elle a expérimenté, faire ce qu'elle en fait. Et quand moi je suis trop fatiguée et donc je me fâche pour des choses qui ne sont pas si graves que ça, je m'excuse tout simplement. Je trouve qu'on a une belle relation.
- Speaker #0
Mais c'est dur. C'est une grande force de pouvoir se rendre compte, de se regarder vraiment, de se dire, Oh là, je suis fatiguée, j'ai peut-être eu un mot en plus, un ton de voix plus haut, et je vais vers mon enfant et je vais m'excuser, parce qu'en fait, ce n'est pas de sa faute. C'est parce que moi, je suis fatiguée et je suis plus irritable. Wow, mais c'est une grande force de pouvoir se le dire et le dire à son enfant. Bravo
- Speaker #1
Je me suis beaucoup sentie... Je pense qu'on est nombreux à se sentir coupable de plein de choses, dont on n'est pas responsable. Et donc, je ne veux pas que ma fille reproduise le schéma de vie que j'ai, même si ma vie est super, j'ai fait plein d'expériences géniales, j'ai voyagé, j'ai rencontré plein de gens, j'ai fait ce que j'avais envie de faire, je veux dire au niveau professionnel. J'ai une vie géniale, mais sur le plan affectif, c'était la catapulte. Donc, il faut qu'elle soit solide. Pour moi, je veux qu'elle ait la solidité affective que moi, je n'ai pas. La solidité affective, elle vient du fait de, pour moi, de lui dire, écoute, je t'aime, quoi que tu fasses. Et donc, même si un jour je me fâche, ce n'est pas à cause de... Enfin, ça peut être parce que tu as fait quelque chose avec lequel je ne suis pas d'accord, mais je t'aime quand même. Et quand je me fâche, parce que, à cause du contexte, à cause de ce que je suis... comment je me sens intérieurement, tu n'as pas à te sentir responsable de ça. Tu n'es pas responsable de mon bien-être. Tu ne dois pas te rendre heureuse. Ce n'est pas à toi de prendre ta charge.
- Speaker #0
Waouh C'est super fort ce que tu dis. Il y a une grande maturité derrière. Waouh Bravo Pour en venir au papa, c'est toi qui as... T'es toute touchée. Oui.
- Speaker #1
Ben oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te touche là
- Speaker #1
C'est des choses qui sont profondes. Oui.
- Speaker #0
C'est ces valeurs-là qui sont profondes et c'est ces valeurs-là que tu...
- Speaker #1
Qu'elles soient solides. Qu'elles sachent que quoi qu'il se passe, elles méritent d'être aimées.
- Speaker #0
Voilà. Peu importe ses choix, peu importe qui elle deviendra, tu l'aimeras.
- Speaker #1
Exactement. Voilà. Même si un jour, je la trouve insupportable, je l'aimerai toujours en fait. Et ça, il faut qu'elle le sache.
- Speaker #0
Ça crée une vraie sécurité. Tu as le droit de dévier ton chemin, tu as le droit de me déplaire, tu as le droit de faire des choses que moi, je n'attendais pas. Mais ça n'enlève pas l'amour. Ça n'a rien à voir avec l'amour que je te porte. C'est vraiment une vraie...
- Speaker #1
tu t'es super bien débrouillée toute seule quand même après j'étais toute seule et oui et non j'ai fait plein de choses pour aller bien moi intérieurement pour ça il n'y a pas de j'ai été voir des psys j'ai été accompagnée ah pardon j'avais compris que tu n'avais pas été accompagnée dans la maternité dans le Le lien à l'enfant, le fait de trouver un équilibre après la naissance d'un enfant, d'avoir des réponses aux questions qu'on se pose. Mais après, moi, sur moi et mes souffrances intérieures, bien sûr, j'ai fait. Pour moi, c'était important à faire justement pour être une bonne mère.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, tu as été voir un psychologue
- Speaker #1
Oui, je fais plein de choses.
- Speaker #0
Tu as fait quoi
- Speaker #1
J'ai fait de l'ostéopathie somato-émotionnelle. Enfin, voilà. je cherche. C'est une tête de toute la vie.
- Speaker #0
Oui, et ça aide, ça aide grandement.
- Speaker #1
Ah oui, bien sûr. À prendre du recul sur soi.
- Speaker #0
Ça donne une grande capacité après. Pour en revenir au papa, c'est toi qui as demandé à te séparer, à divorcer, parce que ta fille avait à peu près trois ans. Comment lui il l'a pris Comment ça s'est passé Est-ce qu'il est retourné vivre à la Havane Est-ce qu'il est resté en France Est-ce qu'il y a des liens Comment ça se passe
- Speaker #1
Il l'a pris, il a dit Ok, mais c'est toi qui gères De toute manière, tu gérais déjà C'était étonnant,
- Speaker #0
dis donc.
- Speaker #1
Je gère le divan. Donc voilà. Le divorce s'est bien passé, on n'était pas en conflit. Oui, il y a plein de choses vraiment pas faciles que j'ai vécues avec lui. C'est le père de ma fille, je vais être obligée de le voir jusqu'à la fin des jours probablement. Donc, ce n'était pas un divorce conflictuel, mais ça fait que peut-être que c'était une… Alors, je ne sais pas trop quoi en penser. Moi, je n'y connais rien à la justice, vraiment. J'ai fait confiance à mon avocate et il y avait des problèmes d'addiction. Lui, il a des problèmes d'addiction, elle n'en a pas du tout parlé. Donc, dans le jugement, il y a… rien qui parle de son, pour moi, incapacité à prendre en charge sa fille tout seul, selon moi. Ça n'apparaît pas dans le divorce. Après, ce n'est pas grave parce qu'on n'est pas en conflit justement. Donc, au final, elle devrait passer un week-end par mois chez son père. Bon, elle n'y va pas et lui, il n'en tient pas rigueur. Ce n'est pas moi qui empêche ma fille d'aller voir son père. Par contre, je ne veux pas qu'elle aille... On a essayé un week-end chez lui et il était alcoolisé tout le temps. Donc non, en fait. J'ai essayé une fois et ce ne sera pas... Voilà, je dis, c'est mort. Moi, là, dans l'immédiat, ce n'est pas possible de... Je ne veux pas la mettre en danger et je ne veux pas non plus normaliser l'alcool. Que ce soit quelque chose de normal. Non, ça n'est pas normal et c'est important de le dire. Et oui, il est malade et il faut qu'elle sache que c'est une maladie. Je n'ai pas de problème parce qu'on s'entend bien malgré tout. Il ne m'embête pas. Et donc, lui, il ne tient pas rigueur du fait qu'elle ne vienne pas chez lui. Par contre, là où c'est un peu lourd pour moi, mais c'est pour le bien de ma fille, il vient chez moi de temps en temps. C'est le week-end pour la voir.
- Speaker #0
Donc, il est resté en France
- Speaker #1
Oui, il est resté. Comme nous, on a déménagé récemment, ça pollue vraiment moins mon quotidien. Elle le voit moins souvent aussi, mais pareil, je pense que ça pollue moins aussi, malgré tout, même si elle aimerait bien voir son père. Quand il y a des problèmes d'addiction, ce n'est vraiment pas facile pour les enfants d'avoir un parent qui n'est pas stable et qui peut avoir des propos complètement à côté de la plaque un jour. Je pense que ce n'est pas trop mal de le voir. Mais le voir quand même, elle est belle.
- Speaker #0
Ok. Et donc, il vient de temps en temps passer le week-end entier chez toi, c'est ça Comment tu le vis
- Speaker #1
Comment tu le vis Je ne sais qu'elle apprenne à gérer cette relation aussi. C'est une relation qu'elle va avoir tout le temps. Pas qu'elle rêve d'un père idéal, c'est pas le cas. Après des fois quand il n'est pas dans des phases où il boit, on s'entend bien, il est rigolo, il a des qualités aussi, sinon je ne serais pas mariée avec lui quand même. Il a de l'humour, il est rigolo, mais bon c'est lourd à porter.
- Speaker #0
C'est des vraies pathologies. Franchement, j'ai envie de te dire que j'admire cette capacité. Tu n'es pas la seule que j'ai rencontrée qui fait intervenir le papa chez elle pour garder le lien avec l'enfant et vous vous sacrifiez quelque part, entre guillemets, je ne sais pas si c'est le bon terme, pour que l'enfant puisse continuer à avoir des liens. Je ne suis pas sûre que l'homme de son côté ferait la même chose, mais de votre cœur profondément, vous vous sacrifiez pour ce lien-là. Je trouve ça vraiment admirable. Je ne sais pas si moi je le ferais, mais waouh, je trouve ça assez incroyable.
- Speaker #1
C'est important qu'elle garde le lien avec son père et je contrôle, je maîtrise. Au final, c'est peut-être plus simple pour moi ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
que de voir l'emmener chez lui et pas savoir qui sera chez lui, pas savoir dans quel état il sera. Au final, c'est plus facile.
- Speaker #0
C'est plus facile, ça te sécurise.
- Speaker #1
Oui, c'est plus sécurisant pour moi et pour elle. Parce que je suis là. Si tu déconnes, je suis là pour intervenir et dire non, non.
- Speaker #0
C'est hyper délicat parce que je ne veux pas être la mère castratrice qui prend toute la place. Mais bon, il y a des fois où non, tu ne parles pas comme ça à ta fille. En fait, là, tu vas lui faire des malades psychologiquement.
- Speaker #1
Trouver la juste position.
- Speaker #0
Oui, c'est hyper délicat. C'est hyper délicat de savoir est-ce que je prends une place qui n'est pas la mienne Qu'est-ce que je fais C'est un questionnement permanent. mais bon on y arrive comme ça ta fille elle en pense quoi qu'est-ce qu'elle te dit par rapport à tout ça elle me dit que une fois elle m'a dit qu'elle savait que je faisais de mon mieux pour que ça se passe bien elle en parle pas tant que ça au final des fois elle a des coups de blues elle a eu des gros coups de blues cet été parce que plusieurs fois il lui a dit qu'il venait il a annulé à la dernière minute donc ça c'est un peu dur depuis je lui dis plus quand il dit qu'il va venir comme ça il y a pas d'attente Donc là, c'était dur. Sinon, elle n'en parle pas tant que ça. En fait, je pense que franchement, ça va. Elle est pleine de vie, joyeuse, elle a des copines. J'ai l'impression que ça roule pour elle. Que ce n'est pas...
- Speaker #1
Oh, tant mieux.
- Speaker #0
Moi, je vois comme si c'était un truc hyper dur à vivre. Et en fait, elle, elle n'a pas trop l'air d'en souffrir tant que ça. Et elle est rigolote parce qu'elle a postulé pour le... conseil municipal des enfants. Et donc, elle me demande de réfléchir avec elle à un programme. Et je lui dis, pense aux difficultés qu'on a, nous, au quotidien. Par exemple, quand je vais chez le médecin, t'es obligée d'attendre, si j'ai un rendez-vous gynéco ou psy, elle est obligée d'attendre dans la salle d'attente, la pauvre, c'est vraiment pas drôle. Et je dis, propose des trucs par rapport à ça. Et elle me dit, mais maman, les autres, ils ont leurs deux parents, donc ils vont pas voter pour moi s'ils proposent des choses comme ça.
- Speaker #1
Et dans sa classe, justement, tu es la seule maman solo Est-ce que tu sais un petit peu comment on fait Comme on est arrivés il y a peu,
- Speaker #0
je ne connais pas encore beaucoup de gens. Non, non, je ne pense pas être la seule. Mais évidemment, ce n'est pas la norme, ce n'est pas la majorité.
- Speaker #1
Ce n'est pas la norme, mais en même temps, on ne représente qu'à 30% de la population.
- Speaker #0
Oui, mais c'est un peu invisibilité.
- Speaker #1
Oui, c'est pour ça. le podcast pour nous invisibles.
- Speaker #0
J'étais très en colère quand j'ai entendu, alors je ne sais pas ce qu'en pensent les autres personnes que tu as pu interviewer, quand j'ai entendu Macron dire qu'il allait obliger, mettre en place des choses pour obliger les pères, qui ne s'occupent pas de leurs enfants, je crois qu'il n'a parlé que des pères, à prendre leurs responsabilités. Et ça m'a énervée parce que c'était encore effacé le rôle de la personne. Dans la grande majorité des cas, la mère, parfois le père, qui prend tout en charge seule et il n'y a pas d'aide. On n'a pas d'aide particulière, on n'a pas d'aide financière, on n'a pas d'aide. Pour moi, j'aurais vraiment besoin de souffler de temps en temps, de faire une activité, rien que ça. Faire une activité sportive un soir par semaine, ou artistique, ou souffler un week-end de temps en temps. Bon, elle peut aller chez mes parents de temps en temps. Maintenant, ils sont beaucoup plus présents. Maintenant, ils m'aident vraiment par rapport à quand j'étais dans mon autre ville. Mais malgré tout, moi, je voudrais pouvoir… On a déménagé, c'est impossible de sociabiliser. Enfin, je ne sais pas comment font les autres, mais à moins de payer quelqu'un pour faire garder ma fille, mais ça coûte cher. Il n'y a rien.
- Speaker #1
Oui, alors… Pour répondre à tes questions, c'est vrai que Macron avait annoncé ça, je ne sais pas où ça en est là par rapport à ça. Pour inciter les papas à être dans la vie de l'enfant et à prendre leurs responsabilités, c'est bien joli quelque part, mais peut-être que les papas ne veulent pas.
- Speaker #0
Exactement. Donc,
- Speaker #1
s'il faut quelqu'un à faire quelque chose qu'il ne veut pas, quel type de papa ça va être Quel est l'intérêt de l'enfant et de la maman, de la dynamique familiale Quel est l'intérêt dedans si le père ne le souhaite pas ou si le père est maltraitant, ou la maman, ça peut être aussi dans les deux sens. Il va falloir mettre des critères en place, je pense. Et concernant la... Là, toi, tu t'es rapprochée de ta famille, tes parents sont plus présents, donc ça permet de souffler un peu plus. Maintenant, il existe aussi pas mal de groupes sur Facebook, de parents solos, par département, par région. Il faut aussi aller fouiner, aller checker. Tu écouteras les autres émissions, tu verras. Il y a quelques idées qui ont été mises en place et qui sont vraiment chouettes pour pouvoir rencontrer d'autres personnes justement qui sont dans la même situation que nous, de ce que l'on vit, et se sentir moins seules. C'est l'idée aussi de mon initiative également.
- Speaker #0
Oui, mais encore une fois, c'est oublier, je trouve, toujours la dernière roue du carrosse. Ce que je disais au début, comme si c'était normal qu'il y ait cette personne qui reste, qui prenne tout en charge, sans que collectivement, on se pose la question de est-ce que c'est faisable de bien élever un enfant seule, si on est obligé de travailler un temps plein, qu'on n'a pas de temps pour souffler, pour se recentrer, pour ne serait-ce qu'être dans le silence. On me dit, il faut t'ouvrir, t'as déménager, il faut rencontrer des gens. Mais moi, bien sûr, j'ai besoin de sociabilité, de rencontrer des gens. Mais bon, besoin numéro un, des fois, c'est d'avoir des soirées dans le silence, sans être sollicitée en permanence. Je l'aime ma vie, elle est géniale. Et juste voir du temps long. pas entrecoupé sans arrêt. C'est un luxe.
- Speaker #1
Un vrai moment solo où on est avec soi-même sans avoir peur de cette solitude, c'est justement de venir se ressourcer dans cette solitude-là, sans être interpellée régulièrement par d'autres stimuli, et juste avoir ce temps de faire Ah là, je peux être off pendant quelques heures d'affilée C'est juste, comme tu disais, un luxe.
- Speaker #0
C'est un luxe qu'on n'a pas. Moi, je vois ma journée, elle commence après… Avant, j'étais très précaire, mais j'avais différents contrats un peu éparpillés. J'avais des temps de rien dans la journée. Parfois, je travaillais le soir. Alors ça, c'était infernal. C'était infernal parce que je ne gagnais pas suffisamment d'argent pour payer quelqu'un pour faire garder ma fille. Donc, je dépendais de son père qui venait la garder chez moi. Sauf que plusieurs fois, il arrivait, il avait bu. Donc, je devais lui dire, ah non, ça ne va pas être possible. Enfin, c'était infernal. Maintenant, la vie est beaucoup plus… Par contre, mes journées finissent à 21h30. Jusque 21h30, il n'y a pas de temps pour moi. Quand je dis mes journées, je travaille de 8h30 à 17h30. Mais après, il faut rentrer, faire à manger, ranger, faire la vie de tous les parents. Mais ça va moins vite quand on n'est que un. À deux, faire à manger, débarrasser, et la table, passer un petit coup de bain. À deux, ça va quand même deux fois plus vite.
- Speaker #1
Il y en a un qui peut s'occuper de l'enfant, l'autre qui peut faire les tâches ménagères. On peut se répartir. Un qui s'occupe de l'enfant, l'autre les tâches. Là, tu es tout seul. Alors, tu fais tout. Donc, oui, la soirée est un peu plus longue. Quand on s'en offre avec soi-même, il n'est pas si long. Puis, là, je me dis que c'est normal. Il est rebelleur.
- Speaker #0
Des fois, 21h30. Franchement, j'ai souvent le combat, est-ce que je lis pour avoir l'impression de vivre en dehors de mes obligations ou est-ce que je dors parce que je suis vraiment trop faible Voilà, donc ce besoin d'excitement en fait. Et ce sentiment de solitude parce que c'est compliqué d'être en lien avec les autres quand on doit s'occuper de son enfant tout le temps. Mais c'est quand même chouette parce que je vois d'autres personnes qui ont des soucis judiciaires avec l'exposition. conjoint, je mène la vie comme je veux, il ne va pas venir m'embêter, il ne s'occupe de rien de toute façon, la scolarité, je gère. Au moins je fais les choses comme elles me paraissent le plus correcte et je n'ai pas à chercher de compromis. Donc c'est aussi une simplicité d'une certaine façon. C'est lourd en termes de...
- Speaker #1
Il y a un certain confort derrière aussi et de simplicité puisqu'on est toute seule à gérer. Donc, tu gères comme tu as envie. L'éducation, toute l'organisation. Tu n'as pas d'autres adultes qui viennent entacher dedans. Donc, quelque part, ça amène une petite liberté mentale.
- Speaker #0
Oui. Par contre, là où c'est dur, c'est que des fois, je pense qu'elle a l'habitude d'avoir l'exclusivité de mon attention. Et donc, quand on a de la visite… Si j'ai une copine qui vient un week-end ou une journée, elle va avoir du mal. Elle va vouloir solliciter tout le temps et ça m'épuise. Et là, c'est des choses qui peuvent me mettre en colère parce que j'ai besoin de ces temps. J'ai besoin de liens avec d'autres adultes. Enfin, je ne vais pas…
- Speaker #1
Tu lui as dit
- Speaker #0
Oui, oui. Mais c'est dur, je pense, pour un enfant.
- Speaker #1
Alors, de pouvoir lui expliquer que tu as besoin de ce temps-là, d'être avec ton amie, de prendre un temps pour papoter. Et des fois, de rembourser vers elle, de lui dire, Tu vois, toi, quand t'es avec tes copines, t'es dans ta chambre, vous êtes en train de jouer, maman, elle est toute seule aussi. Ah oui, tu vois, ça te fait du bien. Est-ce que t'aimerais que maman soit là tout le temps avec toi Ah ben non, ce serait embêtant. Tu peux même t'amuser, ça me traverse l'esprit. Une fois qu'elle a une copine à la maison, tu viens régulièrement toquer à la chambre. Pour que l'enfant, en fait, se rende compte, quelque part, intérieurement, dans son corps, que, ah ouais, non, mais c'est agaçant, en fait. Toi, sous forme de jeu. Et là, avec Ah, ok, maman, j'ai compris. Ça peut être une astuce. Tu modélises comme tu as envie, mais ça peut être une astuce pour faire comprendre à l'enfant que Non, à ce temps-là, j'ai vraiment besoin. Parce que si tu me sollicites trop, moi, ça m'épuise. Et du coup, je vais m'énerver. Et on arrive dans un cercle vicieux que tu connais. Donc, comment couper le truc pour se piéger est plus facile pour toi.
- Speaker #0
Oui. souvent quand on est avec des gens c'est plus compliqué mais quand elle va m'interrompre quand je book in par exemple si des fois je book in et là je vais lui dire dis donc quand tu regardes tes dessins animés est-ce que je viens te respecter des fois un truc qui va me faire un peu craquer c'est ce sentiment d'être toujours cette même chose d'être pas prise en considération par exemple là je suis un peu malade j'étais pas très en forme hier soir et donc il y a un marché de noël et vous allez au marché de noël mais juste avant je lui avais dit on va pas aller à ton activité ce soir parce que je suis fatigué je me sens pas en forme j'ai pas envie de t'emmener te ramener donc là elle était pas très contente mais elle a été cool elle a accepté puis après elle se met à pleurer parce qu'elle veut aller au marché de noël et là des fois ça c'est des choses qui vont intérieurement m'enrager un peu et ce fait de me dire en fait moi comme je me sens tout le monde s'en fout de trucs globales où, en fait, nous, la personne qui prend en charge tout seul, existons. Il n'y a pas de... Peu importe, en fait. Comment on se sent, ce n'est pas un problème. Et voilà. Et ça, des fois, intérieurement, ça m'enrage. C'est vrai.
- Speaker #1
Tu existes, tu es méga importante. Après, les enfants n'ont pas forcément, n'ont pas du tout la même vision que nous aussi et de l'empathie que nous aussi. Ils ne vont pas capter les mêmes choses que nous, on ne peut pas non plus attendre. Ce ne sont pas des adultes, ils ne vont pas entendre la même chose que ce qu'on peut dire à un adulte. Mais tu es existante, oui, tu es importante, oui. Mais ce sentiment de devoir, coup de queue, coup de toute manière, que tu ailles bien, que tu n'ailles pas bien, il faut tenir, tu n'as pas le choix, donc quelque part on s'en fiche si tu vas bien ou tu n'as pas bien. Ça va Oui, tu réponds oui, tu ne réponds pas non, surtout pas, on ne veut pas entendre le non. Et c'est là où c'est difficile de pouvoir dire, non, il y a des moments où j'en peux plus, en fait. Et je craque et j'ai juste besoin de souffler et qu'on entende que des fois, j'ai juste besoin, en fait, de... Oui.
- Speaker #0
Mais c'est ce que je dis. Je vais tendre que... Oui, oui, je le dis. Je sais que, de toute façon, c'est... Je pense qu'on a besoin de ressentir dans son corps les choses pour les comprendre. En tout cas, moi, c'est comme ça que je fonctionne. Donc, elle est trop petite pour... Et juste, je lui dis, bah, écoute... Je ne dis pas contre toi que je me fâche. C'est juste la petite bouteille qui fait déborder le vase. C'est un tout. Mais globalement, ça va. En tout cas, dans ma relation à elle, il n'y a pas de problème.
- Speaker #1
Est-ce que tu aurais un message à faire passer aux parents qui nous écoutent
- Speaker #0
Courage. Tenez bon. Courage. Tenez bon. Faisons-nous entendre. existons. Moi mon rêve à un moment, c'était mon rêve mais bon après on a nos propres limitations psychologiques, limites psychologiques, c'était de me trouver une sorte de maison, pas une coloc, parce que je pense que j'ai besoin d'avoir mon espace et des temps de solitude, de semi solitude avec ma fille, c'est pas de la vraie solitude, mais une sorte de grande maison qu'on aurait coupée en plusieurs morceaux et où on aurait pu vivre un peu plus collectivement. tout en étant seul. Alors je sais qu'il y a des gens qui le font.
- Speaker #1
Oui, ça se fait. Oui.
- Speaker #0
Donc là c'est à moi aussi peut-être de prendre le risque d'expérimenter. Mais bon, en tout cas, il y a besoin d'organisation collective, je pense, d'exister. Des fois, comme je travaille dans le social, depuis peu, avant j'étais dans autre chose, il y a une vision un peu de la parentalité seule, c'est un problème quoi. Moi ça me dérange. Ce n'est pas un problème social, c'est un problème parce que socialement, c'est pensé comme un problème. Et socialement, je n'ai pas encore assez réfléchi à ça pour que ce soit clair dans ma tête. Je veux dire, c'est difficile parce que rien n'est pensé pour soutenir ces personnes-là. Parce qu'il n'y a pas de... Voilà, rien n'est pensé pour prendre en compte cette possibilité de famille monoparentale. Moi en soi, moi et ma fille, je n'ai pas l'impression qu'on soit un problème pour la société en fait.
- Speaker #1
Mais non. Oui. Et on lance un appel à témoignages, s'il y a des gens qui sont OK pour faire une grande colocation. Si jamais il y a des personnes qui sont intéressées, ils me contactent et puis je te redonnerai les noms, les liens.
- Speaker #0
J'ai vu un lien pas très loin, mais comme j'ai déménagé il y a un an et c'était atroce, vraiment, un déménagement. Je ne me sens pas prête à refaire les cartes. Mais à un moment, ça va venir.
- Speaker #1
Ça germe, ça va germer. Oui,
- Speaker #0
ce besoin d'exister et de s'organiser collectivement pour se faire entendre et faire reconnaître la validité. Il y a peut-être un truc aussi de... On n'est pas forcément responsable. Bien sûr que je vais être en partie responsable des choix de vie que j'ai faits, mais je ne peux pas porter seule sur mes épaules le poids des problématiques d'addiction qui sont mal gérées. Je ne peux pas porter seule sur mes épaules l'organisation de la société. Il y a une part psychologique, intérieure, où bien sûr, on va souvent vers… J'assume les choix que j'ai faits, même si… De toute façon, si je ne les avais pas faits, ma fille ne serait pas là. Au final, c'était bien. Mais je ne peux pas non plus porter… Je ne suis pas 100 responsable. Il y a des choses où c'est de l'organisation collective. Je ne suis pas coupable aussi. Il y a cette histoire de…
- Speaker #1
culpabilité. Oui, de diminuer cette culpabilité. Je ne sais pas à quelle tournure ça prendra, mais les hommes aussi ont aussi leur responsabilité. Je parle des hommes qui décarpisent très vite. Il y a aussi quelqu'un d'assez sociétal. C'est normalisé, même de l'époque de nos grand-mères, c'était normal. Non, ce n'est pas normal. Non, non, non. Oui,
- Speaker #0
il y a une femme qui part Je pense que c'est, je n'ai pas vu dans mon entourage, mais ça doit être nettement moins accepté qu'un homme qui trouve que c'est trop dur.
- Speaker #1
Oui, c'est normal que l'homme s'en aille. Et la femme reste légère. Il y a aussi un basculement de mentalité au niveau de la société qui va se déconstruire aussi au fur et à mesure. Et voilà,
- Speaker #0
j'ai dit tout. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour cet échange qui était fort intéressant.
- Speaker #0
Merci à toi de donner un espèce de parole.
- Speaker #1
Merci, pour moi c'est précieux de partager tout ça. Merci.
- Speaker #0
Au revoir.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode. J'espère qu'il vous a plu. Vous pouvez m'aider en vous abonnant, en appuyant sur le petit cœur, liker et aider les autres parents qui en auraient besoin en partageant ce podcast autour de vous. Vous pouvez retrouver toutes les émissions sur le site internet de Sololitude, sur la page Facebook et Instagram au nom de Sololitude et de emily.avelyne. Donc emily c'est E-M-I-L-I-E.A-V-E-L-I-N-E. A bientôt pour un prochain épisode de Sololitude.