- Speaker #0
Bienvenue sur Sololitude, le podcast qui s'adresse à tous les parents qui vivent la sololitude, c'est-à-dire lorsqu'ils sont seuls dans l'éducation de leurs enfants ou qui se sentent seuls pour les élever dans la gestion du quotidien et des tâches à accomplir. Que l'on soit indépendant, salarié, au chômage ou en reconversion, on est confronté à des situations qui viennent nous chercher au plus profond de nous-mêmes. Alors comment kiffer, apprécier, vivre sa vie rêvée malgré les contraintes de la parentalité solo ? même quand cela paraît impossible. Je suis Émilie Aveline, je suis praticienne en hypnose depuis 10 ans et ancienne infirmière depuis plus de 15 ans. Depuis des années, j'accompagne les parents à apprivoiser leur solitude, à déculpabiliser, sortir des stigmates du couple idéalisé. N'hésitez pas à liker et partager le podcast pour aider les autres parents qui en auraient besoin. Vous pouvez retrouver les replays du podcast sur mon site internet emilieaveline.com, liker la page Facebook et Instagram. C'est parti sur Sololitude, bonne écoute ! Dans cet épisode,
- Speaker #1
je reçois Cyril, un papa veuf de deux garçons. Sa femme a eu un cancer du sein peu après la naissance de leur deuxième enfant. Il raconte les bouleversements liés à sa maladie, l'impact qu'elle a eu sur leur famille et l'expérience déchirante de perdre sa bien-aimée alors que leurs enfants n'avaient que 4 ans et 1 an. Il évoque avec pudeur les difficultés comment il a soutenu sa femme durant les traitements, géré les hospitalisations, et en même temps son travail, la maison, les enfants. Alors que nous nous penchions sur les conséquences du décès de sa femme, Cyril réfléchit aux difficultés de la monoparentalité, à la charge émotionnelle que cela représentait pour lui et à la force qu'il a trouvée dans ses enfants. Il insiste sur la nécessité de prendre soin de soi et sur l'importance de ne pas se perdre dans son rôle de parent. Tout au long de notre conversation, Cyril explique comment il s'est concentré sur l'éducation de ses garçons. Et comment il a veillé à ce qu'ils aient une vie saine. Il évoque les perceptions sociétales des pères célibataires et les défis uniques auxquels ils sont confrontés. En conclusion, Cyril encourage les autres parents célibataires à donner la priorité à leur propre bien-être, tout en naviguant dans les complexités de la parentalité. En aparté, il me dira qu'il reprendra contact avec ses amis, que l'interview lui aura fait du bien de « sortir un peu tout ça » , entre guillemets, comme il me le dira. Merci à toi Cyril pour ce témoignage rare, précieux. difficile et touchant. Let's go !
- Speaker #0
Bonjour Cyril, aujourd'hui j'ai le plaisir de te recevoir, c'est le deuxième homme que j'ai en interview. Vous n'êtes pas en majorité, mais j'arrive à vous avoir, je suis très contente.
- Speaker #2
Bonjour !
- Speaker #0
Peux-tu nous raconter ton histoire avec ton fils ? Donc tu as un seul enfant ?
- Speaker #2
Non, j'ai deux garçons.
- Speaker #0
Deux garçons ? Ils ont quel âge ?
- Speaker #2
J'ai donc mon grand qui a 14 ans, Raphaël, et mon plus jeune qui a 11 ans.
- Speaker #0
D'accord. Alors, je t'écoute. Comment est arrivé Raphaël dans ta vie en premier ?
- Speaker #2
Alors, Raphaël, c'est ça toujours. Avec ma femme, on voulait un enfant assez rapidement. C'est comme tous les couples, en fait.
- Speaker #0
Il y avait un projet d'enfant ?
- Speaker #2
Oui, on est devenu parents au bout de deux ans on s'est rencontré deux ans après donc ça a été assez rapide mais on était assez âgés aussi à un certain âge on sait ce qu'on veut et rapide vous avez quel âge à ce moment là tous les deux ? moi j'avais 30 ans et elle elle avait 28 ça va oui oui oui enfin voilà il y a un âge où oui On s'est dit attendre. Du coup, après deux ans et demi, il a eu un petit frère. C'est là que j'ai une histoire pas facile. Moi, je suis veuf. Ma femme est décédée d'un cancer quand mes enfants avaient 4 ans et 1 an.
- Speaker #0
OK. Ils étaient tout petits.
- Speaker #2
Oui. En fait, elle est tombée malade quand le plus petit avait 3 mois. donc ça a été hyper violent c'était un cancer de quoi ? du sein du coup qui a mis du temps à être diagnostiqué parce que le médecin disait qu'elle avait une boule dans le sein, une tumeur et le médecin disait que c'était un engorgement à cause de l'arrêtement Ma femme a assisté et a dit que c'était quand même bizarre. Ils ont fini par faire une biopsie et là, le monde s'écroule un peu.
- Speaker #0
Donc, ça veut dire qu'elle allaitait le second ?
- Speaker #2
Elle allaitait les deux.
- Speaker #0
Elle allaitait les deux, ok. Parce que vous avez 4 ans et...
- Speaker #2
Non, elle n'était plus le premier. Le premier n'était plus l'été.
- Speaker #0
Elle n'était plus le premier.
- Speaker #2
Elle allaitait une deuxième. Et voilà, ça c'est... En fait, il y avait déjà une tumeur depuis un moment, je pense. On ne saura jamais, mais...
- Speaker #0
Ok. Et elle, elle a senti en fait qu'elle avait des douleurs.
- Speaker #2
Ce n'était pas normal. Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Que ce n'était pas normal. Ce n'était pas comme le premier allaitement.
- Speaker #2
Non, et en fait, avec le recul, quand on voit les photos, elle était fatiguée tout le temps. Et après, sur les photos, on voit que physiquement, elle a été retirée. Ce n'était pas que de la fatigue d'avoir juste eu un enfant il y a trois mois. Ce n'était pas une fatigue normale. Et donc,
- Speaker #0
elle est conçue. Et puis, le médecin lui dit que c'est un engorgement dû à la production de lait. Oui, c'est un engorgement. pas à ce moment-là.
- Speaker #2
Et puis, ça a duré un mois, la période avant d'avoir le verdict. Elle dit, non, ça ne va pas. Elle retourne chez le médecin une semaine après, qui lui dit encore la même chose. Au bout d'un moment, elle commence à s'agacer. Elle dit, non, il y a race. Je vois bien qu'il y a un truc qui ne va pas. Faites-moi quelque chose. Faites-moi une biopsie. Elle a dit ça. Et puis, voilà. Elle dit, ok, on va faire une biopsie. Et puis voilà, le cancer.
- Speaker #0
Et c'est de là qu'ils ont découvert qu'il y avait des cellules malignes ?
- Speaker #2
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et donc, elle a eu des traitements ensuite ? Comment ça s'est déroulé ?
- Speaker #2
Je crois que deux semaines après, elle se faisait enlever le sein, parce que la tuomérite est quand même assez grosse. Et puis après, on commençait les chimios. Enfin, ça, c'était en été. Donc, en été, c'était vraiment très difficile. Et du coup, elle a commencé les chimios en septembre, je crois.
- Speaker #0
Ok, elle a commencé les chimios, elle a eu plusieurs cycles de chimiothérapie ?
- Speaker #2
Six parcours classiques, entre guillemets. L'avantage qu'on avait, c'est qu'il y a un très bon hôpital à Rennes, là-dessus, le centre Gênes-Marquis. Elle a été prise assez rapidement. On a su après qu'en fait le cancer était très invasif et que ce n'était pas un cancer comme les autres. C'était un cancer assez rare et que sur la fin, le parcours a duré un an et demi. Elle est décédée un an et demi après. Le professeur qui la suivait m'a dit qu'elle n'avait aucune chance de sortir parce que ce cancer-là, on ne le connaît pas. Et en fait, il m'a même dit... Dix ans plus tard, peut-être que vous auriez eu une chance parce qu'il y a des recherches qui sont en cours et qu'on aurait peut-être pu faire mieux. Ça m'a fait une belle jambe, mais c'est pas toujours très adroit à la communication médicale.
- Speaker #0
Oui, effectivement, il aurait pu peut-être s'abstenir.
- Speaker #2
C'est pas grave, je n'aurais pas voulu faire un bon médecin. Et voilà, du coup, moi, en parallèle de tout ça, j'ai dû virer les enfants. Elle était fatiguée, elle pouvait, mais c'était difficile.
- Speaker #0
Donc, c'est toi qui as relayé, qui as pris en charge les enfants qui étaient petits.
- Speaker #2
Donc, le plus jeune est allé chez la nounou, parce qu'on avait une très bonne nounou, heureusement aussi. Et puis, moi, je me suis mis en 80%. pour avoir les mercredis, quand il n'y avait pas école. Et en fait, ça me fait bizarre de reparler de tout ça, parce que j'ai mis ça un peu derrière, c'est assez lointain. Mais bon, du coup, il y a plein de choses que je ne me souviens pas, et en en reparlant, je m'en rappelle.
- Speaker #0
Il y a des choses qui reviennent ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Ok. Tu n'hésites pas à me dire. Oui. D'accord. Donc le plus petit va chez la nounou, le plus grand donc il avait...
- Speaker #2
Il était en maternelle, il était en moyenne section. Non, il était en petite section. Non, il était en moyenne section.
- Speaker #0
Ok. Et comment vous avez géré avec eux ? De leur expliquer, comment vous avez pu les accompagner ?
- Speaker #2
Ah ben... Le plus petit, clairement, on ne peut pas lui expliquer parce qu'il a trois mois et qu'il n'a pas l'âge de comprendre.
- Speaker #0
Alors,
- Speaker #2
certes,
- Speaker #0
je vais juste rebondir. Oui, il n'a pas la même capacité cognitive.
- Speaker #2
Oui, il sent les choses, évidemment.
- Speaker #0
Mais il sent les choses,
- Speaker #2
et il sent quand même tout petit. Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Je vais leur expliquer ce qui se passe.
- Speaker #2
Oui, je ne sais plus ce qu'on a fait pour le plus petit. Mais pour le plus grand, évidemment, on lui dit, « Maman, elle a des méchantes maladies. » Elle a des boules dans le corps, machin, c'est des méchantes choses, mais on va la soigner et puis ça va aller, quoi. Et oui, ça a été assez difficile pour lui, parce qu'à 3 ans, on n'est pas censé avoir sa maman malade comme ça, quoi. Surtout qu'avec les chimios, elle a perdu ses cheveux assez rapidement. Enfin, déjà, quand elle a commencé les chimios, elle avait les cheveux longs. Elle a coupé ses cheveux rapidement. pour ne pas que ça fasse trop un choc pour Raphaël. Après, elle les a perdues et elle a mis un foulard. Et en fait, la première année, les chimios et les radiothérapies, après, ça nous a amenés jusqu'en avril-mai, je crois. Donc ça a commencé en août, en juillet-août 2013. Ça nous a amenés jusqu'en... Donc les traitements, tout ça, ça nous a amenés jusqu'en... jusqu'en avril-mai 2014, où là, ça allait mieux. En juillet même, on lui dit qu'elle est en rémission. En rémission ? Oui. OK. Et en août, elle était instite. En août, elle commence à préparer ses cours, tout ça. Et puis, elle sent qu'elle n'arrive plus à écrire. Son bras droit n'y répond plus comme normalement. Et juste avant la rentrée, elle fait un gros mal de tête. Elle va aux urgences à Rennes. En fait, elle se fait emmener par une ambulance qui la suivait. Parce que quand on va au centre-gé de Marquis, on y va en ambulatoire. Enfin, il y a un taxi qui fait ambulance. Et elle arrive donc fin août aux urgences de Rennes. Et elle n'avait plus mal à la tête en arrivant. Donc on lui dit, c'est bon, rentrez chez vous. On ne lui demande pas son antécédent, tout ça. Et avec le recul, bon. Donc elle rentre à la maison, tout ça. Elle prend la rentrée normalement. Elle n'a plus trop mal à la tête à ce moment-là. Mais c'était de pire en pire avec sa main droite. Elle n'arrivait pas à écrire. Et un mois plus tard, recommence un gros mal de tête. Oula, ben... Ça ne va pas du tout, ça ne va vraiment plus du tout. Elle retourne aux urgences où là, elle est prise directe et il la renvoie au centre de gène marquée, analyse tout ça. Et là, c'était méningite cancéreuse. Et là, on me dit, moi, elle a une semaine d'espace de vie. Donc ça, ça a été hyper violent parce qu'on n'était pas du tout préparé à ça. Elle était limite en coma quand elle est arrivée là-bas. Les cellules cancéreuses étaient répandues partout. Ça avait atteint la moelle épinière. Elle a tenu six mois. On avait parlé de ça entre nous. Avant, on s'était dit que le jour où on a un problème, qu'on annonce une nouvelle, que ça va être la fin, tu me le dis. J'ai pris mon courage à deux mains et je lui ai dit. Après, c'était notre deal. Au final, j'ai bien fait parce qu'elle s'est battue jusqu'au bout. Je ne sais pas si ça a changé quelque chose ou quoi. Et voilà, elle a mis toutes ses forces dans ce combat jusqu'au bout.
- Speaker #0
Donc ça n'a pas duré juste une semaine,
- Speaker #2
c'est plus trois mois. À peu près, oui. Mais c'était épuisant pour tout le monde et c'était vraiment très, très difficile.
- Speaker #0
Et oui, est-ce que c'est jongler de rendez-vous, d'examens, d'attente de résidence ?
- Speaker #2
En fait, les six derniers mois, elle n'était pas à la maison. Elle était à l'hôpital. Elle a été hospitalisée pendant six mois ? Oui. Et à Genzé, il y a un hôpital maison de retraite où elle venait entre les traitements. Il l'a envoyé à Genzé pour que ce soit plus simple pour moi. Et puis, il fallait faire de la place aussi au centre Eugène Marquis parce qu'il y a beaucoup de gens qui passent là-bas. Et que ce n'était pas possible de rester six mois. Et du coup, le fait qu'elle vienne aussi à Genzé, c'était bien pour les enfants parce qu'on pouvait la voir en s'entendre à l'école. Et puis parce qu'elle avait envie d'être ici. C'était un hôpital de jour. Et il y a une partie maison de retraite aussi.
- Speaker #0
OK. Maison de retraite, maison de repos en fait, parce qu'elle n'était pas si âgée.
- Speaker #2
Non, non, non. Ils profitaient des infrastructures médicales et du personnel pour pouvoir la gérer. Parce que moi, à la maison, je suis incapable de la gérer. Déjà, je n'ai pas la formation et puis il y a un peu de matériel.
- Speaker #0
Oui, c'est pour expliquer que ça demande un lit médicalisé, ça demande des soins médicalisés, ça demande d'avoir le matériel adapté pour pouvoir l'aider à se déplacer dans la maison, pour faire la toilette, pour s'habiller. Il y a toute une intendance qui est très lourde. Donc vous avez fait ce choix-là, qu'elle soit dans cet établissement et vous pourriez la voir tous les jours si vous le souhaitez.
- Speaker #2
Alors, ce n'était pas pariode. Elle ne restait jamais plus d'une semaine ici, je crois. Parce qu'en fait, elle recevait énormément de traitements pour la méningite. Des fois, ça réagissait bien. Du coup, on reprenait espoir. Et en fait, une semaine après, c'était pire qu'avant. C'était vraiment difficile comme parcours. Mais à ce moment-là, il ne savait pas. Ils ne savaient pas exactement encore le cancer qu'elle avait, parce qu'ils n'avaient pas pu faire des analyses. Je ne sais plus trop. Ça les avait étonnés, qu'elle arrive à passer le cap de la semaine qu'elle m'avait dit au départ. Parce que ça avait l'air très... Enfin, le cancer avait été très invasif. Il y avait des tumeurs un peu partout. Et en fait, du coup, ça... Elle réagissait pas du tout par moments et voilà, comme je disais tout à l'heure.
- Speaker #0
Les montagnes russes c'était très compliqué émotionnellement.
- Speaker #2
Oui et puis moi en plus je travaillais encore.
- Speaker #0
Tu travaillais, ok.
- Speaker #2
Alors je sais plus exactement mais enfin je sais que les deux derniers mois je me suis mis en arrêt parce que c'était trop difficile quoi. Enfin je sais plus comment. Je crois que j'ai arrêté assez longtemps quand même.
- Speaker #0
Oui mais c'est vieux aussi.
- Speaker #2
C'est vieux oui.
- Speaker #0
Oui, pardon. Tu racontes ce que tu as envie. Vous étiez accompagné psychologiquement pendant cette phase-là ?
- Speaker #2
Elle, oui, évidemment. Comme je l'ai dit tout à l'heure, le centre Généal Marquis, c'était vraiment super. Le suivi, c'était pas humain, c'était chouette. Moi, un peu moins, parce qu'en fait, je courais tout le temps. Je n'avais pas conscience que j'avais besoin de ça. Elle me disait « ouais, tu devrais quand même aller parler » . Je sais que sur le dernier mois, il y avait des psychologues pour les conjoints. Et moi, je suis allé voir parce que je voyais que ça allait mal finir, clairement. Je m'étais déjà préparé, mais là, ça devenait concret, vraiment. En fait, quand je lui ai annoncé qu'elle n'avait plus qu'une semaine, elle m'a dit « tu verras, je serai là Noël avec vous » . Dans sa tête, elle s'était fixée comme objectif Noël. Et donc effectivement, elle a passé Noël avec nous. Et puis après, elle a été épuisée. Après, la maladie a complètement pris le dessus.
- Speaker #0
elle a perdu 20 kg en 44 mois quoi tu vois wow ok c'était violent sacré sacrément très difficile de vie auquel on s'attend pas du tout et c'est des plus d'études sur lesquelles on surtout à cet âge là et puis c'est pas des sujets qu'on a forcément envie d'aborder quand on est amoureux tout va bien bébé de bébé et femme c'est pas des questions qu'on va soulever puisqu'on a pas envie de soulever ça, mais c'est important, et heureusement, quelque part que vous en avez déjà parlé. Mine de rien, c'est important. On peut en parler une bonne fois pour toutes, on réfléchit, on met les choses au clair, on peut les faire écrire. Mais au moins, ça assure derrière et ça sécurise mine de rien.
- Speaker #2
Ça rassure.
- Speaker #0
Et ton entourage familial, amical, était présent ? Ou tu n'avais pas du tout le temps, comme tu courais partout entre le travail et les enfants, aller voir ta femme ?
- Speaker #2
Oui, j'étais à fond tout le temps. Je voyais des amis qui venaient quand même le week-end pour la voir elle aussi. Mais sinon, au niveau famille, je n'ai personne ici. Il y a ses parents à elle, à qui je m'entends très bien, qui venaient tous les week-ends aussi parce qu'ils travaillaient encore à cette époque-là. Et voilà, le temps passe très vite dans ces périodes-là. On ne se rend pas compte. On est vraiment à fond tout le temps.
- Speaker #0
Un autre espace-temps, c'est clair. Oui. Ensuite, j'imagine que là, tu n'avais pas très envie de parler du moment du décès, de comment ça s'est déroulé et tout ça, comme tu veux, il n'y a pas d'obligation.
- Speaker #2
Ben, les dernières semaines, quand je dis après Noël, là, la souffrance devenait vraiment grande pour elle. Elle le disait elle-même. Elle disait j'en peux plus, un peu plus. Mais en fait, avec les médicaments, ça la maintenait en vie, entre guillemets. Et à la fin, elle a dit l'euthanasie n'est pas autorisée en France. Dans le cas présent, elle a été accompagnée plus ou moins. Ils ont arrêté les traitements une semaine avant. Et puis, sachant très bien ce qui allait... ce qui allait arriver avec notre accord, avec son accord, elle avec sa demande à elle, elle a dit je veux mourir clairement, j'en peux plus, je suis à bout. Et voilà ce qui s'est passé. Et elle a eu, je ne sais plus ce qu'on lui a donné comme médicament pour qu'elle s'endorme trop doucement en fait sans en arrêtant de souffrir. Elle avait des doses de morphine énormes je pense. Je n'ai pas eu le taille autrement ce qu'on lui a donné mais... L'histoire de la notaire, le sujet de la nazi, c'est pas le mot, je sais pas comment on dit. Quand quelqu'un demande de mourir, il y a énormément de travail à faire là-dessus.
- Speaker #0
Oui, ça avait été soulevé il y a quelques temps par le gouvernement et puis c'est reparti dans les oubliettes. Mais, ah oui, ça c'est un sujet qui, mon Dieu, j'étais infirmière, j'ai eu trop, trop, trop de patients qui sont décédés dans des souffrances. Non, il faut se faire des questions, décéder un peu plus. C'est juste pas possible.
- Speaker #2
C'est pas humain. C'est pas humain. Oui.
- Speaker #0
Bon, elle a eu de la chance, ta femme, d'avoir une belle équipe autour d'elle de professionnels qui ont pu accepter. Après, il y a toujours un accompagnement de soins palliatifs. Elle devait aussi... prise en charge de cette façon-là, où à un moment donné, on peut stopper les médicaments, en garder certains pour la douleur.
- Speaker #2
Après, la maladie qu'elle avait, l'endroit où elle était, c'est leur quotidien, c'est de gérer ça. Le centre de la marquise, il y a plein de gens qui sont là-bas, en fait.
- Speaker #0
Au moins, ça permet d'être vraiment entouré.
- Speaker #2
Oui, par contre.
- Speaker #0
que cette fin de vie soit vraiment accompagnée dans le respect de la personne, sur l'intégrité. Ah oui, oui. Et ça, c'est aidant parce que dans ces moments-là tellement difficiles, c'est aidant d'être entouré et sécurisé de cette manière-là pour traverser cette épreuve avec des personnes très humaines et vraiment à l'écoute. Voilà, ça apaise un petit peu, un petit peu la douleur quand même.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Et donc ensuite, tu te retrouves à gérer tout seul ?
- Speaker #2
Oui. Tu n'avais pas pu anticiper,
- Speaker #0
tu n'étais pas du tout dans le psychotropie. On peut imaginer l'après.
- Speaker #2
Non, pas du tout. Après, j'avais quand même, entre guillemets, j'ai vu les choses arriver quand même. Oui, bien sûr. Parce que déjà, dès qu'on dit, elle a une semaine. d'espérance, entre guillemets, de vie. Il reste une semaine. Là, c'est... J'ai pris une claque énorme et le fait que ça ait duré six mois, j'ai pu voir les choses arriver. Après, on n'est jamais préparé à ça, c'est évident. Entre février 2015 et, je ne sais pas, j'ai mis quatre ou cinq mois avant de refaire Surface. Entre guillemets, parce que j'étais un zombie. J'ai repris le travail deux mois après, un mois ou deux, un mois après, je pense, je ne sais plus. Mes enfants, le plus jeune avait un an et demi, et le plus grand, quatre ans, ils faisaient des cauchemars toutes les nuits. Je dormais très mal, j'allais quand même au travail, je les mettais à l'école. C'était surhumain ce que j'ai fait. Je ne sais pas comment j'ai fait, je ne sais pas comment j'ai tenu.
- Speaker #0
Dans ces moments-là, on développe des forces, on se demande d'où on les sort.
- Speaker #2
Je devais conduire. 25 km à faire pour le travail. C'était fou. Oui, on a des ressources cachées. Les enfants donnent beaucoup de force aussi. Je ne sais pas s'ils n'avaient pas été là, je ne sais pas ce que j'aurais fait. Honnêtement. Voilà.
- Speaker #0
Eh oui. Et là, ils étaient là.
- Speaker #2
Oui, heureusement. Et voilà, ils m'ont donné beaucoup de force.
- Speaker #0
Merci à ces enfants qui dégagent un truc tellement incroyable. Ils sont gros comme trois pommes. On se dit, mais en fait, je n'ai pas le droit de flancher. Je flanche, il y a des moments durs, mais c'est eux qui me permettent de remonter. Et je n'ai pas le droit de partir. Il les laisse.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Et donc tu as mis quelques mois pour refaire un peu surface. Comment ça s'est déroulé, les années qui ont suivi ? Comment tu t'es mis dans cette mentalité de solo ?
- Speaker #2
Même encore maintenant, je vis beaucoup pour eux. On s'oublie très vite dans ces cas-là, comme aux femmes, je pense que c'est pareil. La priorité, c'est les enfants. J'ai des enfants qui sont très heureux maintenant. Ça va bien pour eux tous. Ils ont des copains, ils font du sport, ils ont une vie sociale très bien. Moi, ça a un peu moins de bilan et un peu plus mythique, on va dire. Quand on se met de côté, voilà.
- Speaker #0
Parce que là, ça fait dix ans maintenant ?
- Speaker #2
Ça va faire dix ans, oui, en février.
- Speaker #0
Ça va faire dix ans, ok. Et durant ces dix années-là, après, ils étaient aussi petits. Tu les élèves, tu vis pour eux, c'est ta priorité, tu te mets de côté. Aujourd'hui, comment tu vois les choses dans ton présent et ton futur ?
- Speaker #2
C'est encore très axé sur les enfants, en fait. J'ai du mal à savoir quel est mon futur. Et là, ils grandissent et ça... Enfin, mon grand, il a 14 ans. Je me dis, dans 4 ans, peut-être, il n'est plus à la maison. Et dans 7 ans, le plus petit, il n'est peut-être plus à la maison. Et moi, ça va me faire drôle aussi. J'ai un peu peur de ça, mais bon. Pour l'instant, je savoure le quotidien. Il y a eu un super moment avec eux. Voilà. Mais je vis très au jour le jour. Je ne me projette pas beaucoup. Je n'arrive pas à me projeter encore. Je profite, je vis dans le présent en fait.
- Speaker #0
Ok, tu profites du présent. Est-ce que tu arrives à savourer le présent, à passer des bons moments, que ce soit avec ta famille, tes amis ? Ta famille n'est pas là, tu le disais tout à l'heure.
- Speaker #2
Alors maintenant, oui. Les premières années, tout seul, j'avais du mal à savourer le présent, évidemment. Parce que je suis encore sous le choc. Je pense que j'ai dû faire une petite déprime. Après, je n'ai jamais trop consulté, mais oui, c'est clair que j'ai mis du temps à me remettre, vraiment. Je ne sais pas encore si je me suis remis. Quelqu'un m'a dit un jour, quand on vit ça, on ne s'en remet jamais. Et je pense que ce n'est peut-être pas faux. Parce que moi, je me retrouve tout seul, mais je n'ai jamais voulu être tout seul. C'est pas une séparation, c'est une disparition en fait. C'est pas du tout pareil que...
- Speaker #0
La reconstruction est complètement différente.
- Speaker #1
Complètement. Et tu te reconstruis tout seul. Tu ne sollicites pas d'aide extérieure.
- Speaker #0
Bah j'aurais dû.
- Speaker #1
Après on n'est pas obligé.
- Speaker #0
J'ai vu une psy à un moment donné et puis en fait ça ne m'a apporté rien.
- Speaker #1
Après, il faut trouver le bon professionnel. Et là,
- Speaker #0
c'est plus compliqué.
- Speaker #1
Vraiment, c'est la relation qui prime. C'est le plus important.
- Speaker #0
Voilà, ouais.
- Speaker #1
Ça ne sert à rien.
- Speaker #0
On peut découvrir encore plus. Donc, tu crois beaucoup.
- Speaker #1
Oui. Donc, tu as traversé tout ça, tout seul, finalement.
- Speaker #0
Oui. J'ai des amis, mais ils sont loin. Au début, on se voyait encore assez souvent. Et puis là, avec le temps, on se perd un peu de vue et c'est dommage. Mais c'est de ma faute aussi parce que je n'ai pas forcément entretenu le truc. J'ai encore des amis qu'on voit plusieurs fois dans l'année, mais avant on était une grosse bande, une vingtaine, et il y en a très peu que je vois maintenant avec qui j'ai gardé un vrai contact.
- Speaker #1
C'est pas perdu.
- Speaker #0
Non, c'est pas perdu. Mais je sais que, voilà, on se reverra sans problème.
- Speaker #1
C'est des choses qui peuvent être envisageables,
- Speaker #0
si tu veux,
- Speaker #1
de projeter à l'avenir. Mais il y a des phases aussi, il y a le deuil de ta femme. Et quelque part aussi, des fois, il y a le deuil des années qu'on passe et de se dire, bon, qu'est-ce que je veux dans ma vie Peut-être que ça arrivera quand les enfants partiront du nid. Tu diras, qu'est-ce que je veux pour moi maintenant Ce sera peut-être à ce moment-là, avant ou plus tard. Qu'est-ce que je veux pour moi maintenant et qu'est-ce que j'ai envie de faire pour moi
- Speaker #0
Oui, je suis encore loin de tout ça.
- Speaker #1
Mais oui, oui. Qu'est-ce qu'ils te disent tes enfants Est-ce que des fois ils en parlent Est-ce qu'ils te disent, papa, bouge ou pas du tout Comment ils sont avec toi
- Speaker #0
En fait, moi je suis quelqu'un de très actif. Je fais du sport. Ça m'arrive de laisser tout seul à la maison sans problème. Ils sont autonomes, ils ont un téléphone, si il y a un problème ils m'appellent. Ça ne s'est jamais arrivé mais voilà, non ils n'ont aucun problème à rester tout seul à la maison. Tu peux. Moi je peux aller faire du sport, me défouler un peu et sortir si j'ai envie. Ça c'est un confort qui est important quand même. De ne pas être vraiment tout le temps, tout le temps, vif que pour les enfants. S'aérer la tête et avoir des sorties c'est important. Je sais que ça me fait du bien à chaque fois. Et puis ça fait un équilibre qu'il faut trouver. Qui est absolument nécessaire.
- Speaker #1
Oui. Et quand ils étaient plus petits, tu faisais comment pour les faire garder Avec les grands-parents Non,
- Speaker #0
les grands-parents sont à 300 km. Donc, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Et les parents de ta femme
- Speaker #0
Oui, c'est eux qui sont à 300 km. Et mes parents, moi, je ne les vois plus trop. Mon père habite au Brésil et ma mère, c'est un peu compliqué.
- Speaker #1
D'accord. C'est un peu compliqué. Ok.
- Speaker #0
pas de relais avec les grands-parents donc j'avais une nounou enfin une baby-sitter ouais voilà enfin c'était quelqu'un de professionnel qui faisait ça les organistes qui font ça là ok et bah moi ça me permet de sortir après c'était pas ça me faisait pas trop mais bon moi je voyais que je pouvais sortir et ça me faisait du bien aussi mais c'était pas quelqu'un qui fasse tu es quelqu'un qui faisait ça pour l'argent et il n'y avait pas oui Je n'y vais pas. Quand on est parent, on est exigeant. Ça se passe d'une certaine façon avec son enfant. Et moi, ça ne m'allait pas. Après, ça a duré deux ans pendant lesquels j'ai pu faire un peu de sport. Le problème de ça aussi, c'est qu'il y a des aides qui s'arrêtent à six ans. Donc après, on n'a plus d'aide. Normal, je ne sais pas si c'est normal, mais ça m'irre. Oui, oui, j'avais compris. Sûrement. Bah, sinon... En plus, on n'a plus d'aide et on n'a plus non plus l'accès aux... Aux allocations. Oui, voilà. Et puis même aux annuaires de ce truc. Enfin, je ne sais plus pourquoi, mais... Enfin, bref, j'ai arrêté ça. Après, pendant deux ans, j'ai arrêté de... de sortir parce que ils n'étaient pas assez grands, je trouvais. C'est une histoire de maturité aussi, de pouvoir laisser les enfants. Il y a des parents, ça allait bien dire Tu laisses tes enfants à la maison Oui, mais je n'ai pas le choix, en fait. Je ne vais pas dire à quelqu'un de venir tout le temps. Après, quand en tant que parent, tu estimes qu'ils sont assez grands pour gérer en cas de problème, il n'y a jamais eu de problème.
- Speaker #1
Voilà. Et puis ils peuvent te contacter.
- Speaker #0
Oui, voilà. J'étais à 1 km. C'est bon, quoi. C'est difficile, au départ, de se dire, je vais laisser tout seul à la maison. Oui,
- Speaker #1
j'imagine, oui.
- Speaker #0
Tu stresses un peu, tu gardes le téléphone à côté de toi s'il y a un problème. Tu regardes toutes les 5 minutes s'ils ne sont pas appelés. Et puis après, tu te dis, ça se passe bien. Donc c'est bon, quoi. Tu m'as mis par la tête et puis j'en profite. Oui.
- Speaker #1
Et puis, eux, ils sont contents aussi d'avoir carte de crédit.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Moi, je les couchais avant de partir. Donc, finalement, ils dormaient. Ils n'étaient pas tout seuls. Ils ne devaient pas se gérer complètement. Au début, ils les couchaient. Maintenant, quand je pars, je peux partir à 20h. Ils vont se laver les dents, se mettre en pilier tout seul. Après, c'est des ados maintenant. Ce n'est plus pareil du tout.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ils sont contents que je m'en aille.
- Speaker #1
Bien sûr. Et là, tu travailles, tu es à 100%
- Speaker #0
Mon dernier, il est rentré au collège cette année. Maintenant, je suis à 90%. Jusqu'à il y a deux mois, je ne travaillais pas le mercredi. Après, c'est un confort aussi qui est énorme, de pouvoir faire ça. À chaque fois que j'ai changé de boulot, j'ai forcé pour avoir 80%. Et c'est vraiment chouette de pouvoir trouver des employeurs qui acceptent ça.
- Speaker #1
Est-ce que ça a été difficile pour toi de demander justement Oui,
- Speaker #0
il y a eu une période. En fait, après le décès, je suis resté dans la même boîte pendant cinq ans, où en fait, j'étais en roue libre, clairement. Enfin, je travaillais. Je n'étais pas à fond parce que je ne pouvais pas. Et en fait, je restais là par confort parce que je ne pouvais pas envisager autre chose. parce que j'arrivais pas à faire mon CV, tout ça, ça me saoulait sur le main. Après, il y a le Covid qui est arrivé, et en fait, la boîte où je travaillais avait été rachetée, et je me suis fait licencier, enfin plus ou moins, on a fait une rupture conventionnelle, et donc je me retrouve au chômage, pendant le Covid. Ça, ça n'a pas été facile non plus. J'avais signé la rupture conventionnelle avant que le Covid arrive, avant le confinement. Je me suis dit que je me donnais 3-4 mois pour souffler un peu et après je trouverais du boulot en septembre facilement. Sauf que ça a duré un an. Quand je demandais un 80%, on me regardait avec des grands yeux. Non, un homme qui demande 80%, ce n'est pas possible. C'est les femmes qui demandent 80%. C'est les mamans qui s'occupent des enfants, c'est pas la même part. C'est un cliché. Quand on me fait des grands yeux comme ça, en fait, j'étais presque content parce que je voyais à qui j'avais affaire et que du coup, j'avais pas du tout envie d'aller travailler dans cette boîte-là. Et au final, j'ai trouvé une super boîte et qui m'ont dit tout de suite, pas de problème, 80%, il n'y a aucun problème. Et j'ai rechangé depuis et maintenant, c'est pareil. Et en fait, quand on explique les choses, les gens ne comprennent plus. Au contraire, je pense que les gens voient que je suis courageux, et c'est un sacré atout aussi. Ils se mettent un peu à ma place et disent lui, quand même, il tient la route au boulot de l'être sérieux aussi.
- Speaker #1
Et c'est vrai que ce regard de la société vis-à-vis des hommes, sous l'eau,
- Speaker #0
avec les enfants... C'est évident, oui.
- Speaker #1
Pas évident, mais tout de suite, la société est évidente.
- Speaker #0
Et puis, des fois, il y a des maladresses. Il est courageux. Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Alors que les femmes ne sont pas courageuses. Non, non. C'est acquis. C'est acquis, c'est ça. Et les maladresses auxquelles tu as pu faire face, c'était quoi, par exemple Tu te souviens
- Speaker #0
Un jour, il y a un jeune qui m'avait dit, Ah, toi, t'as trouvé la chance, tu ne travaillais pas le mercredi. Alors qu'il savait très bien mes situations, en fait. Il savait pourquoi, ce qui s'était passé. Et... ça m'a scotché puis après il a compris qu'il avait dit une bêtise oui maladresse Bon, ça, c'était pas trop méchant. Après, c'est plutôt dans le quotidien. C'est rare que ça soit un homme qui s'occupe de ses enfants. Enfin, que... Que c'est pas quelque chose d'habituel. Et du coup, ça choque un peu des gens.
- Speaker #1
Est-ce que t'as rencontré d'autres papas solos comme toi
- Speaker #0
Non. Il y a des papas solos qui sont parce que... Parce qu'ils se sont séparés. Et il y en a d'autres qui sont... Parce qu'ils peuvent être veufs aussi. Mais... En fait, on ne se met pas en avant non plus. On se prend en main, et puis le temps passe très vite, et puis on s'oublie un peu. Moi, je n'en ai pas besoin. Je ne ressentais pas le besoin. De nature, je suis assez solitaire, et je me prends en main, et je me bouge, et puis ça passe. Même si des fois, évidemment,
- Speaker #1
c'est dur. Et oui, et oui, oui.
- Speaker #0
Il y a des notes qui sont difficiles. Je sais que chaque année, Noël, c'est difficile.
- Speaker #1
Oui, les fêtes, ce n'est pas toujours un moment qui est facile pour beaucoup de gens. Déjà, avant, je voulais te remercier pour avoir répondu à ma demande de témoignage. Qu'est-ce qui a fait que tu as accepté d'y répondre et de témoigner aujourd'hui
- Speaker #0
Je ne sais pas. C'était de la curiosité, un peu, pour voir ce que... qu'il y avait derrière. Et puis, je me suis dit que ça pourrait me faire du bien aussi de parler de mon histoire. De dire des choses, ça me ferait du bien, oui.
- Speaker #1
Et comment tu te sens, là
- Speaker #0
Bien, oui. Non, ça va, oui. Ça va.
- Speaker #1
Ça permet de voir quel regard on porte sur le nous d'avant, l'émotion qu'on a, qu'on ressent, comment on se sent par rapport à ça quand on raconte à quelqu'un qui ne connaît pas. Pas du tout. Oui,
- Speaker #0
de prendre un peu de recul sur soi-même, c'est pas mal aussi.
- Speaker #1
Est-ce que tu aurais un message à faire passer aux parents solos qui nous écoutent, hommes et femmes
- Speaker #0
Eh bien, bravo, vous êtes courageux. Mais il ne faut pas s'oublier non plus. Il ne faut pas vivre que pour ses enfants. Il faut profiter de la vie. Facile à dire, mais pas toujours facile à mettre en œuvre. Mais il ne faut vraiment pas s'oublier. parce que le temps passe et c'est important de penser à soi aussi oui tout à fait et puis un parent qui est heureux ça déteint sur ses enfants aussi ça fait ça fait du bien à tout le monde oui et
- Speaker #1
ça ça se propage ça bond ça s'abondre oui du coup moi je te souhaite de prendre soin de toi merci je te remercie et puis à bientôt merci Au revoir.
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté cet épisode. J'espère qu'il vous a plu. Vous pouvez m'aider en vous abonnant, en appuyant sur le petit cœur, liker et aider les autres parents qui en auraient besoin en partageant ce podcast autour de vous. Vous pouvez retrouver toutes les émissions sur le site internet de Sololitude, sur la page Facebook et Instagram au nom de Sololitude et de emily.avelyne donc emily c'est e-m-i-l-i-e .avelyne A-V-E-L-Y MPU. A bientôt pour un prochain épisode de ce Lourbitude.