- Speaker #0
Bienvenue sur Sololitude, le podcast qui s'adresse à tous les parents qui vivent la sololitude, c'est-à-dire lorsqu'ils sont seuls dans l'éducation de leurs enfants ou qui se sentent seuls pour les élever dans la gestion du quotidien et les tâches à accomplir. Que l'on soit indépendant, salarié, au chômage ou en reconduction, on est confronté à des situations qui viennent nous chercher au plus profond de nous-mêmes. Alors comment kiffer, apprécier, vivre sa vie rêvée malgré les contraintes de la parentalité solo même quand cela paraît impossible ? Je suis Émilie Aveline, je suis praticienne en hypnose depuis 10 ans et ancienne infirmière depuis plus de 15 ans. Depuis des années, j'accompagne les parents solos à se sentir moins seuls dans leur parentalité afin de s'épanouir dans leur vie personnelle. C'est parti sur Sololitude, bonne écoute ! Aujourd'hui je reçois Stéphanie, maman solo d'un petit bonhomme de 9 ans. C'était un projet de couple d'avoir cet enfant, puis les travers de son géniteur sont apparus durant les premiers mois après la grossesse, entre alcoolisme, absence répétée et tentative de suicide par le passé. Stéphanie se questionne sur la place et l'attachement d'un nouvel homme dans sa vie amoureuse. Ayant eu un parcours difficile avec ses propres parents, elle souhaite donner une toute autre éducation à son fils, elle-même s'étant émancipée tôt durant son adolescence. Sous le poids de ses responsabilités, elle nous explique comment elle gère son activité professionnelle, entre garde le week-end, traitement de son fils, le dilemme entre besoin de se retrouver seule et de passer du temps avec ceux qui l'aident. Avec émotion, elle nous parle de mains tendues de ses amis et surtout, elle nous parle d'amour. Let's go ! Alors, bonjour Stéphanie ! Donc, tu es avec moi ce matin pour pouvoir partager ton histoire de maman solo. Merci à vous d'être présente. Tu as un petit garçon, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Il a quel âge ?
- Speaker #1
Neuf ans.
- Speaker #0
Neuf ans, ok. Peux-tu nous raconter un petit peu son histoire et ton histoire également, le désir de grossesse, comment cet enfant est arrivé dans ta vie ?
- Speaker #1
Mon fils a un enfant désiré, donc j'avais rencontré son géniteur un an à peu près avant, j'avais à peu près 30 ans. et je me sentais prête pour avoir un enfant. C'était une relation où on s'aimait beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et donc, on a commencé à faire les démarches afin de pouvoir avoir un enfant. On a retiré la contraception, tout ça. Et donc, mon fils est arrivé. Donc, durant la grossesse, il y a quelques travers de mon ex-conjoint qui sont un peu revenus. Mais bon, voilà, peut-être la peur, tout ça. Et donc, voilà. Il est arrivé et de là, les problèmes ont commencé. C'est qu'il était très souvent absent et en fait, il nous a laissé une première fois quand mon fils avait deux mois. Je me suis battue parce que pour moi, c'était important qu'une famille puisse rester unie. J'ai grandi comme ça et en fait, il est revenu au bout d'un moment. Puis au final, il est reparti depuis l'âge de six mois de mon fils. On n'a plus de nouvelles. Voilà, donc zéro, zéro, zéro nouvelles. Il n'a jamais rien participé, rien du tout. Et donc, depuis ce temps-là, on est ensemble. Et puis, on forme notre petite équipe. Et puis, on avance comme on peut. D'accord.
- Speaker #0
Alors, on va reprendre un petit peu ce début d'histoire. Tu disais que ce génitère avait des travers.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a commencé à t'alarmer un petit peu ou à te dire des petites things ?
- Speaker #1
Moi, quand je l'ai rencontré, bon... Je savais qu'il avait un passé, on en avait un petit peu parlé, puis lui-même, au niveau de l'alcool, il avait eu des problèmes, il avait fait aussi une TS, je crois. Pour moi, on a tous un passé. Ouais, ouais, ouais. Et on a tous un passé, et vraiment, il avait fait des démarches de soins et tout, et c'était quelqu'un de très posé et tout. Et la première année, c'était vraiment super. Et après, il s'est mis à beaucoup s'absenter. le soir où il mettait du temps à rentrer et tout ça. Et je le laissais un petit peu sortir parce que je me disais qu'il en avait besoin. On a tous besoin de notre jardin s'offrir même si on est en couple. Et il s'est remis à boire, beaucoup à boire et tout. Au final, il rentrait, il était alcoolisé. Et j'ai même appris qu'il avait aussi quelques dépôts verticaux. Apparemment, j'étais beaucoup loin. Ou il allait dans des clubs échanger, des choses comme ça. Donc voilà, il y avait pas mal d'addictions. Et donc, il y a des choses qu'on ne peut pas contrôler. Je vais essayer de l'aider une première fois. Il a recommencé une démarche de soins, mais ça n'a pas tenu. Donc, voilà.
- Speaker #0
Vous étiez ensemble depuis un an lorsque vous avez décidé d'avoir ce bébé. Comment il envisageait cette paternité ? C'était son premier enfant pour lui ? Comment il envisageait ?
- Speaker #1
Alors, c'était son premier enfant. Il était un peu plus jeune que moi. Et en plus, lui, dans sa tête, je pense qu'il y avait une certaine façade. On va voir un enfant. Mais c'est vrai que quand tout ça s'est passé, il y a deux choses qu'il m'a dit qui m'ont un peu choquée. Ça a été « la prochaine personne avec qui tu seras, ce sera le père de mon fils » . Et il m'a dit « un jour aussi, je t'aime plus que mon fils » . Et ça, j'ai trouvé… Vraiment, ce n'était pas normal. Je pense que quand on devient papa, on ne peut pas dire des choses comme ça. ça dépend de sa propre histoire à lui je pense qu'il m'aimait tellement qu'il a fait cet enfant pour pas me perdre il a pas fait cet enfant parce qu'il le voulait c'est parce qu'il voulait me garder ça a pas tenu depuis tout ce temps là on a jamais de nouvelles depuis
- Speaker #0
que ton fils a eu ses 6 mois
- Speaker #1
il est parti il m'a mis 2-3 messages au début pour savoir comment ça allait puis au bout de 6 mois pendant 6 mois à peu près il m'a dit je peux le prendre mais j'ai dit écoute viens viens plutôt passer le week-end avec nous parce que là ça fait 6 mois qu'il ne t'a pas vu c'est violent en fait pour lui c'était un peu un inconnu et je lui ai dit au pire tu viens tu veux passer le week-end avec nous écoute on a passé presque 2 ans ensemble On n'est pas à ça prêt de passer un quotidien ensemble. Mais au moins, tu vois ton fils et tu recrées un lien parce que là, tu ne l'as pas vu. Et de cette réponse, je n'ai plus jamais eu aucune.
- Speaker #0
Quels étaient ses rapports avec sa propre famille, son propre père ?
- Speaker #1
Son père était mort. Je pense qu'il a un rapport où il a été protégé de la mort de son père, mais ça ne lui a pas donné les bonnes bases. Je pense que sa famille s'est soignée. En essayant de le protéger, en fait, finalement. Et il n'a pas donné les bonnes bases. Il a été un peu l'objet de la mort de son père. En fait, ils se sont soignés eux-mêmes en prenant leur fils comme tampon, un peu. Et je pense que ça ne lui a pas donné les bonnes bases et les bonnes valeurs.
- Speaker #0
Cette famille a fait comme elle a pu, sûrement. Pour protéger au maximum. C'est difficile quand il y a un décès comme ça.
- Speaker #1
Je pense que ça a été un peu un... Ouais, ça a été un peu pour eux-mêmes aussi se faire du bien pour pouvoir pas supporter cette douleur. Mais au final... Voilà, je pense qu'il vivra ça toute sa vie.
- Speaker #0
Il était au cap pour cet enfant ? Ah oui, oui,
- Speaker #1
oui. Oui. Il est venu au génico avec moi. Il avait même des problèmes de sperme et tout. Il a fait des démarches de soins et tout. D'ailleurs, on ne pensait pas que ça allait prendre. Et non, non, il a vraiment fait des démarches. Puis c'est même vachement intrusif pour un homme. une analyse de son sperme, tout ça, il l'a fait. Donc, il a quand même fait des trucs.
- Speaker #0
Donc, il était investi, il était OK au départ. Ah ouais,
- Speaker #1
ah bah oui, c'est vrai que c'était pas avec lui qu'il est parti.
- Speaker #0
Et c'est vrai que lorsqu'on va devenir parent, que ce soit autant les hommes que les femmes, ça vient réveiller aussi plein de choses de notre histoire perso qu'on ne pense pas forcément que ça va revenir des fois nous exposer à la figure et des fois, ça fait un commentaire. Un grand boom à l'intérieur. Et puis, nous, femmes, quelque part, on n'a plus le choix parce que le bébé est là. Il est là. Et quand on a dépassé le délai et qu'on ne peut plus avorter, de toute manière, on n'a plus le choix que d'assumer. Et l'homme, il a quand même le choix de partir. Il y a des mamans qui peuvent aussi abandonner leurs enfants.
- Speaker #1
Je pense que ça doit quand même être dur. Alors, moi, des fois, ça m'arrive de penser à lui et je me demande comment il fait pour vivre avec ça. Quand même. de se dire, de se mettre à sa place et de se dire il se lève le matin, il sait quand même qu'il a un enfant, il sait pas ce qu'il est, il sait pas s'il l'occupe, il sait pas s'il l'a. Ça, je me dis, mais comment ça doit te détruire, ça doit te bouffer de l'intérieur. Je pense. C'est pas possible autrement.
- Speaker #0
C'est quelque chose qui doit rester profondément à l'intérieur d'eux, avec un sentiment de culpabilité, peut-être de honte, de non-dit aussi, malheureusement, les hommes, on leur a pas appris non plus. s'exprimer, il faut être fort, etc. Et ces choses-là, ils sont peut-être moins armés. Je ne sais pas de la question. Et ils ont ce choix, ils peuvent partir. Beaucoup s'en vont. C'est aussi l'idée de ce podcast aussi. Qu'est-ce qui se passe dans la quête de ces hommes-là et comment les femmes et à l'inverse aussi, comment on gère après avec l'arrivée d'un enfant qui va aussi tout s'embouler dans la vie.
- Speaker #1
C'est plutôt comme avant.
- Speaker #0
Mais oui. pour ces hommes-là qui font choix, partir, ça doit rester une blessure à l'intérieur d'eux, difficilement avouable. Et qu'est-ce que je fais de ça ? À vie, exactement.
- Speaker #1
C'est à vie, parce que même si tu vas jusqu'au bout de ta vie, que tu as 80 ans, que tu as une mort, tu vis avec ça. Tu sais qu'un jour, tu as laissé un enfant... Autant ça peut... Nous, on va dire les mamans, mais ça arrive au papa. Je pense que nous, on a nos moments difficiles où ça fait partie d'une tristesse, mais au bout d'un moment, on se construit autour de ça et on avance malgré tout parce qu'on est obligé. Et il y a un moment où notre enfant, il va partir dans la vie. Et puis si on a réussi, on a quand même un moment de satisfaction. Mais eux, ils vivent toute leur vie avec ça. C'est un truc juste comme on.
- Speaker #0
Voilà pour l'histoire de ce monsieur où là, il n'y a plus du tout de nouvelles. Non. Non, OK. Est-ce que tu as raconté l'histoire à ton fils ? Est-ce que c'est venu de toi-même ? Est-ce que tu as attendu qu'il vienne vers toi ? Qu'est-ce qu'il sait ?
- Speaker #1
Mon fils, il sait tout. Parce que je pars d'un principe que de toute façon, tout se sait. Je suis quelqu'un qui n'aime pas du tout le mensonge. Ça fait vraiment partie de mes valeurs. Et j'ai pris le parti de tout lui dire parce que je pense qu'au bout d'un moment, ça peut te tomber en pleine face. Donc non, non, il sait tout. C'est vrai qu'au début, quand on... parle, on se dit comment il va le prendre, on essaie d'anticiper un peu les réponses et tout, mais finalement ça sort pas du tout. Moi je lui ai tout de suite dit, écoute, ton histoire c'est ça, très basique, en deux, trois phrases, dès le plus jeune âge, pour pas que... Parce que j'ai eu deux personnes qui m'ont accompagnée, une personne, et je suis plus avec elle, qui m'ont accompagnée dans la vie, et là maintenant j'ai rencontré une nouvelle personne, mais je voulais pas qu'elle considère cette personne comme son papa, en disant ça peut être ton papa de cœur, mais... ton histoire c'est ça et en fait je lui ai dit très basique et puis un jour je me rappelle on rentrait en voiture et là spontanément près du portail il me dit mais maman mon géniteur il avait des cheveux je ne l'ai pas aidé tous les cheveux et puis il m'a balancé ça comme ça donc voilà le caisson qui sort de nulle part et tu ne t'attends pas à ce style de caisson exactement je l'ai ressorti comme ça on en a reparlé de là il m'a montré une photo il a eu un petit sourire il m'a demandé si un jour on le rencontrerait Donc je lui ai dit que si un jour il se fait l'encontrer, on essaierait de le retrouver. Mais pour l'instant, je pense qu'il était trop jeune pour comprendre tout ce qui s'était passé. Mais que si un jour il se sent prêt, maman, elle serait là parce que de toute façon, c'est son histoire. Deux fois, ça ressort. Il me pose trois questions de ce qu'il aimait ou quoi. Mais au début, il disait mon papa parce que c'était vraiment... Et puis maintenant, il dit mon géniteur parce que je pense qu'il y a un travail qui... Par contre, je ne l'ai jamais sali. j'ai jamais dit ces addictions j'ai jamais dit pourquoi je lui ai toujours dit je ne savais pas pourquoi il était parti parce que dans le fond ses propres définitions ça lui vient de lui-même je peux pas moi ce serait que de l'interprétation si lui a besoin de réponses on ira les chercher mais c'est pas moi qui pourrais lui donner parce qu'au final même moi je comprends pas qu'on ait pu faire ça et puis ça sert à rien de salir l'autre de toute façon il se fera son propre opinion et donc
- Speaker #0
exactement et c'est je pense que c'est aussi très important de pas dire du mal de pas salir Ça reste le géniteur. Donc, l'enfant s'identifie aussi à deux personnes auxquelles il est relié. Donc, d'entendre dire que l'autre est quelqu'un de fondamentalement mauvais, etc., ça veut dire que l'enfant, qu'est-ce qui se passe dans sa tête à lui ?
- Speaker #1
Il y a une part de fondamentalement mauvais en lui, peut-être, dans sa tête, quand on lui dit ça. Ça ne sert à rien. Non, non, mais je suis d'accord. Je me suis dit, voilà, des fois, on peut être en colère de tout ça. Il y a des fois encore, là... Là, quand je me suis séparée dernièrement, ça faisait six ans qu'on était ensemble et qu'on rebelote dans un truc où tu parles dans le quotidien, ça te reclaque encore ton histoire dans la tronche parce que tu dois recommencer tout, loin de tout, loin de ta famille, loin de tout ça. Et même quand tu es avec quelqu'un, ce maman solo, il est quand même parce que ça ne restera toujours que mon fils, malgré tout. Et je le vois, là, il avait grandi avec quelqu'un d'autre qui s'est occupé de lui. Et donc, voilà, pour des raisons, on s'est séparés. Et en soi, j'avais dit, je respecterai toujours votre lien si vous voulez continuer à vous voir et tout. C'est votre choix. Moi, je respecterai toujours ça parce que l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre. Et au final, voilà, ça fait cas tout simplement qu'ils ne le voient plus. Donc, voilà. De toute façon, ça ne sera jamais le même lien. Jamais, jamais, jamais. Donc, même quand on est avec quelqu'un, il va nous aider sur le côté lien, mais je me suis fait reprendre. reprocher, ouais, il faut que je garde ton fils, et quelque chose que nous normes... Mais même, voilà, il faut le savoir quand même que, même quand on est dans notre... On dit, ouais, elle a refait sa vie, machin, mais au final, tu tombes quand même sur des personnes qui font toujours la part des choses que c'est pas leur enfant. Ils vont lui dire, ouais, fais pas ci, fais pas ça, nanana, donner des ordres, mais voilà, les cadeaux, ça a toujours été plus, moins, je crois qu'il y a dû, en 6 ans, lui acheter un t-shirt, ou des trucs comme ça...
- Speaker #0
Parce qu'il a quand même participé à son livre. Non, non, ce sont des tout-petits, de ce que je comprends.
- Speaker #1
Ouais, en fait moi en plus, mon moyen de défense ça a été de surprotéger mon fils, parce que aussi de mon histoire personnelle, j'avais pas envie qu'il vive les mêmes choses que mon enfant, et je l'ai toujours surprotégé, et trop. Genre ma meilleure amie quand elle était petite, elle me dit, non mais Stéphanie, si tu veux qu'il marche, faudrait peut-être le sortir du parc, parce que sinon il est pas...
- Speaker #0
Non, je veux le respect.
- Speaker #1
Mais non, mais les kundal, je ne vais pas le casser. Non, mais j'avais peur de tout, en fait. Je ne voulais pas qu'il se fasse mal. Je me rappelle, ma mère, une fois, je l'ai appelée. Je lui ai dit, maman, il a mangé une croquette du chien. Elle me dit, ne t'inquiète pas, il va juste faire waf waf. Mais ouais. Alors déjà, c'est un premier. En plus, tu te retrouves toute seule. Donc, ouais, tout a été amplifié. Donc, au niveau de l'autonomie, je n'étais pas du tout efficiente. Donc le fait que lui Ken il était déjà papa, là dessus je peux pas lui retirer que il m'a aidé genre pour le pot, pour tout ça, il m'a aidé à prendre du recul aussi par rapport à tout ça et de laisser tomber mon fils parce qu'on apprend, on tombe bon aussi en fait. Mais au final après il y a eu l'effet inverse où il est devenu trop dur, il nous criait dessus et tout et donc là ça a été de... Et puis on a déménagé dans le trou du cul du monde et puis de là, moi je pouvais pas faire autrement que de compter celui pour la garde de mon fils.
- Speaker #0
Ah la la !
- Speaker #1
Et euh... Donc ça a été un cercle vicieux. Et donc voilà, dans ce sens-là, même si aujourd'hui on refait notre vie, ce n'est pas pareil. On a toujours notre enfant. Et de trouver quelqu'un qui va accueillir son enfant comme si c'était le sien, je pense qu'il n'y a pas le lien du sang et il y aura toujours un petit décalage.
- Speaker #0
Le lien du sang ou participer à l'éducation, c'est de voir l'enfant grandir. Il y a aussi un attachement qui va se créer. Ce ne sera peut-être pas la même chose.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
L'attachement peut se créer de toute manière aussi.
- Speaker #1
Ah bah je pensais là, mais je vois que non. Depuis 6 mois, je me dis que c'est pas l'attachement que... Moi je me suis dit que c'était beau quand même qu'il l'acceptait comme ça dans sa vie, et même mon fils. Et là mon fils est en train de parcourir un chemin, ça fait peut-être 9 mois que j'ai retrouvé quelqu'un qui l'a connu très petit. En fait c'est quelqu'un que je connais depuis très longtemps. Et en fait ce week-end, pas plus tard de ce week-end, il m'a dit ouais maman je veux pas que... Mon copain, parce qu'il y avait son copain qui était dans la maison, je ne veux pas que mon copain aille lui faire un câlin, tout ça. Et donc, j'essaye un petit peu de tirer ce qui se passe. Et au bout d'un moment, il me sort, mais moi, je l'aime. Et en fait, il ne me fait pas... Il est plus gentil que... Alors que ça se fait si bien que j'étais avec mon ex. Donc, il disait qu'il était plus gentil que lui, qu'il lui disait qu'il aimait, qu'il prenait dans ses bras, qu'il rigolait, qu'il jouait avec lui. Et mon fils, c'est un enfant très sensible et tout. Et là, il s'autorise à re-aimer. Donc, c'est un relien qui se fait et c'est cool, quoi. Mais on garde toujours... Dans cette tête que les gens n'ont pas la même responsabilité que si c'était leur enfant. Donc, il y a plus de recul, même s'il s'en occupe. Très bien, il a un lien, mais on sait que moi, au quotidien, c'est mon fils qui est ma priorité. Mais quand ce n'est pas ton enfant de sang, ce n'est pas la même priorité, je trouve.
- Speaker #0
Sacrée histoire.
- Speaker #1
Oui. Mais je suis heureuse de lui aussi. Oui. Ok. Alors,
- Speaker #0
tu parlais de ta propre histoire à toi. C'est quoi ta propre histoire à toi ?
- Speaker #1
Ma propre histoire à moi, c'est que mes parents ont été très, très durs avec moi. Et donc, j'avais plus envie de pouvoir lui donner les notions de choix, les notions de pouvoir s'exprimer, de pouvoir exprimer des choix, de pouvoir être un être à part entière, en fait. Parce que moi, ça a été très quatant comme éducation. La preuve, je suis partie de chez moi, je me suis fait émanciper à 15 ans et demi. Et donc, parce que je n'en pouvais plus, j'ai explosé. Alors, je ne suis pas dans l'éducation positive parce que c'est trop. Là l'autre jour j'ai vu un papa qui disait « ah ben alors tu peux pas donner de la glace à ton frère, imagine comment ça le faisait mal dans son petit coeur » C'était trop ! Mais c'est hyper important pour moi qu'il puisse s'exprimer de ce qu'il aime, ce qu'il aime pas, ce qu'il a envie, ce qu'il a pas envie Après je lui dis voilà écoute non ben là c'est pas possible mais voilà qu'il puisse aussi le dire et s'exprimer à part entière et je trouve que moi c'est un enfant qui a toujours été entouré par beaucoup d'adultes Donc ça, je pense que c'est une autre part de comment on se débrouille au quotidien. Mais il a une maturité énorme. Énorme. Alors, il a peut-être grandi trop vite sur certains trucs, mais il a une maturité, une sensibilité énorme. Parce qu'on va souvent débriefer le soir. Il va me raconter ce qu'il a un peu déprimé dans la journée. On parle énormément. Mon ex me répondait ça d'ailleurs. Elle me disait « Oui, mais tu le laisses. » Je pense que c'est ça aussi qui m'a bloquée. « Tu vois, tu pars trop avec lui, machin. Tu l'écoutes trop. » Et en fait, moi, j'ai besoin. de cette relation, qu'il sache qu'il peut me faire confiance, qu'il peut me parler de tout.
- Speaker #0
C'est hyper important. Ok, donc toi, ce que tu n'as pas eu en tant qu'enfant, tu l'ouvres à ton propre.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok. Ta famille habite loin de toi ?
- Speaker #1
Oui, maintenant, oui.
- Speaker #0
Tu as des frères et des sœurs ? Ouais. T'as des liens aussi avec eux ?
- Speaker #1
Pareil, on n'est pas proches du tout. Ok.
- Speaker #0
Donc, c'est au côté familial, c'est pas un lieu ressource pour t'aider ?
- Speaker #1
Si, je peux envoyer mon fils en vacances à bas ou quoi, mais voilà, ça va être encore de la, entre guillemets, de la dictature, des choses comme ça. Et c'est pas pour du plaisir. Par exemple, cet été, on y a été. tout le temps des critiques, des réflexions, des machins et au bout d'un moment, voilà on n'a qu'une vie et il faut en profiter en fait parce qu'on est pour rien à vivre pour des bêtises, c'est pareil là moi je suis vachement à me dire que ouais, on bouffe comme on dit, on bouffe notre merde, mais en même temps si on n'avait pas ça, on savourerait pas les moments de bonheur si c'était tout le temps bien mais non,
- Speaker #0
mais si c'est tout le temps bien on a besoin de ces moments de down aussi pour apprécier ce qui est super chouette exactement
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et tu as des amis autour de toi ? Tu es entourée ?
- Speaker #1
Ma famille, c'est mes amis. J'ai des gens autour de moi. C'est extraordinaire. Après, c'est vrai que j'ai des gens qui m'ont toujours dit « Mais Steph, en fait, ce qui se passe autour de toi, c'est parce que tu existes. » Tout est ému,
- Speaker #0
c'est beau.
- Speaker #1
Oui, parce que j'ai énormément de chance. J'ai énormément de chance parce que j'ai des magnifiques personnes qui ont croisé ma route en fait. Et j'ai cette Ausha. Moi, j'ai des gens qui gardent mon fils quand je pars au boulot. J'ai des gens, là par exemple, mon conjoint, il fait 600 km le week-end pour venir garder mon fils. J'ai un copain qui a fait une heure et demie un week-end parce que j'avais personne pour garder mon fils. Non, j'ai des trucs, vraiment, j'ai une solidarité autour de moi. Et quand là, j'ai dû me séparer de ma deuxième... de ma rupture là. En fait, ils m'ont tous dit que moi, je ne me rendais pas compte. Puis, je restais beaucoup enfermée parce que je me suis isolée de ma famille et tout. En fait, où j'étais ? Je pense que j'avais aussi au fond de moi un peu peur de partir pour... de tout recommencer et tout. Alors, peut-être que je préférais supporter les cris et mon fils aussi. Et en fait, ils m'ont tous épaulée. Ils m'ont dit qu'on sera là. On va t'épauler et tout. J'ai des collègues. J'ai tout ça. J'ai une solidarité énorme qui s'est mise autour de moi. Et là, j'ai des travaux. On vient me faire mes travaux. J'ai vraiment cette Ausha. Alors, tout le monde me répond, oui, mais c'est parce que j'existe, parce que moi-même, j'ai le cœur sur la main, parce que je suis là pour eux. Mais je me dis, c'est vachement culpabilisant de se dire qu'en fait, de mon erreur d'il y a neuf ans, d'avoir fait un enfant avec cet homme qui n'était pas prêt, tous les gens de mon entourage, ils le payent au quotidien parce qu'ils vont faire des caméras pour me garder mon fils, parce qu'ils doivent venir m'aider pour... il y a des travaux que je ne peux pas faire ou des choses comme ça. Et des fois, on se sent aussi coupable d'imposer ça alors que ça a été mon erreur à moi.
- Speaker #0
Ils le font de bon cœur, sinon ils ne le feraient pas. Oui,
- Speaker #1
je sais.
- Speaker #0
Oui, je pense même qu'ils te le disent. C'était une erreur peut-être avec cet homme-là, mais en tout cas, ton enfant, ce n'est pas une erreur.
- Speaker #1
Ah non !
- Speaker #0
C'est quelque chose de magnifique et qui t'aide aussi grandement.
- Speaker #1
comme tu disais quand tu es en dur il y a aussi des choses belles qui se révèlent et là t'as un enfant magnifique et des amis autour de toi ah ouais mon fils je sais que mon fils c'est une magnifique personne et en plus tout l'amour qui nous entoure il a des super malheurs moi je vois je vois ouais je lui ai toujours dit quand son géniteur il est parti je lui ai dit tu sais et depuis tout le temps je lui ai dit tu sais là ça va être dur mais toi et moi il faut qu'on soit une équipe en fait C'est que maman, elle va être là pour toi, mais toi... Et c'est vrai que c'est un enfant, entre guillemets, assez facile à vivre, en fait. On est vachement dans la communication. Il est plutôt aidant quand je lui demande. Bon, il a ses périodes, il a le développement qui arrive. Voilà, 9 ans, c'est la plus adolescence. Des fois, t'as envie de... Mais il est super cool, il est gentil avec tout le monde, il est sage. C'est pas un enfant qui saute partout. J'ai eu cette Ausha, en fait. Et on a toujours été une équipe. Et voilà, on connaît notre histoire, on sait où on va, on sait qu'on a des magnifiques personnes qui nous entourent. Et voilà, mais on vit, on essaie de profiter. Il manque de rien, il est même peut-être un peu trop gâté, je pense. Mais à côté de ça, on vit, quoi. Là, ouais, on fait des voyages. Là, moi, d'avril, et pourtant, je ne gagne pas fortement ma vie, mais j'essaie d'économiser, ou de trouver des petites astuces, tout ça. Et là, on part à New York, par exemple. Ouais ! Au mois d'avril, on part à New York. Il a déjà été en Espagne, à Marrakech, en Guadeloupe. Pas mal de trucs. Et puis, il adore l'histoire. Donc, on va visiter plein de choses. Il a été voir les expositions de Tout-en-Cameau, de Nicarciti, des châteaux.
- Speaker #0
Excellent. Il se régale. Et donc, pour rappeler, toi, ton métier, tu es AMP, aide médico-psychologique. Tu es auprès de personnes, des adultes ou c'est des enfants handicapés ?
- Speaker #1
La désadouche dans la situation de handicap.
- Speaker #0
D'accord, ok. Et donc, tu travailles des week-ends ? Tu travailles un week-end sur deux, tu travailles comment ?
- Speaker #1
Un week-end sur deux.
- Speaker #0
Un week-end sur deux.
- Speaker #1
Un week-end sur deux, tard le soir ou tôt le matin. Eh oui. Voilà, alors là, je pense que la conjoncture est un peu en train de changer, mais je me suis vue devoir me questionner sur garder mon poste, parce qu'une fois, par exemple, la garderie, la garderie commence souvent à 7h30 et toi, tu commences à 7h, donc c'est un casse-tête. Et je me suis vu, par exemple, mon ancien directeur lui dire, est-ce que c'est possible que je commence 15 minutes plus tard pour pouvoir déposer mon fils ? Parce que la garde de vie, celle-là, elle ouvre à 7h. Et il n'a jamais voulu. Donc, des fois, on ne prend pas non plus en considération notre statut de toute seule. Ça peut être hyper compliqué. Donc là, pour 15 minutes, on devient encore dépendant de quelqu'un ou on doit encore payer quelque chose. Sauf qu'en fait, tu payes, mais à partir de 3 ans ou 6 ans, je ne sais plus, on n'est plus remboursé. Donc des fois, ça ne vaut même plus le coup d'aller travailler.
- Speaker #0
Et oui, la balance dans les réflexions.
- Speaker #1
Donc voilà, il y a beaucoup de paramètres. C'est vrai que des fois, ton employeur ne prend pas en compte. Donc moi, mon travail, ça fait deux ans que j'y suis. J'ai mis tout de suite le tableau. J'ai dit, voilà, moi, OK. Parce que j'avais encore mon aile, j'ai quelqu'un dans ma vie. Mais en fait, légalement, il ne peut rien. Donc moi, le moindre problème, c'est moi qui dois partir. Donc il n'y a pas de relais. Donc j'ai une situation un peu spéciale. et donc voilà j'ai prévenu tout de suite on prend en considération ou non en tout cas les choses elles sont posées et moi ce sera toujours mon fils avant tout mais c'est hyper angoissant on n'arrive pas à se détendre on a toujours son téléphone parce qu'on sait qu'il n'y a pas de ressources en fait on a toujours son téléphone moi je vois je vais faire une sieste mon téléphone il est toujours sonnerie au cas où l'école m'appelle je leur amassage je n'arrive pas à me détendre parce que je me dis on m'appelle si je ne capte pas ça va mon médecin je lui ai dit un jour je lui ai dit bon bah ça va je suis en bonne santé je lui dis de toute manière votre objectif c'est de maintenir en vie au moins jusqu'au 10 ans de mon fils de se débrouiller sans moi c'est mon objectif ma plus grande peur je pense que c'est de mourir avant que mon fils puisse se débrouiller tout seul dans la vie parce que bah après ça va soit il tape mes parents qui sont pas cool alors ma meilleure amie j'aurais bien aimé mais bon légalement ça va pas être beau à voir derrière quoi et que la vie qu'on a aujourd'hui, il est heureux. Je pense qu'on a assez morflé, en fait.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu envisageais par rapport à ça ? Est-ce que tu as été plus loin dans la réflexion et dans des démarches ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors, à un moment, quand j'étais à fond dans ma relation, je m'étais dit je vais aller voir un notaire. J'avais émis le souhait de faire un testament pour dire que je voulais qu'il reste avec lui. Ma meilleure amie m'a promis et qui s'amarraine aussi, mais elle m'a promis qu'elle se battrait pour le récupérer et tout. Mais c'est vrai que légalement...
- Speaker #0
Il faut aller crier.
- Speaker #1
C'est ça. J'ai enfin établi des démarches il n'y a pas longtemps parce qu'il m'a fallu du courage pour que légalement on reconnaisse que j'étais seule avec mon fils.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
J'ai été voir un juge et j'ai demandé le droit de garde exclusif, l'autorité parentale exclusive et le droit de visite exclusif pour que ce soit écrit sur un papier. Parce que je me dis, on ne sait jamais, le géniteur avec ses démons personnels se dit, ouais, se réveille un jour, il pouvait à tout moment encore…
- Speaker #0
Parce qu'il avait été reconnu, ton fils.
- Speaker #1
Oui, il a été reconnu. Ouais, ouais. et ils pouvaient aller le chercher à n'importe quel moment et je me suis dit, et je vivais avec ce perpétuel, c'était le perpétuel épée de la montraise que légalement s'ils me prenaient voilà, donc j'ai fait les démarches, j'ai oublié de parler de la pension alimentaire parce que voilà, je me suis toujours débrouillée sans ça et je me suis toujours dit que je courrais pas après ça parce que notre tranquillité vaut bien ça parce que j'ai pas des fois je pense qu'il y a des hommes parce qu'ils donnent une pension aussi ils se sentent obligés alors qu'ils ont pas envie, donc voilà donc je vis sans pension alimentaire En plus,
- Speaker #0
la CAF ne te verse pas de pension. Il y a une petite aide.
- Speaker #1
Alors, c'était ça. Justement, on a un truc qui s'appelle l'ASF. Illégalement, on a le droit.
- Speaker #0
L'aide sociale, familiale, je ne sais pas comment c'est.
- Speaker #1
Ça, on y a le droit trois mois. Et après, si on veut continuer à avoir, soit pour présenter un jugement pour le père, mais pas pour le père.
- Speaker #0
Il faut justifier, oui.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
C'est ça. Sauf que moi, dans mon jugement, il n'y a pas écrit l'histoire de la pension alimentaire. Et donc, il faudrait que je repaye un avocat de 1500 euros pour refaire un truc concernant la pension alimentaire. Donc, c'est compliqué. Pour l'instant, ils ont effectué une recherche. Apparemment, ils ne seraient pas solvables. Donc, ils me versent quelque chose. C'est la première fois depuis neuf ans qu'ils me versent quelque chose. Ça doit faire six mois. Oui. Donc là, je vis, parce que le jour où il se remet à travailler, il me dit maintenant vous devez vous retourner contre lui, sauf que moi franchement je préfère m'attraper. Je n'ai pas envie de lancer des démarches pour 150 euros. Et puis d'un seul coup, il dit, ah bon, si je donne 150 euros, je suis un papa. Sauf que tu n'as jamais été un papa. En ce moment, mon fils est encore trop jeune. Pour moi, je pense qu'il faut qu'il ait une capacité, un peu plus de raisonnement, qu'il ait peut-être 12, 13 ou 14 ans, pour pouvoir vraiment comprendre. Donc voilà, je n'ai pas envie de le mettre face à tout ça. Donc je me dis, il y a un jour la CAF, il me dit, ah bon, on va y travailler, maintenant stop, on arrête. Ça peut arriver du jour au lendemain.
- Speaker #1
Mais tu t'attends pas, c'est pour ça que tu te reposes.
- Speaker #0
Ouais, je le mets de côté et je me dis voilà, si un jour c'est plus dur, je fais comme si ça n'existait pas parce que j'ai toujours vécu comme si ça n'existait pas.
- Speaker #1
J'avais une autre question. Tout à l'heure, tu parlais de tes amis qui sont présents. C'est toi qui sollicites leur aide ? Est-ce que tu leur demandes ou est-ce que c'est eux qui te proposent ? Est-ce que tu arrives à demander de l'aide ?
- Speaker #0
À un moment, je n'ai pas le choix. Je continue à travailler. J'ai pas le choix. Là, par exemple, j'ai une autre maman avec moi qui est juste divorcée, donc le papa existe, qui a aussi trois enfants. Et donc, on s'entraide pas mal là-dessus parce qu'elle est infirmière. Et on s'entraide où moi, des fois, je garde les trois, elle garde mon fils, tout ça. Donc, c'est plutôt fluide. Genre, on s'assoit, on se pose nos planines et bim, bim, bim. Après, si, non, c'est moi qui vais dire, voilà, j'ai plutôt besoin de ça. Mais en fait, dès le début, ils ont posé la règle. Tout le monde connaît ma situation, donc il me dit, on sera là. OK. C'est eux, direct, ils m'ont dit, tu appelles, on est là. Si tu as besoin, on est là. Et sur tous les points, là, j'ai un copain qui a fait trois heures de route aller, trois heures de route retour avec son camion, son matos pour venir bricoler dans mon appartement. Ouais, c'est des élans de solidarité énormes, en fait. Des fois, le monde n'est pas beau, mais enfin, moi, les personnes que j'ai autour de moi, j'ai des amis, ça fait très longtemps et toujours, il y a des gens qui se greffent. Et en fait, c'est un truc de fou, la solidarité, mais je pense que c'est en nous.
- Speaker #1
en fait c'est en nous et qu'on arrive à sortir les belles choses des personnes c'est c'est wow et ça existe et c'est là c'est aussi savoir bien s'entourer alors je glisse tu sais très bien t'entourer amicalement amoureusement aussi et là je te souhaite que ta relation amoureuse perdure avec cet homme que tu connais depuis longtemps Quel est ton rapport à la solitude ?
- Speaker #0
Quelle solitude ? La solitude, moi, la solitude, nous deux, juste quand on est tous les deux. Quelle solitude ?
- Speaker #1
Les deux. Les deux, ça peut être intéressant.
- Speaker #0
C'est mitigé. Comme mon fils, ce genre où des fois je suis soignante, si je commence tôt le matin, il peut dormir. Alors, ça reste très exceptionnel parce qu'il est en larmes, il ne veut pas dormir. Mais s'il n'est pas là, il y a des fois, j'apprécie, il y a des fois, il manque, ça m'angoisse. La solitude. il y a des fois je l'apprécie mais il y a des fois c'est pas cool ça s'ennuie des fois on est tous les deux et on est dans notre cocon et on apprécie et puis je suis assez conviviale aussi donc je suis plutôt une personne fédératrice et qui s'y est genre mes voisins je vais culiner je vais aller voir mes voisins je vais leur donner tous non j'aime bien être entourée j'aime bien mais quand c'est des moments beaux donc ouais non la solitude elle est elle ressource J'en ai besoin. J'en ai besoin. On a besoin de se retrouver tous les deux et tout. Quand on voit trop de monde, au bout d'un moment, on ne se sent pas bien. J'ai quand même besoin de voir du monde partagé, de rigoler, de passer des bons moments. J'en ai besoin de la solitude, mais j'ai besoin du monde aussi. Pour bosser, je suis obligée de solliciter du monde. Peut-être que là, j'aimerais un peu plus de solitude. Et là, on n'y a pas... Enfin, moi, j'estime que je n'ai pas trop le droit parce qu'en fait, c'est là le fait d'être toute seule et qu'on dépend des autres. On doit tout le temps voir du monde. pour en fait sur le donner. Et j'essaie aussi de favoriser de voir après les gens pour autre chose que pour quand j'avais besoin. Donc on se retrouve à voir beaucoup. Moi j'ai Google Agenda qui est horrible. Je pense qu'il n'y a pas un jour où il y a un truc pas noté. Par exemple là le mardi soir avec mon fils, on se réserve pour se regarder Koh Lanta, on dort ensemble et puis on se fait notre petit plateau télé. C'est notre moment à nous. Et ça fait du bien parce que c'est vrai qu'au final, entre les gardes, entre eux, j'essaie quand même de voir les gens pour autre chose que le besoin. et que ce soit pour un moment, j'essaie de faire la part des choses pour qu'on vive encore des trucs cools. Et puis moi-même, qui est grand service, parce qu'en fait, finalement, j'ai plein de personnes qui rentrent service autour de moi, mais finalement, toutes ces personnes comme moi, je rentre service, moi je fais plus que ça. Genre l'autre jour, là, on a fait 700 kilomètres mercredi dernier pour une amie parce qu'elle était vraiment dans le besoin et mon fils avait la possibilité d'aller chez un copain la journée. Il a dit non, non, je veux venir. On la soutient, on y va. Ah ouais, mais même lui, il a des liens forts avec les gens qui m'entourent. Et puis, ils viennent. C'est tous les aspects. Ils vont venir, ils vont lui avoir acheté un cadeau. Il adore les gnocchis, ils vont lui acheter des gnocchis. C'est même pas genre je viens, je viens et puis c'est moi qui vais... Et voilà, c'est vraiment... L'autre jour, il adore jouer à Brawl Stars. « Ah ben attends, je t'achète un pass Brawl Stars. » En fait, on est comme une famille. C'est un peu... Alors, ce n'est pas les tontons et tatas, parce que moi, je n'aime pas trop le « Ah, c'est ton tonton, c'est ta tata. » Il y a un tonton. Je pense qu'on est une famille. Mon fils, on est protégé par... Il nous aime vraiment, je pense. Il y a vraiment un truc fort.
- Speaker #1
C'est important de savoir bien s'entourer, d'avoir cette famille de cœur. tout autour de vous.
- Speaker #0
Et eux, ils l'ont choisi. C'est pas, quand vous faites un enfant, vous choisissez pas qui est tort ou qui était parent, en fait. Et là, nous, on s'est choisis, en fait, avec mes amis. On s'est choisis et moi, je suis quelqu'un de transparent, ils connaissent tous mon histoire et tout et ils ont décidé d'entrer dans notre vie malgré ce que ça impliquait, en fait.
- Speaker #1
Merci à eux.
- Speaker #0
Ouais. Mais je suis prête à espérer que mon fils soit étonnant pour aussi ne plus être dépendante de tout ça. et qu'on se retrouve un petit peu encore sur un pied d'égalité parce que je ne peux pas leur rendre tout ce qu'ils font pour moi et ils ne le veulent pas on ne veut pas que tout le monde, on ne veut pas ça pour ça mais au bout d'un moment vous avez envie de les entrer autant d'amour que mes amis on me raccroche on me dit je t'aime à chaque coup de fil pareil pareil de mon côté merci
- Speaker #1
beaucoup pour ce joli partage vraiment merci C'est tout plein d'amour. Est-ce qu'il y a quelque chose que j'aurais pas abordé, que t'aimerais aborder ?
- Speaker #0
Peut-être qu'on s'en parle par rapport à cette situation de nous. Des fois, on a tendance à... Je pense que c'est un peu typiquement humain, à se plaindre. On se plaint beaucoup. On se dit qu'on ne se rend pas compte que des fois, il y a pire que nous. On est là et notre difficulté, c'est notre difficulté. Chacun affronte les épreuves de la vie. comme il peut, ça je m'entends, on a tous nos capacités de résilience ou non mais c'est vrai qu'on se dit toujours ouais, oh là là, c'est difficile et moi c'est vrai que j'ai eu beaucoup de moments où je me suis dit, mais comment je vais faire c'est la grosse montagne c'est tout ça, même encore aujourd'hui des fois quand là j'ai eu par exemple le week-end il y a deux semaines j'avais personne pour garder mon fils c'est mon conjoint qui a fait les 600 km alors que sa voiture, il était en train de la réparer il l'a réparée à l'arrache, il dormait il s'est couché super fort ... la semaine et tout et ouais ça a été un gros moment de flip et là tu te dis ouais ça te remet encore dans ta situation et c'est vrai qu'on a tendance un peu aussi à se dire qu'on est à part entière à ce moment-là il n'y a que notre situation aussi qui compte en se disant que ouais mais je suis toute seule tu ne me rends des comptes de ce que je vis les autres ils ne vivent pas comme moi et tout alors je pense qu'on est pas mal aussi dans ce truc et des fois en fait ça fait mal je l'entends mais il faut aussi éviter de se c'est là de toute manière c'est là et il faut éviter pas trop se complainer et il faut continuer à avancer en fait et quand on a un enfant avec nous aussi c'est notre équipe en fait c'est pas nous qui sommes dans cette situation on y est à deux et il faut essayer de s'accrocher aux belles choses et continuer à avancer malgré tout alors moi j'ai pas pour l'instant attention parce que ça peut arriver mais j'ai pas cet aspect financier je sais qu'il y a des mamans qui allaient encore plus genre les pattes les machins et les menus sont très durs et tout et j'entends moi j'arrive à vraiment essayer de budgetider tout et de m'en sortir à peu près mais il faut pas se morfondre en fait Et ça arrive, il y a plein de fois où ma situation a fait que je me suis... Genre mon fils a une démarche aussi, par exemple, il fait des hormones de croissance. En plus de tout ça, il a la croissance, ça ne marche pas très bien. Bon là, ça marche un peu l'hormone. Et je me suis vue en parler à ma 4, parce que c'était très dur de mettre ça en place. Et de dire, est-ce que je peux être que du matin à ce moment-là, parce qu'il faut que je fasse les pitiots tous les soirs. Elle a accepté, mais elle était un peu rechignante. Et un jour, elle sort de son bureau et elle me dit, mais Stéphanie, ça m'a outré. elle me dit Stéphanie c'est vrai votre histoire de pichure parce que c'est quand même bizarre votre truc là et tout comme ça et là je me suis oh la la la la la ah ouais je la regardais et dans ma tête donc j'avais ça et j'avais cette notion que j'étais une maman toute seule et tout ça et en fait des fois on se met un peu ouais mais moi je suis une maman toute seule ouais mais moi je suis une maman toute seule on est une maman, ouais on a pas de relais mais on a d'autres belles choses autour de nous et je sais que moi j'arrive à continuer à avancer parce que je me dis ouais t'es en bonne santé ton fils est en bonne santé, t'as des super amis ... mais dans tous les cas on a quand même la santé de tous les deux on est là on n'a qu'une vie et trop se morfondre à dire on est tout seul de trop se mettre dans cette vicieuse et de se plaindre tout le temps c'est pas une solution non plus en fait et voilà la situation elle est là et c'est un fait et c'est concret c'est réel et il y a ces difficultés là effectivement oui mais
- Speaker #1
c'est pas de rester dessus et dans cette victimisation c'est ça c'est vrai c'est triste mais il y en a plein d'autres qui s'arrivent et il y a des trucs
- Speaker #0
pire. Et il y a des trucs que tu lis,
- Speaker #1
il y a des jeux de l'histoire, et c'est pas forcément que très intéressant.
- Speaker #0
C'est ça. Oui, et puis il y a des histoires de solidarité. Moi, je vois, par exemple, là, on va parler sur un plan amical. Moi, mon nouveau conjoint est trop content de nous avoir retrouvés et tout. Et il y a vraiment un lien qui est… Il aime vraiment mon fils et c'est beau. Mais il y a des trucs beaux qui passent de nos amis, des gens qui nous entourent, des belles marques d'humanité. Ça sort aussi l'humanité des gens, en fait. Mais je pense que ça dépend aussi de notre état d'esprit, en fait, aussi. À nouveau,
- Speaker #1
justement, et de ce qu'on a envie de voir, de comment on a envie de vivre sa vie. pour moi c'est une vraie philosophie de vie, de qui je m'entoure de comment je souhaite vivre il y a des galères, ok c'est pas facile tous les jours mais je sais ce que je veux dans ma vie et je sais comment je veux la vivre je peux pas tout contrôler je peux pas tout gérer, il y a des moments où ça va pas aussi mon lettre motive c'est ça je veux profiter de la vie et m'entourer d'amour mais regardez,
- Speaker #0
il y a des fois il y a des mamans qui ont le papa et qui vont passer les six premières ou les dix premières années de leur vie à l'hôpital parce que leur gamin a un cancer ou quoi. Mais ça,
- Speaker #1
c'est pire !
- Speaker #0
Va-t'en le papa et le cancer au pire ! À la réunion, moi je ne pourrais pas garder mon enfant en bonne santé ! C'est pire en fait, c'est horrible. Alors ouais, c'est plus dur, on doit être un maman, une maman, un papa, on doit être plein de choses, mais on est là. et on a la chance d'être là et cet enfant on l'a voulu ou alors il est là et on a décidé de continuer à l'assumer. Il y a un moment on est des adultes et on est là pour les accompagner au mieux vers ce qui les attend et il faut aller dans ce sens-là en fait. Je sais que c'est difficile pour beaucoup de gens mais c'est difficile aussi pour des gens qui sont deux il y a des difficultés pour tout le monde en fait et quand on est trop dans nos difficultés et qu'on ne s'accroche pas aux jolies choses, on n'avance pas en fait parce que sinon on peut tout voir en noir c'est l'histoire du verre à moitié vide et du verre à moitié plein en fait. Il faut s'accrocher au truc bien pour continuer à avancer, même quand c'est dur.
- Speaker #1
Waouh ! Mais je vais retenir ça pour la fin, pour cette jolie conclusion. En tout cas, merci beaucoup d'avoir donné de ton temps.
- Speaker #0
Merci d'avoir pris le temps aussi de laisser la parole.
- Speaker #1
Merci à toi. À bientôt. Merci d'avoir écouté cet épisode. N'hésitez pas à liker et partager le podcast pour aider les autres parents qui en auraient besoin. Vous pouvez retrouver les replays du podcast sur mon site internet emilyavelyne.com, liker la page Facebook et Instagram. A la semaine prochaine sur Sololitude pour une nouvelle histoire de parents solos.