- Speaker #0
Bienvenue sur Sololitude, le podcast qui s'adresse à tous les parents qui vivent la sololitude, c'est-à-dire lorsqu'ils sont seuls dans l'éducation de leurs enfants ou qu'ils se sentent seuls pour les élever dans la gestion du quotidien d'achats à accomplir. Que l'on soit indépendant, salarié, au chômage ou en reconversion, on est confronté à des situations qui viennent nous chercher au plus profond de nous-mêmes. Alors comment kiffer, apprécier, vivre sa vie rêvée malgré les contraintes de la parentalité selon, même quand cela paraît impossible ? Je suis Emilie Aveline, je suis praticienne en hypnose depuis 10 ans et ancienne infirmière depuis plus de 15 ans. Depuis des années, j'accompagne les parents à se sentir moins seuls dans leur parentalité afin de s'épanouir dans leur vie personnelle. Merci pour votre indulgence concernant le son des interviews qui n'est pas toujours optimale. C'est parti sur Sololitude, bonne écoute ! C'est au tour de Charlène, maman solo d'un petit garçon de 4 ans. Charlène a une endométriose et avait fait le deuil d'une maternité. Or, un beau jour, elle découvre qu'elle est enceinte sur son lieu de travail, c'est-à-dire en service de maternité. Charlène répond à l'inquiétude de son père. de sa famille, doit revenir quelques temps chez ses parents. Toute sa vie se chamboule d'un coup. Elle connaît des complications suite à son accouchement, les angoisses qui la submergent, un refus chez son bébé, sa machine à laver qui explose. À ce moment-là, elle demandera de l'aide. Charlène fait face au dictat de la société, à l'injonction de la place du père. Elle gérera seule avec son enfant hospitalisé pendant qu'elle travaille et prendra une décision radicale professionnellement. Elle se relève petit à petit, pas à pas sur son nouveau chemin. Let's go. Merci à toi d'être avec moi. Peux-tu nous partager le désir au tout départ de cet enfant ? Comment ça s'est déroulé pour toi ?
- Speaker #1
Alors, je suis Charlène, j'ai 35 ans. Maman d'un petit garçon qui va en 4 ans. Maé, en fait, n'était pas un enfant qui a été désiré. J'ai un parcours assez compliqué parce que j'ai une endométriose. Du coup, avec une grosse difficulté à tomber enceinte, j'avais fait ce deuil de ne jamais avoir d'enfant. Et puis un jour... Tu as fait le deuil ? Oui, oui. Moi, pour le coup, c'était vraiment un deuil parce que les médecins n'étaient pas vraiment optimistes sur le fait d'avoir une grossesse naturelle. Et je m'étais faite à l'idée de ne pas avoir d'enfant, finalement. Un peu par résilience et pas forcément l'envie non plus d'entamer un parcours PMA ou des choses de ce style. J'ai rencontré le géniteur de Maé en février. Une relation basée tout simplement, mais lui était déjà père de trois enfants. Et donc d'emblée, j'ai été très honnête en lui disant que je ne pourrais pas avoir d'enfant. Visiblement, lui, ça l'arrangeait parce qu'il en avait déjà trois. Et notre histoire a commencé comme ça, et par miracle. Si je puis dire, en fait, j'ai découvert ma grossesse en fin juin, début juillet 2020. Et là, ça a été le début d'un long parcours parce que le géniteur a décidé de ne pas assumer. Et je me suis retrouvée face à la question de, est-ce que je garde cet enfant qui finalement n'était pas voulu ? Et en même temps... Après rendez-vous avec un collège de médecins, on me dit que c'était peut-être ma seule chance d'avoir un enfant naturellement.
- Speaker #0
Tu avais 30 ans là, c'est ça ? Oui,
- Speaker #1
30 ans.
- Speaker #0
Toi, tu avais fait le deuil. Toi, tu t'étais dit, je n'aurai jamais d'enfant. Tu rencontres cet homme, la relation se déroule bien. Donc pas dans l'idée de projette d'enfant puisque de toute manière c'était clair dès le départ, puis lui il en avait et là bingo, hop tu tombes enceinte.
- Speaker #1
Et puis à savoir aussi que j'étais sous un contraceptif qui est un peu l'équivalent de la préménopause, c'est-à-dire en fait on avait un peu, pour me soulager de douleur que j'avais liée à l'endométriose, on m'avait donné un traitement pour justement bloquer un peu ce flux, donc il était techniquement pas possible. que je tombe enceinte. On n'a pas été plus prudents que ça, finalement.
- Speaker #0
Et en même temps, est-ce que ça me paraît un peu logique de ne pas avoir été plus prudent, puisque pour soi, ça avait fait le deuil.
- Speaker #1
Voilà, et puis étant donné que c'était vraiment pas possible.
- Speaker #0
Mais oui, on te dit... Il n'y avait aucun...
- Speaker #1
Voilà, d'un point de vue médical, en fait, c'était pas possible. Donc c'est vrai que... On s'est protégé les premiers temps, mais ça s'est vite arrêté finalement. Parce que voilà, moi, je ne voyais pas l'utilité, lui non plus.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as ressenti lorsque tu as appris cette grossesse ?
- Speaker #1
C'était très bizarre parce que je travaillais au CHU, donc au service maternité, au CHU de Rouen. Et ça faisait quelques jours que j'avais des nausées le matin. que je me sentais quand même extrêmement fatiguée et je sais pas, j'ai appelé une de mes collègues en lui disant écoute est-ce que tu crois que quand même faire un test de grossesse on sait jamais quoi et donc du coup je suis arrivée donc dans mon service un petit peu plus tôt avant ma prise de poste et ma collègue en fait m'a gentiment fait faire un premier test de grossesse qui s'est révélé tout de suite positif et au début ça a été Je crois qu'on est partis en fourrir parce que je lui ai dit que ce n'était pas possible. Ce n'était vraiment pas possible. Et on en a fait un autre, puis un autre. Et au bout de quatre, elle m'a dit, écoute, là, il faut quand même que tu sois consciente que si tu étais enceinte et vu comment ton test réagit, je pense que la grossesse était déjà bien installée. Donc, ça a été vraiment un gros coup de massue, cette annonce.
- Speaker #0
Et ensuite, comment ça s'est déroulé ?
- Speaker #1
Eh bien, j'ai tout de suite appelé ma meilleure amie en lui disant « Je suis en galère, restez polie. » Donc, je lui explique un peu, je préviens du coup le géniteur qui au début ne me croit pas du tout, pense que je lui fais une mauvaise blague. Et je m'agace un peu en lui disant « J'ai beaucoup d'humour, mais pas sur ça. » Là, on est vraiment face à un problème et il faut qu'on le résolve à deux. Et en fait, lui, tout de suite, me dit d'emblée, que de toute façon, il n'en veut pas et qu'il va falloir prendre une décision. Tout de suite ? Tout de suite. Je sens que dans son discours, il n'y aura pas d'alternative, il n'y aura pas de discussion possible à ce sujet. Il était très clair aussi dès le départ. Il était déjà très clair pour lui dès le départ, comme ça l'était pour moi aussi. Mais le fait que là, ça arrive, du coup, ça a remis pour moi tout en question. Je savais plus. Et après,
- Speaker #0
tu reprends un coup de massue à nouveau ?
- Speaker #1
Oui. Parce que je me dis là, en fait, c'est compliqué parce que j'avais un poste au CHU. Je n'étais pas vraiment en CDI, j'étais contractuelle. C'est-à-dire que mon contrat pouvait s'arrêter du jour au lendemain. Donc, je ne savais pas du tout comment me sortir de cette situation en me disant si j'annonce ma grossesse, ils ne vont pas me garder. Comment je vais l'annoncer à mes parents aussi, à mes proches et tout ça. Et puis, il y avait toujours cette question de... Est-ce qu'il va changer d'avis ? Est-ce qu'il va m'aider ? Est-ce qu'il va me soutenir ? Est-ce qu'il a dit ça sous le coup de la colère ? Plein de questions. J'ai eu de la chance parce que ma meilleure amie a été présente dès le premier jour. J'ai reçu le soutien inconditionnel de sa part. J'ai pris rendez-vous avec mon gynécologue obstétricien qui lui m'a dit, qui m'a exposé le fait que... C'était une recesse un peu miraculeuse, compte tenu de l'état de mon appareil reproducteur. En fait, c'était presque une chance finalement d'être tombée enceinte naturellement et aussi rapidement, parce que du coup, on était à peine 4 mois, 4-5 mois de relation. Ok,
- Speaker #0
c'était le début de la relation.
- Speaker #1
C'était vraiment le début de la relation. Donc, il a fallu...
- Speaker #0
Juste, j'ai une question par rapport à l'endométriose. Tu avais eu des interventions chirurgicales par rapport à l'endométriose auparavant ou pas du tout ?
- Speaker #1
Non, pas du tout, parce qu'à l'époque où on a commencé à m'en parler, en fait, ce n'était pas aussi développé qu'aujourd'hui, où on se lançait dans des batteries d'examen, tout ça. Et finalement, on posait le diagnostic d'endométriose sur des douleurs, des gènes et une absence de fertilité. Mais ça s'est arrêté là. J'ai été suivie par un gynécologue obstétricien, parce qu'on a des antécédents familiaux de cancer de col du luthérus, tout ça. Mais voilà, ça n'a jamais été beaucoup plus loin, un traitement pour soulager les douleurs, mais c'est tout, quoi. Et j'ai de la chance de ne pas être passée par une case opération.
- Speaker #0
Et donc, 4-5 mois de relation, bébé arrive tôt et pas prévu du tout.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Monsieur dit, moi, c'est très clair. Donc, il te propose un avortement ?
- Speaker #1
Oui, il propose l'avortement. Et il ne donne plus signe de vie, plus du tout. Donc il ne s'intéresse ni au parcours de santé que je suis en train de vivre, parce que du coup, mon chirurgien obstétricien voulait quand même s'assurer que la grossesse était viable. On avait aussi ce souci-là, qu'il était possible que la grossesse s'arrête de manière précoce. Donc il fallait prendre certaines dispositions. Et lui, en fait, se désintéresse totalement.
- Speaker #0
Il s'en va, il ne te soutient pas et toi tu vas traverser tu sais pas quoi et ça peut être très compliqué et il n'est pas soutenant et il s'en va.
- Speaker #1
C'est ça. C'est adorable,
- Speaker #0
pardon. Ah oui,
- Speaker #1
un vrai courageux. Un vrai courageux. Et en plus de ça, ce qui était hyper dur pour moi, c'est que du jour au lendemain, en fait, il a... changer de ce comportement un peu, comment dire, puillard, qui ne lui ressemblait pas du tout. C'était quand même un excellent papa, qui s'occupait très bien de ses enfants, avec un vrai esprit de famille, et toutes les caractéristiques finalement que je recherchais chez un homme. Et du jour au lendemain, je me retrouve avec le pire des mecs qu'on puisse imaginer. Donc ça, c'était très dur parce que je me suis rendu compte que finalement, ça a été cinq ans de l'heure sur cette vie amoureuse qui finalement n'a jamais compté pour lui. Cinq mois, pardon.
- Speaker #0
Cinq mois, oui. Je ne comprenais plus. Ok, oui, cinq mois.
- Speaker #1
Oui, oui,
- Speaker #0
oui. Cinq mois. Peut-être pas deux, en tout cas, ça lui convenait comme c'était. d'avoir juste ses enfants, toi, et puis c'était très bien comme ça. Il ne se retrouvait pas en difficulté, et toi, tu n'étais pas en difficulté, donc pendant ce temps-là, ça roule. C'est dans les détails aussi, on voit la réaction de la personne et est-ce qu'on peut compter sur elle ? Voilà, clairement,
- Speaker #1
non. Bon, là, c'était sûr que non.
- Speaker #0
Tu te reprends encore un coup sur la tête. Allez, boum !
- Speaker #1
Voilà. Waouh ! Là, il réapparaît. miraculeuse, sans crier gare en fait, fin août, début septembre, avec un message où il m'envoie juste en disant « écoute, si tu es disponible, on peut boire un café » . Alors, je n'avais pas de nouvelles, donc depuis l'annonce de la grossesse, je n'avais jamais eu de nouvelles de sa part. Donc moi, je me dis effectivement, j'avais mes collègues et mes copines qui me disaient « écoute, il a peut-être aussi besoin » . de digérer un peu cette nouvelle et peut-être qu'il va revenir en se disant que ça reste quand même le fruit de son travail. Il a le droit aussi de changer d'avis et d'avoir été un peu assommé par cette nouvelle. On se revoit une fois autour d'un café et là il me dit clairement qu'il a refait sa vie et que du coup il ne veut plus entendre parler de moi ni de cette process et ni de cet enfant. Donc là, finalement, c'était un peu l'ascenseur émotionnel, parce que je suis passée de « on va enfin pouvoir en discuter » , de toute façon ma décision a été prise, je gardais cet enfant, j'étais très limite sur le délai légal de l'avortement, quand j'ai découvert ma grossesse, il me restait à peine 15 jours pour prendre une décision, pour rester par rapport au cadre de la loi française. Donc la fin août, de toute façon, c'était déjà clair dans ma tête, plus ou moins. Et là en fait, lui m'annonce qu'il a refait sa vie et que tous mes maigres espoirs s'arrêtent là. Donc ça a été vraiment un ascenseur émotionnel pendant les trois premiers mois de ma grossesse. Ça a été ça. Donc très compliqué, très compliqué à vivre. Parce qu'en plus, il y a le regard aussi de la famille qui est quand même très inquiète de cette situation. Il y a le regard aussi de la société. Je me suis dit, mais en fait... Je me retrouve toute seule avec un enfant, son papa, quand il va grandir, comment je vais lui dire, comment je vais expliquer ça. Donc c'est beaucoup de questions auxquelles on n'a pas toujours les réponses et c'est vraiment pas facile. Surtout en début de grossesse, avec la montée des hormones, toute l'organisation que ça engendre. Moi je venais de rendre mon appartement. Du coup, je m'étais retrouvée un petit peu chez mes parents pour me refaire une petite santé financière. Finalement, j'arrive avec tous mes animaux et une grossesse qui n'est pas du tout prévue. Donc, il faut trouver un logement très rapidement.
- Speaker #0
Tu as combien d'animaux ?
- Speaker #1
À l'époque, j'avais trois Ausha et un chien.
- Speaker #0
Wow ! Tout attribué !
- Speaker #1
Tout ça ! Donc, oui, ça a été... Donc, revenir chez papa-maman avec une ménagerie et un bébé à naître, ça a été un peu compliqué pour eux. Et puis toute l'inquiétude des parents aussi, de savoir que je vais être maman célibataire, avec un emploi qui est au statut un peu précaire, parce que du jour au lendemain, mon contrat pouvait s'arrêter au CHU. Donc pour eux aussi, ça a été difficile, je pense.
- Speaker #0
Et donc finalement tu décides de garder sa grossesse, j'ai entendu que tu étais encore dans l'indécision quand il t'a dit « écoute j'ai rencontré quelqu'un d'autre » . Il te restait 15 jours encore si tu souhaitais avorter et tu ne savais pas encore si tu le gardais ou pas. Qu'est-ce qui a fait que tu t'es dit « si je le garde » .
- Speaker #1
Il m'a vraiment aidée à prendre la décision. Donc quand j'ai découvert ma grossesse, il me restait début juillet, j'étais déjà quasiment neuf semaines améliorée, donc fin août c'était déjà fini. Mais la vraie question que je me suis posée, c'était avec mon chirurgien obstétricien, et c'est la réflexion qu'il m'a faite en me disant qu'il ne faudrait pas avoir de regrets plus tard, parce que là, en fait... si je fais une intervention pour un avortement, si ça se passe mal, je vais être obligée de tout enlever. Donc, c'était très compliqué, parce que j'avais vraiment l'impression de jouer un peu à la roulette. C'est-à-dire que, ouais, voilà. C'est que soit, effectivement, j'assumais le rôle de mère célibataire, soit je prenais le risque, en fait, que l'intervention soit un peu plus compliquée qu'une intervention... lambda, si je puis dire, et de perdre toutes mes chances derrière de pouvoir un jour avoir un enfant. Donc, j'ai...
- Speaker #0
Des questions à prendre rapidement et qui vont chambouler toute ta vie d'un côté ou de l'autre et éradiquer.
- Speaker #1
Oui, oui. Donc, on prend des conseils un peu à droite et à gauche. J'en ai beaucoup parlé avec ma meilleure amie Fanny. qui elle a toujours été un peu la voix de la raison pour moi et elle m'a dit écoute réfléchis bien, quoi qu'il se passe je te soutiendrai dans ton choix mais sache que c'est peut-être aussi ta seule chance d'être maman aujourd'hui. Donc finalement je pense que c'était comme une évidence que cet enfant devait naître. Il n'est pas arrivé. Voilà. Je le vois comme ça.
- Speaker #0
Mais ce bébé, cette petite âme, cette croyance-là, c'était miraculeux. Il ne devait pas être là. Personne ne pensait que c'était possible. Finalement, il est là et il s'installe.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et tu décides de le garder.
- Speaker #1
Oui. Après, il a fallu annoncer. à mon travail en fait, que du coup ma grossesse, cette grossesse, qui a été quand même extrêmement difficile à cacher dans le sens où j'ai été malade du début à la fin. Et du coup, je fais partie en fait des femmes qui sont vomi. Donc j'ai vomi en fait tout au long de ma grossesse.
- Speaker #0
C'était l'hyper-MS gravidique ? Oui. Avec des hydratations, tu as dû être hospitalisée ?
- Speaker #1
Alors non, je n'ai pas été à ce stade, mais je me sentais vraiment extrêmement fatiguée. J'ai eu aussi le Covid. parce que du coup on est tombé un peu dans cette période-là. Et puis toute cette angoisse finalement qui ne m'a jamais quitté. Est-ce que je vais mener ma grossesse à terme ? Est-ce que... En fait, les moindres petits problèmes prenaient des ampleurs émotionnelles de mon côté. Et en plus, comme je travaillais en maternité, je voyais tellement de choses plus ou moins... difficile avec des bébés nés avec des malformations, que du coup, ça tournait presque à l'obsession chez moi. C'était vraiment très pesant, en fait, finalement, de travailler en maternité pendant ma grossesse parce que dès que j'entendais une histoire un petit peu particulière, j'avais vraiment l'impression que ça pouvait potentiellement, moi aussi, m'arriver.
- Speaker #0
Tu étais suivie pour ta grossesse au CHU où tu travailles ?
- Speaker #1
Oui, j'ai fait le choix. d'être suivie par mes collègues parce que j'avais ce climat de confiance finalement qui était installé avec les filles avec qui je travaillais. Et puis, elles me donnaient toujours des petits conseils. Elles me rassuraient beaucoup sur ma grossesse quand j'étais vraiment angoissée. J'avais des questions, elles ont toujours été très bienveillantes avec moi. Donc, ça me paraissait évident d'accoucher au CHU. Et puis du coup, j'avais ce sentiment d'être moins seule, de me sentir moins seule, parce que tous les jours, finalement, j'étais soutenue par mes collègues, et tous les jours, on me demandait si ça allait, tous les jours, on me demandait si bébé se portait bien, tout ça. Donc finalement, ça avait un côté...
- Speaker #0
Libération.
- Speaker #1
Voilà. Angoissant sur le plan professionnel, mais très rassurant sur le plan émotionnel, parce qu'elles étaient toujours là pour dédramatiser des situations auxquelles... auxquelles je pensais.
- Speaker #0
Et malgré ces vomissements tout au long de la grossesse qui sont très fatigants, c'est quand même très dur, c'est très pénible à vivre. Tu n'as pas été arrêtée du tout ?
- Speaker #1
Alors, je me suis arrêtée. J'ai continué à travailler jusqu'à sept mois et demi de grossesse. Et après, en fait, comme j'ai... J'ai attrapé le Covid et du coup c'est ma cadre de santé qui m'a dit écoute là il faut arrêter, je ne veux plus te revoir jusqu'à temps que tu accouches. Et donc du coup je suis passée en fait, elle m'a mis en arrêt maladie pour que je puisse me reposer. Je commençais à avoir des contractions qui étaient quand même assez douloureuses avec un col qui était modifié. et mon accouchement était prévu entre mi-février. Donc, elle m'a gentiment renvoyée chez moi pour que je me repose. Et j'ai accouché le 11 janvier avec un petit peu plus de trois semaines d'avance. Donc, tout va bien.
- Speaker #0
Et donc, à partir du moment où elle te renvoie gentiment chez toi, tu retournes chez tes parents.
- Speaker #1
Entre temps, j'avais trouvé une petite maison dans mon secteur, donc du côté d'Ivto, à 5 minutes de chez ma meilleure amie. Donc, c'était vraiment l'idéal. Parce que du coup, c'était convenu que ce soit elle qui m'accompagne au rendez-vous médicaux et surtout à l'accouchement, bien évidemment. Parce que je ne voulais pas accoucher toute seule.
- Speaker #0
Elle est soignante également ?
- Speaker #1
Elle est soignante, oui. Alors elle travaille, elle, dans un domaine un peu différent. À l'époque, elle était aide-soignante dans une structure qui accueillait des personnes adultes avec de lourds handicaps. Mais voilà, on a fait nos études ensemble, ça fait plus de 15 ans qu'on se connaît, donc il y avait tout un passif amical entre nous.
- Speaker #0
D'accord. Donc tu as ta petite maison.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu finis ta grossesse tranquillement. Dans cet endroit. Bébé arrive.
- Speaker #1
Bébé arrive. Donc, le 11 janvier. Je contractais déjà énormément tout le mois de décembre. Je faisais beaucoup d'allers-retours à la maternité parce que j'avais des douleurs. Je ne savais pas trop si c'était des contractions de travail. Il y a des fois aussi, je montais en fièvre. Je ne sentais plus trop m'aller bouger. Mais finalement... Ça faisait partie de ces angoisses qui m'ont un peu gâché ma grossesse. Pour que vous...
- Speaker #0
Oui, le Covid aussi. Oui,
- Speaker #1
il y a des Covid. J'ai pas eu un Covid grave, mais j'ai eu du mal à m'en débarrasser quand même. Ce qui fait que je suis restée quand même très très longtemps fatiguée et épuisée par cette grossesse et ce Covid qui était... Et les vomissements. Et les vomissements qui n'arrangeaient rien dans tout ça. Donc Maë, en fait, pointe le bout de son nez le 11 janvier. dans la nuit du dimanche au lundi. Le dimanche, j'étais extrêmement fatiguée et je décide d'aller me coucher. En me couchant, je me rends compte que je suis sur la poche. Et là je me dis, je vais me diriger tranquillement vers la maternité. Je préviens Fanny qui s'organise parce qu'elle a trois enfants aussi. Elle me fait garder ses enfants, vient me chercher à la maison. Le trajet entre chez moi et la maternité, une horreur, parce que du coup, je ne fais que vomir. On avait 30 minutes de route. Les 30 minutes les plus longues de tout le trajet. Et puis, des contractions vraiment très pénibles, vraiment douloureuses. avec quoi je n'arrivais vraiment pas à gérer la douleur. Donc j'arrive à la maternité, je tombe sur une sage-femme qui est un peu de la vieille école, qui décide de me faire marcher absolument pour faire avancer le travail, qui refuse dans un premier temps de me poser la péridurale. Du coup, je me vexe un peu en lui disant que là, je souffre vraiment et que de toute façon, je finirai par avoir la péridurale. Et finalement, elle me la pose et je suis quasiment à 6,5-7 cm de dilatation. Donc, j'ai fait un gros travail toute seule avec Fanny qui me soutient, qui essaye du mieux qu'elle peut. Elle a trois enfants, elle sait ce que c'est. Mais voilà, ce n'était vraiment pas un bon moment. Et après cette pause de péridural, je me suis sentie comme libérée. Et Maë est arrivée quelque part. peut-être une heure ou deux après quoi. Donc ça a été un travail très rapide et très efficace. Super.
- Speaker #0
Et cette rencontre avec Maë, toute première rencontre ?
- Speaker #1
C'était rempli d'émotions, vraiment. Et puis j'avais plein d'admiration parce que je me suis dit, je l'ai fait en fait, j'ai réussi. C'était vraiment une belle rencontre. J'ai eu des complications à l'accouchement. J'ai fait ce qu'on appelle une brèche, c'est-à-dire à la pose de la péridurale, il y a un petit trou qui s'est formé. Et donc du coup, nos premiers jours avec Maë ont été extrêmement compliqués, dans le sens où je n'étais pas capable de m'occuper de lui, parce qu'il y a la position assise. me donnaient des migraines horribles et du coup je ne pouvais pas rester debout. Et au CHU, ils ont mis du temps à mettre un diagnostic, ce qui fait que je suis restée 5 jours quand même en état un peu de souffrance. Donc ça a été compliqué parce que du coup ce n'était pas... Je ne l'ai pas très bien vécu parce qu'en plus de ça, je voulais allaiter. L'allaitement s'est très mal passé. Je n'ai pas pu aller. Tu ne pouvais pas non plus ? Je ne pouvais pas non plus. Il y avait la fatigue aussi. Tu étais douloureuse.
- Speaker #0
Et puis, c'était les hormones. Et tu ne peux pas prendre la position que tu as envie. La culpabilité de ne pas pouvoir prendre ton bébé,
- Speaker #1
te donner à manger.
- Speaker #0
Toi, tu disais, c'est le bordel dans la tête.
- Speaker #1
C'est ça. Donc, ça a été cinq jours difficiles. Et puis, après, j'ai été reprise au bloc opératoire et tout est rentré dans l'ordre de la journée. Mais c'est vrai que ce n'était pas la rencontre que j'avais espérée avec toute l'idée, peut-être un peu trop idéalisée aussi, sur ce que j'aurais voulu faire. Mais bon.
- Speaker #0
Mais c'est important de le dire, ça ne se passe pas toujours comme on l'avait rêvé, imaginé.
- Speaker #1
Non, non. Je pense qu'il faut être préparé aussi à un plan de secours. Moi, je tenais vraiment à mon allaitement. Et finalement, j'étais de biberon, je ne m'étais pas renseignée sur le livre.
- Speaker #0
J'étais vraiment partie pour un allaitement exclusif et finalement je me suis retrouvée un peu devant le fait accompli avec des conseils qui ont été donnés à la maternité. Et du coup je me suis retrouvée à nourrir Maë avec du lait artificiel. Donc il a fallu aussi faire un peu le deuil de cet allaitement que je ne pouvais pas faire.
- Speaker #1
C'est exactement ça, on doit faire le deuil vraiment. je me souviens j'ai une autre histoire mais j'ai pas pu l'allaiter non plus ça a été terrible parce que j'ai toujours imaginé pouvoir l'allaiter j'avais acheté des vêtements exprès pour pouvoir quitter au vert etc et je me suis dit mince en fait ça va pas me servir et je peux pas je peux pas nourrir mon enfant en fait naturellement ça a été difficile donc je comprends complètement c'est d'ailleurs que tu dois faire que t'as pas imaginé et puis j'avais aussi ce sentiment ...
- Speaker #0
que le fait d'allaiter Maëlle, ça me donnait un petit peu de crédit sur le fait que je n'étais pas une mauvaise maman. Et là, du coup, le fait d'être obligée de passer au biberon, je me suis dit, en fait, une fois de plus, je vais devoir... On va me prendre pour une mauvaise mère parce que je ne veux pas l'allaiter. Moi, j'étais vraiment sur ce point où c'était vraiment très difficile pour moi parce que j'avais... Encore une fois, l'impression d'être une mauvaise mère.
- Speaker #1
Tu avais l'impression d'être une mauvaise maman.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
De devoir justifier à chaque fois que tu pouvais être une bonne maman.
- Speaker #0
Oui. Même encore aujourd'hui, Maï va prendre 4 ans au mois de janvier, même encore aujourd'hui, sur certaines prises de décision, je ne me sens pas toujours légitime de ce qui se passe. J'ai toujours l'impression de devoir rendre des comptes ou de devoir me bustifier. sur ce que je fais pour lui ou avec lui. Et ça c'est difficile quand on est maman solo parce qu'on a ce poids de culpabilité qui finalement reste toujours un peu au dessus de nos têtes avec cette société qui est toujours un peu jugante et c'est vraiment difficile je trouve.
- Speaker #1
Alors dans ces cas là, on revient à toi, tu te poses les bonnes questions et tu sais ce qui est bon pour ton fils et pour toi c'est d'apprendre aussi à se faire confiance. Et de s'extraire du regard de la société, c'est certes difficile, mais à l'intérieur de toi, tu es maman.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et une bonne maman, et qui s'inquiète pour son fils, et qui a envie de lui donner le meilleur.
- Speaker #0
Oui, après je me dis, aujourd'hui j'en ai fait mon métier, je suis accompagnante périnatale, donc je milite plus ou moins en fait pour que les femmes puissent... se sortir un peu de ce regard notamment face à l'allaitement et Ausha qu'on fait pour nos enfants donc c'est vrai que sur le plan personnel c'est toujours un peu délicat en fait de se remettre en question, c'est toujours plus facile je pense,
- Speaker #1
de donner des conseils aux enfants pour les appliquer à leur âme ce sont les cordonniers les plus mal chaussés c'est exactement ça Mais je te rejoins complètement sur, je ne suis pas non plus dans un militantisme extrême, mais aussi pour sortir des dictats de la société et que oui, on a le droit d'être maman solo, d'être papa solo et ça peut aussi bien aller.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et qu'on n'est pas obligé de rentrer dans les cases hétéronormatives du couple idéalisé, de la maison et du chien et de la voiture. Non, ça peut être autrement. Et de sortir de ça, c'est important aussi, parce qu'on est nombreuses et nombreux à le vivre. Donc c'est l'idée du podcast aussi derrière.
- Speaker #0
C'est une bonne chose.
- Speaker #1
Alors pour revenir sur les cinq premiers jours à la maternité compliqués, tous qui reprennent au bloc opératoire la brèche, ça se passe bien,
- Speaker #0
et ensuite ? Ensuite, je rencontre... La psychologue du service, en fait, parce que du coup, mes collègues ont un peu sonné la sonnette d'alarme, si je puis dire, parce qu'effectivement, je passe beaucoup de temps à pleurer. Alors, ce qu'on appelle le baby blues, jusque-là, il n'y avait rien d'inquiétant. Et en même temps, elles savent le parcours que j'ai eu un peu sur toutes ces angoisses qui m'ont un peu gâché ma grossesse. Et donc, du coup, je rencontre cette fameuse... psychologue du service, et on entame un suivi ensemble pour essayer justement de... de passer un peu ce cap. Je rentre à la maison, c'est mon papa qui vient me chercher, qui me ramène chez eux le premier jour. Et moi, je repars chez moi juste après la naissance. Je pense qu'à ce moment-là, j'aurais peut-être dû rester un petit peu plus chez mes parents pour avoir le soutien. qu'une maman doit avoir sur les premières semaines de vie. Et en fait, me retrouver toute seule avec mon bébé à dix jours de la naissance, ça a été compliqué parce que moralement j'étais encore très fragile et je me suis un peu isolée, seule. Je me suis retrouvée un peu seule face à moi-même et à toutes les problématiques qu'une jeune maman rencontre avec un nouveau-méné. Maé avait un gros reflux gastrique qui faisait qu'il passait la plupart de ses nuits à hurler, à pleurer parce qu'il était vraiment très inconfortable. Il dormait assis sur moi, allongé sur moi et moi du coup je dormais assise parce que du coup la position allongée en fait était impossible pour lui donc il fallait vraiment qu'il soit à la verticale. Donc je passe des nuits courtes et extrêmement compliquées, rythmées de pleurs et de biberons qui sont extrêmement rapprochées. Je dors quasiment pas ou peu. Et ça, je pense que ça fait partie des choses auxquelles j'aimerais pas le revivre. Je pense que j'aurais dû, à ce moment-là, demander de l'aide à ma famille. peut-être pas vu, eux, la difficulté d'avoir un nourrisson toute seule. Donc, les trois premiers mois ont été très, très durs, pour moi. Jusqu'à temps qu'ils soient mis sous un traitement et qu'on puisse enfin le soulager. Ouais, qu'on puisse enfin le soulager.
- Speaker #1
Il ne faut pas hésiter, quand ça arrive, à aller voir le pédiatre. à suspecter qu'il y a un reflux gastro-osophagien et à pouvoir le traiter parce que c'est douloureux pour tout le monde et c'est vraiment vraiment long et compliqué c'est ça et puis je tiens à dire aussi qu'il faut en
- Speaker #0
tant que maman insister parce que moi je l'ai toujours senti qu'il y avait quelque chose justement à ce niveau là il rapprochait trop les biberons je fais partie du du milieu aussi et j'avais l'impression de ne pas être entendue qu'on me disait oui mais non c'est les heures du soir et en fait c'est hyper frustrant parce que nous en tant que maman on sait qu'il y a quelque chose et en fait en sas on se retrouve, on parle à un mur et voilà et il y a une fois où j'ai appelé une de mes collègues en pleine nuit il m'est arrivé un petit une petite galère, mon sèche-linge a pris feu. Je suis là dix jours, je m'en rappelle. Le sèche-linge prend feu, le disjoncteur se coupe. Heureusement, fort heureusement, l'installation électrique de la maison que j'avais prise était plus ou moins aux normes. Et donc du coup, je me retrouve à faire une grosse crise d'angoisse avec un bébé de dix jours. qui lui ne comprend pas du tout ce qui se passe et continue à hurler comme à son habitude. Et en fait, je me vois envoyer un message à une de mes très chères collègues avec qui je travaille en binôme. Et de suite, elle me propose de venir chez elle pour passer la nuit et que je puisse me reposer. Et je pense que je ne la remercierai jamais assez parce que cette main tendue m'a vraiment sauvée. une nuit, parce que j'étais vraiment à bout, non pas parce que le sèche-linge venait de prendre feu, je pense que c'était juste l'accumulation du manque de sommeil des dix derniers jours, mais c'est juste de se dire, bon, elle va m'aider, je me suis sentie vraiment moins seule ce jour-là.
- Speaker #1
L'épaulé, oui, il est là, ton visage, il se détend tout de suite, il te retrouve le sourire. Donc merci à ce sèche-linge d'avoir exp... explosé quelque part comme si j'étais à la place. Dire stop j'en peux plus.
- Speaker #0
Fais ça.
- Speaker #1
Ok j'appelle à l'aide, c'est bon j'ai compris. Fais ça. Ouais et puis t'appelles à l'aide et on te tend la main et cette main qui est tellement salvatrice à ce moment-là, t'en avais tellement besoin.
- Speaker #0
Oui, il y a une chose à dire, c'est que vraiment, quand on arrive au bout, il ne faut pas hésiter, même avant d'arriver au bout, il faut vraiment sonner.
- Speaker #1
Oui, de ne pas attendre d'arriver au bout du bout du bout pour demander de l'aide, de pouvoir le demander même régulièrement et même après quand le bébé grandit. régulièrement, de pouvoir souffler, ne pas que ça explose. Et puis, s'écouter. Et exactement ce que tu disais, on a cette espèce de... On sait, en tant que maman, des fois, des choses, tu ne peux pas expliquer pourquoi, mais tu me sais. Et quand il y a un problème, tu me sais. Et c'est vrai que quand on est soignant, qu'on est face à d'autres collègues soignants, ils ne nous écoutent pas. Et là, on est juste en tant que maman. On reçoit aussi nos collègues en face de nous qui ne nous entendent pas. Il y a un truc assez particulier qui se passe. Et on enjeu tombe et rentre dans l'arbre. En fait, si, il y a quelque chose qui ne va pas.
- Speaker #0
C'est ça. C'est exactement ça. C'est ce sentiment, en plus d'être impuissante, parce que moi, je le voyais vraiment inconfortable. Et c'était à chaque prise de biberon. C'était après les biberons. Et j'avais beau... faire plein de choses, en fait, ça n'allait jamais. Donc oui, non, c'était très pénible. Donc les mois passent.
- Speaker #1
Le traitement est mis en place, oui.
- Speaker #0
Le traitement est mis en place, les mois passent. Je finis par arrêter de dire au travail, quand je reprends mon activité, à Maïa, six semaines. parce que j'ai tellement peur, en fait, encore une fois, que le CHU ne me rappelle pas que je décide de mettre un terme à mon congé maternité. Donc, je trouve une nourrice qui veut bien me prendre ma haie un petit peu avant ces deux mois et demi, aussi pour des raisons financières, parce que finalement, financièrement, c'était extrêmement compliqué pour moi. Donc, j'avais un choix crucial à faire, c'est-à-dire qu'il fallait absolument que je sauvegarde mon emploi, mais aussi... qu'on puisse vivre tous les deux. Donc je décide de revenir au travail. Et au travail, je ne tombe pas forcément que sur des remarques qui sont bienveillantes, parce que Maë dort toujours avec moi, qu'on fait du co-sleeping, c'est-à-dire qu'il dort sur moi parce qu'il n'y a que ça qui le soulage. Et je me retrouve face à des réflexions en disant… « Oh, ben c'est pas bien, c'est des mauvaises habitudes, il peut pas s'habituer » . C'est tout un tas de damneries, en restant polie, qui me martèlent un peu la tête à longueur de journée par mes collègues, qui sont toutes aide-soignants, puricultrices, et qui travaillent en maternité. Donc je me dis que c'est complètement aberrant de me dire ça. Alors qu'on travaille avec des nouveaux-nés et que le lien maternel, en fait, il est quand même au cœur de notre métier. Donc, à la fin, je finis par dire oui, Maë dort dans son lit, Maë dort dans sa chambre et Maë va bien. Voilà, parce que j'ai envie un peu qu'on me foute la paix avec ces jugements et puis le regard des autres aussi. On n'arrête pas de me poser la question, est-ce que papa est revenu ? Est-ce que j'ai des nouvelles ? Alors que moi, j'ai tout ce que je veux.
- Speaker #1
Ah oui,
- Speaker #0
ouais. C'était très pesant pour moi. Toutes ces questions que je sentais un peu intrusives, qui me mettaient vraiment mal à l'aise parce que je ne savais pas quoi répondre. La réponse était non, il n'a pas réapparu. Et non, il ne veut pas m'entendre parler. Et du coup, je n'avais pas plus de réponses que ça. Et j'avais surtout envie qu'on me foute la paix avec ça. Je commence, je pense que... Avec la psychologue, elle parlait de phases de deuil qu'il fallait entamer. Et c'était déjà très compliqué pour moi de faire la démarche. En plus de ça, j'avais l'impression que ça allait me poursuivre tout le temps. Que tout le temps, j'allais être victime des stigmates de la maman solo qui galère avec son enfant.
- Speaker #1
On te le renvoyait à chaque fois aussi ?
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Oui, c'était ça. C'est-à-dire que j'étais plus Charlène. J'étais vraiment... Ah bah oui, elle est toute seule avec son fils. Le père, il s'est barré. Voilà. En fait, j'étais résumée à ça. Elle galère avec son fils. Elle est toute seule. Il n'y a pas de papa. Et du coup, c'était... Je suis toujours dans cet état d'esprit un peu faible parce que je n'arrive pas à monter la pente, parce que j'ai l'impression que tout est compliqué au quotidien. Et en plus de ça, je me sens un peu acculée tout le temps de remarques qui, en soi, ce n'est pas qu'elles sont faites pour faire du mal, mais elles ne sont pas bienveillantes.
- Speaker #1
Est-ce que tu pourrais leur dire ce que toi, ça te fait ? Je vais leur dire juste les filles, là. J'ai plus besoin d'entendre ça, j'ai besoin de votre soutien. J'ai besoin d'autre chose, en fait. Est-ce que ce serait possible ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, je pense que je me laisserais moins faire. Je mettrais un stop là où il faudrait. À l'époque, je n'ai pas dû, parce que je ne voulais pas rencontrer un conflit. Et finalement, je me suis dit qu'au bout d'un moment, ça va passer. Elles vont se lasser de petits... ... de ce que maintenant j'appelle des comérages, c'est-à-dire que j'étais un peu le sujet qui revient. Ah,
- Speaker #1
ça va être, bien sûr.
- Speaker #0
Et après, je ne leur en veux pas. Je ne leur en veux pas non plus parce que pour certaines, et je dirais dans plus des trois quarts de mes collègues, il n'y avait rien de méchant. Je pense qu'elles étaient surtout très inquiètes et que c'était juste mal formulé ou un peu déplacé pour certaines. Mais c'était surtout peut-être une phase d'inquiétude.
- Speaker #1
Et pour toi, ça se répétait. Plusieurs personnes, parce que dans les équipes, pour ceux qui ne connaissent pas forcément le fonctionnement des hôpitaux, les équipes sont grandes. Et il y a beaucoup de monde dans une équipe de jour, de nuit. On croise énormément de collègues.
- Speaker #0
C'est ça. Et puis, je pense qu'il y a le fait aussi qu'inconsciemment, elles étaient autant investies que moi dans cette grossesse. Le fait de la partager. avec l'avis du service, d'être suivies au CHU, finalement, elles sont rentrées, enfin, je les ai un peu laissées rentrer dans mon intimité parce qu'à ce moment-là, j'avais besoin du soutien et que du coup, à mon retour de congé, c'était quand même difficile de les évinceler alors qu'elles avaient été présentes avant. Donc voilà, aujourd'hui, je ferai les choses différemment. Je me protégerai un petit peu plus.
- Speaker #1
Tu en parles au futur ? Dans le présent, là, c'est comment ?
- Speaker #0
Alors, j'ai quitté le CHU, donc il y a deux ans et demi maintenant, pour la simple et bonne raison, en fait, que Maé a enchaîné les problèmes de santé sur le plan respiratoire, donc avec beaucoup de bronchiolites qui se sont transformés avec des grosses crises d'asthme, et que du coup, en fait, on a enchaîné les hospitalisations. presque tous les mois. Donc tous les mois, j'étais obligée de m'absenter du service pour la compagnie aux urgences qui finissait sous oxygène. Donc ça a été très lourd. Parce qu'une fois de plus, on me remettait face au fait que j'étais maman solo et qu'au bout d'un moment, la hiérarchie a soulevé le problème que je désorganisais la vie du service avec mes absences. Donc, c'était difficile parce que moi, j'ai toujours été dévouée à mon travail. J'ai toujours fait en sorte, en fait, que ça n'impacte pas ma vie perso. Là, je me retrouve face à une direction qui me dit qu'il faut prendre une décision. Il faut trouver une solution pour que mes absences ne soient plus aussi fréquentes, même si… elle concerne l'état de santé de mon fils. Et en fait, je craque, je craque et je décide en fait de ne pas renouveler mon contrat et d'arrêter l'aventure à la maternité.
- Speaker #1
Vous avez réfléchi à ça auparavant ?
- Speaker #0
Non, ça n'a jamais été une éventualité. Pour moi, en fait, il fallait absolument que je travaille. Il fallait absolument que je nourrisse. Mon fils, j'avais des factures à payer, donc ça n'a jamais été une option d'arrêter de travailler. Et puis, il y a plein de petites galères qui sont venues s'ajouter. La nourrice qui ne peut pas prendre ma haie. J'en trouve une autre qui me plante du jour au lendemain. Les hospitalisations. La direction me dit, c'est pas possible d'être absente tous les un mois et demi pendant une semaine. Ton fils, il est pris en charge, tu peux quand même venir travailler. Il est dans le bâtiment à côté. Et donc, au bout d'un moment, je me retrouve une fois de plus, en fait, désemparée face à tout ça. Et je me dis, mais en fait... J'en peux plus de me battre tout le temps contre vents et marées. Et du coup, c'est une décision qui n'a été finalement pas si difficile que ça à prendre. C'est juste qu'à ce moment-là, pour moi, il n'y avait pas d'autre solution que d'arrêter de travailler. Je me disais, en fait, je ne sais pas quoi faire de plus pour faire entendre que...
- Speaker #1
Et ce n'est pas entendu.
- Speaker #0
Voilà, et ce n'est pas entendu. Donc, du coup, j'envoie un mail à la cadre en me disant, écoutez, je n'ai pas de solution de manière pérenne. Je préfère arrêter mon contrat, ne pas le renouveler. Et du coup, ça a été reclassé comme une démission. Et voilà.
- Speaker #1
OK. Et financièrement, ensuite ?
- Speaker #0
Financièrement, du coup, c'est un peu… un peu compliqué mais comme depuis le début finalement donc ça a été juste la goutte d'eau qui s'est rajoutée à une tasse qui était déjà bien remplie donc je suis restée quatre mois sans salaire donc à me débrouiller un peu comme je le pouvais en fait pour assurer les factures et tout ça j'ai eu le soutien en fait de ma copine Fanny de quelques amis aussi qui m'ont aidé en fait à faire deux trois courses des choses comme ça Et puis le chômage est quand même arrivé, avec la lenteur de l'administration française qu'on connaît bien. Quatre mois après, je touche le chômage. Et là, la situation commence un peu à se décanter. Je réfléchis à ce que je peux faire sur le plan professionnel, parce que je ne me vois pas rester à la maison non plus. Je pense que ce n'est pas une solution qui est envisagée pour moi, dans le sens où j'ai quand même besoin. de maintenir un lien social. C'est un peu un dilemme, parce que je veux préserver mon fils et rester disponible pour lui, tout en gagnant ma vie. Donc, je réfléchis, je réfléchis à ça, et je décide de me lancer à mon compte en tant qu'accompagnante périnatale. Donc, j'entame des formations, la recherche d'un local, l'achat du matériel et tout ça. Et je suis aujourd'hui complètement épanouie, pas sortie de la galère financière parce que c'est toujours un peu compliqué d'être à son compte. Mais par contre, j'ai cette liberté de pouvoir m'occuper de Maé et de gérer mon temps de travail et son temps perso beaucoup mieux que quand j'étais salariée, tout simplement.
- Speaker #1
Gagnant liberté,
- Speaker #0
flexibilité. C'est ça.
- Speaker #1
Et quand il y a des problèmes de santé, on peut être plus facilement présente. Si on a des rendez-vous, on peut les décaler, mais on n'a pas cette pression de la hiérarchie derrière qui va nous faire culpabiliser parce qu'on n'est pas présente. Non, on peut gérer différemment. Et ça fait du bien au cerveau. Oui,
- Speaker #0
complètement. Je me sens, il y a mon compte depuis peu, mais j'ai quand même cette aisance de me dire, si l'école m'aille rentrer à l'école au mois de septembre, C'est vraiment une source d'angoisse pour moi, parce qu'avec ces petits problèmes de santé, je me dis, en fait, si l'école m'appelle, il faut que je sois disponible. Si ça ne m'appelle, il faut que je puisse aller le chercher. Et aujourd'hui, je me dis, mais en fait, je suis à mon compte. Je n'ai pas besoin de rendre des comptes à un employeur en lui disant, écoute, je m'absente, parce que l'école vient de m'appeler, et Maë va pas bien, il faut que j'aille le chercher. Aujourd'hui, j'ai cette aisance, et ça fait vraiment du bien, parce que... Je me sens moins bridée sur mes agissements.
- Speaker #1
Et tu te sens comment en tant que maman, une femme aujourd'hui, dans cette nouvelle vie ?
- Speaker #0
Je me sens un peu plus sereine face à l'avenir, parce que Maël grandit, parce qu'il gagne aussi en autonomie, et parce qu'il me fait terriblement sourire. Tout le temps, c'est un clown, donc il met toujours... Il met toujours les petits rayons de soleil, même si parfois la vie est toujours un peu plus triste. Et en fait, j'ai juste à le regarder. J'ai vraiment de la chance, et c'était vraiment une de mes craintes pendant toute la grossesse, c'était de vivre avec le visage de son géniteur. Et j'ai eu une chance merveilleuse, c'est qu'en fait, il me ressemble comme deux gouttes d'eau. C'est vraiment mon portrait craché, et ça, tout le monde me le dit. Alors un peu plus sur le caractère et c'est bien dommage, mais à côté de ça, je joue avec mon reflet H24 et j'ai de la chance vraiment parce qu'il m'apporte énormément. dans la vie. Je me sens vraiment très confiante sur l'avenir et vraiment soulagée que tout se passe, reprenne un peu son cours dans des situations qui deviennent un peu normales finalement.
- Speaker #1
Moins chaotiques.
- Speaker #0
J'ai construit mon équilibre, on a une routine tous les deux, on a des habitudes et du coup... Ça, ça a été très long à mettre en place, mais en même temps, c'est ce qui fait un peu notre force à tous les deux. C'est-à-dire que notre quotidien est rythmé par ce petit problème d'asthme. Et en même temps, ça nous fait tellement du bien parce que ça nous raccroche aussi inconsciemment. Parce qu'il a besoin de moi et moi j'ai besoin de lui. Et du coup, quand on est séparés un peu trop longtemps... Et bien, il me manque terriblement. Moi, la rentrée à l'école, ça a été une autre épreuve pour moi parce que j'ai plus pleuré que lui. Et lui m'a regardée, il m'a dit, mais ne pleure pas, maman. Je suis là, je suis un grand garçon maintenant. Et je me dis, mais en fait, il a raison. Et en fait, lui, il me fait grandir et moi, je l'aide à grandir. et à évoluer.
- Speaker #1
Ça va dans un émutable sens.
- Speaker #0
C'est formidable.
- Speaker #1
C'est comment on se découvre aussi en tant que parents et comment on grandit en même temps qu'eux et quand ça ne va pas, hop, on s'écheveut. C'est l'âme. On voit ces petits bonhommes et petites filles qui ont le smile et qui vont se mettre à danser et qui vont faire des trucs et qui vont avoir des réflexions complètement sorties de nulle part. Et d'un coup, il y a quelque chose qui s'allume. ça fait tellement du bien et c'est instantané c'est authentique,
- Speaker #0
c'est tous les jours et ça c'est un vrai bonheur ça pour rien au monde je changerais mon quotidien parce que il m'a fait cette grossesse et cet enfant il m'a vraiment fait grandir finalement j'ai pris en maturité, en réflexion tous les jours il m'apprend il m'apprend à à mieux gérer ma peine, à mieux gérer aussi les... Quand je me sens un peu dépassée et que je suis un peu agacée, tout de suite, en fait, il me remet un peu les pieds sur terre en me disant, moi, maman, je t'aime. Et en fait, ça, c'est... Je me dis, mais oui, mais en fait, je m'agace parce que j'ai oublié un pack de lait au cours ou que je me suis trompée sur la recette. Et en fait, lui, il s'en fiche de tout ça, finalement. Et du coup, ça permet, voilà, de relativiser sur... plein de choses.
- Speaker #1
Une autre question, est-ce que là tu es toujours accompagnée par la psychologue ?
- Speaker #0
Non, j'avais arrêté parce que je me sentais vraiment mieux et puis j'ai voulu reprendre la psychothérapie il y a quelques mois parce que J'ai recroisé le géniteur de Maé tout à fait par hasard, en fait, à une soirée avec des copines. Et je me suis retrouvée vraiment tellement chamboulée à refaire une crise d'angoisse dans un lieu public parce que je l'avais vu. Et finalement, j'ai mis quelques semaines à m'en remettre. Ça a été extrêmement compliqué parce que je ne m'y attendais pas, parce que j'avais fait ce travail en me disant de toute façon, il est mort pour moi. Dans mon cœur, il n'existe plus. Et je m'étais forgée un peu cette carapace en disant, il n'existe plus, je ne le recroiserai plus, il ne veut plus me voir. Donc voilà, pour moi, il avait complètement disparu de la circulation. Je m'étais même dit, en fait, je dirais à Maé que son père est mort à la guerre pour le faire passer pour un héros et pas pour un salopard. Et finalement, la psychologue, on en avait discuté, elle m'avait dit, il ne faut pas mentir aux enfants, c'est une très mauvaise chose, il vaut mieux lui dire la vérité, peut-être l'ange d'Olivier un peu, sans forcément rentrer dans les détails. Et quand je l'ai revue, j'avais l'impression de reprendre une nouvelle fois. ce coup de massue en plein visage et devant tout le monde, que ça a été extrêmement compliqué. J'avais recontacté la psychologue et puis une psychothérapeute, mais qui fait un peu de l'hypnose. Et puis finalement, en fait, je n'ai jamais réussi à aller jusqu'à son cabinet. À mi-chemin, j'ai fait demi-tour. Et voilà. Aujourd'hui, je pense qu'il faudrait... que je reconsulte un peu pour me libérer encore un peu de tout ce qui me chagrine encore. Mais je n'ai pas encore la force de retourner voir quelqu'un et de repartir dans cette démarche de libération psychologique. Mais je pense que ça serait bien. Donc j'y pense, mais je n'ai pas encore le déclic.
- Speaker #1
Il y a des temps aussi à respecter. Quand on sent que ce n'est pas encore le moment, c'est peut-être pas encore le moment.
- Speaker #0
Ouais, c'est ce que je me dis.
- Speaker #1
On y va.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
On a besoin de traverser des étapes qui sont un peu dures, mais des fois, on a besoin aussi de les traverser et on n'a pas forcément envie que ça se règle tout de suite. Oui,
- Speaker #0
je pense qu'il Ausha chose en son temps et je trouve que j'ai déjà fait beaucoup de chemin. et que pour l'instant, je trouve que je m'en sors bien. Effectivement, il y a encore des jours où c'est un peu difficile, mais j'estime avoir fait bien 70% du travail. Donc, je me garde les 30% pour l'instant un peu de côté parce que ça ne m'empêche pas de dormir, ça ne m'empêche plus de dormir. Et voilà, je pense qu'on continuera l'étape un peu plus tard. Pour l'instant. Je profite de l'instant présent, déjà bien.
- Speaker #1
Est-ce que tu aurais un conseil particulier ou quelque chose à transmettre aux parents qui vont nous écouter ? Parce que tu me disais juste avant qu'on démarre toutes les deux à enregistrer que c'était important pour toi de pouvoir parler aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui, si j'ai un message à faire passer... C'est déjà ne pas s'isoler. Il n'y a pas de situation qui sont nées sous le signe de la fatalité et qu'il y a toujours des solutions qui peuvent nous être apportées. Il faut savoir aussi que de nombreux organismes peuvent nous aider pour intervenir notamment sur le retour à la maison, chose que moi, je ne savais pas. Et qu'il ne faut pas hésiter à demander de l'aide, à aller dans des... Dans des groupes de parole, ça existe de plus en plus. Les cercles de femmes, les groupes de soutien, comme Allo Parents, des choses comme ça, qui font des réunions qui sont bien souvent gratuites, où les parents se retrouvent entre eux, et on peut parler des problématiques que l'on rencontre sans avoir ce regard jugeant d'un professionnel qui parfois manque un peu de bienveillance par rapport à la situation. ou qui a un schéma peut-être un peu trop, je dirais, figé d'un papa et d'une maman avec un enfant. Et quand on est parent solo, ce n'est pas toujours simple de mener tout de front. Et que du soutien ou de l'aide, c'est toujours le bienvenu.
- Speaker #1
Moi, je te remercie beaucoup pour ton témoignage et pour ces jolis mots de conclusion.
- Speaker #0
Merci à toi pour cette interview. Ça a été vraiment un beau moment. J'espère que d'autres parents se retrouveront dans mon témoignage et pourront ainsi traverser toute cette petite tempête qui nous est offerte. Sans oublier que finalement, le plus beau cadeau qu'on nous ait donné, c'est nos enfants.
- Speaker #1
Je te remercie.
- Speaker #0
A bientôt.
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté cet épisode. N'hésitez pas à liker et partager le podcast pour aider les autres parents qui en auraient besoin. Vous pouvez retrouver les replays du podcast sur notre site internet emilyavelyne.com, liker la page Facebook et Instagram. A la semaine prochaine sur Sololitude pour une nouvelle histoire de parents solo.