- Speaker #0
Bienvenue sur Sololitude, le podcast qui s'adresse à tous les parents qui vivent la sololitude, c'est-à-dire lorsqu'ils sont seuls dans l'éducation de leurs enfants ou qu'ils se sentent seuls pour les élever dans la gestion du quotidien d'achats à accomplir. Que l'on soit indépendant, salarié, au chômage ou en reconversion, on est confronté à des situations qui viennent nous chercher au plus profond de nous-mêmes. Alors comment kiffer, apprécier, vivre sa vie rêvée malgré les contraintes de la parentalité solon, même quand cela paraît impossible Je suis Émilie Aveline, je suis praticienne en hypnose depuis 10 ans et ancienne infirmière depuis plus de 15 ans. Depuis des années, j'accompagne les parents à se sentir moins seuls dans leur parentalité afin de s'épanouir dans leur vie personnelle. Merci pour votre indulgence concernant le son des interviews qui n'est pas toujours optimale. C'est parti sur Sololitude, bonne écoute A Karine aujourd'hui de nous raconter sa story qui débute avec un homme manipulateur qui finalement sortira de sa vie. En passant par le juge aux affaires familiales et se retrouvant seule en plein postpartum, elle fait face aux difficultés avec ténacité entourée des siens. Elle qualifiera cet échange de mini-thérapie en aparté, réalisant qu'elle était à la fin de cette période sombre et qu'elle arrive dans la lumière. Let's go Bonjour Karine Bonjour Alors, merci de nous rejoindre aujourd'hui. Peux-tu nous raconter un petit peu ton histoire, le début Le désir d'enfant, si ça avait été toujours là, si c'est arrivé plus tard, et comment cet enfant ou ces enfants sont arrivés dans ta vie. Tu as combien d'enfants déjà
- Speaker #1
Un enfant.
- Speaker #0
Un enfant, ok. Il a quel âge, ou elle
- Speaker #1
Il a 6 ans.
- Speaker #0
Il a 6 ans. D'accord. Peux-tu nous raconter un petit peu son histoire
- Speaker #1
Ce n'était pas trop prémédité. C'est vrai que c'est un bébé qui est arrivé un peu plus rapidement que... que ce qu'on voulait. On avait un désir d'enfant. J'avais une vie professionnelle assez chargée et je voulais un peu, j'y réfléchissais, mais je voulais que ce soit un peu plus tard, cinq ans après, mais il est arrivé. Et ça a été un gros chamboulement, de grosses remises en question parce que ma vie professionnelle, j'étais très très très active, j'avais un peu peur. Et finalement, ça s'est bien déroulé.
- Speaker #0
Tu avais quel âge au moment où tu l'as eu
- Speaker #1
J'avais 28 ans.
- Speaker #0
Là, tu as quel âge aujourd'hui 35.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Tu dis que tu avais une vie proactive. Qu'est-ce que tu faisais
- Speaker #1
J'étais en train de monter un peu les échelons dans mon... société donc dans l'administration de ma société et c'est vrai que j'avais un peu peur que ça affecte la montée de mon escalier et finalement ça n'a pas été si difficile et puis j'avais un peu peur aussi de devoir enfin de ne pas pouvoir gérer les deux aussi du côté maman et le côté professionnel très chronophage et finalement ça l'a très très bien fait. J'ai eu des... Mes patrons sont très compréhensifs et très à l'écoute, très bienveillants. Donc, ça a beaucoup aidé les choses.
- Speaker #0
Et tu travailles toujours dans la même entreprise
- Speaker #1
Oui, toujours.
- Speaker #0
Donc là, tu peux toujours concilier cette vie de maman et professionnelle.
- Speaker #1
Pas simple tous les jours, parce qu'on a quand même une grosse activité, mais c'est très confortable de savoir que si j'ai besoin, je peux travailler chez moi. Si j'ai des rendez-vous, je peux m'absenter et je travaillerai plus tard. On a quand même une certaine flexibilité dans nos horaires qui est assez agréable vu ma situation. Et donc, c'est assez chouette.
- Speaker #0
Ok, tant mieux. Ouais. Donc, ce petit garçon... l'idée d'être enceinte se réfléchit avec ton compagnon à ce moment-là. Le projet bébé se met en route. Comment ça se passe le moment où tu apprends la grossesse Les premiers mois, comment ça se déroule
- Speaker #1
Les premiers mois de la grossesse, j'étais terrifiée. Je ne savais pas où j'allais. Je n'avais pas beaucoup d'aide non plus. par rapport à mon compagnon. J'ai découvert une autre facette de lui qui n'était pas très agréable. Disons qu'il me laissait un peu tout virer. Puisque de toute façon, c'était mon corps, c'était mon choix. Il était quand même heureux, mais c'était à moi quand même de tout gérer. Donc la mise en place de la chambre, la déco, même le prénom, au bout d'un moment, il a lâché parce qu'on était en désaccord. Ça a été ça pendant des mois et des mois, et beaucoup d'injonctions de sa part au sujet de ma maternité. Donc on a mis fin à notre relation avant l'accouchement. Et donc j'ai... parce que j'ai fait une crise... J'ai fait une crise d'angoisse très très forte au septième mois de grossesse, il me semble. Et il n'a pas apprécié que je parte voir mes parents qui étaient plus proches de moi à ce moment-là, au niveau de... géographiquement parlant, plutôt que je l'appelle lui qui était à 300 km et qui ne pouvait pas m'aider. Donc j'ai eu une grosse injonction de sa part vis-à-vis de ça, et j'ai été arrêtée avant le congé maternité, donc j'étais en congé pathologique. Et suite à ça, j'ai décidé d'arrêter cette aventure avec lui, parce que c'était trop négatif. et ça ne m'aidait pas dans ma grossesse, et qu'il ne voulait pas faire de concessions, et qu'il était très égoïste.
- Speaker #0
Tu découvres totalement cette facette de lui que vous ne connaissez pas du tout.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Il était OK dans ce choix
- Speaker #1
Oui, il était OK. Je ne sais pas, c'est ce qu'il m'a dit, mais je ne sais pas vraiment si c'était le cas. Finalement, en y repensant, je ne sais pas du tout. qu'il attendait de ça.
- Speaker #0
Il n'avait pas d'enfant
- Speaker #1
Il avait déjà un enfant.
- Speaker #0
De quel âge
- Speaker #1
Il devait avoir 6-7 ans.
- Speaker #0
Et comment était la relation avec cet enfant
- Speaker #1
Très bien, il avait un week-end sur deux, mais ça se passait très très bien. Ok,
- Speaker #0
il avait déjà un enfant et il voyait un week-end sur deux, ça se passait bien. Et quand tu le voyais en tant que papa, ça allait aussi
- Speaker #1
Oui, ça allait. Oui, oui. C'est vrai que je prenais un peu de place aussi quand il était là, parce que j'aimais bien jouer avec lui. Et puis aussi pour le décharger un petit peu, pour qu'il puisse faire autre chose, et qu'il puisse faire à manger ou des choses comme ça, pour qu'il puisse s'occuper un peu de lui faire plaisir autrement. Donc c'est vrai que je m'occupais un peu de lui, je faisais beaucoup de lectures avec lui, je découvrais des choses qu'il n'avait pas l'habitude de voir. Mais sinon, c'était OK.
- Speaker #0
Et toute la grossesse, finalement, tu trouves cet homme qui devient égoïste, qui... Tes injonctions que tu reçois par rapport à toi et ta maternité, ça devient... plus supportable, et ce jour-là, où tu as besoin de soutien et tu te diriges vers tes parents les plus proches, là, ça a été le coup en plus, et puis ils te le reprochent.
- Speaker #1
Oui, tout à fait, c'est ça.
- Speaker #0
Il y avait plusieurs alarmes durant le recensement, finalement, tu t'es rendu compte que tu ne pouvais pas vraiment compter sur lui, il ne s'investissait pas, tu étais seule à gérer toute l'arrivée de l'enfant et de la préparation.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, il y a eu plusieurs alarmes, et c'était très, très fatigant. et aussi une mise de côté de mes amis. De la plupart de mes amis, il m'a un peu enfermée dans un autre petit monde et il a mis de côté tout mon côté social que j'avais pu construire pendant des années. Et ça, ça a été aussi la sonnette d'alarme, surtout quand certains de mes meilleurs amis, mes plus proches amis, ont commencé à... à me poser des questions et à me dire de faire attention aussi vis-à-vis de ça.
- Speaker #0
Et ça les alarmait également
- Speaker #1
Ouais, tout à fait.
- Speaker #0
Et tu le voyais toi ou pas du tout
- Speaker #1
Euh non, je ne le voyais pas vraiment. J'ai un petit sourire,
- Speaker #0
tu
- Speaker #1
Oui. Ou je voulais pas le voir. je le niais peut-être, je ne sais pas j'ai pas vraiment fait j'ai pas encore vraiment fait le chemin sur la question
- Speaker #0
en tout cas tu l'as la réponse tout à fait c'est ça ok et donc c'est toi qui décide d'arrêter cette relation finalement peu de temps avant le couchement oui tout à fait et à ce moment là tes amis comme il a essayé de t'en éloigner ils étaient quand même présents ils t'ont prévenu tes amis sont restés près de toi oui j'ai été très bien dans le foyer ok
- Speaker #1
J'ai eu beaucoup beaucoup de bienveillance autour de moi, beaucoup d'aide. Ça a été vraiment un moment assez merveilleux quand même d'avoir ce soutien. Je ne les remercierai jamais assez.
- Speaker #0
C'est bizarre des fois de traverser un truc tellement difficile et en même temps rempli d'amour et qui nous permet de nous relever. Il y a un ascenseur émotionnel qui est hyper intense.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et tes parents, tu peux à ce moment-là aussi compter sur eux Oui,
- Speaker #1
je peux toujours compter sur eux.
- Speaker #0
Toujours et encore aujourd'hui
- Speaker #1
Et encore aujourd'hui, oui.
- Speaker #0
Tu as des frères et sœurs
- Speaker #1
Oui, j'ai une grande sœur qui a eu un enfant à peu près au même moment que moi. Elle a accouché deux mois après moi. Donc c'est assez rigolo de voir les deux enfants grandir ensemble. Ils sont très proches. Et de voir aussi la différence dans toute la gestion de notre maternité, de la grossesse à l'éducation, c'est assez rigolo. Et du coup, on se donne plein de conseils des fois. Quand on se voit, parce qu'elle est très loin. Mais on se donne des conseils, des petits trucs. On fait, ah ouais, toi tu fais comme ça, c'est bien. Donc c'est assez chouette.
- Speaker #0
On partage toutes les deux dans votre relation. Parce que vous traversez en même temps.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et pour en revenir à cette fin de grossesse, toi, dans l'idée, tu décides d'avoir un enfant, avec l'homme. que tu choisis pour être le papa, à aucun moment tu te dis, ça va s'arrêter. Il n'y a pas du tout de papa. Dans cette dynamique, donc là, quelques mois avant, tu décides d'arrêter la relation. Comment tu le vis Comment tu prépares tout ça Un accouchement finalement où il n'y a pas de papa. Et c'est le premier mois et cette vie finalement, il n'y aura pas du tout de papa. À moins qu'il arrive après, ça tu vas le compter.
- Speaker #1
Bizarrement, j'ai réussi à rester assez sereine. J'avais des moments d'angoisse et de stress, mais j'étais tellement bien entourée que j'arrivais à garder les pieds sur terre. Et ça s'est bien passé. Tout s'est très bien passé. Ça a été plutôt l'après qui a été compliqué.
- Speaker #0
Quel après
- Speaker #1
L'après accouchement où... En fait, je n'ai pas eu de nouvelles de lui à la fin de ma grossesse, donc du père de mon fils. Et il est arrivé comme un cheveu sur la soupe après l'accouchement, en me hurlant dessus que je ne l'avais pas prévenu que j'avais accouché, alors que ça faisait quelques heures que j'avais accouché et que je n'avais pas du tout de nouvelles de lui. C'était assez bizarre. Et donc à gérer en fait ce conflit, à gérer avec l'arrivée du bébé et éviter de remettre cette angoisse sur mon fils, ça a été très très difficile de séparer les deux. J'ai eu beaucoup de moments de stress, d'angoisse où je ne savais pas comment gérer. Je pense que malheureusement... Malheureusement, oui. Malheureusement, mon fils l'a senti. Et ça a été une période très fragile psychologiquement. Parce qu'on ne sait pas où on va avec le petit bébé là, qui fait que pleurer, qui a beaucoup de besoins. Et puis à côté, il y a une autre équation qui se joue et qui met le bazar aussi là-dedans, alors qu'on a besoin de calme. de sérénité et d'accompagnement aussi pour gérer les premiers mois du bébé.
- Speaker #0
Gérer tout ça. Et puis, on ne peut pas non plus protéger le bébé de tout, puisque lors d'une grossesse aussi, et à l'accouchement, les premiers mois, il se passe tellement de choses, on ne peut pas protéger le bébé de tout. Ils sont tellement connectés à la maman et nous, on est tellement connectés à eux. On ne peut pas dire, il y a une partie, là, tu n'auras pas. Ils ressentent forcément. C'est de pouvoir leur dire, s'ils m'expliquaient que ça ne leur appartient pas. C'est souvent ce que je dis aussi, de pouvoir dire, bébé, il prend ce qu'il a à prendre. Des fois, on vit des choses qui sont terriblement douloureuses. Des fois, on est triste et on peut expliquer les choses. On ne peut pas les protéger de tout.
- Speaker #1
C'est la partie de la vie. Effectivement.
- Speaker #0
Et ça a duré combien de temps cette période
- Speaker #1
Ça a duré pendant un an. Oui, pendant un an, ça a été très compliqué. J'ai voulu mettre des choses en place qu'il n'a pas voulu, qu'il a rejeté. J'ai été prendre conseil auprès d'un avocat, on a été devant le JAF. Et aussi,
- Speaker #0
je pense, affaire familiale.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, suite à la décision, même avec une décision de justice, il ne voulait pas accepter ce qui avait été mis en place. Il n'acceptait pas le cadre. Et c'est parti dans tous les sens. Donc, j'ai dû gérer ce cadre en essayant de le faire rentrer dedans. Et puis, au bout d'un moment, j'ai abandonné. Je suis restée quand même dans le cadre, mais lui ne voulait pas y aller.
- Speaker #0
T'as arrêté de te battre pour que lui rentre dedans.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, il a coupé les ponts. Je n'ai plus de nouvelles.
- Speaker #0
Il a coupé les ponts au bout
- Speaker #1
Je n'ai plus de nouvelles. Non, pas au bout d'un an. Il a continué. Alors, moi, mon analyse que j'en ai faite, c'est qu'il a retrouvé quelqu'un et du coup, il a compris qu'il n'avait plus d'emprise sur moi. Il gardait cette emprise parce qu'il n'avait pas une autre victime, entre guillemets. Et quand il a retrouvé quelqu'un, il a coupé les ponts. Donc, ça fait... Deux ans et demi, trois ans, qu'on n'a plus de nouvelles données.
- Speaker #0
Tu parles d'emprise, tu parles de victime. Est-ce que tu as été suivie psychologiquement Comment tu as compris son fonctionnement Parce qu'il y avait quand même un fonctionnement particulier.
- Speaker #1
J'ai été suivie psychologiquement à la fin de ma grossesse. Et on en a conclu qu'il avait une certaine emprise sur moi. On pense que c'est un manipulateur, qu'il a besoin de quelqu'un. sur qui il a besoin d'une personne, sur qui appuyer sur la tête pour se sentir vivre. Et cette emprise, même maintenant, même tout de suite en en parlant, je la ressens et ça me met encore un peu mal à l'aise avec ça.
- Speaker #0
Oui, ça te touche. Oui, oui, je vois. Tu vois toujours cette psychologue
- Speaker #1
Oui, de temps en temps, oui. Oui,
- Speaker #0
ok. Ça, ça serait intéressant de lui en parler, que tu ressens encore ce truc. Tu ne l'as jamais re-rencontré, cet homme
- Speaker #1
Non, ça fait deux ans et demi, trois ans que je ne l'ai pas vu.
- Speaker #0
Il habite par chez toi
- Speaker #1
Il est plus loin. Il est plus loin.
- Speaker #0
Ah mais oui, tu disais qu'il était beaucoup plus loin que tes parents.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Après, ça peut être intéressant d'en parler, de traiter ça avec la psychologue. Il y a beaucoup de femmes lorsqu'elles ont été sous emprise de cette manière-là, ou d'autres. ont très très peur et des fois voilà quelque chose qui met ça loin dans son passé et puis parfois la femme peut se retrouver nez à nez avec cet homme et pouf l'angoisse peut revenir et un état émotionnel un peu de panique donc ça tu peux travailler en amont pour le jour où je rencontre j'ai la tête haute tu vois ouais c'est une bonne idée moi je te le glisse Tu peux avoir la tête haute Là, c'est toi qui gères.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Il est parti complètement. Il a souvent trouvé notre poids, notre morceau à manger. Pendant la première année, il était présent Est-ce qu'il venait le chercher Est-ce qu'il s'en occupait
- Speaker #1
Il venait quand il le souhaitait, enfin, quand il en avait envie. Ça pouvait être un message le soir d'avant, à 23h. trois heures. Tiens, je suis dispo demain, je peux venir Donc, je disais non. Tu veux le voir, d'accord. Quand est-ce que tu es dispo Voilà, moi, je suis dispo là. Ah ouais, mais si je le vois, il sera en train de dormir. Oui, c'est un bébé, c'est un nourrisson, il a besoin de dormir. Ah bah non, tu le réveilleras. Bah non, je ne vais pas le réveiller parce que tu es là, tu iras le voir et puis on pourra discuter de... Comment il grandit Comment ça n'a pas pris Et pendant la première année, d'ailleurs, il y a eu un gros silence de plusieurs mois. Oui, pendant 3-4 mois, je n'ai pas eu de nouvelles de lui. Pareil. Et il est revenu avec ses injonctions et ses menaces. Si tu fais pas ci, de toute façon, je te menace de t'enlever ton enfant. Tu ne le verras plus jamais. J'ai été prendre des renseignements auprès du greffier du tribunal. Il n'est pas très intelligent, cet homme. Donc, tu n'as pas le droit de faire ci, tu n'as pas le droit de faire ça. Et donc, c'est à ce moment-là que j'ai décidé de prendre... conseil auprès d'un avocat et nous avons été voir le juge aux affaires familiales.
- Speaker #0
Tu as bien fait. Et pour celles et ceux, ça peut être dans les deux sens, qui écouteront, ne pas hésiter à prendre conseil auprès d'un avocat. Il y a aussi des consultations qui sont gratuites. C'est souvent peut-être une fois par mois dans les tribunaux, il faut appeler et se renseigner pour avoir des informations. Oui, et souvent ces hommes-là peuvent menacer. J'ai été faire ci, j'ai été faire ça. tu ne l'auras plus à garde, et ci et ça. Souvent, ce sont des paroles en l'air.
- Speaker #1
Oui, oui. Et c'est très difficile en tant que...
- Speaker #0
C'est difficile, oui. Alors, ce sont souvent des paroles en l'air. C'est menaçant la femme à peur.
- Speaker #1
Oui, ou l'homme.
- Speaker #0
Donc, ça crée toujours cette emprise et ce pouvoir qui est exercé, comme tu dis, la tête qui est écrasée, la vie est mise sous l'eau. Quand vous prenez les choses, de jouer dans le même jeu... Ok, tu vas voir moi aussi, je vais aller voir un avocat, moi aussi je vais prendre conseil, etc. Là, les choses s'arrêtent. Et là, les choses se calment tout de suite de l'autre côté.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En fait, il faut garder son calme. Mais c'est difficile de discerner ça et de ne pas rentrer dans ce jeu, de ne pas rentrer dans cette peur. C'est assez compliqué.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Parce que c'est…
- Speaker #0
C'est un miroir.
- Speaker #1
Et c'est très soudain en fait, ces menaces sont très soudaines et on se les prend en pleine face et c'est très très difficile de pouvoir garder son calme. Mais il faut...
- Speaker #0
C'est violent, on s'attend toujours à ça.
- Speaker #1
C'est ça, tout à fait.
- Speaker #0
Et donc ensuite
- Speaker #1
Et donc ensuite, oui, le juge aux affaires familiales, on met des choses en place. Et il ne vient pas à la première visite qui est décidée par le juge, et trouve une excuse complètement bidon. Et il m'a dit qu'il me recontactera plus tard, qu'il est occupé, et je n'ai pas de nouvelles. Et il revient quelques jours plus tard vers moi pour me crier dessus, et me demander très très très rapidement. un rendez-vous pour voir son fils. Et ça a été ça pendant deux ans et demi, à peu près, si je compte bien, je n'ai plus trop la temporalité en tête. Mais c'était comme ça, on mettait un calendrier en place et ça cassait au bout d'un moment. On remettait quelque chose en place et ça retombait à l'eau.
- Speaker #0
Oui, oui, ça ne tenait pas et c'était toujours de ta faute.
- Speaker #1
Voilà, c'était toujours de ma faute, mais lui, il avait toujours de bonnes excuses, mais moi, mes excuses n'étaient pas bonnes. Et si ça ne fonctionnait pas, c'était de ma faute. Et que de toute façon, finalement, la décision du juge, on ne l'a pas tenue non plus parce qu'il ne l'a pas tenue. Donc, j'ai fait avec ce que je pouvais. On a fait avec ce qu'on pouvait, comme on pouvait, mais ce n'était pas totalement... Voilà, c'était un peu compliqué. Et puis, il y a eu le Covid aussi entre-temps, donc ça a encore retardé les choses.
- Speaker #0
Et donc, heureusement que tu es soutenue pendant toute cette période. Oui, heureusement.
- Speaker #1
Il faut du soutien pour pouvoir s'en sortir. Il faut des personnes bienveillantes autour de nous. Toute aide est bonne à prendre, toute main tendue est bonne à prendre. Il ne faut pas s'isoler. Il faut en parler. Il faut en parler avec d'autres parents. Il faut en parler avec des amis, avec de la famille. Tout le monde, tous ceux qu'on peut solliciter et qui veulent bien nous aider, il faut.
- Speaker #0
il faut prendre ce soutien et c'est ça qui sauve qui permet de remonter et de tenir le cap complètement ok donc là tu disais depuis 2003 ans la temps qu'il nous valait plus du tout plus aucun contact, pas de message, rien son anniversaire,
- Speaker #1
rien rien du tout quand j'ai pas eu de message à l'anniversaire de mon fils. J'ai décidé que c'était terminé, que j'allais arrêter de culpabiliser, de ne pas avoir fait... les choses comme ci, comme ça. Parce que je culpabilisais beaucoup le fait que mon fils ne voyait pas son père. Et à ce moment-là, j'ai décidé d'arrêter de culpabiliser. Alors parfois, je culpabilisais un peu quand même, mais c'est déjà plus facile. Et j'ai fait ce que j'ai pu avec ce que j'avais et je ne culpabilise plus. Il n'a pas envoyé de message à son anniversaire. Il n'a pas envoyé de message à Noël. C'est terminé.
- Speaker #0
Et ce n'est pas ta faute.
- Speaker #1
Et ce n'est pas de ma faute.
- Speaker #0
Et tu n'as pas à prendre cette culpabilité, ce n'est pas de ta faute.
- Speaker #1
Oui, tout à fait, c'est ça.
- Speaker #0
Mais oui, c'est tellement important. On culpabilise pour tout, pour rien, on prend tout sur nos épaules. Il y a des choses, non. Ton petit bonhomme, il grandit. Comment tu lui as expliqué son histoire Comment est-ce que lui, est-ce qu'il pose des questions Comment ça s'est déroulé Comment ça se passe
- Speaker #1
Je l'ai amené voir un psychologue quand il était petit parce que les rendez-vous avec son père ne se passaient pas très bien. Il y avait aussi des injonctions sur lui. Il ne s'est pas encore compté, il ne s'est pas encore fait rassurer. Ah ben non, mais de toute façon, ça ne m'étonne pas. Plein de petites phrases qui ont un peu entaché sa confiance en lui. Donc je l'ai emmené voir un psychologue et je lui ai demandé aussi de travailler sur le lien qu'il avait avec son père. Ils ont fait des jeux et en ressortant des jeux, il s'est avéré que le monde de mon fils c'est moi, mes parents, ma famille et plus loin il y a son père. Très très loin. un peu plus loin. Il est là, mais je me suis dit que c'était pas si mal que ça. Ça m'a fait mal au fond de moi parce que je voyais pas du tout ce scénario-là. C'est bien parce que je me dis qu'il aura peut-être pas d'emprise sur lui, ou en tout cas moins, qu'il arrivera à faire la part des choses. Et des fois, maintenant qu'il est plus grand, on en parle de temps en temps, et c'est très difficile, c'est très délicat d'en parler avec un enfant. Et de lui dire, oui, je sais, t'aimerais bien le voir, mais en fait, il ne donne pas de nouvelles. Est-ce que tu penses que c'est à toi de donner des nouvelles Non. Et est-ce qu'il en prend de tes nouvelles Non. Alors, est-ce que vraiment, ça vaut le coup de le revoir pour le moment Non. Voilà, j'essaye de faire quelque chose comme ça. Je ne sais pas si c'est la bonne solution ou si ça ne l'affecte pas. plus que ça, mais voilà. Voilà ce que je fais.
- Speaker #0
C'est très délicat. L'important, je pense, c'est de répondre à ses questions. Lorsqu'il en a une et qu'il te demande, de pouvoir y répondre et de le renvoyer à lui. Qu'est-ce qu'il aimerait faire Peut-être aussi, est-ce que lui a envie de le contacter Et puis pourquoi C'est aussi un temps de le protéger de cet homme qui est un manipulateur. Pour pouvoir l'accompagner au fur et à mesure qu'il grandit. Peut-être qu'un jour il voudra le contacter, on ne sait pas. Il se fera sa propre opinion plus grand.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
En tout cas, la bonne nouvelle quelque part, c'est que oui, de ce jeu avec le psychologue, il a émané son papa, il était très très bon.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc il a compris que son cocon, c'était vraiment toi et ta famille.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Il le voit toujours le psychologue
- Speaker #1
Non. Il n'a plus besoin Non.
- Speaker #0
non il n'a plus besoin et aujourd'hui si on parle un petit peu de ton vécu aujourd'hui quand tu retournes en arrière comment tu vois les choses quand tu ressentis il s'est passé beaucoup de choses en
- Speaker #1
très peu de temps ça a été un peu tumultueux mais j'ai réussi à tenir le cap et puis je suis assez fière aussi j'ai pris confiance en moi vis-à-vis de tout ça c'est vrai que c'est une période creuse, on va dire, au niveau de... Enfin, avec les relations avec son père. Donc, je peux me reposer un peu.
- Speaker #0
et reprendre des forces. On sait jamais si elle revient, il faut que je sois d'attaque. Il faut que je retrouve du courage et beaucoup de force. Je sais pas parce que ça va être compliqué. Mais non, je suis assez fière de moi et...
- Speaker #1
Tu relèves tes manches. Oui,
- Speaker #0
ça veut tout dire.
- Speaker #1
Je suis prête.
- Speaker #0
Je suis prête. Mais non, je suis assez fière de moi et je suis assez fière de tout le petit parcours que j'ai fait. Et finalement, il y a eu des heures sombres, il y a eu des heures plus joyeuses. Et il y en aura toujours, ce sera toujours des petites montagnes russes comme ça. Et en fait, je n'ai pas perdu le cap et j'ai été là où je voulais aller, en tout cas plus ou moins. et je suis assez fière de moi donc il ne faut pas baisser les bras il faut continuer même si c'est dur et même si parfois on ne voit pas le bout du tunnel et vraiment au fond du trou il faut continuer à avancer à escalader à se prendre des rochers dans la figure même mais vraiment il faut continuer il ne faut pas perdre de vue notre objectif qui est le... le bien-être de notre enfant et puis notre bien-être aussi. Et il ne faut surtout pas oublier de tendre la main à ceux qui veulent nous aider.
- Speaker #1
C'est super beau ce que tu viens de dire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Heureusement, c'est enregistré. J'allais te demander, qu'est-ce que tu... Qu'est-ce que tu aurais envie de dire aux parents qui écoutent Est-ce que tu aurais un conseil à donner Je crois que tu viens de le donner, en fait. C'est que dans la période sombre, on garde le cap et on maintient son objectif. On lâche rien. Après, aujourd'hui, tu es super émue quand on t'en parle et tu es fière de toi.
- Speaker #0
Oui. Il y a une citation d'Emmingway. Je crois que c'est Emmingway qui dit ça, qui m'a beaucoup aidée. Peut-être que ça pourrait aider d'autres parents. C'est quelque chose qu'un ami m'avait dit une fois quand j'étais pas bien, quand j'étais plus jeune. La citation c'est C'est la nuit qu'il est bon de croire en la lumière Et cette citation-là, elle me suit et elle m'a suivie aussi pendant toutes ces périodes sombres. Et à chaque fois que je me la disais, à chaque fois, j'arrivais à prendre un peu d'énergie. Alors si ça peut aider d'autres parents.
- Speaker #1
Merci pour cette très jolie phrase que tu nous cites, Emine Goué. Eh bien, écoute, Kévin, je te remercie beaucoup pour cet échange qui était très riche. Merci à toi. Je pense qu'on va parler à beaucoup, malheureusement, entre guillemets. Mais ce type de personnes que tu as rencontrées qui est le papa, il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup. C'est important de pouvoir s'en prémunir autant que possible. En tout cas, lorsqu'on est dedans, de pouvoir comprendre le fonctionnement. Et arrêter de se faire manger parce que ça peut être terriblement destructeur. Vraiment.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, avancez à toi et à qui tu es, à ton petit bonhomme. Et tu es super entourée. Et bravo, tu as trouvé toutes les clés.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode. N'hésitez pas à liker et partager le podcast pour aider les autres parents qui en auraient besoin. Vous pouvez retrouver les replays du podcast sur notre site internet emilyavelyne.com, liker la page Facebook et Instagram. A la semaine prochaine sur Sololitude pour une nouvelle histoire de parents solos.