- Speaker #0
Bienvenue sur Sololitude, le podcast qui s'adresse à tous les parents qui vivent la sololitude, c'est-à-dire lorsqu'ils sont seuls dans l'éducation de leurs enfants ou qu'ils se sentent seuls pour les élever dans la gestion du quotidien d'achats à accomplir. Que l'on soit indépendant, salarié, au chômage ou en reconversion, on est confronté à des situations qui viennent nous chercher au plus profond de nous-mêmes. Alors comment kiffer, apprécier, vivre sa vie rêvée malgré les contraintes de la parentalité selon, même quand cela paraît impossible Je suis Emilie Aveline, je suis praticienne en hypnose depuis 10 ans et ancienne infirmière depuis plus de 15 ans. Depuis des années, j'accompagne les parents à se sentir moins seuls dans leur parentalité afin de s'épanouir dans leur vie personnelle. Merci pour votre indulgence concernant le son des interviews qui n'est pas toujours optimale. C'est parti sur Sololitude, bonne écoute Aujourd'hui je reçois Delphine qui est maman de deux enfants. Elle a la garde à 80% et va prochainement passer à 100%. Elle nous raconte ses trois années d'attente avant d'avoir son premier bébé, le projet mariage, puis une fausse couche au moment du décès de son papa. Quatre ans après le mariage, elles se séparent. Le père refait sa vie avec une nouvelle femme qui se révèle être toxique envers les enfants. S'en suit alors le jugement qui arrive prochainement. Elle perd tout à la suite de cette séparation. Elle pense au pire. puis se relève notamment grâce à la découverte d'un groupe Facebook pour parents. Elle qualifie ces nouvelles rencontres de délivrance, et elle deviendra elle-même admin de ce propre groupe, aidant à son tour les parents qui en ont besoin. Bonne écoute, let's go Alors, bonjour Delphine
- Speaker #1
Bonjour
- Speaker #0
Peux-tu nous dire déjà combien tu as d'enfants
- Speaker #1
Alors moi je suis maman solo depuis 7 ans, et j'ai deux petits loulous. Un garçon de 12 ans et une petite de 8 ans. Enfin, petite.
- Speaker #0
Deux. Enfin, plus grande même.
- Speaker #1
Qui commence à grandir très vite.
- Speaker #0
Et ils sont issus du même papa, tous deux, même géniteur
- Speaker #1
Oui, je suis séparée de leur papa depuis 7 ans. Et j'ai la garde quasiment exclusive de mes enfants. Enfin, j'ai une garde, on va dire, à 80% et je vais passer sûrement en exclusive dans très peu de temps.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que tu me disais en aparté. Je te laisse raconter le début, ce désir d'enfant. Comment ils sont arrivés dans ta vie,
- Speaker #1
ces deux petits-houlous Mon fils a 12 ans. J'ai eu énormément de mal à le faire. Avec mon ex-mari, on avait une folle envie de faire un enfant, mais du coup, ça ne prenait pas. On a mis trois ans avant de pouvoir réussir à le faire. En fait, on a... On a fait des examens, on a fait plein de choses et on a réussi à le faire quand on s'est dit, on lâche l'affaire. Quand on s'est dit stop, on arrête. Trois ans de décès, ça ne fonctionne pas, c'est peut-être pas pour nous. Et puis au final, je suis tombée enceinte. Le psychologique a fait que le fait d'avoir lâché la décision, je suis tombée enceinte très, très rapidement.
- Speaker #0
Pour rebondir là-dessus, ça peut intéresser beaucoup de gens. Comment tu as fait pour lâcher prise, pour lâcher l'affaire, comme tu dis
- Speaker #1
Eh bien... En fait, moi, j'ai une certaine force de caractère qui me permet à chaque situation complexe de rebondir. Je me suis dit à l'époque, ce n'était pas le moment. Moi, je changeais de travail. Mon ex-mari venait d'ouvrir son entreprise. Et donc, on s'était dit peut-être que ce n'est pas le moment. Peut-être que ce n'est pas le moment pour le faire. Et du coup, mentalement, je me suis dit on remettra ça plus tard. J'ai été un peu malheureuse forcément de prendre cette décision parce que c'était une envie commune. Et puis au final, notre envie a été exaucée très très rapidement parce que de mes souvenirs, ça n'a été même pas deux mois après que je suis tombée enceinte. Donc voilà, très très belle surprise. Je me souviens un matin, je me réveille, me sentant pas bien, vraiment faisant un test par pur... Pur hasard, et puis je me souviens à l'époque, je travaillais dans le médical, donc je me levais très très tôt, et bien j'ai hurlé dans la maison, j'ai réveillé mon ex-mari, voilà, j'étais super contente quoi. Donc c'était super cool. Et puis c'est surtout qu'en plus, entre temps, mon ex-mari m'avait demandé en mariage. Donc il y avait le projet mariage aussi qui était en cours. On s'est dit, quitte à ne pas faire d'enfant, on va se marier en premier. Et au final, trois mois, deux mois, trois mois, il est arrivé. Et comme je devais accoucher pour peu près au moment du mariage, on a décidé de repousser le mariage et puis d'avoir cet enfant qu'on a. tant désiré du coup. Et puis du coup ma fille qui a 8 ans aujourd'hui, enfin bientôt 9 ans, elle ça a été un petit peu plus compliqué, enfin compliqué. Je suis tombée enceinte en 2015, j'ai fait une fausse couche et donc ça a été un peu difficile aussi pour moi psychologiquement.
- Speaker #0
Et je suis encore émue. Quand tu en parles.
- Speaker #1
Oui, c'est tout pour moi. Beaucoup de choses m'hérissent le poil encore quand je parle d'eux, parce qu'ils sont très importants. Entre-temps, j'ai perdu aussi mon papa d'un cancer. J'ai fait cette fausse couche. Ça a été un peu boule de neige. Du coup, ma fille est arrivée très rapidement, aussi après la mort de mon papa. Et j'ai pris ça un peu comme un cadeau. Voilà, j'ai pris ma fille comme un cadeau. Et elle est née en 2016. Et du coup, voilà. Alors, avec mon ex-mari, ça commençait déjà à devenir compliqué. Parce que du coup, ma fille est née. Et puis, elle a eu des petits soucis de santé, pas très graves. Mais voilà. Et je pense que ça a joué beaucoup dans mon couple. Et mon ex-mari m'a quitté un an après. Ma fille avait tout juste un an. Donc, ouais, ça a été...
- Speaker #0
Avec les deux petites, tu t'es retrouvée toute seule avec eux.
- Speaker #1
Exactement, ouais. Ma fille avait tout juste un an et mon jeune avait 4 ans, à peine 4 ans.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, à la base, à la séparation, donc lui est parti. Moi, ça a été très, très, très compliqué parce que ça faisait 4 ans qu'on était mariés. Pour moi, c'était un peu l'homme de ma vie. Et au final, j'ai eu beaucoup de mal à m'en remettre. On a fait un divorce à l'amiable, on a fait un mode de garde, un peu comme on a voulu. Donc, ce n'était pas un mode de garde commun, parce que du coup, monsieur, ayant son entreprise, n'avait pas forcément toutes les vacances, etc. Donc, de base, on avait fait un week-end sur deux, quelques soirs dans la semaine, et trois semaines de vacances dans l'année pour monsieur. Et le reste du temps, les enfants étaient avec moi. Donc on a fonctionné comme ça jusqu'à, allez, il y a à peu près deux mois. Et deux mois, les choses ont un peu changé. Parce que mes enfants grandissent aussi. Le papa a refait sa vie depuis six ans, mais avec une personne pas très bien. Du coup, mes enfants ont beaucoup de mal à aller chez leur père, présence de madame. Et là, je passe en jugement pour, malheureusement, lui retirer ce droit de visite et d'hébergement. plus de madame madame est très toxique et ça impacte mes enfants donc d'ici quelques mois je pense que je serai une maman solo à 100% il en pense quoi lui de cette décision qui va être prise il a l'air de s'en fiche parce que l'autre jour il a dit à mes enfants mes pauvres enfants ne se verra plus j'ai fait ok un petit peu dur donc il choisit madame, il a fait clairement le choix de madame donc mes enfants sont déjà bien au courant qu'il a fait le choix de madame et pas d'eux Alors mon but, moi, n'est pas d'enlever mes enfants à leur père. Le but est qu'ils aient un lien avec leur père. Ça reste leur père. Il a fait des mauvais choix.
- Speaker #0
Et depuis la séparation, ça a toujours été venu comme ça.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Ils s'en occupaient, ils les voyaient, ils les gardaient. Il y avait une bonne relation.
- Speaker #1
Très particulier, la relation, surtout avec mon fils, c'était très particulier. Ça n'a pas beaucoup... Il y a eu beaucoup de dévalorisation. Erwan s'est fait harceler l'année de la séparation. Il s'est fait harceler à l'école. Son père a été très dévalorisant aussi avec lui. Et malheureusement, il fait des différences entre les deux. Donc, sa fille, c'est sa princesse. Et comme dit mon fils, lui, c'est le vilain petit canard. Donc, la relation n'a jamais été très adéquate. Enfin, très valorisante.
- Speaker #0
Ce n'est pas aidant du tout pour élever un enfant.
- Speaker #1
Non, on a toujours été un peu en conflit par rapport à ça, parce qu'on n'était pas d'accord. Sur le mode éducatif, on est censé, même en tant que parents, pour le bien des enfants, on est censé faire les choses dans le même sens. Malheureusement, quand j'essayais de faire avancer mon fils en le valorisant, en lui disant qu'il était capable de faire les choses, mon ex-mari, qui l'avait très peu, lui arrivait en un week-end à tout péter mon travail. Donc, ça a toujours été très compliqué. Entre nous, c'est toujours été compliqué de toute façon. On n'a pas la même façon de faire et on ne voit pas les choses pareilles. Je pense que monsieur s'est bien fait monter la tête par madame. Ce qui ne facilite pas les choses, en gros. Donc, ça met encore quelques complexités. Mais bon, je crois que ces complexités, je vais les enlever, du coup, malheureusement. Et pour le bien de mes enfants, je ne vais pas avoir le choix.
- Speaker #0
Et comment tu envisages ce futur où tu vas les avoir à
- Speaker #1
100% Alors, je ne te cache pas que je l'appréhende un petit peu. Parce que le fait qu'en tant que maman solo, qui a ses enfants, énormément de temps. J'ai un week-end sur deux pour souffler, donc un week-end sur deux pour moi. Maintenant, au début, j'avais énormément de mal. Je culpabilisais de faire des choses sans mes enfants, mais au final, je me rends compte que j'ai ce besoin de prendre du temps pour moi, pour être bien pour eux. J'appréhende un peu, mais je me dis que mes enfants vont grandir encore, qu'ils vont devenir encore de plus en plus autonomes. Et puis, je m'obligerai à prendre du temps pour moi malgré tout, parce qu'une période, je ne prenais pas de temps pour moi, et c'était très, très, très compliqué en tant que femme, en tant que maman, etc. Dans tous les cas, maintenant, je prends le temps, et je leur explique pourquoi je prends le temps. Donc, j'appréhende, mais bon, je sais que mes enfants seront mieux psychologiquement aussi. Je sais que ça jouera aussi sur eux, ça jouera aussi sur moi. Parce que quand je dois aller les récupérer avec la gendarmerie un week-end, ça ne m'enchante pas, ça me casse mon week-end, ça me donne du souci. Je sais que notre vie sera un peu plus sereine, mais bon.
- Speaker #0
Vous avez y gagné en sécurité. Oui. Est-ce que tu as de la famille, des amis autour de toi qui peuvent t'aider sur le week-end Oui.
- Speaker #1
Alors, ouais, après, au niveau organisation, moi, j'étais quelqu'un de très, très, très organisé, voire trop organisé. Il fallait que tout soit carré. Donc, les cours, c'était le samedi. Le ménage, c'était le samedi aussi. Enfin, voilà, j'étais très, très, très carré. J'ai appris à lâcher un peu. J'ai appris à lâcher sur des choses parce que je m'en voulais de ne pas réussir à faire tout. Je suis quelqu'un qui est très critique, l'autocritique. Je le connais plutôt bien. Je me flagelle de temps en temps aussi, parce que je n'arrive pas. Du coup, je suis quelqu'un de perfectionniste. Donc, je voulais vraiment les choses très carrées. Et depuis quelques mois, j'ai lâché. J'ai lâché aussi parce que j'avais rencontré quelqu'un il y a un an avec qui ça se passait super bien. Ça a été vraiment une complémentarité. Et donc grâce à lui, il m'a appris aussi à lâcher, à ne pas être la maman solo parfaite que je voulais. Et du coup, il m'a dit, ça ne t'empêchera pas de faire des erreurs en tant que maman, ça ne t'empêchera pas d'être une super maman. Donc j'ai appris à lâcher, voilà. Peut-être un peu trop d'ailleurs. Parce que de fois, je vois la maison, je me dis, ah ouais, j'ai vraiment trop lâché.
- Speaker #0
C'est vraiment... Et c'est pas grave s'il y a trois poussières, s'il y a une tasse dans l'évier, c'est pas grave. C'est ça.
- Speaker #1
Ouais. Vraiment. J'ai appris, c'est pas facile.
- Speaker #0
Ah non, c'est pas facile. Même de voir la tasse qui corne du point de l'œil dans l'évier,
- Speaker #1
j'ai besoin d'être lavée. C'est ça.
- Speaker #0
Elle peut être.
- Speaker #1
Ouais. Oui.
- Speaker #0
Le temps pour soi et pour l'enfant est tellement plus précieux.
- Speaker #1
C'est ça. Et puis, j'ai aussi appris à... Parce que moi, en tant que maman perfectionniste, je voulais tout faire avec mes enfants. Je voulais jouer avec eux, je voulais passer tout mon temps avec eux. Et puis, je continue à jouer avec eux, mais je leur apprends aussi qu'ils peuvent aussi jouer tout seuls, qu'ils peuvent faire des choses tout seuls, que maman n'est pas toujours obligée d'être là avec eux. Je vois bien qu'en 10 ans, j'ai énormément évolué.
- Speaker #0
Et durant ces six années, tu as été accompagnée psychologiquement ou tu t'es débrouillée toute seule
- Speaker #1
Alors, en tant que femme forte et indépendante que je suis, j'ai aussi tête dure que je sois, j'ai voulu gérer la situation toute seule. Ça a duré quelques années quand même où j'ai pu gérer un peu toute seule, mais j'ai fini par faire un burn-out en 2019. C'est là que je suis rentrée dans le groupe des parents solos, du coup, auxquels on fait partie. Ça a été ma délivrance. Ce groupe m'a aidée. J'ai rencontré des gens incroyables. J'ai fait des sorties avec des gens que je ne connaissais pas. J'ai pu m'impercevoir que du coup, je n'étais pas la seule dans cette situation. Donc, eux ont été un soutien énorme. Et puis, de par son burn-out et je pense un commencement de dépression, j'ai été suivie par une kinésiologue pour un peu me guérir. Parce que moi et les psychologues, je ne suis pas trop fan. Je suis quelqu'un qui parle beaucoup, mais bon, j'ai besoin que les choses avancent. Mais pas aux psychologues. Je ne suis pas psychologue, non. Non, puis mon fils en a vu une et je voyais que les choses ne changeaient pas. Donc, moi, je suis plutôt du genre au fait que les choses doivent avancer vite, bien et vite. Et du coup, la kinésiologue, elle m'a énormément aidée. Et puis, les parents solos, je me suis fait des très belles amitiés et des gens qui ont été un soutien incroyable, incroyable. Ils ont été là vraiment dans ma vie quand j'ai vraiment eu besoin. Et encore aujourd'hui, quand je ne vais pas bien, je sais qui je peux appeler. Je sais que j'ai quelqu'un. Cécile, qui est aussi admin sur le groupe des parents solo, qui est devenue ma sorte de cœur, vraiment. C'est quelqu'un qui compte beaucoup dans ma vie. D'autres personnes aussi, très peu en font partie, mais j'ai des amis incroyables. Donc ça, c'est un soutien énorme d'avoir des contacts autour de soi, d'avoir du soutien, des amis proches. Parce que moi, j'ai tout perdu, en fait. Quand mon ex-mari est parti, j'ai perdu mes amis. J'ai énormément perdu. donc il a fallu tout reconstruire en fait comme si j'étais repartie à zéro et à l'époque j'ai aussi démissionné donc je me suis retrouvée sans mari sans amis, sans travail je suis vraiment repartie de rien exactement comme une grosse Rémi je suis partie de rien et j'ai tout reconstruit donc et tu faisais quoi comme métier tu as dit que tu étais dans le médical ouais j'étais aide-soignante en soins à domicile en soins palliatifs exactement J'avais décidé de me reconvertir justement à ma séparation. Enfin, à la base, avant ma séparation, je voulais quitter mon travail pour être plus près de ma famille. Donc, à l'époque, mon mari et mon fils. Et au final, j'ai pris cette opportunité. J'ai démissionné et 15 jours après, mon ex-mari m'a quitté. Donc, je me suis dit, reconversion, parce que là, ça ne va pas être possible. Les horaires atypiques avec... Avec deux jeunes enfants, c'est compliqué. Donc j'ai fait une reconversion, puis je suis retournée à mon choix d'étudiante, de travailler auprès des enfants. Donc aujourd'hui, je suis assistante maternelle, donc je travaille chez moi. C'est une qualité de travail, parce que du coup, le temps que les petits sont à la sieste, moi je peux faire plein de choses, mon ménage, préparer le repas pour le soir, au niveau organisation, c'est hyper top. J'arrive à concilier les deux, c'est génial.
- Speaker #0
Ça laisse plus de liberté, de flexibilité.
- Speaker #1
Exactement. Et puis ça me fait moins être dans le speed, toujours être plus dans la sérénité, dans le côté... Parce que même si j'ai lâché sur des choses, je reste quand même quelqu'un d'assez organisé. Je me sens plus zen, en fait. J'appréhende moins les problèmes. Je suis plus disponible aussi pour mes enfants. Même s'ils sont à l'école la journée, je me sens plus sereine pour le soir quand ils reviennent. Donc ça, c'est plus...
- Speaker #0
C'est s'offrir un vrai cadeau.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça. Être plus disponible quand mes enfants rentrent pour jouer avec eux. Parce que du coup, le repas, il est déjà prêt. Enfin voilà, tout est organisé aussi en fonction.
- Speaker #0
Donc lorsque tu es à ta grosse période d'âme, tout qui s'est évaporé, le travail, le mari, il fallait tout changer, tout bascule. là on plonge tu as ces amis de groupe de parents solos sur Facebook qui t'aident c'est ça et qui te permettent petit à petit de pouvoir monter la compte exactement c'est là où vraiment toujours ces mains t'ont toujours savoir les
- Speaker #1
demander et les saisir mais surtout bien les choisir aussi parce que j'ai été dans une période où j'avais tellement ce besoin de sociabilité j'avais tellement besoin de rencontrer du monde que j'ai rencontré aussi des personnes pas toujours très bien pour moi, des personnes qui aussi abusent de ta gentillesse. Donc le choix de tes amis est aussi très, très important. Parce qu'on peut être, en tant que parent solo, je parle papa ou maman, parce que je sais qu'il y a des papas aussi qui sont en difficulté. Et je sais que quand ça nous arrive et que ça nous tombe dessus, on a tendance à vouloir se raccrocher à des petites choses qui passent par là. Mais il faut aussi être conscient que tout le monde n'est pas dans des bonnes configurations. et qu'il ne faut pas se raccrocher à des petites choses qui peuvent être néfastes pour nous. Parce que j'en ai rencontré aussi des gens avec des difficultés aussi et qui te tirent un peu ton énergie pour essayer de se raccrocher à quelque chose. Donc le choix de tes proches et quand tu es maman solo est très important. On est justement maman solo, donc on est toute seule. ça arrive qu'il y en a qui sont en garde alternée mais en général on est seul avec nos enfants donc là t'as le côté maman louve hyper protectrice avec tes enfants et du coup tu fais plus attention à certaines choses aussi mais du coup on s'entoure qui rentre dans notre terrier aussi quelque part exactement parce que du coup t'as un peu la double casquette quand même quand t'es maman solo ou papa solo t'as quand même cette double casquette être parent solo c'est C'est double casquette, c'est double emploi, c'est double tâche de travail. Tout est en double en fait. C'est pour ça qu'on est plus vulnérable. Il faut faire extrêmement attention à qui on rencontre et à toutes ces petites choses.
- Speaker #0
Oui, et surtout quand on traverse ces périodes de vulnérabilité, on est encore plus affaibli par une situation, un contexte. Attention à qui on rencontre. ce qu'on raconte aussi aux gens qui pourraient aussi se saisir de notre histoire. Attention, je te rejoins complètement.
- Speaker #1
C'est ça. C'est vrai que l'avantage aussi, en faisant partie des groupes des parents solos du groupe Facebook, on fait des sorties. Donc, bon, là, effectivement, il y en a un petit peu moins.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux juste nous nommer le nom du groupe
- Speaker #1
Alors, c'est Parents Solos Solidaires 35. Alors, en rattaché, ça fait psit Je trouve ça très mignon à le dire, mais c'est un groupe Facebook. Alors c'est PSST35, je trouve ça trop mignon.
- Speaker #0
Parents Solos Solidaires 35 pour le département de l'Ile-et-Vilaine.
- Speaker #1
Pour le département 35, parce que quand Maud à l'époque a créé ce groupe Facebook, elle l'a créé un petit chouïa avant le Covid. Et en fait, son but, c'était que les parents qui étaient souvent isolés, ne se retrouvent pas seules justement dans des situations. Donc, elle a cantonné ça au 35 pour que vraiment, il n'y ait pas des centaines de kilomètres entre chaque parent et que la solidarité commençait par être proche, entre guillemets, de ses voisins. Donc, c'est pour ça que sur le groupe, on n'accepte que des gens du 35. Même si le 35 est très grand, nous n'acceptons que les personnes du 35. Les autres départements, malheureusement. ne sont pas acceptés parce que la solidarité pour nous commence par le côté être proche et être dans la capacité d'agir si vraiment il y a quelqu'un qui est dans le besoin.
- Speaker #0
D'accord, donc ça peut être intéressant comme idée à reprendre pour des groupes de parents solos du 22, du 56, du 13,
- Speaker #1
exactement, c'est vrai que pendant le Covid on avait ce côté confinement, on avait le droit qu'à 10 km autour de ta zone. Moi-même, j'ai apprécié vraiment ce côté. J'avais créé un groupe vraiment sur le secteur de Saint-Malo. Il y avait eu Cécile qui a fait la même chose sur Vitré. On avait créé des petits sous-groupes comme ça pour pouvoir être dans un rayon de 10 kilomètres pour vraiment les parents qui étaient isolés. Et puis, il y a eu aussi des choses à Rennes qui ont été faites. Parce que tout est basé sur Rennes principalement. Mais dans chaque secteur du département, il y avait eu des petits sous-groupes comme ça, le temps du confinement, pour pouvoir se voir, discuter, changer de cette routine de Covid.
- Speaker #0
Et après le confinement, ça a perduré
- Speaker #1
Alors après le confinement, oui. Alors nous, les Malouins, le groupe existe encore, mais beaucoup ne sont plus sur ce groupe. À Vitré, il est toujours d'actualité. Mais du coup les sorties sont vraiment élargies maintenant à tout le groupe 35. Donc il y a des événements qui sont créés sur le groupe, Facebook en lui-même, et chacun il s'inscrit avec ou sans enfants. Des fois des événements sont aussi créés en fonction des âges des enfants, parce qu'il y a des ados qui n'ont pas envie de se retrouver avec des plus petits, enfin voilà. Donc l'événement est créé sur le groupe et puis après... tous ceux du département sont libres de venir. Donc il y a eu du convoiturage de faits, quand il fallait traverser quasiment le département pour assister à une sortie, mais il y a toujours eu plein de solidarité même après. Le confinement, ça a toujours perduré. Même si les membres n'osent pas créer d'événements, je leur dis toujours, allez-y, foncez. Moi, j'ai commencé par ça. Je me souviens de la première sortie que j'ai faite. Je suis allée Ausha, château Etendapigné, je crois, sur Rennes. Je me souviens de mes enfants. C'était un événement bien-être, je ne sais plus le terme. Et puis mes enfants me disent, maman, on va où Je dis, on va à Rennes. OK, on va faire quoi Je ne sais pas. On va voir qui Je ne sais pas. Mais pourquoi on va là-bas, maman Je ne sais pas. J'ai envie d'aller voir ce qui se passe là-bas. Et ils m'ont dit, mais maman, tu nous as toujours dit qu'il ne fallait pas rencontrer des gens qu'on ne connaissait pas. Je dis, bah oui, mais bon, là, tu es avec moi. Là, tu es avec moi, écoute, on verra bien. Si quelqu'un essaie de nous faire du mal, on partira. Et j'ai passé la meilleure journée de toute ma vie. Ça a été une journée géniale parce qu'au final, j'ai lâché. En fait, même moi qui n'aimais pas le côté improvisation, je me suis dit, je vais voir des gens que je ne connais pas. Je vais sur un site que je ne connais pas. Et je vais vraiment à la découverte. Et j'ai adoré. À l'époque, j'avais croisé les... les anciens membres du bureau de l'ASSO. Et j'ai adoré, en fait. J'ai adoré. Et puis, ça fait quatre ans et on ne s'arrête pas. On continue toujours et encore. On adore. Même mes enfants me demandent, Maman, c'est quand qu'on fait une sortie par en solo C'est du hyper génial. Oui, parce qu'en fait, ça a été notre moteur, vraiment. Ça a été notre moteur, ça a été notre soutien. Comme je te disais tout à l'heure, certains sont devenus de très très bons amis. On se voit aussi en dehors. C'est comme une grande famille en fait. Les parents solos, c'est comme une grande famille. Et donc ça, c'est vraiment génial. Vraiment génial.
- Speaker #0
Et le fait d'être admin du groupe, est-ce que ce n'est pas trop chronophage
- Speaker #1
Alors, non. Parce qu'avant, il y avait l'association que Maud aussi avait créée. Malheureusement, cette association s'est un peu essoufflée. parce qu'il y avait des activités pour les parents solos justement qui étaient mises en place pour les membres qui adhéraient à cette association. Là, c'était assez lourd, entre guillemets, parce que souvent, ce que les gens oubliaient, c'est que nous aussi, on n'est pas en solo. On donne de notre temps pour travailler sur cet assaut. Donc, c'était vraiment, oui, là, effectivement, c'était lourd. Juste gérer un groupe Facebook. Même moi qui n'ai pas trop dans l'informatique de base, je trouve que je m'en sors plutôt pas mal. Et puis, on est trois à être admine. Donc, si vraiment, moi, un jour, je ne peux pas, je sais que les filles sont derrière. Cécile et Stéphanie peuvent gérer aussi. Enfin, je veux dire, je ne suis pas toute seule à gérer. Et puis, j'ai le soutien de tous les membres du bureau qui ont été avant et après. Enfin, voilà, j'ai besoin de questions. J'ai besoin de là, j'ai encore posé une question sur une demande qui avait. Sur le groupe, je pense que j'avais la réponse, mais j'avais besoin d'avoir la réponse à eux. Et puis, moi, comme je te disais, j'ai la chance de travailler chez moi. Donc, c'est vrai que Facebook, j'y ai accès tous les jours. Donc, je gère un peu tous les jours au quotidien. Donc, ce n'est pas une trop grosse gestion en soi. Ça se gère pas mal.
- Speaker #0
Et ce n'est pas une contrainte. OK. Non.
- Speaker #1
Je le fais vraiment avec plaisir. Je le fais parce que je rencontre aussi des belles personnes. J'échange avec des belles personnes. Même si des fois, il y en a, elles ne sont pas super belles personnes. Des fois, je me fais renvoyer sur les roses. Je leur dis, écoute, si ça ne te convient pas, libre à toi de ne pas intégrer ce groupe. Je suis un peu le gendarme de ce groupe. Je dois faire aussi le rôle de rappel à l'ordre. aussi pour certains, parce que certains aussi habitent, t'en croif que c'est un groupe de rencontres, mais donc je fais souvent le gendarme par rapport à ça, mais
- Speaker #0
Franchement, c'est minime par rapport à tout le reste en fait.
- Speaker #1
On arrive déjà pas loin de la fin de notre échange. Ça passe vite.
- Speaker #0
Déjà En même temps, je parle.
- Speaker #1
Eh oui Toi, tes enfants, ils ont 8 ans et 12 ans. Quelle est pour toi ou quelle a été pour toi la période la plus difficile en étant en solo
- Speaker #0
Je crois que ça a vraiment été... Le moment où en 2019, j'ai fait mon burn-out. Je l'ai très très mal vécu. Oui, oui. Parce que j'ai tout accumulé en fait. Et là, j'ai eu l'impression de descendre. Descendre dans les enfers. J'ai eu l'impression de ne pas pouvoir remonter. J'ai l'impression que tous les soucis s'accumulaient. Enfin, ça a été une période très très difficile moralement. J'avais même pensé un peu au pire. Parce que du coup, je n'arrivais plus en fait. Je n'y arrivais vraiment plus. Ça a été vraiment une période très, très, très compliquée. Et c'est vrai que maintenant, au moindre signe, je vois bien que quand je suis trop fatiguée, quand je suis trop sous tension, je fais hop là, je m'arrête, je vais voir ma petite kinésiologue. Elle me prend en charge. Ça passe très, très rapidement. Parce qu'il ne faut pas croire, en tant que maman solo, on a souvent des hauts, mais on a malheureusement aussi souvent des bas. Donc je dirais que oui, cette période a été, depuis ma séparation, la pire de ma vie. Parce qu'en même temps, à l'époque, mon fils s'est harcelé à l'école aussi, donc j'avais trop de choses à gérer. Il y avait tout. Il y avait trop de choses.
- Speaker #1
Et dans ces moments-là, il y a l'impression qu'il y a tout qui nous tombe sur la tête, les choses les unes après les autres. Et on peut en arriver à avoir des pensées suicidaires.
- Speaker #0
C'est ce qui m'est arrivé, oui. J'y avais pensé parce que je n'en voyais pas le bout, en fait. Je pleurais tout le temps.
- Speaker #1
On ne voit pas l'issue.
- Speaker #0
On ne voit pas d'issue. On ne voit pas la lumière. On ne se dit pas que ça va s'améliorer. Les gens vont te le dire, mais quand tu es dans ton truc, tu es dans ton truc et tu ne vois pas. Et ma mère a été un soutien aussi pendant cette période, donc financière et morale, parce que du coup, elle m'a aidée aussi financièrement parce que j'avais plein de choses dans la maison qui me lâchaient. Parce que la seule chose que j'ai gardée vraiment officiellement pour mes enfants, c'est ma maison, que j'ai rachetée la part de mon ex-mari. C'était vraiment le lieu sécure pour eux. C'était vraiment l'endroit que je ne voulais pas y toucher. Mais ça a été aussi un petit gouffre, un petit peu, à un moment donné. Donc voilà, on imagine que rien ne valait, que tout valait de mal en vie. Et au final, non, je m'en suis sortie. Je suis très fière de m'en être sortie. Mais je touche du bois pour ne jamais replonger. Pas sans difficulté, mais je m'en suis sortie vite quand même.
- Speaker #1
Si tu avais un conseil à donner à des parents solos qui vivent des moments de down, tu leur dirais quoi
- Speaker #0
Je leur dirais déjà de se faire confiance. Parce qu'avoir confiance en soi, c'est la base en tant que parent solo. Ne pas se dévaloriser, être fier de tout ce qu'ils peuvent entreprendre. Accepter les erreurs, parce que les erreurs font partie de notre apprentissage. Parce qu'on apprend aussi tous les jours en tant que parent solo. Et puis vraiment de bien s'entourer, de ne pas rester seule. La solitude, l'isolement, c'est la pire des choses. C'est vraiment la pire des choses. Donc se faire confiance, c'est la base. S'entourer de bonnes personnes et puis de croire en soi aussi, de croire en ses capacités. Moi, j'ai vu avec le groupe, justement, j'ai vu des parents solos très mal. Et puis... de croire en des choses qu'ils pouvaient être capables de faire, ils ont remonté. On est la première pierre de l'édifice et je pense qu'il ne faut pas l'oublier. Et puis, la dernière petite chose, c'est prendre du temps pour soi. J'ai appris ça justement avec tous les cafés parents qu'on faisait avec l'association, de prendre du temps pour soi. C'est primordial pour être bien. Avec nos enfants, il faut qu'on soit bien nous-mêmes. Ça, c'est la base aussi.
- Speaker #1
Et sans culpabiliser.
- Speaker #0
Et sans culpabiliser, exactement. Même si des fois, ça nous arrive, mais il ne faut pas. Il ne faut pas.
- Speaker #1
Il faut faire cette petite volonté.
- Speaker #0
Exactement. Toujours voir un peu le positif dans les choses qu'on fait. Toujours. Ça aide.
- Speaker #1
Il y en a toujours.
- Speaker #0
Oui, même dans les situations difficiles. Il y a toujours un petit brin de positivité quelque part. Donc ça, il faut se raccrocher à ça.
- Speaker #1
Super. D'accord, je te remercie beaucoup pour ton échange.
- Speaker #0
Je t'en prie, avec plaisir.
- Speaker #1
Et à bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
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