- Speaker #0
Bienvenue sur Sololitude, le podcast qui s'adresse à tous les parents qui vivent la sololitude, c'est-à-dire lorsqu'ils sont seuls dans l'éducation de leurs enfants ou qu'ils se sentent seuls pour les élever dans la gestion du quotidien ou tâche à accomplir. Que l'on soit indépendant, salarié, au chômage ou en reconversion, on est confronté à des situations qui viennent nous chercher au plus profond de nous-mêmes. Alors comment kiffer, apprécier, vivre sa vie rêvée malgré les contraintes de la parentalité solo, même quand cela paraît impossible ? Je suis Emilie Aveline, je suis praticienne en hypnose depuis 10 ans et ancienne infirmière depuis plus de 15 ans. Depuis des années, j'accompagne les parents à se sentir moins seuls dans leur parentalité afin de s'épanouir dans leur vie personnelle. Merci pour votre indulgence concernant le son des interviews qui n'est pas toujours optimale. C'est parti sur Sololitude, bonne écoute ! Aujourd'hui, je reçois Morgane, maman solo d'un petit garçon de 6 ans. Morgane a vécu une séparation inattendue avec le géniteur qui était d'accord pour avoir un enfant. Elle a choisi de se séparer de sa belle famille avec émotion, nous fait part de son désir de ne pas continuer sa vie si son enfant venait à disparaître. Témoignage touchant que je vous invite à écouter. Let's go ! Bonsoir Morgane, merci d'être avec moi. Peux-tu te présenter brièvement et nous raconter un petit peu qui tu es ?
- Speaker #1
J'ai 30 ans, je viens du sud-ouest de la France à côté de Pau. Je suis à ESH donc je m'occupe des élèves en situation d'indicat. Et quoi te dire de plus, je ne sais pas, j'espère que tu vas m'aider un peu.
- Speaker #0
Oui, pas de souci. D'accord, donc tu es AESH, tu travailles auprès des tout-petits, tu les accompagnes, ce sont des élèves qui sont en difficulté ou pas forcément ?
- Speaker #1
Oui, ce sont des élèves qui sont en situation de handicap et ça peut aller de deux ans et demi quand ils rentrent à l'école maternelle jusqu'à 17-18 ans en lycée.
- Speaker #0
Ok, donc toi là tu es principalement avec des plus jeunes ?
- Speaker #1
Là, cette année oui, cette année oui, avec un petit qui est en grande section.
- Speaker #0
Et ça fait longtemps que tu fais ça ?
- Speaker #1
Ça fait trois ans. Et j'adore ce boulot, c'est un métier d'évocation.
- Speaker #0
Complètement. Et tant moins même professionnelle de santé. Je sais bien. Ok. Et donc, tu as combien d'enfants ?
- Speaker #1
J'ai un petit garçon qui s'appelle Esteban et qui va faire six ans ce mois-ci. C'est l'amour de ma vie.
- Speaker #0
souvent ça je me le dis je suis amoureuse de mon enfant je ne pensais pas qu'on pouvait tomber en amour autant pour ces tout petits êtres Donc Esteban, à 6 ans, peux-tu nous raconter comment est venue cette idée d'avoir... Tu étais jeune, tu avais 24 ans, donc 23 ans quand tu es tombée enceinte. Comment ça s'est déroulé, le désir d'enfant et puis son arrivée ?
- Speaker #1
J'ai rencontré son papa et puis très vite, on a eu une fusion exceptionnelle tous les deux. On s'entendait très, très bien. Donc on a vécu... longtemps ensemble et puis s'est posé la question d'avoir des enfants, on était tous les deux d'accord et malheureusement quand je suis tombée enceinte ça arrivait un peu plus tôt que prévu donc lui il a eu très peur dans les premiers temps donc au début il m'a dit que non qu'il n'était pas sûr tout ça et il s'entendait très bien avec mon père il m'a demandé si je pouvais discuter avec mon père donc je lui ai dit que bien sûr il est rentré de là enchanté il m'a dit qu'il était le plus plus heureux des hommes, qu'il était trop content à l'idée de devenir papa. Donc top quoi ! Et pour la faire brève, je rentrerai plus dans les détails si tu me poses des questions, mais à 4 mois de l'accouchement, finalement c'était non. Donc pourtant on avait tous les deux une situation, on avait tous les deux une maison, on vivait ensemble, on avait la maison, on avait le projet de PAX, tous les feux étaient ouverts. Et puis finalement...
- Speaker #0
Qu'est-ce qui s'est passé alors ?
- Speaker #1
Eh bien, je ne sais pas. Parce que je suis sûre qu'il ne m'a pas trompée. Je sais qu'il ne peut pas aller voir ailleurs. Je pense qu'il a eu très peur. Alors, est-ce que je lui ai mis la pression ? On se remet tout le temps en question après ça. Parce qu'il n'y avait vraiment pas de nuages à l'horizon.
- Speaker #0
C'est arrivé comme ça, d'un coup, pour toi. Tu étais à six mois de grossesse. Et d'un coup, il a décidé de partir.
- Speaker #1
C'est ça. En fait, il rentrait du boulot. Et donc, je le vois avec une mine d'enterrement et ce n'était pas dans ses habitudes. Et je lui dis qu'elle ne doute pas. Il ne me dit rien, rien. Bon, je laisse passer un peu le truc. Je ne voulais pas trop lui tirer les verres du nez pour ne pas l'embêter. Et je lui dis « Regarde, j'ai fait ci, j'ai fait ça. » Moi, j'étais heureuse comme d'habitude. Et je vois que je n'arrivais pas à lui remettre du bon mot au cœur. Donc, au bout d'un moment, je lui ai dit « Mais enfin, est-ce que tu veux qu'on discute ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui ne va pas ? » Il m'a dit « Oui, on se boit un café. » Très bien, donc on est allé à la cuisine. Il a préparé le café, on a bu le café ensemble. Et il a secoué son café comme ça vient de dépendre. Et en fait, il a fini par me dire, en fait, cet enfant, j'en ai jamais voulu et j'en voudrais jamais et je voudrais qu'on arrête là. Donc, j'ai compris. Sur le coup, je fais une grosse claque. Je me suis effondrée en mille morceaux. J'ai appelé une très bonne copine à moi qui est... Enfin, lui est parti. J'ai appelé une très bonne copine à moi qui est venue à l'instant même parce que... Tu n'as pas compris, j'étais tellement remplie de sanglots que... Elle se demandait si on avait perdu notre chien, qu'est-ce qui se passait. Et elle me dit, mais Morgane, tu es sûre que tu as bien compris ? Et je lui dis, franchement, je ne sais plus. Je pense du choc. Je lui dis, franchement, je ne sais pas. Je ne sais plus si ça s'est passé ou si je l'ai imaginé. Même moi, je n'y croyais pas. Et en fait, elle est repartie. Et puis un peu plus tard, il est revenu à la maison. Et je lui dis, mais est-ce que tout à l'heure, j'ai rêvé ou est-ce que tu m'as dit ça ? Et il m'a dit, non, non, Morgane. Je n'ai pas rêvé, je t'ai bien dit ça, je voudrais qu'on arrête là. Donc on est suivi un mois ou deux de colocation, où on a fait chambre à part et on se disait bonjour, au revoir, mais on ne s'adressait pas la parole. Quand il était en haut de la maison, j'étais en bas, quand il était dehors, j'étais dedans. On s'est évité au maximum et puis après, on a pris notre envol chacun de notre côté et il a disparu de la civilisation.
- Speaker #0
D'accord. Au tout départ, il avait des doutes. sur l'arrivée de cet enfant lorsque tu lui as annoncé la grossesse. Après cet échange avec ton papa, il est revenu tout enjoué.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Passé les premiers mois avec toi, tu étais enceinte, tout va bien. Et puis d'un coup, il y a quelque chose qui était déjà là au départ.
- Speaker #1
Pendant la grossesse, il m'a fait quand même des alertes où il me disait, tu sais Morgane, un enfant ça coûte tant par an. comment on va faire si on veut aller faire de la moto tous les deux, comment on va faire si on veut repartir en voyage. Et je lui avais dit, mais ce n'est pas un problème, c'est de l'organisation et ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. Jusque-là, tout marche, il n'y a pas de raison que ça ne fonctionne pas. J'ai toujours travaillé, tu as toujours travaillé toi aussi. Et puis, ça n'empêche pas de faire des activités. Je ne t'empêcherai pas de faire tes activités si tu as envie. Et on va se soutenir comme on a toujours fait. Et après, ça a été... chérie j'avais cette nuit que je changeais le bébé que je faisais tomber le bébé de la table à langer que tu te fâchais mais que j'en avais rien à faire donc J'étais assez angoissé de ses craintes mais j'essayais de tenir bon et de le rassurer en mettant je sais pas en lui disant que ça pouvait être que merveilleux de toute façon que c'était des cauchemars que c'était normal d'avoir peur mais que tout allait bien se passer donc je lui offrais...
- Speaker #0
On peut avoir cette peur là oui bien sûr Est-ce qu'il a pu partager ses peurs auprès d'un professionnel de santé, des sages-femmes que vous avez rencontrées ? Non, du tout ?
- Speaker #1
Non, non, non, du tout. Jusqu'à la fin, il m'a accompagnée à toutes les prises de sang, à toutes les échographies. On avait préparé la chambre du petit, on avait choisi un prénom. Il a été hyper prévenant avec moi. Je n'avais rien à dire. Il a été super.
- Speaker #0
Il était investi, il avait des peurs.
- Speaker #1
Oui, une grosse claque.
- Speaker #0
Une plus belle relation et une grosse claque en même temps.
- Speaker #1
Et à la fois la plus triste sur la fin. Jamais je n'aurais cru ça. C'est parce qu'on ne prévoit jamais ces choses-là. Je ne pouvais pas imaginer que ça se termine déjà tout court. Parce que j'imaginais que c'était l'homme de ma vie, que j'allais finir à l'EHPAD avec lui. Moi c'était lui quoi, mais c'est comme ça.
- Speaker #0
Et donc pendant deux mois, colocation, ensuite chacun dans son logement ?
- Speaker #1
C'est ça, donc il est parti un peu avant moi, et puis après moi j'ai eu la chance d'avoir un appartement HLM, donc on a pris chacun notre route, et puis il disparut de la civilisation, plus de nouvelles, plus de sons, plus d'images, plus rien, comme si... Comme si jamais rien n'avait existé, comme si je ne connaissais pas cette personne.
- Speaker #0
Ah là là ! Oui. Et vous avez des amis en commun, des personnes que vous avez des relations en commun ?
- Speaker #1
Oui, on avait plein de copains en commun. Et en fait, ce qu'il a fait, j'ai appris le bouche à oreille, c'est qu'il a changé de ville. Il avait pourtant un super bon poste de cadre dans une usine pétrochimie. Et il est parti complètement ailleurs, à 150 km à peu près de chez nous. Et il a tout changé de vie. Donc il a laissé probablement tomber sa famille. Sa famille, je n'ai plus de nouvelles maintenant, mais de mon choix. Et ses amis, non plus de famille. plus de nouvelles. Moi, j'ai un peu changé de vie aussi au final. Je ne sais pas ce qu'il devient en dehors de ça. Juste, je sais qu'il a changé complètement de livre et de vie.
- Speaker #0
En tout cas, il s'est passé quelque chose dans son histoire pour réagir de cette manière-là. Il a été terrifié à un moment donné. Il s'est passé quelque chose en tout cas pour lui, pour qu'il s'en aille aussi loin, en tout cas.
- Speaker #1
Je pense que... J'ai écouté ses craintes, mais j'ai surréagi là-dessus en lui offrant tous les livres qui existaient sur être le meilleur papa du monde, sur l'éducation, sur les enfants, sur des beaux dits avec écrit « je suis papa motard » , mais être un papa c'est encore mieux, tout ce qui pouvait le rallier au bébé, j'essaie de faire le maximum. Je pense que je l'ai tout fait à un moment donné. Le couple de côté, je parlais du matin au soir, bébé, bébé, bébé. Je pense qu'il s'en est fatigué. Il s'est dit, mais je vais avoir ma place où là-dedans ? Peut-être que c'est ça, c'est moi qui me fais mes questions et mes réponses. Mais la seule erreur que je vois, c'est celle-là.
- Speaker #0
Après, tu pensais faire au mieux également à ce moment-là, pour répondre au mieux à ses peurs. Ok. Et donc, tu termines ta grossesse avec cette séparation ? Et cette préparation à l'accouchement seule, ce que tu n'avais pas imaginé du tout non plus. Comment se déroule ce dernier mois, ce dernier trimestre avec ton bébé ?
- Speaker #1
Entre le déménagement, mes amis qui m'ont beaucoup soutenue, j'ai eu la chance d'être très entourée. J'ai fait les cours avant d'accoucher pour être le moins stressée possible. Alors que finalement, le jour J, on n'a pas le choix. C'est presque si on oublie tout. C'est relativement bien passé. Je ne peux pas dire que ça a été facile. Mais dans mon malheur, j'ai eu la chance que l'accouchement se soit bien passé, que j'ai eu un fils merveilleux et que j'ai été très bien entourée.
- Speaker #0
C'est vraiment très important. Et ça aide énormément à pouvoir traverser des étapes aussi difficiles. Ah oui. Donc, tu as ta famille près de toi, tu as tes amis ?
- Speaker #1
Aussi, j'ai les deux. J'ai la chance d'avoir ma famille et mes amis qui sont toujours là et qui adorent mon fils aussi. Et voilà, je ne suis pas toute seule. Donc, c'est une grande chance, oui. Dans mon malheur aussi, l'avantage que j'y vois, c'est que j'ai créé une relation hyper fusionnelle avec mon fils et j'y trouve des avantages finalement. Ce que je ne voyais pas quand il m'a quittée, j'étais... Je me sentais vraiment au fond du trou. J'étais mal, mal. Mais en fait, au fur et à mesure, on voit plein de choses positives dans le malheur.
- Speaker #0
C'est quoi toutes ces choses positives ? Cette relation fusionnelle avec ton fils ?
- Speaker #1
J'ai une relation hyper fusionnelle avec lui. Ses avantages et ses inconvénients. Mais du fait de l'avoir 24 heures sur 24, en dehors de l'école en tout cas. Je n'ai pas, par exemple, tous les dimanches à me dire que je vais devoir le laisser chez son père et être triste de la séparation. Je l'éduque comme je veux. Je ne me fâche avec personne pour son éducation. Il n'y a pas de 200 de cloche. Finalement, ça a une stabilité pour lui aussi.
- Speaker #0
Complètement. Et ça, j'en parlerai aussi, je pense, avec d'autres parents également. On n'imagine pas à quel point on puisse être libre dans cette parentalité, finalement.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
On est libre de nos propres choix, de nos propres décisions, de l'éducation qu'on veut inculquer. On n'est pas inquiet pour chaque dimanche. Est-ce qu'il va me le rendre ? Est-ce qu'il va rentrer ? Noël, comment ça se passe ? Et les vacances ? Tout ça, c'est une charge mentale en moins quelque part. On a beaucoup à penser, mais ça, il n'y a pas.
- Speaker #1
Oui, puis après, le petit connaît son histoire aussi. Je lui ai montré des photos de son père. Je lui ai raconté son histoire. en étant la plus objective possible et en le rassurant, en lui disant que de toute façon, il était le fruit de l'amour, qu'il n'y était pour rien du tout dans cette histoire, que c'était un enfant qui était voulu. Et que moi, je ne le laisserai jamais tomber. Je serai toujours là. C'est ma vie.
- Speaker #0
C'est super joli. C'est très important que tu aies pu poser ces mots-là précieux à ton enfant. Que ce n'est pas de sa faute qu'il ait le fruit de l'amour. De lui avoir raconté son histoire. À partir de quel âge tu lui as raconté son histoire ?
- Speaker #1
Je ne lui en ai pas parlé. Je l'ai laissé venir de lui-même. C'est tout récent. Ça doit faire un an ou deux ans. connaît son histoire à tout casser et ça a commencé parce qu'on était à la plage et qu'une petite fille lui avait dit tu es venu avec qui il joue avec une petite sur la plage et donc il lui dit je suis venu avec moi avec ma maman et elle lui dit étant papa il est où et mon fils répond mais j'ai pas de papa et lui dit si forcément un papa elle elle était plus grande et moi je n'y en avais jamais parlé jusque là enfin Je lui en avais jamais parlé. Je lui avais dit qu'on pouvait vivre dans une famille où il y avait un papa et une maman, qu'on pouvait vivre dans une famille où il y avait deux mamans, qu'on pouvait vivre dans une famille où il y avait deux papas, qu'on pouvait vivre dans une famille où il y avait soit un seul papa ou une seule maman, que ça existait aussi, mais sans rentrer dans les détails. Et donc, à partir de là, forcément, les questions ont commencé. Donc, je lui ai amené, enfin, je suis rentrée un peu plus dans les détails. Il a été curieux de connaître son histoire, de connaître... les photos, de connaître les vidéos et je ne lui ai rien caché au final. Je ne lui en parle pas, j'attends que ça vienne de lui et chaque fois qu'il en ressent le besoin, qu'il me pose des questions, on en parle. Il n'y a pas de tabou avec ça.
- Speaker #0
Et tu lui réponds. Super. Tu ne devances pas, tu attends qu'il vienne vers toi et là, tu réponds à ses questions tout simplement.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Ça ne crée pas de tabou, d'interdit, quelque chose que je ne veux pas dire parce que je pourrais faire du mal à mon monde. Ça, pas du tout. Il est libre avec toi de poser des questions. Il y a cette jeune fille à la plage qui lui pose des questions. Comment ça se passe à l'école pour lui ?
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il est le seul, je ne sais même pas s'il en parle ou pas. Parce que pour les fêtes, il y a les fêtes des pères par exemple. Dans sa première école, c'était la fête des familles. Donc il n'y avait pas à choisir si c'était la fête des mamans, c'était la fête des papas. Il faisait la fête des familles. Donc il faisait un cadeau pour qui il voulait. Et ensuite il a changé d'école et là c'était la fête des mamans et la fête des papas. Et il a choisi de faire un cadeau pour son grand-père. Donc de lui-même. Après il ne me dit pas si ses copains ont un papa, une maman. Il ne me parle pas de ça. En tout cas j'ai l'impression que c'est un enfant qui est heureux, qui le vit pas mal.
- Speaker #0
j'ai pas l'impression que ce soit un fardeau pour nous donc là vous êtes tous les deux il a 6 ans, comment tu gères les moyens de garde est-ce que tu prends du relais de temps en temps ou pas du tout, comment tu fais ?
- Speaker #1
alors je suis à ESH et en fait j'ai le même planning que les enfants à l'école, donc ça veut dire que j'ai tous mes mercredis, j'ai tous mes week-ends et toutes mes vacances scolaires et ça te fait quand on est maman Donc du coup, je n'ai pas besoin d'une nounou, d'une garderie en particulier. Il n'y a que cette année où j'ai dit Morgane, il faut que tu penses un peu à toi. Donc je l'ai inscrit au centre de loisirs. Depuis l'année dernière, il était seulement le mercredi. Et là, ça a été les premières vacances où je l'ai inscrit au centre de loisirs. Il faut prendre un peu plus de temps pour moi et essayer de vivre ma vie aussi un peu de femme.
- Speaker #0
Et oui, ne pas s'oublier en tant que femme aussi. Et donc, tu le fais ?
- Speaker #1
Difficilement, parce que finalement, quand j'ai du temps pour moi, il me manque. Et j'ai du mal à sortir de la maison. Je manque Anton à faire les tâches ménagères de la maison. Et j'ai du mal à sortir sans lui. En fait, je crois qu'on a développé une relation tellement fusionnelle que ça devient difficile pour moi de sortir sans lui. C'est dur, mais c'est la réalité.
- Speaker #0
Tu peux rester chez toi, t'occuper de la maison au bouquet. Et de sortir sans lui, d'avoir une amie, de voir ta famille solo, tu ne l'as pas encore fait ?
- Speaker #1
Non, je le fais, aller voir ma famille avec ou sans lui. Toujours mes amis, pareil. Mais aller faire un footing. Alors, j'ai investi dans un tapis de course. J'ai bien rentabilisé. Mais aller me faire un footing toute seule dehors, j'ai du mal. Ou aller faire du vélo. Je préfère qu'il soit là pour... partager ses activités là.
- Speaker #0
Ok, c'est plus en termes d'activités ou c'est difficile quand il n'est pas là ? Et où il te manque.
- Speaker #1
Ouais. C'est vraiment devenu une source de motivation, quoi. Depuis, j'avais dit quand j'étais enceinte, si l'accouchement se passe mal, je mets un terme à ma vie. Et je le pensais vraiment. Et je sais que je l'aurais fait. Et ouais, c'est des mots qui sont peut-être durs, mais je voyais plus de raison de vivre sans mon enfant, sans l'homme que j'avais idéalisé, finalement. Mais je... Ça n'avait plus de sens. Et aujourd'hui, ma vie n'a plus de sens, mais ça, oui.
- Speaker #0
C'est très fort ce que tu dis.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, six ans plus tard, est-ce que tu te redirais la même chose ? c'est à dire si tu te si tu revenais six ans parce que tu te redirais même chose moment de l'accouchement que s'il arrive quelque chose oui oui oui ouais je si c'était à refaire j'aurais fait exactement la même chose mais
- Speaker #1
mais oui s'il lui arrivait quelque chose même aujourd'hui je sais J'aurais plus de raison. C'est lui qui m'a sauvée de tout ça. Je vis pour lui et c'est toute ma vie. C'est très fort.
- Speaker #0
Est-ce que tu imagines avoir d'autres enfants ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non ?
- Speaker #1
Non. On aurait aimé avec son père. À la base, on voulait deux enfants. Et en fait, ça a été un traumatisme mine de rien. Et je me dis que par contre, être toute seule avec deux enfants, je ne pourrais pas. Je n'y arriverais pas. J'aurais trop peur déjà d'aimer moins que mon premier fils, même si tout le monde me dit que c'est impossible. Et je me dis, j'en ai qu'un, mais je vais donner mon maximum. Que ce soit pour ses études, que ce soit… Je n'en fais pas un enfant pour y gâter, loin de là. Mais je préfère mettre tout mon temps pour lui plutôt que diviser mon temps pour deux enfants et qu'il y en ait un qui manque de quelque chose. Moi, je sais que je peux faire vraiment mon maximum pour lui.
- Speaker #0
La question est aussi, il n'a que six ans. À un moment donné, il s'envolera de la maison ? Non. On les élève aussi pour qu'ils puissent grandir et sortir et s'envoler du nid. Bien sûr. Et à ce moment-là, tu seras soit toute seule chez toi, donc tu rencontres une relation affective. Comment tu envisages la suite ? Plus il va grandir aussi, plus il aura ses propres activités. Il aura peut-être moins envie d'être avec maman aussi. Comment toi, tu envisages tout ça ? Comme tu disais tout à l'heure, tu restes aussi une femme.
- Speaker #1
Je fais tout pour lui donner les bonnes cartes et que justement, il est tout son possible pour réussir dans la vie. Donc moi, mon but, c'est ça. C'est qu'il soit autonome et qu'il y arrive. ça devienne un garçon qui soit bien élevé et respectueux et qui se comporte bien. Donc je lui souhaite ça, pas qu'on s'éloigne, même s'il veut vivre en Australie, c'est son choix, mais j'espère qu'on gardera au moins un contact téléphonique une fois par jour,
- Speaker #0
au moins.
- Speaker #1
Mais je sais que mon objectif c'est qu'il soit heureux toute sa vie. Et voilà. Je sais, je suis consciente qu'il devra partir, mais je le laisserai partir bien au contraire. Tant qu'il a tout ce qu'il faut et qu'il est heureux, moi, c'est là où je serai heureuse.
- Speaker #0
Je pense que c'est ce qu'on souhaite tous en tant que parents, que nos enfants soient heureux. Et quand je fais à l'inverse également. quand je pense à nos parents, c'est exactement ce qu'ils souhaitent aussi pour nous. Parce qu'on est aussi leurs enfants. Est-ce que tes parents savent ce que tu viens de dire ? S'il y avait eu un problème ou s'il arrivait quelque chose ? à Esteban, tu dirais stop à la vie ? Ils le savent ?
- Speaker #1
Oui, ils le savent.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ? Comment ils ont réagi ?
- Speaker #1
Ils ont très peur et ils me disent qu'il faut pas y penser, que ça n'arrivera pas, mais bon, le risque zéro n'existe pas, il y a la preuve. Donc je pense qu'ils sont dans le déni de penser à quelque chose comme ça. On peut pas imaginer ça.
- Speaker #0
Bien sûr, on n'a pas envie d'imaginer les choses les pires qui puissent arriver, bien sûr, mais c'est très très fort ce que tu dis.
- Speaker #1
C'est réel, je ne pourrais pas vivre sans ça.
- Speaker #0
Je pense à tous ces parents endeuillés. J'en ai déjà du deuil périnatel la semaine dernière. Je pense à tous ces parents qui sont endeuillés. Comment ils font pour traverser cette épreuve douloureuse et se remettre debout et continuer à vivre.
- Speaker #1
C'est sur nous ce qu'ils arrivent à faire. Je n'arrive pas à m'imaginer. C'est la chose la plus triste qui puisse arriver au monde, je pense.
- Speaker #0
On va repartir sur quelque chose d'un peu plus joyeux. Quels sont pour toi les moments les plus chouettes que tu puisses vivre et de ce que tu as pu découvrir avec l'enfant et envers toi-même ?
- Speaker #1
Tous les moments qu'on passe ensemble, qu'ils soient bons ou mauvais, je peux me mettre très en colère, mais en fait, il y a toujours une bonne morale derrière, il y a toujours des cartes. à lui donner, il y a toujours quelque chose à lui apprendre. J'adore le voir comme il est. J'ai la chance d'avoir un enfant, mais c'est la gentillesse incarnée. Il n'a pas une nuance de méchanceté, il me fait rire tous les jours. On partage tous les jours, que ce soit aller faire du vélo, que ce soit aller se balader, que ce soit aller faire du skate. J'adore, je le vois rire, je le vois sourire. Je ne sais pas comment expliquer, je l'adore. j'adore tous ces moments quand tu étais enceinte ou avant est-ce que tu te projetais toi en tant que maman est-ce que tu avais imaginé ce type de relation ou c'est encore mieux que ce que tu avais imaginé ou pas c'était encore mieux que ce que j'avais imaginé j'avais du mal à enfin je savais que j'allais donner mon maximum pour lui mais j'imaginais pas que ça allait être aussi fort je savais que ça allait être fort parce que je l'aimais déjà mais je pensais pas que ça allait être aussi fort
- Speaker #0
Et comment il le vit lui ? Moi, j'ai un petit garçon, et là, en ce moment, il est en train de me repousser. Si je vais trop vers lui, il me repousse. Non ! Je sens qu'il a besoin... il a deux ans il est tout petit il est tout petit et il a besoin de son espace et plus tard il aura aussi besoin de ses espaces et sans que maman soit tout le temps avec lui donc c'est aussi comment avoir ce lien fusionnel et en même temps de garder sa distance pour qu'il puisse aussi s'envoler et aussi vivre sa vie de femme c'est à dire que tout ne tourne pas tout le temps autour de lui tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
je crois qu'il faut être juste et... respecter leurs demandes, savoir les écouter. C'est un peu comme nous, il y a des fois où on a envie, il y a des fois où on n'a pas envie. Et en fait, ils nous le rendent bien quand il y a un respect mutuel. Quand on se met, je ne peux pas dire à la même hauteur, mais on a quand même un rôle entre guillemets hiérarchique, ou d'autorité sur eux, mais c'est pour la bonne cause et je pense que quand ils en sont conscients, il accepte assez facilement.
- Speaker #0
Quand tu te mets sur le même niveau, tu ne te positionnes pas en tant que l'adulte qui représente l'autoritarisme, qui sait et tu m'écoutes et puis... directif et tu m'obéis. C'est vraiment je me mets à la hauteur de l'enfant, dans son regard aussi à lui et je suis là pour le guider et lui apprendre.
- Speaker #1
Ça peut parce qu'il y a des faiblesses aussi qui existent où des fois on est fatigué et on n'a pas envie de faire l'effort de mettre de la pédagogie dans ce qu'on dit ou de... Il y a des fois où je suis plus dure que d'autres et il y a des fois où il faut être ferme aussi et pas forcément... Arrondir les angles, mais en principe, il me connaît par cœur, il sait exactement les limites.
- Speaker #0
Comment tu envisages maintenant ? un deuxième enfant en nous donc un troisième non plus la relation amoureuse comment tu l'envisages aujourd'hui pour le futur ?
- Speaker #1
alors j'avais rencontré quelqu'un longtemps après le père du petit et en fait j'ai voulu chercher quelqu'un à l'opposé. C'est-à-dire que le père du petit, c'était quelqu'un qui était, je vais grossir le trait, mais un clown avec qui je rigolais constamment du matin au soir dans une très bonne relation. Et j'ai cherché quelqu'un de très sérieux, de très calme, quelqu'un qui communiquait beaucoup. Donc j'ai rencontré cette personne-là qui était gendarme au PSIG. et en fait malheureusement ça l'a pas fait donc on est resté deux ans quand même à vivre ensemble
- Speaker #0
Mais ce qu'il y a, c'est qu'avec le petit, c'était difficile. Il avait du mal à comprendre que je pouvais avoir beaucoup de mots tendres envers mon fils et moins avec lui. Et je lui disais, être une maman, l'amour pour son enfant, c'est différent que l'amour dans un couple. Et lui n'était pas papa. Alors lui, il voulait se marier avec moi et avoir des enfants, et moi je ne voulais pas, et ça a fait partie des choses qui ont bloqué. Et pareil, me mettre la pression avec ça. Alors au début, il me disait que non, qu'il ne me l'imposerait pas, qu'il préférait se sacrifier de ça plutôt que de me perdre. Mais finalement, il y a eu des réflexions par rapport à ça. Et en fait, à force, j'ai trop culpabilisé. Et puis j'ai dit, je n'ai pas le droit de lui enlever ce rêve. Donc j'ai fini par partir. Et depuis, j'ai du mal à... Il y a des garçons qui me tournent autour, des hommes du moins, mais je n'arrive pas à avoir le coup de cœur et je sais ce que j'attends. Et je ne baisserai pas, entre guillemets, mes critères. Peut-être que je ne veux pas paraître hautaine, mais j'attends vraiment le bon. Donc, je préfère attendre et me consacrer à ma relation avec mon fils en attendant.
- Speaker #1
De rencontrer le coup de cœur, la personne qui correspond à ce que tu recherches, et ne pas prendre n'importe qui, et ce n'est pas parce qu'il y en a plein qui tournent autour de toi, que tu dis bon, allez, je prends le premier venu.
- Speaker #0
Non, ça ne m'intéresse pas. Je n'ai pas envie de faire subir aussi un deuxième abandon à mon fils. Je n'ai pas envie, je pense trop à nous, on est trop heureux aujourd'hui. Prendre le risque d'être malheureux aussi, je voudrais être certaine de tomber sur la bonne personne.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une question que je ne t'ai pas posée, un sujet que tu aurais aimé aborder ?
- Speaker #0
Pas en particulier.
- Speaker #1
Est-ce que tu aurais un conseil ou un message à faire passer à des parents solos ?
- Speaker #2
6 conseil
- Speaker #0
d'aller voir des psychologues et des fois
- Speaker #1
je sais je sais tu pourras leur dire un grand merci et je les remercie aussi c'est précieux c'est vraiment précieux ok mais écoute je pense qu'on arrive à la fin de notre échange je te remercie beaucoup pour ce moment passé avec toi merci d'avoir écouté cet épisode N'hésitez pas à liker et partager le podcast pour aider les autres parents qui en auraient besoin. Vous pouvez retrouver les replays du podcast sur notre site internet emilyavelyne.com, liker la page Facebook et Instagram. A la semaine prochaine sur Sololitude pour une nouvelle histoire de parents solos.