- Speaker #0
Vous savez vous que depuis toujours de nuit comme de jour depuis l'aube des temps Léviathan ou Kraken, Selkie ou bien Sirène, Vampire des abysses, Nautilus à hélice, Maar géant, Hant, nos océans. Mais la plus fabuleuse, incroyable créature Est le dragon des mers, à l'immense envergure, Plus redoutable que le requin. Plus intelligent que le dauphin, plus puissant que le cachalot géant, plus habile que le poulpe blanc. Pour mesurer sa taille, de la queue jusqu'au cou, il vous faudra mettre dix baleines, bout à bout. Des cailles luisantes, dures comme de l'acier, Toutes les nuances de bleu y sont représentées.
- Speaker #1
Des nageoires géantes qui ressemblent à des ailes, Lui permettent de nager à une vitesse irréelle. Griffe dure comme le diamant !
- Speaker #0
De la gueule, il crache de l'eau bouillante en geyser, tel une cascade meurtrière. Des naseaux, il souffle un vent violent qui crée inondations, tourbillons, ouragans. Oh, je peux bien voir à votre petite aire Que de telles créatures ne seraient que chimères Mais que nenni, sachez que derrière les tsunamis, naufrages, raz-de-marée Se cache un dragon marin que l'on a énervé Dans chaque mer veille un spécimen Que les marins redoutent tel un croque-mitaine En Mediterranée, veille une dragone. Sultana est son nom, et c'est elle, la patronne.
- Speaker #1
De Marseille à Tangier, d'Alexandrie jusqu'au Piret, d'Izmir à Alicante, à Chypre comme à Palerme.
- Speaker #0
Eh oh ! Vous avez remarqué ? C'est l'aube. Le soleil rougit la surface de la mer. C'est le moment de la journée que Sultana préfère. Elle fonce dans l'eau à la vitesse de l'éclair, bouscule tout sur son passage, crée des vagues grosses comme des immeubles de dix étages. Et ça fait... Sultana ! Alors qu'est ce qu'on a dans la mer aujourd'hui voyons voir de petits poissons mais qui sont gracieux ma foi et le vieux crabe aussi et y en a du monde les poissons clown là bas ça dégage pas de temps à perdre avec les comiques et le requin tu me fais pas peur arrête de jouer les prédateurs Oh mais c'est Jules ! Oh Jules mon poteau ! Face de poule, va ! J'y fais un nœud à tes tentacules, moi ! Les copines crevettes ! Ça, ça fait un bail, je dis. On se retrouve après, pour la Yoli. Mais ça alors ! Mais c'est Bernard ! Bernard ! Bernard ! L'ermite va ! Non ! Ne va pas voir dans ta coquille si j'y suis ! Ne va pas te cacher, je vais pas te manger ! Ici c'est Marseille, bébé ! Et puis, c'est moi la reine, la championne, la souveraine ! La déesse des poissons de Mediterranée ! Le phare dans ta nuit ! La reine dragon ! Vous pouvez m'appeler Queen D.
- Speaker #1
Non, Sultana, sultana, non, Ecoute la voix de la reine des dragons C'est du vécu et pas de la science-fiction J'ai la daronne de la mer et des poissons Oui la DS et y'a pas compétition, non Non non non Non non non Non, non, sultana, Non, Celui qui dit que les dragonas ne sont pas faites pour régner, que c'est plutôt une histoire d'hommes et de dragons bien charpentés, que le premier monstre venu bien valu. Faudrait mieux la taf demander, sultana sultana sultana, que si les dragons ont des griffes, sultana sultana sultana, c'est pour broder et tricoter, non non non non non, non non non, sultana sultana sultana, non. Sultana, Sultana, non, Zultan à la diva, sultana sultana Zultan à la diva, sultana sultana Zultan à la diva, sultana sultana Zultan à la diva, sultana sultana Zultan à la diva, sultana sultana
- Speaker #0
Vous avez entendu ? Qu'est-ce que c'est ? Ce n'est pas un dauphin, ni un jeune marsouin. J'ai compris ! C'est un tout petit ! Le petit d'un humain ! Vous savez, un de ces deux pattes poilues qui font tant de raffus. Ils naviguent sur leur Pas que vos géants viennent massacrer mon océan. Ils polluent ma mer, mes plages, tranquillement. N'ont aucun respect pour le vivant. Que ce deux pattes coule, je m'en fiche royalement ! Sultana n'en revient pas. Seule entre les vagues, un bébé lutte et se débat. C'est une toute petite fille, à peine plus grosse qu'une anguille. Elle porte un gilet de sauvetage rapiécé. Et visiblement, elle ne sait pas nager. Notre dragonne sent son cœur se briser. Encore une naufragée ! Elle en a déjà vu par centaines, qui fuit la misère, la guerre, des pauvres gens qui confient leur avenir aux caprices de la mer. Sans trop savoir pourquoi, elle remonte à la surface de l'eau et prend l'enfant sur son dos. D'épuisement, la fillette s'endort aussitôt, la tête délicatement posée sur les écailles de Sultana, qui n'ose plus plonger, de peur de la réveiller. Alors elle nage tout doucement vers les calanques voisines, en fredonnant tendrement pour la jeune orpheline.
- Speaker #1
Ah, que fais-tu là, si près de moi, si loin pourtant, ma petite fille du continent ? Je suis la dragone, la protectrice des océans, je ne sais que faire de cet enfant. Un petit gamine isolé dans les flots D'où viennent tes racines, où se cache ton radeau Quel désespoir a causé ta venue Pourquoi ce départ vers l'inconnu Entends-tu le vent qui murmure pour toi ? Et le chant de l'eau qui te baisse de sa voix ? Ah, que fais-tu là ? Si près de moi, si loin pourtant Ma petite fille du continent Ah, tu grandiras dans les eaux bleues Et le sable blanc Oui, je t'élèverai comme mon enfant Crue, elle est ma belle, mère mediterranée Qui attire à elle les amours de l'esprit Tu peux t'apaiser et dormir dans mes bras. Viens, je serai là si tu veux bien de moi. Tu peux t'apaiser car je reste près de toi. Tu peux t'apaiser. Car je t'aime déjà
- Speaker #0
Dix années ont passé, petite Anguille est devenue jeune fille et pendant tout ce temps, Sultana l'a nourrie, bercée, protégée. Un nom lui a trouvé, Maar. Elle lui a déniché une petite grotte perdue, à l'abri du regard des deux pattes poilues. Dissimulée dans les calanques de la côte bleue, c'est une petite cachette secrète qu'elles ont aménagée toutes les deux. Il y a des coquillages multicolores sur tous les murs, c'est très joli. De longues algues séchées font office de rideaux, de tapis. Avec des bois flottés, elles ont confectionné une table, des chaises, des tabourets. Et notre dragonne a même volé sur le yacht de riches vacanciers. Merci. des couettes et des coussins brodés pour faire un lit douillet à sa jeune protégée. C'est la cabane de Maar, sa maison, son refuge. Et c'est là que chaque jour, elle retrouve sa maman d'adoption, Sultana, la reine dragon. Chaque matin à l'aube, elle l'appelle, à l'heure où le soleil rend la mer si belle. Ah, te voilà toi ! Ça fait des heures que je t'attends ! On a un programme super chargé aujourd'hui, tu sais ! Oh, pauvre ! Qu'est-ce que tu m'as prévu encore ? Une course de vitesse, avec les espadons ! Un lancé de roc-à-marteau ! Je gagne à tous les coups, de toute façon ! Non, pas du tout. J'ai une meilleure idée. On va aller terroriser les deux pattes sur la plage. Tu sais, ceux qui chaque jour la saccagent avec leurs mégots, leurs paquets de chips, de bretzels. Ceux qui ont oublié le rôle de la poubelle. Hé, de patte toi-même. Aurais-tu oublié que tu es une humaine ? Vé, ma foi, tu deviens pire que moi. Humaine, tu dis ? Mais jamais de la vie. Je n'ai rien à voir avec ces deux pattes. Je suis une rebelle, moi, une pirate. La fille d'une dragone. une bonne guerrière, une héroïne, une justicière. Et je m'en vais libérer la mer et ses rivages de ces poilus mal élevés qui font tant de ravages. Tiens, Maman Dragon, écoute un peu ma nouvelle chanson. Je viens juste de la composer pour ces affreux poilus à deux pieds. Pam pam, pam pam, pam pam, pam pam,
- Speaker #1
pam pam, tabi dabidéo, are pam pam, hey dabila, ayare pam pam, tabi dabidéo. Des hauts,
- Speaker #0
des hauts, ils arrivent tout arrogants, en se croyant très importants, le respect ne connaissent pas car ils se prennent pour des rois, non mais regardez-moi passer, ce troupeau de mal élevé, il est grand temps de les éduquer, oui, il est temps de les éduquer. Je m'en veux jouer les maîtresses, c'est leur apprendre la politesse, garde vos fesses,
- Speaker #1
garde vos fesses. de corbière au catalan oui c'est le même acharnement c'est le règne de capri de samedi
- Speaker #0
Le seum, la mer est notre meilleur allié, il est temps de la respecter, je n'ai pas peur de le chanter, je n'ai pas peur de le chanter. Par tous opposés leurs fesses, la nature est en détresse, quelle tristesse,
- Speaker #1
quelle tristesse. La, ya
- Speaker #0
Pourtant ce n'est pas compliqué tu dois pouvoir y arriver Il suffit d'un sacoubelle et d'un peu de bonne volonté Prie et tu peux y parvenir j'ai foi en tes capacités Montre l'exemple à tes darons s'ils n'ont pas eu l'information Montre l'exemple à tes copains ça ne leur fera que du bien Que du bien,
- Speaker #1
que du bien. Pam pam tabi da video, are pam pam tabi da video, are pam pam tabi da video, are pam pam deo deo.
- Speaker #0
Alors, Maman Dragon, comment tu la trouves cette nouvelle chanson ? Ah, c'est très bien. Et ma foi, c'est vrai que ces deux pattes sont de gros boucans. Encore pire que les gabians. Jeter leur saleté, on dirait que c'est trop compliqué. Ça va les faire caner. Ils sonnent toujours à Maar comme ça. Il fait chaud, mes tarpeines. La poubelle est trop loin. On n'est pas bien, là, au milieu des chips et des canettes de coca ? Écoute-moi. Tu vois, j'ai raison. Allez, hop, on y va. On fait une belle équipe, toi et moi. On fonce, on part en guerre. Nous sommes les justicières de la mer. Doucement, ma minotte, ne sois pas si dure envers tes compatriotes. Il y a bien des choses que tu ignores et que tu dois apprendre encore. Mal, je te le dis, tous les deux pattes ne sont pas ainsi. Certains humains sont des gens bien, avec le cœur sur la main. Je vais te raconter l'histoire de ma naissance, de mon passé. Il y a bien longtemps, quand tu n'étais pas né.
- Speaker #1
Ecoute ce récit que je vais te conter Il s'est passé ici il y a tant d'années A vingt mille lieues sous les mers Vivait un très vieux dragon vert Et ce dragon-là, c'était mon père
- Speaker #0
A lui seul, il veillait sur les sept mers et les cinq océans de la planète Terre. C'était un être à la peau dure, aux écailles couleur d'or pur, un courage légendaire, une sagesse exemplaire. Mais malgré toutes ses qualités, il se sentait bien solitaire. Oui, solitaire. Car notre dragon était unique, sans autre congénère. Et dans le fond de son cœur, de dragon célibataire, il ne rêvait que d'une chose, de devenir père. D'être le papa comblé de petits dragonneaux à qui il pourrait apprendre la vie sous les flancs, qui pourrait le seconder quand il se sentirait fatigué, car veillé tout seul sur les eaux salées du monde entier. Laissez-moi vous dire que c'est un métier. Mais comment donc se reproduire quand on est seul ? Je ne sais pas. Mais une nuit de pleine lune, notre dragon rêva. Il rêva si fort de son envie d'enfant que quand il s'éveilla brusquement, douze beaux oeufs dorés couverts d'écailles brillantes flottaient autour de lui dans une eau étincelante. « Port la bonne mienne ! » « Je meurs ! » s'exclama le dragon. « Me voilà donc père ! Ai-je perdu la raison ? » Mais il ne rêvait pas, et quelques lunes plus tard, les œufs se craquelèrent, et l'ont pu entrevoir douze bébés dragons, du plus blanc au plus noir. Les dragons grandirent en force et en sagesse, tous différents et tous charmants. Aucune carapace pareille, un véritable arc-en-ciel si mâle et si femelle. Tous plus intrépides que le suivant, leur père était fier et content. Mais un jour, sentant venir la fin de sa vie, il les appela près de lui. Mes chers petits, il est temps de vivre votre vie. Chacun d'entre vous se verra confier une mer ou un océan. Vous devrez veiller dessus comme sur votre propre enfant. À ces mots, de ses naseaux, il souffla un gigantesque vent salin qui aussitôt se divisa en douze petits tourbillons marins. Chaque tourbillon part dans une direction et chacun est suivi par un petit dragon. Là où le tourbillon va s'arrêter, le dragon devra rester et survivre seul pendant sept jours entiers. Quand vous reviendrez de votre mer ou de votre océan, racontez-moi vos aventures, mes enfants. Et si je vous vois digne de votre devoir, que vous me le fassiez. Vous menez à bien cette mission ? Je vous confierai ce territoire et vous aurez alors vos pouvoirs de dragon. Vous aurez la force et la vitesse, l'habileté et la hardiesse. Vous pourrez souffler de l'eau brûlante et des vents violents. Vous commanderez aux tempêtes et aux ouragans. Vous saurez parler toutes les langues de l'océan. Mais avant, je veux être sûre que votre esprit est vif et votre cœur est pur. Partez, enfants, et revenez-moi.
- Speaker #1
As-tu bien retenu ma naissance, mon passé ? Toi mon enfant, toi ma princesse, oh my chérie, oui ma déesse, je te prôte vers... Je t'en fais la promesse Vers le dragon, la fée autrefois Je t'apprends mes leçons Et je veille sur toi La la Mais je t'ai adopté gamine Et tu ignores que j'en ai jean Tu sauras tout de mon enfance Mais jamais rien De ta naissance
- Speaker #0
C'est donc ça, l'histoire de ta naissance, maman ? Mais c'est complètement ouf ! C'est dément ! Mais cela ne m'explique pas en quoi les deux pattes seraient polies et courtois. Tu ne m'as toujours pas convaincue à propos de ces poilus. Mais je n'ai pas fini de raconter, arrête un peu de gigoter. Tiens, assis-toi et ouvre grande tes oreilles, va. Sultana lui conta alors comment elle était la dragone la plus éveillée de la fratrie. Couleur bleu acier, caractère bien trempé, son petit tourbillon finit sa route en Mediterranée. Pendant six jours, elle va vivre des aventures fantastiques. Elle se bat contre trois gros cachalots, des sacrés loustiques qui refusent sa présence dans leur mer sous prétexte qu'elle est étrangère. Mais notre dragonne a du caractère et refuse de se faire marcher sur les pieds. Elle est vaniteuse, intrépide, délurée, et surtout, surtout, avec sa grande gueule pleine de dents pointues, avec ses colères et son caractère têtu, elle se voit déjà reine de l'océan, invincible parmi les plus grands. Et au septième jour, Sultana n'en fait qu'à sa tête. Elle danse, elle vire, volte Dans l'onde, elle explose Sans voir une seconde Qu'au danger, elle s'expose Elle fonce, elle baissait L'âge mort endressé Écaille aiguisée Et rap Ivre de puissance Atroprie la confiance En oublie ses défenses Voilà Ce qui devait arriver, arriva Ce qui devait arriver Ce qui devait arriver, arriva Ce qui devait arriver Ce qui devait arriver, arriva Ce qui devait arriver C'est ça qui te fait Ce qui devait arriver, arriva. Ce qui devait arriver, arriva. Pas tard. La voilà piégée. La queue tout emmêlée dans un énorme filet. Peuchère, me voilà prisonnière. J'ai complètement raté ma mission. Je ne pourrai jamais rentrer à la maison. Et notre jeune dragonne, tout effrayé, pour la première fois, se met à pleurer. Là-haut, dans le bateau, les pêcheurs qui ont jeté le filet s'interrogent. Vé, on n'arrive même pas à le relever ce filet, ça doit être une belle prise en vérité. Le capitaine du bateau demande alors à son jeune fils de plonger, pour aller voir quel étrange poisson s'est retrouvé prisonnier. Le jeune garçon saisit son couteau et plonge aussitôt. Et là, abasourdi, il découvre des écailles luisantes et mordorées, une gueule béante, terrifiée, une longue queue de serpents blessés et deux grands yeux dorés qui le regardent s'encligner. Le garçon brandit son couteau devant lui. Il s'approche sans un bruit. en nageant avec précaution. Et d'un coup de lame, TCHAC ! la libère de sa prison. « Je sais qui tu es, » murmure le garçonné. « Je te reconnais. Tu es la déesse des mers. Je t'ai encore vue dans mes rêves hier. Que tu es belle, que tu es fière. » Sultana le regarde alors fixement et cligne une fois des yeux. « Ne crains rien, je ne dirai rien. Je raconterai que c'est un rocher qui s'est pris dans le filet. Ta queue est un peu abîmée, mais tu devrais pouvoir nager. » La dragone cligne encore une fois ses lourdes paupières bleues et de sa nageoire lui caresse doucement les cheveux. Je ne t'oublierai jamais, ça restera notre secret. Et aussitôt, il remonte vers le bateau, retrouver les autres matelots. Sultana peut alors rentrer près de son père, l'immense et respecté dragon des mers. Ses frères et soeurs y sont déjà. C'est à elle de raconter ce qu'elle a vécu là-bas. Elle dit tout, ou presque. La Mediterranée, les poissons rencontrent. Les gros cachalots défiés, la confiance installée. Sultana, m'as-tu vraiment tout raconté ? Honteuse, la jeune dragone doit alors avouer son arrogance, sa légèreté, la capture méritée. Et le sauvetage, grâce à ce jeune deux pattes à peine poilu, au cœur si pur comme elle n'en avait jamais vu. « Et quelle leçon en as-tu tiré ? » demande son père, intéressé. Devant le silence embarrassé de sa fille, le roi dragon s'adresse à toute la famille. « Mes enfants, sachez... » que même le plus fragile, le plus gracile des êtres vivants peut venir au secours de bien plus forts, de bien plus grands. Si tu cultives en ton âme espoir et connaissance, tu nourriras la flamme de l'amour et la bienveillance. Savoir rester humble est une qualité, car chaque être sur terre a quelque chose à apporter. Oui, pensons équilibre et respect de chacun. quantité. L'harmonie est possible dans l'entente et l'égalité. L'harmonie est possible dans l'entente et l'égalité. Ma fille bien-aimée, tu as appris l'humilité et rencontré l'humanité. Belle leçon pour cette journée. Il lui donna alors le pouvoir de l'eau brûlante et du vent sacré et lui confia enfin la Mediterranée. Maar, tout cela s'est passé Il y a des centaines et des centaines d'années Je l'avais presque oublié Et quand je t'ai rencontré, ma gâtée Ce sentiment s'est réveillé Il faut toujours garder en son cœur, comme un trésor enfoui, l'amour, l'espoir et la confiance dans la vie. C'est donc ça, l'histoire de ta famille, de ta naissance ? Et moi, quelle est la mienne ? Où sont mes racines humaines ? C'est un jeune deux pattes qui t'a sauvé la vie, comme tu Ausha la mienne autrefois. Nous n'existerions pas aujourd'hui s'ils n'avaient pas été là. Les humains ne sont pas tous cruels, je le comprends. Et je me rends compte que je ne les connais pas. Pourtant, je suis l'une d'entre eux, c'est évident. Je ne peux pas m'arrêter là. Sultana se tait. Son cœur est lourd. Elle sent que l'heure du départ de Maar est arrivée. Elle l'attend redoutée. Mon enfant, mon bébé, ma belle Maar des eaux salées, que vais-je pouvoir te dire afin de te retenir ? Je le sens dans mon cœur que tu rêves de partir et j'ai si peur de te voir souffrir. Sultana, mi mama, Maar est mon nom, celui que tu m'as choisi quand tu m'as recueilli, Maar la mère. Et la mer ne peut pas être une frontière. Ce n'est pas un barrage, mais un lieu de passage. Elle doit porter la vie, la rencontre, le partage. Mes parents humains avaient l'espoir d'une vie meilleure sur l'autre rive. Peut-être n'était-ce qu'un rêve, une illusion à la dérive. Mais je me dois d'y aller. Sur terre, d'une rive à l'autre, je veux pouvoir marcher. Je veux être libre d'aller et venir de chaque côté. Comme chaque poisson est libre dans la mer, chaque être humain doit être chez lui, sur terre. Maar Habibi, comme tu as grandi ! Oh Mika, je suis si fière de toi ! Mais comme tu auras froid dans le cœur ! Si tu es seul, si tu as peur, alors tu n'auras qu'à murmurer mon nom et je serai là pour toi, Dragonita, fille de dragon.
- Speaker #1
Ma Mère