METACLASSIQUE

Métaclassique #74 – Sidérer

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1h00 |01/07/2020
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Description

Le 11 septembre 2001, le monde entier s’est trouvé sidéré de voir deux avions percuter les deux tours du World Trade Center. La sidération peut vouloir dire que le choc fait à l’entendement repousse celui qui l’éprouve hors de ses capacités à se représenter ce qu’il a vu. Mais la sidération est aussi ce que peut éprouver un individu face à une œuvre d’art qui le fait toucher au sublime, alors commence une troublante et insupportable analogie entre le 11 septembre 2001 et une œuvre d’art. Pour autant, aucun journaliste n’a été inquiété pour avoir qualifié l’événement du 11 septembre 2001 de « sidérant ». Cinq jours plus tard : le 16 septembre 2001, au cours d’une conférence de presse, le compositeur Karlheinz Stockhausen qualifie « ce qu’il est arrivé » comme « la plus grande œuvre d’art qui ait jamais été donnée » ; un journaliste demande alors : « N’y a-t-il aucune différence entre une œuvre d’art et un crime ? » Le compositeur répond : « Bien sûr ! Un crime, c’en est un, vous le savez, parce que les êtres humains n’étaient pas d’accord. Ils ne s’étaient pas rendus au concert. C’est clair. Et personne n’était là non plus pour leur annoncer : « vous pourriez y passer ». Moi non plus. Donc en art ce n’est pas aussi grave. Mais ce qu’il s’est passé de spirituel, ce saut hors de toute certitude, par-delà l’entendement, au-delà de la vie, cela se produit parfois également poco a poco dans l’art. Ou bien l’art n’est rien. »

S’ensuit une tempête médiatique sans commune mesure avec celle déclenchée, en 1827, par la publication par Thomas de Quincey de l’essai De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts ou, en 1930, par la définition donnée par André Breton dans le Second Manifeste du Surréalisme : « L’acte surréaliste le plus simple, consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule. »

Comme dit Lambert Dousson : « indignation et réflexion ne s’excluent pas ». Auteur, aux éditions MF, du livre Stockhausen et le 11 septembre, Essai sur la musique et la violence, il est cette semaine l’invité unique de Métaclassique.

Avec la partition d’Omer Corlaix.

Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

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Le 11 septembre 2001, le monde entier s’est trouvé sidéré de voir deux avions percuter les deux tours du World Trade Center. La sidération peut vouloir dire que le choc fait à l’entendement repousse celui qui l’éprouve hors de ses capacités à se représenter ce qu’il a vu. Mais la sidération est aussi ce que peut éprouver un individu face à une œuvre d’art qui le fait toucher au sublime, alors commence une troublante et insupportable analogie entre le 11 septembre 2001 et une œuvre d’art. Pour autant, aucun journaliste n’a été inquiété pour avoir qualifié l’événement du 11 septembre 2001 de « sidérant ». Cinq jours plus tard : le 16 septembre 2001, au cours d’une conférence de presse, le compositeur Karlheinz Stockhausen qualifie « ce qu’il est arrivé » comme « la plus grande œuvre d’art qui ait jamais été donnée » ; un journaliste demande alors : « N’y a-t-il aucune différence entre une œuvre d’art et un crime ? » Le compositeur répond : « Bien sûr ! Un crime, c’en est un, vous le savez, parce que les êtres humains n’étaient pas d’accord. Ils ne s’étaient pas rendus au concert. C’est clair. Et personne n’était là non plus pour leur annoncer : « vous pourriez y passer ». Moi non plus. Donc en art ce n’est pas aussi grave. Mais ce qu’il s’est passé de spirituel, ce saut hors de toute certitude, par-delà l’entendement, au-delà de la vie, cela se produit parfois également poco a poco dans l’art. Ou bien l’art n’est rien. »

S’ensuit une tempête médiatique sans commune mesure avec celle déclenchée, en 1827, par la publication par Thomas de Quincey de l’essai De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts ou, en 1930, par la définition donnée par André Breton dans le Second Manifeste du Surréalisme : « L’acte surréaliste le plus simple, consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule. »

Comme dit Lambert Dousson : « indignation et réflexion ne s’excluent pas ». Auteur, aux éditions MF, du livre Stockhausen et le 11 septembre, Essai sur la musique et la violence, il est cette semaine l’invité unique de Métaclassique.

Avec la partition d’Omer Corlaix.

Une émission produite et réalisée par David Christoffel.

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Le 11 septembre 2001, le monde entier s’est trouvé sidéré de voir deux avions percuter les deux tours du World Trade Center. La sidération peut vouloir dire que le choc fait à l’entendement repousse celui qui l’éprouve hors de ses capacités à se représenter ce qu’il a vu. Mais la sidération est aussi ce que peut éprouver un individu face à une œuvre d’art qui le fait toucher au sublime, alors commence une troublante et insupportable analogie entre le 11 septembre 2001 et une œuvre d’art. Pour autant, aucun journaliste n’a été inquiété pour avoir qualifié l’événement du 11 septembre 2001 de « sidérant ». Cinq jours plus tard : le 16 septembre 2001, au cours d’une conférence de presse, le compositeur Karlheinz Stockhausen qualifie « ce qu’il est arrivé » comme « la plus grande œuvre d’art qui ait jamais été donnée » ; un journaliste demande alors : « N’y a-t-il aucune différence entre une œuvre d’art et un crime ? » Le compositeur répond : « Bien sûr ! Un crime, c’en est un, vous le savez, parce que les êtres humains n’étaient pas d’accord. Ils ne s’étaient pas rendus au concert. C’est clair. Et personne n’était là non plus pour leur annoncer : « vous pourriez y passer ». Moi non plus. Donc en art ce n’est pas aussi grave. Mais ce qu’il s’est passé de spirituel, ce saut hors de toute certitude, par-delà l’entendement, au-delà de la vie, cela se produit parfois également poco a poco dans l’art. Ou bien l’art n’est rien. »

S’ensuit une tempête médiatique sans commune mesure avec celle déclenchée, en 1827, par la publication par Thomas de Quincey de l’essai De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts ou, en 1930, par la définition donnée par André Breton dans le Second Manifeste du Surréalisme : « L’acte surréaliste le plus simple, consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule. »

Comme dit Lambert Dousson : « indignation et réflexion ne s’excluent pas ». Auteur, aux éditions MF, du livre Stockhausen et le 11 septembre, Essai sur la musique et la violence, il est cette semaine l’invité unique de Métaclassique.

Avec la partition d’Omer Corlaix.

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Le 11 septembre 2001, le monde entier s’est trouvé sidéré de voir deux avions percuter les deux tours du World Trade Center. La sidération peut vouloir dire que le choc fait à l’entendement repousse celui qui l’éprouve hors de ses capacités à se représenter ce qu’il a vu. Mais la sidération est aussi ce que peut éprouver un individu face à une œuvre d’art qui le fait toucher au sublime, alors commence une troublante et insupportable analogie entre le 11 septembre 2001 et une œuvre d’art. Pour autant, aucun journaliste n’a été inquiété pour avoir qualifié l’événement du 11 septembre 2001 de « sidérant ». Cinq jours plus tard : le 16 septembre 2001, au cours d’une conférence de presse, le compositeur Karlheinz Stockhausen qualifie « ce qu’il est arrivé » comme « la plus grande œuvre d’art qui ait jamais été donnée » ; un journaliste demande alors : « N’y a-t-il aucune différence entre une œuvre d’art et un crime ? » Le compositeur répond : « Bien sûr ! Un crime, c’en est un, vous le savez, parce que les êtres humains n’étaient pas d’accord. Ils ne s’étaient pas rendus au concert. C’est clair. Et personne n’était là non plus pour leur annoncer : « vous pourriez y passer ». Moi non plus. Donc en art ce n’est pas aussi grave. Mais ce qu’il s’est passé de spirituel, ce saut hors de toute certitude, par-delà l’entendement, au-delà de la vie, cela se produit parfois également poco a poco dans l’art. Ou bien l’art n’est rien. »

S’ensuit une tempête médiatique sans commune mesure avec celle déclenchée, en 1827, par la publication par Thomas de Quincey de l’essai De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts ou, en 1930, par la définition donnée par André Breton dans le Second Manifeste du Surréalisme : « L’acte surréaliste le plus simple, consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule. »

Comme dit Lambert Dousson : « indignation et réflexion ne s’excluent pas ». Auteur, aux éditions MF, du livre Stockhausen et le 11 septembre, Essai sur la musique et la violence, il est cette semaine l’invité unique de Métaclassique.

Avec la partition d’Omer Corlaix.

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