Speaker #0Vous arrive-t-il parfois de penser à la personne que vous auriez pu devenir ? Moi, ça m'arrive très souvent de revenir sur le passé, de me demander ce que j'aurais pu devenir si j'avais fait d'autres choix. Pas nécessairement avec des regrets, plutôt comme une pensée qui traverse l'esprit. Je me dis, tiens, j'aurais pu prendre cette voie-là ou faire ce choix-là qui m'a ramené vers les horizons différents. On retrouve une vieille photo, on passe devant un endroit... On habitait à 25 ans, on entend une chanson, on croise quelqu'un qu'on n'a pas vu depuis 30 ans. Et tout d'un coup, pendant quelques secondes, on se souvient de la personne et on se demande non seulement la personne qu'on a été, mais celle qu'on aurait pu devenir. À cette époque, votre vie n'était peut-être pas complètement dessinée. Vous pouviez partir, changer de métier, créer quelque chose, vivre ailleurs, aimer quelqu'un d'autre. Vous imaginez peut-être une maison, un métier, une famille, des voyages ? Vous aviez des projets complètement absurdes parfois. C'était magnifique aussi, d'autres probablement irréalistes. Et puis la vie a avancé. Vous avez pris une route. Il fallait faire un choix ou des choix. Une décision en a entraîné une autre. Vous avez accepté un travail, puis une promotion. Vous avez rencontré quelqu'un. Vous avez eu des enfants peut-être. Vous choisissez de ne pas en avoir. Vous avez acheté un appartement, une maison. Vous avez peut-être créé une entreprise. Vous avez parfois choisi, parfois simplement suivi ce qui vous semblait logique à ce moment-là. Merci. Et 30 ans plus tard, lorsque vous regardez derrière vous, vous apercevez toutes les routes que vous n'avez pas prises. Alors une question peut apparaître. Où sont passées ces personnes que j'aurais pu devenir ? Est-ce qu'elles ont complètement disparu ? Ou est-ce qu'une partie d'elles vit encore quelque part en moi ? C'est ce que j'aimerais aujourd'hui explorer avec vous dans ce nouvel épisode de Minuit à Bali. Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Musique Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, Master Coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre autrement. Parce qu'il n'est jamais trop tard pour devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit, à Bali. Il est minuit à Bali, ou presque, on ne va pas jouer sur les mots, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment pour regarder autrement notre vie, essayer de comprendre ce qui nous anime. Ce qui nous fait avancer et parfois nous éloigne de nous-mêmes et découvrir d'autres façons de changer notre vie ou simplement de la vivre autrement. Et ce soir, nous allons parler de quelque chose que deux chercheuses américaines, Hazel Marcus et Paula Narius, Narius d'ailleurs, ont appelé dans les années 1980 les possibles selves, les sois possibles. Le terme n'est pas très poétique, certes, mais l'idée, elle est, je trouve, intéressante. En 1986, Marcus Ennurius publie un article dans la revue américaine Psychologist, et elle parte d'une idée finalement assez simple. Nous ne sommes pas seulement constitués de ce que nous pensons être aujourd'hui. Nous partons également en nous des représentations de ce que nous aurions pu. devenir, ou de ce que nous pourrions devenir. La personne que nous aimerions être. D'ailleurs, vous l'entendez souvent à la fin des génériques, d'être une personne que vous avez toujours voulu être, la personne que nous aimerions être, la personne que nous pensions ou que nous pensons pouvoir devenir. Mais il y a aussi, et c'est important, les personnes que nous avons peur de devenir. Autrement dit, nous ne vivons pas uniquement avec notre identité actuelle. Nous vivons entourés de futurs possibles. Et ces futurs ne sont pas complètement abstraits. On peut s'imaginer à 60 ans, en pleine forme, entouré de ses proches, avec du temps pour nous, vivant une vie qui nous ressemble. Mais on peut aussi s'imaginer à 60 ans, épuisé, aigri, toujours dans le même bureau, répétant depuis 15 jours. ans que on va bientôt changer quelque chose, on va bouger les choses, on va faire bouger Les choses. Et les deux personnages, eh bien, n'existent pas. Enfin, pas encore. Vous n'êtes pas encore à 60 ans, ou peut-être que vous l'êtes d'ailleurs. Dans ce cas-là, vous êtes à 65, 70, peu importe. Mais vous n'êtes pas encore la personne qui est à 60 ans en pleine forme, ou au contraire, toujours bloquée dans un travail qui ne vous plaît pas, ou peut-être même avec une famille qui ne vous correspond pas. En même temps, vous ne l'avez pas choisie. Donc ces deux personnages n'existent pas encore, c'est le futur, mais ils peuvent effectivement influencer vos décisions. Et c'est ça qui est particulièrement intéressant. Notre futur imaginaire, parfois, agit sur notre présent. Lorsque vous prenez soin de votre santé... Vous le faites peut-être en partie parce qu'il existe quelque part dans votre tête une version de vous que vous souhaitez rejoindre, une personne en pleine forme par exemple. Lorsque vous dites « je ne veux surtout pas finir comme ça » , vous êtes également guidé par un « soit » possible, mais cette fois un « soit » que vous voulez éviter. Nous avançons donc parfois entre deux personnages, celui que nous espérons devenir et celui tout simplement que nous redoutons devenir. Mais il existe une troisième catégorie dont j'ai envie de parler aujourd'hui, qui m'intéresse particulièrement. Toutes les personnes que nous avons autrefois imaginées devenir et que nous ne sommes jamais devenues. Plus ou moins quelqu'un de 48 ans, appelons-le Marc. A 20 ans, Marc voulait travailler dans le cinéma. Pas forcément devenir Spielberg, il aimait raconter des histoires, filmer, monter des images, il a même réalisé d'ailleurs quelques petits films avec des amis. Et puis, il a fallu choisir ses études. Ses parents lui ont expliqué, avec les meilleures intentions du monde, que le cinéma, c'était compliqué, qu'il fallait avoir un vrai métier. Voilà, assurer son avenir. Et Marc, il s'est... C'était quelqu'un qui était plutôt bon en économie. Et donc il a fait une école de commerce, puis un stage, et puis il a fait un CDI ensuite. Et à 30 ans, il dirige... Il faut diriger une petite équipe. À 40 ans, il était directeur commercial. Et aujourd'hui, il gagne bien sa vie. Il possède une belle maison. Ses enfants font des études. Comme on dit, il n'a pas raté sa vie. Une phrase qui veut pas dire grand-chose. Rater sa vie par rapport à qui, par rapport à quoi ? Voilà un autre sujet de podcast. Alors soyons très clairs là-dessus. Mais un soir, chez les amis, quelqu'un lui montre un petit film qu'il vient de réaliser. Et Marc ressent quelque chose. Pas de la jalousie, quelque chose de peu bizarre. Comme s'il reconnaissait quelqu'un, lui-même. ancienne version de lui-même. Et c'est là que nous pouvons commettre une première erreur. Nous pouvons nous raconter que Marc aurait dû devenir réalisateur. Que ses parents ont détruit son rêve. Qu'il a gâché sa vie en devenant directeur commercial. C'est la première chose à laquelle on pense, c'est tentant. C'est même très développement perso, développement personnel. Retrouvez votre rêve d'enfant, écoutez votre foi intérieure. Devenez enfin qui vous étiez destiné à être. Je vous en parle encore une fois. Même si j'en parle dans ces intros de podcast en disant « devenez la personne que vous avez toujours voulu être » , je me méfie quand même beaucoup de cette idée. Parce que rien ne prouve que Marc aurait été heureux dans le cinéma. Peut-être qu'il aurait détesté l'instabilité, peut-être qu'il aurait arrêté au bout de trois ans, on ne sait pas. Peut-être qu'il aurait découvert qu'il aimait faire des films avec ses copains, mais pas travailler 16 heures par jour sur un tournage. On idéalise facilement les vies qu'on n'a pas vécues, parce qu'on n'a jamais eu l'occasion. de les détester, donc d'être déçus. La carrière abandonnée, c'est toujours magnifique. La ville où nous ne sommes jamais partis à vivre, c'est toujours formidable. On ne l'a pas vécu. Donc évidemment, c'est formidable dans l'imagination. L'histoire d'amour, qui n'a jamais commencé, reste parfaite. Reste parfaite, pardon. On n'a jamais connu la fin, donc c'est parfait. Premier amour, surtout. Peut-être que la réalité n'est jamais venue l'abîmer. Alors la question n'est peut-être pas est-ce que Marc aurait dû devenir réalisateur ? La question intéressante, c'est plutôt, est-ce que cette ancienne version de marque... comment je vais prononcer ça est-ce que cette version de Marc essayait de vivre et bien c'était celle qui lui correspondait le mieux j'ai reformulé donc est-ce que c'était réellement le cinéma ou est-ce que c'était la création, le besoin de raconter, parce qu'en finalité c'était un raccourci, de se dire tiens, Marc a raté sa vie il aurait dû devenir cinéaste est-ce qu'il avait besoin de se raconter est-ce que le sentiment de fabriquer quelque chose c'était quelque chose qui lui appartenait est-ce qu'il ressent sentait de la liberté, le travail collectif, le désir de regarder le monde et de raconter ce qu'il voyait. Puis tout d'un coup, la question change complètement. Marc n'a peut-être absolument pas besoin de quitter son emploi. Il peut découvrir ce qui lui manque. Ce n'était pas la vie d'un réalisateur. C'est simplement la possibilité de créer. Et là, quelque chose redevient accessible. C'est une nuance qui me semble essentielle quand on parle de changement de vie. Parce que nous cherchons parfois à récupérer la forme ancienne d'un désir alors que son contenu nous manque. Vous voulez devenir vétérinaire ? Moi j'ai toujours voulu devenir vétérinaire, m'occuper des animaux, des chiens, plutôt d'ailleurs des animaux type savane, des chimpanzés, des lions, des tigres, c'est des choses qui m'auraient bien plu ça. Pourquoi pas ? Peut-être que vous ne voulez absolument plus soigner des chiens et des Ausha 8 heures par jour. C'est peut-être pas votre truc, mais peut-être que c'était votre rapport aux animaux qui a disparu de votre vie. Je vous parlais de l'Afrique. Vous vouliez vivre en Afrique. Vous n'avez peut-être aucune envie aujourd'hui de tout quitter pour Nairobi ou Dakar. Mais l'aventure, la découverte et le contact avec d'autres cultures vous manquent terriblement. Ce n'est pas pareil. Vous voulez être musicienne, vous vouliez être. être musicienne. Vous faisiez de la flûte, vous faisiez la flûte à bec, la flûte traversière. Vous faisiez de la guitare, vous jouiez de la guitare. J'aurais toujours voulu être musicienne. Mais peut-être que vous n'avez jamais voulu réellement faire une carrière musicienne. musicale. Vous vouliez seulement que la musique continue à occuper une place importante dans votre vie. Et puis des années ont passé, puis la guitare est restée dans son étui. Ça a disparu. Ce qui nous manque parfois n'est donc pas la personne que nous aurions pu devenir. C'est une partie de nous que cette personne a représentée. Et c'est là que les travaux dont je vous ai parlé de Marcus et Norius abordent une autre idée importante. Nos « soi » possibles ne sont pas fabriqués dans le vide. Ils viennent aussi du monde qui nous entoure. Nous imaginons ce que nous pouvons devenir à partir de ce que notre époque, notre culture, notre famille et les personnes autour de nous nous permettent d'imaginer. Quand vous aviez 10 ans et que vous voyez autour de vous que certains modèles de réussite vous intéressent et vous inspirent, ce sont naturellement des modèles qui vont alimenter votre imagination. On ne rêve pas facilement de devenir quelque chose dont on ignore l'existence. Bien évidemment. Et inversement, certaines vies nous semblent impossibles, simplement parce que personne d'autre que nous les ont vécues. Vous voyez la différence ? Ça me paraît essentiel. Parce qu'une partie des personnes que nous avons voulu devenir ne venait peut-être pas réellement de nous. Imaginez Sophie. A 25 ans, Sophie voulait devenir avocate dans un grand cabinet. Elle travaille énormément. Et à 35 ans, elle y arrive. A 45 ans, elle demande pourquoi elle n'est toujours pas satisfaite. Alors elle commence à se culpabiliser. Elle a réussi. Pourquoi se plaint-elle ? Des milliers de personnes aimeraient avoir sa situation. Et un jour, elle réalise quelque chose. De très simple. Lorsqu'elle était jeune, autour d'elle, « Réunir » signifiait avoir fait de grandes études, exercer une profession prestigieuse, gagner correctement sa vie et obtenir une forme de reconnaissance sociale. Elle a donc poursuivi une personne possible, une identité possible, l'avocate brillante. Elle est devenue. Le problème n'est pas qu'elle a échoué. Le problème, c'est exactement l'inverse. elle a réussi à devenir quelqu'un qu'elle n'est plus certaine d'avoir elle-même choisi de vouloir devenir. Je refais la phrase. Elle a réussi à devenir quelqu'un qu'elle n'est plus certaine d'avoir elle-même choisi de vouloir devenir. Je trouve cette phrase importante parce que nous passons énormément de temps à nous demander si nous avons réussi à devenir la personne que nous voulions être. Mais beaucoup moins nous demander pourquoi nous voulions devenir cette personne. Pour nous, pour être aimé, pour assurer nos parents, peut-être pour appartenir à un milieu, pour prouver des choses, pour ne surtout pas ressembler à quelqu'un d'autre, peut-être pour être reconnu, pour gagner de l'argent. Et puis derrière l'argent, tiens, parlons-en, qu'est-ce qu'on cherchait ? La liberté, la sécurité, le statut. Je crois qu'on ne peut pas regarder nos anciennes vies possibles uniquement avec la nostalgie. Il faut parfois les interroger. Certaines contiennent des parts profondes de nous-mêmes. D'autres contiennent des parts profondes de nous-mêmes. surtout, les attentes des autres et apprendre à faire la différence peut changer beaucoup de choses. Il y a également une autre dimension des soies possibles, que je trouve encore plus intéressante à 40, 50 ou 60 ans plutôt qu'à 20. C'est notre capacité à en fabriquer de nouveaux. Parce qu'on pourrait croire que les possibles diminuent avec l'âge. Évidemment, certaines portes se ferment. Je ne peux plus faire les choses que je pouvais faire avant, c'est vrai, c'est clair. Ou il y a des choses que je ne pouvais pas faire maintenant. Donc il est possible qu'ils se ferment, qu'ils diminuent avec l'âge. Et là, certaines portes se ferment. À 55 ans, je ne vais probablement pas décider de devenir champion olympique de gymnastique. Alors sinon, je vais partir dans les vétérans ou dans les seniors, plus, Il y a des réalités biologiques, économiques et familiales. Changer de vie ne signifie pas nier la réalité. Mais nous faisons parfois quelque chose de plus. Beaucoup plus radical. Nous considérons que parce que certaines possibilités ont disparu, le temps des possibles est terminé. Et c'est pas la même chose. Nous continuons à pouvoir imaginer des versions nouvelles de nous-mêmes. C'est possible. Le problème, c'est que nous les imaginons souvent à partir de notre identité actuelle. Je suis directeur financier, donc mon futur sera une évolution de directeur financier. Je suis marié depuis 30 ans, donc mon futur doit forcément ressembler à la continuité de cette vie. J'habite à Paris, par exemple, depuis 25 ans, donc lorsque j'imagine ma retraite, j'imagine Paris avec davantage de temps libre. On extrapole, comme si notre avenir devait être une simple version légèrement modifiée de notre présent. Et pourtant, regardez votre propre vie. Combien de choses essentielles vous sont arrivées que vous n'auriez jamais pu imaginer auparavant ? Vous avez fait des nouvelles rencontres, peut-être des métiers, des accidents, des opportunités, des séparations, des passions, des pays que vous avez revisités. Nous sommes parfois très mauvais pour imaginer ce qui pourrait réellement nous arriver. Alors peut-être que le « soit possible » , le plus intéressant, n'est peut-être pas une image précise. Ce n'est pas « dans 5 ans, j'habiterai là, exactement, je gagnerai ça et je ferai exactement ce métier » . C'est plutôt une direction. « Dans 5 ans, j'aimerais être davantage libre, davantage curieux » . C'est important la curiosité. Vous voyez, c'est moins dépendant du regard des autres. Plus présent pour mes proches, plus créatif, physiquement plus actif, professionnellement plus autonome. Vous voyez la différence ? On ne dessine plus le décor, on commence à définir la personne. Et les recherches réalisées après Marcus et Norius apportent ici une nuance essentielle. Imaginer un futur possible ne suffit pas. On peut rêver énormément et ne jamais bouger. Les travaux de Daphna Ouserman et de ses collègues ont notamment montré, dans le domaine scolaire, que les « Sois possibles » deviennent beaucoup plus utiles lorsqu'ils sont associés à des stratégies crédibles permettant de les rejoindre. Ça paraît évident, mais réfléchissez à la quantité de projets de vie qui restent précisément coincés là. J'aimerais écrire... Très bien. Qu'est-ce qui existe aujourd'hui entre vous et cette personne qui écrit ? J'aimerais vivre ailleurs. Très bien. Quel premier contact avec cet ailleurs pouvez-vous créer ? J'aimerais travailler autrement. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Moins d'heures, une autre fonction, créer votre activité, changer d'environnement, vous former l'image seule peut être agréable. Et le chemin commence lorsque l'image rencontre une action possible. Mais attention, je ne vais pas vous proposer de terminer cet épisode en faisant la liste de vos 10 objectifs. D'acheter un tableau blanc et de transformer votre vie avec, avant dimanche soir, des post-it et des trucs à épingler, non. Ce serait complètement contradictoire avec ce que nous voulons de voir. Je vais vous proposer quelque chose de plus simple. Aujourd'hui, demain, quand vous en avez envie, vous prenez 20 minutes, ok ? Prenez 20 minutes et pensez à trois personnes. La première, c'est celle que vous imaginez devenir lorsque vous aviez 20 ans. Pensez au contexte également, hein. Mais bon, imaginez les personnes que... vous aviez envie de devenir lorsque vous aviez 20 ans. Ne jugez pas cette personne. Regardez-la. Que voulait-elle devenir, cette personne ? Comment imaginait-elle sa vie ? Et surtout, derrière ses projets, qu'est-ce qu'elle cherchait ? C'est intéressant. Ensuite, la deuxième personne, c'est celle que vous êtes lentement en train de devenir si rien ne change dans votre vie actuelle. C'est pas un scénario catastrophe automatiquement, simplement par continuité. Dans 5 ans, si votre travail, vos relations, vos habitudes, votre rythme et votre manière de vivre restent identiques, à quoi vous allez ressembler ? Encore une fois, ne vous jugez pas. Est-ce que cette personne vous convient ? Parce que nous pensons souvent que de ne pas choisir signifie rester au même endroit. Non, c'est faux. Le temps continue. Le temps continue. Et ne pas s'y décider, c'est aussi un mouvement, une trajectoire. Et enfin, nous avons une troisième personne, bien sûr, parce qu'on a parlé de trois personnes. Alors là, c'est pas votre rêve de 20 ans, celui où vous aviez 20 ans, pas celui de votre présent prolongé, prolongé de 5 ans, mais cette fois-ci, c'est la personne... Avec tout ce que vous savez aujourd'hui. Vous prenez la personne que vous êtes maintenant, avec tout ce que vous savez aujourd'hui, et qu'est-ce que vous auriez envie de devenir maintenant, à votre âge ? Commencez pas à vous mettre des freins, à dire « Ah oui non, c'est trop tard, je suis trop vieux, je suis trop vieille. » Top ! La personne que vous avez, que vous pouvez devenir, avec tout ce que vous savez. aujourd'hui. Donc vous auriez envie de devenir quoi maintenant ? A votre âge et votre expérience ? Vos blessures, bien sûr, elles comptent. Vos réussites, vos contraintes, vos échecs, pourquoi pas votre réalité ? Qu'est-ce qu'elle pourrait devenir ? Qu'est-ce que vous pourriez devenir ? Et peut-être allez-vous découvrir quelque chose. Cette personne n'a peut-être rien de spectaculaire. Elle n'habite pas nécessairement à Bali. Elle ne vient pas vendre son entreprise 100 millions d'euros. Elle n'a pas forcément changé de conjoint, de maison, de métier, de continent. Elle vous ressemble, cette personne. Mais certaines choses ont bougé. Elle a recommencé à créer, jouer d'un instrument de musique. Elle ose dire non. Elle travaille autrement. Elle voit davantage ses amis. Elle voyage, elle protège son temps. Elle réintroduit quelque chose qu'elle avait abandonné 20 ans auparavant. Et tout d'un coup, le changement de vie devient beaucoup moins intimidant parce qu'il commence un petit pas après l'autre. Parce qu'il ne s'agit plus forcément de devenir quelqu'un d'autre. Il s'agit parfois de permettre à certaines parties de vous de revenir dans la partie. Alors revenons à notre question de départ. La personne que vous auriez pu devenir, existe-t-elle encore quelque part ? Vous la voyez ? Je ne crois pas. pas réellement. Cette personne n'a jamais existé. C'était une possibilité, une fiction de votre avenir. Et je crois qu'il faut prendre garde de ne pas passer le reste de notre vie à courir après elle. « Ah, si j'avais su ! Quand j'étais jeune, j'aurais pu être ci, j'aurais pu être là ! » Oui, mais elle a été imaginée par quelqu'un qui ne savait pas encore ce que vous savez aujourd'hui. En revanche... ce qu'elle représente, peut-être encore là. Votre besoin de liberté. À 20 ans, vous avez peut-être besoin de liberté. Votre curiosité, votre créativité, tout ça, ça peut être encore là. Votre goût de l'aventure, votre envie d'aider, votre indépendance, votre sensibilité, votre besoin de construire, ça peut être toujours présent. Qu'est-ce qui vous empêche d'évoluer ? Peut-être que ce qui vous sert parfois le ventre, lorsque vous regardez une vieille photo, ce n'est pas la nostalgie de votre jeunesse, c'est la sensation d'avoir laissé quelque part, sur le chemin, une partie de vous. qui comptaient énormément. Alors, ne cherchez peut-être pas à revenir en arrière. De toute façon, le passé ne vous attend pas. Et ne cherchez pas non plus à réparer votre vie pour qu'elle corresponde au projet que vous aviez à 20 ans. Vous avez changé. Vous avez changé, et heureusement. Mais vous pouvez vous demander ce que toutes ces anciennes versions possibles de vous ont encore à vous apprendre. Celles que vous avez réalisées, celles que vous avez abandonnées, celles qu'on vous a imposées, celles que vous craignez encore de devenir. Et surtout, celles que vous commencez à imaginer aujourd'hui. Pas après pas. Parce qu'à 40 ans, 50 ans, 60 ans, 70 ans, nous ne sommes pas uniquement le résultat des décisions que nous avons prises. Nous sommes aussi une personne en mouvement. Et tant qu'il reste des choix, des rencontres, des curiosités, des idées, des décisions, il reste des versions possibles de nous. La question n'est donc plus qu'est-ce que j'aurais pu devenir ? Cette question regarde derrière. La question pourrait être, après tout ce que je sais aujourd'hui, qu'est-ce que j'ai encore envie de devenir ? Et c'est ça, c'est regarder en avant. Prenez simplement le temps d'y penser. Pas pour prendre une décision ce soir, pas pour voir quelle image apparaît, mais surtout pour vous demander si demain il existe un geste minuscule qui pourrait vous rapprocher de cette personne. Et si cette question vous bouscule, si vous sentez qu'une... qu'une ancienne version de vous revient régulièrement frappée à la porte sans que vous sachiez s'il faut l'écouter ou enfin lui dire au revoir. C'est aussi précisément le titre de réflexion sur lequel un accompagnement peut être utile. Et vous le savez, je peux vous accompagner, non pas pour vous dire ce que vous devriez devenir, personne ! ne devrait décider cela à votre place, mais pour vous aider à distinguer ce qui vous appartient encore de ce qui vous appartenait, ou plutôt ce qui appartenait à vos parents, à votre environnement, à votre époque, ou simplement à une personne que vous n'êtes plus. Je suis là pour vous accompagner, et peut-être découvrir qu'entre la personne que vous êtes devenue et celle que vous auriez pu être, existe encore une troisième possibilité, celle que vous n'ayez pas encore imaginée, et que vous pouvez commencer à construire maintenant. Voilà, je vous souhaite une agréable matinée, journée, après-midi, peut-être un bon appétit si vous allez vous mettre à table. Et puis on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode. N'oubliez pas de laisser un commentaire, un avis sur votre podcast, sur Spotify. 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