Speaker #0A travers mes différents épisodes, j'essaye de vous proposer de changer de vie ou de la vivre autrement. C'est un challenge pour certains et certaines, ça peut être une épreuve pour d'autres et puis un but pour beaucoup d'autres. beaucoup, et je vous propose des philosophies de vie différentes qui viennent d'Occident, qui viennent d'Inde, qui viennent d'Asie, comme le kensugi. C'est aujourd'hui un épisode particulier. Je vous ai déjà parlé du kensugi dans les premiers épisodes de Minua Bali, mais je voulais revenir sur l'importance de savoir se réparer en douceur quand nous avons vécu des fêlures de la vie, que nous sommes même parfois brisés en mille morceaux. Musique Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment. de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, Master Coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre autrement. Parce qu'il n'est jamais trop tard pour devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit, à Bali. Je vous propose aujourd'hui un épisode un petit peu particulier, puisque nous allons voir ensemble le Kensugi, nous allons le voir en deux parties. Je vais d'abord commencer par vous expliquer, remettre en place les origines du Kensugi, telles que c'est donné. donné par les livres d'histoire et par les livres traduits en japonais, car je ne lis pas le japonais, et non. Et puis ensuite, nous verrons dans un deuxième épisode, celui d'après, comment on peut appliquer le kensugi dans sa vie quotidienne. Qu'est-ce qu'on peut en faire de ce kensugi ? Kintsugi. Parce que dans nos vies modernes, nous sommes conditionnés par une quête éperdue de perfection. Nous apprenons à masquer nos faiblesses, à cacher nos cicatrices, à faire toujours comme si tout allait bien, bien sûr. Nous vivons sous la dictée d'une injonction invisible. Il faut paraître lisse, sans aspérité, sans fissures, être toujours performant et puis bien sûr être solide. Solide sur nos deux jambes et solide dans notre cœur et solide dans notre tempérament, notre caractère. Mais à force de nier notre vulnérabilité, nous nous coupons de notre propre humanité. Et donc aujourd'hui, je vous invite à changer de regard. Et pour commencer, dans ce premier épisode, qui sera donc en deux parties, ça c'est la première partie, j'aimerais vous raconter une histoire très ancienne qui nous vient du Japon féodal, une histoire de casse, de patience et de métamorphose, l'art du Kintsugi. Et aux origines du Kensugi, il y a un bol brisé. Et pour comprendre la philosophie du Kensugi, il faut remonter le temps et faire un bond de plus de cinq siècles en arrière sous le règne d'un shogun particulier dont je vous passe le nom entre 1435 et 1490. Et la légende raconte que ce puissant chef militaire, ce shogun, vit un jour son bol de thé préféré se briser en morceaux. C'était un objet précieux d'une grande valeur sentimentale auquel il tenait plus qu'à toute autre possession. Imaginez votre tasse Snoopy ou votre tasse de thé préférée de chez Lidl qui se casse tout d'un coup et là c'est le drame. Lui c'était vraiment un objet très précieux et encore une fois d'une grande valeur sentimentale. Inconsolable, le Shokun décide donc d'envoyer les morceaux de céramique en Chine pour les faire réparer par les meilleurs artisans de l'époque. Mais après de longs mois d'attente, il n'y avait pas des livres roux, il n'y avait pas tout ça, il fallait attendre très très longtemps. Donc il a attendu très longtemps, il y a une époque lointaine où les transports prenaient un temps infini, le bol lui fut enfin retourné. le paquet, la déception fut immense. Le bol était certes recollé, mais de la manière la plus grossière et inesthétique qui soit. En fait, les artisans chinois avaient utilisé des horribles agrafes métalliques qui défiguraient carrément complètement l'objet. Pire encore, le bol, il était même plus étanche. Il avait perdu à la fois sa beauté et sa fonction originale. À quoi bon allez-vous me dire, renvoyez ce bol, pour qu'il ne soit pas utilisable, qu'il soit en plus très laid. Refusant de se résigner à jeter son objet favori, le shogun convoqua ses propres artisans japonais. Et il leur lança un défi inédit. Il leur dit « Trouvez-moi un moyen de réparer le bol pour le rendre à nouveau utilisable et étanche. Mais aussi de lui offrir une seconde vie esthétique, d'en faire un objet unique et digne d'admiration. » Les artisans relevèrent le défi, se mirent au travail, et plutôt que de chercher à dissimuler les fêlures et à faire comme si l'accident n'avait jamais eu lieu, ils firent un choix quelque peu atypique, pour ne pas dire révolutionnaire. ils décidèrent d'utiliser une laque naturelle tirée de la sève de l'arbre à laque qu'ils mélangèrent et saupoudrèrent dans les dernières étapes avec de la fine poudre d'or. Et au lieu de cacher la brisure, ils la soulignèrent d'un trait d'or éclatant. Le bol réparé n'était plus le même, il était devenu plus solide, parfaitement fonctionnel, mais surtout infiniment plus beau et précieux qu'un bol neuf. Des cicatrices dorées racontaient son histoire, son accident, sa souffrance. survie le kensugi était né littéralement ken signifie or et tsugi c'est pour jointure ou réparation alors il existe d'autres histoires il y en a beaucoup qui parlent de ce fait de ce Kentsugi, de ces exemples de Kentsugi, encore une fois, c'est dans des livres traduits en japonais, parce que je ne lis pas le japonais, bien évidemment, quoi que j'aurais pu le faire, mais je vais même raconter une autre histoire. Un autre shogun, possédant une collection d'œuvres d'art d'une valeur inestimable, reçut la visite d'un de ses rivaux. Fièrement, il invita à contempler les pièces maîtresses de sa collection, notamment un vase d'une finesse absolue. Mais le visiteur passa devant chaque œuvre avec une indifférence glaciale, sans s'arrêter, jetant à peine un regard discret sur ce que considérait être pour le shogun un chef-d'œuvre, quelque chose d'une œuvre unique. Blessé dans son orgueil, humilié par ce manque de considération, le premier shogun fut pris d'un accès de colère et de désespoir après le départ de son invité. Dans un geste de dépile, saisit le vase qu'il émettant et le jeta violemment au sol et le brisa en mille morceaux. Et réalisant immédiatement la folie de son geste, il demanda à ses artisans de tenter l'impossible pour restaurer l'objet. Les artisans japonais s'exécutèrent avec la méthode du kensugi, soudant chaque tesson avec soin et traçant de délicats filets d'or le long des fractures. Quelques temps plus tard, le shogun rival revint visiter notre shogun à nous. Et en passant devant la collection, il s'arrête à net, subjiqué devant le vase zébré d'or. Là, il regarde et il fait, mais ce vase est absolument magnifique, il est grandiose. Étonné, le premier shogun lui répondit, attends, mais c'est pourtant le même vase que la dernière fois. Et le rival secoue à la tête et dit « Non, non, non, avant ce n'était qu'un vase parmi d'autres, froid et anonyme. Maintenant c'est un objet unique qui possède une histoire, une âme gravée dans l'or de ces cicatrices. » Le kensugi n'est pas une réparation rapide, un simple point de colle instantané. C'est une discipline d'une exigence extrême qui s'étale sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et parfois des années pour les pièces les plus complexes. Je vous parle bien des bols, des assiettes, des vases, tout ça. C'est un cheminement qui exige du temps, du soin, et un immense respect pour la matière. Tout commence par le rassemblement des morceaux sur le sol. L'artisan prend soin de ne pas oublier le moindre morceau, la moindre parcelle de vase ou de céramique, pas le moindre éclat, la moindre petite esquille, car chaque fragment a sa place et son importance dans la structure finale. Mais avant même de recoller, l'artisan effectue un geste surprenant. Il doit parfois accentuer volontairement les fêlures ou briser de légères faiblesses invisibles à l'œil nu. Pourquoi ? purger l'objet de ses fragilités internes, cachées, afin de s'assurer que la future réparation reposera sur des bases saines et ne se brisera pas à nouveau au moindre choc. Ensuite vient l'étape du nettoyage et du collage minutieux à l'aide de la laque traditionnelle naturelle. Pièce par pièce, pièce après pièce, le corps brisé de cette œuvre qui a été envoyée sur le sol ou brisée par maladresse est reconstruite. Une fois assemblée, l'objet doit sécher dans une étuve à une température de 20°C. La température et une humidité très précises qui varient selon la matière et le poids de l'objet. Après le séchage, l'artisan ponce et polie doucement l'excès de matière avec une infinie délicatesse pour retrouver la régularité de la surface. Enfin, La touche sublime, l'application de couches successives de lac sur les lignes de fracture, sous poudre d'or, d'argent ou de bronze, alors que la lac est encore humide, et par un effet de fusion, le métal précieux s'unit à la résine. Et après un ultime polissage, l'objet se révèle à la lumière transfigurée. Vous l'avez compris, cette technique artisanale est une magnifique métaphore de nos propres vies. Dans notre parcours d'évolution naturelle, il faut être peut-être d'ailleurs, quand vous écoutez par exemple Minua Bali, pour essayer de mieux vous comprendre, de mieux peut-être réparer des choses, eh bien ça fait partie de ce que nous pouvons rencontrer dans cette évolution naturelle. Nous subissons des chocs, tous, tous. On reçoit des chocs dans la figure, des accidents, des ruptures. et nous sommes tous, à mon nez ou à un autre, dans notre histoire, brisé de l'intérieur. Parfois, ces cassures proviennent d'un traumatisme brutal. Ça peut être un deuil, une séparation douloureuse, la perte d'un emploi, ou bien la faillite d'un projet dans lequel on a émis toutes ses billes, toute son âme. Parfois, la blessure, elle est plus insidieuse, semblable à ce que nous apprenions. dans un précédent épisode, le Lingxi moderne. Cette mort lente par mille petites coupures quotidiennes, ces micro-agressions, ces phrases assassines ou ces compromis répétés qui usent notre estime de soi et finissent par nous briser en silence sans qu'on comprenne vraiment pourquoi on se sent si vide et fatigué au réveil. Face à ces brisures intérieures que nous ressentons, nous avons souvent le réflexe de vouloir cacher nos morceaux. cassés. Souvent les bonhommes d'ailleurs qui font ça. Les femmes sont peut-être plus enclines à dévoiler et à essayer de recoller les morceaux, comme on dit. Nous mettons un masque d'hoïstilité, nous faisons semblant de sourire devant le miroir pour rassurer les autres, ou par part de leur jugement. Nous essayons de masquer nos cicatrices avec de la colle invisible, une colle UU de mauvaise qualité, en espérant que personne ne verra nos failles. Mais le Kansugi nous enseigne exactement le contraire. Nos blessures ne sont pas des défauts à dissimuler, ce sont des marques de transformation. Ce sont les preuves que nous avons vécues, que nous avons luttées, et que nous sommes encore là, nous avons survécu. Je vous le dis souvent, 100% des épreuves que vous avez dû passer, que vous avez dû vivre, eh bien vous les avez gagnées, puisque vous êtes toujours là. L'être humain brisé qui refuse de voir ses fissures reste fragile et craintif devant la vie. Mais celui qui choisit de regarder ses morceaux en face, d'accepter sa fêlure et d'entreprendre le long travail de reconstruction, celui-là devient unique. et ce que l'on appelle résilient. C'est quoi le pouvoir de la résilience ? Une grande métamorphose moderne, le pouvoir de la résilience. Dans un monde occidental, cette philosophie japonaise trouve un écho puissant à travers le concept psychologique de la résilience. Théoriser. Notamment, c'est un petit aparté par le neuropsychiatre Boris Signoukic, dans son ouvrage phare « Un merveilleux malheur » . Joli titre pour un livre extrêmement intéressant. Je vais peut-être mal prononcer le nom de ce bonhomme, mais le livre est extrêmement intéressant. « La résilience » . C'est cette capacité extraordinaire de l'être humain à réussir à vivre, à se développer et à se reconstruire en dépit de l'adversité et des traumatismes les plus sévères. Et comme l'écrit Cyrulynique, et cette fois-ci je l'ai bien dit, le malheur n'est jamais pur, pas plus que le bonheur. La douleur fait partie du chemin, mais elle n'est pas une condamnation définitive. Vous vous avez peut-être mal aujourd'hui, vous vous êtes peut-être mal dans votre peau, dans votre vie aujourd'hui, mais ce n'est pas permanent. Le kensugi occidental, c'est le travail thérapeutique, l'introspection honnête, la bienveillance et l'autocompassion que nous appliquons sur nos blessures de l'âme. Si nous ne nous aimons pas, qui va nous aimer ? C'est l'acte conscient de ramasser nos morceaux éparpillés, de les nettoyer, en souffle un peu, par la parole ou l'écriture, et de les sceller ensemble avec l'or de notre propre sagesse acquise à travers l'épreuve. Cette métamorphose ne cherche pas à effacer le passé, ça n'est pas le but. Au contraire, on va réparer son bol en kensugi. Ça ne signifie pas gommer l'accident ou prétendre que le vase n'est jamais tombé. Le vase est tombé. Au contraire, le filet d'or est là pour souligner que l'accident a eu lieu, qu'il fait partie intégrante de l'histoire de l'objet, mais qu'il a été transcendé pour créer une version plus forte. et plus dignes d'admiration. Vos cicatrices émotionnelles ou physiques ne vous dévaluent pas. Elles sont la preuve de votre courage, la signature de votre force de caractère. Souvent, quand on est sur la plage et qu'on voit des femmes ou des hommes qui se promènent en cachant leurs cicatrices, pourtant, c'est ça qui montre la preuve de courage, la force de caractère, de vivre avec et de ce qu'on a vécu pour avoir ces cicatrices. Et là, on va de même pour les cicatrices émotionnelles. Il y a une beauté sauvage et bouleversante dans l'imperfection. Moi, les gens parfaits me fatiguent. Une idée que les japonais, d'ailleurs, lient au concept esthétique du wabi-sabi. L'appréciation des choses imparfaites, éphémères et incomplètes. C'est la beauté des objets usés par le temps qui ont une âme, une patine que les objets neufs et standardisés n'auront jamais. « Bienheureux les fêlés ! » disait, si vous connaissez, Michel Audiard. « Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière. » Et avant lui, le poète japonais Mizuara écrivait ces mots d'une profondeur, une grande profondeur tout simplement, « Ma grange ayant complètement brûlée, je peux maintenant voir la lune. » Parfois, il faut que nos structures s'effondrent, il faut qu'on se casse la figure, qu'on se casse la gueule, que nos certitudes se brisent et que nos granges brûlent pour que nous puissions enfin lever les yeux et contempler la clarté de la lune. La faille n'est pas une impasse, mais elle est la porte de l'entrée de la lumière, de la clarté et de l'authenticité. Alors rappelez-vous qu'il n'est jamais trop tard pour entamer son propre processus de kensugi. Nous sommes les seuls artisans capables de ramasser nos propres morceaux et de ne rien oublier, et de couler l'or de l'acceptation sur nos blessures. Personne ne peut le faire à notre place. place, même si je peux vous accompagner sur ce chemin, même si je suis là, présent, vous le savez, je vous propose de l'accompagnement pour mieux comprendre ce Kansugi, parce qu'il est quand même complexe parfois, et que parfois vous avez besoin d'un regard extérieur pour ne pas oublier certains morceaux qui sont encore sur le sol et que vous avez balayé d'un coup de pied pour pas qu'on le voit, là je suis là, pour vous accompagner, et d'ailleurs c'est ce qu'on va faire l'épisode prochain où on va voir encore une fois six façons de concevoir et de comprendre ce kensugi, mais n'oubliez pas que l'accompagnement est encore la meilleure façon de commencer son kensugi et de se parer d'or. Prenez le temps nécessaire, ne vous pressez pas. L'or de la vie a besoin de sécher lentement pour révéler sa pleine solidité. Faites de vos blessures votre plus grande force. Devenez cette pièce unique, riche de son histoire, fière de ses cicatrices dorées et prête à affronter les vents du changement avec une sérénité nouvelle. Alors oui, ensemble... On peut dépasser nos limites, réinventer notre vie ou tout simplement apprendre à vivre autrement parce qu'il n'est jamais trop tard pour devenir la personne que vous avez toujours voulu être. On se retrouve dans un prochain épisode, dans LE prochain épisode, pour vous parler un peu plus en détail de ce Kentsugi, de vous partager mon expérience que j'ai appris. Encore une fois, cette expérience ne peut s'accompagner quelque part qu'avec des séances, avec des accompagnements plus précis. Mais je serai là. Et de toute façon, quoi qu'il en soit, vous aurez déjà... Un mode d'emploi pour vous sentir mieux si vous sortez d'une séparation, si vous vivez une maladie grave qui vous abîme. Ça ne va pas vous guérir, bien évidemment, mais ça va vous permettre de vous sublimer, de vous mettre en avant et de vous parer d'or. Et ça, c'est vraiment important et c'est ce que va vous apporter le Kansugi, de vous reconsidérer. Pensez à la résilience. Et puis pensez aussi à une chose très importante dont je ne parle jamais assez. N'oubliez pas de mettre des étoiles, s'il vous plaît, quand vous écoutez. ces épisodes, de laisser des étoiles sur Spotify ou Apple Podcast mettre 5 étoiles d'aller, abonnez-vous bien évidemment, abonnez-vous à ce podcast. Je vous fais un peu de publicité aujourd'hui aussi de mon côté. Et puis n'oubliez pas de vous abonner donc à ce podcast et puis à le partager. Partagez-le autour de vous, ne soyez pas égoïste. C'est important de partager des choses que vous aimez, si vous aimez, à des personnes qui sont autour et que ça peut aider tout simplement. Et nous nous retrouvons donc quand il sera minuit à Bali.