Speaker #0Dans le précédent épisode, celui que vous avez peut-être écouté juste avant, nous avons voyagé à travers le temps et l'espace pour comprendre l'histoire du Kensugi. Nous avons parlé de ce bol de thé brisé du Shogun, dont les artisans patients ont choisi de ne pas cacher les blessures de la terre cuite, mais de les souligner avec de l'or pur. C'est une belle métaphore, c'est poétique, c'est inspirant. Mais aujourd'hui, nous allons aller plus loin. Je vais vous proposer de ne pas être simplement des spectateurs de cette poésie, quelque part, parce que la théorie ne suffit pas à guérir un cœur fatigué, ni à reconstruire une existence qui a volé en éclats. La véritable question, celle que l'on se pose, Quand on est seul face à soi-même, on se dit, bah oui, c'est bien joli tout ça, mais comment fait-on ? Comment applique-t-on cette laque de la résilience sur nos propres déchirures ? Comment rassemble-t-on nos propres morceaux quand on a l'impression que la chute a été trop haute ? Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, master coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre autrement. Parce qu'il n'est jamais trop tard pour devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit, à Bali. Quand on parle de changement de vie ou de vivre autrement, ça passe forcément par une réflexion sur ce qu'on a vécu avant, son passé, ses relations avec les autres, sa façon de concevoir le monde aussi, la relation avec ses parents. la relation avec ses enfants, je précise bien que je ne suis pas un psychiatre ou un thérapeute, ce n'est pas mon univers, je suis là pour vous accompagner dans ce changement de vie, et ça passe souvent par le kensugi, où on recolle les morceaux, on regarde si on n'a pas oublié des petits morceaux qu'on a mis sur le tapis, parce qu'on n'a pas voulu les voir, et puis on devient au fur et à mesure, à travers différents exercices, la personne qu'on a toujours voulu être. Bien sûr, ça demande un travail, un travail personnel, une réflexion personnelle, une volonté aussi d'avancer, de vouloir se retrouver ou se réinventer autrement. Ce qui est important de comprendre, c'est que Sekensugi, même si je vais vous parler un petit peu de ses six étapes pour procéder à Sekensugi, mérite tout de même un accompagnement. Alors qu'est-ce qu'on fait ? D'abord, je voudrais vous poser tranquillement, vous asseoir quelque part. quelque part, tranquillement, d'être posé. Si vous êtes dans le métro, dans votre voiture, ça ne peut pas encore passer parce que vous allez avoir besoin d'un petit peu d'attention. On passe par une première étape. La première étape, c'est de recenser les éclats, les éclats de votre vie, quelque part, qui est partie. parti en mille morceaux. Et donc on l'a vu, le premier geste de l'artisan face à un objet brisé, c'est d'une beauté à la fois simple et douloureuse. Il s'assoit devant les débris, rassemble chaque morceau éparpillé au sol et il les observe. Il ne cherche pas à recoller immédiatement. Il ne se dit pas « Oh là là, mon Dieu, qu'est-ce que j'ai perdu ? » Non, il fait l'inventaire de ce qui est là. Et dans nos vies, c'est la même chose. Nous traversons une rupture, un deuil, un échec professionnel ou une perte de repère tout simplement. notre premier réflexe c'est souvent la fuite nous voulons bâiller balayer les esprits les esprits les débris pardon sous le tapis faire comme si de rien n'était au contraire nous laisser submergé par la panique face aux désordres c'est un peu cette idée de se prendre la visage entre les mains et de ceux et de pleurer ou de se lamenter ou d'avoir mal et de se dire qu'on s'en sortira pas. L'exercice que je repose aujourd'hui s'appelle le recensement des des éclats et c'est la première étape. Vous prenez un carnet. Vous pouvez l'écrire sur votre ordinateur également, mais j'aime bien le côté écrit du carnet. Vous prenez un carnet, un espace qui n'appartient qu'à vous, hors de tout regard extérieur. Donc, on évite quand il y a des enfants, quand il y a le mari, quand il y a la femme, on se met dans un... Un espace dédié à cette première étape. Et ensuite vous commencez à noter, avec une honnêteté brute, personne ne lira ce que vous allez marquer sur votre carnet. Les moments où votre vie a vacillé, où votre vase intérieur s'est brisé. N'essayez pas d'élucorer les faits. fait genre, ah oui, mais en fait c'était pas très grave, ou il a pas voulu dire ci, il a pas voulu dire ça, non. Vous écrivez. Ce jour-là, j'ai perdu ce travail qui définissait mon identité. Ce jour-là, cette relation s'est effondrée, et j'ai cru que je me remettrais pas en... en fait. Ce jour-là, j'ai réalisé que je m'étais oublié pendant des années pour satisfaire quelqu'un d'autre. Ne négligez aucun éclat, même les plus infimes. Chaque blessure, chaque regret, chaque déception a sa place dans ce carnet. Pourquoi ? Parce que chaque fragment de votre histoire porte en lui une part de votre énergie vitale. Si vous niez ou ignorez un morceau sous prétexte qu'il est trop douloureux, ou alors Trop insignifiant, celui-ci, ce n'était pas grave. Je ne peux pas c'est hâte. Non, non. Si vous ne prenez pas en compte les moments trop douloureux, trop insignifiants, qui pourtant vous ont blessé, vous vous condamnez à rester incomplet. Il vous manque des petits morceaux. Rassembler ces éclats, c'est le début de l'intégrité. C'est en finalité dire, voici mon histoire. Elle est fragmentée, c'est vrai, elle est chaotique, mais c'est la mienne, et je refuse d'en abandonner la moindre partie dans l'ombre. Quand vous marquez, bien sûr, ces moments de votre vie, ces blessures, n'ayez pas honte, ne vous jugez pas. pas, marquez-les simplement sur ce carnet et ça c'est la première étape qui peut être faite en plusieurs fois bien sûr, vous reposez dessus, revenir, ce carnet vous appartient, il n'a pas à être lu à quelqu'un d'autre, il vous appartient mais vous marquez dedans dedans très honnêtement tout ce qui a été douloureux, tout ce qui vous a paru insignifiant et qui pourtant vous a blessé vous marquez tout ça, c'est important parce que vous êtes en train de ramasser tous les petits morceaux de votre âme la deuxième étape c'est le tri des fêlures invisibles nous en sommes déjà à la deuxième étape une fois que vous avez réuni sur votre carnet toutes les informations importantes de votre âme de votre corps, de votre vie donc une fois les éclats rassemblés, c'est la deuxième étape la tise l'artisan procède à un examen minutieux. On revient sur l'artisan. Il sait que certaines faillures ne sont pas visibles à l'œil nu, mais qu'elles menacent la structure même de l'objet. Si on applique la laque sur une zone déjà fragilisée de l'intérieur, le bol se brisera à nouveau au premier contact avec l'eau chaude. Parfois, l'artisan doit prendre une décision difficile, tapoter doucement sur une zone instable pour terminer de la briser, afin de pouvoir la reconstruire sur des bases saines. Et dans notre psychologie, ces fêlures invisibles correspondent à nos conditionnements. Vous voyez qu'on y retourne à chaque fois, à ces croyances limitantes et à cette docilité apprise que nous portons depuis l'enfance. Nous croyons agir librement, mais nous suivons. souvent des scénarios écrits par d'autres. On l'a vu, ce sont nos parents, nos enseignants, vous avez déjà vu tout ça. Nous disons oui pour être aimés, nous acceptons des surcharges de travail pour ne pas avoir peur de juger inefficace. C'est ce que moi j'appelle les micro- trahisons quotidiennes de soi-même. Une usure silencieuse qui détruit notre estime de nous-mêmes à petit feu. Donc l'exercice, il consiste en quoi dans cette deuxième étape ? Il consiste à repérer ses faillures avant Qu'elle ne provoque une autre rupture. Vous regardez vos morceaux et vous posez ces questions. Parmi les rôles que je joue au quotidien, lesquels m'épuisent au lieu de me nourrir ? Quelles sont les attentes de mon entourage que je m'efforce de remplir au détriment de mes propres besoins ? Qu'est-ce que j'accepte aujourd'hui uniquement par peur du conflit ou du rejet ? Et là, vous tapez, vous tapotez comme ça, tac, C'est énervant, vous vous êtes tapé sur ces zones de votre vie. Si les relations, un travail ou une habitude ne tiennent que par le fil de votre docilité ou de votre sacrifice, acceptez de l'avoir se briser. Ne cherchez pas à recoller ce qui est fondamentalement toxique pour vous. Purger les fêlures invisibles, c'est faire de la place pour la vérité. De qui vous êtes, tout simplement ? La personne que vous avez toujours voulu être. En troisième étape, je vais essayer de ne pas être trop long non plus, troisième étape, c'est le rituel du dépoussiérage. Donc avant d'assembler, l'artisan nettoie chaque tranche de céramique avec un pinceau fin et un solvant doux. S'il reste de la poussière, de la terre ou des impuretés sur les bords cassés, la laque ou rishi ne pourra pas adhérer. C'est une laque particulière. Le collage sera fragile et l'or, ça fera finir par s'écailler. Pour nous, la poussière qui s'accumule sur nos blessures s'appelle le ressentiment, la colère froide, le regret, la culpabilité. Lorsque nous repensons à nos échecs ou aux personnes qui nous ont blessés, nous réactivons instantanément ces émotions. Notre corps se crispe, notre respiration devient superficielle, nous restons bloqués dans le passé, ressassant ce qui aurait pu être ou ce qui aurait dû être. Dans cette troisième étape, nous allons donc nettoyer cette matière émotionnelle. Et je vous propose un rituel simple de déboussérage par le souffle. Vous vous isolez dans un endroit calme, vous prenez un de vos éclats, une situation passée qui génère encore de la tension en vous. Fermez les yeux, respirez profondément par le nez en gonflant le ventre sur 4 secondes. Vous retenez votre respiration pendant 2 secondes en visualisant cette situation douloureuse au centre de votre poitrine. Puis vous expirez très lentement par la bouche, comme si vous souffliez sur une bougie sans l'éteindre, sur 6 secondes, en imaginant que ce souffle emporte avec lui la poussière de la colère et des regrets. Faites ça dix fois de suite. A chaque expiration, sentez votre corps se relâcher. Dites-vous intérieurement, ce qui est arrivé est arrivé. Je ne peux pas changer le passé, mais je peux choisir de ne pas laisser cette poussière obscurcir mon présent. Ce n'est pas de l'oubli, c'est de l'assainissement. Vous préparez le terrain pour que la guérison, le kensogi, puisse s'installer solidement. Nous arrivons à la quatrième étape. La quatrième étape, l'application de la LAC de bienveillance. Quand je fais des accompagnements, quand j'accompagne des hommes ou des femmes dans les changements de vie, c'est une étape assez intéressante parce que les personnes pensent ne pas mériter cette LAC. de bienveillance. Elles pensent qu'il leur reste encore des morceaux à ramasser alors qu'on a ramassé tous les morceaux. Elles pensent qu'il leur reste encore des choses à régler parce que cette bienveillance, on pense ne pas la mériter. Étape 4. L'application de la laque de bienveillance. Nous arrivons au cœur du processus, le réassemblage. L'artisan utilise donc la laque dont je vous ai parlé, la urushi, une sève naturelle récoltée sur un arbre sacré et qui a la particularité de durcir uniquement dans une atmosphère chaude et humide. C'est un travail d'une infinie patience, il applique la laque sur les tranches, assemble les morceaux un à un et les maintient ensemble le temps que la réaction chimique se produise. Dans notre 15 souillés intérieurs, cette laque précieuse, ça s'appelle l'autocompassion. Lorsque nous sommes blessés, notre réflexe est souvent de nous juger durement. Nous nous reprochons notre faiblesse, notre naïveté, notre manque de discernement. On se fustille, j'étais pas à la hauteur, c'est pas ce que j'aurais dû faire, je suis faible. Nous aimerions être plus forts, invulnérables, implacables. Mais la force brute ne guérit rien, elle ne fait que figer la douleur. C'est la douceur, l'extrême douceur envers soi-même qui permet de recoller les morceaux. On ne va pas essayer de forcer, de bloquer le mécanisme, mais au contraire, on va y amener de la douceur. Aujourd'hui, l'exercice pratique que je vous propose consiste à identifier un rêve abandonné. Je ne sais pas, un talent négligé, peut-être que vous savez jouer la guitare, ou savoir faire de la poterie, ou quelque chose dans ce genre-là. Un talent négligé, ou une part... de vous-même que vous aviez mis de côté pour satisfaire les attentes des autres. C'est quelque chose qu'on a vu dans un autre épisode. Peut-être que c'est votre créativité, votre besoin de solitude, votre sensibilité ou une passion que vous appréhendez comme inutile ou non-rentable quand vous étiez plus jeune. jeune. Retrouvez-la, retrouvez ce rêve abandonné. Prenez la décision de réintroduire cette part de vous-même dans votre vie, même de façon minuscule. Je pense à Valérie qui fait de la poterie, de la céramique et qui fait des éléphants. Voilà, un rêve d'enfant. Ici, le dessin, achetez un carnet et un crayon. Dessinez dix minutes par jour. Ici, c'est le besoin de nature. Marchez seul en forêt une fois par semaine. Appliquez sur cette démarche de la lac de bienveillance. Ne cherchez pas de la performance. Ne cherchez pas le résultat. Faites-le simplement pour le plaisir d'honorer cette partie de vous qui était trop longtemps isolée. Laissez cette lac sécher tranquillement à l'abri du jugement des autres. En 5, 5ème étape, nous avons le lustrage des aspérités. Une fois la laque sèche, l'artisan constate que ça a débordé des jointures. C'est normal, c'est même nécessaire pour assurer la solidité de l'assemblage. Mais l'objet est alors rugueux, irrégulier. L'artisan utilise alors du charbon de bois très fin et de l'eau pour poncer délicatement avec des mouvements circulaires. afin de lisser la surface jusqu'à ce qu'on ne sente plus aucune transition au toucher entre la céramique et la laque. Dans notre chemin de reconstruction, cette étape correspond à la régulation de nos extrêmes. Grand sujet et vaste sujet. Souvent, après avoir vécu un traumatisme ou un changement de vie majeur, nous réagissons par des comportements excessifs. On devient hyper indépendant, refusant toute aide par peur d'être à nouveau déçu, ou au contraire, en s'enfermant dans une routine rigide pour éviter tout imprévu. Cette réaction ou ces réactions sont des mécanismes de défense naturels, mais ça crée des aspérités qui nous empêchent. la vivre pleinement. Alors on va polir, zaspériter, on va utiliser la... La philosophie du Kaizen, ça m'intéresse, je peux vous en parler, s'appelle l'amélioration continue par de micro-ajustements de 1% par jour. Voilà, la philosophie du Kaizen. Identifiez une de vos rigidités nettes actuelles. Par exemple, si vous avez du mal à déléguer au travail, pas peur que ce soit mal fait. N'essayez pas tout abandonner d'un coup, ce n'est pas la peine. C'est le vertige assuré, le plantage, si vous préférez. Chosez plutôt une tâche mineure, insignifiante, et confiez-la. à un collègue cette semaine. On commence tout doucement. Je vous le répète souvent, le changement de vie se fait en douceur, doucement, pas à pas. Si vous fuyez la solitude et saturez votre temps d'activité sociale pour ne pas penser, commencez à vous offrir 10 minutes de silence complet par jour, assis face à une fenêtre. Oui, quand je dis face à une fenêtre, assis face à une fenêtre, ça veut dire pas de télé. téléphone. On ne se met pas à scroller ou à écouter même de la musique. Parce que la musique, c'est aussi, même si c'est très agréable, ça comble un silence. Offrez-vous 10 minutes de silence. Poncez vos excès avec douceur jour après jour. Et ces micro-ajustements constants vont lisser votre quotidien sans traumatiser votre système nerveux. Vous vous retrouvez bien, avec un équilibre fluide, une souplesse d'adaptation face aux imprévus de l'existence. Et enfin, nous arrivons à l'étape 6, la dernière. L'acte de grâce. L'artisan applique une dernière couche de lac rouge sur les jointures, polie, puis, à l'aide d'un pinceau en poils de martre. Donc je ne vais peut-être pas vous demander de trouver une martre, mais le pinceau est en poils de martre. Il saupoudre délicatement de la poudre d'or pure sur la laque encore humide. L'or adhère instantanément. Ce qui était une cicatrice sombre et rugueuse devient une ligne de lumière éclatante. un motif unique qui dessine la géographie de l'objet. Le bol n'est pas seulement réparé, il est sublimé. Il a acquis une âme, une profondeur qu'il n'avait pas lorsqu'il était neuf et lisse. Je vous conseille à ce propos d'aller taper sur internet « Kensugi » et de regarder les magnifiques vases qui sont proposés. C'est l'étape de la vulnérabilité. J'espère que je n'arrive pas à le dire, je n'ai pas assisté. L'étape de la vulnérabilité. Eh bien si, j'ai réussi. La vulnérabilité comme force suprême. Pour réaliser cet exercice de l'étape 6, vous pouvez le faire chez vous. Vous regardez votre histoire avec un œil neuf. Attention, chaque étape prend du temps. Ne vous dites pas qu'en une journée, tout va se replier. Ça prend du temps. Mais, une fois que vous avez passé par les cinq étapes, vous pouvez réécouter, si vous voulez, cet épisode, pour écouter ces cinq étapes, regardez votre histoire avec un œil neuf. Prenez cette blessure que vous avez recensée à l'étape 1, dont vous aviez peut-être honte, ça peut être encore une fois une rupture, quelqu'un qui vous a vraiment mal parlé, qui vous a humilié, ça peut être un deuil qui est très important. Regardez, regardez cette blessure dont vous êtes honte, celle qui vous faisait vous sentir défaillant et posez-vous cette question fondamentale. En quoi cette épreuve, cette cassure a-t-elle développé en moi des qualités que je n'aurais jamais acquises autrement ? Si vous préférez, qu'est-ce que j'ai appris tout simplement ? J'ai appris quoi de cette épreuve ? Si vous n'avez rien appris, c'était une épreuve qui n'avait pas de force, qui n'avait pas d'intérêt, et vous avez souffert pour rien. Parce qu'elle ne vous a rien apporté, mais automatiquement cette épreuve, cette cassure a développé en vous des qualités que vous n'auriez jamais eues autrement. Et puis vous pouvez continuer. Peut-être que cette rupture douloureuse a appris l'indépendance émotionnelle. Peut-être que cet échec professionnel vous a forcé à redécouvrir ce qui vous animait vraiment, loin des titres de gloire factices. Peut-être que cette traversée du désert a-t-elle éveillé en vous une immense empathie pour la souffrance des autres. Et on se retrouve sur le carnet. Écrivez cette réponse dans votre carnet. C'est votre tracé d'or. C'est ça, c'est votre tracé d'or. C'est le moment où vous cessez de subir votre passé pour en faire votre plus grande richesse. Vos fêlures ne sont plus des marques de faiblesse. Elles sont les lignes de force de votre résilience. Elles racontent que vous êtes tombé. que vous vous êtes brisé, mais que vous avez choisi de vous relever en vous parant de votre propre lumière. Soyez fier de vos fêlures. Soyez fier de vos cicatrices. Encore une fois, qu'elles soient physiques ou émotionnelles ou psychologiques. Prenez le temps d'intégrer ces étapes. Ne vous pressez pas. Encore une fois, je suis là pour vous accompagner. Je peux être là auprès de vous, parce que c'est des étapes parfois qui peuvent être longues pour soigner et et mettre en valeur ses cicatrices et ses épreuves. Donc ça peut prendre du temps. Mais l'art du kensugi ne tolère pas la hâte. Il faut le savoir. La lac a besoin de temps pour sécher les morceaux, ont besoin de temps pour s'apprivoiser les uns avec les autres, parce que parfois, ils ne se connaissaient pas, ils ne se collaient pas les uns avec les autres. C'est la lac qui les a collés. Chaque soir, si vous le souhaitez, repensez à l'un de ces exercices. Voyez votre vie non pas comme un objet fragile dont il faut avoir ronde, qu'il faut protéger de tout choc, mais comme une œuvre d'art en constante évolution, capable de se réinventer après chaque blessure, chaque brisure. Vous n'êtes pas endommagé, vous n'êtes pas endommagé, vous n'êtes pas blessé. Oui, bien sûr, vous pouvez le ressentir comme ça. Vous pouvez aussi lui dire que vous êtes simplement en cours de sublimation. Allez, laissez ces mots résonner doucement en vous alors que peut-être vous glissez vers le sommeil ou alors vous allez à votre travail, je ne sais pas ce que vous faites actuellement, mais j'espère que cet épisode vous a plu. Prenez soin de vos éclats, chérissez vos fêlures et au revoir. Et offrez-vous toujours, toujours, toujours le droit d'être curieux et d'être imparfait. Le Kintsugi, je viens de le synthétiser, je viens de le résumer en deux épisodes, mais c'est beaucoup plus intéressant, beaucoup plus long aussi. beaucoup plus beau parce que c'est une philosophie absolument magnifique donc regardez autour de vous soyez curieux, regardez ce que vous pouvez faire et ce qui peut vous amener à vous sublimer tout simplement à être la personne que vous avez toujours voulu être et ne restez pas devant les morceaux brisés au sol, cassés peut-être en mille morceaux ne vous dites pas qu'il y a trop de morceaux pour les recoller les grands maîtres japonais recollaient n'importe quelle matière bol, assiette. Regardez sur Internet encore une fois. C'est absolument... Et puis des grandes déchirures, des grandes blessures. C'est encore une fois quand les grandes brisures d'un vase, ça se recolle avec de l'or, de l'amour et de la douceur. Merci d'avoir écouté cet épisode. N'oubliez pas de laisser, comme d'habitude, un avis sur Apple Podcast. J'espère qu'un jour vous allez le faire quand même, parce que la force que je vous le répète. De laisser un avis sur Apple Podcast, sur Spotify, d'écouter Facebook. Je vous laisse plein de petites choses qui peuvent vous plaire, qui peuvent vous faire plaisir, qui peuvent vous dérider. Parce qu'encore une fois, le changement ne doit pas être quelque chose de contraint, de poussé, qui doit être triste, qui doit faire mal, mais on peut aussi... aussi, le regarder différemment. Ça peut être dans la joie, ça peut être dans le plaisir, ça peut être dans le sourire, même si parfois c'est difficile, même si parfois ça fait mal. Et c'est justement quand c'est douloureux, quand ça fait mal, quand on a perdu ses repères. Quand on a perdu la trace de soi-même, il faut se recoller avec beaucoup d'amour, avec beaucoup de bienveillance, beaucoup de douceur, être honnête avec soi-même et faire de soi la personne qu'on a toujours voulu être. On se retrouve très bientôt pour un prochain épisode quand il sera minuit à Bali. Musique