Speaker #0Vous êtes assis tranquillement sur votre canapé et tout d'un coup, imaginez que quelqu'un entre dans cette pièce et vienne s'asseoir juste en face de vous. Cette personne a votre regard, votre façon de sourire, certains de vos gestes. Il y a quelque chose de familier dans son visage. Même s'il est plus marqué, les cheveux sont plus blancs, voire même carrément blancs, et puis il est très un petit peu différent. Cette personne, c'est vous. Mais vous, dans 20 ans, elle ne vient pas vous annoncer l'avenir, Elle ne sait pas si vous aurez réussi, si vous aurez changé de métier, si vous habiterez toujours au même endroit ou si votre vie aura pris une direction complètement inattendue, non, non. Elle veut simplement récupérer quelque chose, votre vie, celle que vous êtes en train de lui préparer aujourd'hui. Parce qu'un jour, cette personne va se réveiller dans le corps dont vous prenez soin aujourd'hui. Elle disposera de l'argent que vous aurez économisé ou dépensé. Elle vivra avec certaines de relations que vous aurez entretenues et peut-être avec l'absence de celles que vous aurez négligées. Elle héritera de certaines décisions personnelles, de vos habitudes, de vos engagements, de vos renoncements. Et surtout, elle ne pourra pas revenir pour pouvoir vous dire « Dis donc, Jean-Claude, Sophie, Isabelle ou Sandrine, sur votre prénom, là, tu aurais pu y penser un petit peu plus tôt » . Non, c'est pas ça. Moi j'ai une question pour vous. Lorsque vous prenez une décision aujourd'hui, quelle place donnez-vous ? Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, master coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre autrement. Parce qu'il n'est jamais trop tard pour devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit, à Bali. Oui, je sais, cet épisode peut paraître un petit peu étrange. Et je vais essayer de m'expliquer. Ce soir, je voudrais vous parler d'une relation assez étrange, une relation que nous entretenons tous, mais à laquelle nous pensons assez peu en fait. La relation que nous avons avec la personne que nous serons demain. Demain matin, bien sûr. Mais je parle de nous dans 10 ans, 20 ans ou 30 ans. Cette personne existe, évidemment, seulement dans notre imagination aujourd'hui. Et pourtant, elle est probablement celle qui subira le plus longtemps les conséquences de certaines décisions que vous allez prendre maintenant. C'est paradoxal. Nous pourrons nous inquiéter pendant une heure pour quelqu'un que nous aimons. Nous pourrons faire des sacrifices pour nos enfants, préparer quelque chose pour notre conjoint. Alors nous pouvons nous demander si un ami aura besoin, mais lorsqu'il s'agit de nous-mêmes dans 20 ans, nous sommes parfois beaucoup moins attentionnés. On se dit « je verrai plus tard » , « j'ai encore le temps, ça va, je commencerai l'année prochaine » , « quand j'aurai moins de travail » , « quand les enfants seront partis » , « à la retraite » , « à la retraite » , « à la retraite, je ferai ça, c'est sûr » . Oui, principe. Et ce phénomène a intéressé un chercheur américain qui s'appelle Al Ersenfeld et qui travaille notamment sur ce qu'on appelle la là plutôt « future self continuity » , ce que vous pourrez traduire par le sentiment de continuité avec notre futur « nous » . L'idée est finalement assez simple. Est-ce que la personne que vous serez dans 20 ans vous paraît vraiment être vous ? Ou paraît-elle presque quelqu'un d'autre ? Et Schoenfeld s'est intéressé notamment à nos décisions financières. Il avance une idée assez intéressante. Lorsque notre futur nous paraît éloigné, abstrait, difficile à imaginer, les sacrifices que nous faisons aujourd'hui pour cette personne peuvent sembler beaucoup moins intéressants. Après tout, pourquoi renoncer à quelque chose de très agréable maintenant pour aider un type qui apparaîtra, ou une femme, qui apparaîtra dans 20 ou 30 ans ? Mais ce type ou cette femme, c'est vous ! Les recherches sur la continuité avec le « soit futur » suggère Jean-Claude Cazan. Justement que lorsque les gens ressentent davantage de proximité, de connexion avec les personnes qu'ils seront plus tard, ils ont davantage tendance, dans certains contextes expérimentaux, à privilégier des choix bénéficiant à leur avenir. Pour tester cette idée, Ennsfield et ses collègues ont fait quelque chose que je trouve, encore une fois, assez intéressant. C'est pour ça que je voulais vous en parler dans cet épisode. Ils ont montré à des participants une représentation vieillie de leur propre visage. C'est vrai que maintenant, les clients peuvent faire tout et n'importe quoi. Et là, ils ont pris... Je ne suis peut-être pas sûr qu'ils avaient l'IA à l'époque, mais en tout cas, ils avaient un logiciel qui leur permettrait de prendre des participants, leur visage, et de vieillir ce visage, vieillir leur propre visage. Il transformait donc une photographie pour montrer ce à quoi il pourrait ressembler plusieurs décennies plus tard. Vous imaginez l'expérience ? Vous avez quoi ? 30, 35 ans, 40, 50, peut-être plus, 60... Tout d'un coup, vous vous retrouvez face à vous-même avec une personne qui a 60, 70, 80 ou 90 ans. Ce n'est plus une personne âgée ! C'est vous. Que vous vouliez ou non, c'est vous. Vos yeux sont encore là. D'ailleurs, vous retrouvez souvent des traits de votre papa ou de votre maman, si vous les avez connus. Quelque chose dans le visage, en tout cas, vous appartient. C'est vous, dans 20, 30 ans. Dans certaines de leurs expériences, les participants confrontés à leur propre représentation vieillie faisaient ensuite des choix davantage orientés vers l'épargne à long terme que certains groupes de comparaison. Dans d'autres expériences, on cherchait à vérifier que les faits ne venaient pas simplement du fait d'avoir vu une personne âgée, mais bien du rapport à son propre futur soi. Parce que... Peut-être qu'une partie de nos difficultés avec le long terme n'est pas seulement un problème de discipline. Ce n'est pas uniquement « je sais ce qu'il faudrait faire, mais je manque de volonté » . C'est-à-dire que la personne qui bénéficiera de nos efforts est simplement trop abstraite. Prenons la santé. Vous savez parfaitement que bouger est bon pour vous. N'arrêtez pas de vous le répéter. Je n'ai probablement rien à vous apprendre là-dessus. Vous savez qu'une activité physique régulière, une alimentation correcte, un sommeil convenable ont des conséquences à long terme. Vous le savez. Mais le canapé, ça existe maintenant. Votre fatigue existe maintenant. Le verre de vin, ça existe maintenant. L'envie de rester dans une série Netflix existe maintenant. En face, qui défend les intérêts du vous ? de 70 ou 80 ans. Personne. Cette personne n'est pas dans votre pièce. Elle n'existe pas encore. Elle ne se plaint pas encore. Elle n'a pas encore mal au dos. Elle ne vous téléphone pas en vous disant « Ah, écoute, ça serait sympa si tu pouvais marcher un peu davantage, parce que c'est moi qui vais récupérer la machine dans 20 ans. » Alors on reporte, et ce n'est pas uniquement une question d'argent. Une étude publiée en 2018 a justement exploré la continuité avec le « soit futur » dans le domaine de la santé. Dans une expérience, des participants ont écrit une lettre à eux-mêmes à différentes distances temporelles. Et les chercheurs ont ensuite observé davantage d'exercices dans les jours suivants chez ceux pour lesquels la continuité avec un « soit futur » éloigné avait été renforcée. Là encore, il ne s'agit pas d'une baguette magique, mais ça suggère qu'un futur plus personnel et plus concret peut modifier certains comportements présents. Et c'est ici, c'est ici que j'aimerais sortir du laboratoire, parce que finalement, nous faisons ça tous les jours. Nous envoyons des choses à notre futur, nous. Quand vous laissez toute la vaisselle dans l'évier le soir en pensant « je ferai ça demain » , vous connaissez déjà très bien le principe. Le vous du soir fait un cadeau au vous du lendemain. Pas forcément un bon cadeau, on est d'accord, mais nous le faisons avec des papiers administratifs, avec des décisions que nous repoussons, avec une conversation que nous n'avons pas envie d'avoir, avec un dossier que nous devons terminer. Et nous avons d'ailleurs même une phrase assez intéressante, qui est très simple, qui dit « Je m'en occuperai plus tard » . Mais qui est « je » ? Plus tard, c'est toujours nous en fait. Sauf que psychologiquement, c'est presque qu'un d'autre qui récupère le problème. C'est assez amusant, on en parle sur la vaisselle, ça devient beaucoup plus sérieux lorsque nous fonctionnons ainsi pendant 10 ans. Pendant quelqu'un de 45 ans qui se dit depuis 5 ans, je ne peux plus continuer à travailler comme ça. Il ne fait pas un métier horrible, il n'a pas forcément de harcèlement, pas de catastrophes spectaculaires. Simplement, chaque semaine lui coûte davantage. Mais changer, c'est compliqué. Il faudrait réfléchir, se former peut-être et même sans doute, accepter de gagner moins pendant quelques temps, expliquer ce choix autour de soi. Alors on se dit « encore un peu » . En finalité, ils m'ont dit que je peux encore rester un an de plus à la société. On va attendre un petit peu. Et c'est parfaitement compréhensible. Le problème est que le bénéfice de ne pas décider est encaissé aujourd'hui. Je n'ai pas affronté l'incertitude. Je conserve mon salaire. Je conserve mes habitudes. Je conserve ma position. Mais qui reçoit la facture ? Lui aussi, enfin cette personne de plus tard, de 10 ou 20 ans plus tard, simplement plus tard, elle la recevra. C'est là que je voudrais faire une distinction importante. Je ne vous dis pas qu'il faut toujours privilégier le futur. Parce que sinon, on ne va pas s'en sortir. C'est un piège qui va être un piège exactement de l'inverse. Nous connaissons toutes les personnes qui passent leur vie entière à préparer le plus tard. Beaucoup d'entre nous préparent leur retraite. en ne vivant pas l'instant présent. Donc c'est pas ce que je suis en train de vous dire. Elles économisent pour plus tard, elles travaillent pour plus tard, elles repoussent les voyages à plus tard. Ouais, quand on sera vieux, on voyagera beaucoup. Elles attendent la retraite, comme je viens de le dire. Elles attendent d'avoir fini de payer leur maison. Elles attendent que les enfants grandissent. C'est un grand débat que je peux avoir avec les personnes que j'accompagne. Ouais, mais j'attends que mon enfant soit plus grand. Quand il aura 17, 18 ans, 20 ans, je pourrai enfin faire quelque chose pour moi. Voilà. Et leur futur soi devient presque un tyran auquel il faudrait sacrifier toute la vie présente. C'est évident parce que je vous dis, votre vous d'aujourd'hui existe bien évidemment. Il a également le droit de vie, de s'exprimer, de faire des expériences. Mais si à 40 ans vous sacrifiez systématiquement votre santé mentale, vos relations, vos voyages, vos plaisirs et votre temps pour offrir une situation financière parfaite au bout de 65 ans, 70 ans ou 80, celui-ci pourrait très bien vous dire « Merci pour l'argent, mais j'aurais aimé que tu profites un peu plus de nos 40 ans » . Oui, c'est précisément pour ça que je préfère parler de relation avec notre futur plutôt que de sacrifice. Bien évidemment, vous savez, je ne suis pas du tout dans la notion de sacrifice. Une relation implique deux personnes, ou ici deux moments de la même personne dont les intérêts doivent pouvoir coexister. Prenons un exemple très simple. Vous avez envie de faire un voyage extraordinaire qui coûte cher. Votre présent vous dit « j'ai envie de vivre ça maintenant » . Et votre futur pourrait vous dire « ça serait quand même bien de conserver un peu d'argent, mon coco » . La bonne réponse n'est pas automatiquement l'un ou l'autre. Le véritable sujet est est-ce que les deux existent dans la discussion ? Parce que parfois, le problème, c'est simplement que le futur, nous, n'est jamais invité à la table. Et je trouve encore ça plus intéressant lorsqu'on parle de nos relations. Nous pensons souvent aux relations en termes de présence. J'aime cette personne aujourd'hui, mais beaucoup de relations se construisent sous des grades par accumulation. Un ami que vous ne rappelez pas une fois, ce n'est pas grave. Une deuxième fois, non plus. Vous êtes occupé, puis des mois passent. Il dit 10 ans plus tard, vous pouvez vous retrouver avec beaucoup de contacts dans votre téléphone et très peu de gens qu'en finalité vous avez appelés, que vous pouvez plutôt appeler à 2h du matin, sur qui vous pouvez compter. Et ce n'est pas arrivé en une journée. Votre futur vous hérite simplement 2 milliers de petits choix relationnels. C'est la même chose pour la famille, la même chose pour le couple. Nous pensons énormément aux grandes décisions. Mais une vie est peut-être encore davantage construite par des petits cadeaux ou les petites factures que nous envoyons chaque jour dans le futur. Ça peut être simplement 10 euros, une heure de sommeil, une promenade, un coup de téléphone, une formation, une cigarette en moins, un repas, un dimanche travaillé, une conversation évitée, un rendez-vous médical reporté. Pris séparément, c'est presque rien. Et vous accumulez ça pendant 15 ans et vous obtenez parfois une vie complètement différente. Et ce qui me plaît dans les travaux autour du futur soi, c'est qu'ils déplacent légèrement. Vous voyez, c'est pas, encore une fois, je le dis sans cesse, ce ne sont pas les grands changements qui font les grandes vies. Ça peut être aussi des petits déplacements, ou vivre autrement, tout simplement. Donc on nous parle tout le temps de volonté. Soyez disciplinés, pensez à long terme, faites des sacrifices. Mais peut-être que nous pouvons regarder les choses autrement. Imaginez que vous preniez une décision pour quelqu'un que vous aimez énormément. Votre fils, votre fille, votre meilleur ami, votre mari, votre femme, votre papa, votre maman, vous ne chercheriez probablement pas systématiquement à lui faciliter la vie aujourd'hui, si vous saviez que cette facilité lui créerait un... énorme problème dans 10 ans. Ça ne serait pas vraiment lui rendre service. Ce serait de tenir compte des deux. Le moment où vous allez lui rendre, lui faire plaisir, lui prendre cette décision parce que vous pensez que c'est d'importance pour cette personne, vous allez prendre aussi en compte le fait fait ses décisions, peut ou pas lui poser des soucis plus tard. Alors pourquoi ne pas nous traiter nous-mêmes dans la même considération temporelle ? Il existe d'ailleurs quelque chose de très proche de l'empathie dans cette idée. Lorsque mon futur moi reste abstrait, ses problèmes sont abstraits. Mais lorsque l'on devient une personne suffisamment concrète, cette personne-là qui est arrivée dans 20 ans devient suffisamment concrète dans mon esprit, il devient plus difficile de lui envoyer systématiquement les problèmes que je ne veux pas traiter aujourd'hui. C'est pour ça que je ne vais pas vous proposer à la fin de cet épisode de faire votre plan de vie pour les 30 prochaines années. Je ne vais pas vous dire, allez c'est parti, on prend un carnet, une feuille blanche et on commence à marquer. Non, non, on va trouver quelque chose qu'on n'a pas besoin, on n'a pas absolument besoin. besoin de savoir tout ce qu'il faut pour qu'on soit bien dans notre vie dans 10, 20 ou 30 ans. D'ailleurs, encore une fois, vous saurez dans 10, 20 ou 30 ans de quoi vous avez pu profiter de votre moi de maintenant. Mais vivez aussi votre moi de maintenant. C'est très important. C'est ce que je viens de vous dire. Je vais vous proposer quelque chose de beaucoup plus simple. Un jour où vous êtes tranquille, demain, la semaine prochaine, vous prenez une feuille et vous écrivez une lettre. Pas une lettre de votre futur vous à vous-même. Une lettre de vous aujourd'hui adressée à la personne que vous serez dans 20 ans. C'est joli comme écriture, non ? Pas de lui normalement, comme si c'était quelqu'un de proche. Vous ne pouvez plus vous raconter ce que vous traversez en ce moment, ce qui vous préoccupe, ce que vous essayez de construire, ce que vous avez peur de perdre aussi. vous partagez vos émotions avec cette personne de dans 20 ans ou 30 ans. Et surtout, dites-lui Ce que vous espérez lui avoir laissé, et pas seulement du pognon, on n'est pas là pour l'argent, peut-être un corps qui fonctionne encore suffisamment bien pour marcher plusieurs heures, des amis, peut-être une curiosité intacte, une relation avec ses enfants, un endroit où vivre, une liberté financière raisonnable, ce sont des choses qui vous parlent, ça a une passion, des souvenirs, une capacité à toujours rire et vous réjouir, peu importe. Écrivez ce qui compte réellement pour vous et que vous avez envie de lui laisser. Et puis demandez-vous quelque chose d'assez simple. Parmi les décisions que je prends actuellement, lesquelles sont des cadeaux pour cette personne et lesquelles sont simplement des problèmes que je lui expédie parce que j'ai pas envie de m'en occuper aujourd'hui ? Et je trouve la question beaucoup plus intéressante que bon, est-ce que je fais les bons choix ? Parce qu'un bon choix absolu n'existe probablement pas. Un choix peut-être excellent pour vous aujourd'hui et désastreux pour demain, ou excellent pour demain, et ça va vous frustrer pendant une grande partie de votre vie parce que vous ne l'aurez pas vécu. L'enjeu n'est donc pas de choisir entre aujourd'hui et demain. c'est de réussir plutôt à faire vivre les deux dans la même existence. De vous penser dans 20 ans ou 30 ans et de vous dire, tiens, j'aimerais aussi pouvoir faire ça et ça, j'aimerais encore pouvoir faire ça ou ça. C'est de réussir à vivre les deux, votre moi de maintenant et votre moi du futur dans la même existence. C'est-à-dire que changer de vie, changer sa vie ou la vivre autrement commence aussi par là. Non pas par une rupture spectaculaire, mais avec la prise de conscience que notre vie ne s'arrête pas au moment présent. Nous sommes en permanence en train de transmettre quelque chose à la personne que nous allons devenir, que nous deviendrons. Et cette personne, ce n'est pas une étrangère. Elle ne vit pas dans un futur théorique. Vous allez la rencontrer, vous allez être elle. Elle est déjà reliée à chaque décision que vous prenez. Elle aura simplement quelques années de plus lorsque le colis arrivera. Alors la prochaine fois que vous entendez dire « Bon, ça va, je verrai plus tard » , essayez seulement d'imaginer quelqu'un en face de vous, vous, avec 20 ans de plus, et demandez-lui « Cette vingt-ci, je te laisse ça » . Parfois la réponse sera « Ouais, ok, c'est bon, vas-y » . Parce que votre présent compte aussi, bien sûr. Et parfois, vous avez peut-être envie de régler le problème maintenant. Pas par cubabilité, hein. Pas parce qu'un coach vous a expliqué qu'il fallait devenir une meilleure version de vous-même. Simplement par considération pour quelqu'un avec qui vous allez passer tout le reste de votre vie. Vous. Un peu plus tard. Et je crois que cette façon de regarder les choses peut également apporter quelque chose de très différent dans un changement de vie. Lorsque nous hésitons, nous demandons souvent « qu'est-ce qui me convient aujourd'hui ? » C'est une bonne question, mais elle pourrait avoir aussi une petite sœur. Qu'est-ce que j'aimerais avoir transmis à celle ou celui que je serai demain ? Entre les deux réponses, il existe peut-être une décision beaucoup plus équilibrée, plus confortable, pas plus raisonnable, pas forcément plus rentable, mais celle qui respecte davantage l'ensemble de votre trajectoire. Et cette question fait apparaître quelque chose que vous repoussez depuis longtemps, une décision, une conversation. une transition, ou simplement la sensation que vous allez systématiquement, que vous laissez systématiquement votre futur, futur vous, parce que vous êtes dans 20 ou 30 ans, se débrouiller avec les conséquences, ne cherchez pas immédiatement à tout bouleverser. Allez-y mollo. Regardez simplement ce qui apparaît. Et puis ça va venir tout doucement, parce que parfois, avant de changer de vie, il faut commencer par arrêter d'envoyer toutes les factures à demain. J'espère que cet épisode vous a intéressé. En tout cas, moi j'ai écrit cet épisode que j'ai rencontré il n'y a pas longtemps à Baliné. Et justement, on parlait de notre futur. Ou plutôt, il me disait, moi j'ai 70 ans, et si j'avais su à 70 ans ce que je savais à 40 ou 50 ans, je me serais dit à moi à 50 ans, vas-y mon os au laigresse, pense à ta famille, pense à tes amis, parce qu'en finalité, même si je suis dans le bien-être, Et même si je mange correctement et je suis en bonne santé, en bonne santé, j'ai quand même pas beaucoup d'amis. Ma famille, elle est un petit peu éloignée. Et je n'ai pas tout ce que j'aurais aimé avoir. C'est cette discussion-là qui m'amène à vous proposer cet épisode. J'espère qu'il vous a intéressé. N'hésitez pas à vous abonner sur Facebook, où je vais directement, j'enchaîne. À vous abonner sur Facebook. 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