Speaker #0Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Mon avocat, ma famille et moi, le podcast dans lequel on parle famille, enfants, séparation et surtout des décisions qui peuvent avoir un impact durable pour vous et pour vos enfants. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un moment très particulier dans un dossier, l'audience devant le juge aux affaires familiales. C'est un moment que beaucoup de parents redoutent. Un moment dans lequel on a envie de se défendre, d'être entendu et d'expliquer sa version. Et c'est parfaitement normal. Mais ce que beaucoup de parents ne savent pas, c'est qu'on peut avoir un bon dossier et le fragiliser à l'audience. Pas à cause du droit, mais à cause de la posture, des mots ou de l'émotion. Dans cet épisode, je vais vous expliquer ce que regarde réellement le juge, les erreurs fréquentes et comment vous positionner pour ne pas vous desservir. Quand on arrive en audience, on pense souvent qu'il faut que j'explique tout, il faut que je me défende, il faut que le juge comprenne. C'est humain. Mais en réalité, le juge ne va pas chercher à savoir qui a raison dans le couple, qui a le plus souffert ou qui a la meilleure version. Le juge se pose une seule question. Qu'est-ce qui est dans l'intérêt de l'enfant ? Et plus précisément, quel parent est capable de maintenir un cadre Quel parent favorise le lien avec l'autre parent ? Quel parent est stable ? Et ça change complètement la lecture de l'audience. L'erreur numéro une, c'est de vouloir tout dire. C'est l'erreur la plus fréquente. Vous arrivez avec beaucoup d'éléments, beaucoup d'émotions et l'envie de tout exposer. Le problème, c'est que tout dire, ce n'est pas toujours très bien. On va s'éparpiller, on perd en clarté et l'essentiel devient moins visible. Surtout, les audiences devant le juge aux affaires familiales sont très chargées. Il n'est pas rare que le juge en début d'audience indique que compte tenu de la charge de l'audience, les avocats auront 10 ou 15 minutes chacun pour leur plaidoirie, et que le temps laissé aux parents soit donc très court. Il faut être concis pour passer les messages essentiels. L'erreur numéro 2, c'est de parler du couple au lieu de parler de l'enfant. Beaucoup de parents vont raconter leurs disputes, les reproches, le passé, mais le juge ne tranche pas le couple. Le juge, lui, ce qu'il regarde, c'est la situation actuelle, le fonctionnement parental et l'impact sur l'enfant. Plus vous êtes centré sur l'enfant, plus votre discours est pertinent. L'erreur numéro 3, laissez l'émotion prendre toute la place. L'audience est chargée émotionnellement, c'est normal. Il y aura de la colère, de la tristesse, de la fatigue, tout peut remonter lors de cette période stressante. Mais le juge va aussi observer votre capacité à gérer ses émotions. Parce que cela le renseigne sur votre stabilité, votre posture parentale. L'émotion en soi n'est pas un problème, mais être débordé peut le devenir. L'erreur numéro 4, vouloir convaincre contre l'autre parent. Certains parents arrivent avec l'idée qu'il doit prouver que l'autre est défaillant. Mais attaquer l'autre parent alimente le conflit. Et cela peut être perçu comme une incapacité à coopérer, un risque pour l'enfant de se retrouver dans un conflit de loyauté. Le juge cherche un parent qui apaise, pas un parent qui aggrave, qui met de l'huile sur le feu. Le juge, il va observer votre manière de parler, votre comportement, Notamment, est-ce que vous coupez la parole à l'autre parent ou à l'avocat ? Est-ce que vous soupirez ? Est-ce que vous levez les yeux au ciel ? Votre capacité à rester posée, votre façon d'évoquer l'autre parent. En réalité, il évalue votre posture parentale globale. Sur le terrain, je vois souvent des parents avec de bons dossiers qui se desservent au moment de l'audience. Par exemple, couper la parole. se justifier en permanence, s'emporter ou au contraire se fermer complètement. À l'inverse, on a certains parents qui parlent peu, qui restent calmes, qui sont pressés. Et cela change complètement la perception du dossier. Alors comment se positionner ? Quelques repères simples. Aller à l'essentiel. Dire ce qui est utile. Pas tout. Rester centré sur l'enfant. Toujours revenir à son intérêt. Gardez une posture stable, même sous pression. Et surtout, ne cherchez pas à gagner contre, mais montrez que vous êtes un parent fiable. Alors concrètement, comment se déroule une audience et comment se comporter ? Je voudrais vous donner des repères très concrets parce que beaucoup de parents arrivent sans savoir comment ça se passe. Le déroulé en général, le juge fait un résumé du dossier grâce aux écritures qu'il a reçues en amont des avocats. Puis l'avocat du parent qui a saisi le juge va parler en premier. Ce sera ensuite le tour de l'avocat de l'autre parent. Et puis le juge... peut poser des questions aux parents ou pas. Ce n'est pas systématique. Et l'audience peut être très rapide. Alors, quelle est votre place ? Alors, ce n'est pas vous qui parlez en premier. C'est votre avocat. Votre avocat va structurer, sélectionner et porter votre voix. Ne lui coupez pas la parole, même si c'est difficile. Ne coupez pas... pas la parole ni à l'avocat, ni à l'avocat adverse, ni à l'autre part. Ne réagissez pas pendant que l'autre parle, même si vous entendez des choses fausses ou qui vous mettent très en colère. Cela donne une image de maîtrise. Quand le juge vous parle, la tentation fréquente, c'est de tout expliquer, de revenir sur tout, de corriger. Mais ce n'est pas ce qui est attendu. Répondez simplement à sa question. Il a besoin d'être éclairé sur un point et c'est vous qui connaissez le mieux votre enfant. Alors comment répondre ? Faites des réponses courtes, concrètes, centrées sur la question. Pas de long discours. Les pièges les plus fréquents à éviter. Évitez de répéter ce que votre avocat a déjà dit. Ne déballez pas tout sous l'émotion. Le seul résultat, ça va être une perte d'impact. Et concernant les émotions, c'est normal d'en avoir. Mais le juge va regarder votre capacité à rester stable. N'oubliez pas, vous n'êtes pas là pour tout dire, vous êtes là pour être compris. Je voudrais ajouter un point important, parce que je vois régulièrement cette situation en pratique. Des parents qui arrivent à l'audience sans avocat. Souvent avec cette idée je suis dans mon bon droit, on va réussir à s'expliquer ou ça n'est pas nécessaire. Et parfois au dernier moment il découvre que l'autre parent lui est assisté. Le problème c'est pas simplement une question de droit, c'est une question de structure et de stratégie. Parce qu'un avocat c'est son métier, il sait quoi dire, il sait quoi ne pas dire, il sait organiser les arguments et surtout Il sait s'adapter au juge. Quand vous êtes seul, vous pouvez vous perdre, répondre à côté ou réagir à chaud. Ce que je constate concrètement, je vois souvent des parents qui parlent trop ou au contraire qui n'osent pas parler. Des éléments importants qui ne sont pas mis en avant et des maladresses qui peuvent coûter cher. Et en face, vous avez un avocat qui cadre, qui structure, qui sélectionne. Le déséquilibre dans ces cas-là est réel. Et c'est difficile après coup parce que souvent les parents me disent « Je pensais que ça irait, j'avais pas anticipé, je n'ai pas su quoi dire. » Et surtout, si j'avais su, je serais venue accompagner. Ce qu'il faut retenir, c'est pas une question d'intelligence ni de bonne foi. C'est une question de préparation et de posture. Il est tout à fait possible de se représenter seul. Mais il faut être conscient que l'audience est un moment stratégique et que tout se joue parfois. très vite. Et c'est pour cela que l'anticipation est essentielle. Parce qu'une audience ne se tente pas vraiment, elle se prépare. Rappelez-vous, l'audience, ce n'est pas le moment où l'on vide son sac. C'est un moment où l'on est observé. Et parfois, ce ne sont pas les mots les plus forts qui comptent, mais la manière dont vous allez vous positionner. Je vous remercie d'avoir écouté cet épisode. Si ce podcast vous aide à mieux comprendre ces situations, pensez à vous abonner. Et si vous avez une audience à venir, sachez qu'il est souvent difficile de s'y préparer seul. Se faire accompagner permet d'y voir plus clair, d'éviter certaines erreurs et d'adopter une posture plus juste. Je vous remercie pour votre écoute et vous dis à très bientôt dans un nouvel épisode de Mon Avocat, ma famille et moi.