- Speaker #0
Et je vous parle de quoi ? Je vous parle d'une vallée, une vallée particulière, puisque c'est la vallée des Fous. Et cette vallée donne le titre du dernier film de Xavier Beauvois, qui m'avait peu convaincu lors de son film précédent, c'était l'Albatros. Alors là, la vallée des Fous, en fait, c'est l'autre nom de Port-la-Forêt, qu'on considère un peu comme étant la Mecque des navigateurs. Tous les plus grands se sont entraînés dans cette région. que ce soit Éric Tabarly jusqu'à Jean Le Cam, Vincent Rieu ou Michel Desjoyeaux. Et donc, c'est fou, ce sont ceux qui, un jour, décident de partir, seuls, pour affronter les 40e rugissants à bord de leur beau bateau. Le point de vue, enfin, je vais y arriver, j'ai de la difficulté à relire mes notes. On retrouve là, dans ce film, Jean-Paul qui est passionné de... de voile mais qui traverse une passe difficile. Il accumule les dettes et s'éloigne des siens. Il est décidé quand même à reprendre un peu sa vie en main. Il va s'inscrire à quelque chose que je ne connaissais pas qui s'appelle Virtual Regatta. C'est la course virtuelle du Vendée Globe. Et là il va se mettre dans les conditions d'un vrai skipper puisqu'il va s'isoler Mais il va s'isoler d'une façon quand même assez originale, puisqu'il va se mettre dans son bateau. Et son bateau, il n'est même pas à quai, il est dans son jardin. Alors quand je dis que c'est une période difficile qu'il est en train de vivre, parce que les difficultés financières que j'ai évoquées, c'est celle de son restaurant. Restaurant qui n'a pas su faire évoluer. Un restaurant qui est vraiment proche de la faillite. Il a aussi des soucis avec son fils qui certainement peut être... était lassé d'un père toujours, d'un père alcoolique déjà, et puis d'un père qui n'avançait plus. On retrouve, il y a la seule personne à qui on peut s'arrimer, ce seul point d'intâche peut-être, c'est le Pierre Richard qui joue le grand-père et qui est là quand même, comme je dis, vraiment comme le... la dernière bouée existant dans ce monde. Alors la course va être virtuelle, mais on va suivre une véritable aventure, puisqu'on va avoir des moments forts, même si on est en train de se faire un peu de mal. En restant dans son jardin, les moments où il va passer le caporne sera un moment important, puisque en même temps, et c'est ça aussi qui est marrant dans ce film, c'est qu'il a paralysé les choses, c'est aussi le début de la réconciliation avec son fils. Donc on passe le caporne, on passe un cap, bon là c'est peut-être un peu facile, mais bon c'est assez bien foutu. Alors, ce film, enfin cette... Cette traversée virtuelle sera réelle pour un point bien précis, ça va être un sevrage, puisque ça va être un sevrage de l'alcool, mais c'est un sevrage aussi du passé, faire table rase. Alors ce sevrage, il y a une scène, pas drôle, mais qui est une évocation d'un film. Ou si je vous dis que quelqu'un où il y avait un Yves Montand qui se battait contre les habitants du placard, c'était dans le film Le Cercle Rouge de Jean-Pierre Melville ou dans une scène de Délirium Trémens.
- Speaker #1
Mais Xavier Vauvois n'a pas vraiment voulu le reconnaître.
- Speaker #0
Non, quand on lui a posé la question, il a dit que c'était quelque chose de connu, que lorsqu'on avait Délirium Trémens, tout le monde voyait forcément... des serpents. Mais tout le monde ne le filme pas. Oui, mais toi, tu en as vu aussi des... Bon, là, bon, là. Alors, la vallée des fous, on en a beaucoup. C'est encore un feel-good movie. Donc, quand on dit ça, ça veut dire qu'il y a des chances que ça se termine pas mal. Alors, forcément, quand même, dans un feel-good movie, il y a des hauts, il y a des bas. Et comme c'est sur un bateau, je ne vais pas parler... que les ficelles sont grosses comme des cordes, mais j'ai appris qu'on ne disait pas des cordes sur un bâti, on dit des bouts, et on dit des bouts parce qu'autrement ça porte malheur, la corde c'est ce qui sert à... Voilà. Xavier Beauvois s'est aussi amusé dans le film, puisqu'il interprète de façon assez intéressante un chef de cuisine, lui aussi très particulier. Il a rajouté aussi, on s'est dit tiens ça fait pas de mal, je vais rajouter un petit côté écolo dans le film. Donc par exemple quand le fils veut reprendre le restaurant, on passe à une carte réduite à trois plats, signe d'une cuisine locale à base de produits d'Hitler-Waer, à moins de 30 km. D'ailleurs aussi... Il va jusqu'au bout, Xavier Beauvois, puisqu'il l'a dit, le film d'avant, l'Albatros, il l'avait tourné à 3 km de chez lui. Celui-là, il l'a tourné à 2 km de chez lui. Donc, du cinéma circuit court. Jean-Paul Rouve assure bien le film. Il est très bien. Pierre Richard, je l'ai trouvé aussi assez sympathique. Lui, il dit, j'ai aimé tourner dans ce film. Ça lui a rappelé les tournages avec Jacques Rosier. Petit détail pour terminer, musique. Peter Doherty qui signe là sa première musique de film et le morceau j'ai pas réussi à le trouver parce qu'il est pas encore en ligne mais il était assez intéressant il faut pas expliquer que c'était son voisin oui oui c'était je peux dire un mot dessus ?
- Speaker #1
dis un mot les courses de voile Vendée Globe et Autre Route du Rhum ça me passionne pas du tout suivre en virtuel à fixer un écran d'ordi montrant des images génériques de bateaux... Fendant des vagues digitales comme on le voit dans le film,
- Speaker #0
bof.
- Speaker #1
Xavier Beauvois est quand même arrivé à m'intéresser un peu à cette histoire prétexte et moyennement crédible, il faut bien le dire, qui masque finalement deux sujets principaux, tu l'as dit, le sevrage d'un alcoolique, d'abord montré de façon quand même âpre et plutôt sombre, et ensuite les rapports familiaux, filiaux de trois générations avec un regard assez juste et tendre sur les protagonistes. Jean-Paul Rouff dans son personnage à la trajectoire rédemptrice, il y a encore une rédemption, il est bien j'avoue. Et Pierre Richard dans un rôle un peu à contre-emploi où il n'en fait pas trop, c'est bien. Mention à la très jeune actrice qui joue le personnage de la petite fille, compréhensive et qui prend sur elle, je l'ai trouvé très bien. Je déplore quand même l'intervention de quelques vrais voileux dans le film. Je trouve qu'ils jouent très mal leur partition dans la fiction. Et du même tonneau, la litanie finale des cadors du Vendée Globe, enfin paraît-il, moi je ne les connais pas, mais il me semble qu'il manquait Tabarly ou Decker-Sauzon, elle m'a paru superflue. Ce sont tous des mecs exclusivement français, et ce côté mâle, franchouillard, sabrant systématiquement le champagne à l'arrivée, moi ça m'a un peu énervé, je dois dire.
- Speaker #0
On ne voudrait pas que tu ailles te balader dans un port.
- Speaker #1
Alors pour terminer, je voudrais faire remarquer et déplorer aussi que la Vallée des Fous qui sort pile- poil au moment du lancement du Vendée Globe mi-novembre et quand même une gigantesque pub promotionnelle.
- Speaker #0
Non, rien à hasard. Non, non,
- Speaker #1
non. Pour le jeu en ligne Virtual Regatta. J'ai regardé sur Internet. Il se présente comme, je cite, le leader mondial de Leasailing. 30 euros l'inscription, la course virtuelle plus des packs d'aide en supplément. Bref, ça sent à plein nez le placement de produits discutable.
- Speaker #0
Oui.