- Speaker #0
Très bien, très bien. Eh bien, moi, je vais... Là, c'est assez particulier, parce qu'aller dans une salle de cinéma pour voir un diaporama, c'est une idée quand même assez saugrenue. Eh bien, c'est pourtant ce que nous propose le réalisateur Denis Gobert avec son film « La vie en relief » tiré Jacques-Henri Lartigue. C'est cela, c'est un enchaînement de photographies, oui, mais par le grand photographe Jacques-Henri Lartigue. C'est en 19... qu'il prit sa première photographie et la dernière qu'il a pu prendre c'était l'année de son décès en
- Speaker #1
1986 et en 1904 il avait quel âge ? la première photo il avait quel âge ?
- Speaker #0
la première photo il avait dans le film c'est dit il avait 8 ou 9 ans à peu près alors entre cette première photo et la dernière il y a eu quand même 120 000 clichés C'est... C'est pas mal, c'était quand même pas l'époque du numérique. Donc là, c'était vraiment de la péloche. Alors, un petit peu d'histoire. C'est au cours d'une escale à New York en 1962 que le Jacques montre une sélection de ses premières photos à Charles Radeau, qui est le directeur de l'agence RAFO, qui est là-bas aux Etats-Unis. Et immédiatement, Charles Radeau est enthousiasmé et il va faire une exposition. qui va être faite au MoMA, et surtout un article dans le magazine Life. C'est ce qui va être le démarrage, véritablement, en 1962, vous voyez, quand même, assez tardivement dans la vie de...
- Speaker #1
Il était inconnu avant ?
- Speaker #0
Il était quasiment inconnu. Et il va y avoir un livre, l'agenda d'un siècle, qu'il va créer en 1970, ce Richard... Non, c'est Richard Avedon. qui va créer ce recueil de photographies. Et c'est à partir de ce moment-là que l'article va avoir une renommée internationale. On va le qualifier, en tout cas la presse le qualifie, et on va le voir dans le film aussi, comme étant le photographe du bonheur. Et ce qu'il a fait de bien aussi dans son testament, c'est qu'il a légué l'ensemble de son œuvre à l'État français. Alors sur les 120 000 clichés qui ont été faits, 5 000 étaient des photos en relief. Et le réalisateur Denis Gobert va s'atteler quand même à un projet assez fou. Il va visualiser toutes ces images stéréoscopiques et il va nous les présenter à nos spectateurs. Et bien évidemment, ce film n'a de l'intérêt que s'il est vu en relief. alors donc c'est À l'écran, on va suivre 25 années de la vie de l'artigue en relief. C'est extraordinaire, puisque le film, d'un point de vue narratif, est assez simple. Il suit la chronologie, et on voit les améliorations, les évolutions dans l'œuvre de l'artigue, qui quand même, d'ailleurs c'est sur la fiche du film, où on le voit où il a photographié une de ses cousines, et on voit sa cousine qui est dans... qui sautent dans un escalier. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de photos de l'article sont des photos de mouvements. Et ce relief, bien évidemment, accentue ce sentiment de mouvement. Donc c'est ce que je vous disais au début, ce qui est assez paradoxal, c'est qu'on va au cinéma pour voir des images fixes, mais des images qui donnent du mouvement. Alors, le réalisateur a été aidé pour cette chronologie par le fait que le photographe écrivait. Il avait des agendas dans lesquels il relatait tout jour après jour, toutes ses journées, des journées qu'il faut quand même qualifier de plaisir. Son père, grande fortune, s'amusait à dire qu'il ne voulait pas que ses enfants apprennent à gagner de l'argent. mais qu'ils apprennent à le dépenser.
- Speaker #1
C'est bien, ça aurait aimé avoir une femme comme ça.
- Speaker #0
Alors, fait à mon père, j'aimais bien, mais j'aurais bien aimé aussi pouvoir avoir un père ou un tonton comme ça, ça aurait été assez sympathique. Alors, c'est sûr que les deux frangins, ils ont suivi la consigne du père. Un dans la photo, on vient d'en parler, c'est Jacques, et son frère qui lui voulait voler, donc il avait Il a créé des avions. On les voit, ils ont plutôt tendance, ces avions,
- Speaker #1
en papier, en balsa,
- Speaker #0
à faire quelques mètres. Ces images sont quand même très fortes et assez émouvantes. On a vraiment l'impression, je l'ai dit et je le redis, ce relief, c'est vrai qu'il nous transporte dans une autre dimension. C'est vraiment la 3D. Ça, c'est vraiment extraordinaire. Et puis, on voit par exemple le dérapage de bolides, un chien qu'on voit qui donne l'impression de s'envoler, et surtout de l'eau en suspension. On voit souvent des gouttes d'eau. Alors, il faut dire quand même qu'à l'époque, ces appareils, il fallait quand même qu'ils utilisent des vitesses assez rapides pour arriver à capter tout ça. Le réalisateur nous dit qu'il n'a juste que nettoyé un peu les différentes photos. Il n'y a pas... l'IA n'est pas intervenue. Donc, c'est vraiment... Chapeau, hein ? Ah oui, oui, c'est très beau. Alors, lui, le réalisateur, lui, il est déçu parce que lui, ce qu'il voulait être, c'est de peindre. Alors, il a fait de la peinture. Il n'a jamais été reconnu comme peintre. Mais il a fallu qu'il attende quand même un certain âge. 60 ans ? Oui, c'est en calcul, à peu près. Pour être reconnu en tant que photographe et aller consulter les photos de l'Arctique. C'est vrai que ce sont des photos du bonheur.
- Speaker #1
On ne parle jamais de développement. C'est lui qui développait ces photos, j'imagine.
- Speaker #0
Oui, et puis il faisait aussi des tirages. Puisque pour comprendre le principe, il fallait nécessairement...
- Speaker #1
Pour la 3D, tu veux dire, pour la stéréoscopie. Oui,
- Speaker #0
il fallait... tirés de photos qui sont légèrement décalées, que l'on mettait après devant un lecteur. On a peut-être tous connu, en tout cas ceux qui ont un certain âge, le View Master, c'est exactement le même principe. C'est le principe du View Master qui permettait de voir en relief.
- Speaker #1
Voilà. Moi je trouve que ce portrait d'un dilettante esthète qui passait son temps à immortaliser sur pellicule son quotidien oisif avec sa famille, amis. C'est vraiment très, très intéressant. Étonnant de réaliser que son travail novateur n'a eu de reconnaissance que si tardivement. Alors, les dizaines de clichés, je ne sais pas combien il y en a, sont vraiment superbes. Et à voir, Patrick, tu parles de la 3D, mais toutes les séances ne sont pas au 3D. Et là, il faut vraiment choisir une séance avec des lunettes. Parce que pour une fois que cette technique est utilisée pour autre chose, que de mettre en relief des bastons et des effets spéciaux qui font mal aux yeux. Il faut en profiter.