Speaker #1Non, non, je vais le démonter. Non, je rigole, je rigole. Les Dimanches, Los Domingos en VO. Car en effet, long métrage qui nous vient d'Espagne. Beaucoup de bonnes choses nous arrivent de l'autre côté des Pyrénées depuis un certain temps. Dernièrement, Sirat, Los Tigres, Cervantes avant Don Quichotte. Je cite ça pour faire plaisir à notre ex-recru Céline à qui il avait adoré. Une famille bourgeoise à Bilbao aujourd'hui. Le père, trois filles, pas de maman, décédée depuis un moment. Une grand-mère, une tante et son mari. famille. soudés apparemment. On sent bien qu'il y a des tensions, ne serait-ce que des tensions financières mais beaucoup d'amour. L'aîné, Ainara, 17 ans est brillante élève dans une école catholique et toute la famille a l'air d'être passée par là, pas forcément pour des raisons religieuses d'ailleurs. La tante entre autres se disant farouchement athée. On va là parce que c'est une tradition familiale et qu'on y pourvoit une bonne éducation. La jeune fille Merci. Une ado comme les autres de son entourage, c'est-à-dire adepte de blagues salaces, ne rechignons pas à l'alcool et même attirée par les garçons, et qui prend un grand plaisir à participer à la chorale de l'établissement, va faire une annonce étonnante. Elle souhaite participer à une période d'intégration dans un couvent attenant à son lycée, afin d'embrasser peut-être la vie religieuse. Devenir nonne, quoi ! Voilà tout le monde bien pris au dépourvu par cette nouvelle qui va créer des troubles et des discussions dans la sphère familiale avec une bataille d'influence au sujet de la décision d'Aïnara. Voilà le point de départ et j'ai trouvé ça vraiment passionnant de voir les interrogations de cette jeune fille et les relations plus ou moins conflictuelles avec son entourage. Je pense à une scène en particulier, j'ai trouvé que c'était vraiment un grand moment de cinéma. avec le mari de sa tante. Et à un moment, il y a une scène entre les deux qui est superbe. Film troublant quand même sur la foi religieuse d'une adolescente et sur le parcours d'une famille autour de sa vocation annoncée. C'est assez peu commun comme sujet et assez courageux d'en faire un film. À notre époque, de plus en plus athée, moi je ne le déplore nullement, je le constate seulement. D'autant plus que j'ai trouvé que la réalisatrice observait Merci. montrer, mais ne prenaient pas partie finalement, évitant une position jugementale sur l'un ou sur l'autre. Elle interroge le spectateur en fait, de la même matière que la famille s'interroge et cherche des explications. Une œuvre feutrée, intimiste, mais avec une certaine violence sous-jacente quand même, à laquelle moi j'ai trouvé beaucoup de grâce. Sentiments en partie dus à la forte... présence de la jeune actrice principale. Elle s'appelle Bianca Soroa, au visage botticellien et dont c'est la première apparition au cinéma. Elle est formidable. Alors, croyant ou non, on ressort assez bousculé de ce troisième long-métrage de la réalisatrice qui s'appelle Aloda Ruiz de Azúa. Ces deux premiers ne sont pas sortis en France. J'ai vu qu'elle est également aux commandes d'une série qui s'appelle Querer diffusée sur Arte. Patrick, ah ben oui, moi c'est quand même, je peux rajouter quelque chose, si ça peut inciter de putatifs spectateurs ou spectatrices à aller voir ce beau film atypique, j'indique qu'il a obtenu la conche d'or, c'est-à-dire sacré meilleur film, au dernier festival de San Sébastien. Et il récolte 13 nominations au prochain Goya 2026, équivalent espagnol des Césars. Et il sort le 11 février. Une remarque quand même, en 2018, la prière de Cédric Kahn, avec Anthony Bajon, hésitant à entrer au séminaire, abordait un sujet voisin, mais il était centré uniquement sur le jeune garçon, Amoché et son famille, donc dans un contexte bien différent, et bien différent aussi car situé à une autre époque, mais qui interrogeait également la foi religieuse, le Thérèse d'Alain Cavalier, multisésarisé, en 1986. Et toi, ce dimanche, y est-on plus ce dimanche ?
Speaker #0Oui, beaucoup plus. Une chose qui m'a beaucoup intéressé, c'est l'évolution du père. Puisque, en étant parent, on arrive un peu à comprendre, en tout cas, on s'imagine comment on pourrait réagir dans une telle situation. Et là, au final, même si tout cela peut le mettre forcément mal à l'aise, Ce qui la va l'intéresser, et c'est ce que normalement tous parents essayent de faire, c'est que sa fille soit heureuse. J'ai trouvé ça intéressant, puisqu'on voit le personnage évoluer pendant le film, et c'est vraiment assez beau.