- Speaker #0
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- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Naissance Insulaire, ce podcast que nous avons créé avec Solenn. Moi, c'est Justine et aujourd'hui c'est ma voix que vous entendez au micro. Ce podcast est né d'un constat simple. En ligne, on trouve très peu de témoignages sur la parentalité en Nouvelle-Calédonie. Alors, on a eu envie de créer un espace pour laisser une trace, pour entendre les voix des parents d'ici, dans toute leur diversité. Ce podcast, c'est ça, des histoires simples, sincères et ancrées dans notre quotidien calédonien. Merci d'être là et bonne écoute ! Aujourd'hui on vous présente Muriel. Muriel est une maman médecin généraliste qui a vécu deux accouchements aux histoires totalement différentes. Son premier avec un projet physio à la clinique et son deuxième, une naissance à la maison sans assistance. Alors qu'elle s'était préparée une nouvelle fois pour un projet physio, son petit deuxième a décidé d'arriver vite. Résultat, Muriel a accouché seule, chez elle, en pleine nuit, en plein contexte des meutes, sous le couvre-feu et les barrages. Dans cet épisode, elle raconte sa préparation, ses projets et surtout ce moment unique et intense où elle a accueilli son deuxième bébé chez elle. Un récit puissant qui montre à quel point chaque naissance peut être une expérience hors du commun. Bonjour à tous et bonjour à Muriel qu'on accueille aujourd'hui dans le podcast de Naissance Insulaire. Muriel, on est ravis de t'avoir aujourd'hui pour cet épisode. Tu vas venir nous parler de ton parcours de maternité, de la naissance de tes deux enfants et... surtout de la naissance de ta dernière qui s'est faite à domicile. Est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #2
Oui, merci Justine, merci Solène d'avoir lancé cette initiative. Donc Murière, moi j'ai 34 ans, je suis maman de deux enfants. Une première Jade qui va avoir bientôt 6 ans et une deuxième Louis qui a eu 15 mois. Et dans la vie, je suis aussi médecin généraliste en face de... de reconversion.
- Speaker #1
Très bien. Tu es en Nouvelle-Calédonie depuis combien de temps ?
- Speaker #2
Je suis venue une première fois en 2014 et je suis revenue en 2016. Donc ça va faire la fin de la deuxième année.
- Speaker #1
Ok. Et c'était comment, toi, ton enfance, ta vision de la parentalité, en tout cas, depuis longtemps que tu t'en souviens ?
- Speaker #2
Alors moi, mes parents m'ont eu jeune, ils étaient encore étudiants, dans les années 90. Donc ils se sont mariés pour faire quelque chose de bien, tout ça. Et puis ils se sont séparés, j'avais 3 ans. À ce moment-là, ils avaient quitté la France, ils habitaient à l'île de la Réunion. Et donc ma maman était enceinte de mon petit frère. Et donc ils se sont séparés, ma maman est rentrée en France. Et donc j'ai été beaucoup élevée par mes grands-parents. Et je voyais mon papa essentiellement pendant les vacances. Après il a vécu par période en France, donc je le voyais un peu plus régulièrement. mais c'était les grandes vacances Donc voilà, plutôt une enfant de divorcée compliquée, parce que j'ai été beaucoup dans le milieu judiciaire, etc. Jusqu'à la majorité de mon frère. Et en même temps, plein de souvenirs de la famille recomposée de mon père. Après, parce que j'ai eu deux... Donc avec ma mère, j'ai eu un frère et avec mon père, après, deux demi-sœurs, un demi-frère. Et donc j'ai eu de bons souvenirs de vacances, de grandes familles de son côté. Et ma maman qui a plutôt eu le quotidien et tout ça.
- Speaker #1
Ok. Et tu as toujours voulu devenir maman. Tu nous as dit que tu étais médecin généraliste, donc on comprend bien que tu as eu des études très longues. Mais est-ce que ça a toujours été un projet dans un coin de ta tête ou pas du tout ?
- Speaker #2
Oui, ce n'était pas un projet, mais c'était une évidence. Dans ma vie, je serais maman, c'était sûr. Après, effectivement, comme études, c'est un peu long, ce qui fait qu'on a un peu décalé de tout le monde. Après, j'ai eu le bac assez jeune et j'ai fait toutes les études d'une seule traite. Donc finalement, j'ai fini mes études assez jeune par rapport à... d'autres.
- Speaker #1
Oui, parce que tu me disais que tu as eu ton premier à 28 ans.
- Speaker #2
Oui, moi je suis arrivée en Nouvelle-Calédonie à 25 ans. Et donc, j'ai eu ma première grossesse à 27 et 28 ans.
- Speaker #1
Oui, ce qui est en fait très classique.
- Speaker #2
Je suis dans la moyenne apparemment. Finalement assez jeune par rapport à mes amis qui ont eu plutôt leurs enfants à 35 passés. Mais je vous racontais, dans mon livre de gynéco, il y avait marqué qu'il fallait avoir le premier avant 30 ans. Donc, j'avais, je pense, cet objectif dans un coin de ma tête. Muriel, il faut avoir le premier avant 30 ans, tu sais pas où, quoi, comment, mais il y avait un espèce de truc qui devait être...
- Speaker #1
C'était check. Le livre a été respecté. Et le projet de ton premier bébé, comment il est arrivé ?
- Speaker #2
Alors moi quand je suis venue en Calédonie, je venais pour ma dernière année de stage et donc après je devais partir faire le tour du monde en sac à dos parce que j'avais quand même passé 25 ans de ma vie à étudier et donc l'idée c'était de voyager et donc en fait c'est pas ce qui s'est passé parce que j'ai rencontré le papa des enfants très vite après être arrivée et donc quand je suis tombée enceinte, je venais d'arrêter la contraception, c'était le premier cycle après, donc voilà c'était un projet qu'on avait qu'on a dit qu'on lançait là parce que du fait de la différence d'âge, on ne voulait pas forcément attendre. trop longtemps mais on ne vivait pas ensemble à ce moment-là. Moi je remplaçais et donc je suis tombée enceinte à la première possibilité que ça arrive. Et ça a été assez surprenant parce qu'on ne vivait pas encore ensemble. Moi j'avais plusieurs contrats de remplacement, notamment dans les îles de la UT, donc beaucoup de boulot prévu. Et donc du coup c'est vrai que ce début de grossesse, autant mes deux grossesses se sont super bien passées. Pour la première, j'ai eu un peu une nausée dans les transports, mais c'est à peu près tout. Après, comme j'ai eu la dingue quand je bossais sur une désirabilité, j'ai eu la dingue et là, j'ai quand même été bien KO. Mais sinon, voilà. Et j'avais vraiment ce truc en tête, la grossesse n'est pas une maladie, donc on vit normalement. Jusqu'à un point où vraiment, j'ai beaucoup, beaucoup travaillé et donc j'ai quand même été très fatiguée. Et je sais qu'arrivée à cinq mois de grossesse, vraiment, j'avais beaucoup, beaucoup tiré sur le corps. et je me souviendrai d'une patiente qui m'a dit « Ah, j'ai jamais vu un docteur aussi malade ! » Parce que j'avais eu la gastro, j'avais une extinction de voix et je boitais parce que j'étais tombée en visite à domicile et j'avais mal au genou. Et donc j'ai appelé le médecin que je remplaçais, j'ai dit il me reste 4 jours, mais en fait je ne peux pas. Je ne peux plus parler. Donc heureusement j'avais prévu pour cette grossesse, tous mes contrats j'étais obligée de les honorer. Mais du coup le dernier trimestre j'ai pu alléger le truc. Ce qui est assez drôle, j'avais envie de partager ça aussi aux mamans qui ont vécu ça, c'est qu'une grossesse comme indépendant, c'est pas évident Et je suis tellement enceinte tellement vite qu'il me manquait trois semaines au RUAM pour avoir droit à un congé maternité. Et donc, heureusement, on m'a embauchée enceinte jusqu'au cou. Et donc, j'ai bossé quelques semaines et j'ai pu avoir un congé maternité grâce à un contrat salarié. Mais en tant qu'indépendant, il me manquait trois semaines parce qu'avant, j'étais salariée. J'avais plein de contrats, donc j'ai passé de salariée indépendante. Mais en indépendant, il me manquait trois semaines. Et j'ai revécu à la grossesse du deuxième. Combien c'est compliqué financièrement et en termes de gestion d'être... Travailler indépendant ici et enceinte.
- Speaker #1
Je confirme, on pourrait faire un épisode juste sur ça, je pense. Donc, fin de grossesse ?
- Speaker #2
Sinon, une grossesse à part le fait que j'ai beaucoup tiré physiquement. Mais sinon, très bien. Moi, je me sentais vraiment très bien enceinte, très épanouie. Et puis, c'est vrai qu'on se dit qu'à la fois, c'est assez long, mais en fait, c'est très court. Donc, du coup, j'avais envie de profiter au maximum. Et donc, j'ai emménagé sur Nouméa. Je devais être enceinte de six mois. Donc là, on a déménagé. on a pris un autre appartement Enfin, on a pris un appartement ensemble. Et ensuite, moi, j'ai surtout... Moi, j'aimais beaucoup danser. Et donc, j'ai vraiment dansé jusqu'à la fin de la grossesse, même les derniers jours avant la naissance. Donc, il y avait vraiment ce plaisir de se sentir belle. Voilà. Le plaisir de... De bouger. De bouger, ouais.
- Speaker #1
Avec ce nouveau corps.
- Speaker #2
Ouais. Ouais, ouais. Et puis, vraiment... Heureuse de vivre ça, heureuse de porter la vie de cette magie du corps qui fait tout ça, alors que nous, on est occupés à notre quotidien. Et pendant ce temps-là, il y a un être qui grandit en nous et je trouve ça assez extraordinaire.
- Speaker #1
C'est magique. Je dis ça à un médecin. Mais oui, il y a quand même quelque chose de fou. Et l'accouchement, pour ta première, tu l'envisageais comment ?
- Speaker #2
Alors, ça avait ce sens où... C'était ok d'avoir cet enfant ensemble et en même temps l'idée c'était qu'on n'aurait qu'un enfant ensemble. Donc je voulais tout vivre à 400% à côté de rien. Et pour moi c'est vrai que dans ma vision de la santé aujourd'hui et de la médecine, c'est vraiment de revenir au corps, revenir à l'humain. Et donc pour moi la naissance c'était de revenir aussi au sens sacré de la naissance et surtout à se dire que ça fait des millénaires que les femmes accouchent et donc en fait le corps sait faire. Et donc, c'était assez naturel pour moi, dans ma vision globale de la vie de Thau, de vouloir une naissance naturelle, une naissance physiologique. Et voilà, donc j'ai beaucoup lu, j'ai eu pas mal renseigné. Et puis, j'ai eu un super accompagnement par une sage-femme vraiment incroyable qui a quitté le territoire aujourd'hui. Et son accompagnement, il a été vraiment précieux parce qu'elle m'a autant nourrie de ce projet de naissance naturelle, bien expliqué au papa tout ce qui se jouait. En fait, ce n'est pas une lubie comme ça de vouloir accoucher. Ce n'est pas, comment dire ? Ce n'est pas un objectif pour le fun, c'est vraiment quelque chose qui permet au corps de suivre son process et au bébé aussi. Et là où elle m'a beaucoup accompagnée, c'était d'expliquer un peu comment ça se passe une naissance physiologique, mais c'était aussi de m'amener à accepter tout ce qui pourrait se passer. Parce qu'en fait, c'est surtout ça dans une naissance, il y a notre naissance idéalisée, qui a peut-être 1% de chance de se produire, et 89% des cas, ça va se passer autrement. Et donc, c'était d'arriver à se dire, OK, il faudra que je sois en capacité d'accueillir ce qui est le plus juste à ce moment-là, pour moi et le bébé, et de le faire en fluidité, en accord, en conscience. Donc ça, je les remercie vraiment parce que moi, ce que j'ai l'impression de constater, c'est que dans la naissance se revit souvent notre plus grande peur ou en tout cas, surtout ce qu'on ne voulait pas vivre. Et je l'ai vu, par exemple, des mamans qui ne voulaient surtout pas coucher dans la voiture. Elles ont accouché dans la voiture alors que la probabilité était assez faible. Et moi, j'avais deux peurs. c'était La Péry Et d'avoir une déchirure du périnée et des complications du périnée. Et j'ai vécu les deux.
- Speaker #1
Je suis assez d'accord, je te rejoins sur cette vision où je trouve que la maternité en général ça vient de chercher... Ça vient un peu de te trigger.
- Speaker #2
Sur plein de choses. Et donc c'est vrai que moi j'ai eu plusieurs jours de pré-travail. Où t'as tes contractions, alors tu sais pas si c'est ça, si c'est pas ça. Et puis là, Sacha m'accompagnait bien en disant ok, ça arrive et tout. c'est pas séduit On appelle les contractions de pré-travail. Donc voilà, ça dure plusieurs jours, avec des nuits pas forcément reposantes, donc pas mal de fatigue. Et donc finalement, quand le vrai travail, entre guillemets, a commencé, je ne savais pas trop exactement ce qui se passait. Mais voilà, finalement, ça a commencé dans la soirée. Et alors ce qui est drôle, c'est que la veille, en dansant, j'avais senti qu'elle avait changé de position, qu'elle était descendue. Une de mes peurs aussi, c'est qu'elle était positionnée, ce qu'on appelle en postérieur. C'est-à-dire qu'au lieu d'avoir le dos en avant, avec le dos en arrière. Et ça, c'est un peu plus compliqué pour la naissance. Et en fait, j'ai senti qu'en dansant la veille, ça fait choup. J'ai lu ce qu'elle avait dansé. Et en fait, elle avait tourné, elle avait descendu. Donc voilà, c'était la naissance qui se préparait. Et donc, les contractions, elles ont commencé dans la soirée. Puis ça s'est intensifié super tranquillement et tout. Et donc là, j'ai pu mettre en place aussi ce qui m'avait... Enfin, les tips un peu que j'avais pu lire ou qui a pu m'être transmis par la sage-femme. Et cette sage-femme... elle accompagnait dans ce qui m'a été le plus utile surtout dans la deuxième naissance mais dès la première c'est le chant prénatal, c'est-à-dire d'accompagner chaque contraction par la respiration ça souvent on nous le transmet mais en fait par le son aussi et ça permet à la fois d'être, parce qu'une des clés dans la gestion des sensations c'est d'être pleinement dans la contraction, pleinement dedans, c'est vrai que quand on rate un peu le début des fois c'est beaucoup plus intense et donc de ressentir et d'accompagner par des sons, donc avec des O des A, des M Et puis, en fait, se laisser porter par la contraction d'angson. Et donc, j'ai pu faire ça. Voilà. Puis voilà, d'être libre des mouvements, de bouger avec ça. Et puis, à trois heures du matin, je me souviens que je suis descendue dans la cuisine. Et là, je plaf, j'ai perdu les os. Et donc, voilà, je ne m'attendais pas trop à ça. Et j'avais aussi... Alors, souvent, on me dit, c'est plus facile que toi, t'es médecin. Ah non, ce n'est pas du tout plus facile. Au contraire, parce qu'on a plein de représentations. On a pu avoir plein de récits de complications, de soucis, ou alors de si c'est comme ça, il va se passer ça, si c'est comme ça, ça va se passer ça, alors que dans une essence, on a besoin, au contraire, d'être pleinement dans l'instant et pleinement dans ce qui se passe et surtout pas dans les représentations, les projections. Donc voilà, tout de suite, c'est ah ok, j'ai perdu les autres, donc ça va être plus intense. Et donc il y a eu un peu un stop dans les contractions. Et puis après, c'est parti beaucoup, beaucoup plus intense. et donc là j'ai réveillé le papa et puis il était un peu en mode tranquille je lui ai repassé ma chemise non mais là t'as pas compris et donc il était 3h15 du matin donc en 10 minutes clairement on était à Nouvelle j'ai un souvenir que c'était 10 minutes interminables et là après j'ai pensé aux mamans qui ont une heure de route à faire dans les campagnes françaises pour la maternité et ça me paraît absolument improbable parce que moi les 10 minutes m'ont paru très difficile et même du parking parce que moi c'était à la clinique de Nouvelle et ça faisait pas longtemps qu'elle était ouverte Et pour arriver déjà du parking jusqu'en salle d'accouchement, j'ai un souvenir aussi interminable, genre cinq contractions pour arriver jusque là-bas. Et là, c'était vraiment très, très intense au niveau des sensations et notamment au niveau du bassin, en fait. Moi, ça a été très fort le ressenti dans le bassin. Et donc, j'étais convaincue que j'allais accoucher. Pour moi, j'allais accoucher dans l'heure, ça y est. Et donc, une des choses que moi, j'avais demandé justement pour ne pas partir trop de mental, c'était à ne pas me dire la dilatation parce que je savais que j'allais mentaliser des trucs. et Donc ça, ça a été vraiment respecté. J'ai été accueillie par une super sage-femme qui est retraitée maintenant, mais qui était vraiment chouette. Et qui a vraiment fait en sorte de me mettre à l'aise. Elle a décidé de me soulager aussi avec des points d'acupressure, des choses comme ça. Donc là, ces premières heures-là, c'était très intense. J'avais plus ces histoires de vagues et de récupération. Je m'étais tellement préparée aux vagues que là, il n'y avait plus de récupération. Et donc, j'avais encore ce truc d'aller dans mon bassin, je vais accoucher. Et là, je me disais, Muriel, ça avance bien, ça avance bien, mais ce n'est pas encore là. Et il y a eu deux événements qui m'ont marquée. En fait, elle m'a enlevé le monitoring pour me laisser plus de mouvement. Et je savais que si elle m'a enlevé le monitor, c'est que j'étais à moins de 6. Et donc déjà de me dire que je suis à moins de 6, ça m'a cassé le moral. En mode, si là, c'est comme ça et que je suis à moins de 6, non mais en fait, c'est pas possible. Je vais pas tenir, ça fait 3 nuits que je dors pas. Et puis ensuite, à 7h, c'est le truc un peu con, mais qui m'a un peu déstabilisée, c'est le changement d'équipe de 7h du mat. Et c'est vrai qu'il y a des endroits où, pas dans les maternités classiques, mais quand les sages-femmes accouchent, elle reste en fait jusqu'à la naissance donc je suis tombée sur un sage-femme extrêmement bienveillant, mais ça a créé autre chose. Et donc là, j'ai dit, je veux la périr. Je me rappelle, j'ai dit, papa, des enfants, parce que j'avais fait un énorme briefing où je lui avais dit, si jamais je demande la périr, surtout, tu m'en empêches. Parce que je lui avais dit, ça serait la phase de désespérance, donc tu m'en empêches. Et donc là, il m'a dit, non, mais t'es sûre que tu veux la périr ? Mais il ne comprenait plus. Effectivement, c'était parce que je lui ai demandé. Et donc, je suis très contente parce que grâce à cette préparation et cette sassouflamme, ben... J'ai accepté que c'était la meilleure chose à ce moment-là, même si ce n'était pas ce que je voulais. Mais j'ai senti que là, c'est ce qui allait me permettre de lâcher. Et donc, merci parce que j'ai eu un anesthésiste qui m'a posé la pérille en deux secondes. Je n'ai même pas eu le temps de comprendre ce qui se passait, qu'elle était posée, super bien posée. Je n'en ai pas remis. Et donc, en fait, après, j'ai dormi, j'ai relâché. Donc, le travail s'est un peu ralenti quelques heures. Là, on était déjà à la fin de matinée. donc le travail a commencé la veille à 19h mais voilà ça m'a permis de te relâcher, te récupérer et finalement après comme elle était très peu dosée que j'en ai pas remis Ça m'a permis même de me mettre debout. C'est ce qu'on appelle une périambulatoire. Il y a des maternités qui le font vraiment dans ce sens-là. Ce qui fait que, un peu précaire, mais j'ai pu me mettre sur le ballon et donc j'ai pu finalement reprendre un peu la maîtrise de ce que je voulais vivre dans la naissance ou en tout cas de pouvoir le faire en étant acteur et en conscience. Et donc de bouger sur le ballon, de danser, on a mis de la musique et tout. Et notamment, ils m'ont proposé de mettre de l'ocytocine. Avant, ils m'avaient fait plusieurs choses pour la douleur, mais ça m'a pas du tout convenu donc voilà après je suis passée à la péri Et puis du coup, j'ai pu relancer les contractions en fait, en me remettant en mouvement, en refaisant des choses que j'avais pu savoir, de faire des cercles, des ronds, l'infini aussi, de bouger les hanches. On peut vraiment relancer un travail quand c'est un peu ralenti. Mais sachant que j'avais la pérille et que ce n'était déjà plus une essence physio, il faudrait savoir que tous les repères qu'on peut avoir en essence physio, à partir du moment où il y a la pérille, c'est autre chose. C'est pas les mêmes repères, les mêmes sensations. Et donc Sachem qui avait dit, tu m'appelleras quand t'as envie de pousser. Et pour l'avoir vécu après, genre par exemple dans le deuxième, toutes les images qu'on voit dans les films, les trucs, c'est pas du tout comme ça une essence naturelle. Et en fait, tu te demandes si t'as envie de pousser. Quand le bébé est là et que t'as envie de pousser, c'est au-delà de toi. Donc là, c'était un peu, je crois que je commence à avoir envie de pousser. Donc on l'appelle, il vient et tout. Et puis il me dit, ok, ça y est, elle se prépare et tout ça. Et donc... A posteriori, je me dis que j'aurais pu attendre plus, surtout qu'elle n'a jamais eu aucune souffrance, aucune fatigue, quoi que ce soit. Il m'a laissé vraiment libre d'essayer différentes positions, comme j'avais assez de force dans les jambes pour mettre à quatre pattes. Donc il m'a vraiment laissé mettre de ça. Mais on n'était déjà pas dans de la physio, donc pas dans les sensations que ça peut être. Et donc ça a duré une heure. Et là, je voyais l'heure qui passait. Et là, c'est le côté médecin qui a dit, OK, Muriel Lassier ne sort pas. En fait, ça va être les instruments. et ça c'était encore le truc que je ne voulais pas et donc il m'a dit Muriel je crois qu'il va falloir te mettre sur le dos et pousser en apnée bloquée parce qu'on peut apprendre en respiration qu'il vaut mieux plutôt être dans l'ouverture à respirer comme ça et de pousser comme ça pour pas abîmer son périnée mais en fait à partir du moment où on est sur le dos, qu'il faut faire une poussée forte on va se mettre en apnée quoi et ça moi dans ma représentation c'était me déchirer le périnée et donc je me souviendrai toujours de ce moment où je me suis dit bah Muriel en fait là il faut qu'elle sorte ok tu vas te déchirer le périnée mais au moins elle va sortir son instrument et donc je sais que j'ai poussé un grand coup et puis là elle est sortie et je me suis déchirée le périnée mais bon elle est sortie tout allait bien et tout ça et cette rencontre je me souviens toujours de ce moment c'est une émotion tellement intense de la rencontre avec le bébé et voilà de ce moment où ils m'ont laissé la prendre, la poser sur mon ventre et ouais, donc ça j'en ai un souvenir c'est extraordinaire et puis Et puis voilà, après, le séjour, la maternité, la rencontre. Après, moi, j'ai eu deux super allaitements hyper faciles. Même plus pour elle, une hyperlactation est un réflexe d'éjection fort. On parle toujours du manque de lait, mais il y a 10% des mamans qui ont trop de lait. C'est un truc à gérer aussi, parce qu'on se retrouve comme ça, il y a des torrents de lait partout.
- Speaker #1
Oui, le réflexe d'éjection fort, ce n'est pas non plus facile pour le bébé.
- Speaker #2
Non, donc elle, c'était vraiment une bonne goulue, ça se passait plutôt bien. Mais ça a été des apprentissages, des choses que je ne savais pas forcément. Après, je me suis formée en allaitement. C'est vrai qu'après, j'ai eu vraiment plaisir. Ça a changé dans ma pratique, le fait de devenir maman. La façon dont j'ai examiné les bébés. Même si j'ai déjà pas mal à la pédiatrie. Mais ça a pu me former en allaitement, accompagner et tout ça. C'était chouette.
- Speaker #1
Tu t'es servi de ton vécu pour le mettre dans ta pratique. C'est chouette. Et ça s'est passé comment, ce début de vie à 3 ?
- Speaker #2
Pas évident, parce que j'avais tellement ce truc que je voulais vivre à fond la maternité. qu'il y a toujours eu ce truc de, OK, quelle place a le papa ? Quelle place je lui donne ? Quelle place je lui laisse ? Quelle place il prend ? Et donc, autant pour moi, c'était complètement inné et évident de comment m'occuper du bébé. Je n'ai jamais eu de questionnement de comment m'occuper de ma fille. Mais c'était comment me construire avec différentes facettes. Comment rester femme ? Comment devenir la mère que je veux ? Et reprendre le travail. C'est vrai que moi, un des traumatismes, ça a été de reprendre le travail à trois mois. Parce que, dans ma tête... c'est contrôlant. Pour moi, j'avais tout mis en place pour que ça soit idéal. Pour moi, c'était quand même un super poste avec des horaires salariats, avec des horaires fixes, etc. On finissait assez tôt. Il y avait quand même vraiment loin de certains métiers. Et en fait, c'est vrai que je l'ai vu en consultation, j'ai eu le sentiment que les mamans qui s'occupent des autres, que ce soit les instits, les soignants, ça peut être encore plus difficile de laisser son bébé qu'un métier où c'est ta boîte. Là, on te demande d'aller Merci. De laisser ton bébé à quelqu'un pour t'occuper des autres, il y a une espèce de non-sens à l'intérieur de soi. Et donc ça a été très difficile, surtout que je devais reprendre avant même qu'il rentre à la crèche, parce qu'on n'avait pas de place en crèche tout de suite. Parce que c'était arrivé assez vite. Et donc voilà, heureusement, finalement j'ai été deux, trois semaines en arrêt maladie après le congé maternité. Et ça m'a fait vraiment du bien, ces quelques semaines gagnées, parce qu'en fait, tout le troisième mois, son troisième mois, je sais que j'étais mal à l'idée de la reprise et j'étais pas déprimée, tout le monde me disait est-ce que c'est une dépression ? Non c'était pas déprimé, c'était juste je peux pas être séparée de mon bébé et ouais c'est marrant, il y a encore de l'émotion et c'est fou en fait, ça a été beaucoup de colère après l'injustice par rapport à la société de dire en fait à ce moment-là de notre vie que ce soit la grossesse ou le postpartum autant il y a des mamans qui veulent reprendre autant c'est quoi notre place à quelle place on peut être le mieux qu'à s'occuper de son bébé et qu'il y a vraiment aussi maintenant aujourd'hui il n'y a plus rien à prouver que de l'importance du début de la vie pour un enfant, sur sa santé future, sa santé physique, sa santé mentale, que du coup, ça me paraît vraiment un non-sens aujourd'hui de faire reprendre les mamans à 3 mois. Donc voilà, et puis avec ce truc, de me dire, je pensais avoir tout, trouver le bon poste, le truc, le machin, et en fait, c'était pas ça. Donc il y a eu vraiment un deuil à faire de ce perfectionnisme, en fait, de voir absolument que ça soit parfait et qu'en fait, la vie nous amène à d'autres choses.
- Speaker #1
Je pense que la perfection, c'est vraiment un sujet qu'on a abordé à tous les épisodes pour l'instant. Mais en fait, personne n'est parfait. C'est une pression qu'on se met. C'est dur à accepter. Je pense que c'est vraiment un apprentissage avec la maternité de lâcher sur ça. En fait, ça ne pourra pas être 100% parfait. Mais toi, tu n'avais pas anticipé ce retour à la vie active. Tu n'avais pas anticipé la difficulté que ce serait pour toi.
- Speaker #2
Non, parce que du coup, je m'étais dit, franchement, j'ai trouvé un super poste. J'étais à cinq minutes de la crèche, j'avais une heure par jour pour tirer mon lait. J'avais des super collègues, même s'il y a eu des événements qui ont fait que c'était beaucoup plus compliqué quand j'ai repris que quand j'avais commencé. Mais voilà, pour moi, j'avais trouvé les conditions idéales. Et du coup, le choc de me dire, en fait, OK, les conditions de travail en soi, elles sont vraiment privilégiées, mais ce n'est pas ça, en fait. et donc c'est vrai que les premiers temps je pleurais sur mon tir avec elle concrètement et en même temps tirer mon gars ça m'a permis de me dire ok j'ai pas avec ma fille mais au moins je lui offre ça et c'est vrai que ce trauma de séparation on le revit toujours aujourd'hui elle va avoir 6 ans et la séparation avec moi elle est toujours compliquée donc
- Speaker #1
ouais c'est resté entre nous moi je trouve ça extrêmement dur le retour au travail alors il y a aussi des femmes qui ont vraiment hâte de reprendre et je comprends Oui. Mais quand, en tout cas, on n'est pas tout à fait prêt, ça peut être très dur,
- Speaker #2
je pense. Donc, je m'étais dit, a posteriori, moi, mon idéal, ça aurait été de rester avec l'enfant jusqu'à six mois et après, de reprendre un mi-temps. Et finalement, après, j'ai pu avoir un mi-temps, mais pour ces un an. Donc, j'ai eu un 60% à ces un an. donc après ça m'a redonné un élan
- Speaker #1
Donc tu l'as mise un peu moins à la crèche et tu la gardes un peu plus avec toi ?
- Speaker #2
Ouais, enfin elle était quand même... Moi j'avais vraiment ce besoin d'avoir du temps pour moi toute seule. Parce qu'effectivement à la maison, je gérais l'essentiel des fins de journée, de tout ce qu'on sait qu'il y a à faire dans une maison. Et donc le temps pour moi, je le crée en journée, sur mes journées off. Et puis par contre je l'ai récupéré tôt, j'avais le choix de finir à 16h. Donc je l'ai récupéré.
- Speaker #1
Et donc en fait quand tu l'as récupéré, t'étais en pleine... Disponibilité. Oui, c'est ça. En fait, tu avais déjà fait tout ce que tu avais à faire et toi, tu étais bien pour t'occuper d'elle. Donc à 16h, c'était vraiment votre moment à toutes les deux.
- Speaker #2
C'est ça. Et elle, elle a vraiment été habituée à ce que je sois assez disponible pour elle. Donc c'est vrai que pour ça, l'arrivée du petit frère, ça n'a pas été évident. Puis c'est vrai que tu me disais, il y a des choses... C'est vrai qu'on dit souvent qu'on parle des fois pas mal de la naissance et encore, il y a plein de femmes qui ne sont pas forcément préparées à la naissance. mais alors le postpartum alors là pour le coup encore moins. Et donc aussi de se dire que ce n'est pas que les trois premiers mois qu'on a envie d'être avec son enfant. Moi, dans ma vision aujourd'hui, je suis très heureuse du féminisme des années 80, des années 90, de toute la liberté que ça me permet aujourd'hui d'avoir pu pouvoir faire ce métier, etc. Mais de me dire aujourd'hui, je veux incarner ce métier, mais je veux aussi vivre pleinement ma parentalité. Et le challenge pour moi aujourd'hui, c'est comment on associe les deux. Parce que ce n'est pas les trois premiers mois qu'on veut être avec ses enfants. Ma fille va avoir six ans, j'ai envie de la récupérer tôt, de jouer avec elle le soir, que les fins de journée soient cool. Et donc pas forcément être qu'à courir après le temps entre toutes les obligations de travail et tout ça.
- Speaker #1
Les obligations de travail, les obligations de la maison ?
- Speaker #2
Ouais, de tout. Et encore, je me dis, j'ai un métier assez privilégié qui fait que je peux être différentes façons de l'exercer et tout ça. Mais je trouve qu'aujourd'hui, j'ai vraiment le sentiment que... Il n'y a pas la place dans la société à ce qu'on puisse donner ce temps aux enfants et mettre les enfants vraiment au centre. Parce qu'on sait que c'est vraiment comme ça qu'on construit la santé et la société de demain. Et donc, il y a tellement à faire. C'est un vaste sujet aussi.
- Speaker #1
C'est sûr, mais je suis vraiment d'accord avec toi. Effectivement, je pense que dans le modèle dans lequel on vit actuellement, l'enfant n'est pas au centre. C'est évident.
- Speaker #2
pourquoi on les met à la crèche aussitôt ? pour qu'on puisse aller travailler c'est compliqué d'avoir qu'un seul salaire c'est le financier qui nous bloque et du coup on fait des choix j'ai assez de pression en plus de me dire que je n'aurai qu'un enfant donc en plus si je passe à côté je passe à côté et voilà et en la vie vraiment pour des raisons j'avais choisi d'arrêter ma contraception parce que je ne supporte plus Mon corps ne supportait vraiment plus. J'ai tout essayé. Les stérilets, je les rejetais. Les hormones, je n'en pouvais plus. Donc, j'avais arrêté ma contraception. J'étais passée en contraception naturelle. Ça se passait très bien. Il y a dû y avoir un micro-créneau, franchement. Bref, la probabilité était quand même faible. Et donc, un deuxième bébé est arrivé. Surprise. Et donc là, ma fille allait avoir 4 ans. Et elle faisait ses nuits que depuis quelques mois. Je me souviens toujours de ça. commencé parce que moi j'ai galéré à autant faire des enfants, tout ça, la grossesse quand vous voulez mais alors on parlait du postpartum, l'histoire de sommeil et de nuit ça j'ai pas la recette moi pour ça et donc elle avait commencé à dormir vaguement à ses 3 ans et quelques et puis elle a rentré en maternelle, elle avait déstabilisé et en fait elle a vraiment fait ses nuits à 3 ans et demi et donc 3 mois plus tard voilà, baby surprise arrive et donc là assez grand chamboulement parce que c'était pas autant en fait, voilà finalement je savais que quelque part en moi j'avais envie d'un deuxième enfant puis aussi de revivre je me suis beaucoup beaucoup cheminée pour moi pendant ces années de maternité, en fait la maternité ça m'a énormément transformée et donc ça m'a fait évoluer sur plein plein de points et donc j'avais envie aussi de revivre quelque part une maternité avec celle que j'étais devenue quoi, avec toutes les connaissances avec la façon dont j'avais évolué il y avait un peu cette curiosité là et puis voilà de cette image, c'est vrai que je viens d'une famille quand même de 5 et j'ai des super souvenirs avec mes frères et soeurs donc même si Oui. Même s'ils ont un grand frère. Enfin, le papa avait un grand fils. Donc voilà, elle n'était pas toute seule. Mais voilà, au quotidien, si, parce qu'il n'habite pas en Nouvelle-Calédonie. Et donc voilà, ce rêvé bébé surprise. Donc là, gros bouleversement dans la vie, dans le couple. Et puis moi, ça faisait deux ans que j'étais installée en libéral, que j'ai vraiment galéré pour différentes raisons. Sur le plan planning, financier, etc. Et donc là, je commençais juste à trouver un équilibre au niveau des... de l'activité, des comptes, de l'organisation et tout ça. Et donc là, grossesse, ça voulait dire réduire l'activité, trouver des remplacements, etc. donc ça a été vraiment assez difficile
- Speaker #0
Donc ouais, pas évident encore une grossesse en étant indépendant. Et surtout pas à préparer quoi. À la limite, si ça fait deux ans que tu mets de côté, ouais mais là c'était pas le cas. Je sortais tout juste du début d'installation. Et donc voilà, il y a eu un peu de questionnement de ok, qu'est-ce qu'on fait quoi ? Et puis voilà, décider de continuer cette grossesse, de prendre ce cadeau de la vie. Et de ce bébé qui voulait arriver. Lui, il avait choisi son truc. et bien en plus pour la petite anecdote j'ai convaincu à 300% que c'était une fille mais alors aucun doute et c'est à l'écho du deuxième trimestre où la Sacha me pose la sonde d'écho sur mon ventre et puis elle l'enlève vite fait et me dit en fait vous voulez connaître le sexe et c'était chouette parce qu'à cette écho là il y avait le papa et il y avait la grande et je dis ah oui oui j'ai besoin de me préparer parce que comme je suis convaincue que c'est une fille elle me dit ah oui bah non c'est... regarde et donc là il était les jambes écartées il lui dit bien au milieu ah bah c'est un garçon ah d'accord bon et je sais pas j'avais une espèce de peur qu'après j'ai pu travailler mais d'avoir un garçon pour différentes raisons personnelles donc voilà c'était une surprise de la vie et puis voilà nouveau grossesse en soi dans le corps physique hyper facile même pas de nausée cette fois je sais qu'on est parti en vacances au troisième mois franchement nickel donc vraiment super par contre beaucoup de fatigue le fait du rythme de travail et puis la grande quoi la grande toujours un peu difficile accoucher le soir, etc. Je sais que je m'endormais avec elle à 20h.
- Speaker #1
C'est sa première grossesse. Quand t'es fatiguée, tu te reposes. Deuxième grossesse, quand t'es fatiguée, t'as quand même le premier.
- Speaker #0
Cette fatigue, et pas mal de stress, d'inquiétude, notamment sur le plan professionnel, de comment gérer tout ça. Pour le coup, c'est pas un poste à gareiller où tu prends ton congé mat et tu te casses. Il faut assurer la continuité. Beaucoup de stress, beaucoup d'angoisse. Après, les inquiétudes de qu'est-ce que mes angoisses vont créer chez le bébé, comment il va être, etc. Donc, d'angoisser, d'angoisser. culpabiliser de l'angoisse moi j'ai vécu ça aussi et donc des nuits sans dormir et puis la fatigue s'accumule mais voilà et puis pour le coup pas trop danser parce que vraiment pas l'énergie pour ça pas l'énergie pour aller marcher, pas l'énergie pour aller danser mais bon voilà j'ai pu m'offrir quand même des massages,
- Speaker #1
des trucs pour me sentir bien et donc la grossesse arrive à terme ?
- Speaker #0
alors ouais moi j'ai beaucoup contracté pour cette grossesse là Donc pas mal de contractions. Et donc finalement, arrivé fin mars, ce qui fait que fin du sixième mois, là, beaucoup de contractions. Et après, beaucoup de fatigue, parce qu'il y a eu pas mal d'événements qui avaient fait que c'était encore plus difficile au niveau du rythme. Et donc, il y a sa chambre qui m'a dit, bon, la meilleure règle, il faut arrêter. Ah ouais, mais mon co-jet m'a attaqué dans cinq semaines, en fait. Je n'ai pas de remplaçant de gérer. Et donc, j'ai dû arrêter du jour au lendemain. Et finalement, gérer le cabinet, ça s'est fait. on se rend compte que finalement tout se fait Bon, ça me paraît impossible, mais tout se fait. Et donc, merci, merci pour ça, parce qu'en fait, ça m'a permis d'avoir 5 semaines pour me reposer et pour préparer l'arrivée du bébé, quoi. Faire les cours de prépa, acheter ce qu'elle avait acheté. Parce que comme je n'avais pas prévu de deuxième, j'avais tout revendu. Et comme j'achetais tout d'occasion, il faut quand même checker les annonces, machin, tout ça. Donc, merci, parce qu'en fait, au moins, mon congé mat, il aurait commencé le 8 mai. Et donc, nous savons que le 13 mai 2024, il y a eu des événements en Calédonie qui ont un peu tout changé. qui ont changé la vie au quotidien à ce moment là Et donc, je devais arrêter le 8 mai. Et le 13 mai, c'est le jour où je devais m'inscrire à la clinique. Donc, je n'ai pas pu m'inscrire à la clinique physiquement à ce moment-là. Après, ils ont fait par téléphone deux semaines après. Mais j'avais tout fait parce que les femmes ne faisaient plus les cours de prépa. Toutes les femmes qui devaient faire leur prépa au mois de mai, ça n'avait pas une priorité. Donc, merci à ces contractions qui m'ont obligée à m'arrêter avant. Après, ce n'était pas très serein parce que je devais gérer tout ce que ça pouvait représenter en termes de... Voilà, toute la réorganisation sanitaire, santé, etc. C'était un peu compliqué. En fait, c'est ça, c'est les congés de maternité en ayant une entreprise, même si c'est une entreprise indépendante où je suis toute seule. Mais c'était pas mal de soucis. Donc en fait, j'ai pas complètement relâché ça. Puis plus avant ma fille, parce qu'il n'y avait plus d'école. De toute façon,
- Speaker #1
on ne pouvait pas circuler, donc il n'y avait plus grand chose.
- Speaker #0
Il n'y avait plus rien. Et donc je me suis retrouvée... Papa, lui, par contre, travaillait parce qu'il a un job où il était obligé d'aller travailler. Donc, les journées à tout gérer à la maison, avec la grande et plus la remplaçante. Et le stress de la situation aussi.
- Speaker #1
Il faut dire quand même que c'était une situation pas évidente.
- Speaker #0
Alors moi, j'ai vraiment réussi. À couper ? Ouais. Moi, en fait, déjà de base, même dans la prépa, tout ça, à la naissance, le dernier mois, c'est semaine dans sa bulle, en fait. C'est couper de tout. Donc, couper de tout ce qui va te créer du stress, en fait. Donc j'avais quand même cette histoire de boulot, mais sinon, voilà, coupé de tout. Donc moi, je n'étais pas sur les groupes de voisins ni rien. J'ai eu la chance, voilà. On avait une maison vraiment chouette dans un chouette quartier. Donc en soi, chez moi, j'étais bien.
- Speaker #1
Donc tu te sentais quand même en sécurité chez toi.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Les seules sorties, c'était pour faire les courses. Mais du coup, avec le gros ventre, il y avait toujours quelqu'un pour me dire à passer prioritaire. Donc ce qui fait que je m'en sortais bien.
- Speaker #1
C'est bien normal. Voilà.
- Speaker #0
Et j'avais tous les réseaux. Voilà, moi, c'est vrai que j'achète tout. le plus possible en direct, etc. Donc en fait, tous mes réseaux... Donc en fait, ça, c'était assez facile. Puis voilà, David était surnommé à suite. Enfin, il faut quand même dire ce qu'il est. Tout le monde n'a pas vécu la même chose. Donc moi, au contraire, ça m'a aidée à être encore plus dans ma bulle parce que du coup, je ne pouvais pas sortir ni faire quoi que ce soit, à part le fait que j'ai la grande H24 et qui a commencé un peu à tourner. À un moment donné, j'ai cru qu'on allait vraiment se taper dessus, mais au sens propre du terme. Et heureusement, une amie me l'a pris trois jours. Fin mai. et heureusement parce que j'en pouvais plus j'étais vraiment épuisée donc ces 3 jours m'ont permis de ouf De faire mes dernières courses, j'ai fait des courses à des montants pas possibles, j'ai fait des réserves. Et on dit ça souvent, que les jours avant d'accoucher, la mère, quand on se met à faire des courses un peu bizarres, c'est qu'on va accoucher. On prépare le nid. On prépare le nid, je me rappelle, j'ai fait des courses pendant trois mois, je pense. Donc ouais, c'était assez drôle.
- Speaker #1
Et puis, le jour de l'accouchement arrive.
- Speaker #0
Alors ouais, le jour du début du travail, c'est assez drôle, parce que le papa devait travailler tout le week-end. Et il me disait, c'est pas le moment, c'est pas le moment, j'ai trop de travail. à un moment donné il va sortir il est voué à ça et c'était drôle parce que le jour où le travail a commencé il est rentré finalement du travail pour différentes raisons ça a été annulé et donc il est rentré il a dit bébé bon bah c'est bon je suis disponible ce week-end c'est maintenant alors j'ai dit bon bah bébé tu vois comment c'est pour toi mais bon apparemment t'as le feu vert quoi et puis la journée passe et puis voilà on est même sortis se balader un peu c'est un moment où on pouvait quand même un petit peu circuler la journée donc on est sortis se balader et tout et puis voilà tranquille tranquille quoi et on rentre Et nous, le quartier était verrouillé, verrouillé, verrouillé. Donc, le barrage fermait à 20h. Et donc, à 20h30, je m'assois sur les toilettes et je bloque. Je perds les os. Et là, je me dis, bon, tu vas rigoler.
- Speaker #1
Et ton travail n'avait pas commencé. Tu as perdu les os avant le début du travail.
- Speaker #0
Voilà. Après, j'avais des contractions depuis trois mois. Donc, je n'avais pas ni plus ni moins de contractions. Mais ce n'était pas des contractions de travail. Et c'est marrant parce que là, pour le coup, ma peur de la première naissance, c'était que ça allait être trop intense si je perdais les os d'abord Et donc du coup, qu'est-ce que j'ai vécu ? De perdre les os d'abord ! Donc voilà, j'ai perdu les os, pas de contraction, plus de travail et tout. Et en fait, on a 12 heures quand on perd les os pour là où il faut vraiment avoir des antibiotiques et aller à la maternité. Donc j'avais dit au papa, 12 heures, ça fait demain 8 heures, le barrage sera ouvert. En plus, ma maman devait venir pour nous aider pour la grande, elle n'a pas pu venir. Donc nous, on était bloqués à la maison avec la grande. Et donc à ce moment-là, le seul moyen d'aller à la maternité, c'était d'appeler le 15. et de partir en ambulance. Et donc ça, j'étais claire en moi, claire avec le papa. J'ai dit, si je pars en ambulance, c'est parce que mon état le nécessite. Je veux une naissance le plus naturelle possible dans la sécurité de l'enfant et de moi. Mais voilà, je ne veux pas me gâcher ma naissance parce que je vais accoucher sur un barrage. Et donc l'idée, c'était de me dire, la première, ça durerait trois jours, donc tranquille. J'ai 12 heures pour les antibios. Je vais faire le max de travail que je peux chez moi. Demain, il fera jour.
- Speaker #1
autant passer la nuit, circuler la journée circuler la journée,
- Speaker #0
on aurait mis la grande chez des amis tout était jouable à partir de 6-7h du mat mais là 20h30 surtout que j'avais pas de contraction et puis je couche la grande en me disant bon bah allez, on va gérer la nuit et puis elle se couche tranquille et tout et puis je lui dis toi va te coucher, t'as ce moment va dormir y'a rien d'autre à faire parce qu'en plus le sommeil c'est important pour lui Et donc, voilà, les contractions commencent tranquilles. Et là, je suis vraiment rentrée dans un état, on dit un état de trance, en fait, quand on rentre dans cet état-là, avec tout ce que j'avais pu intégrer de ressources, tout ce que j'avais pu nourrir. Voilà, de me relier aussi à toutes ces femmes qui ont cette capacité à enfanter à travers toutes les époques et à travers le monde. Et donc, voilà, avec le chant, donc chaque contraction, à chaque fois que la contraction commence à entrer... Je me mettais vraiment pleinement en présence dans la contraction, j'accompagnais avec le sang, la respiration. Et c'est vrai que je voyais les quelques fois où je ratais un peu le coche, parce que j'étais en train de faire un truc. Moi, c'était plus intense. Donc à chaque fois, je me ramenais ça, j'ai pris plusieurs douches, etc. Et puis voilà, ça montait tranquille. Mais pour le coup, je ne me suis pas fait dépasser par l'intensité du fait d'avoir rompu la poche d'abord. Donc ça, j'avais vraiment réussi à lâcher ça. Et je sais ce qui m'a beaucoup aidée aussi, on parle pas mal de visualisation ça peut être une méthode d'accompagner ça Et donc à chaque contraction, à chaque fois avec le son, je visualisais vraiment que le chemin s'ouvre en fait. Et c'est ce qu'on dit quand on ouvre la gorge, on ouvre le diaphragme et on ouvre le périnée en fait. les trois diaphragmes se trouvent en même temps Donc j'étais toujours dans ce truc, ok c'est des vagues, et puis le chemin est en train de s'ouvrir. Et puis vraiment en lien avec le bébé, en disant, déjà bon, j'avais rempli la poche après la fermeture du barrage, donc pour moi il avait choisi aussi que c'était ok. Et puis vraiment le ressenti avec lui, vraiment que c'était bon pour lui. Et donc voilà, tranquille, j'étais dans mes trucs, j'avais même mis de la musique avec mes écouteurs, on avait allumé une bougie, donc j'avais juste ma bougie. Et puis voilà, ça s'est intensifié, intensifié, intensifié. Et puis après, on ne réfléchit plus.
- Speaker #1
Je me fais un petit coup, c'est pas anodin la lumière aussi dans le travail pour accoucher. Au niveau hormonal, enfin, corrige-moi si je me trompe, je te fais des commentaires, mais en tout cas, le fait de se retrouver dans le noir ou avec une lumière très tamisée, ça peut aider à accélérer le travail.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que c'est pas mal de femmes qui le mettent dans leur progénéscence, en maternité, de pouvoir... Après, on ne peut pas le gérer dans toutes les salles de naissance. Bien sûr. Mais en tout cas, moi, j'étais vraiment... J'étais super bien, quoi. J'étais vraiment super bien. C'est drôle parce que chaque contraction... J'étais dans une position différente. À un moment donné, je sais que pour me reposer, je m'allongeais un peu entre chaque. Et puis après, je m'en mettais accroupie ou ci ou ça. Et puis, c'est quand je suis allée prendre une douche, parce qu'on n'avait pas de baignoire. Donc, j'allais sous la douche. Et en fait, ma fille a un petit marche-pied pour aller sur le gababo. Et donc, au plein milieu de la douche, voilà, contraction, et donc, en fait, je me retrouve à m'appuyer sur le accroupi et avec les bras sur le marche-pied, quoi. J'ai dit, ah ouais, c'est génial, ça, c'est parfait, quoi. Et donc, du coup, après, je l'ai emmené dans le salon. Donc, j'avais sa chaise haute et son marche-pied pour... Parce qu'en fait, on a besoin pas mal souvent de s'appuyer, quoi, de se maintenir, parce qu'en fait, c'est hyper physique. C'est pour ça qu'on dit que c'est bien, pendant la grossesse de garder de la forme physique parce que plusieurs heures de travail c'est intense quand même pour le corps Je m'appuyais à chaque fois, à croupi ou à quatre pattes, ou à différentes positions. C'est vraiment une des clés aussi, c'est de pouvoir se mouvoir. On sait que même quand le bébé n'est pas forcément bien positionné, il peut bouger à tout moment pendant le travail parce que les contractions, parce que le corps va accompagner ça. Vraiment conscience de ça et vraiment dans cette joie profonde de vivre cette naissance, de vivre cette naissance pleinement présente et complètement dans le flot. Et puis après ça devient super intense. J'ai pas un souvenir hyper précis de la phase de désespérance, qu'on en parle vraiment à ce moment où j'avais vraiment dit au papa, au projet, à un moment donné il faudra que tu puisses me dire, ok vas-y c'est bon quoi, la phase de désespérance, on peut un peu tout remettre en question. Il y a vraiment un gros switch hormonal qui se fait, c'est au moment où le col et la dilatation complètent en fait, la phase de désespérance. Ce que j'associe à ça maintenant c'est... que du coup, j'essayais de toucher la tête avec mes doigts et me dire, non mais là, j'ai une sensation hyper intense, mais elle n'est pas là, parce qu'en fait, elle est encore haute. Le corps, il y a dilatation complète, mais le bébé n'est pas engagé dans le bassin. Donc en fait, on sent vaguement la tête au fond, mais c'est tout. Et avec des sensations super intenses au niveau du bassin. Et donc voilà, c'est cette sensation de phase de désespérance où en mode, en fait, non, mais là, je ne vais jamais y arriver. Et donc là, le papa, ce qu'il m'a fait, c'est des gants avec de l'eau chaude. Du coup, je mettais sur le périnée. Ça aide vachement à relâcher les tissus. C'est un bon type à avoir aussi. Quand on ne peut pas forcément être dans l'eau. Notamment quand on a rempli la poche. Même en maternité, on ne peut pas forcément aller dans l'eau. Dans un bain, en tout cas. Mais l'eau chaude, rien qu'appliquer comme ça fait du bien. Donc lui, ça lui a fait une mission un peu pour s'occuper. Et puis, on ne s'est même pas posé la question de quoi que ce soit. Juste, tout allait bien. Il était 4h30 du matin. Et donc, voilà, après, j'ai senti la tête qui s'engageait. Et là, ça a été très rapide, quelques contractions. Et en fait, c'était fou, c'était de vraiment vivre ça, le passage au sentiment que le corps, à chaque contraction, eh bien, il va bouger un petit peu, on va pas être exactement dans la même position, et que ça accompagne la descente du bébé. Et la deuxième phase qui permet de se repérer et qui est hyper intense, alors il a envie de pousser. Alors ça, vous en parliez dans un autre podcast, mais c'est fou, c'est pas... Comme on peut voir dans les films, Madame Poussé, là, c'est limite, t'as envie de retenir, tellement c'est intense. C'est vraiment l'envie de faire caca hyper forte. Et là, tu peux plus, même, tu retiens un peu parce que les tissus, ils ont besoin de se préparer encore un peu. Et donc ensuite, le bébé sort. Et puis après, ça va super vite. Parce qu'en fait, il n'y a rien à tirer, ni quoi que ce soit. Une naissance naturelle où tout se passe bien. Et c'est la plupart des accouchements un peu rapides à la maison. En fait, souvent, ça se passe très bien parce qu'en fait, tout est ouvert. et donc voilà la tête et puis j'étais accroupie et puis après une fois que la tête donc on arrive au couronnement voilà je voulais dire autre étape qui est intéressante à savoir, c'est le couronnement, c'est-à-dire quand la tête est appliquée sur le périnée. Donc c'est vraiment juste avant que le bébé sorte. Et là, ça brûle, mais c'est vraiment... Je sais que je crie, mais ça brûle, quoi. Et en regard, je pense que tout le quartier nous connaît maintenant parce qu'en fait, des sons « aaaah » et « oh » du début, là, après, c'est du cri bestial, quoi. Ça devient complètement sauvage, quoi. Et donc, j'ai l'impression... Dans le cercle de feu,
- Speaker #1
tu l'as bien senti. Tu confondes que...
- Speaker #0
Ah ouais, ouais. Et tu peux pas dire autre chose que ça brûle, quoi. brûle terriblement. Et donc là, je pense que j'ai vraiment crié. Et donc les voisins, sur les groupes WhatsApp, ils étaient au taquet en mode, « Qu'est-ce qui se passe ? » « Qu'est-ce qu'il y a ? » « Vas-y, nous allons. » Donc voilà. Et donc voilà, après, la tête sort et puis en fait, tout le corps glisse. Et une des inquiétudes que j'aurais pu avoir, si j'avais réfléchi, mais j'ai même pas réfléchi, c'est le placenta. Et en fait, même pas dans les dix minutes après, je pense, ça a été très, très rapide. j'ai eu une grosse contraction une fois qu'il est sorti j'étais accroupie j'ai pris la tête le corps a glissé Et là, j'ai eu une douleur. C'était le périnée, parce que j'ai eu une petite déchirure qui n'a pas été embêtante. Et en fait, une énorme contraction et le placenta est sorti juste après. Et donc là, ça a été super vite.
- Speaker #1
Oui, tu n'as même pas eu le temps de réfléchir sur le temps entre le bébé et la délivrance du placenta.
- Speaker #0
Tout s'est fait très vite. C'est ça. Ça, c'est une d'inquiétudes qu'on peut avoir parce qu'effectivement, il faut surveiller les risques d'hémorragie et tout ça. Et là, du coup, en fait, tout est sorti. Et je pense que de ce que je peux savoir c'était vraiment très rapide je pense moins de 10 minutes après on s'est retrouvés avec le bébé c'était juste incroyable notre fils était réveillé mais le papa l'avait renvoyé dans sa chambre moi j'ai même pas vu cette scène là une fois que le bébé était sorti il l'a fait venir c'était vraiment magique d'avoir pu vivre ça ensemble ça a été hyper intense le papa l'a pris aussi tout de suite
- Speaker #1
C'est toi qui as coupé le cordon ?
- Speaker #0
Oui, on l'a fait bien après. Il n'y a vraiment aucune urgence. C'est vrai que les gens se disent comment tu as fait pour le cordon ? Et en fait, il n'y a aucune urgence. On peut laisser comme ça un petit moment. Donc ça, on l'a fait après, une fois que tout était posé.
- Speaker #1
Je pense que les gens sont très impressionnés par le geste. Comme c'est quand même un tissu qu'on doit couper.
- Speaker #0
C'est dur. La texture, je ne m'attendais pas à ça. C'est assez dur, la texture.
- Speaker #1
C'était ça, je me demandais qui avait coupé le cordon. Pas dans le sens de l'urgence de le couper, mais parce que...
- Speaker #0
De le faire, oui.
- Speaker #1
Donc oui, c'est toi qui l'as fait tranquillement après.
- Speaker #0
Oui, oui. Après, j'ai un petit moment pour reprendre mes esprits, parce qu'après, au niveau hormonal, il y a une retombée. Et donc du coup, un petit coup de fatigue derrière. Mais voilà, après, tout allait bien. Et puis, on a pu aller checker après. Et puis après, on a dû aller faire les contrôles de maternité après. Enfin voilà, tout allait bien. Mais ouais, c'est vrai que je me... Je trouve dans les cours de préparation à la naissance, c'est quelque chose que j'avais envie de partager, c'est qu'en fait, il y a ok des femmes qui peuvent vouloir vivre ce genre de naissance, et qui ne le vivront pas forcément, parce qu'il y a aussi des fois où vraiment ça bloque, et heureusement qu'il y a toute la médicale qui peut aider. Et par contre, il y a plein de femmes aussi qui n'ont pas imaginé pouvoir accoucher sans péril, par exemple, ou qui n'ont même pas réfléchi à quoi que ce soit. Et soit qui accouchent trop rapidement à la maison, dans la voiture, ou qui arrivent à la maternité, que la pérille ne marche pas, ou qui ne peuvent pas avoir la pérille, tout ça. Et je trouve qu'il y a de savoir un peu comment ça se passe. Et puis pour toutes les mamans qui se préparent, de savoir ce que c'est de vivre ça, ce que ça peut faire dans le corps, et comment ça se passe, que ce soit les repères, ou se préparer à cette éventualité-là. Parce que moi j'ai trouvé ça vraiment magique et puissant. Autant je sais que si ce n'est pas envisagé, plutôt. pour avoir échangé avec des femmes à qui c'est arrivé c'est extrêmement violent en fait parce que c'est souvent des naissances très rapides il y a des femmes, même un premier, elles peuvent accoucher en quelques heures alors qu'on se dit, allez c'est le premier ça va être long, et si, et ça, et j'aurai ci, j'aurai ça et donc pour moi aujourd'hui c'est vraiment de me dire, c'est important et notamment je trouve ça intéressant dans votre podcast d'entendre des récits de naissances qui se passent bien et se nourrir de ça pour se dire, ça peut aussi se passer comme ça et euh Il faut être prête à toute éventualité dans tous les sens. Parce que tu peux imaginer naissance physio et puis en fait, finir en césarienne et c'est chouette de pouvoir le vivre bien aussi et inversement. Oui,
- Speaker #1
d'ailleurs, il me semble que sur les échelles de la douleur, les accouchements physio préparés et non préparés, c'est pas la même.
- Speaker #0
Ah bah c'est rien à voir. Une amie à qui elle a accouché en quelques heures du premier, où même elle était allée en tchèque à la mater, on lui avait dit « Ah non, vous avez le temps, allez marcher » , puis elle est revenue en mode « Je vais accoucher » . Et en fait, ça a été très moins rapide qu'elle a le sentiment de ne pas avoir vécu le truc. Et c'est assez marquant pour elle. Alors qu'on pourrait se dire « Ça a été super rapide, hyper facile, c'est un super souvenir » . Et donc c'est là où vraiment la différence entre l'accouchement sur le papier, même l'accouchement médicament décrit quand c'est amateur, et le vécu de la mère peuvent être très différents. Pour la même naissance théorique. Et donc c'est vrai que moi, ce qui m'anime vraiment aujourd'hui, c'est que les femmes soient vraiment le plus informées possible. Parce qu'il y a beaucoup de femmes en Calédonie, pour diverses raisons, qui ne font même pas de prépa. Donc même les trucs de base, elles ne savent pas forcément. Je vais par rapport à l'accompagnement et à l'agatement aussi. Et qu'est-ce que je veux dire ?
- Speaker #1
En fait, l'importance de témoigner pour que les femmes puissent envisager... que parfois les accouchements se passent très vite et qu'on n'a pas forcément le temps d'aller à la maternité et d'avoir une péri-durale. En fait, on en a déjà un tout petit peu parlé, mais c'est vrai que c'est un sujet ultra important. Mais qu'en fait, il y a ce que toi, tu prépares dans ta tête et ensuite, il y a la réalité. Et voilà, il faut pouvoir être bien informé et que le champ des possibles soit ouvert pour pouvoir être bien préparé. C'est tout le but de notre podcast. On aime recevoir des récits très positifs. On a des récits moins positifs sur des naissances, mais qui sont en fait aussi des réalités.
- Speaker #0
Et en tout cas, c'est vrai que pour les mamans qui écouteraient le podcast ou différentes choses, le dernier mois, par contre, à avoir un naissance, c'est là, nourrissez-vous que de belles choses. Donc, ce n'est pas le mois où on écoute des trucs compliqués. C'est vraiment se nourrir de beaux récits ou de rien du tout.
- Speaker #1
Nous, d'ailleurs, on le met dans le titre. de quoi parle l'épisode pour que les femmes, les parents d'ailleurs, puissent être avertis du thème. Et on met ensuite les trigger warnings ou des avertissements pour être sûre ensuite.
- Speaker #0
C'est important parce que les dernières semaines, c'est vraiment se relier à ça. Ça a pris une puissance à être dans le positif au maximum de ce qui va se passer. Et je pense qu'il y a une... Ce qui m'anime vraiment aujourd'hui aussi, c'est de me dire que les femmes puissent vivre ça en étant en conscience de ce qui se passe et puissent se sentir actrices de leur naissance. Alors pas dans le contrôle, mais par contre pouvoir être pleinement présentes. Parce que moi je suis vraiment profondément convaincue que la naissance, c'est la naissance de l'enfant, mais c'est la naissance de soi en tant que mère. Et il y a vraiment une différence dans le ressenti qu'on peut avoir et c'est prouvé scientifiquement. que ça réduit vraiment le risque de dépression du postpartum, etc. Parce qu'en fait, quand on sait qu'on a été capable de donner la vie et qu'on l'a fait pleinement présente, ça nous donne une puissance et que moi, j'ai vraiment touché profondément, qui fait qu'après le reste, on se dit que tout est possible. Et c'est vrai qu'il y a beaucoup de femmes qui ont pu vivre ça aussi, que c'est une énorme transformation intérieure et que ça peut être autant un empuissancement, un switch, quelque chose qui donne vraiment confiance en soi. Ou autant, c'est vrai que si on se sent dépossédé des choses, ou qu'on a eu l'impression d'avoir été victime, ou brutalisé aussi, ou ça, ça peut induire des manques de confiance, des soucis psychiques derrière. Et donc ça, ça a été vraiment prouvé aujourd'hui qu'accompagner au mieux la naissance, c'est hyper important pour la santé de la mère, et donc pour la santé de l'enfant, parce qu'on parle beaucoup plus en plus des soucis de dépression du postpartum, etc., et qui ont un vrai impact sur le développement de l'enfant.
- Speaker #1
Oui, j'ai rien à ajouter, je suis assez d'accord. En tout cas, aujourd'hui, tu es avec tes enfants. Comment c'est maintenant aujourd'hui ? Parce que tu vois, on est resté très en flottement avec cette naissance qui est assez merveilleuse. Comment vous êtes redescendue tout doucement ? Comment la vie a repris son cours ?
- Speaker #0
Eh bien, j'ai envie de dire que la chance du mois de juin 2024, c'est qu'il y avait un couvre-feu à 16h, il me semble. Après, ça a dû monter un peu. Ce qui fait que ça a permis au papa d'être plus présent. Il finissait plus tôt. Ça a été vraiment des chouettes moments. Moi, pour le coup, cette fois, je m'étais organisée. Ça a été très compliqué financièrement, mais j'ai pu m'organiser pour reprendre plus tard. Il y avait encore plein de mouvements inattendus. Je suis quand même restée alignée au fait de pouvoir prolonger avec le bébé. Je suis restée avec lui jusqu'à ses cinq mois et demi. Et après, de reprendre un mi-temps. de reprendre un temps partiel et de m'offrir. Je dis vraiment m'offrir parce que c'est un choix financier, mais tellement heureuse de l'avoir fait. On s'était mis d'accord là-dessus d'avoir une nounou à la maison. Et ce qui m'a permis, autant la première, j'ai tiré mon lait pendant des mois et des mois, autant lui, j'arrivais à laisser cinq heures maximum. Alors c'était hyper intense parce que du coup, mon travail était hyper condensé. J'habite à dix minutes de mon cabinet, donc ça, c'était très pratique. Donc voilà, je rentrais, je pouvais galeter, etc. Donc je suis contente parce que j'ai vraiment pu m'offrir ça. ce que je voulais être plus avec lui alors c'était très basiquant quand même je peux le dire parce que là c'était soit je travaillais soit je le gardais avec toujours ce rythme un peu de respecter les horaires de ci de ça donc ça a été assez intense plus voilà tout ce qui est à gérer quand on est dans une entreprise et la grande Et la grande ! C'est pas rien. Oui, je vais pas parler de ça, mais pour elle, ça a été un sacré chamboulement, parce que sa maman est moins disponible. Donc ouais, autant la grossesse, elle était super fan, le bébé dans ton ventre et tout, autant, ouais, je peux dire qu'il a quand même fallu un an pour que ça se passe bien avec le petit frère. Parce qu'il y a vraiment ce truc, je voyais le débordement émotionnel en elle, parce qu'elle pouvait avoir pris un amour pour son petit frère, et la seconde après le pousser. par exemple. Du coup, j'avais l'impression de toujours devoir un peu jeter un coup d'œil parce que... Faire un peu la rambute. Et puis à chercher mon attention, à chercher tout ça. Donc lui, il est quand même vraiment tranquille, vraiment cool comme bébé. À part que c'était aussi une période de vie un peu compliquée pour moi. Et donc la nuit, il ne dormait pas vraiment. Je pense que c'est aussi par rapport à mon état. Et puis après, le moment de vie, j'ai décidé de... de se séparer avec le papa. Après, il y a eu quelques temps avant que la séparation physique se fasse. Et donc, à ces neuf mois, les premiers temps, je me suis retrouvée quand même pas mal. Puis dans une période... En fait, des fois, la vie, on voudrait qu'on fasse les choses tranquillement, une par une. Et des fois, c'est tout en même temps. Et donc, je me suis retrouvée avec un grand, grand épuisement physique et psychique. À m'occuper des enfants, en grande partie, le papa a commencé à les prendre. On était en train de chercher un rythme alterné. Je sais que c'était difficile pour moi aussi, vu l'âge du bébé. Je n'imaginais pas du tout passer à un rythme un peu classique de 7 jours, 7 jours. On était un peu en train de tout caler. Et de là, le bébé avait 9 mois. Je suis tombée et je me suis luxé les peaux et cassé le bras. Donc, en fait, ce n'est pas possible de s'occuper d'un bébé. Et donc ça, ça a été, waouh, encore une grande aventure de ce sentiment d'incapacité. du jour au lendemain tu te retrouves incapable de t'occuper de ton bébé et puis sevrage quoi, sevrage brutal parce qu'en fait immobilisé donc j'ai pas été opéré mais immobilisé par une attelle donc en fait ça couvre les seins j'ai essayé de vaguement tirer mon M, c'était une catastrophe donc voilà, donc le deuil de plein de choses aussi, à nouveau la catastrophe de ok comment je fais pour mon cabinet du jour au lendemain parce que c'est une réalité aussi surtout dans le contexte où là voilà on sait combien c'est compliqué au niveau démographie médicale Donc du coup, beaucoup, beaucoup de stress, beaucoup de chamboulements. Et donc là, le papa a pris vraiment le relais. Donc ça les a amenés à fonctionner ensemble aussi, tous les trois. Et donc voilà, depuis, on est rentré dans un mode de garde alterné qui roule plutôt pas mal là et qui crée des choses nouvelles. Et c'est vrai que tu te dis, bon, c'est dommage presque d'en arriver là pour avoir du temps pour soi, doser. Parce que moi, c'est vrai que c'est difficile pour moi de doser et ne pas être là les soirées, des choses comme ça. C'est vrai que je ne m'autorisais pas non plus forcément de ne pas être là le week-end. Donc là, ce qui fait que j'ai du temps pour moi toute seule et que c'est très précieux aussi. Et que ça me permet vraiment de me retrouver. Donc je pense que je suis vraiment une étape nouvelle de vie, de reconstruire les choses différemment.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour cette nouvelle étape ?
- Speaker #0
Ce truc où on cherche tout l'équilibre ! L'équilibre et l'harmonie entre les facettes de nous et le temps qu'on veut consacrer à tout, quoi. À notre vie de famille, à notre vie professionnelle, à notre vie de femme.
- Speaker #1
Et il n'y a que 24 heures dans les journées. Et en plus, on doit dormir.
- Speaker #0
C'est ça. Ouais, je pense que l'idéal, ça serait des journées de 48 heures. Ça serait pas mal. Je suis d'accord.
- Speaker #1
OK. Et donc, nous, en fin d'épisode, on fait toujours... On demande aux invités de laisser un petit mot pour leurs enfants. S'ils veulent leur faire écouter un jour plus tard ou pas. un petit mot pour eux, ce qu'on a parlé d'eux dans cet épisode ouais,
- Speaker #0
moi en tout cas je suis convaincue que c'est les enfants qui nous choisissent et que c'est eux qui nous aident à grandir et à nous transformer donc merci à eux de m'avoir choisie et de m'avoir autant transformée, pas toujours dans la facilité, mais en tout cas je suis vraiment heureuse de la femme que je suis devenue et je pense du chemin parcouru et voilà, on sait qu'il y a plein de belles choses encore qui nous attendent en tout cas c'est chouette aussi de les voir tous les deux aujourd'hui et ouais la fratrie on se dit que des fois c'est un peu de la compétition mais en fait c'est quand même un beau cadeau pour eux d'avoir un partenaire de vie de jeu et voilà donc merci à eux mais merci à toi d'être venue témoigner aujourd'hui merci à tous de nous avoir écouté et puis voilà merci d'avoir écouté Naissance Insulaire un podcast produit et animé par Solenn et Justine un grand merci également à SEFOR votre centre de formation en Nouvelle-Calédonie qui soutient ce projet. Pour continuer l'aventure avec nous et ne rien manquer des prochains épisodes, pensez à vous abonner et à nous laisser un maximum d'étoiles pour nous encourager. Je vous souhaite à tous une très belle journée et à très bientôt !