Speaker #0Bienvenue sur Neurocognifoot, le podcast où Neurosciences et Football se rencontrent pour booster l'intelligence de jeu. Je suis Greg, spécialiste en entraînement perceptivo-cognitif et fondateur de Neurocognifoot. Si tu es à la recherche de conseils pour former des joueurs capables de mieux lire le jeu, d'anticiper et de prendre de meilleures décisions, alors tu es au bon endroit. Dans ce podcast, seul ou avec mes invités, Je te partage des concepts simples, des outils concrets et des témoignages inspirants. Alors tiens-toi prêt et c'est parti pour l'épisode du jour. Hello à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Neuroconifoot. Avant de commencer, je voulais prendre quelques secondes pour vous remercier. Vous êtes de plus en plus nombreux à écouter le podcast, à m'envoyer vos messages, vos questions, vos retours. Et ça me fait vraiment plaisir. de voir que le sujet du cognitif parle à autant d'éducateurs. Et aujourd'hui, on franchit un petit cap symbolique. Plus de 6000 écoutes depuis le lancement. Alors, un grand merci à vous, que vous soyez en train de m'écouter dans votre voiture, en allant à l'entraînement, à la pause de midi, ou tranquillement chez vous. Merci pour votre soutien. Merci pour votre confiance. Et merci surtout d'avoir envie de comprendre comment le cerveau influence le football moderne. Aujourd'hui, on va essayer de répondre à une question qui revient très souvent. Est-ce que l'entraînement cognitif est vraiment la prochaine révolution du football ? Ou est-ce que c'est juste du storytelling marketing ? On va décortiquer ça ensemble, étape par étape. Dans cet épisode, tu vas découvrir ce que... dit réellement la science ? Pourquoi le cerveau devient la nouvelle frontière de la performance ? Et comment toi, en tant qu'éducateur, tu peux te positionner dans cette évolution ? Allez, on entre directement dans le vif du sujet. Pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui, il faut déjà regarder d'où l'on vient. Et le foot moderne s'est construit en trois grandes révolutions successives. Tout d'abord, la révolution physique dans les années 90. On découvre alors la prépa physique, structurée, les charges, la musculation. Les joueurs deviennent plus rapides, plus puissants et plus endurants. S'en suit une révolution dite tactique. L'arrivée d'entraîneurs visionnaires tels que Guardiola transforme le jeu. On intellectualise le football, on... pense en termes d'espace, de structure, de comportement. Enfin, une révolution dite analytique. Les vidéos, GPS et data permettent de mesurer ce qu'on en observait à l'œil nu. La performance devient désormais quantifiée. Aujourd'hui, ces trois domaines sont matures à très haut niveau. Et donc, la question c'est, qu'est-ce qu'il reste encore à développer ? tout ce qu'il y a avant la technique, avant la tactique, avant l'exécution, à savoir la perception, l'anticipation, la prise de décision. Et c'est ce que j'appelle les compétences perceptivo-cognitives du joueur. Alors maintenant qu'on a vu le contexte, regardons ce que dit réellement la science. D'abord, un point important. Le terme entraînement cognitif n'est pas une invention marketing. C'est une forme d'entraînement qui a été largement étudiée par la communauté scientifique depuis une vingtaine d'années. Dans les études, tu trouveras parfois les termes « dual task training » , de « cognitive motor training » ou encore de « cognitive stimulation » . Et même si les études spécifiquement réalisées en football ne sont pas encore très nombreuses, il existe en revanche une immense quantité de recherches chez les personnes âgées. dans la prévention du déclin cognitif, en rééducation neurologique ou encore dans les troubles neurocognitifs. Pourquoi ? Parce que ce sont des domaines, je crois, qui ont eu les budgets et les équipes de recherche nécessaires pour tester, mesurer et valider cette forme d'entraînement. Donc en clair, on sait que l'entraînement cognitif fonctionne car il a été testé, mesuré et validé. Et même si le... sport, et plus spécifiquement le football, arrive un peu plus tard, il s'appuie sur une base scientifique existante. Maintenant, la question importante, c'est est-ce que ces compétences cognitives comptent vraiment dans la performance sur le terrain ? Voyons donc ce que disent les études concernant le lien entre cognition et performance en foot. D'abord, je voudrais aborder les compétences perceptives. Tu sais, cette capacité à scanner, à prendre l'information au bon moment, à lire l'intention d'un adversaire, à reconnaître... Un schéma de jeu avant tout le monde. Eh bien, la science a montré plusieurs choses très intéressantes. D'abord, les travaux de Roca, Williams ou Mann ont montré que les meilleurs joueurs, ceux qu'on appelle les experts, scannent plus, plus tôt et surtout plus large. Et plus récemment, en 2024, Madsen a publié un modèle plus global dans lequel il montre que la perception, le scanning, la reconnaissance de patterns et l'anticipation ne sont pas des éléments séparés. Ensemble, il forme ce système perceptif complet et c'est ce système qui détermine en grande partie la performance dans le football moderne. Mais qu'en est-il du traitement de cette information ? Car si les compétences perceptives te disent quoi regarder ? ou quoi percevoir, les fonctions exécutives, elles, vont te dire quoi faire de cette information. Et là aussi, la science est très claire. Des travaux comme ceux de Weisberg ont montré que les joueurs qui ont les meilleures fonctions exécutives, à savoir mémoire de travail, inhibition, flexibilité, sont aussi ceux qui marquent le plus, qui font le plus de passes décisives et qui prennent les meilleures décisions sur le terrain. Chez les jeunes, c'est encore plus frappant. Une étude menée en 2017 sur des académies élites a montré que ceux qui ont une meilleure flexibilité cognitive progressent plus vite que les autres. Donc en clair, la perception t'apporte les bonnes informations et les fonctions exécutives t'aident à les utiliser rapidement et intelligemment pour prendre la bonne décision. Et quand tu mets les deux ensemble, tu obtiens les joueurs les plus intelligents. Mais si ces compétences-là prédisent la performance, que dit la science au sujet de leur entraînabilité ? Et là, c'est du béton scientifique. Tu as peut-être déjà entendu parler de cette idée « le cerveau est plastique » . Mais concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Eh bien, ça a été démontré pour la première fois, de manière spectaculaire, dans une étude devenue célèbre. L'étude de Mois Goyer. menée sur les chauffeurs de taxi londoniens en 2000. Ces chauffeurs devaient mémoriser des milliers de rues, d'itinéraires et de combinaisons possibles dans Londres. Et les chercheurs ont découvert que leur hippocampe, donc la zone liée à la mémoire spatiale, était plus développée que dans la moyenne de la population. Autrement dit, à force de stimuler une fonction spécifique, le cerveau se modifie physiquement. Il change, il grandit, il se renforce et il s'adapte. Et ce n'est pas réservé aux taxis londoniens. Plus tard, d'autres études ont montré la même chose chez des musiciens, chez des bilingues, des personnes âgées, des patients en rééducation cognitive et même chez des enfants. Ce que ça montre, c'est que chez les enfants, la plasticité du cerveau est maximale, chez l'adulte, elle est toujours active et même chez les seniors, elle ne disparaît jamais. Donc, si tu stimules le cerveau, il s'adapte. Si tu entraînes une compétence, elle se renforce. Et si tu demandes au cerveau de traiter plus vite, il devient plus rapide. Donc, si on résume, le cognitif n'est pas du marketing, il est lié directement à la performance. Et surtout, il est entraînable. Mais alors, pourquoi est-ce que le football n'a pas encore généralisé ce type d'entraînement ? Je crois que le football de haut niveau avance lentement parce qu'il n'existe pas encore de méthode claire, structurée et standardisée pour entraîner le cognitif. Ensuite, le cognitif n'appartient à personne dans un staff. Ce n'est ni le rôle du préparateur physique, ni celui du coach ou de ses assistants, ni celui de l'analyste vidéo. Résultat, tout le monde voit l'intérêt, mais personne ne sait vraiment comment l'intégrer. Donc on stagne. Et puis, il y a un point encore plus important. Il existe encore trop peu de ponts. entre les recherches scientifiques et le terrain. La science avance, oui, mais elle reste parfois difficile d'accès avec des protocoles très éloignés du quotidien des éducateurs. Tous les coachs savent que la prise d'infos est cruciale. Tous les coachs parlent de vitesse de décision. Tout le monde veut des joueurs intelligents. Mais personne n'a appris comment fonctionnait le cerveau ni comment entraîner ça de manière concrète. Et c'est pas étonnant. Les formations d'entraîneurs et d'éducateurs ne parlent pas de mémoire de travail, d'inhibition ou de flexibilité cognitive. Et c'est exactement pour ça que j'ai souhaité fonder le podcast Neurocognifoot, pour créer ce pont pour rendre la recherche plus accessible et pour la transformer en méthode simple, utilisable, rapidement. Maintenant qu'on a posé tout ça, est-ce que l'entraînement cognitif est une vraie révolution ? Ou juste un argument marketing ? La réponse simple et honnête, c'est que ce n'est pas encore une révolution massive. On n'a pas encore des centaines d'études réalisées spécifiquement dans le football. L'évidence scientifique dans le sport, de manière générale, est encore jeune, encore limitée. Mais une révolution réelle, je crois, est en train d'émerger. Et elle s'appuie sur deux piliers solides. D'abord, les premières études. très convaincantes menées directement dans le football, et surtout des décennies de recherches extrêmement robustes menées en gériatrie et dans les troubles neurocognitifs. Autrement dit, même si le football manque encore de grosses méta-analyses, la base scientifique générale est solide, et les premières études spécifiques vont toutes dans la même direction. Les compétences cognitives prédisent la performance, et surtout, elles sont... entraînable. Alors toi, en tant qu'éducateur, aujourd'hui, tu as deux choix. Attendre que tout le monde s'y mette ou prendre une longueur d'avance sur les autres. Comme l'ont fait les premiers à utiliser la préparation physique, comme l'ont fait les premiers à intégrer la vidéo, comme l'ont fait les premiers à utiliser la data. Avant de se quitter, j'aimerais aussi te partager une information. Depuis plusieurs mois, je reçois beaucoup de messages d'éducateurs qui me demandent S'il existe une formation pour apprendre, pour entraîner, le cognitif, eh bien oui, une formation Neurocognifoot est en construction pour 2026. Je travaille dessus depuis quelques jours, et je peux te dire qu'elle va rassembler tout ce que je partage ici, mais de manière structurée, progressive et 100% opérationnelle pour le terrain. Donc si le sujet t'intéresse, envoie-moi un petit message. et tu seras informé en avant-première. Et voilà, c'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a donné des idées et des pistes à explorer avec tes joueurs. Si tu as trouvé ça intéressant, voilà comment tu peux m'aider à faire grandir ce podcast. Abonne-toi dès maintenant pour être sûr de ne rien rater. Chaque épisode, c'est une nouvelle occasion d'apprendre et de progresser. Partage cet épisode avec d'autres entraîneurs ou passionnés. Ça pourrait vraiment les inspirer. et les aider à progresser à nos côtés. 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