- Speaker #0
Bienvenue sur Neurocognifoot, le podcast où neurosciences et football se rencontrent pour booster l'intelligence de jeu. Je suis Greg, spécialiste en entraînement perceptivo-cognitif et fondateur de Neurocognifoot. Si tu es à la recherche de conseils pour former des joueurs capables de mieux lire le jeu, d'anticiper et de prendre de meilleures décisions, alors tu es au bon endroit. Dans ce podcast, seul ou avec mes invités, Je te partage des concepts simples, des outils concrets et des témoignages inspirants. Alors tiens-toi prêt et c'est parti pour l'épisode du jour. Alors bonjour Tom, bienvenue dans le podcast Neuroconifoot et merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Merci à toi pour l'invitation, bonjour à tous et je pense qu'on va passer un bon moment.
- Speaker #0
Pour commencer, comme dans tous les épisodes du podcast... Pourrais-tu nous présenter ton parcours dans le foot de tes débuts à aujourd'hui ?
- Speaker #1
J'ai commencé dans le foot il y a maintenant 8 ans en tant que préparateur physique. Ma première année dans le foot, c'était avec une équipe professionnelle de foot féminin à Dijon, en tant que préparateur physique adjoint. Ensuite, j'ai enchaîné avec 4 années au centre de formation, donc masculin cette fois-ci, en tant que responsable de la préparation physique. Durant ces 4 années, il y en a 3. où j'ai réalisé mon doctorat en sciences du sport en parallèle, donc un doctorat qui s'orientait sur la planification de l'entraînement. Et puis après ça, je suis parti sur Paris, au Paris FC, Paris Football Club, pendant un an où j'étais responsable de la préparation physique, responsable de la performance du centre de formation. Et à la fin de cette année-là, je suis parti, cette fois-ci, un peu plus dans le nord de la France, au Racing Club de Lens, pour rejoindre l'équipe professionnelle en tant que responsable recherche et développement. et préparateur physique adjoint, où là, j'avais, en plus de mes missions de préparateur physique, une vraie valance recherche, avec la mise en place de projets de recherche pour optimiser nos activités, nos performances, et à long terme, toutes les compétences au sein du club qui touchent à la performance vraiment. Ok.
- Speaker #0
Alors, tu as écrit un livre, Tom, qui s'intitule « Le doute comme moteur » . Alors, à titre personnel, moi, ça me parle énormément. Mais c'est un titre qui surprend dans un milieu où on valorise plutôt la certitude, notamment avec les datas et la science.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Alors, j'ai écrit ce livre pour une raison aussi, c'est que, comme je l'ai dit, j'étais à Lens la saison passée, mais j'ai décidé d'arrêter. Cette année, je me suis consacré à d'autres projets et notamment l'écriture de ce livre parce que ça fait quelques années que j'enchaîne des contextes qui sont différents. des visions de l'entraînement qui sont parfois différentes. J'ai travaillé avec des gens qui viennent d'horizons différents. Mais il y a une constante, c'est que, comme tu le dis, le doute, ce n'est pas quelque chose qui est bien vu. C'est quelque chose qu'on repousse. D'ailleurs, on a pas mal d'expressions qui reprennent ce terme-là en le tournant en négatif. Il ne faut pas douter, ne doute pas de toi, peu importe. On peut le tourner comme on veut, mais c'est quelque chose qui revient souvent. Et pourtant, personnellement, j'ai toujours eu la sensation que le doute... avait été un moteur pour moi. On peut l'appeler de manière différente, ça peut être l'esprit critique. Moi, j'appelle ça aussi penser scientifiquement. Pour moi, c'est se poser des questions sur ce qu'on met en place, sur ce qu'on fait, sur parfois aussi qui on est, et voir l'écart avec ce qui pourrait être mieux, aller travailler sur des nouveautés, et aussi, à travers le doute, accepter l'échec pour innover. Et tout ça, c'est vrai que dans les milieux de haute performance, ce n'est pas forcément bien vu parce que l'échec est mal vu. C'est aussi se mettre dans une posture qui est délicate. C'est accepter de dire qu'on ne sait pas par moment. Et c'est vrai que ce n'est pas toujours accepté par nous-mêmes, par les autres. Parce que quand on est recruté dans un poste pour être l'expert, dire qu'on ne sait pas, finalement, ça revient à remettre en cause notre présence dans un endroit. Et pourtant, je pense que c'est quelque chose qui est vraiment sain. de l'honnêteté, de dire qu'on ne sait pas, mais par contre, ça ne veut pas dire qu'on ne va pas chercher des réponses, ça veut dire qu'on va essayer de s'améliorer par la suite.
- Speaker #0
Alors j'adhère complètement à tout ce que tu dis, c'est beaucoup de concepts et de notions très intéressantes, mais si tu devais définir le doute en une phrase,
- Speaker #1
qu'est-ce que ce serait ? Le doute, alors en une phrase, ça serait, par rapport à mon parcours, je dirais, c'est remettre en cause, questionner... des choses qui sont établies, et déjà ça englobe je pense une bonne partie du doute. Il y a d'autres facettes au doute, mais je pense que c'est celle qui m'apparaît être la plus intéressante.
- Speaker #0
Je trouve personnellement que le monde du foot et la société de manière générale ne valorisent pas suffisamment l'erreur. Vois-tu un lien justement entre ce concept d'échec-erreur et de doute ?
- Speaker #1
Complètement. Complètement parce qu'aujourd'hui, c'est sûr que l'échec, on ne le vit pas forcément tous les jours. En tout cas, on ne le valorise pas, ça c'est une certitude. Je veux dire, généralement, si tout se passe bien... On a notre brevet des collèges, après on a le permis, on a le bac, on a notre licence, notre master. Et puis en fait, on a un parcours qui n'est jamais entaché d'échecs. Et si jamais il y a un échec au milieu, on essaye de le cacher en disant que finalement, on a eu le diplôme espéré ou quoi que ce soit. Et on ne présente jamais ce que l'échec nous a apporté, tous les apprentissages qu'on en a tirés. Il y a un discours fabuleux de Niki Ausha, un ancien pilote de Formule 1. qui avait reçu le prix pour la meilleure carrière dans une grande réception, et qui disait, ce prix, j'ai envie de le dédier à tous les losers, tous les perdants, parce qu'il dit, de la défaite, j'ai toujours beaucoup plus appris que de la victoire, et c'est ça qui m'a construit. Et c'est un exemple qui est pour moi marquant, parce que sans échec, il n'y a pas d'innovation. Et c'est une condition qui est pour moi sine qua non. Aujourd'hui, dans le foot, dans ce que j'ai pu vivre ces dernières années, on a des méthodologies qui sont... très similaires, pour ne pas dire identiques, entre les clubs. Parce que celui qui va dévier de la norme, celui qui va prendre le risque d'innover, il prend le risque de se tromper. Et le problème, c'est que vu qu'on est dans une industrie de haute performance qui n'accepte pas de perdre du temps, le fait de se tromper, ça veut dire se faire licencier et quitter ce milieu-là. Donc on n'a plus d'innovations qui sont possibles. On en arrive à quelque chose de très lisse, de très normé. Et finalement, ça avance, quand ça continue sur du long terme, on finit par se persuader que ces méthodes qu'on utilise, ce sont des sortes de gold standards, des choses qui sont finalement les meilleures qu'on pourrait réaliser. Et ça veut dire qu'on a cessé de douter. Donc, on a vraiment cette relation entre le doute et l'échec, parce que se permettre de se tromper, ça veut dire qu'on est dans une posture du doute et qu'on est sur la voie de l'innovation.
- Speaker #0
Ça me parle beaucoup, ça aussi, parce qu'un des adages que j'aime beaucoup, c'est « think outside of the box » . Et ce que tu dis là prouve bien que c'est plutôt l'inverse qui se produit dans le monde du foot.
- Speaker #1
Oui, complètement. On a un milieu qui est très nombriliste. Alors après, je parle de ce milieu-là, c'est sans doute vrai pour d'autres milieux. Tout n'est pas négatif, évidemment, mais il y a une partie qui tend à se figer. parce qu'on ne veut plus aller voir ailleurs. On pense qu'on a les meilleures réponses dans beaucoup de domaines, alors que personnellement, c'est ce que j'essaye de faire et c'est ce que j'ai essayé de faire dialoguer à travers ce livre, c'est de faire parler des domaines qui, de base, ne se côtoient jamais. Et ça rejoint un débat qui me passionne, qui est ce débat entre spécialiste et généraliste. Est-ce qu'un spécialiste va être plus performant qu'un généraliste ? La réponse, c'est qu'en fait, dans le football, on a énormément de spécialistes. Mais les spécialistes, ils ont des problèmes de spécialistes. Et donc, du coup, ils ont des solutions de spécialistes. Alors qu'un généraliste, tu lis, il a des solutions de généralistes. Donc, il va être capable d'appliquer des réponses à un problème qui viennent d'autres domaines. Et là, on dépasse, du coup, les problématiques d'un domaine en ayant... En fait, il faut arrêter de penser qu'on a des problèmes qui nous sont uniques. Nos problèmes, il y a d'autres personnes qui les ont vécus dans d'autres domaines, et sans doute qu'il y a des personnes qui ont déjà réussi à répondre à ces problématiques. Donc on va pouvoir se servir de tout ça pour les incorporer. Il y a quelques années, il y a un papier qui est sorti, qui est fantastique, qui a regardé les publications scientifiques qui ont été les plus marquantes dans l'histoire. Et ils se sont aperçus que ces publications-là, ce sont des publications qui lient des domaines qui, à la base, ne s'étaient jamais côtoyés. Et c'est... de ces domaines qui ne se sont jamais côtoyés, qu'on a créé des nouveaux domaines et qu'on a créé des avancées scientifiques qui sont pertinentes pour l'humanité ou pour quoi que ce soit. Donc c'est vraiment ça, c'est essayer d'aller voir ailleurs et remettre en cause ce qu'on a l'habitude de faire.
- Speaker #0
Ce que tu décris là, est-ce que ce ne serait pas un peu le rôle du responsable de la performance de faire le lien justement entre ces spécialistes dans un staff ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Le responsable de la performance, c'est généralement la personne qui va être au-dessus des préparateurs physiques, au-dessus... du domaine médical, ça ça dépend des clubs, mais c'est souvent la personne la plus généraliste, parce que c'est quelqu'un qui doit être capable de dialoguer avec tout le monde, donc qui doit être capable de comprendre les problématiques de chacun, et qui doit être capable d'orienter chaque personne. dans des directions qui sont parfois un petit peu différentes de celles qu'elles auraient prises par elles-mêmes, et qui va être capable de faire dialoguer les deux personnes qui, peut-être de base, n'ont pas d'atomes crochus, parce que la performance, on le sait tous, elle est multifactorielle. Évidemment qu'on a besoin de ces spécialistes-là, parce que c'est ça qui nous permet d'être ultra performants dans un domaine, mais à la fin, il faut les faire cohabiter, et donc c'est vraiment ce rôle de responsable de la performance, d'aller mêler des compétences de chacun pour avoir... justement ce qu'il nous faut sur cette compétence multifactorielle.
- Speaker #0
Pour revenir à la notion de doute, est-ce que toi tu as observé dans ta carrière une évolution positive de la prise en compte du doute, de la gestion de l'échec, avec notamment le développement ou l'apparition, je dirais, de la prépa mentale ?
- Speaker #1
Alors je dirais que ce n'est pas immédiat. En tout cas, la préparation mentale, généralement, comme c'est fait dans nos contextes, C'est quelque chose qui est proposé surtout aux joueurs. Et généralement, ça fonctionne, de ce que j'ai l'impression, avec les joueurs qui ont la volonté que ça fonctionne. Donc il faut déjà avoir quelqu'un qui est assez ouvert d'esprit pour comprendre que ces outils-là, qui sont ultra pertinents, vont l'aider à avancer et à se développer. Quelqu'un qui est fermé, qui va repousser ça, ne va pas progresser. C'est la condition qui me paraît être sine qua non. pour pouvoir se servir de ces outils-là. Donc, j'ai l'impression que les gens qui ont cette capacité à douter, qui est un petit peu enfouie en eux parfois, ça va justement leur permettre de mettre le pied à l'étrier et d'avancer dans ce domaine-là. Mais ce n'est pas vrai forcément pour tout le monde. En tout cas, c'est un outil qui peut le permettre, encore faut-il y être ouvert, je dirais.
- Speaker #0
Dans le jargon footballistique, on parle souvent de prise de décision. Comment définis-tu, toi, la prise de décision en foot ?
- Speaker #1
Alors la prise de décision, elle va être multiple, parce que c'est vrai qu'on peut parler prise de décision joueur ou prise de décision staff. Celle que je traite le plus, c'est forcément la prise de décision staff, c'est celle qui me concerne, parce que des décisions, on en a plein à prendre. Ça va être tous les jours, est-ce qu'on fait un petit peu plus à l'entraînement, un petit peu moins ? Est-ce que ce jour-là, il s'entraîne ? Est-ce qu'il ne s'entraîne pas ? Est-ce qu'il est à risque de blessure ? Est-ce qu'il ne l'est pas ? Là où la prise de décision du joueur va être beaucoup plus à court terme, dans un espace de temps qui est très réduit, nous on a du temps, on a des données, on a tout un contexte qui est favorable à la prise de décision. Pour autant, ça n'empêche pas qu'elle soit complexe à prendre. Donc la prise de décision, c'est avoir, je pense, un problème à résoudre et essayer de prendre en compte tous les éléments qu'on a à notre disposition pour donner la meilleure réponse possible à ce moment-là.
- Speaker #0
Et quelle différence fais-tu entre la prise de décision sur le terrain et celle justement qui se passe en dehors du terrain ?
- Speaker #1
Sur le terrain, il y a une pression temporelle qui est extrême, forcément. C'est répondre à « je reçois un ballon, je dois le donner à quelqu'un d'autre, il y a un défenseur qui vient me presser, en même temps, le joueur à qui je veux donner le ballon a bougé, peut-être qu'il est hors-jeu, il faut que je change de… » C'est plein d'interactions qui se passent dans un temps qui est ultra court. Là où, encore une fois, en dehors du terrain, logiquement, on a une pression temporelle qui est quand même moins forte. Sans doute un peu plus de contexte qui va nous aider. Le contexte, ça va être des données, ça va être une interaction avec aussi d'autres personnes qui vont pouvoir nous donner leur avis. Et la possibilité, du coup, d'avoir une prise de décision qui va être collective, collégiale et qui peut peut-être améliorer la prise de décision. Sur le terrain, elle est forcément individuelle. Et l'idée, ça va être de faire cohabiter cette prise de décision individuelle dans un objectif collectif. Donc, c'est assez différent. Mais dans la réalité, on va essayer de... À chaque fois, on juge forcément la décision qui a été prise comme bonne ou mauvaise.
- Speaker #0
Et par conséquent, on peut faire la différence entre les prises de décision terrain et hors terrain. Est-ce que pour toi, c'est quelque chose de raisonné ou est-ce que ça relève plutôt de l'instinct ? Je pense là notamment à l'approche des systèmes de Kahneman.
- Speaker #1
Oui. Alors, ça c'est quelque chose que forcément j'ai traité dans le livre, sur ce système 1, système 2, la réponse intuitive ou la réponse un peu plus complexe. Il semble assez évident que sur le terrain, on est sur de la réponse intuitive. D'ailleurs, parfois, certains joueurs n'arrivent même pas à expliquer pourquoi ils ont fait tel choix. C'est comme s'il y avait quelque chose qui se passait de l'ordre de quelque chose de... vraiment d'intuitif au final, on n'est plus sur de la réflexion, c'est purement cognitif. Là où en dehors du terrain, il est aussi évident qu'on tombe dans ces réponses intuitives. Et ces réponses intuitives, elles ne sont pas forcément négatives, parce que c'est quelque chose qui nous a servi et qui continue de nous servir. C'est un système qui est économe. On ne peut pas toujours avoir des réponses qui sont complexes, le fameux système 2, parce qu'il est épuisant au quotidien. Donc on ne peut pas toujours l'activer. Mais je dirais que le propre de quelqu'un qui est capable de douter, c'est justement d'activer ce système 2 pour dépasser ce phénomène d'intuition et cette réponse automatique qui peut, dans certains contextes, être néfaste, notamment dans des... des contextes où il faut réfléchir beaucoup. Parce que là, la réponse automatique, généralement, c'est des mécanismes protecteurs. On va nous remettre en cause. On a cette réponse un petit peu virulente pour protéger notre opinion. Le système 2, à ce moment-là, est important. Sur le terrain, je pense que le système 2, cette réponse un peu plus lente, plus coûteuse, elle est plus difficile à mettre en place. Elle va plus arriver sur des phases arrêtées. Au moment où on va tirer un coup franc, un coup de... coup de pied arrêté. Peut-être que dans d'autres sports, c'est un peu plus vrai, puisqu'il y a plus de temps mort. Je pense au basket avec la mise en place du système, où là, on va avoir le temps d'analyser un peu plus. Nous, dans le foot, on est vraiment beaucoup plus dans l'action. Les temps de pause sont plus courts, donc c'est peut-être plus difficile.
- Speaker #0
Et ces systèmes sont forcément impactés par nos biais cognitifs. Là aussi, tu en parles dans ton livre.
- Speaker #1
Tout à fait, oui. ces biais, on les a tous vécus, que ce soit vis-à-vis d'autres personnes qui nous les ont fait subir, mais même nous, on les fait subir aux autres. Ça serait trop facile de dire qu'en lisant un ou deux livres, on n'y fait plus face. Non, non, on tombe bien dedans. L'idée, c'est d'essayer de les reconnaître. Alors, par rapport à la prise de décision, c'est souvent les mêmes qui reviennent. C'est le biais de résultat, le biais rétrospectif. C'est qu'on va juger une décision juste à l'aune de son résultat. Est-ce que... On a eu un bon résultat ou un mauvais résultat. À partir de ce moment-là, on va dire que la décision était bonne ou mauvaise, alors qu'on oublie bien souvent le contexte qu'il y a derrière. On peut avoir un mauvais résultat et pour autant avoir pris une bonne décision. C'est ce qui se passe dans les staffs actuellement. Malheureusement, c'est ce que je disais tout à l'heure sur l'échec et l'innovation, c'est qu'on peut avoir un bon processus d'entraînement et pour autant perdre des matchs. Le problème, c'est qu'on n'a pas de temps à disposition. Donc, vu qu'on n'a pas de temps... on se convainc que le résultat du match est le reflet de notre capacité à entraîner. Donc en tant que staff, l'idée ça va être d'être capable de se dire que quand j'ai un bon résultat, c'est possible qu'on se soit mal entraîné. Et donc il faut progresser, pas simplement se satisfaire de ça. Et il y a aussi ce biais rétrospectif qui fait, alors nous on le voit souvent sur la blessure, un joueur se blesse, jamais personne n'avait émis l'hypothèse qu'il se blesserait, mais pourtant à partir du moment où il s'est blessé, on va recréer une histoire de toute pièce. Comme si tous les éléments qu'on avait vus menaient s'emboîter et créaient l'histoire de « c'était évident qu'il allait se blesser » . Ça, c'est quelque chose qu'on voit souvent. Donc oui, on fait face à ces biais. Et pour les dépasser, c'est justement l'idée d'essayer d'activer ce système 2, d'avoir une pensée un peu plus complexe, de mettre en place le doute pour dépasser ces phrases un petit peu toutes faites.
- Speaker #0
Alors, dans les études en cognition du sport, on sait aujourd'hui que les fonctions exécutives jouent un rôle essentiel. Et une de ses fonctions est l'inhibition. Et Houdet a ajouté l'inhibition, donc c'est le fameux système 3, au système 1 et 2 de Kahneman. Est-ce que ça, c'est quelque chose, toi, que tu as également étudié ?
- Speaker #1
Alors, je n'en ai pas parlé dans le livre, en tout cas, parce que je voulais rester sur quelque chose de simple. C'est quelque chose sur lequel je me renseigne personnellement, parce que c'est vrai que ces réponses-là, comme on l'a dit, elles sont intuitives, donc l'idée, c'est d'être, de travailler cette inhibition. mais en tout cas, je l'ai traité en surface pour l'instant, je continue à creuser.
- Speaker #0
Alors pour nos auditeurs, l'inhibition, pour la définir d'une manière simple, c'est une capacité finalement à inhiber un automatisme, quelque chose qui serait de l'ordre du réflexe, que ce soit d'un point de vue moteur pour le joueur sur le terrain, ou aussi pour la partie émotionnelle, un peu plus psychologique. Alors dans ton livre, tu parles du doute comme d'un moteur. Est-ce que tu pourrais développer cette idée ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Encore une fois, on va en prendre mot par mot, mais le moteur, c'est quelque chose qui est censé nous faire avancer. Sur notre voiture, s'il n'y a pas de moteur, on ne va pas aller bien loin. L'idée, c'est que le doute, de la même manière, il peut être un frein. Il peut nous permettre d'avancer comme il va nous obliger à stagner si on l'utilise mal. Il y a différentes... selon moi, selon mon expérience, différentes phases dans le doute. Il y a des doutes qui peuvent être complètement immobilisants quand on tombe dans cette phase où on ne croit plus en rien, parce qu'on se questionne sur tout, on se questionne soi-même, sur nos capacités. On peut aller sur des syndromes de l'imposteur, tout ça. Mais le doute, il peut vraiment devenir un moteur à partir du moment où il nous aide à nous questionner. nous remettre en question et simplement à se dire, comme on l'a dit avant, est-ce qu'au-delà du résultat, le processus a été bon ? Si le processus est bon, le résultat est peut-être mauvais actuellement, mais il deviendra peut-être meilleur par la suite. Et quand j'ai eu un bon résultat, le doute, c'est de se dire, OK, on a eu un bon résultat, mais peut-être qu'on a été chanceux. Peut-être qu'il y a des facteurs qui ont fait qu'on a eu ces bons résultats. En réalité, ce n'est pas forcément grâce à notre travail. On aurait dû faire mieux. Et à long terme, ça va nous permettre d'être meilleurs. Je dirais que c'est un outil au quotidien qui nous permet vraiment de nous dépasser, qui nous permet d'avancer. C'est un outil de développement personnel presque, parce que c'est vraiment avoir cette pensée critique, cette pensée scientifique. Un scientifique, ce qu'il fait, c'est simplement qu'il pose des hypothèses et il essaye d'y répondre. Il a des questions, il essaye d'y répondre. Donc douter, c'est se poser des questions et essayer d'y répondre sans trop faire face à ses biais justement, essayer de trouver des vraies réponses, pas les réponses qui nous plaisent.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis. Je vois des parallèles avec le concept de stress, où il y a aussi un stress positif, un stress qui permet d'avancer, et à l'inverse, un stress négatif, lui qui inhibe.
- Speaker #1
Oui, je pense qu'il y a des analogies à faire, c'est sûr, là-dessus. Dans mes cours en STAPS, on m'avait défini le stress comme, si tu stresses, c'est que tu n'es pas prêt à faire face à la demande que tu as en face de toi. Et j'avais trouvé cette définition ultra réductrice parce que je m'étais dit, oui, mais des fois, je stresse. Pourtant, je me suis préparé. Et c'est juste que c'est la compétition qui m'amène à quelque chose. Et pourtant, quand je démarre la compétition, je n'ai plus de stress, il n'y a plus rien. Donc, c'est aussi, je trouve, le signe parfois qu'on est au bon endroit, qu'on est là où on a envie. Mais que, oui, il y a quelque chose qui se met en alerte à l'intérieur de nous et qui va nous permettre de nous dépasser. Et d'ailleurs, quand on a ce petit stress, parfois, on se dépasse au niveau des performances. Alors que oui, des fois, il va être inhibiteur et on ne va pas réussir à le gérer. Donc cette définition de « c'est que tu n'es pas prêt à faire face à la demande » , je trouve que c'est trop réducteur. Il y a une autre facette de ce stress qui nous permet de devenir bien meilleur.
- Speaker #0
Et pour revenir au doute, accepter le doute, est-ce que finalement, ce n'est pas accepter tout simplement d'être vulnérable ?
- Speaker #1
Si, tout à fait. C'est accepter qu'on n'est pas parfait. C'est accepter qu'on va se tromper. c'est accepter qu'on ne sait pas. La première des choses, c'est quand on nous pose une question, être capable de dire qu'on ne sait pas. Je trouve que c'est un exercice qui est ultra puissant. Ça m'est arrivé plein de fois que des joueurs viennent me voir ou que des entraîneurs viennent me voir et me posent une question à laquelle je n'ai pas la réponse. Et là, dire je ne sais pas, c'est vrai qu'il faut être dans un contexte qui est favorable, qui est sain, pour être capable de le dire qu'on ne sait pas. Parce que la réalité, c'est qu'on ne sait pas. Et il vaut mieux dire qu'on ne sait pas plutôt que de dire n'importe quoi et de se voiler la face. Et oui, ça m'est arrivé aussi parfois d'être dans des réunions où je suis censé être l'expert d'un sujet et pourtant j'ai l'impression qu'autour de la table, je suis la personne qui en sait le moins sur le sujet parce que d'autres personnes sont remplies de certitudes et finalement n'ont pas creusé assez un sujet pour se rendre compte de tout ce qu'elles ne savaient pas. En fait, ne pas savoir, c'est sain. Ça veut dire qu'on a été assez loin. dans la connaissance pour se rendre compte que c'est beaucoup plus complexe que ça se paraît. Donc, c'est accepter d'être vulnérable, comme tu dis.
- Speaker #0
La prochaine question va peut-être te faire sourire, mais est-ce qu'on peut entraîner le doute ?
- Speaker #1
Je pense qu'on peut l'entraîner. On a eu des débats récemment avec des personnes auxquelles j'ai présenté le livre. La question, c'était est-ce que c'est le fruit d'une éducation ? Ou est-ce que c'est le fruit d'une personnalité ? Je pense qu'il y a un petit peu des deux, c'est sûr. On a l'habitude d'avoir peut-être des enseignements, des éducations qui sont plutôt descendantes. Mais je pense que ça se travaille parce que c'est simplement quand quelqu'un a une opinion, lui poser la question « Mais pourquoi tu as cette opinion-là ? Qu'est-ce qui fait que tu as cette opinion-là ? Est-ce que tu es sûr de toi ? Est-ce que cette idée, elle te plaît ? Qu'est-ce qu'elle fait de toi ? » C'est simplement toujours se poser la question, pourquoi on croit à ça ? Donc en fait, ça, c'est pas si compliqué que ça, et petit à petit, ça se développe. Alors oui, il y a des personnes qui en sont plus capables que d'autres, mais c'est pas une qualité qui est intrinsèque, c'est pas le produit de l'inné. Pour moi, ça peut totalement être le produit de l'acquis.
- Speaker #0
Dans la formation des jeunes, je constate que l'apprentissage par répétition est encore très très présent. Quel est ton avis sur ce sujet ? Et j'aimerais faire le lien avec l'épisode précédent avec Wolfgang Schellorn et l'apprentissage différentiel qui lui prône justement un mode d'apprentissage de répétition sans répétition. Alors pour ceux qui sont intéressés par le sujet, je vous renvoie à cet épisode-là.
- Speaker #1
Alors je pense que dans tous les cas, il y a une certaine quantité à réaliser pour devenir un expert d'un domaine, ça c'est une certitude. Il faut répéter malgré tout. mais il faut répéter encore une fois en se questionnant c'est à dire que répéter un geste mille fois mais le répéter de la mauvaise manière ça fera jamais de nous quelqu'un qui est expert d'un geste bien précis la répétition elle est nécessaire à condition qu'on ait une capacité à avoir un retour sur notre performance qu'on soit capable de l'analyser ça c'est le rôle généralement de l'entraîneur mais il faut aussi que le joueur celui qui exécute la tâche, soit capable de s'auto-évaluer par rapport à ce qu'il fait. Aujourd'hui, c'est vrai qu'on a cette tendance à conditionner le joueur, à lui dire très précisément ce qu'on attend de lui, sans le laisser explorer lui-même certaines contraintes. Et c'est l'exploration, je pense, qui va permettre d'être plus complet, plus polyvalent et de faire un meilleur joueur. Donc ce n'est pas forcément facile à faire dans l'entraînement parce que ce n'est pas des choses qu'on a l'habitude. On entraîne beaucoup de joueurs, donc ce n'est pas toujours évident. Mais il y a des choses à faire là-dessus pour dépasser la simple répétition du geste.
- Speaker #0
Ce que tu décris là aussi, c'est l'omniprésence de la pédagogie que j'appelle très directive. Et ça, c'est intéressant parce que les formations de la FFF aujourd'hui prônent malgré tout l'approche, la pédagogie active. Malgré tout, je m'aperçois que les éducateurs, les coachs ont toujours encore cette envie de corriger plutôt que de laisser l'athlète trouver sa propre solution.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Je suis beaucoup sur les problématiques de planification, mais sur ces problématiques de variation, mais aussi des contenus d'entraînement. Est-ce qu'on varie nos contenus d'entraînement ? Est-ce qu'on les conserve dans le temps ? Par exemple, on a cette tendance dans l'entraînement en foot à beaucoup modifier nos contenus d'entraînement, et notamment chez les jeunes, parce qu'on ne veut pas qu'ils s'ennuient. Sauf que stabiliser l'apprentissage dans le temps, ça veut dire qu'on va permettre aux joueurs d'explorer, de prendre le temps de se tromper, on va accepter qu'ils ne vont pas savoir immédiatement répondre à la question, et qu'on va le laisser générer plusieurs solutions, plusieurs options, dans l'objectif de l'atteinte d'un geste, d'un objectif. Et ça, ça va être à lui d'évaluer comment il va pouvoir réaliser tout ça. Le fait est que, vu qu'on ne laisse pas de temps au joueur de se tromper, encore une fois, ce n'est pas comme ça qu'il va se développer. Donc il faut prendre le temps. Je sais que c'est difficile. On n'a pas toujours un temps extensible. Mais c'est une condition pour que le joueur sache ce qui ne fonctionne pas et ce qui fonctionne. Il ne peut pas être tout de suite dans « je veux que ça fonctionne » . Sinon, quand on fait ça, nous-mêmes, on crée des contenus d'entraînement qui vont être facilitants. qui vont permettre aux joueurs d'être dans la réussite. Mais de la même manière qu'on doit se tromper pour innover, il faut se tromper pour réussir. Et donc il faut mettre le joueur en situation d'échec par moment pour qu'il comprenne pourquoi il s'est trompé.
- Speaker #0
Et comment on fait par conséquent pour créer un environnement d'apprentissage qui développe justement plutôt la pensée du joueur plutôt que la reproduction bête et mécanique ?
- Speaker #1
Je pense que ça tient surtout à des situations qui vont exiger plusieurs possibilités. plusieurs options. Si c'est simplement, je prends un circuit de passe où tu reçois le ballon d'ici, tu l'emmènes là-bas, il n'y a pas d'option, il n'y a pas de possibilité. Donc finalement, c'est quelque chose de mécanique qui ne demande pas de réflexion. D'avoir quelque chose de plus adaptatif, soit en rajoutant un défenseur, soit en rajoutant plusieurs options, c'est déjà aller vers le choix. Donc ça veut dire que qui dit choix, dit potentialité de se tromper. Donc apprentissage. Je pense que c'est plus dans cette direction-là qu'il faut aller.
- Speaker #0
As-tu l'impression que la dimension cognitive est particulièrement intégrée aujourd'hui dans la formation des jeunes ?
- Speaker #1
Elle l'est, mais de manière dérivée. C'est-à-dire que ce n'est pas un entraînement qui est recherché, je pense. C'est une conséquence de l'entraînement de manière classique. Parce qu'on est dans des situations qui exigent un certain niveau d'engagement cognitif. Parce qu'à partir du moment où il y a... de l'opposition, qu'il y a un nombre de joueurs assez important. Forcément, il y en a, du travail cognitif. Maintenant, je trouve qu'il y a des entraîneurs qui essayent d'y aller, qui travaillent sur la prise d'informations. sur différents types de couleurs, sur des choses comme ça. Mais ça reste encore très léger.
- Speaker #0
Et on n'est pas formé, que ce soit nous, préparateurs physiques ou même entraîneurs, on est très peu formé sur ce sujet-là, c'est sûr.
- Speaker #1
Alors on reviendra dessus un tout petit peu plus tard avec le sujet entraînement intégré versus dissocié. Mais avant, je voulais te poser une dernière question. Est-ce qu'il y a un modèle de formation en France ou alors à l'étranger qui t'inspire toi parce qu'ils intègrent réellement cette dimension cognitive et psychologique ?
- Speaker #0
Comme ça, ce n'est pas quelque chose que j'ai particulièrement recherché. parce que dans mon métier, en tout cas, c'est plus difficile. Enfin, je ne sais pas que c'est plus difficile à faire, mais en tout cas, ce n'est pas vraiment ce qu'on nous demande. Donc, je dirais qu'il y a sans doute certains pays qui sont un peu plus en avance. On a toujours cette image des Pays-Bas, du centre de formation de l'Ajax qui a, avec ses machines de prise d'informations, des couleurs, des choses comme ça, qui seraient en avance. Mais pour le coup, c'est des choses que nous... Soit on n'est pas équipé pour faire, ou alors on regarde très peu actuellement.
- Speaker #1
Il y a une littérature scientifique grandissante actuellement qui montre qu'un entraînement moteur combiné à des tâches cognitives sera plus efficace qu'un entraînement moteur seul ou un entraînement cognitif seul. Est-ce que toi, c'est quelque chose qui te parle ?
- Speaker #0
Oui, ça me parle parce que c'est vrai qu'on essaye toujours de mettre en place des situations qui sont exigeantes, mais exigeantes dans un but de développement. Il y a quand même des méthodologies qui sont arrivées ces dernières années, notamment au niveau du travail technique, qui vont demander justement ces choses-là. Et ça produit pour le coup des effets très intéressants sur les joueurs. On a eu l'occasion de le voir quand j'étais à Dijon sur plusieurs années chez les jeunes et de les voir d'année en année. Et ça donne des joueurs avec un niveau technique qui est quand même assez impressionnant parce que justement au niveau moteur, ils ont des capacités qui sont bien plus développées que ce qu'on avait. quelques années auparavant sur des joueurs qui faisaient un travail analytique simple.
- Speaker #1
Et comment vois-tu le développement de l'entraînement cognitif dans le foot dans les 20 années à venir ? J'ai personnellement étudié en STAPS fin des années 90. À ce moment-là, la prépa physique en était vraiment à ses balbutiements. Comment vois-tu le développement de cette partie cognitive dans la décennie ou les deux décennies à venir ?
- Speaker #0
Je ne pense pas qu'on soit encore là. d'un point de vue des staffs, d'un point de vue des clubs, je pense que ça va être difficile. Certains centres de formation essayent, mais je pense qu'on est encore assez loin de tout ça. Par contre, la porte d'entrée, je pense qu'elle est plus au niveau individuel, au niveau du joueur et de son encadrement personnel et de ce que lui va aller chercher à l'extérieur, d'aller chercher des experts en externe. Pourquoi ? Parce que déjà, dans les staffs et dans les clubs, on a un temps qui est très limité. et on a déjà du mal à faire tout ce qu'on veut faire dans une semaine, alors que le joueur, lui, à l'extérieur, il peut avoir du temps. Et donc, soit que le club envoie ces joueurs-là voir des experts, ou que le joueur, lui, soit à la recherche d'experts, je pense que dans les années qui arrivent, il y a plus de chances que ça se passe comme ça, plutôt que ce soit directement réalisé au sein des clubs. Je ne vois pas actuellement de volonté d'aller dans ce milieu-là.
- Speaker #1
Pour revenir à ce sujet que j'évoquais tout à l'heure, entraînement intégré versus dissocié, j'aimerais qu'on parle de Fred Aubert, figure de la prépa physique en France, qui a dit récemment dans un podcast, je crois que c'était le podcast secret d'entraîneur, que la prépa physique uniquement intégrée, et j'insiste bien sur le mot uniquement, serait une escroquerie méthodologique. Quand tu entends ça, tu réagis comment ?
- Speaker #0
Alors, soit j'applaudis, soit je dis simplement que je suis d'accord. Oui, je ne peux pas dire mieux que ça. Aujourd'hui, dans le foot, on a des modèles de planification qu'on appelle périodisation tactique qui sont issus des modèles portugais où on va unifier entraînement physique, entraînement technique et entraînement tactique. Et ça va être décliné dans des qualités physiques différentes chaque jour, avec des espaces de jeu qui sont différents chaque jour. En fait, on a réussi à faire un peu de tout et du coup, beaucoup de rien. Donc, voilà, on a simplifié au maximum ce qu'était l'entraînement en football parce que ça nous a permis de simplifier la discussion entre le staff technique, les entraîneurs et le staff performance, notamment la préparation physique. Et du coup, on n'entraîne plus grand chose. Aujourd'hui, un joueur de foot lui demander de faire de l'intermittent, lui demander d'aller en musculation, ça peut être compliqué. Alors que dans d'autres sports, on le fait. Le football reste un sport comme un autre, avec des athlètes qui sont comme les autres. et qui a besoin de développement physique. Donc oui, actuellement, ce qu'on fait de manière toute intégrée, c'est une escroquerie. Et il faudrait revenir à des choses plus simples et donc repasser par du dissocié. Ça, c'est évident. En tout cas, c'est ma façon de voir les choses aussi.
- Speaker #1
Mais quelle est la situation actuelle du travail dissocié en prépa physique dans les clubs pros en France ? Est-ce que c'est quelque chose qui se pratique toujours ou où est-ce qu'on en est exactement ?
- Speaker #0
Ça se pratique très peu, très très peu. Honnêtement, on est beaucoup sur de l'intégré ou alors de l'associé. C'est-à-dire qu'on va être entre les deux. On va mêler un petit peu de dissocié dans de l'intégré pour le rendre un peu plus digeste auprès des joueurs et arriver à un peu mieux parfois. fois le faire passer au niveau du staff qui ne serait pas très enclin à ça. Donc on ne va pas dans la direction du dissocié, ça c'est sûr. Certains clubs en remettent un petit peu, mais ce n'est pas du tout la mode actuelle, ça c'est sûr.
- Speaker #1
Une approche dominante en foot aujourd'hui, c'est l'approche écologique dynamique qui est issue des travaux de Gibson et qui a ensuite été adaptée par Keith Davids. Dans cette logique-là, entraîner cognitivement un joueur hors contexte, donc avec des exercices dissociés, n'a aucun sens. Et si je transpose ces propos de Fred Aubert à l'entraînement cognitif, alors je pense qu'il y a vraiment de vrais parallèles. Parce que pour moi, le travail cognitif décontextualisé, à savoir améliorer la mémoire de travail du joueur, améliorer son inhibition, sa flexibilité, ses capacités attentionnelles et j'en passe, pourrait vraiment avoir sa place. Qu'en penses-tu ?
- Speaker #0
Tout à fait. En fait, l'idée, c'est que là où on va chercher cette écologie dans l'entraînement partout, en fait, finalement, on s'y perd. C'est-à-dire que, par exemple, on va être en salle de musculation et on va, du coup, reproduire les gestes qu'on fait sur le terrain en musculation. Mais du coup, c'est essayer de trouver du spécifique là où on n'en a pas besoin. Et de la même manière, sur le travail cognitif, si c'est pour le faire dans un contexte qui est complètement décontextualisé, du coup ça n'a plus d'intérêt. Donc c'est mettre le travail au bon endroit, là où il est pertinent pour le développement du joueur. Et encore une fois, du coup on essaye de faire un petit peu de tout tout le temps, mais à faire ça, on ne développe rien. Donc il faut cibler les apprentissages qu'on veut mettre en place pour maximiser le développement. Oui, on a peu de temps, donc c'est une raison de plus pour faire les choses au bon endroit.
- Speaker #1
Et tu vois, moi, je pense personnellement qu'il faut faire, si on parle d'entraînement cognitif, qu'il faut faire dans un premier temps un travail que j'appellerais décontextualisé, justement pour développer ses compétences et ensuite les transférer sur le terrain. Or, je vais ici me montrer très vulnérable, donc je vais moi aussi vous dire que je doute, parce qu'aujourd'hui, la science va surtout dans la direction de ce travail plutôt intégré. Quelle posture avoir justement quand une science en est assez balbutiement, quand on en est au tout début ? Parce que personnellement, moi, je prône un mix entre justement ce travail décontextualisé et intégré.
- Speaker #0
Je pense que c'est la bonne manière de voir les choses, parce que si on prend un débutant dans un domaine, avant de le remettre dans un contexte spécifique, il va déjà falloir... connaître les choses d'un point de vue décontextualisé et progressivement l'amener dans quelque chose de plus complexe. La complexité ultime, c'est le spécifique. Donc ça, c'est évident. Ensuite, là on parle d'une science qui, comme tu le dis, en est assez balbutiement. L'idée, c'est qu'il faut dissocier selon moi la connaissance scientifique de la pensée scientifique. C'est deux choses qui sont complètement différentes. J'ai connu des gens qui avaient des doctorats et qui pour autant étaient... très réduit en termes de pensée scientifique, et j'ai connu des gens qui n'avaient pas du tout de diplôme académique et qui avaient une pensée scientifique très performante. Aujourd'hui, oui, la connaissance scientifique, elle dit qu'il faut le faire totalement de manière décontextualisée. Mais il faut aussi voir dans quel contexte ont été faites ces études, avec quel public, dans quelles conditions. Et aujourd'hui, peut-être qu'il y a des choses qui vont fonctionner dans notre contexte à nous et qui montrent que la décontextualisation, puis la spécification... la spécialisation sera pertinente. Et donc ça, c'est plus la pensée scientifique, se dire, dans mon contexte, avec les connaissances qu'on m'apporte, je pense que ça peut m'aider à créer quelque chose dans mon contexte qui est performant. Et là, on arrive à quelque chose de cohérent, je pense.
- Speaker #1
Et pour les coachs qui nous écoutent, est-ce qu'il existe, selon toi, une logique de périodisation cognitive comme il en existe une dans le domaine physique ?
- Speaker #0
Toute logique de périodisation peut avoir son intérêt. à condition qu'elle soit individualisée et qu'elle se réfère à la réponse des joueurs. La périodisation, c'est une interaction entre une dose et une réponse. Donc la dose elle doit être choisie en fonction de la réponse des joueurs. Donc ça veut dire qu'il faut être capable de mesurer la réponse des joueurs. Aujourd'hui on s'est perdu aussi dans l'entraînement physique à quantifier uniquement la dose et on a oublié la réponse. Sauf que c'est la réponse qui doit être censée nous dire quelle dose on peut procurer aux joueurs par la suite. C'est ça qui va nous dire si on met des charges fortes si on fait des charges légères. Donc d'un point de vue cognitif, ça serait exactement la même chose. Je mets une charge cognitive à un joueur, quelle va être sa réponse ? Si sa réponse est positive, ça veut sans doute dire que je peux remettre une charge, peut-être même encore plus importante que ce qu'il y avait, par la suite. Et c'est comme ça que je vais construire mon modèle de périodisation. Et un modèle de périodisation, il ne se construit pas à très long terme, il se construit petit à petit en fonction des réponses de mes athlètes. Donc, dans tout domaine, on peut mettre en place un modèle de périodisation.
- Speaker #1
Dans ton livre, tu parles de penser scientifiquement dans un monde... incertain. Là aussi, c'est quelque chose que je trouve vraiment intéressant. Le football est un sport d'incertitude. Donc, qu'est-ce que c'est réellement, par conséquent, penser scientifiquement ? Tu en as déjà parlé un tout petit peu tout à l'heure. Est-ce que tu pourrais développer un peu cette partie-là ?
- Speaker #0
La réalité, c'est qu'on n'a jamais de certitude par rapport Ausha qu'on fait. La certitude, on l'aura une fois que l'événement est passé. J'ai fait une analogie dans le livre avec la physique quantique. et l'expérience du chat de Schrödinger, qui me paraît être une analogie qui est très pertinente pour beaucoup de domaines. Cette analogie montre que dans l'expérience de pensée qui a été faite, Schrödinger, c'est de penser, ça n'a pas été fait en réalité, je tiens à le préciser, il enferme un chat dans une boîte avec un système qui est radioactif et qui a une chance sur deux de se déclencher. Si le système se déclenche, le chat meurt. Si le système ne se déclenche pas, le chat vit. La physique quantique,
- Speaker #1
elle a une réponse qui est super intéressante,
- Speaker #0
à savoir, est-ce que le chat est mort ou vivant ? Elle part du principe que le chat, il est dans un état qui est de superposition quantique, donc double, il est à la fois mort et vivant. Et en fait, l'analogie, elle est intéressante à partir du moment où on le ramène à nos pratiques. Pour savoir si la décision, elle est bonne ou pas bonne, il faut l'apprendre. Parce que pour savoir si le chat, il est mort ou vivant, il faut ouvrir la boîte. Nous, dans le sport, on a la même chose avec le risque de blessure. le joueur, on considère qu'il est à risque. Donc la décision à prendre, c'est est-ce que je l'emmène à l'entraînement ou est-ce que je ne fais pas s'entraîner ? La seule manière de savoir si la bonne décision, c'est de l'entraîner ou de ne pas l'entraîner, c'est de l'entraîner. Et de voir si le joueur s'est blessé ou s'il ne s'est pas blessé. C'est d'ouvrir la boîte. Donc finalement, penser scientifiquement dans un monde incertain, ça veut dire, de toute manière, l'incertitude, on ne la réduira pas. Elle sera toujours là. La seule chose à faire, c'est de penser scientifiquement. C'est-à-dire de prendre en compte les éléments qu'on a à notre disposition et d'essayer de faire les meilleurs choix possibles, en espérant ne pas se tromper. Mais si ça se trouve, on se trompera. La seule manière de savoir, c'est de tester. Donc il faut tester. Donc il faut penser scientifiquement. Et ça, parce qu'on est dans un monde incertain.
- Speaker #1
C'est l'empirisme, ce que tu expliques là.
- Speaker #0
Exactement. Exactement. Aujourd'hui, c'est... On... On dit souci et on confronte l'empirisme avec le scientifique. On dit de quelqu'un qui est empirique, qui se base juste sur ce qu'il fait dans la vie, sur ses expériences. Mais l'empirisme, ça a été la base de la recherche scientifique. C'est ça qui a permis de poser les jalons de la recherche scientifique. C'est se dire à un moment donné, c'est pas parce que tous les signes que j'observe sont blancs, que tous les signes sont blancs. Il suffit d'un signe qui est noir pour que la règle « tous les signes sont blancs » soit fausse. Donc c'est un mélange entre l'empirisme et ce qu'on appelle aujourd'hui la recherche scientifique. C'est qu'il faut tester à un moment donné pour s'assurer que notre décision est bonne ou pas bonne. Tant qu'elle reste à l'état de potentialité, on ne saura jamais. Il faut faire des choix et les tester.
- Speaker #1
Et prendre des risques par conséquent.
- Speaker #0
Et donc prendre des risques. Et donc ne pas avoir peur de l'échec si on veut innover, si on veut. Mais il faut être dans un contexte qui nous le permet, ça c'est évident.
- Speaker #1
Comment est-ce que les coachs peuvent faire, peuvent eux-mêmes développer leur propre tolérance à l'incertitude ? On en parle trop peu, je trouve, des coachs et du staff.
- Speaker #0
Ça, c'est sûr que l'incertitude pour les staffs, elle est permanente. Parce que dans tout domaine, mais c'est vrai que dans notre cas particulièrement, on n'a jamais de certitude sur ce qu'on fait, sur ce qu'on met en place, sur les réponses de nos joueurs, sur le coach, simplement, il va faire un discours, il ne sait même pas comment le groupe... recevoir ce discours ? Est-ce que c'était le bon choix de mots ? Est-ce que ce n'était pas le bon choix ? Encore une fois... Il faut partir du principe que de toute manière, l'incertitude, elle ne diminuera pas. Alors avec l'expérience, avec la connaissance d'une personne, d'un groupe, du milieu, peut-être qu'on réduit l'incertitude, mais on n'a pas le choix finalement que d'accepter cette incertitude. Nous, la seule chose qu'on peut faire, c'est d'essayer de prendre la meilleure décision possible avec tous les éléments qu'on a à notre disposition encore une fois. Et à partir de ce moment-là, il faut se lancer. Il y a un concept qui est très intéressant, que je développe dans le livre, qui s'appelle l'afronésis, qui est une compétence, une qualité qui était très développée dans la Grèce antique. C'est d'ailleurs un mot grec qui est défini aujourd'hui par la prudence, mais qui ne veut pas du tout dire ce qu'on pense de la prudence actuellement. La prudence actuellement, c'est un précautionnisme, alors que la prudence, à ce moment-là, c'était la sagesse de savoir choisir, de prendre une décision en sachant... qu'on n'a pas tous les éléments à notre disposition. C'est d'avancer en sachant que de toute manière, il restera des zones d'ombre. Et donc se lancer là-dedans. Et ça, c'était une qualité qui était très mise en avant à cette époque-là. Il y a tout un chapitre qui est dédié à cette qualité-là. Et aujourd'hui, je pense que c'est quelque chose de déterminant. Si on attend d'avoir toutes les réponses pour prendre une décision, on ne prendra jamais de décision. Il faut prendre la décision et avancer et faire en sorte que cette décision, ce soit la bonne.
- Speaker #1
Est-ce que l'omniprésence des statistiques et des datas n'est pas un obstacle au développement actuel du football ?
- Speaker #0
Je n'irais peut-être pas jusqu'à dire que c'est un obstacle. En tout cas, je dirais que c'est un élément qui nous donne l'illusion de contrôle. C'est un élément qui nous fait croire qu'on mesure et donc qu'on maîtrise l'incertitude. Alors que l'incertitude, elle n'a pas changé. Elle est toujours là. On croit qu'on la domestique. en ayant des données, en ayant des éléments qui peuvent nous donner des réponses. Mais j'en reviens à ce que je disais tout à l'heure. Les données, elles peuvent nous dire que le joueur va se blesser. La seule manière de savoir, c'est de faire s'entraîner le joueur et de voir si les données, elles avaient raison. Quand on dit les données sont mauvaises, donc le joueur ne s'entraîne pas et donc grâce à ça, il ne s'est pas blessé, on ne peut pas avoir raison. Factuellement, on ne peut pas avoir raison puisqu'on ne peut pas savoir. Il y a seulement en entraînant le joueur qu'on peut savoir si on avait raison. Donc cette incertitude, elle n'a pas bougé. Ça nous donne des éléments qui vont nous aider à la décision, mais c'est une illusion de contrôle.
- Speaker #1
Et cette année de pause pour toi, notamment avec la rédaction de ce livre, est-ce qu'elle a changé ta manière d'entraîner, de préparer les joueurs à l'avenir ?
- Speaker #0
Alors ça, je le saurais quand je reprendrai l'entraînement. Mais en tout cas, j'ai la sensation qu'elle m'a déchargé peut-être un peu d'un poids et de comprendre que de toute manière, vu que je ne peux pas avoir toutes les réponses, c'est normal de ne pas tout savoir et d'avancer dans l'incertitude. Donc, c'est utopique d'aller chercher la perfection, de penser qu'on va commencer une saison un entraînement, un contenu, en se disant que c'est sûr à 100% que ça va marcher, que c'est le meilleur, parce qu'en fait, on ne peut pas savoir. Donc, peut-être que j'aborderai dans le futur les choses avec un peu plus de légèreté mentale. Ça ne veut pas dire que je ne vais pas mettre autant d'implication dans ce que je vais proposer, mais en tout cas, je pense que ça permet de prendre un peu plus de recul sur nos prises de décision au quotidien.
- Speaker #1
Comment les auditeurs peuvent-ils faire pour lire ton livre ?
- Speaker #0
Mon livre est disponible sur Amazon. Il suffit de taper le doute comme moteur. Il est disponible sur Amazon en version papier et en e-book.
- Speaker #1
Quels sont tes projets à venir ?
- Speaker #0
Mes projets, il y en a plusieurs. Déjà, c'est peut-être de retourner dans le foot, on verra. À condition que les conditions soient réunies, avec des bonnes personnes, un bon contexte. Mais c'est aussi de poursuivre ces réflexions-là. Actuellement, je réfléchis beaucoup aux problématiques de fluctuation, de variation, que ce soit dans le domaine du sport, mais de nos vies aussi de manière générale. J'ai la sensation qu'on vit dans une sorte de moyenne quotidienne, c'est-à-dire qu'on a aplati les extrêmes, on ne va plus chercher des très hautes intensités, on ne va plus chercher des creux très importants, parce qu'on a peur un peu de ces creux, on a peur de... de ce qui peut s'y passer, de s'ennuyer. et pourtant je pense que c'est la condition pour aller chercher plus d'intensité et donc d'être encore plus performant au moment où on le veut et ça, ça se décline dans le sport parce que dans nos planifications quand on veut faire des charges importantes, on a du mal quand on veut faire des charges légères, on a du mal aussi parce qu'on fait un petit peu trop et on arrive dans une sorte de moyenne quotidienne sauf qu'à faire tout le temps moyen, on se retrouve à faire toujours la même chose et faire toujours la même chose, ça veut dire qu'on s'habitue au stimuli Ça veut dire donc qu'on ne fatigue plus nos athlètes et qu'on ne les développe plus. Donc il y a des choses à aller voir, je pense, dans ce domaine-là. Et actuellement, c'est des vraies pistes de réflexion que j'ai dans plein de domaines, que ce soit dans la philosophie, que ce soit dans des systèmes biologiques. Et peut-être que ça donnera lieu à un autre livre plus tard, je ne sais pas. On verra où ça me mène tout ça.
- Speaker #1
Ok, excellent. Comment les auditeurs du podcast peuvent-ils faire pour te contacter ?
- Speaker #0
Alors je suis disponible sur LinkedIn. et sur Instagram. Et pour le coup, je réponds à tout le monde et j'essaye d'échanger avec toutes les personnes qui le souhaitent.
- Speaker #1
Il me semble que tu as également ta propre page Internet.
- Speaker #0
Exactement. J'ai mon site Internet aussi où tous mes travaux de recherche qui sont vulgarisés en français. Il y a ma vidéo de thèse. Il y a une chaîne YouTube aussi où il y a une vidéo d'une conférence qui a été faite il n'y a pas longtemps. Et tous les liens vers les podcasts et autre chose.
- Speaker #1
OK. On va arriver au bout de cet épisode, mais avant de clôturer, si un éducateur qui nous écoute veut intégrer deux choses de cette conversation, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Je vais répondre ce que je réponds à chaque fois qu'on me demande c'est quoi la compétence principale d'un entraîneur ou de quelqu'un qui travaille dans ce milieu-là. Mais c'est vrai pour n'importe qui. Je pense que la première chose, c'est d'essayer de développer son esprit critique, sa pensée scientifique, sa capacité à douter. Il y a des outils qui existent, j'en développe certains dans le livre. notamment cette capacité à se poser la question pourquoi je pense ça ça c'est pour moi primordial parce que c'est ça qui va nous permettre de dépasser le simple on a toujours fait comme ça et donc on va continuer de faire comme ça. Et la deuxième chose ça serait d'aller chercher dans des domaines qui sont complètement différents parce que aujourd'hui on se pose des questions qui sont propres à nos domaines donc on a des problématiques de notre domaine et on a des réponses de notre domaine alors qu'en allant voir dans d'autres domaines Merci. on peut rapporter des choses qui sont très très riches et pour le coup ce livre je pense en est la preuve
- Speaker #1
Ok super, merci beaucoup Tom pour cet échange riche et passionnant je te souhaite vraiment beaucoup de réussite et de bonheur dans les projets à venir ça me fait un plaisir de t'avoir ici dans ce podcast alors merci encore à toi et je te dis à très bientôt
- Speaker #0
Merci beaucoup, à bientôt
- Speaker #1
Et voilà, c'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a donné des idées et des pistes à explorer avec tes joueurs. Si tu as trouvé ça intéressant, voilà comment tu peux m'aider à faire grandir ce podcast. Abonne-toi dès maintenant pour être sûr de ne rien rater. Chaque épisode, c'est une nouvelle occasion d'apprendre et de progresser. Partage cet épisode avec d'autres entraîneurs ou passionnés. Ça pourrait vraiment les inspirer et les aider à progresser à nos côtés. Laisse-moi une note ou un avis. sur ta plateforme d'écoute. Ça prend une minute et ça m'aidera énormément à toucher d'autres éducateurs comme toi. Merci d'avoir pris le temps d'écouter Neuroconifoot. On se retrouve très vite pour le prochain épisode.