- Speaker #0
La question posée par les sources du jour est, elle est simple et assez brutale en fait, et si nos dirigeants n'étaient pas incompétents, mais au contraire, terriblement compétents.
- Speaker #1
Compétents dans l'art de la manipulation.
- Speaker #0
Voilà. On plonge aujourd'hui dans une thèse assez provocatrice, tirée principalement d'une analyse de Marion Saint-Michel qui est psychologue et aussi diplômée en sciences politiques.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Sa théorie, et on va bien souligner que c'est sa théorie, c'est que la politique moderne ne souffrirait pas d'incompétence, mais d'une logique qu'elle qualifie de perverse.
- Speaker #1
Et de parfaitement calculée.
- Speaker #0
Exactement. Donc notre but ici, ce n'est pas de valider ou d'invalider cette thèse, mais de la décortiquer. Comprendre sa construction, ses arguments, les mécanismes qu'elle décrit.
- Speaker #1
Tout à fait. Et le point de départ de son analyse, c'est de renverser complètement la perspective habituelle. On se plaint tout le temps que les problèmes ne sont pas résolus.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
L'hypothèse de Saint-Michel, c'est que ce n'est pas un échec, c'est une réussite. La stratégie, ce ne serait plus de résoudre les problèmes pour le bien commun. Mais au contraire, de les créer ou de les entretenir, de les instrumentaliser pour orienter la société vers des objectifs qui ne sont, eux, jamais clairement annoncés. C'est ce qu'elle appelle la gouvernance perverse.
- Speaker #0
Ok, on va décortiquer ça. Une gouvernance qui utiliserait les problèmes comme carburant, en somme. Et ce qui est frappant dans cette analyse, c'est qu'elle ne limite pas ça à la sphère politique.
- Speaker #1
Non, pas du tout.
- Speaker #0
Elle parle d'une sorte de contagion, comme si ce mode de fonctionnement s'était infiltré un peu partout. C'est un concept central de sa pensée, oui. Elle part d'un principe assez simple, la vertu engendre la vertu, mais la perversité aussi, elle engendre la perversité.
- Speaker #1
D'accord. Quand un système au sommet fonctionne sur la base d'objectifs cachés, de doubles discours, de manipulations, cette logique finit par se diffuser dans toutes les strates de la société,
- Speaker #0
les entreprises, les institutions,
- Speaker #1
et même jusqu'aux relations interpersonnelles. L'idée, c'est que ce mode opératoire serait devenu systémique. Et c'est là que ça devient vraiment intéressant. Si on accepte de suivre cette hypothèse, comment est-ce que ça fonctionne en pratique ? C'est quoi l'outil principal de cette gouvernance ? L'analyse de Saint-Michel pointe une chose en particulier, le langage.
- Speaker #0
La manipulation des mots.
- Speaker #1
Absolument. Le langage est présenté comme le champ de bataille numéro 1. L'exemple qu'elle décortique est celui de la loi sur l'aide à mourir.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
A première vue, le terme est impeccable. Il sonne juste, humain, compassionnel. Qui pourrait être contre l'idée d'aider quelqu'un à abréger des souffrances intolérables en fin de vie ?
- Speaker #0
Personne. C'est un concept qui semble recueillir une adhésion quasi universelle.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
C'est vrai. L'emballage est parfait. On imagine une personne en phase terminale qui souffre le martyr et à qui on offre une porte de sortie digne. C'est l'image qui vient immédiatement à l'esprit.
- Speaker #1
Ce qui est fascinant, selon Saint-Michel, c'est justement de gratter cet emballage. Elle explique que si on se penche sur le texte de loi lui-même et sur les débats qui l'ont entouré...
- Speaker #0
Le tableau change.
- Speaker #1
Radicalement. L'analyse met en avant que le projet ne se limite pas à des cas de fin de vie imminente, avec des souffrances inapaisables. Il ouvrirait la possibilité de mettre fin à la vie de personnes dont le pronostic vital n'est pas engagé à court terme. Des gens qui pourraient avoir encore des années à vivre.
- Speaker #0
On utilise un vocabulaire de bienveillance, l'aide, pour un projet qui,
- Speaker #1
selon les corps soignants cités dans la source, va à l'encontre de toute leur éthique professionnelle. Leur éthique, c'est de soigner et d'accompagner la vie jusqu'au bout.
- Speaker #0
Donc en fait, le mot devient une sorte de cheval de Troie. On présente une intention louable pour faire passer une réalité complètement différente. C'est une perversion sémantique totale.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et d'après l'analyse, ce n'est pas un cas isolé. Elle prend un autre exemple, celui de l'escrologie, ce néologisme pour escroquerie écologique.
- Speaker #1
Oui, et là, la manipulation est encore plus subtile. C'est presque à un deuxième niveau. L'auteur raconte alors fait une recherche simple sur Internet pour la définition du mot escrologie.
- Speaker #0
Et être tombé sur termes employés pour définir l'écologie par les gens qui s'y opposent. Et cette définition en elle-même est une manipulation brillante.
- Speaker #1
Ah oui, c'est une manipulation au carré en fait.
- Speaker #0
Parce qu'elle ne définit pas le mot.
- Speaker #1
Non, elle disqualifie ceux qui l'utilisent. Elle dit en substance, si vous utilisez ce mot, vous êtes un anti-écologiste primaire.
- Speaker #0
Précisément. Elle crée un amalgame qui court-circuit toute réflexion. Ça empêche de voir que ceux qui parlent d'escrologie ne critiquent pas forcément la protection de la planète, l'écologie en soi.
- Speaker #1
Non, ils critiquent une certaine politique.
- Speaker #0
Voilà. Une politique qu'ils jugent punitive, idéologique et instrumentalisée. L'exemple des voitures électriques est détaillé dans la source. On nous les présente comme la solution miracle. le progrès absolu pour un avenir propre. Et pourtant, quand on regarde les faits rapportés dans les sources, le tableau est... Loin d'être vert. C'est là que l'analyse de Saint-Michel nous invite à poser la question qu'elle juge essentielle. À qui cela profite-t-il ? Derrière le vernis écologique, l'analyse décrit une réalité plus sombre. L'extraction du lithium et du cobalt qui ravagent des écosystèmes entiers en Afrique ou en Amérique du Sud. La question des batteries.
- Speaker #1
Oui, la question non résolue du recyclage de ces batteries qui sont de véritables bombes chimiques. Et surtout... un agenda géopolitique. La thèse avancée est que cette transition forcée vers l'électrique est en train de saboter l'industrie automobile européenne.
- Speaker #0
Historiquement l'une des meilleures au monde.
- Speaker #1
Au profit quasi-exclusif de la Chine, qui a une avance considérable et contrôle une grande partie des matières premières. Un bienfait écologique apparent servirait en réalité des intérêts économiques et stratégiques qui n'ont rien à voir avec la planète. D'accord. Donc, on a cette première brique, une manipulation du langage. pour masquer les véritables objectifs. Mais ça soulève une question énorme. Si ces manipulations sont parfois si visibles comme pour la voiture électrique, pourquoi est-ce que ça fonctionne à si grande échelle ?
- Speaker #0
Comment se fait-il, comme le demande la source, que beaucoup de gens continuent de croire à la bienveillance fondamentale du pouvoir, même après des décennies de promesses non tenues ?
- Speaker #1
C'est là que l'analyse bascule dans la psychologie des foules. Le premier mécanisme avancé est assez simple à comprendre. C'est le déni.
- Speaker #0
Le déni ?
- Speaker #1
L'idée de Marion Saint-Michel est que l'ampleur de la malveillance qu'elle décrit est si monstrueuse, si contraire à l'idée qu'on se fait d'une société qui cherche notre bien, qu'il est psychologiquement plus confortable de ne pas y croire. C'est un mécanisme de défense.
- Speaker #0
Un fusible psychologique en quelque sorte. C'est plus facile de se dire « ils sont incompétents »
- Speaker #1
que « ils nous veulent du mal » .
- Speaker #0
Voilà. La première hypothèse est frustrante, la seconde est terrifiante. C'est le même réflexe que face à l'annonce d'une maladie grave. Le premier stade, c'est souvent le déni. Non, ce n'est pas possible, les médecins se trompent. Admettre la réalité serait trop douloureux, trop angoissant.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, il est plus simple, pour préserver son équilibre mental, de rejeter l'information. Mais il y a un second mécanisme, beaucoup plus actif et pervers selon l'analyse, la double contrainte.
- Speaker #1
La double contrainte. Qu'on retrouve dans le fameux « en même temps » .
- Speaker #0
Ça sonne très technique, comment ça marche concrètement ?
- Speaker #1
C'est une technique qui consiste à envoyer deux messages contradictoires simultanément qui s'annulent l'un l'autre. L'exemple classique donné en thérapie familiale, c'est celui de la mère qui dit à son fils adolescent « Sors ta muvée mon chéri, c'est ton âge, va voir tes amis. Mais sache que quand tu n'es pas là, tu brises le cœur de ta pauvre mère qui reste seule. »
- Speaker #0
Ah oui, il est coincé. S'il sort, il est un mauvais fils, s'il reste, il désobéit.
- Speaker #1
Exactement. Quoi qu'il fasse, il est en foot. Il n'y a pas de bonne solution.
- Speaker #0
Il est paralysé.
- Speaker #1
Il est paralysé. Et cette paralysie mentale, c'est ce que la double contrainte cherche à obtenir. Appliqué à la politique, le « en même temps permanent » , il faut plus de liberté et plus de contrôle.
- Speaker #0
La rigueur budgétaire et dépenser plus.
- Speaker #1
Ouvrir les frontières et les contrôler, tout ça crée ce que les psychologues appellent une « dissonance cognitive » . Le cerveau, qui est une machine à chercher la logique, est bombardé de paradoxes. Il est face à une porte qu'on lui dit être à la fois ouverte est fermée.
- Speaker #0
Donc, si on suit l'analyse de Saint-Michel, l'objectif n'est pas de convaincre, mais de paralyser l'esprit critique. La confusion n'est pas un effet secondaire malheureux.
- Speaker #1
C'est l'arme principale.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'est exactement la thèse. Face à cette surcharge de contradictions, le cerveau se fatigue. Il renonce à comprendre, il arrête de chercher un sens. Et cette abdication de la pensée critique favorise la soumission.
- Speaker #0
On arrête de réfléchir pour sortir de l'inconfort. Voilà. On obéit à l'injonction du moment. La seule véritable issue, selon l'analyse, c'est de refuser de jouer le jeu, de dire « 1-1, votre question n'a pas de sens, je n'y réponds pas » . D'accord, donc on a la manipulation du langage, la confusion psychologique, mais si on suit cette logique jusqu'au bout, la question qui brûle les lèvres, c'est « pourquoi ? Quel serait l'objectif final d'un tel système selon Samichel ? » . Si les problèmes comme l'immigration ou le chômage ne sont pas réglés depuis 50 ans, c'est peut-être, comme elle le suggère, qu'ils sont le symptôme d'un projet plus vaste.
- Speaker #1
C'est le cœur de sa thèse. Et c'est aussi, évidemment, la partie la plus controversée. Elle relie ses observations à un agenda global qui viserait à terme une forme de gouvernement mondial.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Pour étayer cette lecture, elle fait référence à des auteurs comme le politologue Pierre Hillard ou à des concepts comme le Grand Reset, promu par Klaus Schwab.
- Speaker #0
Le fondateur du Forum économique mondial.
- Speaker #1
C'est ça, qui propose de profiter de la crise du Covid pour repenser les fondations de l'économie mondiale.
- Speaker #0
et Et quel serait le mécanisme de ce projet d'après cette analyse ?
- Speaker #1
Le projet décrit serait de dissoudre les nations, qui sont considérées comme un obstacle. La stratégie passerait par la création de grands blocs continentaux, comme l'Union européenne, qui videraient progressivement les États de leur souveraineté. Et l'étape d'après, ce serait de créer au sein de ces blocs des populations interchangeables, déracinées, sans culture ni histoire commune forte.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
L'idée avancée est qu'une population atomisée, composée d'individus et d'informations, isolés, sans lien solide entre eux et beaucoup plus faciles à gérer et à contrôler qu'un peuple soudé par une histoire et une culture partagée.
- Speaker #0
Et dans ce schéma, les acteurs économiques joueraient un rôle central, peut-être même plus important que les Etats. C'est la conclusion de cette analyse. Elle postule que le pouvoir réel a basculé des Etats vers des entités supranationales et des puissances économiques privées.
- Speaker #1
Les multinationales, les fonds d'investissement, les géants de la tech.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et les décisions politiques majeures, comme la signature de traités, comme le Mercosur. ne servirait plus les intérêts des peuples européens. par exemple les agriculteurs, mais les intérêts de ces grands groupes qui cherchent à abolir les frontières pour maximiser leurs profits.
- Speaker #0
Ce qui signifierait que les dirigeants politiques ne seraient plus choisis pour leur capacité à gérer la cité,
- Speaker #1
mais pour leur loyopée et leur soumission à cet agenda global. Dans cette perspective, leur rôle ne serait plus de résoudre les problèmes concrets des citoyens, mais d'utiliser ces problèmes, le chômage, l'insécurité, la crise climatique, comme des leviers Merci. pour justifier des mesures qui font avancer ce projet plus large. L'incompétence ne serait qu'une façade, en fait.
- Speaker #0
Cachant une grande compétence dans l'accomplissement de cette mission.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Face à ce tableau, qui est, il faut le dire, assez sombre dans la description de Saint-Michel, est-ce qu'elle propose des pistes de sortie, ou c'est un constat d'impuissance ? Que faire concrètement face à un système qui serait si écrasant ?
- Speaker #1
Non, l'analyse ne se termine pas sur une note de désespoir, au contraire. Elle propose plusieurs pistes d'action. qui ont tout en commun de partir de la base, du terrain, du concret.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
La première, c'est de privilégier l'action locale sur des sujets qui impactent directement la vie des gens.
- Speaker #0
Plutôt que de se battre contre des concepts abstraits comme le mondialisme.
- Speaker #1
Exactement. L'exemple cité est la mobilisation citoyenne contre les ZFE, les zones à faible émission.
- Speaker #0
Ah oui, c'est vrai. Selon l'analyse, cette lutte a fonctionné. Elle a fait reculer le gouvernement. Parce qu'elle était ancrée dans le réel. Ce n'était pas un débat idéologique, mais une question très concrète. Est-ce que je vais pouvoir continuer à utiliser ma voiture pour aller travailler et nourrir ma famille ? L'impact était immédiat, tangible. C'est une stratégie de contournement. On ne s'attaque pas au système de front, mais on lutte contre ces applications les plus directes et les plus nuisibles. D'accord, l'action locale. Quelle est la deuxième piste ? La deuxième est d'ordre psychologique. C'est le renforcement moral des populations. L'analyse part du principe que cette gouvernance perverse cherche à nous maintenir dans des émotions négatives. La peur, la colère, la division.
- Speaker #1
La culpabilité, le découragement, c'est ça. La réponse est donc de refuser consciemment de se laisser entraîner sur ce terrain. Cela passe par prendre soin les uns des autres, reconstruire une force psychique collective, arrêter de se juger, de se diviser pour des motifs futiles. C'est un travail de résilience intérieure.
- Speaker #0
Ce qui passe inévitablement par le fait de recréer du lien social, j'imagine.
- Speaker #1
Oui, et la source fait ici une distinction que je trouve très éclairante entre l'ingénierie sociale et l'action sociale.
- Speaker #0
Quelle est la différence ?
- Speaker #1
L'ingénierie sociale, c'est l'approche du pouvoir qu'elle dénonce. Une vision descendante où des experts décident ce qui est bon pour les gens et tentent de les manipuler pour qu'ils aillent dans cette direction, même pour leur bien.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
L'action sociale, c'est l'inverse. C'est créer, à la base, des espaces de liberté. où les gens peuvent se retrouver, échanger, créer des projets ensemble, sans être dirigés ou instrumentalisés.
- Speaker #0
Comme un café associatif, un club de lecture, une amap, des choses très simples en fait.
- Speaker #1
Des choses très simples, mais qui sont des poches de respiration où un lien social authentique peut se retisser, loin de la manipulation.
- Speaker #0
D'accord. Et la dernière piste ?
- Speaker #1
La dernière est plus philosophique. Il s'agit de redécouvrir la vraie nature de la liberté. La source soutient que la liberté n'est pas un dû ou un simple droit, mais quelque chose qui se conquiert et s'entretient par l'exercice de la responsabilité. C'est un retour aux fondamentaux de la pensée classique. La liberté et la responsabilité comme les deux faces d'une même médaille.
- Speaker #0
C'est exactement ça. La thèse est que le système actuel nous infantilise, nous déresponsabilise, pour mieux nous contrôler. La reconquête de notre liberté passerait donc par la reprise en main de responsabilité, d'abord à un niveau très local. Dans sa famille, son casquier, sa commune, voilà. Et ça implique aussi un effort d'éducation, de culture personnelle, relire les classiques, de Montaigne au philosophe grec, pour se reforger une boussole intérieure, un axe humaniste qui permet de ne pas se perdre dans la confusion ambiante. Alors, que retenir de tout ça ? Si on synthétise la thèse de Marion Saint-Michel qu'on a explorée aujourd'hui, on a un pouvoir qui n'agirait pas par incompétence, mais par calcul. Il utiliserait la manipulation du langage et la confusion psychologique pour faire avancer un agenda caché.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et face à cela, les outils de défense ne seraient pas dans une opposition frontale idéologique, mais dans la clarté d'esprit, l'action locale et concrète et la reconstruction d'un lien social authentique.
- Speaker #1
C'est un bon résumé de sa pensée. Et pour finir, on peut laisser l'auditoire avec une pensée qui prolonge cette réflexion.
- Speaker #0
Oui. L'analyse suggère que la liberté s'apprend. et se gagne par l'exercice de la responsabilité. Si c'est le cas, et si la thèse est que le système cherche à nous déresponsabiliser, alors une question se pose. Quelle est la plus petite responsabilité, personnelle ou collective, que l'on pourrait décider de reprendre dès aujourd'hui pour commencer à reconquérir un fragment de sa propre souveraineté ?