- Speaker #0
Bienvenue dans Notre Maison, le podcast qui explore les histoires de couples et de familles qui transforment un lieu en un vrai projet de vie. Je suis Laura pour ce nouvel épisode de notre ciné-documentaire Direction l'Ardèche Méridionale, dans un petit village entouré de collines, de rivières et de vieilles pierres. Ici, Annick et Michel vivent depuis plus de 40 ans dans un mât familial hérité qu'ils ont restauré lentement, patiemment au fil du temps des saisons. et de leur vie de famille. Ensemble, ils ont fait le choix de tout ou presque faire eux-mêmes, les murs, la pierre, les ouvertures, les espaces de vie. Ils ont élevé leurs trois enfants, accueilli des voyageurs du monde entier et transformé ce lieu en un véritable foyer ouvert, vivant, habité. Aujourd'hui, leur maison raconte bien plus qu'une rénovation. Elle raconte un couple, une transmission et une certaine idée de la patience et de l'endurance. Annick, Michel, merci de nous accueillir chez vous. Pour commencer, présentez-vous.
- Speaker #1
Je m'appelle Annick. Je vis à Vaisseau, qui est un petit village en Ardèche, au Méridional. Et j'ai 71, presque 72.
- Speaker #2
Moi, c'est Michel. Je suis le mari d'Annie.
- Speaker #1
Tiens donc.
- Speaker #2
Et moi, j'ai 68, 69 bientôt.
- Speaker #0
Alors, comment est-ce que vous êtes arrivés ici tous les deux ? Cette maison, elle représente quoi au départ ?
- Speaker #1
Alors, nous avons repris un masque familial. On en a hérité et ça fait maintenant 42 ans qu'on y travaille, qu'on le restaure. Sachant bien sûr que ce n'est pas 42 ans d'une traite, ça serait assez bizarre. Mais c'est ce que j'appelle toujours les plans quinquennaux par tranches en fait. En fonction un peu du temps qu'on avait et aussi de la venue des enfants. Et le fait aussi qu'on aime bien faire autre chose que la maison. On aime bien être dehors.
- Speaker #0
42 ans, c'est vraiment énorme. Comment vous fonctionnez ensemble quand il y a autant de travaux, autant de décisions à prendre ?
- Speaker #2
Elle a beaucoup d'idées, de très bonnes idées, mais elle ne se rend peut-être pas toujours compte du travail qu'il faut faire pour arriver au bout. Mais c'est un départ. Après, je pars des fois d'une idée qu'elle a eue et j'essaie de voir si on peut la concrétiser.
- Speaker #1
Alors c'est vrai que je suis moins manuelle que Michel. Michel, en plus, il faut se rendre compte qu'il n'est pas à la retraite et qu'il a toujours beaucoup travaillé. Et ce qui fait qu'il fallait quand même mettre un petit frein. Avec l'âge, on devient plus raisonnable aussi. Et j'ai appris aussi la patience. On ne peut pas tout avoir. Parce qu'en fait, cette maison aussi, on avait très peu de moyens. Et on l'a fait, on va dire, en fonction de nos moyens.
- Speaker #0
Et quand vous êtes arrivé ici la première fois, Michel, quels souvenirs tu en gardes ?
- Speaker #2
Moi, la première fois, je trouvais ça horrible. Ça a été très, très long à l'apprivoiser. Parce qu'il y avait tout un tas de vieilleries. Ne serait-ce que dans les caves, j'ai rempli des... plein de containers de vieilles bouteilles. On ne pouvait même plus passer dans la maison.
- Speaker #1
Mon arrière-grand-mère et sa fille avaient connu la guerre, donc on faisait encore des provisions, des concerts, au cas où, on ne sait jamais.
- Speaker #2
Il a fallu tout vider, tout déménager. Et après, petit à petit, j'ai réussi à l'apprivoiser, cette maison, mais ça a été très long.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui a fait que la maison a fini en quelque sorte, par vous parler ?
- Speaker #2
En y faisant des travaux, en y vivant, en vidant un peu. toutes ces choses petit à petit. Après, on finit par bien la sentir, sentir ce qu'on peut en tirer, qu'est-ce qu'on peut y faire.
- Speaker #0
Annick, tu parles souvent de l'âme de la maison. Qu'est-ce que tu ressens exactement ici ?
- Speaker #1
C'était un ancien moulin et on a des papiers qui remontent à 1529. Je ressentais toutes ces générations qui ont vécu, qui ont transmis cette maison, tous ces paysans qui ont vécu. qui ont beaucoup travaillé, qui ont trimé et qui ont forgé l'âme de la maison, je pense.
- Speaker #2
Moi, je ne ressentais rien du tout. Moi, ce que je me rendais compte, c'était du travail qu'il y avait à faire. Une fois que j'ai commencé, je veux aller jusqu'au bout. C'est ce qui fait qu'on a pu avancer avec peu de moyens.
- Speaker #0
Concrètement, par quoi vous avez commencé quand on reprend une maison comme ça ?
- Speaker #2
La première chose qu'on a fait, c'était les travaux indispensables pour y habiter. Donc le toit, les dalles, le carrelage. Et après, on a, je dirais, amélioré au fur et à mesure la maison qu'on avait conçue de base.
- Speaker #1
Une belle vieille maison, mais qui a été massacrée après la seconde guerre. De la pierre, on est passé au béton. Et toi, du béton, tu as dû repasser à la pierre.
- Speaker #2
On est revenu à la pierre.
- Speaker #0
Michel, on sent que le geste est très important pour toi. Qu'est-ce que tu aimes dans le fait de faire toi-même ?
- Speaker #2
Monter des pierres, faire des murs, c'est quelque chose que j'adore. Mais qu'il soit le plus logique et le plus beau possible.
- Speaker #1
de l'alloy déjà, que je n'ai pas du tout, petit côté artiste. Même si ça ne te plaît pas du tout quand on dit ça.
- Speaker #0
Cette maison, vous avez aussi choisi de l'agrandir en construisant un gîte pour en faire une maison d'hôte. Pourquoi c'était important pour vous ?
- Speaker #1
Alors en fait, depuis longtemps, j'ai toujours eu cette idée d'ouvrir un gîte, mais c'est un peu pareil pour la maison. J'aime bien, il faut aimer les gens. Ce n'est pas juste un gîte où on a une boîte à clés ou je ne sais pas, ou alors on donne les clés et puis... Écoutez, bienvenue et au revoir. On va toujours dire qu'on est des affreux, mais... Des affreux, comment on pourrait dire ? Comment on pourrait trouver... Mauvais gestionnaire. Mauvais gestionnaire, de mauvais comptable.
- Speaker #2
On s'est fait plaisir sur la conception, la construction et Manique sur l'accueil des gens.
- Speaker #0
Vous avez trois enfants, trois fils. En quoi cette maison a joué un rôle pour votre famille ?
- Speaker #1
Changer la vie, c'est un grand mot, mais... C'est quand même notre point de ralliement avec les enfants. Oui, c'est le cœur battant de notre vie, quand même, cette maison.
- Speaker #0
Et l'Ardèche, dans tout ça, qu'est-ce qu'elle vous apporte au quotidien ?
- Speaker #2
La randonnée ici, en Ardèche, ça permet… Même si on connaît l'Ardèche, on ne connaît jamais tout. On découvre toujours un village, un mot, un endroit qu'on n'était jamais passé. qui finalement sont très beaux, très diversifiés en Ardèche. Et puis, il faut un peu se bouger les fesses.
- Speaker #0
Alors, avec le recul, plus de 40 ans de travaux, qu'est-ce que cette maison vous a appris ?
- Speaker #2
Déjà, c'est la patience.
- Speaker #1
Patience et longueur de temps, lâcher prise.
- Speaker #0
J'ai très envie de vous demander, est-ce que vous êtes heureux dans cette maison ?
- Speaker #2
Oui, très heureux.
- Speaker #1
Oui, franchement, je suis très heureuse. Aucun regret, remords. Longo mai, on dit en occitan. Ça veut dire longo mai en occitan, que ça dure ainsi longtemps.
- Speaker #0
Que ça dure longtemps. Merci beaucoup, Annick et Michel. Vous nous rappelez qu'une maison, ça ne se construit pas uniquement avec des matériaux, mais avec du temps, des compromis, des projets et surtout beaucoup de patience. Le mât est devenu un lieu de passage, de transmission, de souvenir, un lieu qui continue de vivre, d'évoluer et de rassembler. Alors, pour découvrir cette maison ardéchoise exceptionnelle, voir les travaux, les détails de la pierre, Les espaces de vie et l'univers qu'Anik et Michel ont façonné pendant plus de 40 ans. Le documentaire est disponible sur la chaîne YouTube de Zéphyr. Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Notre Maison. Je vous dis à très vite pour une nouvelle histoire de lieu et de changement de vie.