- Speaker #0
Bonjour, c'est le Dr Aurélie Gimbert et pour une fois c'est moi qui vais interviewer. Je suis avec Pérrine qui est une des orthoptistes du cabinet et qui va se faire opérer de chirurgie réperctive la semaine prochaine. Alors Pérrine, est-ce que tu pourrais te présenter un petit peu aux gens qui nous écoutent ?
- Speaker #1
Oui, alors je suis Pérrine, j'ai 28 ans, je travaille en tant qu'orthoptiste au cabinet avec le Dr Aurélie Gimbert justement.
- Speaker #0
À partir de quand tu as commencé à porter des lunettes ? Est-ce que tu te souviens ?
- Speaker #1
Oui. Alors, c'était entre 4 et 5 ans, je crois. C'était mes toutes premières lunettes. Une très légère correction. Et après, c'était directement de la myopie. Elle a continué d'évoluer jusqu'à à peu près mes 20 ans. Et ensuite, elle s'est un petit peu plus stabilisée à ce moment-là.
- Speaker #0
D'accord. Et est-ce que tu sais à combien de myopie tu es actuellement ?
- Speaker #1
Je suis entre moins 3,50 et moins 4, à peu près. L'œil droit un tout petit peu moins de myopie que l'autre.
- Speaker #0
Donc, pour que les gens puissent imaginer, qu'est-ce que tu peux faire sans lunettes ?
- Speaker #1
Ben, pas grand-chose.
- Speaker #0
Parce qu'à moins 4, on est quand même très vite handicapé. Tu les mets tout le temps ?
- Speaker #1
Ouais, tout le temps, tout le temps. Je ne peux pas me passer de mes lunettes. Il n'y a aucune activité qui est faisable avec un moins 4 à part rester chez moi dans l'environnement que je connais.
- Speaker #0
Et lire, si tu veux que lire.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Et du coup, est-ce que tu portes des lentilles parfois ?
- Speaker #1
Pas trop, j'ai toujours eu l'habitude de porter des lunettes donc c'est vrai que rien que visuellement parlant j'aime le fait de porter des lunettes donc c'est l'habitude. Et puis voilà, juste des journalières de temps en temps en été pour éviter de mettre des lunettes de soleil.
- Speaker #0
Et je sais que tu es très sportive, comment tu fais pour le sport justement ?
- Speaker #1
Bah justement c'est un petit peu compliqué, je mets parfois des lentilles journalières ou alors je mets des lunettes de sport qui sont assez légères. Donc voilà, il faut toujours quand même s'adapter, même si ce n'est pas non plus une grosse contrainte, c'est tout le temps une adaptation, une réflexion à faire.
- Speaker #0
D'accord. Je sais que pour toi, les lunettes, c'est vraiment un accessoire de mode et que tu t'aimes avec les lunettes. Qu'est-ce qui t'a motivée à passer le cap ?
- Speaker #1
C'est un petit projet personnel particulier, enfin un grand projet. Je pars en voyage en Asie pendant plusieurs mois, une année quasiment. Donc voilà, c'était surtout pour la praticité. Je vais être beaucoup dans l'eau, je fais un peu de surf, du snorkeling. des choses comme ça et au final je vais tout le temps à droite à gauche, je me dis que ça fait beaucoup d'organisation d'emmener des paires de lunettes de rechange, d'emmener des lentilles moi je porte surtout des journalières donc au final si je dois partir avec 365 paires ça prend de la place dans le sac à dos oui mais à l'étranger c'est pas forcément aussi pratique de se les procurer en plus je sais pas trop comment c'est le système Optalmo là-bas donc je me dis si ça se passe je vais pas refaire mes lunettes ou refaire des lentilles si j'ai... Si j'ai un souci ou même des fois, on ne sait jamais ce qui peut se passer avec une lentille, si on a une petite infection ou quoi. Donc voilà, un petit peu stressant de partir avec tout ça.
- Speaker #0
Ok. Et donc du coup, toi, tu as la particularité de bien savoir comment se passe la chirurgie. Donc tu es même allée voir au bloc opératoire.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'était un petit peu le stress au final d'en savoir peut-être un peu trop. Parce que du coup, je connais toutes les étapes, je sais exactement comment ça se passe, qu'est-ce qu'il faut faire, qu'est-ce qu'il ne faut pas faire. Donc, c'était un petit peu le stress de justement de me dire que j'allais savoir exactement qu'est-ce que tu allais être en train de faire. Oui, au moment où on le fait. Mais à la fois, justement, d'en savoir beaucoup. Je sais aussi les risques, ce que je dois faire en post-opératoire correctement, pas correctement. Donc, c'est à la fois un avantage et un inconvénient. J'ai l'impression d'en savoir un peu beaucoup.
- Speaker #0
Oui. Et d'ailleurs, on a certains patients qui nous demandent de surtout pas leur en dire trop. notamment les jeunes patients qui ont tendance à faire des malaises vagales, rien que de leur expliquer, des fois rien que de l'imaginer, ils pensent qu'ils peuvent tomber dans les pommes. Donc toi, par rapport aux étapes de la chirurgie justement, quelle est celle que tu appréhendes le plus a priori ?
- Speaker #1
Alors, de prime abord, j'aurais pensé que c'est le moment, du coup je vais avoir un masique, c'est le moment du capot, quand on le soulève, de savoir que tu es en train de... faire quelque chose dans mon oeil, de trouver quelque chose, ça me stressait un petit peu ce moment-là. Mais au final, en retournant au bloc opératoire et en voyant, revoyant les étapes avec les yeux de quelqu'un qui va se faire opérer, au final, c'était plutôt le laser qui vient faire la succion pour la découpe du capot. Je me suis dit, oulala, ça, je ne vais pas forcément aimer le moment, mais à la fois, ça ne m'a pas non plus plus stressée que ça parce que je voyais que les patients, au final, même s'ils étaient stressés ou qu'ils bougeaient un tout petit peu, à chaque fois ça se passe bien. C'est pas vraiment un stress, c'est une petite appréhension de me dire qu'on va quand même être dans mon oeil et en train de faire des choses, mais à la fois pas stressée non plus.
- Speaker #0
On n'est pas complètement dans l'oeil non plus. C'est super difficile, mais je comprends.
- Speaker #1
Dans l'oeil dans le sens, le laser qui vient toucher, se poser sur l'oeil. C'est plutôt ça en fait. Le laser qui est à distance ensuite qui fait le traitement réfractif, j'ai l'impression que ça me stressera un petit peu moins comme il est à distance. C'est sûr qu'il faut pas bouger mais ça touche pas. Donc c'est vraiment le fait de toucher au final que j'apprends un peu plus.
- Speaker #0
Alors tu sais que c'est anesthésié ? Tu as vu faire, tu sais comment on anesthésie ?
- Speaker #1
Oui avec les gouttes, les gouttes qui anesthésient juste la sensation sur la cornée. En soi c'est pas vraiment le fait d'avoir mal ou quoi que ce soit, c'est vraiment le fait que ça m'appuie sur l'oeil, c'est juste ça mais... Encore une fois, je ne suis pas en angoisse totale. C'est une appréhension.
- Speaker #0
Et tu vas prendre quelque chose du coup, un petit cachet pour te détendre avant ?
- Speaker #1
Oui, je pense. Même si je ne suis pas stressée là tout de suite, je sais qu'au moment de rentrer dans le bloc, on se rend compte que là, ça va arriver tout de suite, qu'il ne va pas falloir bouger. Ça peut augmenter, je pense, un petit peu le rythme cardiaque. Donc, un petit tranquilisant juste, histoire d'être un peu plus à l'aise.
- Speaker #0
Effectivement, en principe, on conseille de prendre, pas forcément systématiquement dans mon cas, mais si les patients sont un peu stressés, Une heure avant, le fait de prendre un comprimé, souvent, on n'a pas l'impression que ça fait quelque chose. On arrive au bloc, on n'est pas endormi, ni rien. Par contre, sur les effets somatiques du stress, clairement, le cœur bat moins vite, on a moins de risque de faire un malaise. Donc, c'est toujours une bonne idée. D'ailleurs, ça pourrait en parler à son chirurgien, effectivement, si on se sent naturellement un peu stressé. Pérrine, juste pour finir, comment tu envisages la journée ? Est-ce que tu vas bosser le jour même ? Comment tu t'es organisée ?
- Speaker #1
Eh bien, oui, la journée normale, au final. Je vais aller au travail. toute la matinée, le début d'après-midi. Je passe en dernier, je crois, sur le bloc opératoire, donc ça doit être vers 16h à peu près. Après, une petite sieste, je suppose, puisque apparemment, ça peut brûler un petit peu les premières heures. Donc au final, l'idéal, c'est de garder les yeux fermés, donc moi, une sieste, ça me va bien. Et puis après, je vais au travail normalement le lendemain, donc théoriquement, ça devrait très bien se passer quand je vois tous les autres postes opératoires en consultation. Le reste du temps, je vois qu'ils arrivent tout à fait normalement, des fois même pas avec leurs lunettes de soleil. Donc, je me dis que ça n'a pas l'air si horrible que ça.
- Speaker #0
Ah non, et puis, il n'y a pas moyen que ce soit toi la seule patiente qui nous fait une complication.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Bon, en tout cas, merci beaucoup, Pérrine. Et ce qu'on fera, c'est qu'on fera une nouvelle petite interview après la chirurgie. Comme ça, on verra si finalement, quel est ton ressenti. Parce que ce qui est le plus rassurant, c'est vraiment d'avoir la vision des patients. Et puis, de voir finalement ce que tu craignais au départ.
- Speaker #1
et ce qui a été le plus compliqué à vivre sur le coup ou pas parce qu'il y aura des petites surprises ce ne sera peut-être pas ce moment-là que je vais plus détester mais bon ça passe vite de toute façon voilà Eva je te remercie pas de soucis on fera le petit update la semaine prochaine parce que c'est bientôt exactement