- Speaker #0
C'est quand même terrible d'avoir toute cette colère, c'est qui qui est dans ton ventre ? T'as un Ouistiti dans ton ventre ? Et alors je lui dis mais c'est qui le chef au fond ? Il dit c'est moi le chef.
- Speaker #1
Ma mère, elle était beaucoup plus à l'ancienne. À un moment c'était avec la main, et puis la main ça n'allait plus, et puis c'était la chaussure, et puis la chaussure ça n'allait plus, et puis c'était le balai.
- Speaker #2
Donc moi qui pleurais toute la nuit apparemment, donc on me mettait dans la pièce la plus éloignée de leur chambre,
- Speaker #3
à savoir la cuisine, et on me laissait pleurer.
- Speaker #1
Je trouve que c'est très important pour avoir aussi une légitimité. Des trucs punis avec eux.
- Speaker #3
Une fois, ils m'avaient menacée de douche froide. J'ai été me mettre toute nue dans le bain. Et j'ai dit, c'est bon, je suis prête. Nuances, un espace de réflexion au micro Eléonore Altenloh. La parentalité suite et fin de la partie 2, la discussion. On va faire un petit jeu. Je vais vous donner des ardoises. Le jeu, c'est un j'ai déjà. Donc, si on a déjà, on met oui. Et si on n'a jamais, on montre le jamais. J'ai déjà cédé juste pour avoir la paix. Ah non, Ruben, jamais ?
- Speaker #1
Non, non. Ma femme me dit, vous faites le combat de coq. Intraitable. On va jusqu'au bout, zéro.
- Speaker #3
Et donc, Chloé et Isabelle, oui.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #3
Je me suis déjà sentie jugée sur ma façon d'éduquer. Tous, oui. Est-ce que vous vous êtes sentie jugée parce qu'on vous l'a dit ? clairement ou parce que vous l'avez ressenti d'une autre manière ?
- Speaker #2
Les deux.
- Speaker #0
Moi, les deux, mais ça a été dit clairement. Mes post-partum n'étaient pas du tout d'accord et mes parents non plus, d'ailleurs. Mes frères et sœurs. J'ai eu beaucoup de...
- Speaker #2
On parlait du cododo, mais c'est clair, l'allaitement, tellement de choses. La crèche, le fait que je ne choisisse pas la crèche.
- Speaker #3
Et alors, au-delà du « j'aurais pas fait comme ça » , il y en a qui disent « ah non, ne fais pas comme ça, c'est pas bien » .
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Quand c'est pour la vie des autres, les gens ont toujours quelque chose à dire.
- Speaker #2
C'est clair, surtout pour les enfants. Surtout pour les enfants. On s'autorise tellement à dire pour des enfants. J'avais eu, je fais une petite parenthèse, mais une copine qui m'avait dit, tu verras quand ton enfant sera né, tout le monde s'autorisera à dire quelque chose sur lui. Et on promenait son enfant en poussette. Et puis là, je ne sais pas, je pense qu'on était en hiver, il faisait un peu froid, elle n'avait pas un bonnet ou je n'en sais rien. Et la petite, on lui a dit, non mais cet enfant sans bonnet. À ce moment-là, on le dit. Absolument pas sollicité, absolument pas. Si ça avait été un adulte, personne n'aurait rien dit. Mais sur un enfant, tout le monde dit, et c'est fou. Avec les enfants, tout le monde se permet.
- Speaker #0
Après, si la vie de l'enfant est en danger, vraiment, et qu'on n'est pas conscient, je trouve ça important. Parce qu'il y a des mamans qui sont en dépression post-partum vraiment très grave et qui ne sont pas conscientes, ou des papas qui font des choses... Je vois des enfants pas attachés, des trucs comme ça. Je pense qu'il faut raison garder. Mais le nombre de fois, oui, effectivement. C'est fou.
- Speaker #3
J'ai déjà reproduit un comportement de mes parents que je détestais. Oui, tous.
- Speaker #0
Je vais avoir oui à tout.
- Speaker #3
J'ai déjà fait semblant d'avoir tout sous contrôle. Tous, oui. J'ai déjà comparé mon enfant à un autre. Oui, pour Chloé et Isabelle.
- Speaker #1
À quel niveau ? À tous les niveaux ?
- Speaker #3
Oui. Donc oui pour tout le monde. J'ai déjà culpabilisé de prendre du temps pour moi. Oui pour Chloé et Isabelle et non pour Ruben. J'ai déjà menti sur un sujet difficile pour le protéger ou cacher des choses à mon enfant.
- Speaker #2
Moi, il est petit.
- Speaker #3
Donc Chloé, non. Et les deux autres, oui.
- Speaker #1
Cacher, oui. Puisque les bonbons ont des bêtises, on ne va pas les donner. Mais mentir sur des sujets, je trouve une interloupe. J'ai du mal avec les mensonges. Je trouve que c'est... On se fait pour s'épargner soi-même, c'est très égoïste.
- Speaker #3
Oui. J'ai déjà regretté une réaction à chaud. Oui, pour tous. Alors ensuite, moi, j'aimerais passer au sujet de la transmission. On en a pas mal parlé. Ce qu'on a récupéré comme bagage de nos propres parents et ce qu'on reproduit parfois ou qu'on essaye de ne pas reproduire. Moi, mon instinct premier par rapport à ça, c'est de me dire je suis tout à fait consciente que mes parents n'ont pas fait les choses parfaitement, à plein d'égards, mais je n'aurais pas... pas voulu que ça se fasse autrement parce que je ne serais pas la personne que je suis aujourd'hui. Et du coup, je me demande plus tard si je suis mère. Voilà, évidemment, je voudrais faire les choses parfaitement, mais en même temps, je voudrais que mon enfant se construise de manière Nuances, avec beaucoup de relief. Et pour ça, il faut que je fasse des erreurs. De toute façon, j'en ferai. Mais du coup, c'est un peu toute cette question par rapport à ce qu'on a vu de nos... parents. Tu parlais tout à l'heure, Isabelle, de leur pardonner. Et puis tu as dit, en fait, je suis personne pour les pardonner, mais en tout cas, c'est comme si tu ne leur en voulais pas. Et du coup, maintenant que vous êtes parents tous les trois, est-ce que par rapport à ça, il y a des choses aussi où vous vous demandez comment est-ce que mon enfant va prendre ça ? Est-ce qu'il y a certaines choses qui sont remises en perspective aussi ? En étant passé de je suis enfant à maintenant je suis toujours enfant de quelqu'un, mais je suis aussi parent de quelqu'un. Ça remet les choses en relief aussi, et je suppose que ça doit remettre aussi pas mal en perspective la manière dont on voyait nos parents. Et peut-être à certains niveaux, on se disait, mais oh non, je ne comprends pas du tout pourquoi tu fais ça. Et puis après coup, on se dit, ah tiens, maintenant que je le vis dans ce sens-là, je le comprends mieux. C'est quelque chose que vous avez expérimenté, vous ?
- Speaker #1
Je pense que oui. Oui, j'ai pris la parole.
- Speaker #3
Non alors je sais pas si t'as des exemples précis ou si quelle est ta relation avec tes parents par rapport à ça est-ce qu'il y a des choses où tu vois de temps en temps on peut se dire même on vient s'excuser auprès de ses parents d'avoir vu les choses différemment ou j'en sais rien, est-ce que t'as des choses à raconter par rapport à ça ?
- Speaker #1
Moi à 18 ans j'ai quitté la maison, j'en avais marre je savais pas vivre avec eux donc je suis venu en Belgique Merci. J'en ai voulu très longtemps parce que j'ai toujours eu la sensation de ne pas être à la hauteur. En tout cas que ma mère, c'est quelqu'un d'être très fier, avec un grand orgueil, qui vit beaucoup sur les apparences, très ancienne école. Et mon père, c'est quelqu'un de complètement l'opposé, donc très calme, très zen, terre à terre, qui fait et qui écoute. Et aujourd'hui, je suis vraiment très reconnaissant parce que, instinctif, je vais me tourner vers ma mère. J'ai ce côté orgueil et égo qui est très présent et c'est un combat de tous les jours. Mais consciemment, je me tourne vers mon père. Donc, ça crée un peu ce chouette jeu qui dit, OK, là, je perds un peu le contrôle. Et donc, si je me rends compte que je ne suis ni trop là, ni trop là, c'est que ça va. Donc, je ne veux pas trop. Et donc, ça, ça m'aide beaucoup.
- Speaker #3
Ça te sert un peu de jauge.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, la façon dans laquelle ils m'ont éduqué, je pense qu'ils ont fait du mieux qu'ils ont pu, je ne l'en reviens pas du tout. Je donne grâce parce qu'ils m'ont mis dans une école militaire, c'était mes Rwanda qui m'ont élevé, et en fait, c'est grâce à ça que j'ai su avoir la force et le caractère que j'ai aujourd'hui, qui me permet de faire ce que j'ai à faire. Mais dans leur méthode, il y a des choses qu'instinctivement, j'ai reproduites, et que maintenant, je me dis, OK, ben là, encore une fois, la petite jauge, de ne pas être... polaire d'être au juste milieu. Et j'ai souvent la discussion avec eux. Je comprends pourquoi ma mère a fait ce qu'elle a fait. Je comprends aussi beaucoup mieux la relation entre mon père et ma mère. Enfin non. Je comprends ici, mais je comprends pas ici. Mais je comprends. Ça a du sens. Et donc ça me permet d'accepter, ça me donne un exemple de ce que je peux ou pas faire. C'est une grâce en fait qu'on a d'avoir surtout deux parents qui sont là. Il n'y a pas tout le monde qui... et de pouvoir prendre ça comme exemple, pas à suivre, mais en moins d'un point de repérage après à faire ce qu'on veut avec.
- Speaker #3
Il y a des choses que tu fais complètement différemment de tes parents ?
- Speaker #1
Oui, contrairement à ce que ça peut paraître, je suis beaucoup plus émotionnellement attaché à mes enfants. Je suis assez sévère quand il faut, mais je suis là avec eux, et quand ils souffrent, je souffre avec eux. Je me mets à leur niveau, et tu as mal, on a mal. Il y a un peu un partage qui se fait. Il faut suivre les règles, ça c'est clair. Tandis que ma mère, elle était beaucoup plus à l'ancienne. Et donc, t'as pas mal, viens. En fait, c'était mignon parce qu'à un moment, c'était avec la main. Et puis la main, ça n'allait plus. Puis c'était la chaussure. Et puis la chaussure, ça n'allait plus. Et puis c'était le balai. Et donc, ça a été crescendo. Alors, c'était pas chouette, forcément. Mais je suis vraiment très content de l'avoir eu. Parce que du coup, je sais ce que c'est. Et je sais l'effet que ça a eu sur moi. Et maintenant, je contrebalance, en fait. Je suis beaucoup plus ouvert aux émotions des enfants. J'accepte d'abord l'émotion et puis je rebondis dessus. Donc ça crée un peu une vague harmonieuse. Et pas un « j'ai ça » . c'est pas bon, on va dans ton coin, ça crée un effet autoritaire que j'estime que, pour la partie émotionnelle, c'est pas la bonne chose. D'un point de vue discipline, il est nécessaire. Peut-être mon expérience de l'armée a fait ça, je sais pas. Mais d'un point de vue émotionnel, c'est important d'ouvrir son cœur avec et se rendre compte qu'en fait, des fois, on a tort, et c'est ok. Justement, de leur dire... Souvent, j'ai eu cette discussion avec, il a fait quelque chose, il a été puni, peu importe, on le retire son jouet, peu importe ce qui a été fait, et puis... On sent qu'il n'est pas bien. Et puis, je vais le voir. OK, qu'est-ce qui s'est passé ? Il me dit oui, mais en fait, je voulais dire ça, Je dis ah, en fait, tu avais raison. OK, tiens, c'est ma faute. J'ai mal compris. Je l'ai perçu autrement. Je pense qu'ils ont 6, 7 ans et commencent à comprendre qu'on peut avoir ce genre d'échange.
- Speaker #3
Oui, oui. Et puis, je pense que chaque comportement doit être aussi adapté à la personne qu'on a en face de soi. Moi, ça me fait penser, quand j'étais petite, la grande punition de mon père, c'était la douche froide. Oh, il avait d'autres punitions comme aller manger dans la cave avec les araignées ou ce genre de choses. Moi, j'avais un tempérament assez provocateur. Et alors, une fois, il m'avait menacé de douche froide. J'ai été me mettre toute nue dans le bain et j'ai dit c'est bon, je suis prête. Et puis il arrive, il me dit qu'est-ce que tu fais ? Et je dis, ben, tu voulais me mettre une douche froide, non ? Et puis du coup, j'avais vraiment ce tempérament provocateur. Et après ce moment-là, il s'est rendu compte que la douche froide, ça n'allait plus fonctionner avec moi.
- Speaker #2
Et c'est ça presque même un peu le truc, là on en rigole, mais je me dis moi jamais de la vie je pourrais faire une douche froide à Jude. Moi c'est vrai que c'est des trucs, je suis sensible à ça maintenant parce que je trouve en fait c'est... Autant quand tu me parles, quand tu me dis que ta mère elle te battait avec un bâton, moi je trouve ça dur à entendre en fait. Et la douche froide aussi ! Et en plus, c'est le grand-père de Jude, donc il ne faudra pas qu'il s'avise de faire ça à mon petit garçon.
- Speaker #3
Je crois qu'on est complètement différents aussi avec ces petits-enfants qu'avec ces enfants. Oui, totalement.
- Speaker #2
Mais ce que j'entends ici, c'est que ça va vite crescendo, qu'un truc ne suffit plus et que dans ces punitions-là, on va toujours un peu plus loin. Tu disais la main, puis le truc, et puis toi, c'était le... Et en fait, d'extérieur comme ça, j'ai le sentiment que ça ne fonctionne pas, du coup. Que si on doit toujours aller plus loin, c'est que ça ne prouve pas...
- Speaker #3
qu'il n'y a pas un effet d'efficacité sinon on ne devrait pas sans cesse aller plus loin alors plus loin là dans mon cas je n'ai pas du tout été dans une famille particulièrement violente ou quoi à partir du moment on a vu que la douche froide ça ne fonctionnait pas, il n'y a plus rien eu et donc là c'est au lieu de prendre ça comme ça ne fonctionne plus, il faut que j'aille encore crescendo on change de méthode et peut-être que Merci. Voilà, là, peut-être qu'on intègre le dialogue, le pourquoi est-ce que tu fais ça, le questionnement et tout ça.
- Speaker #1
Je voudrais juste rajouter quelque chose, moi je l'applique et je trouve que c'est important, c'est que quand tu pars sur une démarche de punition avec ton enfant, je trouve que c'est très important pour avoir aussi une légitimité d'être puni avec eux. Je donne un exemple, quand il y a une émotion X ou une situation X, en fait on On va dehors, on va par exemple faire des pompes. Ou on se met, on squatte. C'est quelque chose de physique, pas agressif, mais qui fait un peu mal. J'ai eu un exemple précis, c'est qu'il était en crise de colère. Il arrivait, il était vraiment insupportable. Et donc je dis OK, très bien. Et je suis de tempérament très calme. Donc dès qu'il s'énerve, il y a quelqu'un qui crie. Moi, je réponds toujours avec la même tonalité. Souvent déjà, ça aide. Mais là, ça ne fonctionnait plus. Donc je dis OK, viens, on va dehors. Il est un peu perturbé, qu'est-ce qui se passe ? Donc on est allé dehors, on s'est mis, dire ok, on va se mettre en position de pompe ou on va faire des exercices et tu vas un peu, en fait, l'obligé était vraiment que de sortir cette colère qu'il avait en lui. C'était pas chouette parce que du coup il pleure, il y a un peu ça qui s'installe, mais je fais ça avec lui. Je trouve que c'est important en tout cas pour moi qu'il sente pas ce lien de supériorité et que moi je suis là et je le dis fait. Et qui disent, ok, j'ai fait une bêtise, mais toi aussi tu souffres, parce qu'en fait, si moi j'ai fait une bêtise, en partie c'est aussi ma faute, parce que j'ai fait un problème quelque part, donc voilà, une remise en question d'Eric. Donc on souffre au même temps. Si on punit pour la télé, nous aussi on n'a pas de télé. Si on punit pour, il n'y a pas de bonbons, mais nous aussi on n'en a pas. Et il faut qu'ils le voient, il faut qu'ils se disent, ok, il est avec nous. Pour moi, ça c'est quelque chose que je tiens. très fort à l'appliquer.
- Speaker #2
J'aime bien, j'aime beaucoup. Je n'appellerais même pas que c'est une punition. Tu sors avec ton fils pour faire des pompes avec lui. J'ai même le sentiment que tu l'aides. C'est comme si tu lui donnais un outil de régulation de système nerveux, presque. C'est dur.
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #2
tu vas fort, quoi, en mode... Non,
- Speaker #1
en fait, il faut qu'il aille au-delà de ce qu'il pensait qui était possible. Qu'il sente vraiment qu'il n'arrive plus, qu'il est fatigué, qu'il tremble. C'est cet effet-là qui est ça, au final.
- Speaker #2
Oui, tu décharges.
- Speaker #3
Ça reste quand même une régulation du système nerveux. C'est très archaïque.
- Speaker #2
c'est vraiment le cerveau reptilien quand tu dis le tremblement le shake c'est une forme de ton corps décharge comme tu dis ça sort j'aime assez bien ça je ferais peut-être des petites pompes avec Jude de faire ça,
- Speaker #1
courir de donner un poil nous on avait ça beaucoup de les mettre comme ça et mettre des bouquins dessus et qu'ils doivent tenir un peu de changer le... vers son corps et pas ici.
- Speaker #2
Et tu le fais avec eux, quoi.
- Speaker #1
Bien sûr. Parce que ça fait toute la différence.
- Speaker #2
Effectivement, ce truc de subordination, c'est un peu dur.
- Speaker #1
Je l'ai vécu très mal d'avoir quelqu'un qui me demandait de le faire et qu'il était là. Et qui regarde,
- Speaker #2
en fait.
- Speaker #3
Et du coup, pour vous, par rapport à cette question de transmission, d'avoir vu ses parents faire d'une certaine manière, de reproduire ou pas ?
- Speaker #0
Mais en fait... Quand tu racontes ça, ça me fait réfléchir. Mon papa, il était médecin militaire, il était directeur de plusieurs hôpitaux et il avait des miliciens à l'époque, c'était des gars qui étaient obligés de faire leur service, qui détestaient ça et donc c'était parfois très compliqué. Et quand il faisait vraiment des grosses conneries, il leur disait « Ok, viens t'asseoir avec moi dans le bureau et dis-moi quelle va être ta punition. » Et c'était en fait celui qui avait fait quelque chose de mal qui devait dire « Ce sera deux jours d'arrêt. » Alors mon père disait « Non, ça c'est un peu sévère et je pense que ça ne va pas te faire comprendre. » Je pense que tu vas plutôt aller faire une courvée patate. Qu'est-ce que tu en penses ? » Et donc, il négociait la punition pour que ça soit désagréable, mais que ça ait du sens. Et donc, finalement, je me dis que c'était très pédagogique. Je n'ai pas l'impression qu'on a bénéficié de toute cette pédagogie, nous les cinq, mais mes parents, ils parlaient peu, et certainement pas des émotions. Et donc, je voudrais... Ma maman, elle est décédée depuis 30 ans, mais je voudrais tellement avoir cinq minutes avec elle pour lui dire à quel point je l'aime et que je suis... Désolée de lui en avoir fait voir des vertes et des pas mûres, parce que je pense qu'elle ne savait pas le faire autrement. Elle-même venait d'une histoire avec une mère qui avait perdu sa maman très jeune et qui était très sèche, qui n'était pas démonstrative. Et moi, je suis tout le contraire. Ma petite sœur et moi, on est hyper tactiles, même dans mon métier. Je touche beaucoup les gens. Je le fais avec le plus de respect possible. Donc, on a pris le contre-pied. Et mon mari, il vient d'une histoire aussi où on ne parle pas de ses émotions. Il se racontait des horreurs et le lendemain, il faisait semblant qu'il n'y était rien passé. Et donc, moi, j'ai beaucoup combattu ça. J'ai beaucoup voulu que mes enfants apprennent à dire où ils en étaient, leurs émotions, s'ils étaient fâchés, tristes. D'ailleurs, j'avais des roues des émotions à disposition, chipotées avec les couleurs. Mais mes belles-filles me disent que Pas mes fils sont quand même loin d'être des exemples de communication quand ça ne va pas. Et donc, en fait... Ce qui me réjouit, c'est que tous les quatre font un travail thérapeutique. Ils vont travailler sur eux, soit parce qu'il y a des problèmes de couple, soit parce que ça donne effectivement à un moment dans la vie l'idée que c'est plus général et qu'il faut aller plus loin. Donc ça, je pense qu'on a fait mieux. Alors il faut aussi accepter l'idée, parce que je vous écoutais tous les deux, et puis je me dis, mais au fond, ils tiennent de moi, mais ils tiennent de leur père aussi. Enguerran, il est devenu vétérinaire comme son papa, mais maintenant à 35 ans, il me dit, je crois que je n'aime pas ce métier-là en fait. Et je lui dis, écoute, moi je te voyais comme avocat ou comme journaliste, tu as choisi vétérinaire, il va falloir que tu assumes de changer ou de rester dans ce truc et de te l'approprier. Et Aymerick Ysaline, c'est des féroces hommes et femmes d'affaires alors que moi, je ne sais pas, je n'ai rien budget. Et finalement, Aliénor qui physiquement ne me ressemble pas est celle qui me ressemble le plus. Et donc... En fait, chacun des quatre, c'est développer une personnalité comme ça. Je pense que les quatre piliers que je leur proposais et que je propose à mes patients en thérapie aussi, c'est que pour être bien assis sur un tabouret, il faut quatre pattes. Et pour moi, c'est les valeurs, l'autonomie affective, ne pas mettre tous ses yeux dans le même panier et dire un jour mon prince viendra et tout va me sauver. L'autre personne, c'est un bonus, mais ce n'est pas du tout elle qui va faire qu'on va grandir et qu'on va se construire. La responsabilité plutôt que la créativité. Mes parents, ils avaient peu. Ils n'étaient pas dans une époque où ils pouvaient se permettre d'être créatifs. Moi, j'ai ça énormément. Et les quatre enfants chez nous l'ont beaucoup aussi.
- Speaker #3
C'est marrant parce que du coup, si tes parents n'avaient pas du tout la créativité, d'où est-ce que ça t'est venu ?
- Speaker #0
Mais ils l'avaient quand même probablement. Tu vois, je ne l'identifie pas encore. Mais le fait de partir Afrique, de vivre à la brousse, mon papa pour sauver des bébés qui mouraient de diarrhée. Ils disaient à ma maman, comment est-ce qu'on va faire ? Ils faisaient de la soupe de carottes, ils faisaient du yaourt. Ça n'existait pas dans les années 60, ça n'existait pas au Rwanda. Et donc, ils ont fabriqué ça. Ils ont probablement aussi été... Ma maman fabriquait nos robes, elle fabriquait tous nos jouets de fin d'année pour les fêtes. C'était elle qui fabriquait. J'avais une poupée en... Elle fabriquait nos jouets, il n'y avait pas moyen de faire autrement. Donc, il l'était probablement très fort. Mais bridé, il fallait que ça reste quand même bien dans les clous. Je pense... Avec délectation, si elle avait pu vivre en 2026, ma maman, elle aurait été une personne extraordinaire. Elle faisait à manger très bien, elle cousait, elle faisait des tas de trucs, mais c'était toujours réduit à peu de choses. D'ailleurs, mon père me disait, si tu n'étudies pas comme il faut, tu ne seras pas médecin, parce que c'est ça qu'on avait projeté pour moi, mais tu seras coiffeuse ou couturière. L'air de dire un truc avec le recul, je me dis, mais couturière, j'aurais pris mon pied. adoré, mais on ne pouvait pas assumer ça. Il fallait être universitaire. Lui, il était fils général, il colonel, mais deux frères n'ont malheureusement pas suivi le chemin tracé. Ça a été compliqué pour eux. Je pense que ce qui m'a finalement, par rapport à mes soeurs, donné plus d'élan, c'est que j'étais distinguée comme étant la préférée de mon papa. Il le disait d'ailleurs. Ma préférée. Ce n'était pas très sympa pour les frères et sœurs. Ça m'a probablement donné un peu de consistance. Mais c'est ce qui a rendu les choses difficiles avec ma maman aussi. Parce qu'elle était jalouse. Et en fait, je me dis, je vais terminer avec ça. C'est que je pense qu'au fil des années, moi, j'étais très jalouse d'une amie de mon mari. Une nana superbe. Mais je la détestais. Je ne pouvais pas la voir en peinture. Et le jour où j'ai décidé que c'était fini, que je serais plus jalouse, que je n'allais plus perdre mon temps avec ça. Je me suis dit, mais elle est adorable, cette femme-là. Elle est général. Et en plus, c'est moi qui suis mariée avec lui. Elle ne veut rien de plus. C'est juste sa meilleure amie. Et en fait, ça m'a dégagé, moi, une énergie de dingue. Et en fait, maintenant, on se touche, on se parle. C'est génial. Et les enfants sont soulagés parce qu'ils l'adorent aussi. C'est une madame très, très chouette. Et donc, je me dis, mais quel temps on perd à être fâché, jaloux. Moi, à partir du moment... pas la thérapie qui a fait ça, c'est le fait d'être moi en contact avec des grands brûlés qui sont vraiment des gens qui sont passés à côté de la vie et de la mort, qui m'a aidé à traverser ça et le fait d'être thérapeute moi-même et à entendre des horreurs beaucoup de jeunes femmes malheureusement ont vécu des choses terribles ça m'a appris à relativiser et à me dire mais quelle vie magnifique j'ai eu moi, j'aurais voulu pouvoir mais mes parents ils le savent, je pense que là où ils sont ils doivent le savoir J'aurais voulu pouvoir leur dire, mais on est face à tout ce que je vous ai reproché pendant toutes ces années. Parce que se positionner en victime, ça donne un pouvoir terrible aussi. Et ça, j'essaye de faire avec William, donc mon petit Ouistiti de 4 ans, mon petit fils. Parfois, je lui dis, c'est quand même terrible d'avoir toute cette colère. C'est qui qui est dans ton ventre ? T'as un Ouistiti dans ton ventre ? Et donc, on discute de savoir comment ce Ouistiti... Et alors, je lui dis, mais c'est qui le chef au fond ? Il dit, c'est moi le chef. Alors, je lui dis, OK, on va le Ouistiti, on va lui dire que... Ça ne se fait pas comme ça, ça ne va pas comme ça. Et donc, on essaye de manière créative de ne pas dire qu'il est mauvais, qu'il est méchant, qu'il est violent, qu'il est fatigant. On essaye simplement de dire, il y a un Ouistiti là et on va essayer de lui montrer le chemin. C'est pas mal ça.
- Speaker #1
J'aime bien ça.
- Speaker #0
Il aime bien aussi.
- Speaker #2
Moi, je vais faire les pompes avec Joe. Toi, tu as parlé de Ouistiti.
- Speaker #0
Il aime beaucoup le Ouistiti. Mais tu vois, je pense qu'aussi, tu as raison de dire que Mouah ! Je pense que d'aller jusqu'à agir de façon violente, ce n'est pas nécessaire. Les quatre chez moi, moi j'étais la plus petite, le chat et moi, à une époque j'étais vraiment une très grosse madame, j'ai beaucoup perdu de poids après, mais il fallait que je maintienne l'idée symbolique que c'était moi la patronne, qu'ils vivaient chez nous dans notre maison et qu'il y avait des règles à suivre et que quand ils seraient plus tard dans la leur, ils pouvaient faire ce qu'ils veulent. Je pense que la symbolique aussi de dire c'est moi le patron et c'est moi qui vais, au final tu n'as pas à décider. Avec William, je dis très souvent maintenant, depuis qu'il a 4 ans, c'est non négociable, William. Et alors maintenant, il dit ça à ses parents aussi. C'est non négociable. Mamie a dit que c'était non négociable. Et voilà, parce que je vois beaucoup de parents qui s'effondrent ou qui s'épuisent à expliquer comme ça, de long en large à l'enfant. À un moment, c'est comme ça. C'est la règle, c'est non négociable. Et c'est rassurant, je pense, pour les enfants.
- Speaker #2
Question limite, quoi.
- Speaker #3
Je vais juste rebondir sur quelque chose que tu viens de dire avant de passer à toi, Chloé, parce que là, on parle de ce que nos parents nous ont transmis. Moi, en étant fille d'eux, je me rends compte qu'il y a des choses qu'a posteriori, je pourrais entre guillemets reprocher à mes parents. et du coup, je sens que de temps en temps, c'est perçu comme peut-être une attaque ou... Alors que ce n'est pas du tout mon intention, c'est plutôt pour réfléchir. Est-ce que tes enfants ont déjà eu ça avec toi, de te dire à l'époque tu faisais comme ça, pourquoi est-ce que tu as fait ça ?
- Speaker #0
Peut-être pas comme ça. Ils se sont autorisés à me reprocher, Aliénor et Enguerran, le premier et la dernière, me reprochent de ne pas avoir été disponible. Enguerran dit je revenais du ski, tu n'étais jamais là. Je dis mais non, mais tu étais partie qu'un jour au ski. Si je n'étais pas là, j'étais probablement en formation de thérapie. Donc, quelque part, ça s'équilibre. Aliénor, en fait, a beaucoup souffert de toute cette formation qui me prenait énormément de temps. Et elle s'est sentie un peu négligée, laissée pour compte. Je les autorise, je leur dis écoutez, je ne peux pas changer. Je ne peux pas changer la donne. Ça a été fait comme ça. Et donc, il va falloir qu'on vive avec ça. Mais j'aime beaucoup le livre de Joyce McDougall qui s'appelle Envie et gratitude. Je me dis, arrêter de perdre son temps à reprocher des choses qu'on ne peut pas changer, c'est se libérer de l'espace pour aller plus dans la créativité, dans quelque chose de différent. Donc, je ne pense pas que mes enfants ou nos enfants, parce que mon mari insiste beaucoup sur le fait que je dois dire les nôtres, soient avec beaucoup de reproches. Par contre, Ysaline m'a un jour dit quelque chose que je trouvais très allégeant pour moi, dans ma façon de penser. Je parlais de comment acheter une maison quand on est jeune, maintenant en 2026. Je lui ai dit, mais c'est terrible, vous devez apporter des sous, des garanties. Elle me dit, maman, on n'a rien connu d'autre, on va faire avec ce qu'on a. Tu vois, nous, on va avancer dans la vie avec ce qu'on connaît maintenant. Elle me dit, donc, tu ne dois pas t'en faire. Et je lui ai dit, mais ça, c'est libérateur. Et c'est vrai, je pense, quand je parle avec vous, je me dis, vous allez devoir développer des nouvelles techniques, vous allez devoir développer des nouveaux comportements. Et finalement, l'expérience, c'est une lanterne qu'on porte dans le dos, qui éclaire le chemin parcouru, ce qui est devant. Tout est à faire.
- Speaker #3
Et on fait avec ce qu'on a. Et toi, Chloé, du coup, par rapport à cette question de la transmission ?
- Speaker #2
Il y aurait plein de choses à dire. Mais moi, j'ai effectivement plus mon père depuis que je suis adolescente. Donc, j'aurais envie de dire que ça se joue un peu des deux côtés. Je pense que si je suis aussi sensible à ces questions de punition, de violence et tout ça, c'est parce que mon père l'était quand même assez bien. avec en tout cas mon frère, parce que c'était le seul, on est trois à la maison, j'ai un grand frère et une petite sœur. Donc je pense que ça, c'est un truc que je pourrais potentiellement, s'il était encore en vie, lui reprocher. Je pense que je pourrais, après lui-même, quand j'ai entrepris le chemin de comprendre, je sais qu'il a vécu ça lui-même avec son père, donc c'était sans doute une reproduction. Donc il a probablement plein de circonstances atténuantes, mais je pense que c'est un truc que je pourrais lui reprocher. Du côté de ma mère, c'était... Et ça, je lui ai déjà adressé aussi. Elle m'a dit, comme toi, je pense qu'elle s'en est un peu voulue. Et puis, en même temps, je n'avais pas envie qu'elle se sente coupable de ça non plus. Mais elle m'a laissé pleurer. Et c'est en ça que je dis qu'on blâme beaucoup les mamans. C'est que j'ai dit, tu m'as laissé pleurer. Mais en fait, c'était mes parents qui m'ont laissé pleurer. C'est probablement mon père qui a dit à ma mère, moi, j'en peux plus. Parce qu'il y avait ces vies à l'époque aussi, où j'avais mon grand frère, mon père qui travaillait. Et donc, moi, qui pleurais toute la nuit, apparemment, qui réveillais toute la maisonnée. Donc, ce n'était pas possible. Donc, on me mettait dans la pièce la plus éloignée de leur chambre, à savoir la cuisine. Et on me laissait pleurer. Et donc, moi, je pense que j'ai eu un très gros... C'est mes deux... Tu parlais de trigger tout à l'heure. Je pense que c'est un peu les deux choses qui m'ont... Et c'est des choses qu'on m'a transmises, qui m'ont été transmises. Donc, je suis très attentive à ça aujourd'hui parce que c'est des choses que je ne voudrais pas transmettre. Donc, je dors encore toutes les nuits avec mon enfant aujourd'hui. On s'alterne, on fait une nuit chacun avec mon amoureux. Et voilà, et par rapport à la violence, même la contrainte physique, c'est des choses qui, moi, me vont loin, parce que je pense à ce que j'ai reçu. D'un autre côté, quand je dis que je le reproche, c'est peut-être un mot trop fort. Je pense que quand on devient soi-même parent, on se rend compte aussi de la difficulté que c'est. Et tu parlais, tu dis, on est nous-mêmes des enfants en étant parents. Et je pense que quand on est parent, j'avais écouté ça dans un podcast. On n'est plus vraiment les enfants de nos parents. On est des parents au même titre qu'eux. Et donc aussi, entre nous, on doit se... se traiter comme telle, quand je parle avec ma mère, je parle plus comme étant la fille de ma mère, je parle comme une maman parle à une autre maman. On est deux mamans, on est toutes les deux parents. Et donc, ça n'aurait plus tellement de sens d'aller lui reprocher quelque chose, parce que je sais aussi toute la galère que c'est, en fait. Et donc, c'est juste plus une adresse de... Ben, en fait, voilà, c'est vrai que, instinctif, on parlait de l'instinct tout à l'heure, instinctif, en fait, je ne sais pas comment tu as pu faire. Ça me rendrait tellement triste d'entendre Jude pleurer toute la nuit et de ne pas agir. En fait, instinctif, je sais que ce n'est pas... Et je pense qu'elle-même, en fait, elle n'avait pas reçu ces intra-cardiaque. Et donc, c'est un peu ce truc-là de... Parfois, l'information, elle évolue aussi. Avant, autant on disait, ça leur fera les poumons et tout. Maintenant, on en revient de ça. Donc, l'information, elle est bien. à toujours recontextualiser, à les challenger, parce qu'elle évolue sans cesse. Alors que ton instinct, général, encore faut-il pouvoir bien se connecter à son instinct.
- Speaker #0
Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas un reproche que je lui fais frontalement. C'est plus, moi, en tant que maman maintenant, voilà ce que j'analyse de ce que j'ai vécu étant enfant. Mais voilà ce que j'analyse aussi en tant que jeune maman. Et voilà ce que je peux t'adresser là maintenant. Mais on avance avec ça et j'ai une très belle relation avec ma maman. Et avec mon père, je ne peux pas savoir. Je veux dire, je l'ai perdu quand j'étais ado. Donc, je ne sais pas comment il aurait pu réagir à ça, à quel point ça aurait évolué ou pas. Mais c'est sûr que c'est différent. La violence, c'est quand même un petit peu plus dur. C'est plus dur à parler de pardonner. Je ne sais pas si c'est... Et puis à nouveau, cette violence, elle ne s'adressait pas à moi. Elle s'adressait plutôt à mon frère. Après, nous, on en avait peur de notre père, par exemple. Et je suis très heureuse d'avoir un amoureux qui est hyper... hyper connecté à ses émotions, qui dit je t'aime à notre fils presque tous les jours. Je suis heureuse de ça. Je suis heureuse qu'il ait un papa qui soit doux et qui ne soit pas du tout dans de la violence. Je pense que ça, ça aurait été très confrontant pour moi, ayant évolué dans ce modèle. Je dirais ça. Ça, c'est ce que j'ai. reçu, ce qu'on m'a transmis et ce que j'aimerais transmettre, j'imagine qu'on essaye de transmettre un petit peu moins de fardeau, un petit peu moins de bagage lourd, en en ayant quand même toujours... J'ai quand même le sentiment que nos générations... Tu parlais du fait que tes quatre enfants sont en thérapie. On fait le boulot en thérapie. On est une génération qui se remet en question, qui travaille. Je pense qu'on allège quand même beaucoup de fardeau qui sont... Tout ce truc transgénérationnel, j'ai le sentiment qu'on est une génération qui fait quand même pas mal le travail. On ne le fera pas complètement parce que ce n'est pas simple, mais on est en marche vers ça, j'ai le sentiment.
- Speaker #1
On porte un karma de beaucoup de générations.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
je trouve. C'est le fameux effet.
- Speaker #0
Je dirais ça.
- Speaker #2
En parlant de ça, il y a un dernier sujet que j'aimerais aborder. Je l'ai plus ou moins abordé, mais il n'a pas du tout été pris de cette manière quand j'avais parlé de cacher des choses à son enfant. Alors, tu parlais de bonbons et c'est très bien que tu l'aies pris comme ça. Moi, je pensais aussi à cacher des choses, des sujets tabous, du secret, des choses que nos familles portent, des choses qui sont parfois lourdes. Moi, j'ai mon avis sur la question. Je pense que, personnellement, je pense que c'est important de dire les choses et que, voilà... il y a des manières de dire les choses. Je pense qu'on peut parler de tout, pas forcément dire les choses de manière crue, mais en tout cas aborder certains sujets, parce que de temps en temps, il y a des choses qu'on porte en nous et qu'en grandissant, on ne va pas comprendre nos mécanismes parce que ce sont des choses qui sont tellement ancrées en nous qu'on a même parfois l'impression d'être fou, parce que nos émotions ne correspondent pas à ce qu'on peut analyser de manière un peu plus rationnelle. et ce sont des choses que parfois on porte sans qu'on nous les ait expliquées. Qu'est-ce que vous pensez, vous, de cette histoire de dire aux enfants certaines choses, des sujets parfois lourds, parfois trop intenses ? Si on les communique, comment est-ce qu'on les communique ? Est-ce qu'il y a des choses qu'on ne doit absolument pas dire, selon vous ?
- Speaker #1
Tout le monde se regarde.
- Speaker #3
J'ai tout de suite une image qui me vient. J'ai eu la chance d'être dans une famille où il n'y a pas eu d'abus. Mais c'est vrai que ce que tu dis, c'est que moi, j'ai senti que c'était schizophréniant pour moi de ne pas avoir eu l'occasion de faire dire à ma maman qu'elle aurait préféré avoir mon frère. Donc en fait, c'est terrible ce que tu racontes parce que mon papa était jeune médecin, ils avaient déjà deux bébés, les enfants se suivaient à 11 mois d'intervalle. Et donc Charles né après Edouard et après Véronique, tous les uns après les autres. père a dit à ma mère, tu ne vas pas l'allaiter celui-là, tu vas le laisser pleurer, tu es épuisé, on fait comme ça. Et donc, ils ont laissé pleurer ce bébé et quand ils sont montés, il était décédé. Et donc, ça a été terrible. Mon père n'a pas su le réanimer, il a fait des piqûres intra-cardiaque, ça a été terrible. Et c'est comme ça que tout ce couple a vraiment eu un moment en charnière très très important et moi, j'ai toujours senti Charles prenait beaucoup de place et j'ai... J'aurais voulu que ma maman dise, oui, j'aurais aimé Charles soit là. Et elle ne l'a jamais dit. Et même sur son lit de mort, en fait, je lui ai dit, est-ce que tu as peur de t'en aller ? Et elle a dit, mais pas tellement, parce que je sais que je vais retrouver Charles. Et je me suis dit, bingo, moi, je le savais. Elle n'a jamais osé le dire. Mais ça aurait été terrible pour elle de le dire. Mais ça m'aurait aidé, moi. à me construire, pas dans le manque et pas dans la frustration. Donc voilà, ça c'est mon secret de famille. Mais je suis en thérapie, malheureusement confrontée à des histoires bien, bien plus douloureuses que ça. Donc moi, ça m'a aidée. C'est ce qui a fait le terreau de ma thérapie. Voilà, maintenant, avec les années qui passent, c'est pas grave, mais ça m'aurait aidée sûrement. Et je pense que les secrets doivent être d'une manière ou d'une autre déterrés parce que sinon, ça se prolonge à l'infini. C'est un gros travail.
- Speaker #2
Oui. Vous êtes d'accord avec ça ?
- Speaker #0
Moi, je suis assez d'accord. Je pense qu'il faut toujours prendre dans un contexte. Il faut voir l'âge de l'enfant. Il faut voir comment tu le lui dis. Surtout si ça implique d'autres personnes de ta famille. Moi, je trouve qu'il y a toujours un truc de loyauté en tant qu'enfant. Moi, j'ai une grand-mère qui n'était pas forcément très bienveillante et qui a pu dire des choses assez méchantes sur des membres de ma famille. Et elle jouait un peu ce petit truc-là parce que... probablement elle avait aussi toute son histoire, je l'ai compris plus tard aussi en thérapie, mais qui expliquait qu'elle avait besoin d'avoir cette espèce d'exclusivité avec chacun et donc elle disait des secrets à certaines personnes qu'il ne fallait pas qu'on répète aux autres et c'était juste elle pour voir si elle pouvait nous faire confiance, nous dire des choses qu'on ne répéterait pas. Et voilà, j'ai le sentiment qu'il faut toujours, toujours faire attention à ce que ça va créer au niveau de la loyauté chez les enfants. Tu peux lâcher une bombe en disant un truc, je sais pas, j'ai pas d'exemple très précis, mais si tu impliques, en lâchant un truc énorme, un autre membre de ta famille, et que ça met ton enfant entre un père et une mère, par exemple, je trouve que c'est... qu'il y a des choses que tu peux pas forcément aussi toujours dire comme ça. Si ça implique, par exemple, tu parlais d'abus et autres, l'enfant a pas... peut-être pas toujours toutes les connaissances pour pouvoir bien décrypter une situation qu'est-ce que ça veut dire réellement pour moi il faut pas avoir de secret il faut pouvoir dire les choses et c'est important de le dire mais il faut voir si ça implique ou non quelqu'un de la famille, voir comment tu le dis pour ne pas créer ce truc de loyauté choisir les bons mots parce que il faut être capable il faut que la personne en face soit capable de vraiment tout comprendre et donc voilà je pense que ça doit se Bien se réfléchir en amont, j'ai l'impression. Sans vouloir les garder des années et des années, mais je pense que c'est important d'avoir tout ça en tête. Moi,
- Speaker #1
j'ai surtout deux, trois choses que pour moi, c'est important de garder en tête. C'est d'abord de faire très attention aux billets qu'on va apporter au sujet. Et donc, on ne peut pas passer à côté. Et de ne pas être égoïste au point de voir repasser le flambeau à notre enfance. Parce que toi, tu as un conflit avec ton oncle, ta tante, etc. que lui, il a forcément le pouvoir. Il faut savoir prendre le recul. Ça dépend de l'âge de l'enfant aussi, au moment auquel ça se fait. Si à un moment, cette discussion vient, de la traiter avec beaucoup de maïeutique, de lui poser des questions et de le laisser lui-même aller chercher sa propre... Parce que peut-être que lui, il va nous donner une perspective que nous, on n'a pas. Mais le biais, surtout, c'est très, très dangereux. Je vois ça beaucoup dans tout. Et surtout, en tant que parent, on veut absolument, parce que pour nous, c'est ça qu'il faut. Surtout quand on veut à quelqu'un de la famille, c'est compliqué de faire la part des choses.
- Speaker #0
Et mêler les enfants à ça, je trouve ça toujours difficile. Il y a des trucs quand même d'adultes et des trucs d'enfants. Il faut pouvoir respecter le côté naïf, l'insouciance. Et puis voilà, effectivement, on a tous des biais, on s'entend. Même si c'est la famille, moi j'ai eu de la chance, mes parents, en se séparant, n'ont pas eu des mots trop durs l'un envers l'autre. On sentait une forme quand même de tension parfois, mais c'était quand même assez doux. Et je les remercie beaucoup aujourd'hui parce que du coup, ça ne nous a pas mis en conflit de loyauté Ysaline d'un ou de l'autre, ce qui était le cas avec ma grand-mère.
- Speaker #2
Et c'est difficile, je pense, en tant qu'enfant, de capter quand on nous partage sa version des choses, sa propre version des choses, et que c'est la réalité de la personne, ce n'est pas la réalité générale. Et ce n'est pas la réalité peut-être des autres personnes, ça peut être complètement différent, il y a beaucoup de points de vue, de perspectives. C'est pour ça, je pense qu'il faut essayer d'être neutre quand on exprime ou alors d'expliquer que si je le raconte comme ça, c'est parce que moi, je l'ai vécu comme ça. Et peut-être de mettre ces bases-là pour que la personne comprenne en face que ce n'est pas pour ça que tu dois penser comme ça aussi ou que la réalité était tout à fait comme ça. Il y a plus de Nuances.
- Speaker #3
On dit souvent de ne pas aller au-delà de la question. La question est posée, on répond à la question. cours. simple, sans faire trop d'explications autour ou sans projeter, parce qu'on raconte tous l'histoire comme on disait tout à l'heure, on a tous notre scénario interne.
- Speaker #1
J'aime beaucoup ce que tu viens de dire par rapport à ta réalité. Je pense que c'est quelque chose qui, pour moi, vient même avant la question des discussions. C'est vraiment quelque chose que je tiens beaucoup à cœur de transmettre à mes enfants. Peut-être parce que je ne le vois pas assez chez les adultes. C'est d'accepter que ta réalité n'est pas la même que la mienne. Et en fait, tu multiplies ça par le nombre de gens. C'est effrayant et exceptionnel en même temps. Mais d'accepter cette partie-là, c'est très, très difficile. Pour moi, l'éducation vient même avant. Tu vois, d'avant traiter un sujet difficile, déjà qu'il se rende compte qu'en fait, son collègue à l'école, il lui a retiré le jouet ou l'a tapé, ou peu importe, mais peut-être que dans son côté, il y a un... Enfin, de voir que c'est deux prises complètement différentes.
- Speaker #2
Oui, oui. Donc, on s'approche de la fin. On parle, on parle. Il y a plein de sujets qui sont super intéressants. J'aimerais vous demander si vous avez déjà une reco. un bouquin, un livre que vous conseillez par rapport à ce sujet-là, l'éducation. Je ne sais pas si vous pensez à quelque chose.
- Speaker #1
Je pense que Chloé, tu dois en avoir beaucoup. Chloé,
- Speaker #3
je vais faire un recours pour tout le monde.
- Speaker #2
Celui qu'on va devoir écrire.
- Speaker #0
Toi, tu as parlé d'un livre très intéressant. C'était quoi ? Tu disais... J'ai amour et préjugé en tête. C'était pas du tout ça. Envie et gratitude.
- Speaker #3
Envie et gratitude. C'est très psychanalytique. Ça ne parle pas vraiment de l'éducation. Comme ça, de prime abord, je n'ai pas d'idée précise.
- Speaker #0
Moi, j'ai ce livre de Marion Cuerq, qui s'appelle Une enfance en Nord. C'est pour une éducation sans violence et à hauteur d'enfant. Tu parlais d'auteur, de se mettre à la hauteur. Ça me parlait par rapport aux termes qu'elle utilise. J'ai écouté un podcast très intéressant qui s'appelle Pas mes fils. Parce que tout ce qui touche à l'éducation d'un petit garçon m'intéresse beaucoup. Donc, Pas mes fils de Julie Gavras. ces six épisodes de... je dirais d'une quarantaine de minutes, hyper intéressants sur l'éducation, mais du coup, elle, elle a deux garçons qui sont plus grands, qui ont une vingtaine d'années, et alors, toujours dans les podcasts, il y a un podcast qui s'appelle C'est qui qui commande ? de Lolita Rivé, et elle, elle est prof, elle a d'ailleurs fait un autre podcast qui s'appelle C'est quoi l'amour maîtresse ? Elle parle de l'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle dans le cadre de ses cours, alors qu'elle est aller... institutrice primaire. Donc, elle initie déjà ces sujets assez tôt chez les jeunes. Et donc, C'est qui qui commande ? Elle requestionne cette question de pouvoir. Il y a toutes ces notions d'enfantisme. Voilà. Voilà, je dirais ça. Apprendre à parler des écrans et tout, Choisir d'être mère de Renée Greusard. Elle parle des écrans dans son livre et c'était intéressant pour ça. Juste parce qu'elle disait que c'était pas... La problématique n'était pas tellement les écrans en tant que telles, mais... plutôt le contexte de est-ce qu'on les regarde seules ou pas, avec des explications, la communication avec des adultes ou non, après, en mangeant ou pas, quel type d'écran aussi. C'était si on avait abordé cette question des écrans. Et juste parce que c'est l'été et qu'on est en vacances et avec les enfants, il y a une série documentaire podcast aussi qui est sortie de Renée Greusard qui s'appelle « Les vacances, sa mère » et qui parle à quel point c'est difficile les vacances. Enfin, que... tu assistes aux vacances de tes enfants en tant que parent, plutôt que d'en prendre toi-même. Enfin, voilà, c'est une autrice assez connue sur tous les sujets d'éducation aux enfants.
- Speaker #2
Ruben, toi, tu penses à quelque chose ou pas ?
- Speaker #1
Non, les livres que moi, je conseillerais, c'est plutôt des livres de remise sur soi, par rapport à soi-même, parce que j'estime que mon rôle de parent n'est pas de vivre pour mes enfants, mais c'est de vivre une vie pour que mes enfants puissent suivre. Ça change un peu la vision de voir la chose. Du coup, moi, j'ai Les Quatre Accords toltèques, qui sont très connus. Il y a L'Alchimiste, ceci, qui m'a beaucoup aidé. Voilà, ça, il y en a des dizaines. Mais des livres d'éducation, moi, je suis... Mais je vais peut-être regarder le premier que tu as.
- Speaker #0
Et un très connu qui s'appelle Chasseur-cueilleur-parent, aussi, de Michael Michaeleen Doucleff, qui est très, très bien.
- Speaker #2
J'allais te demander, parce que c'est un titre que j'ai entendu et entendu plein de fois dans vos conversations avec Raph, justement.
- Speaker #0
Oui, hyper intéressant. Moi,
- Speaker #2
c'est le titre qui me revient toujours. Est-ce que vous avez autre chose à ajouter, un sujet que vous vouliez absolument aborder ou quelque chose en plus à dire qu'on n'aurait pas abordé ? Il y a plein de sujets qu'on n'a pas abordés.
- Speaker #1
Moi, je suis juste très reconnaissant, très content de cette discussion. Je pense que c'était chouette. Tu as réussi à réunir trois profils quand même. complètement différent. Que ne plus que notre façon de voir la chose qui est très différente, mais qu'on arrive quand même à voir l'un ou l'autre, je trouve ça très enrichissant. Et aussi une expérience incroyable et un vécu, j'étais ému, ne plus que... votre histoire et aussi comment vous l'avez mis en place et comment ça s'est déchaîné. Et vos enfants, au final, ils ont notre âge. Donc c'est assez exceptionnel.
- Speaker #3
Je les remercie d'ailleurs de m'avoir choisi comme maman. Et puis je te remercie de nous avoir accueillis pour venir partager. Parce que c'est vrai que même si ça roule, parfois c'est intéressant de se reposer les bonnes questions Edouard d'où on vient, où on va. qui suis-je, que fais-je, où vais-je c'est jamais fini moi c'est ça que je trouve chouette parce que parfois certaines personnes disent moi je suis trop vieille, j'ai mes habitudes et je dis non non c'est pas vrai, si on veut changer quelque chose on change, on change pas les autres on se change soi-même,
- Speaker #2
c'est ce que tu dis alors moi je leur dis si vous changez votre engrenage les autres engrenages vont changer aussi,
- Speaker #1
ça va donner une autre musique on pourrait être le changement qu'on veut voir chez les autres,
- Speaker #2
c'est très important et alors j'aimerais vous poser la question signature du podcast Que signifie la Nuances pour vous ?
- Speaker #1
Moi, c'est un mode de vie. Nuances et perspective, pour moi, c'est très prononcé. Je pense que ma raison d'exister sur cette terre et sur un changement de prisme et de vision de voir les choses, pour moi et pour les autres qui m'entourent, et Nuances, justement, c'est un synonyme. Je vis ma vie avec beaucoup de Nuances, il y a beaucoup de remises en perspective. C'est assez curieux. J'ai appris que ça s'appelait Nuances il n'y a pas si longtemps. C'est comme ça que je vois la vie terrestre dans laquelle j'ai choisi de venir.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #0
Moi, je dirais que c'est ce dont j'ai beaucoup manqué quand j'étais fort impliquée dans le milieu militant, où il y a un côté très radical qui m'a beaucoup plu. qui, je pense, m'a beaucoup définie aussi. Mais qu'aujourd'hui, surtout en tant que jeune maman, j'ai tellement besoin de ces autres perspectives, de cette pluralité de points de vue. C'est d'ailleurs comme ça que j'ai appelé ma structure associatif. Elle s'appelle aujourd'hui Versant Studio et versant pour justement tous les versants d'une montagne et de à quel point tu as ton prisme. Mais quand te situant ailleurs, tu as vraiment tellement d'autres points point de vue et je trouve que c'est tellement riche en fait de pouvoir écouter ne pas imposer aussi son idée et j'ai beaucoup été comme ça plus jeune, j'ai beaucoup été dans ma vérité c'est la vérité très têtu très, je pense comme beaucoup d'ados aussi qui pensent savoir tout sur tout on déconstruit ça très très fort après avec le temps et puis on se rend compte à quel point on connait rien sur rien mais ouais Je pense que pour moi, c'est une nécessité aujourd'hui, en tout cas dans la manière dont je traite les thématiques. Entre autres, probablement le prochain film que j'écrirai, je crois qu'il faudra que ce soit... J'ai tenté de le faire avec Echo(e)s, en tout cas. C'est vraiment quelque chose qui devra être très présent dans tout ce que j'entreprendrai professionnellement, mais aussi au niveau intime.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #0
Et toi, Isabelle ?
- Speaker #3
Je voulais juste faire court en disant que c'est mon indispensable. Mais je repense à Aliénor, ma fille, qui est souvent très carrée, très péremptoire. Et je lui disais, mais non, tu dois apporter de la Nuances. Et puis, à un moment, j'y réfléchis en me disant, mais au fond, elle est à un âge où il faut avoir des convictions. Parce que chaque étape de la vie a ses critères et a ses apports. Et donc, moi, j'ai acquis une certaine sagesse, j'espère, et une certaine maturité. Mais ce n'est pas nécessaire d'avoir la même à 66 ans qu'à 30 ans. chaque... que chaque étape de la vie profite de ses acquis. Mais ça restera mon graal, ça restera mon combat jusqu'à la fin. C'est d'apporter de la Nuances.
- Speaker #2
Merci. Voilà, écoutez, merci à tous. Merci d'avoir été là. Merci d'avoir accepté cette invitation. C'était une conversation super intéressante pour moi. Et alors, merci à vous d'avoir écouté ou regardé Nuances. Je vous propose de retrouver la suite dans le prochain épisode qui arrivera bientôt. Une analyse de ce même sujet avec une spécialiste, avec qui on va d'ailleurs analyser des éléments de cette conversation. Donc surtout, restez attentifs, les prochains épisodes vont sortir bientôt. Merci beaucoup d'avoir écouté cette conversation et à bientôt.
- Speaker #0
Merci, c'était trop chouette. Merci. Merci, Chloé.