- Speaker #0
et bien informés. Pense à t'abonner et à partager l'épisode si tu veux soutenir le podcast. Hello Benoît, bienvenue sur Eudace.
- Speaker #1
Salut Chloé, merci.
- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast. Merci à toi. Alors, première fois que je reçois un invité chez moi, mais j'étais en train de faire le setup avant que t'arrives et j'étais hyper contente parce que je ne sais pas pourquoi, je trouve que ça crée une bulle d'intimité. J'en parle un peu plus sur mon podcast consacré au monde du podcast sur Pod, mais un peu les... Voilà. pour et le contre d'un studio pro. Moi, j'ai un avis qui, à mon avis, ne va pas plaire à tout le monde, mais un avis tranché et j'adore l'intimité avec mon invité. Donc là, je suis contente de te revoir chez moi dans la région. Alors Benoît, pour mettre un peu de contexte, je te jure après, je te laisse le micro, tu vas parler.
- Speaker #1
Pas de souci.
- Speaker #0
J'étais entendue sur le podcast de mon ami Tim. Tim et Kérémy donnent le rythme. Je vous recommande l'épisode d'ailleurs fortement. Moi, j'ai adoré et j'ai même écrit à Tim après. Je dis mais... votre alchimie à vous deux, c'était incroyable. Tu sens vraiment la connexion dans les écouteurs. Vous avez vraiment matché sur plusieurs points, je trouve.
- Speaker #1
Et il m'a dit,
- Speaker #0
ouais, mec, génial et tout. Et puis, je ne sais pas, après tu m'as envoyé un petit mail en disant, ouais, j'ai écouté ton échange, donc mon échange perso avec Tim sur Pod, sur mon autre émission. Et il m'a dit, pareil, t'as matché avec la vibe. Donc je suis ravie de t'avoir au micro d'Audace aujourd'hui pour parler de toi et de ta boîte Equilibre. Je commencerais peut-être par te demander Et... un mot sur équilibre. Qu'est-ce que c'est équilibre ?
- Speaker #1
Oui, équilibre en un mot, en fréquemment, en une phrase, c'est un service de repassant dans les écoles. Voilà. En une phrase, si je dois la faire très courte, avec la particularité que les repas sont préparés par des traiteurs locaux. Donc, j'ai vraiment voulu me... me différencier dès le début de, on va dire, des grosses boîtes industrielles qui ont des grosses cuisines centrales, etc., qui sortent des milliers de repas. Et donc, le concept, c'est qu'on a aujourd'hui 35 ou 36 traiteurs partenaires dans toute la Wallonie et Bruxelles. Et c'est ces traiteurs qui préparent nos repas qui sont livrés dans les écoles de leur région, de leur périmètre.
- Speaker #0
Tu es arrivé à créer cette boîte partant d'un constat très clair dans ta carrière. Je laisse un petit peu de teasing, on va y venir vraiment sur l'histoire, le déclic, la jeunesse de la boîte avant ça. Benoît, est-ce que je peux te demander un petit peu où tu as grandi, d'où tu viens, quel genre de famille tu as ? Est-ce que tu as une famille qui entreprend, c'est-à-dire qu'on est dans le sang ou non ?
- Speaker #1
Oui, avec plaisir. Je viens d'une famille, donc on est quatre enfants, je suis l'aîné, je suis l'aîné de quatre. Je le dis parce que je suis convaincu aujourd'hui que notre place dans la famille frères et sœurs, ça a un impact sur tout. de ta vie.
- Speaker #0
Il paraît. J'ai entendu un épisode podcast qui raconte justement que l'aîné souvent entreprend.
- Speaker #1
Ah ben, ça ne m'étonne pas.
- Speaker #0
Je n'ai pas vérifié les stats.
- Speaker #1
Non, non, je ne connais pas les stats non plus, mais ça ne m'étonne pas. En tout cas, s'il y en a un dans la fratrie, je crois qu'il y a plus le sens de ça. Je crois que c'est l'aîné. Parce que tu as un rôle qui t'est donné dès le début et que tu le veuilles ou non. Et puis, tu le prends en fait, ce rôle, au fur et à mesure. Et donc, tu grandis avec. Donc, l'aîné de 4, deux frères et une sœur. Mes parents, pas du tout entrepreneur. En fait, il n'y a personne dans ma famille qui est entrepreneur, même de manière éloignée. Il n'y a vraiment personne, personne qui est entrepreneur.
- Speaker #0
Et ton frère, aujourd'hui ?
- Speaker #1
Mon frère, aujourd'hui, oui.
- Speaker #0
Il n'est pas aîné, mais il est en compagnie. Il suit.
- Speaker #1
Il est encore salarié. Il n'a pas encore la chance de pouvoir vivre de sa boîte, mais par contre, le projet... D'ailleurs, je suis un peu inclus avec lui. J'ai vu que tu la comprendais. Voilà, ouais. C'est vraiment sa boîte. Mais le fait de me mettre cofondateur, au début, ça a facilité pour qu'il ait des contacts et tout. Chose que moi, je n'avais pas eu du tout. Je me suis dit, si je peux t'aider, si on me met juste le titre sur LinkedIn cofondateur et que ça te permet d'avoir des contacts, c'est vraiment ce qui s'est passé. Donc, on a toujours, lui et moi, quand même, rapidement eu cette envie-là.
- Speaker #0
D'entreprendre.
- Speaker #1
Oui, d'entreprendre. Ensemble aussi. Ça, c'était un vrai souhait. Et puis, on a eu, je ne te dis pas, des dizaines d'idées, des trucs.
- Speaker #0
Idées ou business ?
- Speaker #1
Idées. On n'a jamais été... En fait, avant Equilibre, je n'ai jamais lancé de business vraiment. Mais j'ai eu des tonnes d'idées, des bonnes, des nulles, des trucs vraiment nulles. Je n'y allais pas, soit parce que... Des idées qui demandaient beaucoup d'argent. Soit je n'avais pas l'entourage. Tu vois, moi, je n'avais pas de réseau, je n'avais pas d'argent. Enfin, je n'ai jamais manqué de rien. On va venir à ma famille.
- Speaker #0
Oui, famille moderne.
- Speaker #1
Normal, bien, on n'a jamais manqué de rien. Voilà, mon père a toujours beaucoup, beaucoup travaillé. Il a bien gagné sa vie. Ma maman, elle travaillait aussi, mais comme on était quatre, elle a été une grande partie de sa vie plutôt femme au foyer, ou en tout cas à mi-temps. On n'a jamais manqué de rien, mais ce qui est bien, c'est que par exemple, je trouve, avec le recul, on a toujours travaillé, fait des jobs étudiants, tu vois. Ça, c'est un truc que je défends et que mes filles feront. Tu vois, la notion, dès que j'ai eu 16 ans, voilà.
- Speaker #0
Évident.
- Speaker #1
Alors que je pense qu'on aurait pu avoir les choses qu'on demandait, mais tu vois, la notion de l'argent et tout ça, ça m'a beaucoup aidé. Et donc voilà, famille... Très aimante et tout. Un gros élément, je pense que je l'avais dit à Tim dans son podcast, c'est le divorce de mes parents quand j'avais 12 ans. Donc 12 ans, le dernier de mes frères, 3 ans.
- Speaker #0
Croc.
- Speaker #1
Ouais, ça, c'était un événement assez marquant. Voilà, ça a laissé plus de traces en moi que ce que j'imaginais, je pense. Mais tu vois, à l'époque, on passe à travers. Ça a fait de nous une fratrie hyper soudée.
- Speaker #0
Oui, vous avez l'air.
- Speaker #1
Ça, vraiment...
- Speaker #0
Et quel genre de traces tu penses ça a laissé, maintenant que tu y réfléchis, avec un peu d'introspection ? Moi, j'ai été fort, fort marquée par le divorce de mes parents. Ah,
- Speaker #1
ben voilà. 4-5 ans.
- Speaker #0
Mon frère et ma sœur, moins. En tout cas, moins verbalisées. Mais toi, maintenant, qu'est-ce que...
- Speaker #1
T'avais que 4-5 ans ?
- Speaker #0
Moi, j'avais...
- Speaker #1
T'as quand même des souvenirs. Oui,
- Speaker #0
très, très fort. Mais j'ai traîné ça. Tu vois, j'ai traîné cette colère.
- Speaker #1
Toute mon adolescence. Moi, c'est pas une colère sur le divorce en soi. parce que vraiment, ils ne s'entendaient plus. Et en fait, je pense que le divorce, c'était une bonne chose.
- Speaker #0
Oui, absolument, je pense.
- Speaker #1
C'est plus sur le rôle que j'ai eu dans cette histoire-là. Tu vois, 12 ans, l'aîné de 4. Du coup, séparation, garde alternée une semaine sur deux. La semaine chez mon papa, et il travaillait, je viens de le dire, beaucoup. Je m'occupais entièrement de mes frères et sœurs. Le matin, on allait à pied, on avait 25 minutes de marche. À 4h, je rentrais, je récupérais les petits frères et sœurs à la petite école. On rentrait à 4h de voir... Mon papa rentrait vers le souper, je pense. Donc tu vois, après, ça m'a forgé aussi, je pense, clairement. Ça m'a clairement construit. Mais je ne souhaite pas ça à mes filles, tu vois. Ça, c'est la chose que maintenant, je m'autorise à penser. Il y a quelques mois seulement, je t'aurais dit ça m'a construit, j'ai un gros caractère. Oui, mais dans le fond, je ne souhaite vraiment pas ça à n'importe quel enfant de 12 ans. Donc voilà, pour l'acte d'histoire familiale.
- Speaker #0
Mais je sens, ça nous permet un peu de comprendre qui tu es aujourd'hui par ce genre d'événements qui sont marquants.
- Speaker #1
Concrètement, oui.
- Speaker #0
J'avance un petit peu dans ton histoire. Quel parcours scolaire tu as fait, tu fais ? Parce qu'aujourd'hui, tu travailles notamment avec les écoles. Pas que, mais est-ce que l'école a été une institution pour toi hyper importante, hyper... T'es projeté dedans, enfant ?
- Speaker #1
Non, non, non, pas du tout. L'école, j'étais un assez bon élève, tu vois. En secondaire, en tout cas, assez bon élève. J'aimais bien rire et tout, mais pas non plus le sale gamin, tu vois. J'aimais bien déconner, mais j'avais jamais de gros problèmes non plus, parce que voilà. Comme j'avais des assez bons, tu vois le genre de profil, j'avais des assez bons résultats. Je faisais des blagues, mais pas méchantes. Donc, en gros, ça passait relativement bien avec les profs. Et puis, sorti du collège, du coup, à Anguien, j'ai fait ingénieur de gestion. Comme Tim, d'ailleurs. On parle encore de lui.
- Speaker #0
Vous l'avez fait, tu l'as fait comme lui à Solvay ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai fait mes trois premières années à la FUCA Mamons, qui est devenue UCL Mons. Et j'ai fait mon master à Solvay.
- Speaker #0
Alors raconte-nous. Le campagnard qui arrive à la capitale.
- Speaker #1
Ah ouais, bah là, le choc.
- Speaker #0
Moi, c'est l'inverse. Du coup, je suis choquée ici, mais...
- Speaker #1
Toi, t'es à la base de la capitale. Non,
- Speaker #0
je ne sais pas.
- Speaker #1
Non, le choc. Et en plus, j'avais un ami d'Anguin qui, lui, était directement parti à Solvay. Et l'été où j'hésite à faire le changement, il m'avait dit, mais franchement, fais pas ça parce que tu vas mal le vivre. Et en plus, il y a... Et c'est vrai. Il y a une mentalité Solvay, tu vois, qui est très forte. Et en gros, on n'aime pas trop les gens qui viennent chercher le master à Solvay pour dire d'avoir le diplôme. Moi, ce n'était pas spécialement pour ça, mais bref. Et moi, je me dis, ouais, Mickaël, enfin, OK, je t'entends, mais c'est bon, je vais passer à travers. Et quand je suis arrivé... Vraiment, la première semaine, je me suis dit, mais qu'est-ce que j'ai fait ?
- Speaker #0
Choc des cultures.
- Speaker #1
Oui, vraiment.
- Speaker #0
Mais quoi, tu étais exclu ? C'est le grand mot, mais tu sentais quand même qu'il y avait une taille. Oui, oui. Après, c'est très différent. Bruxelles et le Nouveau-Bretagne.
- Speaker #1
C'était complètement différent. Et après, tu vois, je ne suis pas resté là-dessus, en mode exclu. J'ai rencontré d'autres gens. Il y a des mecs de pure solvay qui je me suis très bien entendu. Et avec les deux années, tu te rends compte vraiment que... eux, leurs trois premières années, ils dégustent, mais vraiment. Il y a des cours où je pense que c'est vraiment beaucoup plus dur que à mon... Et c'est des cours clairement à pète, tu vois, comme on dit. Et donc, tu vois, je peux comprendre.
- Speaker #0
Ouais, un peu cette haine.
- Speaker #1
Bah, tu vois. Après, je l'ai fait, j'ai tracé ma route.
- Speaker #0
Ok, donc, solver, disons, on va se solver, on va réussir. Pourquoi ? Quelles étaient tes ambitions à ce moment-là ? Dans quoi tu veux bosser ?
- Speaker #1
Bah, je sais pas. pas.
- Speaker #0
En général, tu ne sais pas trop.
- Speaker #1
En fait, en réto sixième secondaire, j'ai aucune idée de ce que je veux faire. Mais vraiment, il n'y a pas un truc qui me... Ma maman, à l'époque, je la vois, elle m'emmène à un salon d'orientation. Moi, j'aimais les maths, les langues. On me dit, ingénieur de gestion, tu as des maths, des langues, plein d'opportunités.
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas poussé, ici, les langues dans l'ENO ? Et
- Speaker #1
Anguien, c'est une commune à facilité. Donc, on avait du néerlandais quand même depuis la troisième matérielle.
- Speaker #0
Ah oui, ok, ok.
- Speaker #1
Tu vois. Et anglais, comme j'étais en matelange, j'avais quand même beaucoup d'heures d'anglais. Donc, je suis ingénieur de gestion. Je fais mes études. Globalement, ça se passe bien. Mais j'arrive en dernière année, cinquième, je ne sais pas ce que je veux faire, quoi. Il n'y a rien qui me, tu vois, compta, finance, ouais, c'est simple. pas, mais tu vois, ça ne me fait pas non plus vibrer. Marketing, les langues, tu vois, compliqué, vraiment. Donc, je sors des études. Je fais d'abord un stage dans une boîte de quelqu'un que je connais, où je touche un peu à tout, bref. Et pendant ce stage, je me fais appeler par Michael Page, le cabinet de recrutement. On a vu ton CV, on va te trouver un boulot. Et en fait, à l'entretien d'embauche, je me fais embaucher pour travailler chez eux.
- Speaker #0
Ok, une boîte de recrutement.
- Speaker #1
Voilà. Et ça a duré un mois.
- Speaker #0
Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
C'était horrible. C'était horrible par rapport à ma personnalité. Donc, quand ils disaient le campagnard, déjà, qui vient à Bruxelles, c'était Porte de Namur. Non, mais t'aurais dû me voir. Donc, j'avais 22 ans. Costa, cravate, dans le train, le matin à 7h. Je rentrais à 19h30. Je me disais, mais c'est quoi cette vie, tu vois ? Dans une grande tour, un bureau où, en gros, c'était... C'était beaucoup trop commercial et tout pour moi. Enfin, tu vois, un truc vraiment... Que des objectifs, que du... C'était trop... Oui,
- Speaker #0
que des... Le monde de l'abrutement, vraiment difficile.
- Speaker #1
Et là, c'était assez violent parce que... Enfin, je vivais encore chez mes parents, donc aucune responsabilité financière et tout. Mais je suis arrivé... Donc, je disais à mes parents, notamment, je disais, purée, c'est dur et tout. Et là, en fait, j'ai toujours... Tu demandais la famille. Mes parents sont ultra opposés à tous les niveaux. C'est à se demander comment ils ont vécu 20 ans ensemble, ils ont eu 4 enfants. Donc dans ce genre de situation, t'avais ma maman qui disait, mais Benoît, si t'es pas heureux, t'arrêtes, tu vois. Et t'avais mon papa, ouais mais bon, première expérience, tu vas quand même pas arrêter après un mois, sur un CV ça va faire tâche, mort sur tâchique, enfin tu vois le truc. Toi t'es là au milieu, tu dis bon. Et puis un jour, je suis arrivé à 8h, je me suis assis à mon bureau et j'ai dit à... Je vois encore, elle s'appelait Dorothée. Franchement, on l'applaudit parce que je pense qu'elle était assise à côté de moi, donc c'était ma directrice. Et je lui ai dit, Dorothée, je suis désolé, je vais arrêter. Et donc, elle m'a dit, mais attends, on peut... J'ai dit, non, non, je pars maintenant, je ne peux plus. Franchement, j'avais l'impression de me rendre malade, tu vois, un truc... Et je me suis cassé. Oui,
- Speaker #0
sans rien. oui. C'est intéressant parce que ça va arriver à plusieurs fois dans ton parcours. Ça, j'aime ce côté impulsif où tu le sens. Soit tu vois ça, tu parles. On va peut-être aller directement à cette deuxième fois à laquelle je pense dans le monde de la banque. Si tu viens de nous en dire un mot. Je pense que c'est... Ou peut-être d'abord un mot sur SportsOAS. SportsOAS, c'est un complexe sportif. C'est quoi cette expérience-là pour toi ?
- Speaker #1
Donc là, SportsOAS, que je me trompe. Je travaillais où avant ? Peu importe. Je travaillais chez vous. V-O-O. Oui. Et ça, c'était...
- Speaker #0
Compagnie téléphonique, ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Internet et tout. Et là, je faisais un programme pour jeunes diplômés. Ça, c'était top. Vraiment. D'ailleurs, j'ai rencontré là Nicolas Marchand. qui par la suite maintenant est devenu mon tuteur dans le réseau entreprendre. Incroyable. Franchement, des histoires de vie comme ça, que tu crois. Et là, maintenant, on se voit assez régulièrement. Il me conseille et tout pour équilibre. Bref, comme quoi, tu vois, même les petites expériences. Mais là, j'avais quitté parce que pendant deux missions de six ou huit mois, il m'avait envoyé à Liège. Bon, Liège, je me mettais 1h40 de route. Et donc là, je me suis dit, bon, là, ce n'est plus possible. Et on en vient à Sportoas. Sportoas, c'est à la Brenne-le-Comte. Mon beau-frère travaillait là. Il cherchait un responsable d'équipe, on va dire sous-directeur pour toute la partie piscine. Et en fait, là, vraiment, je vois le truc, je vois la proximité. On venait d'acheter notre maison. Je suis tout prêt pour gérer les travaux à distance et tout. Enfin, je vois vraiment le côté pratique. Et donc, je me retrouve là à gérer une équipe de maîtres nageurs et d'âmes d'entretien. Et en fait, ça, ça m'a aussi appris beaucoup. Mais gérer ces équipes-là, à un moment, j'en pouvais plus. Humainement, en fait, j'avais l'impression de gérer des petits problèmes, mais vraiment de bac à sable, tu vois, où chaque fois, je me disais, mais les gars, vous n'allez quand même pas vous prendre la tête pour ça. Ou les filles, même des dames, tu vois, qui avaient l'âge d'être ma maman, elles venaient me voir avec des problèmes. Je me disais, ma femme, elle est un site primaire à la base. Le soir, quand on se racontait un peu nos journées, elle me racontait ses disputes d'enfants. Je disais, j'ai vécu la même chose. Avec des adultes, quoi. Un truc... Donc voilà, sportoase. Et puis quand j'en ai eu ras-le-bol de ça, là, j'ai remis mon CV à jour et tout. Je me disais, bon, maintenant, la maison et tout est prête. Mais tu vois, toujours un peu quand même à me mentir à moi-même, à repartir plus dans le cliché de mon papa en me disant, bon, maintenant, tu vas trouver un poste qui correspond à ton diplôme et tu vas avoir une belle... une beau tracé de carrière. Et là, je mets mon CV, je me fais contacter par ING.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Même chose, chouette fonction. Je m'occupais des professionnels et des indépendants. Donc ça, c'était génial. Cette partie-là était géniale parce que chaque rendez-vous, j'entendais l'histoire d'un indépendant. Donc tu vois, on y arrive. Ou moi, pendant toutes les années précédentes, j'avais des idées avec mon frère et tout, on en rêvait, mais on ne le faisait pas. Là, chaque fois, j'avais des rendez-vous. Le problème, c'est que ça, ça m'intéressait à fond, mais vendre des assurances. Oui,
- Speaker #0
vendre des produits après.
- Speaker #1
Et on avait des quotas, tu vois.
- Speaker #0
C'est dur quand même.
- Speaker #1
Et donc ça, à un moment, ça n'a plus. Et puis pour la petite histoire, je passe du réseau statutaire ING en agence indépendante. Donc en fait, je reviens dans ma région. Ça, c'est marrant en te le disant. Je ne me l'étais jamais dit. Chaque fois, il y a un truc qui me ramenait dans...
- Speaker #0
Oui, je pense que l'équilibre pro-perso est super important. Parce que tu vois, quand tu dis, je fais une heure vingt, deux lièges et tout. Tu sais qu'il y a des gens, les Parisiens, ils font genre... une heure, une heure et demie de transport, mes jambes sont là mais c'est la base, tu vois.
- Speaker #1
Oui, je sais.
- Speaker #0
Mais je comprends, moi je suis très sensible à ça aussi.
- Speaker #1
C'est un truc, tu vois, on parlait de ce que tu sens. Moi, perdre deux heures par jour dans ma voiture, mais des fois je fais des gros trajets, mais je le sais, tu vois, c'est une fois, j'écoute un podcast, à la limite c'est chouette. Quand c'est une fois de temps en temps, je prends même du plaisir à le faire. Je te rejoins. T'es dans ta voiture, tu écoutes tes trucs, tu passes deux, trois accueils et puis, ouais, mais c'est vrai ! T'as un moment seul, tranquille, où tu te laisses... Mais en fait, tous les jours, ça devient le contraire. Surtout tous les jours avec des horaires imposés. Là, tu rentres dans le stress, les embouteillages. Quel enfer !
- Speaker #0
Et la crèche qui va fermer, l'école qui va fermer.
- Speaker #1
Quel enfer ! Et donc, je reviens dans ma région du réseau indépendant.
- Speaker #0
Donc, chez Ravi, dans une agence.
- Speaker #1
Sur les agences de Soigny et Ecosim.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et là, ce qui s'est passé, c'est que... Donc, c'était deux associés. J'avais eu un très bon feeling avec un des associés. C'est lui qui m'a recruté et tout. À part que dans la réalité, j'étais sous la responsabilité de l'autre associé. Et avec elle, humainement, ça ne s'est pas passé. Ça ne s'est pas passé parce qu'il y avait beaucoup trop de contrôle pour moi. Enfin, j'étais contrôlé comme...
- Speaker #0
Fliqué, quoi.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'était du micromanagement intense.
- Speaker #1
Ouais, mais complètement. Complètement. Et donc ça, vraiment, ça m'a vraiment bouffé. Et puis on en arrive au dénouement. Tu rajoutes des couches comme ça où je ne me sentais pas bien. Mais à un moment, je t'assure, il y a eu des périodes comme ça où je me disais, mais Benoît, tu as un souci ou quoi ? Tu vas changer de boulot combien de fois ? Tu vois, tu te dis, mais à un moment, c'est bon, changer six ou sept fois en huit ans. Vraiment, je me disais, mais j'ai un souci, mais qu'est-ce que je vais faire, tu vois ? Et puis... La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est un petit conflit au sujet de mon congé de paternité pour ma première fille. Et là, vraiment, j'étais à l'âge...
- Speaker #0
Tu peux nous raconter en détail ce qui s'est passé ? Enfin, en détail. Je crois que c'est la goutte d'eau, mais c'est... C'est parlant, moi, je trouve, que j'aurais pu rejoindre ton événementaire.
- Speaker #1
En fait, tu vois, je suis vraiment un gars... Tu vois, une parole, c'est une parole, quoi. Et il y a des contrats, il y a tout ce que tu veux. Mais pour moi, une parole, ça vaut au-dessus des contrats. Et là, par exemple, c'était une césarienne programmée. Donc, on connaissait le jour, voilà. Et donc, j'explique tout ça et je dis, ben voilà, mercredi... Tu vois, je me souviens même des jours, c'est horrible. Mercredi... Donc Julie, mon épouse, doit rentrer vers midi. Elle se fait opérer que le lendemain. C'est notre premier enfant et tout. Elle est stressée. Est-ce que déjà mercredi, je peux aller avec elle ? Mais tu vois, je demande vraiment ça comme un service. Et on me dit, oui, pas de problème et tout. Et puis, je rentre de congé de paternité. Et à la fin du congé, à la veille ou je ne sais plus, j'apprends qu'en fait, je dois rentrer un jour plus tôt que ce que je pensais. Et puis, je refais les comptes. Je me dis, mais... C'est pas possible. Il y avait à l'époque, je crois que c'était 10 ou 15 jours. Et en fait, je comprends que le cadeau de la journée que j'avais demandé, en fait, ça a été décompté de mon... Mon gépate. Et donc, au début, je dis, ben non, on s'est mal compris. Mais non, c'était comme ça. Et là, en fait, je suis... Avec le temps, quand même, ce côté-là, j'essaye de le tempérer, quand même. Mais là, pour te dire, on était à l'agence des coussines. Mon collègue Geoffrey, qui je m'entendais très bien, il voit que je prends mes affaires et tout en fin de journée. Et je prends mes... J'avais des petites photos de ma famille et tout, tu vois. Et je prends tout. Et il me dit, tu fais quoi ? Je lui dis, à mon avis, je ne reviendrai pas. Et je ne suis jamais revenu. Et je ne suis jamais revenu.
- Speaker #0
Et ça, tu actes seul. Tu n'en parles pas à ton épouse ? Bon, qu'est-ce que tu en penses ? Ah, ok.
- Speaker #1
Si, mais...
- Speaker #0
Tu vois,
- Speaker #1
tous les premiers boulots... Ouais, en fait, elle me connaît. Et elle sait à un moment que... Et donc, en fait, là, tu vois, les étoiles s'alignent. Parce que je me dis, bon, tu vas arrêter de... postuler à des trucs où tu tiens pas 6 mois, je me suis vraiment posé je me suis dit bon qu'est-ce que là j'ai envie de ma vie, clairement c'était de passer du temps avec ma fille tu vois en travaillant parce que tu vois il n'y a pas non plus, on avait acheté une maison et tout avec la projection de ma carrière à la banque aussi tu vois non mais vraiment en se disant bon c'est une grosse c'est une grosse mensualité Réalité, mais aujourd'hui, c'est peut-être un peu juste. Mais Benoît, normalement, son salaire va continuer à augmenter. Et moi, plus après, je prends des décisions comme ça, tu vois. C'est hyper intéressant.
- Speaker #0
Franchement, tu n'es pas la première personne à vivre. Même moi, de type personnel, c'est pareil. Je veux dire ce que tu projettes et ce qui se passe dans la réalité. Mais ça, c'est une vraie question. OK, aujourd'hui, qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Comment tu as répondu à cette question ?
- Speaker #1
Je me suis vraiment... posé, je me suis écouté seul, tu vois, qu'est-ce que t'as envie de faire ? C'est chaque fois la même chose qui venait, c'était évidemment de travailler, comme tout le monde, mais d'avoir du temps précieux avec ma fille. Et pour moi, tu vois, le matin, là, de 7 à 8 heures, ou le soir, de 19 heures à 20 heures, c'est pas des moments précieux. Je crois que c'est la même chose partout. Tu vois, le matin, c'est infernal. Ici, je le vois encore plus, c'est infernal. Donc, je voulais... un peu plus de temps et donc des horaires plus cools, en gros.
- Speaker #0
Ok, donc ça, c'était un de tes critères.
- Speaker #1
Ça, c'était un des constats. Et là, en fait, le raccourci va vite. Ma femme, à la base, elle est institutrice primaire. Toute ma belle famille est dans l'enseignement. Et donc, ma première fille, elle est née le 12 juin. Donc, j'ai eu mon congé de paternité. Après, congé d'été. Et là, devoir aller à la banque et je voyais... toute ma belle famille, ma femme qui était là autour de ma fille et tout, je te jure, ça me rendait fou. Et donc, je me suis dit, les écoles, franchement, c'est quand même pas mal. On peut en parler, il y a plein de choses qui ne tournent pas, mais si tu veux un équilibre privé-pro, les écoles, pour moi, vraiment, il n'y a pas mieux. Et donc là, je fais le constat, je me dis, bon, je peux faire quoi dans une école ? Prof de maths ou de gestion ou quoi ? Ouais, génial, mais il faut faire une agrégation pendant deux ans. Je regarde les horaires d'agrégation. À l'époque, je jouais encore au basket. Évidemment, ça tombe les mêmes soirs et le samedi matin. Et donc, tu te dis, ouais, mais attends, pendant deux ans, je veux du temps. Et puis, par hasard, je vois le poste d'économe comptable dans une école. Je me dis, bah, ça, c'est...
- Speaker #0
Dans la région, en plus.
- Speaker #1
Au début, non, je vois le poste. Je me dis, ouais, mais je vais partir où ? Et là, j'envoie un mail. Franchement, quand les étoiles s'alignent... Donc, je t'ai dit que j'ai fait mes études au collège Saint-Augustin-en-Guin. J'envoie un mail à ma prof de maths de l'époque, qui est devenue directrice. J'entends via mes frères et sœurs, « Ah, tu sais que Mme de Mézel, elle est devenue directrice. » J'envoie un mail. Le lendemain, elle me répond, et je te jure, son mail, c'est « Benoît, tu tombes du ciel, on vient de créer un nouveau poste de directeur financier. »
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #1
Incroyable. Incroyable.
- Speaker #0
Tu te présentes ?
- Speaker #1
Deux, trois jours après, je me présente avec un ou deux membres du PO, le pouvoir organisateur, qui chapeautent au-dessus de la direction de l'école. Et puis, ça se fait parce que tu vois, en fait, ce poste-là, avec mon diplôme...
- Speaker #0
Tu es surqualifié, peut-être ?
- Speaker #1
Ah ouais, complètement. Ah non, mais complètement. D'habitude, les économes, c'est à la base des éducateurs qui sont dans la pédagogie et tout, qui reçoivent une formation bidon. de X fois 2 heures et puis on leur dit, ben voilà, maintenant vous faites la compta de l'école. Oui,
- Speaker #0
ben là c'est quand même chaud. T'es resté en comptabilité d'une école, j'imagine que c'est quand même...
- Speaker #1
Ah c'est costaud. Un gros collège comme ça, je te jure, c'était une vraie compta.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a surpris ?
- Speaker #1
Les montants.
- Speaker #0
Les montants ? Il y a de l'argent ?
- Speaker #1
Ah purée. En fait, il y a de l'argent dans l'enseignement catholique. A mon avis, quand je dis ça, je veux pas des copains, mais je l'ai déjà dit donc c'est pas grave. Il y a beaucoup d'argent dans les écoles catholiques. Et j'avais essayé de me renseigner tu vois, parce que je t'assure, c'est en investissement des millions.
- Speaker #0
Ce qui est fou.
- Speaker #1
Mais alors, ça date d'anciens bâtiments, tu vois, des couvents, des trucs qui ont été revendus, des propriétaires. Mais fou, quand j'ai vu le bilan.
- Speaker #0
L'argent est bien géré.
- Speaker #1
Là, l'argent est très bien géré, ouais. Mais ce n'est pas le cas dans toutes les écoles. Tu vois, l'enseignement libre, par exemple, toutes les écoles sont à sec, quoi. Il n'y a pas d'argent, il y a des subsides, mais qui sont là vraiment pour le strict nécessaire.
- Speaker #0
Là, tu retrouves... Tu t'épanouis là, dans ce poste-là, entre ton équilibre d'épreuve perso, ton taf.
- Speaker #1
Ouais, là, je suis vraiment... Avec mon frère, on en rigolait beaucoup parce que, tu vois, il me disait toujours « Tch, à 16h, ne te mets pas devant la porte parce que Ben, il te bouscule » . Je faisais 8-16, vraiment le fonctionnaire parfait. Mais comme tous les membres du personnel, je n'étais pas... Mais tu vois, c'était vraiment la vie cliché. Surtout que, tu vois, très rapidement, une fois que j'ai pris la main... Mon boulot, il était fait hyper rapidement. J'étais vraiment tranquille.
- Speaker #0
Tu n'étais pas sous pression ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Et financièrement, tu t'en sortais ?
- Speaker #1
Financièrement, c'était autre chose. Je m'en sortais parce qu'on avait de quoi payer la maison et tout. Mais on n'aurait pas pu se permettre de partir en vacances. Comme tu vois, des fois, on le fait maintenant quasiment sur un coup de tête. En last minute, on a envie de vacances. Tu vois, des petits luxes comme ça, on n'aurait jamais pu se le permettre. Et puis... Quand j'ai quitté la banque, j'avais une belle bagnole et tout. Tout ça, j'ai envoyé balader.
- Speaker #0
Mais tout ça, t'as pas l'air d'être trop affecté par ça. Non,
- Speaker #1
pas du tout. Mais j'ai une... Ça, je sais pas d'où ça vient. Moi, j'ai un rapport à l'argent et tout qui est très, très particulier, tu vois.
- Speaker #0
Et ton rapport au risque ? T'as pas peur de manquer ?
- Speaker #1
Non, en fait, je... J'aime pas le risque, tu vois. Si on parle d'investir en banque et tout, je vais prendre un truc où... En fait, si. Je n'ai pas peur du risque, mais je vais prendre un truc où je sais que je ne vais pas aller voir tous les jours loin de là. Parce que ça, par contre, ça va m'empêcher de dormir. Et en fait, tu vois, je le refuse.
- Speaker #0
Oui. De toute façon, nous, l'argent qu'on investit, c'est l'argent qu'on considère perdu.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Mais bon, ça ne veut pas qu'on m'arrive check tous les jours. Ah, mais tu vois.
- Speaker #1
Mais ça, c'est vraiment une personnalité. Moi, tu vois, j'ai un peu d'investissement. Je ne regarde jamais.
- Speaker #0
Mais quand je te dis jamais,
- Speaker #1
c'est jamais. Parce que si je rentre là-dedans... Par contre, si je rentre là-dedans... À un moment, tu vois, dans les idées, quand je dis que j'ai eu plein d'idées un peu pourries, avec mon père, on avait fait une formation en ligne et tout pour investir en bourse. Et bon, évidemment, après la formation, on se prenait pour les rois du monde. Et une fois qu'on a mis vraiment de l'argent, on a tout perdu. Donc bref, mais ça me stressait en fait. Je regardais tout le temps, j'avais mis l'app sur mon GSM, c'était horrible. Et donc, le risque de, quand j'ai tout balancé à la banque, en fait, je disais toujours, parce que ma femme me le disait, elle me dit, mais t'es sûr de toi et tout. Elle n'a jamais eu peur qu'on manque d'argent, mais je lui disais toujours, écoute, dans le pire des cas, j'ai quand même un beau diplôme, tu vois. J'ai un beau diplôme, je sais qu'en un mois, je retrouve du boulot. Alors, ok, ce ne sera pas le boulot qui va m'épanouir, mais si on parle juste de gagner de l'argent, je peux le faire.
- Speaker #0
Ok, donc on retourne à ton emploi d'économe.
- Speaker #1
Économe, oui, c'est ça. On appelait ça, j'étais directeur financier, mais en fait, dans les faits, j'étais économe.
- Speaker #0
Pourquoi tu quittes ce poste qui te plaît tant et qui t'épanouit tant ?
- Speaker #1
En fait, là, pour le coup, je te disais, j'ai beaucoup cherché des idées. Et là, c'est vraiment au moment où je ne cherchais pas.
- Speaker #0
Durant toutes ces années ?
- Speaker #1
C'est l'unif. En fait, à l'unif, vraiment.
- Speaker #0
Souvent, ceux qui font ça levé.
- Speaker #1
Oui. Quand il y avait des témoignages d'entrepreneurs ou d'entrepreneuses, je me disais, franchement, c'est ça que je veux faire. Je veux être indépendant. Je veux être mon propre chef, tu vois. Je veux être libre de mes mouvements, de mes décisions. Sans, pour autant, ça c'est important, je pense. J'ai jamais rêvé non plus d'être patron d'une multinationale, tu vois. Mais par contre, avoir mon truc.
- Speaker #0
Le gérer moi-même, gagner ma vie grâce à ça, ça m'a toujours fait rêver.
- Speaker #1
Et plutôt en style de solopreneur. Bon, aujourd'hui, tu as des employés, c'est vrai, mais on a vu que le management, ce n'était pas non plus ton kiff ultime.
- Speaker #0
Oui, à l'époque de l'Unif, je ne savais pas. À l'époque de l'Unif, je me voyais gérer des équipes et tout. Un peu le cliché du directeur qui a plein de sous-directeurs, directrices. Et ça, je me suis rendu compte. Après, j'ai quand même, comme tu dis, une équipe. On est dix et ça se passe globalement très bien. Mais je sais que ça, c'est ma limite, tu vois. Des fois, je sens que, OK, si un jour, on doit grandir, ce sera avec les gens en dessous de moi qui vont gérer. Parce qu'en fait, l'humain dans le quotidien, plus que ça, ça me fatigue trop.
- Speaker #1
Je comprends.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, chacun vient avec ses problèmes, sa vie, sa vie privée. Et en fait, tu deviens surtout une oreille, une écoute. Sauf si tu arrives, et je suis en travail constamment pour, j'espère, y arriver un jour. Si tu arrives, à ce que ton boulot ne soit plus que ça, finalement, tu vois. Si tu n'as plus rien d'autre de quotidien à faire dans la boîte...
- Speaker #1
Quitter l'opérationnel, on va dire.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Je suis ton des gens. Après, tu as un rôle de stratège.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Bon, on va y venir. On va trop vite. Ça marche. Tu bosses au collège.
- Speaker #0
Oui, j'ai mon poste rêvé. Pourquoi je quitte ? En fait, vraiment, c'est un jour en mangeant comme un bon belge mes tartines à la cantine. C'est vraiment ça. Je mange mes tartines.
- Speaker #1
Vos tartines et vos mallettes. C'est la kermesse. Je te jure. Moi, quand je parle, les gens, ils signent. La bruxelloise,
- Speaker #0
quoi. Ouais, ah oui. Donc,
- Speaker #1
je mange des sandwiches.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, des sandwiches. Et je les mange à la cantine. Et là, en fait, j'ai toujours... Moi, j'observe beaucoup, tu vois. Même en vacances et tout. Des fois, ma femme me dit, mais arrête d'observer. Mais c'est plus fort que moi, tu vois. J'observe, je me pose des questions sur tout et rien. Et là, donc, je me mets à observer ces jeunes qui mangent. Et je vois qu'ils mangent des crasses, des burgers, des frites, des pizzas, tous les jours.
- Speaker #1
Adore.
- Speaker #0
C'est une école secondaire, donc c'était des ados entre 12 et 17-18 ans. Et surtout, je me rends compte que tous les jours, c'est les mêmes jeunes qui mangent les mêmes crasses. Et c'est là que je fais le constat, je me dis mais c'est pas vrai. 20 ans plus tôt, quand c'était moi, c'était déjà la même chose. Et donc tu te dis mais alors on est en 2020, c'est pas normal. Tu vois, moi je viens d'avoir ma fille, je me dis mais il y a un truc quand même. Est-ce que quelqu'un se soucie de ce que mangent les enfants ? Enfin tu vois, t'entends de l'obésité. la santé des gens qui va de plus en plus mal. Et je n'ai jamais été non plus, tu vois, comme on dit, bio-bobo à fond. Tu vois, on mange bien avec ma femme, on fait attention à nous et tout, mais on n'est pas non plus dans l'extrême. Tu vois, des fois, on va au McDo. Tu vois, je veux dire, mais là, c'est exagéré. En fait, manger ça dans le cadre de l'école, je me suis dit, pour moi, l'école, elle doit aussi servir d'éducation à bien manger.
- Speaker #1
100% d'accord. Et ta belle-famille, ton épouse n'avait jamais fait ce constat ? Peut-être que tu en parlais à table.
- Speaker #0
Quand je l'ai dit, c'était évident pour tout le monde. Mais jamais personne ne m'avait mis ça. Tu vois, on n'en a jamais parlé vraiment.
- Speaker #1
OK, bon, premier qu'on start.
- Speaker #0
Ouais, qu'on start. Et puis, là aussi, de nouveau, les étoiles s'alignent parce que tu as l'arrivée du Covid. Et donc, je ne sais plus à quelle vague, une des dernières, c'est autour des traiteurs. Donc, les traiteurs qui font des plats pour les domiciles des gens, des banquets, des mariages, etc. c'est leur tour qui est arrivé où ils ne peuvent plus travailler du jour au lendemain. Et moi, j'entends ça dans ma voiture en rentrant de l'école. J'entends ça à la radio. Et là, tu vois, ça me fait tilt. En fait, je me dis, mais ouais, en fait, des traiteurs qui font de la bonne nourriture maison, il y en a partout. Il y a des écoles partout. Pourquoi est-ce que ces deux acteurs ne collaborent pas ensemble ? Et là, quand j'entends ça vraiment... Là, par contre, je suis comme un dingue. Là, je sens vraiment que c'est une idée, mais qu'il y a un truc qui dépasse toutes mes idées précédentes. Et donc, le jour même, je me mets à envoyer des mails à des traiteurs et tout. Je contacte des écoles et tout pour vendre l'idée.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Après, je te passe des jours, des nuits, des heures.
- Speaker #1
De passe-dorme.
- Speaker #0
Ouais, de réflexion, d'arriver à convaincre le premier traiteur, la première école.
- Speaker #1
Attends, parce que l'idée, c'est vraiment un traiteur lambda qui fait du privé. Tu le mets en collaboration avec une école.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et en gros, l'école... achètent le service du traiteur et le traiteur livre l'école.
- Speaker #0
C'est ça, ouais. En passant par équilibre, en passant par moi.
- Speaker #1
Là, dès le début, t'as en tête ce business model ?
- Speaker #0
Le triangle, ouais. Directement. Parce qu'en fait, moi je vois je suis dans l'école, en fait le fait d'avoir été dans l'école, ouais. Je vois les comptes, je vois la galère que c'est de gérer les commandes.
- Speaker #1
Les commandes de repas.
- Speaker #0
Les parents qui commandent les repas et tout, c'est la galère. Après, il faut leur facturer le temps que ça prend dans une école. C'est quasiment un temps plein. Si c'est une grosse école, c'est quasiment un temps plein ou au moins un mi-temps qui ne fait que ça. Facturer les repas aux parents, relancer les parents qui ne payent pas, toute cette gestion-là. Les coups de téléphone le matin des parents, « Ah, est-ce qu'on peut ajouter un repas VG pour ma petite Sophie ? » Enfin, tu vois, mais ça, à grande échelle, c'est insupportable. En fait, je vois tous les problèmes du côté de l'école. Et en appelant les traiteurs, je me rends compte, les premiers me disent, « Non, mais nous, les écoles, on a fait, mais c'est hors de question, on ne le fait plus parce qu'ils nous payent trois mois plus tard. Ils nous téléphonent tout le temps quand on est dans nos cuisines. » Et puis... le quotidien d'un traiteur, c'est des gens qui sont dans un rythme effréné tout le temps. Les écoles, ces fonctionnaires, en fait, ces deux réalités, ça ne peut pas matcher. Et donc, quand j'ai ça, je me dis, mais ça, moi, je peux le faire. On fait une plateforme, un outil de commande, on gère les paiements des parents, on sert de centrale téléphonique pour gérer ces problèmes-là. On fait le commercial aussi. Les traiteurs, ils n'ont pas le temps d'aller des marchés, des écoles, de répondre à tout ce qui est public. Enfin, bref. Et puis... Toute cette gamme de services, on l'a alimentée au fur et à mesure des années. Et tu vois, aujourd'hui, on va même jusqu'à faire des animations aux enfants sur l'alimentation saine et tout dans les classes. C'est génial. Ça, je n'avais pas l'idée au tout début. Donc, tu vois, il y a un constat où, OK, il y a deux acteurs qui peuvent travailler ensemble. Il y a des contraintes. Moi, je vais prendre toutes les contraintes. Je suis l'intermédiaire plus plus. Ce n'est pas juste les mettre en relation. Et je prends une commission sur leur pas. Et c'est parti.
- Speaker #1
Tu peux nous remonter le... Le premier mois ou même le premier service.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je ne sais pas si tu appelles ça des services.
- Speaker #0
Oui, le premier service de repas,
- Speaker #1
oui. Tu es toujours dans l'école. J'imagine que tu commences par ton école.
- Speaker #0
Oui, s'ils étaient dedans.
- Speaker #1
Tu arrives à convaincre la directrice du projet ?
- Speaker #0
Ça, ça a été un fameux truc avec la directrice. Oui, j'arrive à la convaincre, elle, totalement. Elle est emballée et tout. Et après, ce que j'ai vécu là en étant moi-même dans l'école, ça a été assez compliqué. Parce que, tu vois, on sert des repas tous les jours. Il y a des pépins quotidiens tous les jours. Un livreur qui se trompe, un traiteur qui s'est trompé dans les quantités. Enfin, ça, vraiment, aujourd'hui, ça occupe une secrétaire à temps plein de 8h à midi. C'est répondre et résoudre les petits soucis du quotidien. Donc, quand c'est arrivé que j'étais moi-même dans l'école... que les collègues, parce que tu vois, on peut parler de la jalousie et tout autant que tu veux. Les collègues qui voient, au début, tout le monde rigole. Ah, Benoît, il a une idée. Et puis, quand les gens se rendent compte que ça fonctionne, que ça marche, que potentiellement tu vas gagner de l'argent, là, le comportement des collègues, il change complètement. Certains, pas tous, évidemment. Et donc, certains, dès qu'il y avait un petit souci, se délectaient.
- Speaker #1
Ils mettaient bien le doigt dessus. Ah oui, oui,
- Speaker #0
oui. Et en fait, ça, c'est devenu très vite infernal. Mais bon, tant que j'étais là, il y a quand même eu le service. Et puis finalement, cette école-là, ce qui est fou, c'est qu'on a arrêté de travailler avec eux.
- Speaker #1
Parce que ça capotait trop ?
- Speaker #0
Parce que tu sentais qu'il... Il ne mettait pas du leurre. Ouais, non, il y avait... Ce n'est plus moi qui gérais en direct l'école. Et j'ai dit à mes collègues, si vous voulez qu'on arrête vraiment... Enfin, moi, je suis convaincu d'un truc. Un mauvais client ou une mauvaise relation, il vaut mieux l'arrêter, même si c'est rentable, tout ce que tu veux, parce que ça flingue le moral de ton équipe. Et donc, on a... C'est fou quand même de se dire que ça a démarré là et que l'idée a démarré là. Mais donc le premier service, j'étais encore temps plein dans l'école. On a commencé 14 écoles.
- Speaker #1
Bien.
- Speaker #0
Ouais, c'est énorme.
- Speaker #1
Parce qu'il n'y a même pas une version bêta où tu t'assuses d'une école ou quoi. Donc là, tu t'es dit, OK, on est lundi, les gars, les traiteurs, vous êtes chauds.
- Speaker #0
C'était un traiteur.
- Speaker #1
Un traiteur pour 14 semaines. Le gars, il veut faire sa tournée.
- Speaker #0
En fait, mais c'est aussi tout le... Tu vois, au début, j'ai eu l'idée, je me suis dit on va le faire dans mon école. Mais au niveau rentabilité, les prix scolaires, c'est vraiment des cacahuètes. On vend des repas à 4 et 5 euros. Tu vois, c'est vraiment très, très bas. Donc, le gros défi, c'est la rentabilité.
- Speaker #1
Et comment on fait aujourd'hui ?
- Speaker #0
En premier lieu, des traiteurs. Et donc, aujourd'hui, comment on fait ? Parce qu'il y a équilibre, mais avant ça, il y a le traiteur qui doit gagner sa vie. Et donc, rapidement, je me suis rendu compte que s'il servait une seule école, ce n'était pas rentable. D'où l'idée du volume. Et en fait, aujourd'hui, quand je dis on sert 8000 repas tous les jours, chaque fois, c'est dingue. Quand je dis moi-même, c'est dingue, 8000. Mais dès le début, s'il n'y avait pas du volume, c'était tenable pour personne. Et donc, le premier jour, je crois qu'on servait 400 repas sur une dizaine d'écoles. Sur une dizaine d'écoles.
- Speaker #1
Combien de traiteurs ? Un seul, tu vois.
- Speaker #0
Et donc, je te confirme que le premier jour du lancement, j'étais là, seul, du coup, à faire la permanence téléphonique et à me dire, bon, c'est aujourd'hui. Il y a 14 écoles qui vont être livrées. Quoi ? Quoi ? C'est tout ce qu'on veut.
- Speaker #1
Il faut qu'elles soient bien livrées. Ça,
- Speaker #0
avec le recul. Enfin, je vais dire que c'était de la folie, mais ça aurait pu...
- Speaker #1
Ça aurait pu ne pas manger de nuit, quoi.
- Speaker #0
Ah ouais. En plus, évidemment, la plateforme informatique, elle n'était pas prête. Ça, c'est un truc que je raconte souvent, mais j'ai eu beau tout anticiper, mettre des délais à l'informaticien et tout, évidemment, le jour J, ce n'est pas prêt. Et donc, pendant deux semaines...
- Speaker #1
À la mano.
- Speaker #0
À la mano. Incroyable. Le soir, le matin, tout ça. Ouais, non.
- Speaker #1
Attends, tout ce qui est packaging du traiteur, tu as dû penser avec lui ? Comment il fait ?
- Speaker #0
Ouais, ça, ce n'était pas le... plus compliqués. Donc, on livre quasiment, enfin, dans 95% du temps en barquettes collectives.
- Speaker #1
Ok, ok.
- Speaker #0
Donc, ça, en fait, assez simple. Après, comme c'est de la liaison chaude, les repas arrivent chauds. Ça, c'est une logistique très compliquée. Tu dois maintenir les repas à 60°C dans les camionnettes et tout. Tu as l'AFSCA et tout, un organisme de contrôle. Ouais, ouais. Mais ça, par contre, tout ça, en fait, si j'avais su tout ça, je crois que je ne l'aurais jamais fait.
- Speaker #1
Tu as appris sur le tas, quoi.
- Speaker #0
Ouais. Parce que moi, tu vois, j'adore manger, mais je n'ai pas du tout une formation de cuisinier. Je suis un cuisinier vraiment basique, de chez basique. Donc tout ça, je l'ignorais. Et il y avait ce premier traiteur qui a fait confiance à mon idée. Lui, il voyait la galère du Covid qui arrivait. C'était un jeune comme moi. Il s'est dit, on le teinte, on fonce, on fait le truc. Et voilà, sans eux, aujourd'hui, ce qui est assez fou, c'est qu'il ne travaille plus avec nous aujourd'hui. J'ai eu un gros conflit avec ce premier traiteur. Mais voilà, je continue quand même à dire, malgré le conflit, que sans eux, il n'y aurait certainement pas eu d'équilibre, en fait. C'est le seul, au début, à m'avoir dit, tu vois, avoir fait confiance à l'idée. Et les premières écoles aussi, parce que quand même, 14 écoles qui m'ont cru, qui ont cru une idée.
- Speaker #1
Eux, ils s'y retrouvent au-delà de l'aspect sain des repas, franchement pas négligeable.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça, c'est lui aussi, j'imagine, des parents. Donc, c'est aussi un intérêt pour l'école. Je veux dire, une école qui dit, ben voilà, nous, le midi, c'est pas des crasses. On a des... Un plateau repas hyper sain. Au-delà de ça, financièrement, ils s'y retrouvent ou c'est aussi intéressant que les autres actionnaires ?
- Speaker #0
En fait, financièrement, ça ne leur coûte rien. Ça ne leur coûte rien du tout. Alors que, tu vois, l'école dans laquelle j'étais quand j'ai lancé l'idée, le collège à Anguien, c'était Sodexo, qui avait là carrément mis sur place un chef cuisinier et une commis. Et ça, en fait, ce service-là, l'école payait. En plus des parents, tous les mois, l'école... payait pour ce service. Il y a quand même des gros montants. Forcément, tu payes le personnel. Et donc là, avec équilibre, l'école, elle ne paye rien du tout. Il n'y a aucun frais qui est demandé à l'école. Tu as même des écoles qui margent encore le prix de notre repas pour pouvoir payer, par exemple, les dames qui font le service à midi. Après, ça, c'est un sujet où on essaie, nous, quand même, de cadrer ça parce que tu sens que tu as des écoles qui... qui en profiteraient pour aller pour acheter du matériel ou autre. Tu vois, ce n'est pas la finalité du truc. Et moi, j'ai toujours voulu qu'un repas équilibre, ce soit le même prix, que tu sois à Liège ou à Bruxelles ou dans l'ENO, bon, après, à quelques cents près parfois, mais que, tu vois...
- Speaker #1
Globalement,
- Speaker #0
c'est...
- Speaker #1
Parce que, par exemple, Bruxelles, elle doit être plus chère, j'imagine, que l'ENO.
- Speaker #0
Ben, tu sais que Bruxelles est beaucoup plus sensible au prix. Et c'est un marché, je ne vais pas dire qu'on a du mal, mais c'est un marché où je réalise qu'il y a des écoles, des communes qu'on n'aura jamais parce qu'on nous demande des repas à 3 euros ou 3,50 euros. Potage, plat, dessert. Mais enfin, je veux dire, faire de la qualité à ce prix-là, c'est juste impossible, quoi. Tu vois, et ça reste... Donc non. Après, il y a des communes où oui, un peu plus, mais ce n'est pas parce qu'une commune, on sait qu'elle est plus aisée. Nous, on fait nos prix qu'on estime juste, tu vois, on en profite. pas pour aller vendre plus cher.
- Speaker #1
Et les traiteurs, vous imposez aussi un certain prix à respecter.
- Speaker #0
Et les traiteurs, ils connaissent le deal. Il y a 15% du prix qui est pour équilibre. Au début, fixer le prix, ça a été un défi incroyable. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus simple. Pourquoi ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qui a changé ? Qu'est-ce qui a été dur ? Je ne savais pas quel prix mettre. Il fallait qu'ils puissent en vivre. Quand est-ce que tu t'es dit, ok, en fait, c'est peut-être un vrai business ? Peut-être que je vais pouvoir en vivre. Il y a un moment un peu charnier.
- Speaker #0
Dès que j'ai eu l'idée.
- Speaker #1
Ah, ok.
- Speaker #0
Non, mais ça, en fait, dès que j'ai eu l'idée, tu te dis... Parce que la réflexion au collège dans lequel j'étais, et franchement, c'est vraiment comme ça que ça s'est passé. J'ai pris l'exemple d'un sandwich. Après, on n'en fait quasiment pas aujourd'hui, mais j'ai pris cet exemple-là parce que dans un collège secondaire, t'as beaucoup de jeunes qui prennent un sandwich. Et donc, je voyais ce que Sodexo nous le vendait. J'avais les factures. Et puis j'ai regardé, ouais mais ça coûte combien de faire un sandwich, tu vois, j'ai regardé sur internet, si je vais chercher ma baguette au Colreuth, et puis j'ai vu la marge, et je me suis dit, mais il y a d'office moyen de faire quelque chose, si je suis pas gourmand en termes de marge, si je rêve pas d'avoir un manager, un district manager, un responsable de... parce que c'est ça qui coûte cher dans toutes ces grosses boîtes. Si j'ai une plateforme informatique à coup maîtrisée et tout, je me suis dit bon... Et par contre, après, c'est vrai que je voyais les écoles, les chiffres, et je me disais bon, allez, encore X centaines de repas et je vais pouvoir passer à mi-temps. Tu vois ce qui s'est passé ? C'est comme ça. Ouais. Et puis, je m'étais fixé un délai de deux ans pour passer à temps plein sur équilibre et c'est ce qui s'est passé aussi. Mais j'ai engagé des gens avant d'être moi-même à temps plein. Ça, c'est... Parce que, par exemple, la permanence téléphonique, c'était... À un moment, ça devenait ingérable pour moi. Tu vois, je travaillais quand même. Je ne pouvais pas être tout le temps au téléphone. Moi, je faisais des appels dans ma voiture.
- Speaker #1
C'est pour faire ses collègues avec la haine.
- Speaker #0
Ou aux toilettes, ou quoi, tu vois. Oui, à un moment, c'est sûr que ça a joué. Ça, c'est sûr. Ils ont dû voir que mon boulot était fait.
- Speaker #1
Ta tête était aussi ailleurs. Enfin, on a l'air un truc. Pourquoi le nom équilibre ?
- Speaker #0
Alors, équilibre...
- Speaker #1
On va dire comment il s'écrit. C'est E-K-I-2-L-I-B-R-E.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Exactement. En fait... Le jour où une première école m'a dit « Ah ben, c'est super, envoyez-nous une offre » , je me suis dit « Il me faut un nom » . Je n'avais pas de nom. Et donc, je voulais dans le nom, les lettres de ma première fille qui s'appelle Ellie, E-L-L-I. Et donc, véridique, j'ai tapé sur Google « mot » avec E-L-L-I. Et puis, il y a « équilibre » qui est sorti. D'abord écrit correctement, même si là, il n'y a qu'un L. Puis, j'ai insisté en disant « Non, je veux les deux L » . Et je ne sais plus dans quelle langue. Vraiment, c'est une langue des îles où équilibre, c'est écrit comme ça, avec deux L. Et je me suis dit, parfait. Le mot équilibre, il y a les lettres de ma fille. Équilibre, mais tu es en plein dans le mille. Équilibre alimentaire, équilibre financier. Même moi, au niveau personnel, mon équilibre privé pro. Ça, je me vois encore dans le fauteuil à côté de ma femme. Maintenant,
- Speaker #1
en tant que parent.
- Speaker #0
Ah oui. Donc voilà, le pourquoi.
- Speaker #1
Le logo ?
- Speaker #0
Le logo, alors là, au début...
- Speaker #1
Et tu n'avais pas une charte graphique, tout ça n'était pas...
- Speaker #0
Oh non, j'avais rien.
- Speaker #1
C'est une petite réoccupation.
- Speaker #0
Pour te dire, le logo...
- Speaker #1
Les couleurs.
- Speaker #0
Ouais, mais en fait, à la base, c'était... Donc, j'ai cette idée-là du nom. Le lendemain, j'arrive au collège, j'en parle à mes deux collègues. On s'entendait encore bien. Et une là me dit, moi, si tu veux, je chipote un peu. Je crois que c'est sur Canva ou... Si tu veux, je peux te faire un logo. Et donc, elle fait deux, trois propositions. Il y en a un que je trouve sympa, je vais le prendre. Mais vraiment. Et à l'époque, c'était une pyramide inversée, comme pyramide alimentaire, avec du bleu et du blanc. Moi, je le trouvais génial, je l'envoie. Et après coup, je me rends compte, tout le monde prenait ça pour un cerf-volant. Je me suis dit, il était complètement à côté du truc, mais ça a tenu pendant deux ans. Et puis, après deux ans quand même, j'ai fait une mission d'accompagnement avec François et David qui sont à Soigny, à ES. Et là, on a fait une vraie mission. Enfin, mission, vision, valeur, tu vois. Et là, on a mis tout ça, tout ça par écrit. Le slogan, la cantine qui a du goût, tu vois, éléments différenciants. Les couleurs, orange, vert dans l'alimentation, etc. Tout ça. Et alors, ce qui est marrant, c'est que quand on a sorti ce logo et tout, très rapidement, il y a plein, enfin plein. Quelques personnes qui m'ont dit que ça faisait penser à X-Kid. Tu te l'as dit ?
- Speaker #1
Je le retiens.
- Speaker #0
La carotte, les couleurs.
- Speaker #1
Oui, vite fait.
- Speaker #0
En fait, moi, je savais, je m'étais dit, alimentation saine, enfant, il y a deux choses qui me venaient. Soit une carotte, soit une pomme. Et pomme, ça faisait Apple, tu vois. Je me suis dit, bon...
- Speaker #1
De toute façon, tu vois, je trouve que ça prouve, en fait, qu'il n'y a pas besoin de tant de réflexion sur un logo.
- Speaker #0
ou un non. Non.
- Speaker #1
Parce qu'au final, ça marche. Le virus marche. On va parler d'ailleurs de croissance. Quand est-ce que tu as senti la croissance ? Est-ce qu'elle t'a fait peur ? Et comment est-ce que tu as recruté tes premiers éléments ? Vers la famille, j'imagine ?
- Speaker #0
Oui, clairement. En fait, la croissance, je l'ai sentie dès le début. Mon idée de faire une école, elle commençait à 14.
- Speaker #1
Je te coupe, mais est-ce que tu penses que le temps Covid t'a aidé à développer ? Parce que ceux d'Expo étaient un peu arrêts ? Oui,
- Speaker #0
complètement.
- Speaker #1
Est-ce que là, ça t'a aidé ? Oui,
- Speaker #0
clairement. Mais moi, sans le Covid, je pense qu'il n'y aurait pas d'équilibre.
- Speaker #1
Donc le moment est important.
- Speaker #0
Le moment important, c'est là que m'est venu le constat des traiteurs. C'est là que les traiteurs, du coup, moi... Mon argument était assez facile avec les traiteurs, c'était de leur dire « Mais même si aujourd'hui tout va bien, regardez ce qui arrive avec le Covid. Différenciez-vous, faites une ou deux écoles pour commencer. » Franchement, au début, c'était même assez facile. Enfin, facile, on se comprend. C'est long, le processus de vente. Par contre, aussi bien École que Traiteur, c'est très très long. Par contre, une fois que tu les as, que tu les as convaincus et que ça tourne... Et donc, la croissance, ça ne m'a jamais fait peur parce que moi, je rêvais d'en vivre forcément. Tu vois, j'ai cette idée-là qui fonctionne enfin. Je vois qu'il y a un truc, en plus un business avec du sens, parce que ça, sincèrement, je n'aurais pas pu mettre cette énergie dans un truc juste pour l'argent. Tu vois, ça, c'est sûr et certain. Donc là, je savais qu'on faisait du bien et qu'il y avait moyen de gagner de l'argent. Mais tous les feux étaient au vert. Et puis, la grosse croissance, c'est un an plus tard. On est en week-end famille pour l'anniversaire de mon père. Et puis, on se retrouve juste mes frères et lui à deux ou trois heures du mat. Tu vois, on boit un dernier verre, on refait le monde. On relance des idées. Et puis, le frère qui me suit, Jonathan, dit... Pourtant, il a plutôt tendance, lui, à repartir dans tous les sens. Mais là, c'est lui qui dit... Mais plutôt que de repartir dans des trucs, est-ce qu'on n'aiderait pas Ben qu'il y a un truc là qui démarre ? Et donc, tout le monde, ah ouais, bonne idée. Qu'est-ce qu'on pourrait faire ? Je dis, ben là, moi, c'est du commercial. J'ai besoin que de ça. C'est des gens qui contactent des écoles, des traiteurs. On démarche, on démarche. OK, bon, on va dormir. Le lendemain, on rentre tous chez soi. Et moi, je leur fais un mail, tu vois, carré, quoi. Je dis, OK, voilà l'accès au drive. Je travaille avec un drive. Voilà la trame commerciale. Voilà les listes d'appels. Si vous êtes chaud, il n'y a plus qu'à. Mon frère essaye, mais avec sa vie sur les chantiers, impossible. Mon plus jeune frère essaye, mais ce n'était pas son truc. Même ma sœur, du coup, en tant qu'on fait, elle dit, « Ah, moi, je peux essayer. » Elle essaye deux, trois, mais voilà, pas trop son truc. Et puis, il y a mon père qui, lui, il était en fin de carrière chez Bipost. Il a très mal vécu la période Covid, où il était tout le temps en télétravail, donc plus aucun contact humain et tout. Il a très, très mal. Lui, il a toujours géré des grosses équipes.
- Speaker #1
Bill ?
- Speaker #0
Ouais, non. En plus, il travaillait chez Bipost. Donc, il était responsable des achats de la Belgique. Donc, les marchés publics et tout, les doigts dans le nez. Non, vraiment. Par contre, pas du tout commercial à la base. Même s'il était responsable des achats, il était vraiment responsable d'équipe. Et achat, c'est achat technique chez Bipost. Tu vois, ce n'est pas du commercial aller vendre un truc. À la base, il est ingénieur civil. Donc, tu vois, vraiment. Et puis, il met du... temps, il n'ose pas se lancer, etc. Et moi, je ne lui mets pas la pression non plus. Ce n'était pas du tout le but. Et à un moment, il passe son premier appel. Et la chance qu'on a eu, c'est que le premier appel se passe très bien. Quasiment oui, juste au téléphone. Et là, ça l'a... Ça l'a chauffé. Là, ça l'a boosté. Et donc, là, la grosse croissance commerciale, c'est en grande partie grâce à mon père qui a fait... qui a signé des écoles, mais à la pelle, vraiment.
- Speaker #1
Drôle.
- Speaker #0
Ouais, fou. Et il a vraiment le truc. Et tu vois, aujourd'hui, maintenant, il... Donc, il est toujours là. Il a sa petite équipe. Il y a deux personnes avec lui. Et donc, à trois, ils font un boulot incroyable, quoi, vraiment. Et là, vraiment, tu vois, on est passé de la première année, 14 écoles. La deuxième, on était à 60 écoles. Juste mon père et moi. Mais moi, forcément, j'avais d'autres trucs à gérer. Donc, j'appelais beaucoup moins que lui. Et puis, de 60, on est passé à 120 ou 130. Enfin, tu vois le truc de fou. Seul. En commercial, seul, juste à deux.
- Speaker #1
C'est énorme.
- Speaker #0
Oui, c'est exceptionnel.
- Speaker #1
Quand est-ce que la boîte a commencé à être viable ?
- Speaker #0
Du coup, je dirais, si on considère que je pouvais me payer moi-même à temps plein, c'est après deux ans.
- Speaker #1
Oui. Et les investissements que tu as faits, donc la plateforme, tout ça, tu as fait en fonds propres ?
- Speaker #0
Non, alors ça, la plateforme, ça, ça a été un bazar, un croix-gar. Je l'ai d'abord sous-traité, en fait, seulement depuis... ici janvier 2026, on est propriétaire de notre propre plateforme. Donc pendant cinq ans, je l'ai sous-traité d'abord à un premier prestataire avec lequel on a arrêté parce que la plateforme, en fait la croissance dont on parle, elle a été hyper compliquée à gérer au niveau de la plateforme et en plus c'était du bricolage tu vois, comme pour tout, comme pour mon logo mais je ne regrette pas parce que je crois que quand tu lances un business, ne mets surtout pas d'argent dans un logo ou même une plateforme Sans savoir si ça va vendre. Donc, c'était clairement du bricolage. Mais tu te retrouves avec 120 écoles sur du bricolage. Ça ne tient plus. Et donc, après, j'ai fait un partenariat avec un deuxième sous-traitant actif dans le milieu scolaire, où là, j'avais beaucoup d'espoir. Vraiment, j'ai mis beaucoup, beaucoup d'espoir. Et là, cette histoire, elle se finit assez mal parce qu'on est actuellement en justice. Dans un mois, il y a la première citation. Gros, gros, gros, gros conflit. Mais ça fait partie du... Franchement... Non, je l'ai très mal vécu. Oui,
- Speaker #1
j'allais dire, ça ne te mine pas ce que c'est que ça. Si,
- Speaker #0
si. Moi, là, franchement, j'apprends... avec la vie privée, toi aussi, à relâcher. Mais je ne suis pas toujours comme ça. Moi, c'est des nuits blanches, des fois. Vraiment. Des nuits blanches où ma femme, le matin, elle réveille sonne et me dit « t'as pas dormi » . Je dis « non, impossible » . Mais ça fait partie du jeu, je ne regrette pas. Tu as beaucoup de déceptions humaines. Parce que tu vois, l'argent et tout, en fait, j'ai vite compris que dans le business, c'est vraiment un monde de requins. Et tu as beau vendre des repassants à des enfants, ceux qui peuvent t'entuber ils vont t'entuber et donc c'est un peu ce qui s'est passé là à part qu'au niveau opérationnel ça ne suivait plus et donc en plus de se faire avoir financièrement, mes équipes c'était compliqué à gérer et donc on s'est dit bon on arrête de notre initiative et on fait notre plateforme mais bon donc de De juin 2025 à janvier 2026, on était sur cette... Mais alors, ça aussi, moi, c'est pas mon métier à la base, tu vois. Heureusement, on a trouvé des chouettes développeurs et tout qui ont fait le truc. Mais ça, c'était les six derniers mois. Ah non, non, vraiment. Mathieu, notre directeur opérationnel, mais même toute l'équipe. Mais Mathieu, lui, là... Parce que du coup, tu migres 240 écoles, 35. Sans, évidemment, la moindre aide du prestataire que tu quittes. Et ce qui est fou, c'est qu'on n'a pas perdu une seule école dans la... Mais non sans mal. Avec certaines, c'était chaud.
- Speaker #1
Les écoles ? Avec certaines écoles ?
- Speaker #0
Surtout des communes. Quand c'est des écoles communales, du coup, le quotidien, tu le gères avec l'école. Mais le décisionnaire, c'est la commune. Et donc, tu vois le bazar. Tu tombes dans un jeu où les personnes qui traitent le légal... Ils ne sont même pas au courant du bien que tu fais tous les jours. Et donc, tu es dans un bête et méchant conflit, pour moi, de paperasse administrative. Genre, vous avez signé un marché ou c'était comme ça ? Oui, mais en fait, on est en train de vous dire que ce n'est plus possible.
- Speaker #1
Il faut pivoter.
- Speaker #0
C'est exactement ça, pivoter. Et en fait, tu en ressors grandi. Parce que du coup, aujourd'hui, on a notre plateforme.
- Speaker #1
Vous êtes propriétaire de votre... plateforme.
- Speaker #0
Ça, c'est exceptionnel. Mais ça, par contre, du coup, là, je l'ai payé en fonds propres, mais grâce à l'argent qu'on a accumulé les dernières années. Au lancement, j'aurais jamais pu me payer ça. À moins de prendre un invest ou quoi, mais moi, j'avais des balles à moi. Ou lever des fonds ou autre.
- Speaker #1
T'as associé non plus ?
- Speaker #0
M'associer ? Je l'ai fait. Donc moi, j'ai vendu une part minoritaire de mes parts il y a déjà deux ans. il y a deux ans.
- Speaker #1
Pourquoi ? Pour du mentoring plutôt ? Non,
- Speaker #0
pas du tout. En fait, c'est un truc qui est venu à moi. C'est un groupe d'investisseurs qui sont actifs dans l'alimentation, de manière générale. Et j'avais entendu, via via, que ce groupe allait se lancer dans la restauration scolaire. Et donc, je m'étais dit, bon, ça, ça craint, parce qu'ils ont des moyens financiers colossaux. Je me dis, purée, je viens de bosser pendant deux ans comme un malade. Tu peux construire un truc qui a un vrai beau potentiel et on va se faire, franchement, on va se faire bouffer. Enfin, je veux dire, tu peux prendre cinq commerciaux, tu peux... Et par chance, quand ces investisseurs en ont parlé en comité de direction ou autre, il y a deux personnes qui leur ont parlé d'équilibre et qui disaient, mais tu devrais aller voir le gars d'équilibre, il fait des chouettes trucs et tout. Et donc, ils m'ont contacté.
- Speaker #1
Pour du rachat ou... pour...
- Speaker #0
Alors, à la base, pour du rachat, mais ça, je voulais pas.
- Speaker #1
C'était clair pour toi ?
- Speaker #0
Racheter tout à fait, ouais, c'était sûr. Ah,
- Speaker #1
ok.
- Speaker #0
En tout cas, pas à ce stade-là, tu vois.
- Speaker #1
J'avais encore trop à faire, tu sentais ?
- Speaker #0
Il y avait trop à faire, ça m'animait trop. C'était le début, je sentais que c'était le début. Et puis, de toute façon, enfin, tu vois, si, ça m'a permis, il y a deux ans, de prendre de l'argent, quand même, tu vois, qui est quand même le fruit de deux ou trois années de travail. hyper intense. Donc ça, c'était le côté quand même récompense. Tout à fait. Où tu te dis, allez, purée, en fait, je rêvais même pas de ça, tu vois. Donc quand ils sont venus avec leurs propositions, je me suis dit, purée, un coup, enfin, dingue. Si tu regardes juste le financier, tu te dis, mais c'est dingue. Si on m'avait dit ça il y a deux ans, mais la peur, tu vois, j'ai pas souvent peur, mais là je savais que si je vendais totalement, c'était même pas tellement leur souhait. Ou en tout cas... le pourcentage de parts qu'il voulait à la base, je me sentais, tu vois...
- Speaker #1
T'allais plus être chez toi.
- Speaker #0
Ouais, j'étais plus aligné avec mon truc, mes valeurs. Puis je l'ai dit, moi, un de mes rêves, c'était d'être mon propre chef. Mais donc, à un moment, si tu fais ton propre chef, c'est pas pour autant que j'écoute pas, hein, mais... Tu vois, aujourd'hui, s'ils me disent non et que je dis oui, c'est oui. Tu vois ? Ouais, t'as gardé là. Et donc, ça s'est mis, on a beaucoup échangé via Avocats Inter... posé parce qu'aussi sur la valorisation tu te dis ouais mais en fait aujourd'hui nos chiffres sont nazes mais moi je sens en moi qu'il y a un truc je sais, je vois donc vous allez pas non plus m'acheter à n'importe quel prix et donc franchement on a fait un bon deal où je me suis senti palaisé tu vois on l'a fait, ça s'est passé ça a aussi évité le fait que qu'on devienne concurrent parce que mine de rien et ce qui m'a conforté dans ce choix C'est que sur les deux années passées, ils ont racheté deux de nos traiteurs partenaires. Donc, les choses qu'ils m'avaient dites, c'était vrai. C'était vraiment leur plan. C'était vraiment le budget. Ah ouais, c'est fou, hein ?
- Speaker #1
C'est vraiment une partie de poker comme ça. Complètement.
- Speaker #0
J'étais pas tous les jours bien avec ça.
- Speaker #1
Comment tu fais ? Là, t'as demandé conseil à ton père, à ton épouse. Mais ton épouse, j'en avais quand même à voir son avis.
- Speaker #0
Non, j'en ai parlé à mon père et mon épouse, mais... pas en attendant leur avis parce qu'en fait, tu vois, ils m'écoutent et en gros, leur conseil, c'était comment toi, tu te sens bien, tu vois. Il n'y avait pas un vrai conseil business, tu vois. Franchement, cette décision-là, je l'ai vraiment prise tout seul. D'ailleurs, ça fait seulement peu de temps que je le dis, que je le dis ouvertement jusqu'à peu. Il y a plein de gens qui ne savaient même pas qu'il y avait un investisseur. Mais c'est vraiment un rôle d'investisseur-investisseur, tu vois. Ils ont mis de l'argent. Mais il n'y a zéro conseil. Pas dans l'opérationnel ? Ni dans le contrôle, tu vois.
- Speaker #1
Et dans la stratégie non plus ?
- Speaker #0
Un peu.
- Speaker #1
Vite fait.
- Speaker #0
Un peu. On s'appelle et tout. Mais ce n'est pas... Je pense qu'ils sont relativement contents. Quand tu vois comment ça évolue et tout, ils voient le potentiel. Après, par exemple, en 2025, j'ai fait des gros investissements en personnel. Tu vois, on grandit et tout. Tu sais comment ça va. Tu engages des gens qui vont... Faire un boulot et tu vas seulement voir le fruit de ça des mois plus tard. Donc forcément, sur une année, je me mets à la place d'un investisseur. Ce n'est pas forcément une bonne année. Mais pour moi, si tu investis, c'est que tu dois être conscient du potentiel à moyen terme, on va dire. Donc ces décisions-là, je l'ai vraiment prise seule. Je t'avoue que ce n'était pas... Tu vois, puis j'avais ce côté qui est bête, mais de me dire... Qu'est-ce que les gens vont se dire, tu vois, parfois ?
- Speaker #1
De quoi ? Devant des parts ?
- Speaker #0
Ouais. Parce que ouais, Benoît, il est sur les plateaux et tout. Mais oui, oui. Non, mais là...
- Speaker #1
Les gens ne savent pas, les parts des boîtes ?
- Speaker #0
Non, non, ils ne le savent pas, en fait. C'est ça. Et puis, encore aujourd'hui, il y a plein de gens qui ne le savent pas, mais... Mais oui,
- Speaker #1
c'est comme ça.
- Speaker #0
Pour ça, j'aimais bien parler de mon frère, tu vois.
- Speaker #1
Parle de plateau. Pourquoi ton frère ?
- Speaker #0
Parce que lui, il me disait, mais Ben, bien sûr que tu vends.
- Speaker #1
Ben oui, moi, je vends. Ouais. Je suis beau, je suis un peu dans ce monde-là.
- Speaker #0
Oui, oui. Mais non, mais quand ça t'arrive, franchement...
- Speaker #1
C'est vrai, c'est une vraie question.
- Speaker #0
Ils disaient, mais tu dois rien à personne. Tu as tout fait tout seul, sans...
- Speaker #1
Avant de partir aux petites dernières questions, signature du podcast, j'avais une question par rapport, justement, à un entrepreneur inspirant du Eno 2025. Tu me parles de plateau. Tu as été une mise en lumière, là.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Est-ce que ça t'a aidé ? Qu'est-ce que tu en as pensé ? Là, on rentre un peu dans le monde personal branding. J'imagine que ce n'était pas intentionnel. de ta part et encore, je ne sais pas ?
- Speaker #0
Non, pas spécialement. C'était top. Franchement, c'était une super expérience.
- Speaker #1
Raconte-nous un peu ce que tu as fait.
- Speaker #0
Il y a des fois où tu te sens à ta place comme ça. Donc, en fait, entrepreneur inspirant...
- Speaker #1
Et tu avais dû postuler ?
- Speaker #0
Alors, justement, entrepreneur inspirant, c'est un concours, on va dire, privé. C'est par Geoffroy Josquin. Et un jour, je vais, donc quand je suis au tout début d'équilibre, je vais voir entrepreneur inspirant du Hainaut à Charleroi, à Gossely. Et là, en fait, tout n'est que réseau. Mais vraiment, ça, j'ai un truc que vraiment... Réseau, mais bon, après, le bon réseau, si tu te fies à ton intuition et que tu sens les bonnes personnes, là, ça peut vraiment le faire. Parce que là, à l'époque, c'est la directrice du réseau Entreprendre, Céline. qui me dit « Tu devrais rencontrer Geoffroy, il fait un podcast entre inspirants, ce serait sympa que tu y ailles. » Donc elle me fait rencontrer Geoffroy et quelques semaines plus tard, je vais dans son podcast. Première fois que je parlais d'équilibre... Je ne sais pas écouter. Ah ben écoute, tu iras écouter si tu...
- Speaker #1
C'est très business, c'est beaucoup plus business, on peut dire chiffres, scalabilité, tout ça. Oui,
- Speaker #0
Mais bon là, moi j'étais vraiment au début, donc on parlait même plus de... Je crois que ça faisait deux ans. Ça devait être le moment où j'allais passer temps plein seulement sur équilibre. On était vraiment au début. Et puis, en fait, là, le fait d'être dans le post-cas, je suis rentré dans ce truc-là. J'ai été voir une ou deux fois. Et un jour, c'est Geoffroy qui me dit « Benoît, les candidatures sont ouvertes, tu devrais postuler. » Et moi, je lui dis « Franchement, un truc que je déteste, c'est de postuler parce que je pense que je peux, tu vois, être entrepreneur inspirant. J'écoute... » Puis, pour un truc, t'as jamais le temps, tu vois. Tu te dis « Ouais, bon... » Non, ça t'implique, mais je ne vais pas postuler moi-même. Et puis, je le vois à la fête de fin d'année du réseau Entreprendre. Et il me dit, c'est bon. Je dis, quoi, c'est bon ? C'est bon, en 2025, tu es dans le panel. Je dis, ah ouais ? Il dit, ouais, non, c'est sûr. Il dit, j'ai envie que tu ailles. Et voilà, tout le monde est d'accord avec moi. Donc, voilà. Oh, trop bien. Donc, petite pique de stress quand même. En te rapprochant de l'événement, tu te dis, donc c'était en mars. au champ d'éole.
- Speaker #1
Oui, j'adore.
- Speaker #0
Au champ d'éole et à côté de moi, il y avait Hubert, le fondateur. Donc, on était quatre sur scène. On est au champ d'éole. C'est magnifique. Et il y a Hubert qui est là à côté de moi et deux autres entrepreneurs aussi au top. Donc, franchement, en arrivant, tu as vraiment ce syndrome de l'imposteur. Mais vraiment, tu te dis, mais je vais être devant 200 personnes, dont au moins la moitié, c'est des entrepreneurs, des belles boîtes. qui paye 100 balles pour venir te voir et toi t'es là mais j'étais stressé toute la journée, en fait des fois il y a des moments comme ça c'est bizarre, ça me stressait toute la journée tu vois ce genre de jour comme quand t'as un examen tu te dis bon vivement que ce soit passé puis j'arrive là, il y avait une grande partie de ma famille et tout, et en montant sur scène il y a eu un truc où j'étais vraiment cool j'étais à l'aise la... La présentatrice, elle me posait des chouettes questions. Tu vois, je racontais ma vie comme ici. Et puis, au fur et à mesure du truc, il y a une ou deux fois où je raconte l'histoire équilibrée, il y a des gens qui applaudissent pendant le truc. Je dis, je fais les effraies. Et tu te dis, mais en fait, c'est génial, tu vois. Et puis après, c'est le moment des votes et j'y gagne.
- Speaker #1
Ah dingue.
- Speaker #0
Incroyable. Ah ouais, non. Mais là, vraiment, je ne m'y attendais pas du tout.
- Speaker #1
Et cette mise en lumière, elle t'a aidé pour la boîte ?
- Speaker #0
Ouais, quand même. Le contact,
- Speaker #1
quoi.
- Speaker #0
Le contact, le réseau. En fait, chaque fois qu'il y a un truc comme ça, donc ça, c'était très fort. On est une fois passé au JT, de l'RTBF, et le truc qui a marché le plus, c'est quand j'ai été invité dans On n'est pas des pigeons. En fait, ces trucs-là, ça donne une crédibilité à ton projet. Pourtant, je dis la même chose que ce que je dis depuis cinq ans. Mais dans l'esprit collectif, il y a un truc où tu vois, ah purée, il est là, c'est que ça fonctionne, tu vois.
- Speaker #1
La presse, ça fait toujours cet effet-là.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et tu deviens aussi figure d'autorité, tu vois. C'est important. Là, c'est là où le pastoprending rentre. Les gens aiment bien associer une marque avec une tête.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
On va finir par la petite dernière question. On a papoté, papoté. Avant ça, si vous avez aimé notre échange avec Benoît, merci de mettre 5 étoiles à cet épisode ou au podcast en lui-même. Un petit commentaire, partager l'épisode, ça me fait grandement plaisir. C'est comme ça que le podcast se fait découvrir. Benoît, petite question de fin. Quel est le conseil qu'on t'a donné et que tu as détesté recevoir ?
- Speaker #0
Que j'ai détesté recevoir ?
- Speaker #1
Toujours aujourd'hui.
- Speaker #0
Un conseil qu'on pourrait te donner et que t'horripiles. Je déteste fonctionner qu'en KPI et en chiffres. Vraiment, ça me...
- Speaker #1
Comment tu fonctionnes alors ?
- Speaker #0
Je...
- Speaker #1
T'es pas une focus data. Enfin, donner. Enfin, chiffres.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Je suis obligé. En fait, à partir du moment, surtout, où tu payes des gens, où tu as une équipe, tous les mois, je regarde les chiffres. Mais pas non plus tous les jours. Tu vois, ça rejoint ce qu'on disait. Pas obsessionnel. Pas tous les jours. Je ne mets pas des objectifs qui piaillent aux commerciaux, tu vois. Par contre... Oui, non. Non. Après, une grande partie d'eux ne sont payés exclusivement qu'à la commission. Donc, en fait, il y a un truc déjà où, en fait, tu vois, c'est pour les deux. C'est aussi bien pour toi que pour Equilibre. Évidemment. Mais en fait, je ne le fais pas parce que moi, je détestais avoir ça quand j'étais employé. Tu vois, c'était contre-productif. Et je vois bien ici, sur les cinq années, que ça fonctionne. Ce n'est pas pour autant que je ne contrôle pas. Toutes les deux semaines, on a une réunion commerciale. Je demande, bon, c'est quoi les gros contacts chauds ? Je les note, tu vois. Merci. quasiment tout le temps avec mon GSM, j'ai une note où il n'y a que ça, les gros contacts en cours, aussi bien école que traiteur, mais je déteste vraiment quand on me dit, ouais, tu dois faire des KPI, tu dois faire des plans à un an, à trois ans, hyper chiffrés. Il faut suivre. Moi, je crois qu'il faut plus suivre des KPI et des chiffres que de se mettre des objectifs chiffrés obligatoirement. C'est bien, hein ? Si, c'est bien de se dire, tiens, en rentrée scolaire, on le fait toujours. Je demande, on fait une petite session ensemble. Tiens, vous voyez où chacun dans deux ans, dans trois ans ? Combien d'écoles ? Combien de traiteurs ? Combien de repas ? Les gros chiffres. Mais après, je ne vais pas les voir toutes les semaines pour leur dire, hé, on n'y est pas. Parce que, franchement... équilibre, j'ai vraiment réussi à rassembler une équipe de gens qui sont alignés sur ce qu'on fait déjà. Tu vois, il y a jamais, j'ai jamais senti quelqu'un de l'équipe en me disant, en fait, lui, il s'en fout qu'on s'aidera pas ça, tu vois.
- Speaker #1
La mission est claire.
- Speaker #0
Ouais, la mission est claire, on partage ça. Il y a une vraie entraide aussi dans l'équipe. Il y a aussi ce côté vie privée pro qui est très fort pour tout. Tu vois, nous, il n'y a que des jeunes parents en dehors de mon papa, en dehors de mon... Enfin non, et Karine aussi maintenant, qui a son fils qui a... plus, si je ne dis pas de bêtises, deux ans, trois ans.
- Speaker #1
C'est quoi alors chez vous l'équilibre vie-provide perso ?
- Speaker #0
En fait, moi j'ai un management. Alors ça par contre, je sais bien que c'est pas forcément... Je gère les gens comme j'aurais aimé le gérer. C'est pas forcément bon. Pour le business. Parce qu'en fait, il y a des gens et je le sens, qui eux ont plus besoin d'un peu de contrôle ou de...
- Speaker #1
D'un cadre strict.
- Speaker #0
Tu vois, de les guider plus. Donc ça, j'apprends aussi que chaque... personne est vraiment différente. Mais sur l'équilibre vie privée pro, je laisse vraiment les gens hyper libres.
- Speaker #1
Gérer leur horaire ? Vous avez des bureaux ?
- Speaker #0
Il y a un bureau, on a fait un bureau. Alors on est d'office le lundi et le vendredi ensemble.
- Speaker #1
Sur site ?
- Speaker #0
Ça c'est non négociable. Sauf exception quand même. Il faut du 100% télétravail où on ne se voit jamais, ça ne fonctionne pas. Donc ça, c'est sûr, c'est dans les agendas, lundi, vendredi. Le reste du temps, ils font ce qu'ils veulent. S'ils veulent venir au bureau, ils peuvent. Mais il y a de grandes chances que moi, je ne sois déjà pas là. S'ils veulent être chez eux, ils peuvent. Les commerciaux, ils sont beaucoup sur la route, etc.
- Speaker #1
Oui, ils vont rencontrer les gens. Voilà.
- Speaker #0
Et bon, en dehors, tu vois, par exemple, la secrétaire qui fait la permanence téléphonique de 8 à 13, ça, je veux dire, c'est un horaire qui est non négociable. Si une école appelle, tu dois être derrière ton téléphone. L'informaticien, pareil, il sait qu'il y a des moments où il doit être là. Les autres, tu vois, support opérationnel, Mathieu, le directeur opérationnel, les commerciaux, ils font vraiment ce qu'ils veulent. Mais quand je les dis, je ne sais même pas ce qu'ils font, quoi. Et ça me va très bien. En fait, rien que l'idée, rien que l'idée de devoir leur demander, savoir leur agenda, ça me fatigue. En fait, je regarde vraiment la cohésion et le résultat. Tu vois, je regarde le résultat. Et là, ça fonctionne très bien et les perspectives sont belles.
- Speaker #1
On a une belle équipe. Tu es en Flandre aussi ?
- Speaker #0
Non, on n'est pas encore en Flandre.
- Speaker #1
C'est un projet ?
- Speaker #0
Ça pourrait, franchement. Ça pourrait vraiment. On n'a pas eu... Tu vois, a priori, je ne vois pas pourquoi le modèle ne fonctionnerait pas en Flandre.
- Speaker #1
Ça existe en Flandre, quelque chose de similaire ?
- Speaker #0
Non, non, il n'y a pas. Ouais, clairement. Mais pour moi, je pense... La Flandre, je la vois vraiment comme un autre pays. Et donc, je crois qu'il faudra un ou une Benoît flamand, quoi. Parce que moi, je suis... En fait, le problème du néerlandais, on en parlait, c'est que je le pratique plus.
- Speaker #1
Tu l'étais à la chaîne. Oui, oui. Tu l'avais très tombé dedans.
- Speaker #0
Mais pas assez. Et ces enfants,
- Speaker #1
ils sont francophones ?
- Speaker #0
Ces francophones en primeur et maternelle, elles n'ont pas de cours de néerlandais. Quoi, tu penses à l'héritage ? Qu'il y en ait une qui prenne le...
- Speaker #1
Pas du tout. Parce que moi, je le mets en immersion néerlandais, donc je suis obligée de reconnaître dans... Ah oui, ça fait ça. Mais... Non. Oui. Bah oui, c'est bien, oui, mais il n'y a pas assez d'école néerlandophone ici.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Bah bon. Un autre débat. Ouais. Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui veut entreprendre et je... je dirais un peu plus loin quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui veut aller dans ces soirées entreprendres j'ai déjà été aussi aller dans ces soirées ok où tu fais ouais comment on appelle ça du du networking du networking exact moi j'en ai fait plusieurs et franchement heureusement moi je suis assez uh uh us going ouais tu vois donc euh mais bon il y a des gens ça tétanise et je comprends ouais comment tu fais tu vas au bar tu prends le verre comment il y a des techniques hein ouais aux toilettes ça marche bien aussi apparemment ouais euh hum
- Speaker #0
Le meilleur conseil, mais qui n'est pas évident, c'est d'y aller seule.
- Speaker #1
Oui, d'office, obligée seule, c'est sûr.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas évident.
- Speaker #1
Non, En fait,
- Speaker #0
ce qui est bien, c'est de savoir qu'il y a des gens que tu connais qui vont être là-bas. Et se dire, elle est seule quand même. Tu vois ? Et puis, au fur et à mesure, tu connais une ou deux personnes, des visages que tu revois. Et puis, tu en rencontres d'autres. Parce qu'on l'a fait une ou deux fois avec l'équipe, mon papa ou avec Jérémy. Il y a un ou deux événements qui avaient l'air sympas. Du coup... On a envie d'aller tous les trois. On passe un super moment à trois.
- Speaker #1
Personne ne vient parce que vous êtes à trois.
- Speaker #0
Parce qu'on est à trois. Le lendemain, tu te dis... En fait, ce n'était pas le but initial. Si on veut faire un truc sympa, on va faire un paddle, mais on ne va pas...
- Speaker #1
Ça reste dans notre tête aussi le mindset, il faut que je fasse des contacts en vue de faire du business.
- Speaker #0
Oui, exactement. Et puis, autre conseil aussi, le faire de manière vraiment cool. Parce que les distributeurs de cartes de visite, ça, moi, ça me... Il y avait vraiment des gens... Le pire,
- Speaker #1
c'est tu fais quoi ? Tu dis ce que tu fais ? Ah ok, bonne soirée. C'est là, hein ? Bon, bonne soirée.
- Speaker #0
Mais ça rejoint ce qu'on se disait en off tantôt, être vraiment à l'écoute. Ça, vraiment, ça fonctionne. Et même si quelqu'un, tu prends le temps de l'écouter, c'est intéressé, tu vois. Enfin, vraiment. Après, j'en ai déjà arrivé, je m'intéresse. Et puis, tu attends la répartie et la personne, elle se casse. Ah, mais OK, mais voilà. Tu ne les spécialises pas. Puis, tu dis, bon, oui, c'était sympa de t'écouter, mais je t'aurais bien dit aussi ce que moi, je faisais. Mais bon, il n'y a pas de problème.
- Speaker #1
Oui, je crois qu'il faut vraiment prendre ça un peu au feu. Oui, il faut le prendre. Et un conseil pour quelqu'un qui souhaite entreprendre ? Faut arrêter millions d'idées, passer à l'action sur une.
- Speaker #0
Ouais. J'allais dire foncer, ça c'est très bateau, mais surtout foncer sur une et être focus, mais pas juste dire focus à 300% dessus. Pour t'illustrer ça, mon frère, par hôtesse, donc son projet indépendant dans la construction.
- Speaker #1
C'est quoi ?
- Speaker #0
C'est, il a lancé une, donc lui il est chef de chantier. Oui. Il a remarqué, en fait, c'est ça. Pour moi, les idées géniales, elles partent d'un constat, d'un truc qui ne fonctionne pas.
- Speaker #1
Problématique.
- Speaker #0
Et pas forcément le truc révolutionnaire. Un truc où tu dis, mais ça, c'est du quotidien, on peut l'améliorer. Mon frère, il est chef de chantier. Tous les jours, il a au moins 30 sous-traitants. Donc, sa société fait un deal avec une société de plomberie. Le lundi, tu as 10 plombiers qui arrivent, les hommes du patron, ils arrivent et ils sont là. On fait quoi ? On n'a pas les plans. Ça, c'est 30 fois par jour. Et il s'est dit, pourquoi on ne met pas sur les fenêtres de chaque appartement un QR code ? Et quand les ouvriers arrivent, ils ont tous un smartphone. Tu scans et tu as les plans à jour. C'est tout con. C'est vraiment tout con. À petite échelle, tu peux le faire toi-même sur un site gratuit de QR code.
- Speaker #1
Et ça remplace le plan papier à venir scotcher sur le...
- Speaker #0
Exactement. scotché et devoir le remplacer, surtout tous les jours, dès qu'il y a un changement sur le plan, tu dois refaire 100 appartements dans le building. Et donc un jour, il avait plein d'idées, mais encore plus que moi. Et un jour, il me dit ça au téléphone. Je dis, purée, ça, ça a l'air génial de ce que tu me dis, facile à mettre en place. Et puis le lendemain ou deux jours après, on s'appelle et il vient avec une autre idée encore. Je dis, ouais, mais Jo, ton idée des QR codes. Ah ouais, ouais. Je dis... reste là-dessus, je dis les autres idées, tu les notes dans une note n'importe, mais reste là-dessus et tu vois il l'a fait et ça prend quoi, ça a pris je crois que quand tu sens une idée, un truc, à un moment il faut te poser, mais il y a beaucoup de gens qui ont du mal à faire ça moi je me suis vraiment mis mes focus équilibre à la limite de, il était temps à un moment que je me, tu vois que je sorte un peu, que j'ai une équipe mais en même temps je crois que si t'es pas obstiné tu réussis pas un truc comme ça non plus t'as eu des moments de découragement ? Ouais, il y en a eu. Il y en a eu quand tu as les moments où ça devient compliqué avec ma femme. Le fait que c'est trop prenant. Même si elle comprend plein de choses et tout. Mais le fait qu'elle ne soit pas entrepreneuse. Elle travaille à mi-temps avec moi maintenant.
- Speaker #1
J'ai aidé à l'argent à l'équipe.
- Speaker #0
Elle a rejoint l'équipe il y a déjà trois ans. Mais non, les moments où ça prend trop sur le privé. Où tu avais promis que tu serais là et tu es là. Tu vois, un jour, je lui disais, mais franchement, je ne comprends pas. Je suis là quand même, j'ai du temps. Elle me dit, ouais, mais là, ça fait des semaines que tu es là physiquement, mais mentalement. Mais franchement, cette phrase-là, je m'en souviens parce que j'étais persuadé. Je me convainquais moi-même que j'étais dans le bon. Oui, j'ai l'esprit chargé, mais je suis quand même là avec mes filles. Mais en fait, elle avait raison. Mentalement, je n'étais pas là. Je ne pensais qu'au équilibre, qu'au problème, qu'au projet. Donc là, c'est difficile.
- Speaker #1
Comment faire pour dégager du temps ? Parce que mentalement...
- Speaker #0
je crois que le temps fait aussi des choses ouais ça c'est ça tu vois le début c'est vrai que c'est très prenant oui je crois qu'il y a une période et je dirais 2-3 ans où si tu veux lancer un truc et que ça fonctionne un minimum franchement t'as quasiment pas le choix à moins que t'aies vraiment encore plus de bonnes étoiles que moi ou que t'es des ou que tu t'associes ou n'importe mais si t'es seul enfin à un moment je veux dire si t'es pas au taquet les clients tu les père. Si t'es pas au taquet sur les opportunités, elle passe.
- Speaker #1
Mais t'as jamais vu faire un choix sur ta famille ou ton business ?
- Speaker #0
Non, ça non.
- Speaker #1
Elle t'a jamais demandé ça ?
- Speaker #0
Non. Elle ne l'a jamais dit telle qu'elle, mais elle m'a quand même... Franchement, on a eu des grosses disputes, des grosses discussions où elle me disait, ça ne va pas, quoi. Et tu vois, au début, moi, vraiment, je me disais, mais si, ça va. Puis le temps passe et tu te dis, mais en fait, elle a quand même raison. Sur le fond, même s'il y a des choses qu'elle ne peut pas comprendre ou elle ne comprendra jamais que si, malheureusement, ça, je dois vraiment le faire. Sur le fond du truc, elle a raison. Tu vois, si j'arrive à relâcher plus... Mais qu'une fois de temps en temps, il y a un truc vraiment important, c'est OK. Mais quand tu es tout le temps au taquet, puis avec les réseaux et tout, les mails, le WhatsApp, le téléphone. Mais ça, comme tu dis, je crois qu'avec le temps, ça s'apprend. Et puis, tu as des faits de vie aussi. Tu vois, les enfants aussi te ramènent à ça. Tu vois, mon aînée, maintenant, elle va avoir 7 ans. Elle te le dit ? Oui, maintenant, elle me le dit. Mais je crois qu'elle entend sa maman, c'est pas facile. Mais quand elle te le dit, bon, on joue, là, tu vois, tu lâches ton téléphone et tu dis, ah bon, t'as raison, désolé.
- Speaker #1
Après, moi, j'ai apprécié parce que tu m'as refusé deux dates pour l'interview, justement, parce que les filles étaient en vacances scolaires et que ça va être ta priorité sur les vacances scolaires.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Moi, j'apprécie ça, tu vois.
- Speaker #0
Mais en fait...
- Speaker #1
J'ai l'impression que t'as un peu cet équilibre, quand même, entre ton boulot et... Oui, oui,
- Speaker #0
je me suis mis des règles.
- Speaker #1
Tu reprends l'ordi le soir quand elles sont couchées ?
- Speaker #0
Je l'ai fait beaucoup, beaucoup. Là, ça fait un petit temps que j'ai réussi à ne plus le faire, sauf urgence. Mais j'ai fait ça pendant... Des années, travailler le soir. Beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et elle,
- Speaker #1
ton épouse, qui a un autre rythme ? Elle se couchait ?
- Speaker #0
Ça, on l'a pas trop mal vécu. J'étais à côté d'elle. Elle, elle regardait un truc. En fait, il y a vraiment une époque, jusqu'il y a un an, tu me proposais n'importe quoi comme série à la télé ou film ou quoi. Je préférais être sur mon truc, tu vois. Quand je dis obstination, c'est vraiment ça. Ou bien je regardais un film. après dix minutes, mon esprit, il était à tel point que je ne savais rien te dire du film. Et donc, à ce niveau-là, on était quand même à deux, même si c'est pas très, on va dire, sexy, quoi, je suis sur mon ordi.
- Speaker #1
Oui, c'est mieux que rien. Et puis, c'est temporaire, j'imagine qu'on vous dit ça.
- Speaker #0
Oui, ici, maintenant, franchement, je croisais dans le disant, mais ça fait quand même quelques mois que je mets pas mal de choses en place pour trouver un vrai équilibre. Et par exemple, les vacances scolaires, c'est une règle que je me suis mise, tu vois. Ou ok, je ne prends pas de rendez-vous. Je suis dispo. Oui. S'il y a un truc, une urgence.
- Speaker #1
Oui, parce que l'équilibre tourne. Parce qu'on n'a pas parlé, il y a les écoles, mais il y a aussi d'autres institutions. Oui,
- Speaker #0
on commence à faire des crèches, des CPAS et tout. Donc, ça tourne ta main. Toujours. Oui, mais c'est beaucoup moins fort.
- Speaker #1
Donc, le rythme se calme.
- Speaker #0
Le rythme se calme. Juillet, août,
- Speaker #1
pareil.
- Speaker #0
Pareil, oui.
- Speaker #1
Parce que tous les stages, vous ne faites pas.
- Speaker #0
On commence cette année les stages.
- Speaker #1
Ça m'intéresse, parce que les stages, on va faire les tartines.
- Speaker #0
Oui, faire la mallette. On commence cette année les stages. Mais il y a l'équipe maintenant, tu vois. Il y a l'équipe. Notre secrétaire, elle est dispo. Les commerciaux, c'est toujours le dilemme du commercial. Si tu signes un gros deal de stage, c'est génial pour tout le monde. Mais tu sais bien que potentiellement, tu seras dérangé. Mais tu vois, certaines personnes, ça ne leur pose pas de problème non plus.
- Speaker #1
Surtout qu'ils sont payés à la commission, donc il va bien rentrer des gens aussi. Oui,
- Speaker #0
clairement.
- Speaker #1
Dernière question, Benoît. Ta plus grande fierté et ton plus grand regret ?
- Speaker #0
équilibre équilibre comme tu le sens franchement ma plus grande fierté c'est mes fils tu l'as compris non mais vraiment ça c'est sûr et certain en disant équilibre équilibre ouais ouais ma plus grande fierté c'est d'avoir réussi à faire un truc rentable d'un projet sociétal ça c'est vraiment parce que tu vois tu pourrais te dire je pourrais te dire ma plus grande fierté c'est Merci. tous les jours, il y a 8000 enfants qui mangent. Et c'est vrai. Ça m'arrive trop peu souvent, mais quand je vais dans une école, une de nos écoles, sur le temps de midi, en fait, j'ai été deux, trois fois les dernières années quand on a une interview ou un reportage, et là, t'es là, tu te dis, purée, tu vois les gamins qui mangent, du coup, je reste un peu avec eux, ils me disent, je demande si c'est bon et tout. Puis tu te projettes, tu te dis, waouh, là, il y a 40 enfants en tout, là, maintenant, il y en a 8000 qui mangent un repas équilibre. C'est fou. Donc ça, c'est déjà une immense fierté. Mais alors, en plus de te dire, en fait...
- Speaker #1
Tu crées de l'emploi.
- Speaker #0
On est 10 à en vivre. Il y a 35 traiteurs et leurs équipes. Ils ne font pas que ça, mais certains traiteurs, c'est devenu leur activité même majoritaire. Mais c'est fou.
- Speaker #1
Très beau succès. Je mettrai évidemment toutes tes infos d'équilibre et tes infos perso, linkings, etc. dans la description. On termine avec ton plus grand regret.
- Speaker #0
Mon plus grand regret ? Je te dirais d'avoir fait confiance trop vite. Et en même temps, je sais que je ne le ferai plus. Donc, tu vois, si je ne l'avais pas vécu, je n'aurais pas évolué, changé. Mais clairement, des fois, j'ai fait confiance trop vite à l'humain. Et ça, c'est malheureux. Bon, on finit sur une note négative, mais je le redis quand même, dans le business, il vaut mieux assurer ses arrières et être vraiment sûr des gens avec qui on travaille et des partenaires avec lesquels on avance.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Benoît.
- Speaker #0
Un grand merci à toi.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode d'Audace. Si la conversation t'a plu, pense à t'abonner, à laisser 5 étoiles ou un commentaire et à partager autour de toi pour faire grandir le podcast. Retrouve aussi les épisodes précédents et toutes les actus sur Instagram, audace.podcast. Et on se retrouve très vite pour un nouvel épisode.